Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

10 jours de Repentance = même une téchouva imparfaite est acceptée

+ 10 jours de Repentance = même une téchouva imparfaite est acceptée :

-> Nous récitons dans la tefila de Roch Hachana : "Im yachouv miyad nikabelo" (S'il fait téchouva, il est immédiatement accepté).

Le rav Ména'hem Mendel de Vorka explique ces mots à l'aide d'une parabole :
Il était une fois un marchand qui acheta beaucoup de marchandises dans l'espoir de les revendre avec un bon profit. Chaque fois qu'il achetait quelque chose, cet homme vérifiait généralement que la qualité était bonne, car il voulait que les acheteurs s'y intéressent.
Cependant, si les marchandises qu'il vendait étaient "de saison", il savait qu'il trouverait des acheteurs dans tous les cas, et il n'avait donc pas besoin de vérifier autant la qualité.

Il en va de même pour la téchouva. Pendant le reste de l'année, Hachem vérifie la téchouva d'une personne pour s'assurer qu'elle est sincère. Cependant, les Asséret Yémé Téchouva (10 jours de repentance, allant du 1er jour de Roch Hachana à Kippour) sont "la saison de la téchouva". Pendant cette période de l'année, Hachem accepte immédiatement toutes les téchouva, sans les vérifier ni les examiner, même si elles ne sont pas tout à fait sincères.

Les morts se joignent à nos prières

+ Les morts se joignent à nos prières :

-> A Roch Hachana et Yom Kippour, les âmes (néchamot) des Avot (Patriarches) et des tsadikim qui ont déjà quitté ce monde reviennent pour se joindre à nous dans nos prières.

Cela explique la déclaration de nos Sages (guémara Roch Hachana 32b) selon laquelle les anges célestes disent à Hachem : "Pourquoi le peuple juif ne chante par de Shira (une louange, comme le Hallel) à Roch Hachana et à Yom Kippour?"
Hachem répond : "Le livre de la vie et le livre de la mort sont ouverts devant moi, et ils devraient dire Shira?"

C'est parce que même si en ces jours les morts prient avec nous et que leurs prières sont efficaces, ils ne peuvent pas dire de Shira avant la résurrection des morts, car il existe une règle selon laquelle "les morts ne peuvent pas louer Hachem" (lo amétim yéalélou ya - Téhilim 115,17).
Ainsi, nous ne pouvons pas non plus dire Shira, car les morts sont parmi nous [priant à nos côtés en ces jours si importants].
[ 'Hatam Sofer - Drachot 'Hatam Sofer - 'helek 2 - p.350 ]

Les 13 Attributs de miséricorde

+ Les 13 Attributs de miséricorde :

-> "Une alliance a été conclue avec les treize attributs de miséricorde, qu’ils ne reviennent jamais vides."
[Rabbi Yéhouda - guémara Roch Hachana 17b]

-> Déclamer les 13 Attributs de miséricorde a une immense valeur, au point que lorsqu’on les prononce, Hachem, si l’on peut dire, s’assoit sur son Trône de miséricorde et pardonne aux Bné Israël toutes leurs fautes.

Ainsi, toutes les Séli'hot commencent directement par la récitation de ces 13 Attributs (El éré'h apayim - אל ארך אפים).
Dans la suite des Séli'hot, à partir de la deuxième fois où on les mentionne, on les fait précéder du passage : "D., Roi assis sur le Trône de miséricorde (אל מלך יושב על כיסא רחמים)
Certains expliquent qu’après les avoir dits une première fois, la Midat Hadine (la mesure Divine de rigueur) se transforme en Midat HaRa'hamime (la mesure Divine de miséricorde) et désormais, on est donc en mesure de dire : "Roi assis sur le Trône de miséricorde".
Avant cela, Hachem n’est pas encore assis sur le Trône de miséricorde. C’est pour cette raison que, le soir de Yom Kippour, les Séli'hot commencent par le passage : "אל מלך יושב על כיסא רחמים", car ce jour est entièrement placé sous le signe de la miséricorde, même avant que les Bné Israël réveille cette dernière par la récitation des 13 Attributs de miséricorde.
[rav Elimélé'h Biderman]

<--->

-> Rabbénou Bé’hayé (Ki Tissa 34,6) écrit, à ce sujet, la chose suivante :
"Tu dois savoir que quiconque comprend les 13 Attributs, connaît leur signification et leur principe et les prononce au cours de sa prière avec ferveur, sa prière ne revient pas vide, sauf s’il avait dans ses mains des fautes qui l’en empêche.
Or, à notre époque, où nous sommes plongés dans l’exil, et dans laquelle nous n’avons ni Cohen Gadol pour faire expiation de nos fautes, ni autel pour y apporter des sacrifices, ni Temple pour venir y prier, il ne nous reste, devant Hachem, que notre prière et ses 13 Attributs de miséricorde.
A travers ces 13 Attributs, on apprend la manière dont on doit prier et demander miséricorde au Maître de toute chose."

