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‘Hanoucca & l’importance de faire connaître le miracle …

+ 'Hanoucca & l'importance de faire connaître le miracle ...

Le Rambam dit dans ses Ala'hot 'Hanoucca (IV,12) :
"La mitsva d'allumer la bougie de 'Hanoucca est une mitsva extrêmement précieuse, ô combien précieuse!

Il est nécessaire que la personne y fasse très attention afin de faire connaître le miracle, et de se répandre en éloge à D.
De Le louer pour les miracles qu'Il a fait pour nous.

Même si une personne n'a pas de quoi manger et se trouve dans l'obligation de quémander ou aller jusqu'à vendre sa veste pour obtenir l'huile et la mèche nécessaire à l'allumage."

A l'opposé, pour les mitsvot de la Torah, la loi n'exige pas de dévouement supérieur à la moyenne :
"Celui qui n'a pas de Etrog ou d'autres objets de mitsva n'a nullement besoin de donner plus que le 5e de ce qu'il possède." (Shoul'han Arou'h 656).

Pour ce qui est de la mitsva de 'Hanoucca, le Rambam va jusqu'à exiger que même le plus pauvre parmi les pauvres vende sa seule veste pour l'accomplir.

N'y a t'il pas là une certaine exagération de la part du Rambam?
[l'allumage des bougies est une mitsva dérabbanan qui vient de la décision de nos Maîtres ou de nos prophètes, elle devrait donc nécessiter moins ou seulement autant de sacrifice qu'une mitsva de la Torah]

Ou bien, il nous faut affirmer que la mitsva de 'Hanoucca comporte une importance insoupçonnée!

Le commentateur du Rambam (le Maguid Michné) s'est appuyé sur une autre obligation de nos Maîtres, pour laquelle le Talmud exige clairement un tel sacrifice : il s'agit de l'acquisition des 4 coupes de vin pour le soir du Séder de Péssa'h :
"Même un pauvre d'Israël ne doit pas manger l'après-midi qui précède le Séder de Pessa'h.
Il ne doit pas non plus avoir moins de 4 verres de vin, même celui qui vit de la tsédaka."
(Péssa'him michna 10,1).

Commentaire du Rachbam sur cette michna :
"Et même si celui qui donne la tsédaka ne lui donne pas suffisamment, il doit s'efforcer d'acquérir ces 4 verres, au sacrifice de son honneur, en tapant aux portes ou en vendant sa veste."

Plus loin, la guémara explique qu'une telle exigence vient de ce que ces 4 coupes sont là pour citer les 4 expressions de la délivrance d'Egypte qui font toutes référence aux miracle effectués par D. en faveur de Son peuple.
==> Une nouvelle fois, nous voyons l'importance de diffuser le miracle de D.

Le miracle est ce qui accompagne l'individu et la communauté tout au long de son existence.
Ainsi, lorsque vient le moment de reconnaître et d'en prendre conscience, il ne faut pas lésiner sur les moyens ...

La nature humaine fait que nous aurions davantage tendance à ignorer les faits que D. accomplit en notre faveur. (sentiment naturel de toute puissance/non dépendance : "j'ai besoin de personne", "c'est grâce à moi que...", ...)

C'est pourquoi, le Rambam n'a pas lésiné à trancher au sujet des bougies de 'Hanoucca.

==> Le rôle du peuple juif est de toujours se rappeler et de faire savoir, que le monde est entièrement dirigé par la main de D., et tout, en réalité n'est que miracle.

Les fêtes de 'Hanoucca et de Pessa'h sont celles qui apportent le plus de données pour connaître la puissance de D., Son interventionnisme (qui ne cesse jamais), et Son attachement constant à Son peuple!

On peut remarquer que le mot : 'Hanoucca (חנוכה) possède les mêmes lettres que le mot : ha'hinou'h (l'éducation - החנוך).

'Hanoucca, c'est l'éducation (le 'hinou'h) par excellence, l'éducation qui passe par la joie, l'émerveillement, la douceur.
C'est la raison pour laquelle, cette fête, plus que toute autre, apporte beaucoup à l'inconscient, à l'esprit et au cœur de l'enfant.

