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Roch Hachana = faire d’Hachem le Roi de notre intériorité

+ Roch Hachana = faire d'Hachem le Roi de notre intériorité :

Le verset dit : "Hachem Malkénou, Hou Mochiénou" (Hachem est notre Roi, Il est Celui qui nous sauve).
Le Sforno explique que plus nous faisons d'Hachem notre Roi, plus nous sommes connectés à Lui, et plus nous sommes méritant d'un bon jugement.
Si nous devenons proches du Roi, le roi nous aidera. Il n'y a pas de limite à toutes les façons dont Il peut nous sauver et nous aider. Mais la chose la plus importante que nous devons faire est de faire d'Hachem notre Roi et d'être proche de Lui.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

Roch Hachana = un jour de joie

+ Roch Hachana = un jour de joie :

-> L'émotion première associée à Roch Hachana est généralement la peur, la grande crainte du jugement.
Le prophète Amos (3,8) demande : "Aryé (un lion) rugit ; qui n'aura pas peur?". Nos Sages révèlent que l'acronyme "aryé" (אריה) représentent : Elloul, Roch Hachana, Yom Kippour, Hochana Rabba.
Le Gaon de Vilna explique que lorsque l'on a peur de quelque chose, même "un cœur de pierre" se transforme en "un cœur de simple chair" et devient plus ouvert au repentir.
[ainsi durant cette période il est nécessaire de développer en nous un état de crainte (ex: en s'imaginant devant le tribunal au Ciel jugé sur tout sans concession, ou bien en imaginant qu'on pourrait avoir une année catastrophique à venir [D. préserve] car tout est décidé à ce moment, et qui peut prétendre être totalement méritant). Plus on travaille cela, plus notre cœur devient vivant, de chair. ]

-> Le Aboudraham écrit que la raison pour laquelle de nombreuses prières de Roch Hachana commencent par le mot "ouv'hèn" (ainsi) est afin d'évoquer les paroles de la reine Esther lorsqu'elle était sur le point d'approcher le roi sans y être invitée. La Méguila (4,16) cite Esther disant : "ouv'hèn avo él amélé'h (ainsi j'irai vers le roi), et si je dois périr, je périrai!".
Le Aboudraham explique que nos Sages de la Grande Assemblée (Anché Knesset HaGuédola) voulaient que nos émotions et nos sentiments reflètent ceux d'Esther : la peur et l'inquiétude que tout puisse être perdu, et "si je dois périr, je périrai".
[ainsi de même qu'Ether est rentré voir le roi sachant qu'il était probable qu'il ne levait pas son sceptre la condamnant à mort, de même à Roch Hachana nous sommes dans le palais royal face à Hachem, et nous devons avoir une grande crainte que tout ne se passe bien pour nous, et qu'on risque plein de "morts" dans l'année à venir (ex: plein de choses magnifiques qu'on n'aura peut être pas, car on aura pas abordé avec sérieux Roch Hachana). ]

A travers les âges, nos plus grands guédolim, des personnes au caractère et aux actions irréprochables, tremblaient à l'approche de Roch Hachana et s'évanouissaient souvent en récitant des mots tels que "hayom harat olam, ayom yaamod bamichpat kol yétsrouré olam" (... aujourd’hui, toutes les créatures du monde se tiennent en jugement), qui font référence à la formidable appréhension de ce jour.

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-> [A Roch Hachana,] tout tourne autour de la peur du jugement (din), sachant que nous sommes jugés.
Ce n'est que lorsque nous craignons le Roi que nous avons un lien avec Lui.
Une fois que nous le craignons et que nous sommes proches de lui, nous méritons d'être jugés favorablement.
[...]
Nous devons regarder notre Roi, réaliser qu'Il est là et qu'Il nous juge ... Nous devons savoir qu'un jugement est en cours et qu'il y a un juge juste en face de nous!
[...]
Le verset dit : "Hachem Malkénou, Hou Mochiénou" (Hachem est notre Roi, Il est Celui qui nous sauve).
Le Sforno explique que plus nous faisons d'Hachem notre Roi, plus nous sommes connectés à Lui, et plus nous sommes méritant d'un bon jugement.
Si nous devenons proches du Roi, le roi nous aidera. Il n'y a pas de limite à toutes les façons dont Il peut nous sauver et nous aider. Mais la chose la plus importante que nous devons faire est de faire d'Hachem notre Roi et d'être proche de Lui.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

[plus nous avons de crainte conscient d'être face à face au Roi des rois, imaginant la gravité du jugement et ses conséquences potentiellement dramatiques sur notre vie, alors nous faisons de D. notre roi, nous créons un lien, et nous pouvons espérer sortir gagnant du jugement.
Plus nous vivons ce moment de jugement sans pitié, plus nous pouvons espérer de bien vivre l'année à venir, b'h. ]

-> La avoda de Roch Hachana, c'est d'une part la crainte du jugement, et d'autre part le bita'hon en Hachem.
[...]

