Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

‘Hanoucca : miracles révélés et miracles dissimulés

+ 'Hanoucca : Notions de miracles révélés (niglé) et de miracles dissimulés (nichtar) :

-> Le Maharal ('Hidouché Aggadot - guémara Shabbath 21b) commente :
"La raison principale pour laquelle les jours de 'Hanoucca ont été établis provient de la victoire militaire sur les grecs, mais cependant il n'était pas assez clair que cette victoire soit survenue par le biais d'un miracle de Hachem, et non pas par la force propre des juifs ("on est les plus forts!").

C'est pour cela qu'a eu lieu le miracle de la fiole d'huile, afin que les juifs puissent savoir définitivement qu'absolument tout est miraculeux, y compris la victoire militaire."

-> Le Maharal vient éclairer le déroulement de 'Hanoucca :
- d'un côté nous allumons les bougies = par cela on se rappelle de la fiole d'huile, miracle incroyable, puisqu'allant totalement à l'encontre des lois de la nature.

-> d'un autre côté, dans nos prières (amida, birkat hamazon) nous ajoutons le passage de : "al hanissim" (sur les miracles de ce jour) dans lequel nous abordons en détail la victoire militaire, sans s'étendre sur le miracle de la fiole d'huile.
Pourquoi cela?

La réponse est qu'en réalité dans le "al hanissim" nous nous focalisons sur le vrai miracle de 'hanoucca : Hachem a sauvé nos vies par une victoire militaire, nous permettant ensuite de rétablir le service dans le Temple.

Le miracle de la fiole d'huile n'a été réalisé que dans le but de nous permettre d'ouvrir les yeux, afin d'en venir à reconnaître que la victoire militaire était également un miracle de D., et non pas un heureux hasard, le fruit de notre intelligence stratégique, de notre force personnelle.

=> On apprend de là que les miracles dévoilés/inhabituels, sont secondaires par rapport aux miracles habituels, qui sont le principal.

Plus que cela, lorsque Hachem a besoin de nous envoyer un électrochoc par le biais d'un miracle exceptionnel, afin que nous ouvrons les yeux sur la réalité, cela témoigne d'une faiblesse à reconnaître de nous même que tout n'est que miracles.

-> Rav Moché Feinstein développe l'idée que la présence de miracles exceptionnels est le signe d'un niveau faible des juifs, puisque signifiant que nous avons besoin de l'aide de D. afin d'en arriver à apprécier que tout vient de Lui.
A l'inverse, plus notre émouna est élevée, plus nous savons discerner dans les moindres petites choses de ce monde, l'intervention de la "main Divine"

=> Les lumières de 'Hanoucca ne sont pas la finalité de la fête, elles sont là pour illuminer l'essentiel : Hachem est derrière tout ce qui se passe dans ce monde.

-> Le rav Zalman Auerbach explique que puisque l'objectif de l'allumage des bougies de 'Hanoucca est d'en venir à remercier Hachem pour les miracles militaires, lorsque nous récitons la bénédiction de : "chéacha nissim" (qui a fait des miracles), nous devons avoir en tête particulièrement ces miracles, et non pas celui d'avoir trouvé une fiole d'huile qui a brûlé plus que de naturel.

==> 'Hanoucca doit nous ouvrir les yeux pour le restant de l'année : Hachem nous fait sans cesse des miracles (notre cœur bat, nos yeux voient, nous avons de l'air pour respirer, le soleil brille, ..), ce qui fait que nous devons Le remercier autant que possible, et également se réjouir de notre sort : nous sommes en vie, chouchoutés par papa Hachem.

[ce que nous n'avons pas, au-delà de ne pas nous être positif, est infiniment minime par rapport à tout ce que nous avons => Quel bonheur! Quelle joie!]

[la nature humaine est que même le plus grand des miracles, s'il se produit fréquemment, alors il devient à nos yeux, avec le temps, quelque chose de banal.
'Hanoucca est ce moment où l'on prend conscience d'à quel point nous sommes trop peu reconnaissant à Hachem, en n'appréciant pas Ses bontés permanentes à leur juste valeur! ]

Par ricochet, nous devons également moins prendre pour acquis ce que nous apporte autrui (directement et indirectement).

Par ailleurs, de même que nous illuminons l'environnement par la lumière des bougies, prenons la résolution d'illuminer notre visage d'un sourire, de mots de remerciement à notre conjoint, à nos parents, à nos enfants, à nos amis, à notre rav, ...

[la tendance humaine est de rendre petit ce qu'autrui nous apporte afin de ne pas être dans une situation de redevabilité. Tâchons de dépasser cela, pour sans cesse dire des mots positifs, qui ont le pouvoir de faire briller de joie autrui.]

<---------->

"C'est à partir du miracle des bougies de 'hanoucca, qu'il est devenu rétroactivement apparent que la victoire miraculeuse face aux grecs était le résultat de la présence de Hachem aux côtés du peuple juif.
Le miracle des bougies entraînant qu'elles ont duré pendant 8 jours, a été réalisé uniquement pour témoigner que Hachem avait accepté le retour du peuple juif avec les bras grands ouverts et avec un grand amour."
[le Séder haYom]

=> Les bougies de 'Hanoucca que nous allumons sont pour nous comme un "bisous" de notre papa Hachem!

Le Tiféret Shlomo fait remarquer que : 'hanoucca (חנוכה) a la même guématria que les mots : tov (טוב) et : 'hessed (חסד).
[c'est un moment exceptionnel d'intimité, de retrouvailles, durant lequel D. nous chouchoute en bien (tov) et de sa générosité gratuite ('hessed).]

<--------------------------------->

+ Annexe :

-> En apparence, on serait tenté de dire que le miracle principal de 'Hanoucca est la petite fiole d'huile qui a duré de façon incroyable pendant 8 jours.

Le rav Sim'ha Zissel de Kelm enseigne qu'en réalité, c'est Hachem qui donne en permanence à l'huile sa propriété de brûler selon des lois de la nature. Il peut à tout moment les modifier, entraînant alors qu'une même quantité d'huile brûle plus longtemps ou bien ne brûle plus du tout.

Ainsi, ce n'est pas parce dans Son énorme bonté, Hachem nous accorde des miracles en permanence, qu'ils doivent perdre leur aspect miraculeux, et que nous ne devons plus en remercier D. pour cela.

D'ailleurs, c'est une des explications du fait que 'Hanoucca dure 8 jours, alors que l'huile n'a duré que 7 jours de plus que ne le pouvait sa quantité initiale. En effet, tout n'est que miracle divin.
Le 1er jour lorsque la bougie a brûlé en accord avec l'huile qu'elle avait, est autant un miracle que les 7 jours suivants où elle a pu brûler en contradiction avec les lois de la nature.

Le rav Naftali Hexter dit : la nature n'est pas naturelle, elle est supernaturellement naturelle.

[nous récitons tous les jours dans la prière que Hachem refait tout le monde en permanence (mé'hadech bétouvo tamid), ce qui entraîne qu'il n'y a pas de notion de pilotage automatique du monde.
Si à un seul instant, D. ne refaisait pas le monde, alors il cesserait d'exister! ]

<--------------------------------->

-> Le 'Haon Ich enseigne :
Il y a un grand principe dans le service d'Hachem. Il existe un yétser ara spécial, connu pour apparaître suite à un miracle. Le but de ce yétser ara est d'affaiblir l'enthousiasme émotionnel qui a été suscité par le miracle. Son but est de saper et de détruire toute spiritualité que vous avez acquise. On est alors victime de ce yétser ara.