Rien n'est davantage préférable et profitable pour impressionner l'imaginaire et susciter les émotions de l'enfant (les petites lumières, les douceurs, les jeux, les chants, les cadeaux, ...).
De cette façon, les parents peuvent mieux parvenir à transmettre la connaissance de D. et la conscience de Sa bonté infinie en notre faveur.

Source (b"h) : le "pardess Ména'hem" du rav Ména'hem Berros

Des paroles d’encouragement des Maccabi …

+ Des paroles d'encouragement des Maccabi ...

Il peut être intéressant de lire des paroles de Matitiahou et de son fils Yéhouda.

1°/ Concernant Matitiahou :

Ayant reçu l'ordre de sacrifier aux idoles, Matitiahou répondit :
"Quand tout l'univers se conformerait à l'ordre d'Antiochus, mes fils et moi-même nous resterions fidèles à D. jusqu'à notre dernier soupir!"

Comme il parlait, un juif s'avança vers l'autel pour sacrifier aux idoles.
A cette vue, Matitiahou s'élança sur l'infidèle et le tua sur place.
Il poignarda également l'envoyé du roi et détruisit l'autel.

Il parcourut alors la ville en s'écriant :
"Que tous ceux qui sont zélés pour la Torah me suivent !!"

Une petite armée se forma autour de lui et de ses fils, et, à leur tête, il alla de ville en ville détruire les autels d'idoles et restaurer les lieux de Torah.

A sa mort, il légua à ses fils les mots suivants :
"Mes fils, ayez du zèle pour la Torah et donnez votre sang pour l'alliance de vos pères.
Ceux qui mettent leur espoir en D. ne périront pas!"

2°/ Concernant son fils Yéhouda :
Il ne se laissa jamais aller au désespoir et exhorta ses troupes :
"Mes frères! Aujourd'hui, nous allons affronter notre plus grande épreuve.
Mais vous ne devez rien craindre!
En effet, ce ne furent pas nos armes qui nous permirent de vaincre nos ennemis jusqu'alors, mais notre foi en D.

Eux viennent avec chariots d'acier et se fient à leur puissance, mais nous, nous venons au Nom de D. et c'est Lui qui se battra à nos côtés."

3°/ On surnomma cette famille (Matitiahou et ses 5 fils) : les Maccabi (מכבי), acronyme de : "Qui est comme Toi, puissant, ô Hachem" (Mi kamo'ha baélim Hachem - מי כמכה באלים יהוה)

 

Source (b"h) : rav Mena'hem Berros

Passer de l’exil à la délivrance …

+ Passer de l'exil à la délivrance ...

Lorsque l'on est en exil (mot se disant en hébreu : gola - גולה), et qu'on ajoute à tout moment et en toute occasion : l'Unique, D. (symbolisé par la lettre : א : le 1), on obtient le mot : délivrance (géoula - גאולה).

Le passage de l'exil à notre délivrance est entre nos mains, et réside dans le fait de faire résider D. parmi nous.

[D'ailleurs, la lettre א, ressemble à 2 youd et un vav, qui donne une valeur numérique de 26, comme le nom de D. ... (10+10+6) ]

+ Lien avec 'Hanoucca :
Durant 'Hanoucca nous allumons 36 bougies avec 8 chamach, soit un total de 44 bougies (36+8), qui est la valeur numérique du mot : exil (gola - גולה).

La date de ‘Hanoucca dans la Torah …

+++ La date de ‘Hanoucca dans la Torah …

La fête de 'Hanoucca commence le 25e jour du mois de Kislev.

Le 25e mot de la Torah est le mot : "or" = lumière .

Le 25e lieu d’arrêt des Bnei Israël durant la traversée du désert, suite à la sortie d’Egypte, est : ‘hachmona. Cela rappel les : ‘Hachmona’im.

Le mois de Kislev est le 3e mois de l’année juive, et dans le 3e verset de la Torah, il est écrit : "Que la lumière soit, et la lumière fut ! "

Dans le verset suivant cette création de la lumière, il est écrit : "D. vit que la lumière était bonne".
Les mots : "la lumière" se disent en hébreu : "ét aor" (את האור), dont la valeur numérique est de 613, comme les 613 commandements de la Torah, notre lumière dans l'obscurité de ce monde ...

