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Shabbath haGadol …

+ Pourquoi appelle-t-on le shabbath précédant Péssa'h : Shabbath haGadol?

1°/ Lorsque les 1ers nés égyptiens ont demandé aux juifs, ce qu'ils comptaient faire avec l'agneau, les juifs leurs ont répondu qu'ils préparaient un sacrifice à D., et que D. va tuer les 1ers nés égyptiens.
En entendu cela, les 1ers nés sont allés voir leurs parents et Pharaon afin qu'ils libèrent les juifs.
A l'écoute de leur refus, les 1ers nés ont déclaré la guerre à leurs parents et en ont tué beaucoup, comme il est écrit dans les Téhilim (136,10) : "Lui qui frappe l’Égypte PAR ses 1ers nés" (lémaké mitsrayim biv'horéhem).D. a fait que les 1ers nés égyptiens se battent contre les égyptiens, au nom des juifs.

En raison du grand miracle (néss gadol), qui a eu lieu ce jour de Shabbath, le Shabbath précédant Péssa'h est appelé : Shabbath haGdol.
[rapporté par les Tossafot (guémara Shabbath 87b) citant un midrach]

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2°/ Les égyptiens ont été horrifiés, à la vue du traitement que leurs esclaves juifs, ont fait subir aux agneaux, qui étaient leurs idoles adorées/vénérées.
Ils ont alors demandé : "Que comptez-vous faire des agneaux?"
Les juifs n'ont pas essayé de fuir la question, et ont répondu fièrement : "Nous avons un D., qui nous a demandé de les lui égorger, comme offrande."

La principale différence entre un jeune (immature - katan) et un adulte (gadol), est que le jeune est plus souvent timide, et a tendance à cacher/dissimuler la vérité avec des excuses.

Durant le shabbath précédant la sortie d’Égypte, les juifs se sont comportés comme des adultes matures (comme des gédolim), en proclamant sans hésitation leur appartenance à D.
En raison du fait, qu'ils ont agit comme des gédolim, on appel ce shabbath, le Shabbath haGadol.

-> Le "Séfer haPardess", attribué à Rachi, dit :
On a l’habitude d’appeler le Shabbat qui précède Pessa’h "Shabbat HaGadol", sans savoir en quoi il est plus grand que tous les autres Shabbat de l’année, mais parce que Nissan où ils sont sortis d’Egypte était un jeudi, comme il est dit dans "Séder Olam", et on a pris le sacrifice de Pessa’h le 10 Nissan, le Shabbat qui a précédé Pessa’h.
Les juifs se sont dit : "Nous allons égorger leur idole à leurs yeux et ils ne nous lapideraient pas?"
Hachem leur a répondu : "Maintenant, vous allez voir le miracle que Je vais vous faire."
Ils ont pris chacun son sacrifice pour le garder jusqu’au 14 Nissan.
Quand les égyptiens ont vu cela, ils voulaient se lever pour se venger d’eux, mais leurs entrailles étaient en feu, ils étaient accablés de souffrances et de mauvaises maladies, et ils n’ont pas pu faire de mal aux juifs.
Le Shabbat qui précède Pessa’h est appelé "Shabbat HaGadol" à cause des miracles qui ont été faits à Israël.

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-> Le Michna Broura (Ora'h ‘Haïm 430) mentionne dans son commentaire :
"Le 10 du mois de Nissan qui, cette année-là, tombait un Shabbath, chaque famille (au sens large du mot) prit un agneau et l’attacha au pied du lit. En réponse aux questions des Egyptiens, on leur expliquait que, sur ordre de D., on allait le sacrifier, ce qui agaçait leurs dents (littéralement: ‘leur faisait perdre leur force’), car ils vénéraient cet animal et qu’ils ne pouvaient rien faire. Et parce que le 10 du mois tomba un Shabbath, ils ont fixé (la commémoration du miracle) le Shabbath qui précède Pessa’h et l’appelèrent Shabbath haGadol".

-> Se fondant sur les commentateurs, le Beit Yossef explique ainsi le miracle :
"‘Les dents des Egyptiens avaient perdu leur force’, car jusqu’à ce jour, ils nous dévoraient ; en revanche, ce Shabbath, par miracle, ils n’avaient plus aucun pouvoir sur nous bien qu’ils eussent appris ce que nous allions faire de leurs idoles. Il y a eu miracle parce qu’à l’époque le peuple d’Israël avait pris sur lui de faire la Volonté de D. au péril de sa vie, sans se soumettre à ses maîtres égyptiens".