<--->

-> b'h, également sur les 13 Attributs de miséricorde : https://todahm.com/2015/10/25/les-13-attributs-de-misericorde

<--->

-> Dans les annotations imprimées en marge de Tossefot (Roch Hachana 17b), les 13 Attributs sont explicités, longuement, de la manière qui suit :

Le premier Nom ה"הוי (Hachem), ne fait pas partie des 13 Attributs et n’est mentionné que comme "Nom d’appellation" pour dire que c’est ainsi qu’on Le nomme.

Le deuxième Nom ה"הוי : l’attribut de miséricorde en allusion dans ce Nom consiste à mentionner que, puisqu’Hachem est le Maître de tout, alors Il doit se comporter avec tous, avec miséricorde.

Le Nom E-l (אל) suggère la force, car c’est avec une main forte qu’Il prépare la nourriture de toutes Ses créatures, comme il est écrit : "Les fauves rugissent pour leur pâture et demandent à E-l, de quoi manger" (Téhilim 104,21).

Ra'houm (רחום) est l’attribut de miséricorde exprimant qu’Hachem fait preuve de celle-ci envers celui qui L’invoque, avant même que celui-ci se repentisse.
De même, cet attribut suggère qu’Hachem fait preuve de miséricorde envers l’homme, avant même que le malheur ne s’abatte sur lui.

'Hanoun (וחנון) : exprime qu’Hachem fait grâce à celui qui crie vers Lui, dans les moments de détresse, afin de délivrer, comme il est écrit : " 'Hanoun fera grâce à la voix de ton cri" (Yéchayahou 30,19).
Hachem, qui est Tout-Puissant, peut faire grâce à celui qui crie vers Lui si ce n’est pas légitime, à l’instar de ce qui est écrit : "Et voici que lorsqu’il criera vers Moi, Je l’entendrai, car Je suis ‘Hanoun" (Michpatim 22,26).
Ce verset vient, en effet, exprimer que même s’il aurait été légitime, au sens strict de la loi, qu’un prêteur ne rende pas à l’emprunteur le gage qu’il lui a déposé, tant qu’il ne l’a pas remboursé, ce gage lui étant parvenu de plein droit en échange du prêt et les cris de l’emprunteur à ce sujet étant injustifiés, cependant, la Torah enjoint le prêteur de rendre le gage. Sinon : "Il criera vers Moi", car telle est la conduite d’Hachem, d’entendre les cris, "car Je suis ‘Hanoun", car Je suis miséricordieux et Je ne peux pas voir l’emprunteur dans sa détresse.
De plus, le terme de 'hanoun suggère le don gratuit (le terme חנון ('hanoun) est de la même racine que le mot חינם - 'hinam - gratuit), comme la guémara (Béra'hot 7a) l’enseigne à propos du verset : "Et Je ferai grâce à celui à qui Je dois faire grâce" : "même s’il n’en est pas digne".

Ceci est le résumé succinct des paroles de Tossefot. Après avoir compris le sens véritable des mots exprimés dans ces treize attributs, nous serons davantage en mesure de nous en servir afin de susciter la délivrance et la miséricorde du Ciel.

Alors que Roch Hachana est un jour de jugement pour toute l'humanité, l'expiation de Yom Kippour est réservée au peuple juif.
[Sfat Emet - Kippour 5656 ]

Les portes de la téchouva sont grandes ouvertes

+ Les portes de la téchouva sont grandes ouvertes :

-> Nous pouvons postuler l'existence d'un autre univers supérieur au nôtre, qui est le monde pur de la téchouva, dans lequel aucune supplication de repentir n'est jamais rejetée.
Tout au long de l'année, nous avons besoin d'une étape intermédiaire entre les hauteurs élevées du monde de la téchouva et notre existence physique mondaine, et nous demandons donc à Hachem d'
"ouvrir" Sa main, afin que Son abondance "descende" dans notre monde matériel (potéa'h ét yadé'ha oumachbia lé'hol 'haï ratson).