Il est écrit dans la Torah (paracha Noa’h 7,11-12) que le déluge commença "le 2e mois, au 17e jour du mois" (soit le 17 ‘Hechvan), et que : "la pluie fut sur la terre 40 jours et 40 nuits."
A quelle date, la pluie s'arrêta-t-elle?

D. mit fin aux souffrances du monde, en faisant que les eaux du déluge cessèrent le 25 Kislev !!

Ainsi, de même que les eaux du déluge cessèrent de se répandre le 25 Kislev, les influences dévastatrices des grecs prirent fin un 25 Kislev.

Tout comme il fallut encore un peu de patience et quelques batailles pour l’emporter définitivement sur la domination grecque, les eaux du déluge ne disparurent pas en un jour, mais progressivement. Il fallut pour cela un an.

Nous voyons ainsi que 'Hanoucca est l'expression du lien d'amour entre D. et Israël, et le fait que cette fête commence le jour du 25 Kislev n'est pas un hasard, mais bien l'expression de la volonté divine d'arrêter les souffrances de Son peuple à une date bien symbolique ...

 

Sources (b"h) : compilation/adaptation personnelle de dvar Torah du rav Benjamin Blech et du rav Mena'hem Berros.

Un des décrets des Grecs envers le peuple juif – La corne de bœuf

+ Un des décrets des Grecs envers le peuple juif - La corne de bœuf :

Les décrets grecs n’avaient pas toujours un objectif pratique ; ils étaient parfois symboliques.

Le principe : "[Les Grecs] dirent au [peuple juif] : "Ecrivez pour vous-mêmes sur une corne de bœuf que vous n’avez aucune part dans le D. d’Israël." "
[Béréchit Rabba 2,4]

Le Rabbi ‘Haïm Friedlander (Sifté ‘Haïm – vol.2) a écrit :
"Pourquoi les Grecs ont-ils décrétés que cela soit écrit spécialement sur une corne de bœuf, et pourquoi ne pas l’avoir écrit aux portes des maisons juives au vu et au su de tous ?

Le Maharal explique que les Grecs voulaient rappeler aux Juifs la faute du veau d’or, à cause de laquelle [les Grecs conclurent par erreur que] D. méprisait maintenant les Juifs et leur retira leur statut de peuple élu.

Cependant, la vérité est que D. a choisi les Juifs éternellement et les aime indépendamment de toute action ou de tout événement particulier.
Même après cet incident, ils restèrent Son peuple. […]

… Le but des décrets grecs était d’obscurcir la vision du peuple juif en tant que peuple élu, sanctifié pour D., précieux et différent de toutes les autres nations.
C’est la raison pour laquelle ils décrétèrent que les Juifs ne pouvaient pratiquer la circoncision et observer le Chabbat, car ces mitsvot sont des signes de l’alliance entre D. et Son peuple, sanctifiant leurs corps à D. (par la circoncision), et le temps (avec Shabbat).

Les Grecs instituèrent ces lois afin d’invalider la grandeur des Juifs et de les rendre égaux à toutes les autres nations."

Un des décrets des Grecs envers le peuple juif – La vie de famille juive :

+ Un des décrets des Grecs envers le peuple juif - La vie de famille juive :

La vie de famille juive est basée sur la sainteté et la pureté spirituelle.
Les Grecs tentèrent d’éradiquer cet élément de la vie juive et de saper ainsi la structure familiale du peuple juif.

-> Rachi sur la guémara (Shabbath 23a) : "Les Grecs décrétèrent que toutes les jeunes filles juives qui étaient fiancées devaient rendre visite au gouverneur étranger avant leur nuit de noces."

-> Le Baal haTourim (sur le verset Toldot 26,22) : "Le 3e puits creusé par Its‘hak est appelé Ré‘hovot.
Cela renvoie au futur : lorsque les Grecs décrétèrent que les épouses juives ne pouvaient pas s’immerger [dans un mikvé] afin d’empêcher les juifs d’avoir des enfants. [et d'ainsi diminuer la population juive pratiquante]
D. fit un miracle et chaque famille trouva un mikvé dans sa propre maison."