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-> Le Beit Avraham enseigne :
La miséricorde du Roi des rois est sans borne, et elle se manifeste donc chez ses plus proches et atteint même les pécheurs et fauteurs.
Il est en effet écrit : "Tu pardonneras mon péché, car il est grand" (Téhilim 21,11), et les commentateurs de demander en quoi le fait qu’il soit grand est une raison de pardonner. Au contraire, si le péché est grand, pourquoi le pécheur bénéficierait-il du pardon?

Cependant, on peut l’expliquer par la parabole qui précède, en convenant que l’expression "il est grand" ne se rapporte pas au péché, mais à Hachem et à Sa bonté.
Celle-ci se déverse sur le monde avec une mesure tellement immense que, pour ne pas qu’elle se perde, on en fait profiter même les pécheurs et les fauteurs.
=> Partant de là, le Beit Avraham explique également le nom de "Shabbat Hagadol" = la sainteté du
Shabbat est tellement grande qu’elle peut même abriter sous ses ailes les plus misérables du peuple, les pécheurs et les rebelles, afin de les purifier et de les préparer ainsi à cette sainte fête de Pessa’h!

-> Le Nétivot Shalom revenait souvent sur ces paroles du Beit Avraham, et disait que, a priori, elles demandent un éclaircissement : en quoi ce Shabbat est-il mieux que tous les autres? Chaque Shabbat est "grand", comme nous le mentionnons dans l’ajout que nous faisons ce jour-là dans le birkat hamazon (dans rétsé) : "Car c’est un grand et saint jour" (ki yom zé gadol vékadoch ou).
Dès lors, où réside la grandeur du Shabbat Hagadol?
Le Nétivot Shalom répond : C’est que ce Shabbat est le plus grand de tous les grands!

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3°/ La 1ere mitsva/obligation que les juifs ont reçu avant de quitter l’Égypte était de préparer un sacrifice de Péssa'h avec l'agneau (ainsi que d'autres détails afin de célébrer la fête).

Guémara Kiddouchin 31a = "Une personne qui agit en ayant l'obligation est plus grande, que celle qui agit sans en avoir l'obligation." (Gadol amétsouvé véoché mimi chééno métsouvé véoché)

Ce Shabbath haGadol met en avant toute la grandeur (gadol) d'agir en étant dans l'obligation de le faire.
[Faire les mitsvot de D.,parce qu'on doit le faire, et non uniquement parce qu'on le veut, donne beaucoup plus de valeur!!)
[Bné Yissa'har]

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4°/ Le sacrifice de Péssa'h renvoie à l'importance de la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même = "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Vayikra 19;18 - véaavta léréa'ha kamo'ha).

En effet, ce sacrifice est un moyen permettant aux personnes de se retrouver ensemble : les familles, les voisins, ... comme la Torah le dit : "Il prendra pour lui et son voisin proche de sa maison ..." (Chémot 12;4).
De plus, durant Péssa'h, il y a une mitsva de donner plus que d'habitude aux nécessiteux, afin que tout le monde puisse célébrer convenablement la fête.

Le Talmud de Jérusalem (Nédarim 9;4) commente la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même en disant = "Rabbi Akiva a dit : c'est une grande règle de la Torah." (zé'ou klal gadol baTorah).

Ainsi, l'appellation de Shabbath haGadol renvoie à l'importance d'aimer son prochain comme soi-même.
[klal gadol de la Torah ...]

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5°/ Les juifs ont été libérés en 2448 après la création du monde.

Ils ont eu leur 1er goût de liberté et de fierté d'être juif, au cours du shabbath, précédant la sortie d’Égypte.
Les mots : "Shabbath haGadol" (שבת הגדול) renvoient à ce fait :
- le shin (ש) = renvoie au Shabbath ;
- le bét (ב) = renvoie au chiffre 2 000
- le taf (ת) = renvoie à la valeur de cette lettre = 400 ;
- le mot "haGadol" (הגדול) = a une valeur numérique de 48.
== le tout fait : Shabbath 2448 (comme l'année de la sortie d’Égypte!).