-> Le rav Brevda dit que lorsqu'un miracle nous permet de monter vite de niveau spirituel (face à un flash de Vérité on monte rapidement), alors le yétser ara nous accompagne sur cette échelle de la spiritualité, pour nous empêcher d'avancer davantage.
Selon le principe que plus une personne est grande spirituellement, plus elle a [en opposition] un grand yétser ara. C'est pour cela que pour maintenir l'inspiration spirituelle résultat d'une prise de conscience des miracles d'Hachem, alors il faut travailler très dur pour que l'inspiration perdure.
[ce qui vient vite peur partir vite car on est pas préparé/habitué à en avoir en parallèle ce nouvel yétser ara si renforcé. ]

Lumières sur ‘Hanoucca en se basant sur le mot : yavan

+ Mieux comprendre 'Hanoucca en se basant sur le mot : yavan (la Grèce - יון) :

-> On peut remarquer que chacune des lettres de ce mot (יון) devient plus grande.
Cela commence par le Youd (י), qui symbolise la sainteté des yédoudim (juifs - yuden), puis en descendant un peu plus vers le bas, celui-ci se transforme en la lettre vav (ו), qui en chutant encore davantage, devient un noun final (ן) qui elle est la lettre de l'alphabet descendant au plus bas.

=> Les grecques voulaient prendre la sainteté, la spiritualité du peuple juif, et la faire chuter au plus bas.

Cela renvoie à la stratégie du yétser ara qui ne va jamais nous pousser directement à faire une grande faute, mais il va procéder de façon progressive : partant du youd (י - de yéhoudi - juif), puis le faisant chuter peu à peu jusqu'à ce qu'il devienne un vav (ו), puis continuant dans cette stratégie, il va le transformer en un noun final (ן).
[passage du י au ן ]

Les grecs vont agir de la même façon avec les juifs, en leur demandant : on ne vous demande pas d'arrêter totalement d'être des juifs, mais uniquement de vivre un peu plus comme les non-juifs qui vous entourent.
Où en est le problème, ce n'est pas si grave!

Petit à petit, le youd devient un vav, puis petit à petit il devient un noun final.
[le juif avec le temps s'assimile alors dans la masse!]

Les hauts (la tête) de ces lettres sont tous à la même hauteur (יון), témoignant du fait que dans notre tête on pense toujours que l'on se comporte bien, puisqu'on arrive à tout se justifier positivement (se créant notre propre Hachem, adaptant les mitsvot à nos envies).
Dans notre esprit, on s'auto-persuade d'être parfait, mais la réalité est qu'on chute toujours plus bas ...

<------->

-> En hébreu, Jérusalem se dit aussi : tsion (ציון), et la Grèce se dit : yavan (יון).

Le rav Yossef Sitruk disait que la différence entre ces 2 mots réside dans la lettre tsadik (צ), car ce qui différencie les 2 peuples, c’est le caractère tsadik (être un homme juste par rapport à la Torah).

[en apparence, les êtres humains se ressemblent tous, mais en tant que juifs nous devons avoir à la tête de chacune de nos actions la lettre tsadik : est-ce ce que Hachem attend de moi?

Cela complète l'idée précédente : un juif doit vivre selon la vraie volonté de Hachem (en se pliant à la Torah et à nos Sages), et non pas selon celle qu'il se créé pour justifier ses envies, en faisant des interprétations allant dans son sens.
Un juif à l'image de l'huile : il est pur et ne peut pas se mélanger à d'autre liquide (nations)!]

<------->

-> Le rav Zev Leff fait remarquer que le mot : yavan (Grèce - יון) est composé des 3 seules lettres de l'alphabet hébraïque qui sont constituées uniquement de traits droits.

Cette caractéristique d'être tout plat, témoigne du fait que la Grèce n'a pas d'intériorité (pnimiyout), son approche étant : "ce que tu vois, c'est ce que tu as" (c'est superficiel, sans profondeur).
Les grecs idolâtraient leur corps et la nature, sans jamais voir la "main de Hachem" cachée dans la naturalité de ce monde.
[c'est : enlevons Hachem de notre pensée, pour mieux ériger l'homme en tant que dieu, maîtrisant le monde selon sa volonté! ]

-> Le Sfat Emet (fin 5761) fait remarquer que la guématria du mot Yavan (Grèce - יון) est de : 66, qui est la même que : galgal (un cycle, une orbite - גלגל), faisant allusion au cycle des étoiles dans le ciel, aux constellations.

En effet, les grecs s'enorgueillaient de leur compréhension de la science, du comment la terre et les étoiles bougent dans le ciel.
Ils croyaient uniquement en ce qu'ils voyaient, en opposition avec les juifs qui croient dans le fait que Hachem gouverne le monde en permanence et dans les moindres détails.

Le Sfat Emet note que : éloké'ha (ton D. - אלקיך) a également une guématria de 66, ce qui nous rappelle que Hachem est Celui qui est derrière le mouvement des étoiles et de la terre dans le Ciel (גלגל - guématria 66).

=> C'est cela toute la guerre de 'Hanoucca : est-ce que nous lions le galgal (le fonctionnement routinier du monde) à yavan (tout n'est que normalité!)? ou bien à Eloké'ha (tout n'est que d'énormes miracles totalement dissimulés dans leur récurrence, dans l'habitude)?

Le message de 'Hanoucca est que pour éviter d'être : yavan (Grèce - יון - valeur : 86), nous devons aller au-delà de la vision des grecs qui s'arrêtent uniquement à ce qu'ils voient : au galgal (le fonctionnement cyclique du monde - גלגל - guématria 66).
Nous devons aller plus en profondeur, en nous focaliser sur ce qu'y est derrière : Hachem, Ton D. (אלקיך - valeur : 66).

[à l'image du roi David : "Je mettrai D. en permanence devant moi" - Téhilim 16,8 - Chiviti Hachem lénegdi tamid]

-> Le Sfat Emet va plus loin, en rapportant que la guématria 66, est celle de la phrase : "aya, avé yéyé" (Il est, Il était, Il sera - היה הוה יהיה), qui est une description de Hachem.

=> 'Hanoucca est un moment privilégié pour réfléchir à l'éternité de D. : Il a été avant toute Création, Il est, et Il sera après toute Création (Lui seul est éternel car au-dessus du temps!).

[ Le mot : "haTéva" (la nature – הטבע), et le nom de D. : "Elokim" (אלהים), ont la même guématria : 86, car malgré les apparences, D. est aux manettes de Sa création en permanence.

Par ailleurs, en hébreu, le monde se dit : "olam", et est en relation avec "néélam" (caché), car Hachem s’est caché pour laisser place au libre arbitre.

=> 'Hanoucca est ce bref moment de l'année où l'on allume la lumière de l'obscurité de ce monde afin de mieux prendre conscience de cette réalité : Hachem n'est pas absent, bien au contraire! ]

<---------->

-> Le mot : "nissayon" (un épreuve - נסיון) est composé de : ness (un miracle - נס) et de yavan (יון).

Lorsque nous vivons un miracle anormal dans notre vie (un נס), nous sommes face à une épreuve (un נסיון) :
- la tendance de yavan : profite de ta vie sans trop te poser de question.
Ainsi, lorsque tu vis un miracle inhabituel : pourquoi chercher à comprendre ce qui se cache derrière? Profites-en et continue ta vie comme si de rien n'était!