‘Hanoucca & la Ménora …

+++ ‘Hanoucca & la Ménora …

+ Dans la Guémara Shabbath (22b), il est écrit :
" D. a-t-Il besoin de la lumière de la Ménorah ?
Les enfants d’Israël ne voyagèrent-ils pas dans le désert pendant 40 ans guidés uniquement par Sa lumière ?

La Ménorah témoigne au monde entier du fait que la Présence divine réside sur le peuple juif."

+ Le Midrach Bamidbar Rabba (15 : 5) de dire sur le verset : "Car c’est Toi qui fait briller ma lumière" (Téhilim 18,29) :
" D. dit à Israël : "Ce n’est pas parce que J’ai besoin de votre service, mais afin que vous M’éclairiez de la même manière que Je vous ai éclairé.
Dans quel but ?

Afin que vous vous éleviez dans l’estime des nations qui diront : "Voyez comment Israël L’éclaire, Lui qui éclaire le monde !"

+ La guémara Kétouvot (111b) : "Tous ceux qui utilisent la lumière de la Torah – la lumière de la Torah les anime."

+ La guémara (Shabbath 21b) : "La raison de [l’opinion de] l’école de Beth Hillel [allumer une bougie supplémentaire chaque jour] est que nous cherchons à élever notre niveau de sainteté [par un processus continu] et non à le réduire. "

+ Le midrach Béréchit Rabba (3 : 5) : " Rabbi Simon disait : Le mot ‘lumière’ est écrit cinq fois [dans le 1er paragraphe de la Torah] correspondant aux cinq livres de la Torah. "

+ Une allusion à la symbolique de la Ménorah est citée par nos Sages dans la guémara : "Celui qui souhaite acquérir la sagesse doit se tourner vers [la Ménorah] qui se trouvait dans la partie sud du Temple" (Baba Batra 25a).
== La Ménorah est associée au concept de sagesse et la sagesse descend sur le monde à travers les enseignements des Sages de la Torah ...

‘Hanoucca & la gratitude …

+++ ‘Hanoucca & la gratitude …

+ Rachi sur la guémara Shabbath (24a) dit : " ‘Hanoucca n’a été instauré que pour la gratitude."

+ Les prières de la fête reflètent bien cela.
Ainsi :
-> Dans la prière de Al haNissim, nous débutons en disant :
"Et [nous Te remercions] pour les miracles, pour le salut, pour les exploits, pour les délivrances et pour les prodiges que Tu as accomplis pour nos ancêtres en leur temps, à cette époque-ci… "

-> Lors de l’allumage des bougies, nous disons (haNérot haLalou) :
" Ces lumières, nous les allumons en commémoration des miracles, du salut, des exploits, des délivrances et des prodiges que Tu as procurés à nos ancêtres, en leur temps, à cette époque-ci, par l’intermédiaire de Tes saints Cohanim."

Pourquoi les remerciements et les louanges sont-ils si fondamentaux à ‘Hanoucca ?

Le Rabbi ‘Haïm Friedlander (Sifté ‘Haïm – vol.2) d’écrire :
" Le mot hoda‘a, signifiant remerciements, peut être compris de deux manières : reconnaître la vérité et remercier.

Ces 2 aspects sont liés : l’Homme, qui reçoit la vie, la santé, la subsistance, et la satisfaction de tous ses autres besoins doit reconnaître que tout ce qu’il a est en vérité un cadeau de D.

Ceci est très difficile pour l’homme, car il croit avoir les choses en main et pense souvent que "c’est ma force et la puissance de ma main qui m’amènent la victoire." (Ko’hi véotsi yadi …)

Même lorsque l’homme réfléchit et réalise que c’est D. qui lui donne la force de réussir [ou à des moments où il ne peut attribuer ses réussites à ses propres talents ou à ses aptitudes], il pense néanmoins que même si D. la lui a donnée, il le mérite de par ses bonnes actions.
Ou que de même que les autres reçoivent tout, pourquoi devrait-il être différent d’eux ?
C’est la raison pour laquelle il considère qu’il ne doit pas être redevable à D. et le remercier.