A la fin de Roch Hachana, après avoir prié debout pendant deux jours d'affilée, le rav Wachtfogel était rempli d'une telle force et d'une telle joie que tous ceux qui le voyaient étaient surpris. Comment quelqu'un pouvait-il être aussi plein de vie après avoir consacré tant d'efforts à la prière?
Le rav lui-même a expliqué : La crainte d'Hachem ajoute des jours [à la vie]" (yirat Hachem tossif yamim - Michlé 10,27). Chaque fois que la peur, crainte provient de la yirat Hachem, elle donne à la personne plus de vie et de joie, et non moins.
Chaque fois qu'une personne éprouve des sentiments de yirar Hachem, cela devrait lui donner davantage de vie et de joie ; cela ne devrait pas drainer son énergie et la faire se sentir déprimée, triste.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

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+ Etre joyeux à Roch Hachana :

Pourtant, Roch Hachana n'est principalement pas relié à la crainte.
Le Shaagat Aryé (102) conclut, se basant sur de nombreux Richonim, qu'il existe une mitsva d'être joyeux à Roch Hachana.
C'est également la décision halakhique de la Michnah Béroura (597:1).
Le 'Hatam Sofer (commentaire du Shoulchan Aroukh 597) offre une preuve en se basant sur le langage de la Michna (Roch Hachana 29b), qui se réfère au "Yom Tov de Roch Hachana" (Yom Tov renvoie à la fête avec de la joie).
En fait, dans ses Drachot (2:356), le 'Hatam Sofer va jusqu'à dire que par le mérite d'avoir une joie appropriée en ce jour-là, nous mériterons un bon verdict le jour du jugement.

-> Dans notre génération en particulier, la peur seule est parfois la recette pour déclencher l'anxiété et les sentiments déprimants qui sont l'antithèse de la majesté et de la grandeur de Roch Hachana, le jour où nous sommes censés couronner Hachem de bon gré et avec joie.
Comme l'a enseigné Né'hémia, la avoda de Roch Hachana consiste à se délecter de la sainteté du jour et à se réjouir ensemble de ses aspects positifs.
[Ezra et Né'hémia nous ont disent : "[à Roch Hachana] mangez des mets succulents, buvez des boissons douces ... ne soyez pas tristes, car la joie en Hachem est votre force" (Né'hémia 8:10). ]
Cela ne signifie pas que nous devrions totalement supprimer le pouvoir des aspects des Yamim Noraim (jours redoutables) tels que la peur et la crainte. Mais plutôt, en même temps nous ne devons pas perdre de vue l'aspect Yom Tov de Roch Hachana.

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+ La contradiction inhérente à l'homme :

-> Le rav Its'hak Hutner (Pa'had Its'hak - Roch Hachana - maamar 7), explique qu'il y a deux aspects distincts dans la création d'Adam.
D'une part, nos Sages (guémara Erouvin 13b) concluent : "Il aurait été préférable pour l'homme de ne pas avoir été créé plutôt que d'avoir été créé".
D'autre part, à la fin de la Création, la Torah déclare : "Hachem vit tout ce qu'Il avait fait, et voici que c'était très bon (tov méod)". Le mot méod fait spécifiquement référence à la création d'Adam (אדם), dont le nom comporte les mêmes lettres que méod (מאד) (Yalkout Béréchit 16).

Le rav Hutner explique que la raison de cette dichotomie est que :
"l'essence de la sainteté de Roch Hachana est la sainteté de la création d'Adam ... Par conséquent, ce jour-là, les deux aspects apparemment contradictoires d'Adam brillent de tous leurs feux.
L'une négative est qu'il aurait été préférable que l'homme n'ait pas été créé du tout ; et l'autre est la lumière incandescente du tov méod."