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

-> Le Méam Loez (Bo 12,10) écrit en ce sens :
Moché avait obtenu de Pharaon un jour de congé hebdomadaire pour les juifs, et avait fait en sorte que ce jour fût le Shabbath.
Cependant, tant que les juifs étaient esclaves, ils ne pouvaient réellement se détendre le Shababth : dès le lendemain ils allaient reprendre leurs travaux forcés.
Bien qu'ils fussent exemptés de tout travail depuis le début des 10 plaies, ils n'étaient pas encore des hommes libres, mais avec l'approche de leur libération, les juifs purent réellement, pour la 1ere fois, goûter au Shabbath

Le jour du Shabbath représente plus qu'un simple jour de repos. C'est un jour de renouveau spirituel.
Néanmoins, tant que les juifs étaient asservis, ils ne pouvaient attribuer au Shabbath une signification autre que celle d'un simple jour de repos.
[Shabbath haGadol = c'est à partir de ce Shabbath que les juifs ont véritablement pu apprécier ce jour énorme de chez énorme (gadol de chez gadol!).]

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6°/ Selon le rav 'Haïm Kanievsky, c'est le mérite du Shabbath (que nos ancêtres ont observé en Egypte - cf. midrach Chémot rabba 1,28), qui a protégé le peuple juif des égyptiens.
Pour souligner cela, nous marquons le miracle à Shabbath.

7°/ Deux raisons sont données pour expliquer le sens du Shabbath.
Dans les 1eres Tables de la loi, il est dit que le Shabbath vient rappeler la Création du monde. Et dans les secondes, il est dit que le Shabbath vient rappeler la sortie d’Egypte.
Ainsi, au départ, avant la sortie d’Egypte, le Shabbath n’avait que la 1ere raison : rappeler la création. Mais, le Shabbath de la semaine de la libération, qui a introduit la sortie d’Egypte, où les Juifs furent sur le point de sortir, la 2e raison apparut : rappeler la sortie d’Egypte qu’on était en train de vivre.
=> Ce Shabbath est donc devenu un Shabbath plus grand, car dès lors, il fut agrandi par cette 2e raison de rappeler la sortie d’Egypte, qui n’était pas encore à propos jusqu’à lors.
[Sfat Emet]

Ainsi, le Shabbath haGadol est le 1er Shabbath à partir duquel, nous avons gagné une 2e raison de témoignage (Création & sortie Egypte) pour le fêter, comme il est écrit : "Tu te souviendras que tu étais esclave dans le pays d'Egypte et que Hachem ton D. t'en a fait sortir d'une main puissante et d'un bras étendu ; c'est pourquoi Hachem ton D. t'a ordonné de faire le jour du Shabbath." (Vaét'hanan 5,15)

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-> Les Richonim (Aboudraham, 'Hizkouni) écrivent que ce Shabbath (précédant la sortie d'Egypte) était le 1er réalisé par les juifs en tant que peuple au service de Hachem. Ils sont entrés sous le joug des mitsvot en ce 1er Shabbath.
Les Tossafot disent que de même qu'un enfant qui a 13 ans, qui commence à réaliser les mitsvot est appelé : "gadol", de même ce Shabbath où le peuple juif est devenu "gadol", est dénommé : Shabbath Gadol.

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-> En prenant un agneau, les juifs observèrent Shabbath en Egypte. Ce fut leur premier Shabbath en tant que Peuple, un moment de transition pour devenir une Nation : ils avaient atteint l’âge de la majorité, étaient devenus des adultes (guédolim) qui avaient des responsabilités.
Ce fut donc un Shabbath "haGadol".
[Sfat Emet]

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8°/ Le 'Hatam Sofer dit que la période estivale est un moment plein de dangers spirituels, où des tragédies peuvent se passer.
[Shabbath haGadol précède Pessa'h, et le Shabbath Shouva précède Yom Kippour. Ces 2 moments permettent de nous influencer pour une moitié d'année : la partie hivernale et la partie estivale.]

Un tsadik qui ne faute pas est considéré comme un "gadol" (un grand), et quelqu'un qui faute et se repent comme : un "guibor" (un fort), qui a conquis sont yétser ara (cf. qui est fort? -> Pirké Avot 4,1).
=> Le Shabbath qui éveille les gens à éviter de fauter (l'été approchant) est appelé Shabbath haGadol, et celui où l'on incite à faire téchouva sur nos fautes s'appelle : Shabbath Shouva.