- la vision juive : un miracle anormal, inhabituel, est une occasion d'éveiller en nous une appréciation, une reconnaissance pour tous les miracles cachés (car habituels) de ce monde, dont nous bénéficions en permanence (je respire, je vois, je marche, le soleil brille, ...).

=> Pour surmonter l'épreuve (נסיון), nous devons repousser le yavan (יון), et garder le ness (נס), l'émerveillement et la gratitude devant tout ce que Hachem fait pour nous.

'Hanoucca est une bonne occasion pour faire briller notre vie, par la prise de conscience d'à quel point papa Hachem nous chouchoute, nous accordant à tout moment une pluie de miracles!

<------------------------------>

-> Pour continuer sur cette idée, il y a b'h le divré Torah intitulé : 'Hanoucca : Notions de miracles révélés (niglé) et de miracles dissimulés (nichtar) : https://todahm.com/2018/12/09/hanoucca-miracles-reveles-et-miracles-dissimules

+ Le mot 'Hanoucca (חנוכה) est lié au mot : 'hinoukh (éducation - חינוך).

'Hanoucca est un moment pour éduquer et se préparer à la géoula (la délivrance ultime).
En effet, à 'Hanoucca, la lumière cachée de Hachem est révélée, ce qui est similaire à la lumière du Machia'h.

[Bné Yissakhar - Kislev 2,16]

['Hanoucca est l'occasion de rallumer notre attente en la venue du machia'h, où à l'image de nos bougies qui illuminent l'environnement obscur, il viendra remplir la terre de la lumière divine]

"La mitsva d'allumer les bougies de 'Hanoucca (חנוכה) est une continuation de l'allumage [passé] de la ménora, et il s'agit également d'une éducation (חינוך) pour l'allumage futur de la ménora [dans le 3e Temple suite à la venue du machia'h]."
[Sfat Emet 5638]

-> La valeur numérique du nom : machia’h (משיח) est de : 358, et peut renvoyer :
- aux mots : "ness gadol aya cham" (un grand miracle a eu lieu là-bas – נס גדול היה שם), dont la guématria est de : 358, et qui renvoient aux 4 lettres qui sont présentes sur une toupie en dehors d'Israël (exil) : נ, ג , ה, ש.
- à l’expression : "Hachem Mélé’h, Hachem Mala’h, Hachem yilo’h" (D. règne, D. a régné, D. régnera – יהוה מלך יהוה מלך יהוה ימלך), dont la guématria est de : 358.
Avec la venue du machia'h tout s'illuminera et deviendra totalement clair : Hachem règne, Il a toujours régné, et Il régnera pour l'éternité sur le monde : de la plus petite molécule à l'objet le plus volumineux.

-> Les lettres du mot : "machia'h" (משיח) forment : "mad'likin chémonat yémé 'Hanoucca" (on allume les 8 jours de 'Hanoucca - מדליקין שמונת ימי חנוכה).
En effet, le fait d'allumer les bougies de 'Hanoucca amène le machia'h.
[rabbi Naftali Tsvi Horowitz Ropshitz ]

<------------------------->

+ 'Hanoucca & l'importance du Shabbath :

+ Les lois de 'Hanoucca sont abordées dans le traité Shabbath avec les lois relatives à l'allumage des bougies de Shabbath (et non dans le traité Baba Kama, où la michna mentionne cette fête).
La raison est que les bougies de 'Hanoucca sont similaires aux bougies de Shabbath.
[Rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik - 'Hanoucca 1]

=> La fête de 'Hanoucca est "fraîche", magnifique à nos yeux, puisqu'ayant lieu une seule fois par an. Nous en sommes alors tous excités!
En appréciant d'allumer les bougies de 'Hanoucca, nous devons en profiter pour rallumer notre amour, notre appréciation du Shabbath, qui est le jour le plus important du calendrier juif.
En effet, la routine (tous les 7 jours) lui fait perdre toute sa superbe, à l'image de tous ces miracles qui se déroulent en permanence (je vois, je respire, j'entends, ...), et qui sont à nos yeux comme des acquis.
'Hanoucca est ce moment où Hachem réalise pour nous un miracle visible comme la fiole d'huile, dans un but de nous rendre la vue sur les autres miracles cachés par l'habitude.

=> 'Hanoucca doit rallumer toute la magnificence du Shabbath, que le restant de l'année lui a fait perdre.

<------->

+ 'Hanoukia ou havdala?

Nos Sages débattent à savoir si l'on doit allumer la 'hanoukia avant ou après avoir récité la havdala à l'issue du Shabbath.

-> dans une synagogue, la réponse est unanime : nous devons d'abord allumer la 'hanoukia, pour diffuser le miracle (pirsoumé nissa).

-> L'allumage dans notre maison :
- Le Rama (Ora'h 'Haïm 681,2), ainsi que le Gaon de Vilna disent que nous devons allumer la 'hanoukia d'abord, et ce pour 2 raisons : la 1ere : pour diffuser le miracle, et la 2e : afin de repousser la sortie du Shabbath le plus possible.
En effet, en récitant tout d'abord la havdala, nous risquons de laisser apparaître que le Shabbath est pour nous un fardeau indésirable dont l'on souhaite se débarrasser au plus vite (à la seconde où il sort!), afin de se décharger de toutes les lois applicables à ce saint jour.

- d'un autre côté, il y a la loi juive (halakha) statuant : si nous avons 2 mitsvot, celle qui est la plus fréquente doit être réalisée avant celle qui est moins fréquente (guémara Zéva'him 89 - tadir véchééno tadir, tadir kodem).
Ainsi, puisque la havdala a lieu tous les 7 jours, et l'allumage de la 'hanoukia 8 jours par an, la havdala a préséance.

== La michna broura écrit que les 2 options sont permises.
Cependant, la pratique courante dans la plupart des maisons est de faire la havdala d'abord, et ensuite d'allumer la 'hanoukia.

=> On peut retenir de cette discussion que le Shabbath est extrêmement précieux, et qu'ainsi nous ne devons pas nous dépêcher de le laisser partir.
'Hanoucca est un moment opportun pour réaliser cela!
[même si d'habitude on fait d'abord la mitsva la plus fréquente sans se poser plus de question. Cependant, dans ce cas : Shabbath est tellement important, que la loi juive n'a pas été tranchée de façon claire!]

-> Le Tour enseigne que lorsque le Shabbath arrive, les réchaïm au guéhinam (Enfer) profite également de la tranquillité de ce jour, car il n'y a pas de guéhinam durant le Shabbath. Cependant, à la minute où Shabbath sort, les réchaïm y retournent subir leurs terribles punitions.
Le rav 'Haïm Yossef Kofman rapporte que selon nos Sages, les réchaïm retournent au guéhinam au même moment où ils avaient l'habitude de finir leur Shabbath lorsqu'ils étaient encore en vie. C'est ainsi, que ceux qui terminent leur Shabbath au plus tôt, vont retrouver leurs punitions au plus tôt, ce qui est une raison supplémentaire de ne pas trop se hâter à la fin "officielle" de Shabbath.

‘Hanoucca : Hachem rend visite à chacun d’entre nous!

+ 'Hanoucca : Hachem rend visite à chacun d'entre nous!

-> Le Arizal explique que si pendant toutes les fêtes juives l'âme d'une personne peut s'élever de plus en plus haut proportionnellement à sa préparation, il existe une exception : 'Hanoucca.