Comme le conclut le rav Hutner, lorsque Né'hémia déclare que les gens ne doivent pas pleurer à Roch Hachana ("ne soyez pas tristes" - véal téatsévou), ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de raison de s'attrister. Certes, il y en a certainement, mais la grandeur de l'homme, son potentiel illimité et le pouvoir de la téchouva l'emportent sur le besoin de pleurer (dans un sens de désespérer, de déprimer en se morfondant sur toutes les fautes qu'on a faites, le peu de mitsvot qu'on a réalisé par rapport à ce qu'on aurait pu).

Nous devons équilibrer les deux forces de Roch Hachana, la crainte effrayante de devoir faire face à nos fautes et au jugement divin implacable, tout en célébrant la "kédouchat briat ha'Adam", la sainteté qui est entrée dans le monde lors de la création du "'hassid gadol" (Erouvin 18b), [l'énormité spirituelle] qu'était Adam avant d'avoir fauté.
[ainsi Roch Hachana, c'est par moments utiliser la peur, la honte, face à ce qui ne va pas en nous, et à d'autres être rempli de joie et de fierté d'avoir un papa Hachem le Roi des rois (le boss des boss), qui par confiance et amour nous a gratifié de potentialités de sainteté et de spiritualité phénoménales (à l'idée de la création d'Adam). Chacun doit utiliser ces deux sentiments pour que son intériorité soit la plus vivante en ce jour. ]

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+ Accepter la dualité :

-> Nous aussi, nous devons tenir entre nos mains ces deux aspects opposés de notre existence le jour de notre création, à Roch Hachana.
Le séfer Ha'Hinoukh (mitsva 311) enseigne que Roch Hachana est un grand cadeau parce que :
"l'une des bontés d'Hachem envers Ses créations est qu'Il évalue nos actions chaque année afin que nos fautes ne s'accumulent pas de manière irrémédiable ...
Ce jour représente donc le maintien et le salut du monde. Par conséquent, il est approprié qu'il s'agisse d'un Yom Tov ... Cependant, comme il s'agit d'un jour de jugement, il convient également de l'aborder avec crainte et inquiétude, plus que les autres fêtes de l'année."
Une fois de plus, nous constatons la dualité de ce jour complexe.

-> Le rav Tsadok HaCohen de Lublin (Likouté Maamarim 13) considère que la double approche de Roch Hachana se reflète dans les sons du shofar. Il cite l'idée de la guémara (Roch Hachana 33b) selon laquelle d'une part le son téroua reflète nos cœurs brisés lorsque nous considérons nos fautes et tentons de faire une téchouva complète.
Mais d'autre part, la tékia est un son de joie et de triomphe (voir Bamidbar 10:10).

[la séquence des sons du Shofar est : tékia (un song long ininterrompu), téroua (une série de 9 sons saccadés), tékia.
Eventuellement, cela nous apprend que le cœur de notre Roch Hachana est dans la joie (téroua = sorte de son de carnaval, fierté du couronnement du Roi), mais pour pleinement exploiter cette joie en accord avec la gravité du jour, on doit y mettre un cadre de part et d'autre : de la crainte (tékia = comme un cri terrible de regret face à nos fautes, de peur que toute notre vie se décide en ces jours au Ciel). ]

-> Le rav Elimélé'h Biderman (Béer 'Haïm - p.51) souligne que celui qui sonne du shofar doit recevoir une montée à la Torah à Roch Hachana afin que son souffle soit émis dans la joie de la récitation des mots de la Torah (Choul'han Aroukh 584:2 avec le Lévouch).
En effet, souffler dans le shofar est une source profonde de joie, comme le montre la déclaration énigmatique de nos Sages (midrach Vayikra rabbah 29) selon laquelle "nous savons comment apaiser notre Créateur avec le shofar".
Le rav David Cohen (Birkat Yaavetz 1:17) explique que lorsque nous soufflons dans le shofar, nous imitons la création par Hachem de notre géniteur Adam, lorsqu'Il a soufflé le souffle de vie dans ses narines. Comme un couple qui se dispute et qui se réconcilie après avoir visité un endroit qui ravive les souvenirs de leur ancien amour, nous "apaisons" Hachem en Lui "rappelant" le moment où Il a créé Adam, lorsqu'Il était si satisfait de Sa création (tov méod).