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9°/ Bien que les juifs observassent le Shabbath, ils ne le faisaient pas pour observer un commandement Divin, mais simplement parce que ce jour de repos leur convenait.
En effet, puisque de nombreux juifs pratiquaient la religion égyptienne, observer le Shabbath avait-il la moindre signification religieuse?
Cependant, en ce Shabbath où ils acquirent l'agneau Pessa'h (le 10 Nissan), les juifs durent renoncer totalement à leur foi en les religions égyptiennes.
Leur observance du Shabbath devint alors un acte d'obéissance à Hachem.
=> Puisque ce Shabbath était le 1er que les juifs observèrent à l'égard de Hachem, il était digne qu'il fût commémoré [pour les générations à venir].
[Magen Avraham]

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-> Le Séfer Olam (chap.5) rapporte que les Bné Israël bénéficièrent d'un grand miracle ce Shabbath [hagadol - celui avant Pessa'h] : "Le 15 Nissan qui fut le jour où les Bné Israël sortirent d'Egypte était un jeudi. Ainsi, le 10 du mois où il leur fut ordonné de prendre chacun un agneau tomba un Shabbath.
Un miracle eut alors lieu (comme le rapporte le Tour - Ora'h 'Haïm chap.130) au nom du midrach : "Chacun prit alors son agneau destiné au sacrifice de Pessa'h et l'attacha au pied de son lit. Les égyptiens leur demandèrent : ''à quoi cela vous servira-t-il''?, et ils répondirent ''afin de sacrifier pour Pessa'h, comme nous l'a ordonné Hachem ''.
Cette réponse les agaça, mais ils ne purent rien leur dire [D. ne leur donna pas la permission de le faire]. D'après ce miracle, on appela ce Shabbath, le Shabbath hagadol."

Les commentateurs demandent pourquoi ce miracle se réfère au Shabbath [précédant Pessa'h] et non à la date du 10 Nissan où il eut lieu, à l'instar de toutes les autres solennités qui sont fixées suivant la date et non suivant le jour de la semaine.

Le Ohev Israël répond que seul Shabbath donna la force aux Bné Israël d'accomplir le 10 Nissan l'ordre de se détacher de l'idolâtrie en prenant un agneau destiné à la mitsva.
Car ils durent pour cela rattacher leur âme au Créateur et cela ne fut possible que grâce au Shabbath dénommé selon le Zohar (2,205a) : le "jour de l'âme" (yoma déNichmata).
C'est pourquoi cette délivrance fut fixée dans les générations précisément le jour du Shabbath car grâce à lui l'âme peut sortir de son exil.

Le 'Hidouché haRim compare ce Shabbath à Yom Kippour en faisant un rapprochement entre le 10 Nissan (date à laquelle eut lieu le miracle de Shabbath hagadol) et le 10 Tichri (date de Yom Kippour).
Cela vient nous enseigner que ce jour a le pouvoir de purifier et de ramener l'homme à la droiture (cf. Zohar 2,39b).
Par ailleurs, Yom Kippour est appelé "Yoma Rabba" (le Grand Jour), et ce Shabbath est également nommé le "Grand Shabbath" (Shabbath hagadol), car il purifie et sanctifie l'âme juive de tous ses défauts et de toutes ses fautes.

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-> "Je vous enverrai Eliyahou haNavi avant qu'arrive le jour d'Hachem, jour grand et redoutable (hagadol vé'anora)" (Mala'hi 3,24)
Rabbi Elimélé'h Biderman dit que selon certains, le Shabbath haGadol fait allusion à ce grand jour où le machia'h va venir, et il est appelé ainsi en anticipation de ce grand moment.
[de même que nos ancêtres ont pu être libérés miraculeusement, avec précipitation, d'Egypte avec Moché, de même nous serons très très prochainement délivrés définitivement de notre exil par le machia'h!]

-> Certains ont écrit que comme ce Shabbat, contrairement à ceux des 4 parachiot (Para, Shékalim, ...), il n’y a pas de lecture spéciale de la Torah mais seulement une haftara spéciale, et que le verset qui termine cette haftara à la fin du livre de Mala'hi, la dernière prophétie des livres des prophètes, est: "Voici que Je vous envoie le prophète Eliyahou avant la venue du jour de Hachem, grand et redoutable", le Shabbat où l’on lit ce verset qui contient le mot "gadol" (grand) s’appelle Shabbat HaGadol.

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-> Le Shabbath haGadol est traditionnellement associé au commencement de notre Libération d’Egypte. Par ailleurs, la Haftara de ce Shabbath se termine par le verset bien connu qui annonce l’arrivée du Prophète Eliyahou, le précurseur de la Délivrance finale : "Voici, Je vous envoie Elie le Prophète, avant qu’arrive le Jour de Hachem, Jour Grand (Hagadol - הַגדָּוֹל) et Redoutable!" (Mala'hi 3,23).
Ainsi, le Shabbath précédant Pessa’h emprunte-t-il le nom "haGadol" à notre Haftara messianique afin de lier la première Délivrance à la dernière Délivrance, selon l’enseignement (guémara Roch Hachana 11a) : "C’est en Nissan qu’ils furent délivrés, c’est en Nissan qu’ils le seront dans les temps futurs".