En effet, uniquement pendant cette fête, Hachem, dans toute Sa gloire, descend vers chacun d'entre nous et déverse Son éclat, où que nous puissions être et quelque soit le niveau spirituel que nous possédons.
[Arizal - Chaar haKavanot - drouché 'Hanoucca 1]

C'est pour cela que nous allumons les lumières une fois qu'il fait totalement nuit.
En effet, même si par notre comportement nous avons pu descendre au plus bas dans une obscurité totale, Hachem est quant même toujours là pour nous!

Rabbi Na’hman de Breslev appelle ‘Hanoucca : "La fête de Bikour 'Holim" = Hachem descend même au près de ses âmes les plus malades.

-> "Le pouvoir des bougies de 'Hanoucca est tellement énorme, qu'il n'existe pas d'âme qui ne sera pas éclairée par la lumière de Hachem pendant l'allumage des bougies, même le plus grand des racha."
[rav Gamliel Rabinovitch]

<-------->

-> Le Baal Chem Tov enseigne au sujet de la bénédiction : "chéacha nissim lavoténou bayamim ahèm bazéman azéé" :
- "bayamim a'hém" (en ces jours passés) = il d'agit du miracle passé ;
- "bazéman azé"(en ces jours actuels) = chaque année, le miracle répand son éclat [d'une puissance identique à la 1ere fois].

=> 'Hanoucca n'est pas qu'un souvenir d'événements passés.
Nous devons avoir conscience que chaque année nous bénéficions d'une illumination toute aussi puissante de nos âmes et du monde entier, comme ont pu en bénéficier nos ancêtres.
Ainsi, au-delà d'une expression de gratitude envers Hachem pour le passé, 'Hanoucca témoigne que même si nous sommes au plus bas niveau, même si nous lui avons totalement tourné le dos, Hachem vient quand même vers nous, nous entourant de Son amour infini.

=> L'idée que tous les juifs sont des lumières aux yeux de Hachem, doit illuminer notre intériorité, nous poussant à notre tour à vouloir illuminer l'obscurité de ce monde, car telle est la volonté de mon papa Hachem, qui est le Boss de ce monde et qui m'aimera toujours plus que tout!

-> Souvent, la 'Hanoukia est placée à gauche de la mézouza et éclaire ainsi l'intérieur de notre habitation.
Telle la lumière de la Torah, qui éclaire le mauvais penchant de l'homme, résidant dans la partie gauche de son cœur.

-> La lumière spirituelle de la 'Hanoukia repousse l'obscurité de ce monde pour que l'homme puisse écarter les mauvais sentiments de son cœur.

-> En concassant des olives, on obtient l'huile la plus pure, nécessaire à l'allumage de la 'Hanoukia.
Certaines situations peuvent nous briser, pourtant, c'est souvent ainsi que l'on extrait le meilleur de nous-même.

[dans ce monde il est nécessaire de traverser des moments où nous sommes pressurisés, ce qui conduit à générer l'élément qui nous permettra de briller pour l'éternité dans le monde à venir]

Le Baal Chem Tov dit : "Il faut creuser en son cœur pour révéler les bons sentiments, comme on le ferait avec la terre pour que l'eau jaillisse."
=> la difficulté est parfois nécessaire pour rendre réelles nos magnifiques potentialités enfouies.

[pensées 'hassidiques]

Lien entre ‘Hanoucca et la Torah

+ Lien entre 'Hanoucca et la Torah (par le rav Yaakov Auerbach) :

Lors de l'allumage des bougies de 'Hanoucca, nous récitons :
-> le 1er jour uniquement : "chéé'hiyanou" : qui contient 11 mots ;

-> la bénédiction de : "léadlik nér 'hanoucca" : qui a 13 mots
[certains disent léadlik nér chél-'hanoucca (compte pour 1 mot)]

-> la bénédiction de : "chéacha nissim" : qui contient 13 mots.

[Selon le Kav haYachar, ces 2 bénédictions de 13 mots, réveillent les 13 attributs de miséricorde de D.
Le Ben Ich 'Haï remarque que les initiales de : "Léadlik Nér 'Hanoucca", sont aussi les initiales des mots : "Notsér 'Hessed Laalafim", qui est l'un des 13 attributs divins.
L'association de ces 2 bénédictions forme 26, guématria du Nom de Hachem qui permet d'éveiller la miséricorde divine.]

-> après l'allumage des bougies, on récite : "anérot allalou", dont pour certains, il y a : 49 mots.

=> Le nombre total de mots sur les 8 jours de 'Hanoucca est de : 11*1 + 13*8 + 13*8 + 49*8 = 611
La Torah (תורה) a une même guématria de : 611.

A 'Hanoucca, en allumant les bougies, c'est le feu de la Torah que nous allumons en nous-même, ainsi que dans le monde entier.

<-------------------------------->

+ La fête de ‘Hanoucca commence le 25e jour du mois de Kislev.

-> Le mot ‘Hanoucca peut se décomposer en : ‘Hanou (ils se sont reposés) et les lettres kaf et hé (soit 25) , signifiant : "ils se sont reposés le 25 du mois de Kislev".
Le nom (יהוה - Tétragramme) a une valeur de : 26.
On s'arrête le 25, afin d'aller chercher le 26 : Hachem.
'Hanoucca, c'est la fête où l'on dit : Hachem, c'est toi que je veux!

-> Le 25e mot de la Torah est le mot : "or" (lumière) .

Le 25e lieu d’arrêt des Bnei Israël durant la traversée du désert, suite à la sortie d’Egypte, est : ‘hachmona, qui fait allusion à : ‘Hachmona’im.

Le mois de Kislev est le 3e mois de l’année juive, et dans le 3e verset de la Torah, il est écrit : "Que la lumière soit, et la lumière fut !"

Dans le verset suivant cette création de la lumière, il est écrit : "D. vit que la lumière était bonne".
Les mots : "la lumière" se disent en hébreu : "ét aor" (את האור), dont la valeur numérique est de 613, comme les 613 commandements de la Torah, qui est notre lumière dans l’obscurité de ce monde …

D'ailleurs, d'après le midrach Béréchit Rabba (3 : 5) : Rabbi Shimon disait : "Le mot ‘lumière’ est écrit 5 fois [dans le 1er paragraphe de la Torah] correspondant aux 5 livres de la Torah."

-> "Tous ceux qui utilisent la lumière de la Torah; la lumière de la Torah les anime."
[guémara Kétouvot 111b]

-> On peut remarquer que les mots suivant ont les mêmes lettres :
-> la נשמה = néchama = l’âme ;
-> et שמנה = chmona = 8 (renvoyant à la durée de ‘Hanoucca) ;
-> et השמן = hachémèn = l’huile [d’olive].

-> "Car la mitsva est comparée à la bougie et la Torah est la lumière"
[Michlé 6,23 -> ki nèr mitsva véTorah or ]

<-------------------------------->

+ La Ménora (par le rav Yaakov Auerbach) :

Les 613 mitsvot de la Torah + les 7 mitsvot de nos Sages = 620 = guématria de "kéter" (une couronne - כתר).

Les termes : "kéter Torah" ont une valeur de : 1331, autant que : "Assérét hadévarim" (les 10 Paroles = les 10 Commandements).

Il est intéressant de noter que dans la Torah :
-> paracha Yitro : les 10 Commandements sont rapportés en 620 lettres ;

-> paracha Térouma : nous y trouvons le commandement de faire la Ménora, et il y a 483 lettres ;
-> au début de la paracha Tétsavé : on y donne les instructions sur ce qu'il faut faire avec cette Ménora, c'est une suite sur ce sujet. Il y a 137 lettres.