-> Ainsi, Roch Hachana renvoie au jour où nous avons été créés, lorsque, même pour une courte période, Hachem était fier de la sainteté de la création d'Adam, nous aspirons au moins à revenir à ce jour merveilleux.
C'est là la véritable joie de Roch Hachana : savoir que nous avons la possibilité de retrouver notre gloire passée, par la téchouva, accompagnée de la joie de savoir qu'Hachem est à l'écoute de nos prières et de nos supplications (qu'Il aime chaque juif quoiqu'on ait pu faire).

Roch Hachana = participer à la communauté comme filet de sécurité

+ Roch Hachana = participer à la communauté comme filet de sécurité :

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav MéEliyahou 2:74-77) établit une distinction entre les deux jours de Roch Hachana. Il cite le Arizal qui définit le premier jour de Roch Hachana comme "dina kachya"
(jugement sévère), tandis que le second est appelé "dina rafya" (jugement doux).
Le rav Dessler donne l'exemple d'une personne qui est jugée coupable le premier jour sur la base des preuves empiriques de ses mérites et de ses démérites, de ses fautes et de ses mitsvot.
Le deuxième jour, cependant, ce verdict est revu, lorsque la personne est placée dans le contexte du grand Israël, ou au moins d'un tsibour, une parcelle de la communauté d'Israël, à laquelle elle apporte une contribution majeure.

Une personne (chacun selon ses moyens, capacités) peut être une force motrice de tsédaka, de 'hessed, d'étude de la Torah ou d'autres réalisations nécessaires dans une partie de la commuanuté.

Maintenant (le 2e jour), on est jugé non pas comme "un seul agneau" (Roch Hachana 16a), mais "bi'sekira a'hat" (ibid), dans un contexte, dans un cadre et en tant que partie d'un tout.
Cette fois, on peut sortir triomphant du jugement parce que les autres ont besoin de nous.
Le 2e jour de Roch Hachana est notre salut, car nous ne sommes plus seul.

-> Le rav Its'hak Hutner enseigne : "Chaque tsibour est un microcosme de la grande Knesset Yisraël (tous les juifs)". (Pa'had Its'hak - Roch Hachana 26:4)
Il n'est pas nécessaire d'être le donateur, le conférencier, le rabbin ou la rabbanite le plus célèbre du peuple juif. Mais si l'on a un impact sur sa communauté ou sur sa famille, alors même si le "dina kachya" du premier jour ne s'est pas bien passé, le "dina rafya" du deuxième jour renversera la décision céleste initiale.
[ainsi, au final nous recevons bien davantage que ce que nous donnons à autrui, à notre famille, car par leur mérite on peut avoir un jugement nettement plus favorable. On peut avoir de nombreuses bénédictions, pas par notre mérite personnel, mais dans un but d'en faire bénéficier autrui.
Hachem nous juge à Roch Hachana selon notre ambition du moment, ainsi plus on exprime un désir d'être là pour le bien d'autrui, plus on peut espérer de l'aide Divine en ce sens, dans l'année à venir. ]

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-> Le rav Moché Shapiro (Afiké Mayim - Yamim Noraim - p.116) ajoute l'idée que, bien que nous devions rester seuls lorsqu'il s'agit de nos avantages et de nos inconvénients, dans la mesure où nous soumettons notre égo et nos besoins personnels à l'intérêt général, alors "nos lacunes et nos défauts individuels ne seront pas autant mis en évidence".

-> On peut voir un exemple dans le récit de la Shounamite, avec le prophète Elicha.
Cela s'est produit à Roch Hachana parce que là aussi (en effet, le verset : "vayéhi hayom" (II Méla'him 4,8), or selon le Zohar (Pin'has 231a) le terme "hayom" renvoie à Roch Hachana".
Élicha se rendit à Shounem, il y avait là une femme importante (icha guédola), et Elicha lui propose d'intercéder pour elle auprès d'Hachem (v.4,13), mais elle se dérobe en disant : "je réside parmi mon peuple" (béto'h ami ano'hi yochavet).
[ainsi malgré qu'individuellement elle était une femme de grand niveau, elle préfère se fondre dans la masse de la communauté.
Nos Sages disent aussi que l'avantage de prier en minyan est qu'au Ciel on ne va pas examiner si nous méritons d'être exaucé, mais on va inclure nos prières dans le peuple juif, permettant qu'elles passent beaucoup plus facilement. (d'où le fait que nos prières sont souvent au pluriel) ]

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-> Le Alter de Kelm ('Hokhma Ou'Moussar 2:152) enseigne que nous savons que la mission principale de Roch Hachana est "fais de Moi ton Roi" (tamli'houni alé'hem).
Cela ne peut se faire correctement que lorsque tout le monde travaille ensemble pour le bénéfice du monarque. Cependant, si le peuple est empêtré dans des querelles et des désaccords insignifiants, la volonté du roi ne peut être accomplie.