Cependant, pendant les 10 jours de téchouva, les portes de la repentance restent grandes ouvertes et le monde de la téchouva se révèle même à nous dans le monde matériel.
Pendant ces jours, nous n'avons pas besoin de demander à Hachem de "nous tendre la main", d'étendre Sa main vers notre monde matériel, mais nous devons simplement affirmer notre croyance que Sa main est ouverte (kol maaminim chéou pétou'ha yado).
[Sfat Emet - Shabbat Shouva 5648 ]

Même s'il peut sembler que les événements du premier Yom Kippour d'Israël, l'absolution de la faute du Veau d'or ainsi que la remise des deux Tables de la loi (Lou'hot), ne présentent qu'un intérêt historique, en réalité, ils se reproduisent chaque année. La faute du Veau d'or n'a jamais été totalement pardonné (cf. Rachi - Ki Tissa 32,34).
Au lieu de cela, un processus progressif se met en place, dans lequel une petite partie de cette grave transgression est pardonnée chaque Yom Kippour.
A mesure que cette faute des plus graves est progressivement pardonné, l'impact des Lou'hot données pour la première fois lors du Yom Kippour augmente chaque année.
[Sfat Emet - Kippour 5655 ]

<--->

-> A chaque Yom Kippour, Hachem pardonne une nouvelle partie de la faute du Veau d'or.
Lorsque ce processus sera achevé et que toute la gravité de la faute d'Israël aura été expiée, nous serons prêts à retrouver le statut dont nous jouissions avant de fauter : celui d'anges.
Comme le chante le roi David : "ani amarti élokim atem" (j'ai dit [avant la faute du Veau d'or] : vous êtes des anges - Téhilim 82,6).

Chaque Yom Kippour, le peuple juif a un avant-goût de son statut futur, jouissant une fois par an du statut d'anges et ayant la certitude que cet état céleste deviendra son mode de vie permanent une fois que la faute du Veau d'or aura été entièrement expiée.
[Sfat Emet - Kippour 5663 ]

Chaque Yom Kippour, le peuple juif atteigne le statut de Moché, qui est décrit comme "ich haElokim" (Vézot haBéra'ha 33,1), un homme aux caractéristiques divines.
Non seulement Moché a apporté les Tables (Lou'hot) le jour de Yom Kippour, mais en jeûnant pendant 40 jours lorsqu'il se tenait sur le mont Sinaï, il a établi un précédent pour le peuple juif qui doit au moins jeûner le dernier jour de cette période de 40 jours.
En fait, le premier Yom Kippour est un "cadeau" de Moché au peuple juif, lui permettant de partager son jeûne.

Tout comme le premier jeûne de Yom Kippour a été rendu possible par la volonté de Moché de permettre à Israël d'y participer, chaque année, le peuple juif bénéficie de quelques rayons de la luminosité de Moché.
Alors que Moché a conservé toute sa vie des caractéristiques angéliques, nous pouvons être semblable à des anges (ich aElokim) à Yom Kippour, grâce à ses largesses.
[Sfat Emet - Kippour 5664 ]

Vidouï de notre vivant/mort

Quand on dit le vidouï, on doit penser : il y aura un autre moment où je dirai le vidouï, après mon décès, quand je me tiendrai devant la Cour céleste. Je porterai mon talit et mon kittel (habit blanc) et je me confesserai, comme je le fais maintenant. Mais alors, cela ne servira à rien.
Ce n'est que maintenant, dans ce monde, que mon vidouï peut vraiment réparer.
[Yisma'h Israël ]

La mitsva du Vidouï

+ La mitsva du Vidouï :

-> La guémara (Yoma 87b) enseigne que l’on est tenu de reconnaître ses fautes par la parole (la mitsva du vidouï) la veille de Yom Kippour à l’approche du soir, car la téchouva est impossible sans le vidouï.
C’est ainsi que le Rambam (Hilkhot Téchouva 1,1) tranche dans son code de lois : "Pour chaque mitsva de la Torah, qu’il s’agisse d’un commandement positif (faire) ou négatif (ne pas faire), qu’un juif enfreint, intentionnellement ou par inadvertance, lorsqu’il se repentira de sa faute, il est tenu de la reconnaître par la parole devant Hachem, comme il est dit : "Un homme ou une femme qui transgressera ... et ils reconnaîtront la faute qu'ils auront transgressée."
C’est le vidouï par la parole. Ce vidouï est un commandement positif."

