Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Se préparer seul

+ Se préparer seul :

-> La préparation de Pessa'h demande beaucoup de travail, comme nettoyer toute la maison, faire les courses, cuisiner, ... Les juifs du monde entier s'acquittent volontiers de cette tâche par eux-mêmes, sans compter sur les autres.

Le Ktav Sofer explique que c'est la question du fils racha. Il demande : "Que représente ce travail pour toi?" = pourquoi fais-tu tout ce travail tout seul? Pourquoi accomplis-tu des tâches aussi pénibles que l'abattage et la cuisson du Korban Pessa'h? Pourquoi n'embauches-tu pas des ouvriers pour le faire à ta place?

Nous lui répondons que nous offrons le Korban Pessa'h à Hachem pour avoir sauté les maisons juives en Egypte. Nous lui disons qu'Hachem a également accompli ce travail Lui-même, pour ainsi dire, lorsqu'Il a tué les premiers-nés égyptiens et sauté les maisons juives, même si ce travail aurait pu être fait par un ange.

De même qu'Hachem a agi en s'impliquant personnellement en signe d'amour pour nous, de même nous l'imitons et préparons Pessa'h [globalement] nous-mêmes en signe d'amour pour Lui.

A Roch Hachana, Hachem évalue la nuit du Séder de chaque personne.
[Zohar - paracha Tétsavé]

<--->

-> Pourquoi la nuit du Séder [de Pessa'h] revêt-elle une telle importance?
C’est parce que cette nuit-là, une personne renforce sa émouna, qui est le fondement de tout le judaïsme. Cela sert de préparation aux jours du compte du Omer, durant lesquels une personne travaille sur ses midot afin d’être prête à recevoir la Torah, puis de là, elle passe à la préparation du Jour du Jugement.
C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles les hommes mariés portent un kittel le soir du Séder, car cela marque le début de nos préparatifs pour les Yamim Noraim (où l'on porte un tel habit).
En effet, le rav Israël Salanter disait que le soir du Séder, il entendait le son du shofar d'Eloul frapper à la porte.
[rav Moché Sternbuch]

Pour faire de la matsa, il faut travailler dur et vite, sinon elle se transformera en 'hamets.
La mitsva de manger de la matsa nous apprend à servir Hachem avec rapidité et zèle.
Ainsi, le hamets et la matsa nous enseignent l'humilité (anava - ענוה) et l'alacrité (zérizout - זריזות), dont l'acronyme est עז (oz - puissance).
"Donnez de la force (oz) à Hachem" (Téhilim 68,35) = utilisez l'humilité et l'alacrité dans le service d'Hachem.
[Ben Ich 'Haï - Ben Ich 'Hayil 3, haGadol 4]

Pessa’h sanctifier notre maison

+ Pessa'h sanctifier notre maison :

-> Nous comprenons généralement "achata akha" (maintenant nous sommes là), comme une référence à nous-mêmes : nous affirmons que cette année, nous sommes ici, et que l’année prochaine, nous espérons être dans la ville reconstruite de Jérusalem.

Cependant, le 'Hatam Sofer a vu dans ces mots une référence à la maison où nous nous trouvons.
Nos Sages (Méguila 29a) enseignent qu’à l’avenir, les synagogues et les baté midrach (lieu d'étude) de la Diaspora seront transplantés en terre d'Israël, et cette prédiction ne se limite pas aux synagogues et aux baté midrach, mais inclut tout lieu qui a été sanctifié.
Cette maison même, où nous célébrons le saint Seder, et où la Chéhina est venue écouter nos louanges à Hachem, acquiert une sainteté et méritera donc d’être également transplantée en terre d'Israël.

Le revers de la médaille est qu’une maison peut également être souillée si des actes interdits y sont commis. Cette souillure pénètre les murs mêmes de la maison et ne peut être rectifiée, à moins que la maison ne soit détruite (voir Métsora 14,45).
Une personne doit donc veiller à ce que son foyer soit rempli de Torah et de sainteté. Alors, la maison elle-même sera imprégnée de sainteté et deviendra un Temple en miniature.