Le Maharal dit également qu'une monarchie fragmentée manque de perfection, ce qui est la marque d'une véritable royauté. Ainsi, chaque pas vers l'unité remplit la mission de Roch Hachana et nous aide à réussir dans le jugement.
[plus le Roi règne sur nous, qu'Il est aimé et respecté, plus tous ses 'sujets' sont dans une bonne ambiance d'unité, fiers et joyeux de faire ensemble la volonté du Roi. ]

Roch Hachana : jugement sur notre ambition spirituelle

+ Roch Hachana : jugement sur notre ambition spirituelle :

-> A Roch Hachana, nous souhaitons que chaque juif, même celui qui s'est comporté comme un clown toute l'année, soit "inscrit dans le livre des tsadikim complets".
Alors qu'à n'importe quel autre moment de l'année, ce serait une plaisanterie de qualifier cette personne de tsadik complet, à Roch Hachana, même la plus petite personne (spirituellement parlant) peut devenir un tsadik complet.
On peut déterminer notre situation, on peut changer qui l'on est, et on peut vraiment devenir un tsadik complet.
[...]

Pendant ces jours [de Roch Hachana], Hachem agit envers nous comme un roi dans Son monde. Nous nous sentons beaucoup plus proches d'Hachem que d'habitude, et une personne peut décider de devenir le type de personne qu'elle souhaite être, un tsadik. Il sera alors jugé pour sa bonne vie.
Bien sûr, il sera jugé pour ses actions au cours de l'année écoulée. Mais pour ce qui est du type de personne qu'il est, il est jugé en fonction de son état actuel.
[en ce jour, l'essentiel est l'état d'esprit, notre ambition et désir sincère pour l'année à venir. ]
[...]

A Roch Hachana, nous sommes censés sortir de la boue. Plus les gens parlent de leurs fautes, plus ils s'enlisent à nouveau dans la boue !" [...]

Après Roch Hachana, nous avons 10 jours, les Asséret Yemé Téchouva, pour nous occuper des fautes que nous avons commises dans le passé. Mais Roch Hachana n'est pas le moment pour cela!
Au contraire, Roch Hachana est l'occasion de nous élever, de dépasser toutes les bassesses, et c'est alors, et alors seulement, que nous sommes prêts à aller de l'avant.
[...]

Nos Sages (Pirké Avot 4,2) disent : "Une mitsva mène à une autre mitsva", mais une personne a son libre arbitre. Comment cela fonctionne-t-il?
Rabbénou Yona explique qu'une personne n'a son libre arbitre qu'au début. Par la suite, "Une personne n'a pas le choix une fois qu'elle a déjà choisi une voie pour elle-même" (Rabbénou Yona - Pirké Avot 4:2).
Sur cette base, nous pouvons expliquer ce que signifie le fait qu' "une personne n'est jugée qu'en fonction de ses actions au moment présent" (Roch Hachana 16b).
Roch Hachana est une période où le monde est recréé. C'est un nouveau départ, et une personne peut choisir le bien, elle peut choisir de faire les bonnes choses, et elle sera jugée pour ce qu'elle choisit à ce moment-là. Si elle choisit le bien, elle se verra accorder l'aide Divine et l'inspiration pure des tsadikim complets.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

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-> Roch Hachana est un moment particulier où nous avons la possibilité de nous élever, d'oublier totalement le passé (quoiqu'on ait pu faire) et de devenir un tsadik complet dès maintenant. Le jour de Yom Hadin, nous pouvons devenir des personnes différentes. Nous devons devenir des personnes différentes.
Lorsque nous faisons cela, nous méritons qu'Hachem nous accorde tout ce qui est bon.
[...]

À Roch Hachana, Hachem nous accorde de nouvelles forces et capacités ... cependant, pour mériter cela, nous devons oublier le passé et nous en détacher complètement. Chaque juif, en particulier un ben Torah, peut oublier le passé et devenir un produit fini, la personne qu'il a été créé pour être.
[...]