=> L’homme doit donc travailler avec ardeur et ancrer en son âme la vérité consistant à reconnaître, admettre et être reconnaissant pour tout ce qu’il a, car il le reçoit de D. comme une bonté gratuite ; il s’élèvera ainsi et sera à même de remercier D.

C’est là toute l’essence de la récitation de ‘Al HaNissim : réfléchir et admettre véritablement que les victoires venaient de D., et non de la puissance des Hasmonéens, ainsi que remercier et louer D. pour le bien qu’Il nous a fait. "

Définition de l’exil …

+++ Définition de l’exil …

+ Le Rabbi ‘Haïm Friedlander (Sifté ‘Haïm, Vol. II) de dire :
"Le terme "exil" ne se rapporte pas uniquement aux époques où les Juifs étaient exilés de la terre d’Israël …

L’ "exil" est principalement l’absence de la Présence divine (ché’hina), lorsque le lien spirituel entre D. et le peuple juif est affaibli ou coupé.

Cela arrive lorsque des non-Juifs dominent spirituellement les Juifs, et que ces derniers sont influencés par leur culture et se comportent selon la façon de vivre des non-Juifs."

+ Concernant l’exil Grec, Rabbi Chlomo Wolbe (Alei Chour – vol.2) a écrit :
" Non seulement les Grecs émirent de nombreux décrets contre les Juifs afin de leur faire oublier la Torah et d’amener les ténèbres sur eux, mais ils voulaient aussi les empêcher d’observer les lois de D. et leur retirer leur statut de peuple élu afin qu’ils soient "libres" et s’assimilent."

=> De nos jours, où l’on peut se sentir libre, le fait de vivre/se comporter comme les non-juifs est une malédiction caractéristique de l’exil …

Le lien entre les Grecs et le peuple juif …

+ Le lien entre les Grecs et le peuple juif ... (1ere partie)

La relation entre l’ascendance grecque et juive est inscrite dans la Torah, remontant à Noa’h et ses fils.

Tandis que Avraham et le peuple juif sont descendants de l’un des fils de Noa’h, du nom de Chèm, les Grecs sont descendants d’un autre fils, Yéfèt.
En effet, il est écrit : « Les fils de Yéfèt furent Gomer, Magog, Madaï, Yavan (=> la Grèce), Touval, Mechekh et Tiras. » (Béréchit 10,2 )

Regardons de plus près ce lien dans la Torah (Béréchit 9,18-27) :
"Les fils de Noa’h qui sortirent de l'arche furent Chèm, ‘Ham et Yéfèt ; et ‘Ham était le père de Canaan.
Ce sont là les trois fils de Noa’h par lesquels toute la terre fut peuplée.
Noa’h, d'abord cultivateur, planta une vigne. Il but de son vin et s'enivra, et se mit nu dans sa tente.

‘Ham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et alla dehors l'annoncer à ses deux frères.
Chèm et Yéfèt prirent une couverture, la déployèrent sur leurs épaules, et, marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père, mais ne la virent point, leur visage étant retourné.

Noa’h, réveillé de son ivresse, connut ce que lui avait fait son plus jeune fils, et il dit : "Maudit soit Canaan ! Qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères!"
Il ajouta : "Soit béni l'Éternel, divinité de Chèm et que Canaan soit leur esclave, que D. agrandisse Yéfèt! Qu'il réside dans les tentes de Chèm et que Canaan soit leur esclave !"

==>Le lien entre Chèm (donc le peuple juif) et Yéfèt (donc les Grecs) réside dans le fait qu’ils s’unirent pour couvrir leur père.

Noa'h les a bénit les 2, et la guémara (Méguila 8b-9b) en tire un fait intéressant :

"Rav Chimon ben Gamliel disait : "La seule langue [à part l’hébreu] dans laquelle on peut écrire [la Torah, les Prophètes et les Hagiographes] est le grec."