=> Ainsi, dans la Torah, le total de mots sur le thème de la Ménora est de : 483 + 137 = 620 lettres.

-> Si l’on respect la Torah, elle forme une couronne (כתר), sinon, elle se transforme en "karét" (כרת), retranché du monde.

Le miracle de la fiole d'huile, fait partie des miracles qui n'ont d'autre but que de montrer l'affection de Hachem pour Son peuple, et de lui envoyer une sorte de "baiser".

[Rabbi 'Haïm Chmoulévitch]

-> Le miracle de la fiole était une manifestation d'amour de D. vis-à-vis de Son peuple.
Après avoir écarté les Grecs au prix de nombreux sacrifices afin de rétablir la pureté et la sainteté en Israël, Hachem leur exprima Son affection en leur envoyant un miracle qui leur permit d'allumer à nouveau la Ménora.

[Rav Dessler]

<----------------->

-> La guémara (Shabbath 22b) rapporte que la Ménora témoignait de la présence divine sur le peuple juif.
Lorsque le peuple était agréé par D., la lumière occidentale (nér hamaaravi) restait allumée toute la journée durant, bien qu'elle reçut la même quantité d'huile que les autres qui, allumées le soir, s'éteignaient au matin.

La victoire des 'Hachmonaïm permit de rétablir ce "témoignage", privilège qui fut retiré au peuple juif lorsque les Grecs souillèrent toutes les huiles du Temple.

"Pendant que l'on récite la bénédiction de 'Chéassa nissim laavoténou' (qui as fait des miracles à nos ancêtres), on devra penser à remercier Hachem, à Le louer du plus profond de notre âme pour les miracles opérés en ces temps-là en faveur de nos ancêtres, et imaginer que nous en avons nous-mêmes profité.
[...]

De nos jours, la période de 'Hanoucca recèle une grande sainteté puisque la lumière apparue dans les sphères célestes l'année où le miracle survint, imprègne encore le cœur de chaque juif.
Lorsque nous traversons encore la période de 'Hanoucca, cette même sainteté se manifeste, comme auparavant.
[...]

On devra chanter les louanges contenues dans les téhilim du Hallel avec une grande joie, au point de perdre presque le sens de la réalité physique, parce que ces téhilim célèbrent la grandeur et l'immensité de Hachem."

[Yessod véChorech haAvoda]

-> "Que la mitsva de 'Hanoucca ne soit pas légère à tes yeux sous prétexte qu'elle fut instituée par nos Sages : elle est une des plus importantes et des plus redoutables"
[le Séder Hayom]

-> "L'allumage de la 'Hanouccia remplace en quelque sorte celui de la Ménora.
Ainsi, au moment où le juif allume les bougies, une lumière similaire à celle qui accompagnait l'allumage de la Ménora apparaît."
[Rav Karlenstein]

-> A 'Hanoucca, D. réside parmi nous.
Les lumières y éclairent alors le cœur de chaque juif, car Hachem Lui-même y repose.
[Rav Tsadok haCohen - Pri Tsadik]

"Yaakov resta seul et un homme lutta avec lui jusqu'au lever du jour" (Vayichla'h 32,25)

-> Rachi cite la guémara ('Houlin 91a) : Yaakov avait oublié quelques "pa'him kétanim" (des petites cruches), et il est retourné les chercher.

-> Lorsqu'elle traite du miracle de 'Hanoucca, la guémara (Shabbath 21b) dit : "badkou vélo matsou ella pa'h é'had chèl chémen" (ils ont cherché et ont trouvé seulement une cruche d'huile).

-> Le Chela haKadoch écrit : "Il y a sans aucun doute un grand symbolisme et une grande signification derrière les "pa'him kétanim" (petites cruches) de Yaakov, et avec cela nous pouvons comprendre le secret de la "pa'h shémen" (cruche d'huile) de 'Hanoucca".

-> "Les premiers frémissements du miracle de 'Hanoucca ont commencé au moment où la colombe a eu la feuille d'olivier dans sa bouche" [Tikouné Zohar 13]

<--------------->

Nous allons b"h voir un développement se basant sur ces points par le rabbi Avraham Bukspan.

La colombe est retournée auprès de Noa'h avec une feuille d'olivier dans sa bouche, comme il est écrit : "et voici elle avait saisi dans son bec une feuille d'olivier" (Noa'h 8,11).
Le midrach (Béréchit rabba 33,6) rapporte l'opinion que cette feuille provenait du gan Eden.

Rabbi Bukspan suggère que que cette feuille va ensuite être plantée par Noa'h, afin de pouvoir utiliser ses olives pour produire de l'huile pure, qui va servir à offrir des sacrifices à Hachem.
Par la suite, Noa'h a transmis cette huile à son fils Chèm, qui est aussi connu sous le nom de : Malkitsédék, le Cohen léKeil Elyon.

Le Chla hakadoch (Torah Ohr - Vayéchev-Mikets-Vayigach) attribue le sceau du Cohen gadol sur la petite fiole/cruche (pa'h), à personne d'autre que : Malkitsédék, le Cohen léKeil Elyon, qui était un Cohen gadol.

A son tour, Malkitsédét a donné l'huile à Avraham, qui l'a donné à son fils Its'hak, qui l'a transmise ensuite à Yaakov, qui l'a stocké dans ses "pa'him kétanim", pour lesquelles il est revenu en arrière pour les récupérer.

A la lumière de cela, on comprend que ce n'était pas de simples ustensiles, car il y avait en eux de l'huile provenant du gan Eden.
Yaakov était prêt à risquer sa vie pour cette huile au top du top de la casherout, transmise de génération en génération.

Rabbi Bukspan suggère que c'est cette même huile, qui va se retrouver dans la fiole à l'époque de 'Hanoucca, et qui va permettre d'illuminer de façon miraculeuse tous les cœurs des juifs jusqu'à aujourd'hui.

En effet : "Les premiers frémissements du miracle de 'Hanoucca ont commencé au moment où la colombe a eu la feuille d'olivier dans sa bouche" (Tikouné Zohar 13).

Cela donne encore plus de profondeur à l'attitude de Yaakov de tout faire pour les récupérer.

-> Le Imré Noam ('Hanoucca) et le Pri Mayim 'Haïm tiennent le même développement et concluent par : Ce sont ces fioles que Yaakov était parti rechercher et il les dissimula ensuite sur le site du Temple, préparant ainsi le futur miracle de ‘Hanoucca.

-> "Yaakov resta seul". Le mot "seul" se dit : lévado (לְבַדּוֹ), et peut se décomposer en : bad (בַּד) qui fait référence au pressoir à huile (bét bad - בֵּית בַּד - allusion à l'huile), et les lettres restantes : לו , ont une valeur numérique de 36, qui est le nombre de bougies allumées pendant 'Hanoucca.
[Mégalé Amoukot - Vayichla'h]

<--------------->

-> De quelles petites cruches s'agissait-il ?
Le Chakh (commentaires sur la Torah) répond que lorsque Yaakov alla chez Lavan dans la paracha de Vayétsé et qu'il s'endormit sur les pierres (où il fit son rêve avec l'échelle), quand il se réveilla au matin, il trouva une cruche près de lui et versa l'huile qu'elle contenait sur une pierre pour la consacrer. Alors, il se rendit compte que la cruche
se remplit de nouveau, miraculeusement. Il comprit donc que cette cruche contenait une grande bénédiction Divine. C'est pourquoi, il la prit avec lui, et quand il l'oublia sur l'autre rive, il se mit en danger pour la rechercher. C'est d'ailleurs à partir de cette cruche que l'on a oint le Michkan et ses ustensiles et de nombreux miracles furent réalisés avec cette cruche.