-> Pourquoi la sortie est-il appelé "Yétsiat Mitsrayim" (littéralement - le départ de l'Egypte) plutôt que "HaYétsia MiMitsrayim" (le départ d’Egypte)? L’Égypte ne nous a pas quittés, c’est nous qui avons quitté l’Égypte.

En réalité, le but de la Yétsiat Mitsrayim était que Mitsrayim (l'Egypte) nous quitte. Il ne suffisait pas que nous quittions Mitsrayim ; l’influence de Mitsrayim s’accrochait à nous, et chaque juif devait éliminer cette influence de son for intérieur et se détacher de la souillure et de l’impureté de Mitsrayim.
Ce processus est tellement, tellement difficile.
[rav Moché Sternbuch]

Pendant le rituel du korban Pessa'h au Temple, en l'espace de quatre heures, 1,2 million d'offrandes de Pessa'h étaient abattues et offertes. Comment ont-ils réussi à faire cela?

Le Steïpler répond que nous n’avons aucune idée de ce qui se passait dans le Temple et de la manière dont ils parvenaient à apporter autant d’offrandes en si peu de temps. Nous ne pourrons comprendre comment cela était possible qu’une fois le Temple reconstruit.
[rav Moché Sternbuch]

Pessa’h & émouna

Pessa'h est le "Roch Hachana de la émouna" ; la sortie d’Egypte est le fondement de notre foi. La nuit du Séder est une révélation de la Chékhina, qui insuffle la foi dans nos cœurs et nous donne la force de vivre avec émouna tout au long de l’année.
La émouna est la source de notre vie tant dans l’exil que dans la Délivrance. Elle est notre "foyer" où que nous soyons ...
Que nous soyons dans un état de déchéance, ou que tout aille bien et que le bien nous entoure, nous revenons à cette racine de la émouna simple.
Le Baal Shem Tov lui-même a dit : "Même après tout ce que j’ai accompli, je reviens toujours à la foi simple".
[rav Yéhouda Mischel]

Nous, les juifs, sommes devenus un peuple en Egypte.
Le Zohar (Chémot 189a) insiste sur ce "là-bas", "là" : ce n’est qu’là, en Égypte, que les juifs ont pu devenir un grand peuple ; si nous n’avions pas été en Égypte, nous ne nous serions pas transformés en un goy gadol.

<--->

-> Le peuple juif devient grand dans l’adversité. Knesset Yisrael a dû passer de nombreuses années en esclavage pour atteindre son statut de nation et sa grandeur ...
Si nous n’avions pas vécu des années d’horreur, nous n’aurions pas pu grandir et devenir une grande nation. C’est dans la douleur et le désespoir que nous avons atteint la grandeur et l’identité nationale.
[rav Judah Mischel]

Non seulement nous devons nous considérer comme ayant quitté l'Egypte personnellement, mais nous devons aussi nous considérer comme étant au même niveau spirituel inférieur du peuple juif à cette époque. Nous devons nous considérer comme des adorateurs d'idoles au 49e degré d'impureté que Hachem relève des profondeurs de la dépravation spirituelle au moment de la sortie d'Egypte.
Après avoir quitté l'Egypte, nous arrivons finalement au statut de "véakhchav karvanou amakom" (et maintenant Hachem nous a rapprochés de Son service).
['Hatam Sofer - drachot 'Hatam Sofer]

<--->

-> Nous commençons la nuit du Séder dans les entrailles de l'Égypte et nous sommes à un niveau spirituel très bas. Nous imaginons que nous n'avons même pas encore atteint la kedouchat Israël et que nous sommes inaptes à réciter la bénédiction sur la Haggada. Nous ne pouvons pas déclarer "acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou" jusqu à ce que nous soyons
délivrés et désignés comme la nation d'Hachem.

La nuit de la sortie d'Egypte, la voix de Pharaon a été entendue dans toute l'Égypte lorsqu'il a déclaré : "Levez-vous et quittez mon peuple. Jusqu'à présent, vous étiez les serviteurs de Pharaon ; à partir de maintenant, vous êtes les serviteurs d'Hachem".
[guémara Yérouchalmi Pessa'him 5:5]