Les Grecs ont effectivement étaient les 1ers à demander la traduction de la Torah dans leur propre langue (au 3e siècle avant), comme il est écrit (guémara Méguila 9a) :

"Le roi Ptolémée rassembla une fois soixante-douze Anciens.
Il les plaça dans soixante-douze pièces, chacun séparément, sans leur révéler la raison de leur convocation. Il rentra dans la chambre de chacun et dit : "Ecrivez pour moi la Torah de Moché, votre Maître". "

Le Maharal (dans Ner Mitsva) dit à propos de cette guémara :
"La caractéristique principale de la nation grecque était la soif de sagesse …
C’est la raison pour laquelle ils demandèrent aux Sages de leur traduire la Torah ...
Et c’est une preuve qu’ils étaient plus enclins à la sagesse que toute autre nation."

+ Le lien entre les Grecs et le peuple juif ... (2e partie)

Comme on l’a vu précédement, Noa’h a eu 3 enfants : Chèm (de lui viendra le peuple juif), Yéfèt (à l’origine des Grecs) et ‘Ham.

Nous allons voir d’abord que les juifs et les Grecs ont une mission commune, et ensuite, nous verrons quelles en sont les différences.

1°/ Les Juifs et les Grecs partagent la même mission consistant à éduquer l’humanité au-delà de son animalité.

Le Rabbi Samson Raphaël Hirsch a écrit (dans sa comparaison entre la culture de Yavan & celle d’Israël) :

" Yéfèt a embelli le monde d’un point de vue esthétique tandis que Chem l’a éclairé au point de vue éthico-moral …
Yéfèt prépare le terrain pour la mission de Chem.
Dans un 1er temps, il laisse une personne absorber les concepts de beau et de bien, dans l’esprit grec ; par la suite, il la laisse s’imprégner de ce qui est encore plus beau, plus élevé et plus harmonieux – le divin. […]

Jusqu’à l’apparition des Grecs, l’esprit et les sentiments humains ne se développaient que sous l’influence du besoin ou des évènements de la vie. L’homme ne trouvait aucune opportunité de développer le respect du soi ; la peur était la seule motivation et l’unique moyen de surmonter ses désirs, mais par nature, l’Homme restait mesquin, cruel, étroit d’esprit et esclave.

La culture grecque éveilla le désir de logique et d’instruction, une aspiration aux grandes idées et l’ouverture à la vie spirituelle à travers la contemplation de l’essence harmonieuse et belle des choses, et par le biais du contrôle de ses désirs irrépressibles, c’est ainsi que la culture de la Grèce développa en l’Homme le sentiment de respect du soi.
Il peut éveiller la confiance en soi et faire prendre conscience à l’individu de sa responsabilité face à la conduite de sa vie… en résumé, l’esprit de la Grèce libéra l’Homme des chaines qui le liaient, l’éclaira de la culture, embellit son esprit et l’emplit de joie de vivre.

L’esprit de l’instruction qui émanait de Grèce, à l’état brut, ne constitua jamais un danger pour les voies pures d’Israël, dans la mesure où Israël le considère comme un facteur contribuant à la réalisation de sa propre destinée ; à savoir, l’instruction de l’Homme et son progrès. "

2°/ Comment se différencient ces 2 cultures, qui ont un tronc commun ?

Tandis que les Juifs appréciaient la passion qu’avaient les Grecs pour la sagesse, ils reconnaissaient également le danger qui lui était inhérent.
Le contrôle de l’esprit est certes préférable à celui du corps, mais le judaïsme a foi en quelque chose de plus élevé : l’âme.

+ Le lien entre les Grecs et le peuple juif ... (3e partie)

2°/ Comment se différencient ces 2 cultures, qui ont un tronc commun ?

Tandis que les Juifs appréciaient la passion qu’avaient les Grecs pour la sagesse, ils reconnaissaient également le danger qui lui était inhérent.
Le contrôle de l’esprit est certes préférable à celui du corps, mais le judaïsme a foi en quelque chose de plus élevé : l’âme.

-> Le Rabbi ‘Haïm Friedlander (Sifté ‘Haïm – vol.2) d’écrire :
" Le développement de la philosophie, de la science et de la culture et leurs diffusions, des Romains aux grands empires qui s’ensuivirent, y compris les nations arabes, tous se sont fondés sur la sagesse grecque – elle reste la base de la culture et de la science d’aujourd’hui.