-> La Torah dit : "Yaakov demeura seul" = Yaakov revint sur ses pas pour une chose que seul lui et ses descendants allaient utiliser. Cet objet était saint, puisqu'il était destiné à servir sur l'autel [du michkan], et aucun autre homme ne pouvait l'utiliser.
[Méam Loez - Vayichla'h 32,24]

-> Le livre Sifté Cohen enseigne qu'il s'agit de la cruche qui est apparue miraculeusement de la pierre sur laquelle Yaakov a dormi, lorsqu'il a eu la vision de l'échelle (cf. midrach Béréchit rabba 69,8).
Ensuite : "il versa de l'huile" (Vayétsé 28,18) sur cette pierre avec l'huile de cette cruche, et il a pu constater qu'elle restait toujours pleine d'huile.
Yaakov a alors réalisé qu'elle était destinée à la bénédiction.

Le Sifté Cohen continue en disant que l'huile de cette cruche a également été utilisée :
- pour oindre les récipients du Michkan par Aharon et ses enfants ;
- lorsque Eliyahou dit à une veuve très pauvre du nom de Tsarfata, d'utiliser sa cruche d'huile et que celle-ci ne se videra pas (Méla'him I 17,8-16) ;
- par la femme du prophète Ovadia suite à la mort de son mari, qui devait faire face à des créanciers. Elicha lui conseilla de verser l'huile de cette cruche dans le maximum de récipients possibles, et d'aller vendre ensuite l'huile ainsi générées (Méla'him II 4,1-7). Quelque soit le nombre de récipients, la cruche contenait toujours de l'huile.

=> Yaakov en voyant par inspiration divine, toutes les implications futures de cette cruche, est revenu sur ses pas pour cette cruche certes petite, mais unique.

-> Le midrach (Téhilim 91) rapporte qu'après le rêve avec l'échelle, Yaakov a versé de l'huile sur un moment en pierre. Cette huile lui est miraculeusement descendue du Ciel. [en effet, il avait donné toutes ses affaires à Elifaz, le fils d'Essav]

-> Le père du Kav haYachar, dans son livre Birkat Chmouël (paracha Mikets) ajoute que pour lui, il est certain que c'est la même cruche remplie d'huile qui a été trouvée à l'époque des 'Hachmonaïm, et qui a été utilisée pour le miracle de 'Hanoucca.
Le Birkat Chmouël écrit : "Il est évident pour moi que cette fiole fut plus tard révélée aussi aux fils des Hachmonaim, et le sceau du Coben Gadol qui y était imprimé était celui d'Aharon Hacohen, car la Torah dit : "[Cette huile d'onction] sera pour Moi dans vos générations" (Ki Tissa 30,31)."

[il est à noter que le 'Hida (Dévarim Achadim 32) s'oppose à cet avis du Birkat Chmouël.
(le 'Hida demande en effet comment Eliyahou et Elicha ont pu utiliser l'huile d'onction dans un but profane. En effet, la sainteté de l'huile d'onction la rend interdite à un juif ordinaire et à la consommation.)
Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - 'Hanoucca) dit que toutes les fioles d'huile miraculeusement utilisée par Eliyahou, Elicha et les 'Hachmonaïm étaient liées à l'huile découverte par Yaakov.
Il rapporte le Megalé Amoukot affirmant que la fiole d'huile trouvée par les 'Hachmonaïm provenait des mêmes racines spirituelles. ]

Le Birkat Chmouël, citant le Shach, dit que lorsque Yaakov se réveilla de son rêve avec l'échelle, qu'il prit la cruche d'huile pour en verser sur la pierre, à ce moment Hachem lui a révélé tous les miracles qui vont avoir lieu avec cette cruche d'huile : elle sera utilisée pour oindre les récipients du Temple, les futurs rois d'Israël, et au final elle sera utilisée après la venue du machia'h.

<--->

-> Les anges gardiens du mal reçoivent parfois tant de force que la seule façon de les vaincre est de faire un acte de messirout néfèch contre les réchaïm. Un déploiement de messiront néfèch empêche les forces du mal de contrôler les événements dans le monde. C'est un concept que nous apprenons de la lutte de Yaacov contre l'ange gardien d'Essav. Le rav Its'hak Zeèv Soloveitchik (Rav de Brisk), explique (cité dans Ohel Moché Vayichla'h 32,29) que Yaakov a lutté contre l'ange principalement pour lui enlever sa force au Ciel et, après avoir été vaincu, l'ange lui dit : "Car tu as lutté avec un ange et avec les hommes et tu as gagné".

-> Le Tséda Ladérèkh ( Vayichla'h 32,29), citant le Maharchal, dit :
"Il est dit que [Yaakov retourna chercher] de petites fioles, car nous trouvons que Hachem dit à Yaakov : Tu as fait preuve de messirout néfech pour une petite fiole à Moi [pour l'utiliser pour oindre la matséva à Beit El, comme l'explique Tséda Ladérèkh] et Je le rendrai Moi-même à tes enfants par une petite fiole pour les fils de 'Hachmonaï"."

Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - 'Hanoucca) commente :
C'est peut-être la raison pour laquelle l'allusion à l'huile du miracle de 'Hanouka figure justement dans le verset : "Yaakov resta seul".
Lorsque les forces du mal règnent, l'homme doit prendre sur lui de les combattre seul et dans ce but, il doit faire appel à la force juive de messirout néfech et de foi en D.
En faisant preuve de messirout néfech, les 'Hachmonaim ont suivi l'exemple de Yaakov dans sa bataille personnelle contre le mal. Ils ont lutté pour supprimer la force donnée aux Grecs d'écarter le peuple juif de D., et leur sacrifice de soi a privé les anges gardiens des Grecs (Yévanim) de leur pouvoir même au ciel. Ainsi, les efforts courageux des 'Hachmonaïm ont profité à toute leur génération, ce qui a permis d'inaugurer à nouveau le Temple et de reprendre le service sacré.

La fiole d'huile découverte par les 'Hachmonaim, qui portait le sceau du Cohen Gadol certifiant qu'elle n'avait pas été touchée par des mains étrangères, symbolise la force de messirout néfēch que possède le peuple juif, une force qui ne peut être dominée par le mal. A travers notre histoire, nous avons subi des persécutions qui ont entravé notre capacité d'étudier la Torah et d'accomplir les mitsvot ; cela a coûté à notre peuple un prix physique terrible mais il existe une chose que nos oppresseurs n'ont jamais réussi à nous enlever : notre messirout néfech pour défendre l'honneur de D.

<--->

-> Juste avant la rencontre entre Yaakov et Essav, il est écrit: "Yaakov étant resté seul לְבַדוֹּ (Lévado), un homme lutta avec lui, jusqu’au lever de l’aube" (Vayichla'h 32,25).

Rachi commente: "Il avait oublié de menus ustensiles פַּכִים קְטַנִּים [littéralement, "petites fioles"], [l’essentiel ayant déjà été transporté] et il était retourné pour les chercher" (cf. guémara ‘Houlin 91a).