Nous devons aborder Roch Hachana avec la force incroyable d'oublier le passé et de ne vivre que dans le présent. C'est ainsi que nous pourrons mériter une bonne année.
Nous devons croire en Hachem qu'il est possible de devenir un tsadik complet dès maintenant, à Roch Hachana. Lorsque nous faisons cela, Hachem nous considérera comme des tsadikim complets.
[...]

Le yetser ara est terrifié à Roch Hachana, et pour cause, à Roch Hachana, chaque juif peut le vaincre totalement dans une victoire absolue. Tout juif, quelle que soit sa condition, peut devenir un tsadik à part entière.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

La chose la plus importante à faire en Elloul est de ressentir l'amour d'Hachem.
[rav Its'hak Breitowitz]

Le sourire est la meilleure préparation

+ Le sourire est la meilleure préparation :

-> On demanda un jour au rav Avigdor Miller, alors qu'il était assez âgé, quelle était la chose à faire pour se préparer aux Yamim Noraim à venir. Il était faible et ne parlait pas fort à l'époque, mais il a répondu clairement par un seul mot : "Souriez!"
L'auditeur pensa que le rav n'avait pas compris la question ou ne pouvait pas articuler une réponse acceptable. Il réitère donc sa question, mais plus fort.
Le rav Miller s'écria : "Je ne suis ni faible ni décrépit, mais je suis vieux, alors je vais réitérer (ma réponse) : "Souriez!"

Ainsi, ce grand de la Torah, après une vie à un très haut niveau spirituelle, nous affirme que la meilleure chose que nous puissions faire à Roch Hachana est de montrer que nous sommes reconnaissants pour tout ce que nous avons eu l'année dernière.

[ trouver un maximum de belles choses dans l'année passée sur lesquelles reconnaître que c'est grâce à Hachem, et pouvoir Le remercier.
Les jours redoutables (yamim noraïm) peuvent être remplis de crainte, nous faisant oublier de se réjouir d'avoir pu passer encore une année en tant que juif(ve), aux côtés du Maître du monde, de papa Hachem. (indépendamment de ses actions, tout juif est beaucoup plus aimé et proche d'Hachem que les autres nations).
Roch Hachana est généralement une période de bilan sur ce qui ne va pas (téchouva), d'ambitions sur le futur, mais il ne faut pas oublier de fêter et remercier Hachem pour toutes les choses de l'année passée, qu'elles soient petites, ordinaires ou répétitives.
Avant de faire rentrer dans notre bouche du miel à Roch Hachana, il faut en sortir (paroles douces comme le miel à Hachem). 🙂 ]

Roch Hachana = 2 jours dans le palais du Roi

+ Roch Hachana = 2 jours dans le palais du Roi :

-> L'objectif de la avada de Roch Hachana est de nous renouveler, de nous transformer en une nouvelle création, de nous déconnecter totalement du passé. Comment y parvenir?
Par les prières de Roch Hachana. Pendant deux jours entiers, nous nous oublions.
Vous est-il déjà arrivé de vous oublier, ne serait-ce qu'une seconde? Nous entrons dans le palais du roi et nous nous retrouvons dans un monde complètement différent.
Tout au long des prières, il y a de nombreuses formules pour que nous "rencontrions" le Roi. Et lorsque nous le rencontrons, lorsque nous passons deux jours sans nous préoccuper de nous-mêmes, nous devenons une nouvelle création.
[...]

Pendant deux jours entiers, nous ne faisons que penser aux prières, et c'est ainsi que nous acquérons une véritable connexion avec ce que nous disons.
Pendant tout ce temps, nous ne faisons rien d'autre, nous ne pensons à rien d'autre. Nous n'avons pas d'affaires à régler et nous ne pensons ni à hier ni à demain. Tout est mis de côté et nous ne pensons qu'à une chose : être dans le palais du Roi.
[...]

Si l'on nous demandait ce que nous devons prier à Roch Hachana, nous répondrions certainement une longue vie, une bonne parnassa et une bonne santé. Mais qu'ont inclus nos sages dans nos prières?

"De même, Hachem notre D., place ta crainte sur toutes tes œuvres" (ouv'hen ten pa'hdékha, Hachem Elokénou, al kol maasé'ha).
"Tout ce que Tu as créé doit savoir que Tu l'as fait, et tout ce que Tu as façonné doit comprendre que Tu l'as façonné" (véyéda kol paoul ki ata péalto véyavin kol yistour ki ata yitsarto).
Ces paroles parlent toutes de la royauté de Hachem. Comment pouvons-nous comprendre cela ?