Néanmoins, les Sages définirent cette vision du monde comme "obscurité".
[... ] Les Grecs étant tellement savants, leur objectif était de rivaliser avec la sagesse de la Torah et la nation de la Torah.

Le Maharal explique : " Les Grecs voulaient détruire la relation spéciale qui existe entre les Juifs et la Torah, selon le principe qu’une nation puissante est jalouse d’une autre nation puissante, et désiraient, par conséquent, les déposséder de leur Torah."
En fait, les Grecs, plus intelligents que les autres peuples, voyaient particulièrement le peuple juif comme une menace pour leur grandeur.
Leur but était de traduire la Torah en grec et de transformer le judaïsme en une sous-culture grecque. […]

La sagesse grecque est la sagesse de l’intellect humain, qui se préoccupa beaucoup des sciences ; ils approfondirent les lois de la nature et devinrent savants en la matière afin de régner sur la nature.
Plus les lois de la nature sont connues de l’homme, plus il a de possibilités de les utiliser.
Celui qui est maître de la nature devient maître du monde et de ses habitants.
Ceci constitue toute l’aspiration de l’Homme dans toutes les générations – étendre toujours plus sa domination.

Bien que l’homme ait le droit d’utiliser la nature pour ses besoins, cela lui est interdit s’il en vient à penser qu’il peut compter sur sa compréhension et ses prouesses seules, sans que soit nécessaire la bonté de D., ce qui le conduit à rompre son lien avec D. et à l’oublier.
Une telle vision du monde contredit totalement la conception des Juifs et des enseignements de la Torah, qui maintiennent que le but de toute la Création, et de la nature, est qu’elle soit soumise à l’accomplissement de la volonté de D.
Ceci constituait l’essentiel du conflit entre la Grèce et le peuple juif.

[Tandis que la sagesse grecque construit sa philosophie en se basant sur les leçons de la nature, la sagesse juive a pour origine le don de la Torah.]

La sainte Torah est la révélation de D. à la nation juive, à laquelle Il donna l’aptitude de parfaire l’homme. […]
Le but de la Torah n’est pas de rendre une personne plus intelligente, mais l’homme peut, par son biais, se développer moralement et s’éduquer à atteindre la perfection.
Toute sagesse qui n’améliore pas l’Homme n’est pas considérée comme telle.

Les nations du monde ne méritèrent pas une révélation divine de la Torah. Par conséquent, leur quête de savoir a pour seul objectif l’acquisition de la sagesse et n’éduque pas l’homme à perfectionner son être.
Ils pensent aussi que le but du savoir est de faire avancer l’homme, c’est-à-dire que par sa sagesse l’homme dominera la nature et la soumettra à ses besoins de la manière la plus efficace.
Cependant, cette sagesse ne bonifie ni n’améliore l’Homme."

-> Le Ramban (Vayikra 16,8) d’écrire :
" Les scientifiques suivent le Grec [ =Aristote] qui refusait tout ce qui ne tombe sous les sens et qui, l’esprit enflé par l’orgueil, alla même jusqu’à penser avec ses misérables élèves, que tout ce que son esprit n’aurait pas compris ne saurait être vrai."

-> Le Rabbi Yitzchak Berkovits a dit :
" La Grèce a déconsidéré l’être humain !
Ils limitèrent les aptitudes et les talents de l’être humain à ce que l’homme peut comprendre.
Il n’en n’est pas ainsi du judaïsme.

Nous soutenons que nous pouvons accomplir plus que ce que nous comprenons – nous pouvons atteindre des mondes dont nous ne savons rien.

Qu’est-ce que la sagesse grecque ?
Le culte de l’esprit humain, du corps, du sens de l’esthétique et des valeurs qui parlent à l’être humain.

De quel aspect distinctif D. dota-t-il l’Homme ?
La Kédoucha – sainteté – il n’y a rien de plus puissant, rien de plus beau, rien de plus profond.
A travers la kédoucha nous touchons des mondes, transcendant l’existence physique par nos propres actions et intentions.

==> L’univers est bien plus grand que ce qu’en pensait la Grèce. "