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-> Le Lévouch (430,1) explique cette appellation de 'Grand Shabbat’ : selon lui, ce Shabbat est ainsi appelé parce qu'il constitue une introduction à la délivrance future, au sujet de laquelle il est écrit : "Voici, Je vous envoie le Prophète Eliyahou avant le jour d'Hachem, grand et redoutable, et il ramènera le cœur des pères à leurs fils et le cœur des fils à leur père" (Mala'hi 3,23 - haftara de Shabbat Hagadol).

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-> Le Ohev Israël (Likouté Na'h - Shabbath haGadol) écrit :
"L'origine et la fontaine de tous les Shabbath de l'année provient de 2 Shabbath : du Shabbath haGadol et du Shabbath Chouva.
Ils sont la tête de tous les Shabbath de l'année."

-> Le Ohev Israël mentionne la sainteté très élevée de ce Shabbat car, explique-t-il, tous les jours de la semaine tirent leur subsistance du Chabbat qui précède (Zohar II,63b) et tous les Shabbatot de l'année se nourrissent du Shabbat Hagadol et du Shabbat Chouva. On voit donc bien que tous les Shabbatot de toute l'année sont en germe dans ce Shabbat.

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-> Nos Sages (guémara Shabbath 118b) nous enseignent que si tout le peuple d’Israël observe complètement 2 Shabbath seulement, il méritera la venue du Machia’h : "Si Israël observait 2 Chabbath selon les Lois qui s’y rapportent, il serait immédiatement délivré".

Le rav Ye’hiel Epstein explique que les 2 Chabbath devant être observés sont Shabbath HaGadol (avant Pessa’h) et Shabbath Shouva (avant Yom Kippour).
Chacun de ces 2 Shabbatoth possède un pouvoir spécifique qui lui est propre : Shabbath Shouva tombe entre Roch Hachana et Yom Kippour et enseigne à l’homme la manière de retourner vers D. : la téchouva (condition nécessaire à la Délivrance). Shabbath haGadol fut le premier Shabbath observé en Egypte et contient en lui les germes de la Délivrance.

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-> Le livre "Zé'her léDavid" demande au nom du "mikdach Mélé'h" pourquoi on dit "Shabbat Hagadol" et non "Shabbat Gadol".
Il répond que les initiales de "Shabbat HaGadol" forment le mot "Séh" (agneau), et les dernières lettres forment le mot "Tal" (rosée). Or le mot "tal" a la valeur numérique de 430, ce qui est une allusion au fait que ce Shabbat-là se terminaient les 430 ans de l’esclavage des juifs en Egypte. C’est pourquoi Hachem a ordonné justement ce Shabbat-là d’attacher l’agneau, pour montrer que le peuple sortait de l’idolâtrie pour rentrer dans le domaine de Hachem.

-> On peut rapprocher un enseignement de rabbi David Pinto à ce Shabbath hagadol, précédant Pessa'h, et qui nous permet de redéfinir ce qui doit être gadol (grand, important) à nos yeux dans la vie :
Quand arrive le soir de Pessa’h, où il y a un ordre d’égorger l’agneau (le Séh) et de mettre son sang sur les montants et le linteau de la porte, Hachem a voulu ainsi nous dire en allusion : jusqu’à aujourd’hui vous avez adoré l’agneau, qui est l’idole des Egyptiens, et aujourd’hui vous annulez l’idolâtrie et vous utilisez l’agneau
pour offrir le sacrifice de Pessa’h, exactement de la même façon que jusqu’à aujourd’hui vous avez utilisé l’argent pour les besoins de l’idolâtrie, et qu’à partir d’aujourd’hui, vous utilisez l’argent pour acheter une mezouza, des tefilin et faire des mitsvot.

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-> Certains expliquent que le Shabbat s’appelle ainsi parce qu’ensuite il y a la fête de Pessa’h, qui s’appelle également selon la tradition des Sages "Shabbat", comme il est écrit [au sujet du compte du Omer] : "Vous compterez pour vous à partir du lendemain du Shabbat".
Contre les Saducéens, qui niaient la tradition des Sages, et décidaient que "le lendemain du Shabbat" signifiait vraiment Shabbat, on appelle le Shabbat qui précède Pessa’h : Shabbat haGadol, pour marquer qu’ensuite vient un Shabbat supplémentaire : Shabbat haKatan.