Il est impossible d'approcher le Yom Hadin dans l'état de faiblesse où nous nous trouvons. Alors que fait Hachem?
Il nous dit : "Vous êtes les enfants du roi, vous êtes élevés et spéciaux (à Mes yeux)! Venez dans le palais du Roi, passez-y quelques jours, et vous sortirez alors de l'humilité de l'année." (plus on se rapproche d'Hachem, plus on est à notre place, conscient de notre petitesse)

Voilà ce qu'est Roch Hachana. Nous passons deux jours entiers dans le palais du Roi, à discuter avec lui et à parler de Sa grandeur et de Sa force. Nous demandons que le monde entier reconnaisse sa Royauté (véyéda kol paoul).
C'est ce que nous faisons pendant deux jours.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

[physiquement nous semblons être sur terre, mais spirituellement nous sommes dans le palais du Roi, dans une proximité totale avec notre Père, le Roi des rois. ]

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-> Pendant les 2 jours [de Roch Hachana], nous sommes extrêmement proches d'Hachem, comme le disent nos Sages : "Entendre le shofar, c'est comme se trouver à l'intérieur du Saint des saints (Kodech HaKodachim), l'endroit le plus saint du Temple " (guémara Roch Hachana 26b).

Hachem voit comment une personne est au moment où elle est jugée, sans regarder son passé.
Étant donné qu'à Roch Hachana, nous ne nous occupons que de ce moment, et non de tout notre passé, chaque juif peut devenir un tsadik à part entière.
Chaque juif peut être inscrit dans le livre des tsadikim. C'est pourquoi il est interdit de mentionner toutes les fautes que nous avons eues dans le passé, car à Roch Hachana, chacun d'entre nous peut se tenir devant Hachem en tant que tsadik complet et dire : "Je suis une nouvelle création, prête à faire tout ce qu'Hachem me demande."
[...]

A Roch Hachana, pendant 2 jours, nous sommes à côté du Roi, vivant dans un autre monde, un monde d'Elokout (Divinité), de Malkhout (Royauté), d'Avot, et de Malkhout Chamayim, pensant à Hachem comme notre Roi, pensant à nos Patriarches et à la façon dont ils ont servi Hachem, et pensant à la Royauté d'Hachem sur le monde entier.
Il est possible de devenir soudainement le plus grand tsadik de la génération.
En passant deux jours entiers à prier Hachem, on peut devenir un tsadik complet comme le Gaon de Vilna. Et la vérité, c'est qu'au Ciel, ils souhaitent que chaque juif devienne un tsadik à part entière.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

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-> La halakha stipule qu'il est interdit de mentionner nos fautes le jour de Roch Hachana. Pourquoi cela?
Pendant ces deux jours, nous devons nous déconnecter complètement du passé. Nous ne parlons pas de nos faiblesses ou de nos lacunes. Nous ne mentionnons même pas les choses dont nous pourrions avoir besoin. Nous ne parlons que de ce que nous voyons dans le palais du Roi.
Nous demandons que la noblesse d'Hachem devienne évidente pour le monde entier : "Hachem, c'est Toi seul qui dois régner" (vétimlo'h ata Hachem lévadé'ha).

Pendant deux jours entiers, nous ne parlons que de nos aspects positifs, sans mentionner aucune de nos fautes. Si nous ne pensons pas et ne nous préoccupons pas de nous-mêmes pendant deux jours entiers, nous pouvons espérer laisser derrière nous la bassesse du reste de l'année et redevenir grands. Nous pourrons alors retrouver le statut exalté qu'Hachem a accordé au peuple juif.

Se concentrer sur les aspects positifs
Les versets de Zi'hronot que nous disons pendant Moussaf ont un objectif : se concentrer sur nos aspects positifs. En fait, nous nous jugeons nous-mêmes favorablement. Nous déclarons qu'Hachem est notre "bon Roi" et nous disons : "Heureux celui (c'est-à-dire nous) qui ne T'oublie pas" (achré ich chélo yiska'hékha). Il ne s'agit pas de flatterie, nous disons simplement la vérité.
[...]