Pour appuyer Rachi, le Daat Zékinim MiBaalé HaTosfot nous invite à lire לְכַדוֹּ (LéKhado – Sa cruche) au lieu de לְבַדוֹּ (Lévado – seul). Ainsi, nous explique le Sifté Cohen, qu’il s’agissait d’une seule fiole d’huile que tenait particulièrement Yaakov. Celle-ci servit à oindre la pierre sur laquelle avait dormi le Patriarche, comme il est dit: "Yaakov se leva de grand matin ; il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, l’érigea en monument et répandit de l’huile à son faite" (Vayétsé 28,18).
Malgré l’utilisation qu’en fit Yaacov, celle-ci était resté miraculeusement pleine.

=> Quelle était l’origine de cette huile?
Selon le midrach (Béréchit Rabba 67,9), cette huile avait été spécialement fournie par le Ciel pour la circonstance (Elifaz, le fils d’Essav avait ravi tous les biens de Yaakov [cf. Rachi sur Vayétsé 29,11], et que par ailleurs, le Patriarche se tenait dans un désert).
Ce miracle indiquait aussi que ses descendants seraient oints dans le futur pour la Prêtrise et la Royauté (midrache Léka’h Tov).
- Selon le Pa’anéa’h Raza, le bâton de Yaakov, avec lequel il a traversé le Jourdain (cf. Vayichla'h 32,11), avait une cavité qu’il remplissait d’huile, qu’il utilisait pour s’éclairer lorsqu’il étudiait.
- Selon le Imré Noam (sur ‘Hanouka), le rameau d’olivier qu’apporta la colombe à Noa’h, produisit de l’huile pure que l’on versa dans une fiole. Celle-ci fut remise à Chem, le fils de Noa’h, qui l’offrit à Abraham en signe d’amitié. Ce dernier l’a transmise à Its’hak qui la céda plus tard à Yaakov. La fiole fut ensuite confiée à Lévi, puis à Amram, le père de Moché Rabbénou, puis à Aaron HaCohen.
Elle fut utilisée pour l’onction des Cohanim Guédolim et des rois, ainsi que pour l’onction du Tabernacle, de ses ustensiles et de l’Autel.
Yaakov la conserva secrètement dans l’emplacement du futur Temple, pour qu’elle serve plus tard, à l’allumage de la Ménorah dans le Beth Hamikdach.

-> L’onction de la pierre accomplie par Yaakov induit le miracle de la fiole d’huile que trouvèrent les ‘Hachmonaïm, scellée avec le sceau du Cohen Gadol. [Alchikh haKadoch]

-> Selon le Mégalé Amoukot, la fiole de ‘Hanouka des ‘Hachmonaïm coïncida avec celle de Yaakov.
Elle servira également pour l’allumage de la Ménorah du 3e Temple.

-> Le Maharchal rapporte : "D. dit à Yaacov : Tu as rebroussé chemin pour chercher des petites fioles pour Me [servir], Je jure par ta vie, que Je rétribuerai à tes enfants [cette action] avec une petite fiole à l’époque des ‘Hachmanaïm"

-> Le Maharchal (cité dans le Tséda laDéré'h - Béréchit 32,25) explique que Yaakov est retourné récupérer la fiole d'huile, car il voulait l'utiliser pour rendre sacré le mizbéa'h qu'il avait l'intention de construire à Beit El [en l'honneur d'Hachem].
Le midrach commente le comportement de Yaakov : "Hachem a dit à Yaakov : "Puisque tu as été mosser néfech en Mon honneur pour une petite fiole, alors Je vais te repayer cela avec tes enfants, à l'époque des 'Hachmonaïm ... Je vais accomplir un miracle par le biais d'une petit fiole [d'huile]"."

-> Le rav Binyamin Wurzburger explique que Yaakov a témoigné tellement d'appréciation pour la spiritualité (la Torah), même envers quelque chose de petit et insignifiant. Alors mesure pour mesure, Hachem a fait que la petite fiole d'huile (qui représente la Torah) au moment du récit de 'Hanoucca va avoir une grande quantité, d'une façon miraculeuse.

<--->

->

<------------------------->

-> Certes la démarche des 'Hachmonaïm a été de se sacrifier pour la spiritualité (la Torah, la pureté du Temple) et non pour la matière, alors que Yaakov s'est sacrifié pour des petites cruches.
Cependant, la kavana était très proche.
Les 'Hachmonaïm ne voulait pas concilier sur aucun détail de l'application de la Torah et des mitsvot.
Ils refusaient de faire entrer l'influence grecque dans leur vie telle que les grecs le souhaitaient.
En effet, les grecs ne voulaient pas annuler totalement la Torah et son application, mais seulement faire rentrer la Philosophie grecque, le culte de la beauté, ...
Le sacrifice des 'Hachmonaïm est lié à la protection de la pureté de la Torah et de tous les détails qui la composent. C'est pourquoi Hachem leur permet d'allumer la Ménorah (symbole de la Torah) avec de l'huile pure.
Il en va de même pour Yaakov, il a été pointilleux en ne laissant aucun détail de côté : ces petites cruches ne sont peut-être qu'un détail à nos yeux, elles ne valent que quelques centimes, mais pour Yaakov, c'est un moyen pour servir Hachem, et en aucun Cas, il faut le négliger.
[d'après le Néfech Yéhudi]

[nous devons exploiter au mieux chaque capacité, chaque moyen, chaque minute de vie, ... que Hachem nous donne.
Nous ne devons pas considérer certaines mitsvot comme une cruche, quelque chose de faible valeur, mais au contraire même la plus petites, simples, des actions réalisées selon la Volonté d'Hachem, nous impact positivement ainsi que tous les juifs, et nous génère une récompense énorme et éternelle qui nous attend dans notre monde futur.]

<--->

-> Rabbi Mordé'haï Elan (Mikdach Mordé'haï) dit que cette rencontre avec l'ange d'Essav, nous montre que le yétser ara (Essav) est venu attaquer Yaakov au moment où il était seul et sans défense.
Mais sa fiole d'huile (en apparence petite et inutile), qui symbolise la lumière spirituelle de la Torah, c'est elle qui a donné à Yaakov la force de rester ferme envers et contre tout.
Comme nous lisons dans la Haftara du Shabbath de 'Hanoucca : "Ni par la puissance ni par la force, mais bien par mon esprit! dit Hachem" (Zé'haria 4,6).

[avec la Torah(notre fiole magique) on peut tout gagner!]

<------------------------->

-> Le Baal Hafla'ah (Rav Pin'has haLévi Horowitz) enseigne que si Yaakov a pris le risque de revenir sur ses pas pour récupérer des petites cruches (cf. Rachi ci-dessus), c'est qu'il avait entendu que Essav venait vers lui.
Or, il savait que selon les coutumes des non-juifs, il devrait lui offrir à boire.
Cependant, lorsqu'il appris que Essav avait 400 hommes avec lui, et qu'il devra fournir à chacun assez de boisson alcoolisée, il s'est dépêché de revenir sur ses pas pour récupérer ces petites cruches supplémentaires, qu'il avait laissé derrière. En effet, maintenant, il en aura pour sûr besoin!

<------------------------->

+ "Yaakov resta seul"(Vayichla'h 32,25)

-> "Pourquoi Yaakov resta-t-il seul?
C'est parce qu'il est retourné récupérer des petits récipients qu'il avait laissé derrière lui.
De là, il est dit : "Les biens des tsadikim sont plus importants pour eux que leur propre corps". "
[guémara 'Houlin 91a]

-> Le rav Israël Salanter disait que l'on peut apprendre de là : les biens des tsadikim sont plus importants que LEUR PROPRE corps, mais pas plus importants pour eux que le corps des AUTRES personnes.
Dès qu'il s'agit du bien-être de notre prochain, il ne faut pas être radin avec notre argent, et au contraire, il faut lui donner tout ce dont il a besoin.