-> Le Messée'h 'Hokhma (Vayélèkh 31,17) prouve que l’essentiel de la téchouva réside dans le vidouï, et non dans la décision d’abandonner la faute : "En effet, dit-il, même sans considérer la téchouva, il est défendu de fauter ; dès lors, qu’est-ce que la mitsva de téchouva vient ajouter si elle consiste à prendre sur soi quelque chose auquel on est tenu de toute façon par la Torah?
Il est donc certain que l’essentiel de la téchouva consiste à reconnaître ses fautes (vidouï) du fond du coeur."

-> Le Réchit 'Hokhma explique la raison pour laquelle nos Sages instituèrent le vidouï par ordre alphabétique (א, ב, ג) :
"Car les Sages de la Kabbale ont écrit que le monde fut créé à l’aide des 22 lettres de l’alphabet, et lorsqu’un homme faute, il détruit le monde qui a été créé à l’aide de ces lettres. C’est pourquoi, lorsque son âme s’éveille au repentir, qu’il désire revenir vers son Créateur, et qu’il vient ainsi réparer le dommage causé en se repentant, il lui incombe de dire le vidouï institué, qui est basé sur l’ordre alphabétique.
Cependant, on le fait précéder du mot : 'hatanou - חטאנו (Nous avons fauté), qui commence par la lettre ח , car ce mot est nécessaire à chaque début de phrase.
Et dès l’instant où l’homme dit : "J’ai fauté", il fait taire le yétser ara et son accusation, et il devient alors apte à dire le vidouï, sans que le Satan ne vienne l’accuser En-Haut."

-> Le Maharal (dans son Nétivot Olam) illustre le pardon des fautes par la parabole qui suit :
Réouven a commis envers Chimon une faute telle que ce dernier a des raisons légitimes d’être en colère contre lui pour s’être comporté d’une manière aussi inconvenable. Néanmoins, lorsqu’il vient tomber à genoux devant Chimon, en pleurant et en le suppliant de lui pardonner sa conduite, et que tout donne à penser que ses regrets sont sincères, il est logique d’imaginer que Chimon ne sera pas cruel en lui refusant le pardon.
Alors, à plus forte raison, lorsque c’est un être de chair et de sang qui reconnaît sa faute et demande au Maître de la miséricorde de lui pardonner, il est certain que sa requête sera exaucée.

-> Le rabbi Elimélé'h de Lizensk (Likouté Chochana) écrit :
"La Torah nous apprend à reconnaître nos fautes par la parole, parce que nous sommes certains de la compassion d'Hachem qui nous prendra pitié et nous pardonnera nos fautes.
Et cela ne doit pas se faire dans la tristesse, car celle-ci éveille la midat HaDine (Attribut divin de Rigueur), mais au contraire, dans la confiance en Hachem, comme il est écrit : "Celui qui reconnaît et qui abandonne sa faute sera pris en miséricorde" (Michlé 28,13)."

-> Le 'Hafets 'Haïm l’illustre par la parabole qui suit :
Un homme avait emprunté de l’argent à quelqu’un. Lorsque le prêteur vient réclamer sa dette, si l’emprunteur lui demande un délai supplémentaire d’un ou deux jours, ou même d’une semaine ou deux, sa requête sera acceptée. Mais si l’emprunteur repousse le prêteur, en niant la dette, l’autre le traînera immédiatement devant les tribunaux.
C’est le sens du verset : "Voici que Je te juge pour avoir dit : "Je n’ai pas fauté" (Yirmiyahou 2,32).
Car celui qui nie sa faute sera jugé immédiatement par la Maître du monde (avec rigueur), mais si en revanche, il la reconnaît, il sera pris en miséricorde.

Si Yom Kippour ne nous était donné qu'une fois tous les 70 ans, et que nous savions que le jour où toutes nos fautes sont pardonnées approche, quelle serait notre joie!
Maintenant, puisque Yom Kippour a lieu chaque année, notre joie devrait être plus de 7 fois plus grande!
[rav Israël Salanter ]