En nous concentrant sur nos aspects positifs, nous montrons que nous cherchons Hachem. C'est ainsi que nous mériterons une bonne année. "Celui qui Te cherche ne trébuchera jamais, et celui qui s'abrite en Toi ne sera jamais déshonoré" (ki dorché'ha léolam lo yékachélou vélo yékalmou lanétsa'h kol a'hochim ba'h).
La récitation de ces versets est source de joie et d'espoir. Nous pouvons sortir de la boue, nous le pouvons vraiment. Nous devrions être si heureux que nous devrions commencer à danser!
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

Donner de la force à nos prières par notre unité

+ Donner de la force à nos prières par notre unité :

"Les prières des Yamim Noraïm doivent être conduites dans un esprit d'amour et de paix entre une personne et son prochain, afin que nos prières soient acceptées.
Car alors le Satan dit : "Qui est comme Ta nation Israël? Ils sont comme les anges Tutélaires, qui n'ont ni jalousie ni haine entre eux."
L'unité sur la terre entraîne l'unité des racines de nos âmes au Ciel."
[Alchikh haKadoch - Nitsavim 29,9]

=> bien qu'un sentiment d'unité et d'amour au sein du peuple juif permet toute l'année d'améliorer l'impact de nos prières, cela l'est tout particulièrement pendant les Yamim Noraïm, lorsque nous devons nous tenir comme une nation unie devant Hachem.

Les prières de Roch Hachana

+++ Les prières de Roch Hachana :

+ Les morts se joignent à nos prières :

-> A Roch Hachana et Yom Kippour, les âmes (néchamot) des Avot (Patriarches) et des tsadikim qui ont déjà quitté ce monde reviennent pour se joindre à nous dans nos prières.

Cela explique la déclaration de nos Sages (guémara Roch Hachana 32b) selon laquelle les anges célestes disent à Hachem : "Pourquoi le peuple juif ne chante par de Shira (une louange, comme le Hallel) à Roch Hachana et à Yom Kippour?"
Hachem répond : "Le livre de la vie et le livre de la mort sont ouverts devant moi, et ils devraient dire Shira?"

C'est parce que même si en ces jours les morts prient avec nous et que leurs prières sont efficaces, ils ne peuvent pas dire de Shira avant la résurrection des morts, car il existe une règle selon laquelle "les morts ne peuvent pas louer Hachem" (lo amétim yéalélou ya - Téhilim 115,17).
Ainsi, nous ne pouvons pas non plus dire Shira, car les morts sont parmi nous [priant à nos côtés en ces jours si importants].
[ 'Hatam Sofer - Drachot 'Hatam Sofer - 'helek 2 - p.350 ]

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+ Réciter les prières avec kavana :

-> Le séfer Yocher Divré Emet (ot 56) écrit à propos des prières de Roch Hashana :
"Tout le monde récite les prières avec beaucoup d'éveil spirituel, mais c'est pour les piyoutim et les nouvelles prières qui ne sont dites que pendant les Yamim Noraïm que l'enthousiasme est le plus grand.
Les prières (habituelles) de Pessouké Dé'Zimra, Korbanot, Shéma et de la Amida sont récitées rapidement, comme elles le sont tout au long de l'année.
Les gens ne réalisent pas que ce sont là les prières principales (de Roch Hachana) et que le reste n'est que des "ajouts", et que les prières ajoutées ne peuvent être acceptées que si les prières principales sont récitées correctement.
On peut le voir dans les actions du rav Ména'hem Mendel de Premichlan, qui considérait les prières principales comme l'essentiel."

-> Le Yocher Divré Emet poursuit :
"En particulier en ce jour formidable de Roch Hachana, il faut se concentrer sur la signification des mots et des lettres. De cette manière, on élève toutes les prières récitées de manière incorrecte tout au long de l'année, comme l'indiquent de nombreux séfarim."

Le shofar élève tout le monde

+ Le shofar élève tout le monde :

-> Non seulement le shofar fait taire les anges Accusateurs, mais il élève et inspire le peuple juif.
Le séfer Ohel Shlomo (sur Roch Hachana) cite le rav Bounim de Peshischa qui dit que le mot "shofar" est l'acronyme de "shoresh poré roch vé'laana". [il s'agit d'une expression utilisée pour désigner quelqu'un qui est tombé à un niveau de faute très bas.)
Cela signifie que même quelqu'un qui est tombé à un niveau spirituel très bas peut être élevé par l'écoute du shofar.