-> "Les tsadikim aiment leur argent plus que leur propre personne" ('Houlin 91a)
Les tsadikim évitent scrupuleusement le pus petit soupçon de malhonnêteté.
Selon nos Sages, si Yaakov a jugé utile de revenir sur ses pas pour des objets très ordinaires, c'est parce que sa mission chez Lavan était de sanctifier les activités les plus triviales.
Ainsi, les petites cruches acquises au prix d'une honnêteté scrupuleuse, étaient imprégnées de sainteté, et par conséquent, elles étaient aussi précieuses que des bijoux.
[chez Yaakov, chaque objet ordinaire était comme un trophée spirituel témoignant de ses efforts intenses pour rester honnête dans un univers où l'escroquerie régnait.]

-> Certaines des femmes dans le camp étaient Nida à ce moment-là, de sorte que Yaakov ne voulait pas qu’elles touchent ces bouteilles sacrées. Dans cet esprit, il les dissimula pendant qu’il aidait tout le monde à traverser le fleuve. Malheureusement, en raison de son épuisement, il oublia leur existence et fut contraint de revenir en arrière pour les rechercher.
[Sifté Cohen ; Imré Shéfer]

<--->

-> "Les biens des tsadikim leur sont plus chers que leurs corps. Et pourquoi se soucient-ils tant de leurs biens? C’est parce qu’ils ne tendent pas la main pour partager les biens volés" [guémara 'Houlin 91a]

-> Plus profondément, les maîtres de la 'Hassidout et de la Kabbala expliquent que l’attention des tsadikim (Justes) envers leurs biens y compris ceux des plus superficiels, réside dans le fait qu’ils sont porteurs "d’étincelles de sainteté" propres à leur Néchama (âme).
Ainsi, selon le principe énoncé par le Prophète : "Et (ceux de) ton Peuple, ce sont tous des tsadikim" (Yéchayahou 60,21), le Baal Chem Tov enseignait que le fait que chacun d’entre nous possède un objet particulier est le signe que les étincelles du divin qui font exister cet objet sont tout particulièrement liées à notre âme. C’est du reste la raison pour laquelle nous sommes attirés par certains objets plutôt que par d’autres : nous sommes naturellement attirés par ce qui est spirituellement lié à nous.
En faisant un usage sanctifié de ces objets, nous révélons le divin dont ils sont habités, et accomplissons ainsi le but dans lequel la Providence les a mis en notre possession. Ceci est d’autant plus manifeste chez les tsadikim qui chérissent grandement ce qu’ils possèdent, car ils perçoivent, plus que d’autres, les étincelles de divin que contiennent leurs possessions et se consacrent à élever ces étincelles.

La plus grande richesse que l’homme possède dans ce monde c’est son temps.
Chercher fortune pour accroître ses biens, même si nous respectons fidèlement les lois de la Torah relatives au commerce, sans "tendre la main pour partager les biens volés", c’est agir à l’inverse des tsadikim pour qui, la seule intention de leurs occupations, est de sanctifier leur temps dans le Service divin et dans l’accomplissement des préceptes : "Tous tes actes soient accomplis au nom des Cieux" (Pirké Avot 2,12) et "Connais-le dans toutes tes
voies" (Michlé 3,6).
A l’instar de Yaacov et de tous les tsadikim, efforçons-nous de donner un sens positif à chaque chose que nous possédons, à commencer par la sanctification de chaque instant de notre vie.
[d'après dvar Torah - feuillet de la communauté de Sarcelles 5783]

<--->

-> Le Ari zal (Chaar haPessoukim) écrit :
"Yaakov étant resté seul : les biens des tsadikim sont précieux à leurs yeux : tout bien matériel étant octroyé par le Ciel n'est pas convenable de le dédaigner, car si l'homme n'en avait pas utilité, Hachem ne le lui aurait pas envoyé.
C'est la raison pour laquelle Yaakov revint pour ces petites fioles, car s'il n'était pas revenu, on aurait pu croire qu'il n'en voulait pas.
Ainsi, pour toute chose accordée par le Ciel, il convient de rebrousser chemin pour la récupérer."

=> Ainsi, lorsque l'ange vit que Yaakov était revenu tout particulièrement pour de petites fioles, il comprit que sa démarche était suscité par sa confiance profonde en la providence divine, et sa conscience que ces ustensiles ordinaires lui étaient destinées à une fin précise (si D. me les a donné, c'est pour une raison particulière!).

C'est donc sur ce point que l'ange entama le débat : il tenta tout d'abord d'instiller chez Yaakov l'idée pernicieuse que, si Hachem pourvoit certes aux besoins de toutes les créatures, Sa providence ne détermine toutefois pas à qui revient ces objets de peu de valeur.
Et lorsque nos Sages attestent qu'ils firent monter la poussière soulevée par leur combat jusqu'au Trône céleste, c'est une allusion à la teneur du débat : la poussière illustre tous ces éléments menus et négligeables, et renvoie à l'idée que même ces petites particules insignifiantes sont orientées depuis le Trône céleste jusqu'à leur destination.

Le Gaon de Vilna (cf.Sidour haGra) explique que si nous évoquons le Trône céleste ("kissé kévodé'ha") dans la prière de "Acher yatsar" (récitée en sortant des toilettes), c'est pour démentir l'idées que Hachem ne gouverne pas le monde jusqu'à des niveaux terre-à-terre.

=> La poussière soulevée lors du combat de Yaakov contre l'ange d'Essav nous enseigne que même la plus petite parcelle matérielle est envoyée en ce monde à partir des hauteurs du Trône céleste.
En allant chercher ses cruches insignifiantes, Yaakov témoignent concrètement de cette idée.
[compilaiton personnelle issue du Yalkout Léka'h Tov - rav Yaakov Israël Beifuss]

-> "Nul ne peut toucher à ce qui est destiné à autrui, même à la mesure de l'épaisseur d'un cheveu" (guémara Yoma 38b)
=> Rien n'est trop grand, rien n'est trop petit pour Hachem, qui gère absolument tout!

<--->

-> b'h, divré Torah sur cette poussière montant au Trône céleste : https://todahm.com/2020/09/21/15090-2

<--->

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.1) écrit :
"Ce monde-ci est très dangereux et il présente un double tranchant.
Lorsque l'homme se rapproche de ce monde, alors il s'éloigne d'Hachem, il est attiré par lui, il se détruit lui-même à cause de l'influence de la matière et il détruit le monde avec lui.
Mais si au contraire, il se maîtrise et il s'attache à Hachem alors chaque objet de ce monde sera le support de son élévation.
Il s'élèvera intérieurement et le monde s'élèvera avec lui ...
Yaakov possédait cette faculté d'utiliser la matière pour Hachem en élevant tout le monde par sa spiritualité."

"Tous les plaisirs de ce monde ne sont qu'imagination et ne peuvent être vus que dans l'obscurité ! Si nous allumons une bougie, du feu, le feu de la Torah, tout cela disparaît !"

[Rabbi Yéhouda Leib 'Hassman - le Or Yaël]

-> "Si vous apportiez à l'âme tous les délices matériels, elle ne leur accorderait aucune valeur car elle fait partie des êtres célestes"

[midrach Kohélet rabba 6,7]

Mais quand l'homme s'approche de D. et se lie avec Lui, l'âme éprouve un sentiment de perfection extraordinaire.