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-> En se préparant à tuer le dieu des égyptiens, chose qu'ils adoraient eux-mêmes, le peuple juif se préparait à abandonner son lien avec l'adoration des idoles en faveur du service d'Hachem (Mékhilta - Bo 11).
Non seulement le peuple juif devait faire face à sa propre conscience concernant l'agneau, mais il était également confronté physiquement aux égyptiens qui bouillaient de colère à la vue des juifs prenant leur dieu pour l'abattre. Lorsque les égyptiens leur demandèrent ce qu'ils comptaient faire de leur dieu, le peuple juif n'eut pas peur et leur fit part de ses projets.
Furieux, les égyptiens tentèrent de les tuer, mais Hachem protégea miraculeusement le peuple juif en donnant aux égyptiens des maladies étranges et atroces qui les empêchèrent de faire du mal aux juifs.
C'est pourquoi, explique le Kol Bo (47), le Shabbat qui précède Pessa'h est appelé Shabbat haGadol, le grand Shabbat, en référence à ce grand miracle.

Pessa’h = ma, ma, ma???

Pessa'h représente la fête de la connaissance (le da'at), qui est la base de toute vie juive.
+++ Pessa'h = ma, ma, ma???
Chaque juif a une néchama (une âme - נשמה), mot faisant allusion à : néchem ma (il respire le "ma", le questionnement - נשם מה).= La force du juif réside dans sa capacité à s'interroger pour parvenir à s'élever et de le faire humblement.

La matsa symbolise l'humilité.
Le 'hamets (l’orgueil) n'ayant pas eu le temps de s'y développer.

On peut remarquer que le mot : "matsa" (מצה), a la lettre tsadik (signifiant : "un juste"), qui est entourée par les 2 lettres formant la question : "ma?" (quoi? - מה).
Un tsadik est toujours entouré de questions.

Le Gaon de Vilna fait remarquer, que dans la Haggada, il est écrit : "Que dit le sage? ...", et pas directement : "Le sage dit ...", pourquoi cela? [de même pour le racha et le tam]

Le Gaon de répondre, qu'on peut reconnaît une personne à la façon dont elle va se comporter dans le feu de l'action.
Le sage s'emporte, certes, mais c'est parce qu'il veut ardemment comprendre.
Le racha, pour sa part, veut se débarrasser et rejeter (afin d'assouvir son orgueil en refusant de ne pas comprendre, ... - "pour vous ..." et pas pour moi!).

+ Dans la vie, il faut de l'humilité et de la force:
Le mot : 'ho'hma (la sagesse - חכמה), peut se décomposer en 2 :
- ma (מה) = l'humilité (Quoi? Que suis-je?)
- et : koa'h (כח) = la force, la puissance de l'audace sainte.

On commence la haggada par le passage "a la'hma aniya ...", qui parle de notre situation de misère/de détresse en Egypte, en levant une matsa (symbole de l'humilité).
Ce passage est composé de 28 mots, qui est la valeur numérique du mot: "koa'h" (=la force/la puissance).

Un tsadik est fort et humble à la fois ; il est celui qui a compris sa place dans la création ET sa place face à D.
Une place gigantesque et fabuleuse (le monde a été créé pour moi!), mais malgré tout minuscule face à D. (je ne suis rien!).

== b"h, que nous pussions vivre le message de Pessah, c'est-à-dire unir harmonieusement, en nous, la force et l'humilité, afin d'avoir un vie faite dans la 'ho'hma, une vie pleinement réussie!!

Source (b"h) : compilation personnelle (b"h) d'un dvar torah du rav Ména'hem Berros (dans son Pardess Ména'hem)

La fête de Péssa’h & la parole

Nous venons de finir la fête de Pourim, dont le fait de manger et de boire (le michté) a été une mitsva.
Nous avons devant nous la fête de Pessa'h, dont le fait de parler est une mitsva.
Elle est pas belle, la religion!! [N'oublions pas d'avoir l'intention de le faire, car telle est la volonté de D. ...]
+++ La fête de Péssa'h & la parole (1ere partie) :
Le Zohar (paracha bo) dit = "la mitsva de la Haggada est de formuler les louanges, dues à D., au sujet de la sortie d’Égypte.
Tel est ainsi le devoir de l'homme, pour toutes les générations : raconter ces louanges! [...]
D. se réjouit de cette narration et dit aux anges : "Venez et écoutez l'histoire de ma louange!
Voici que Mes enfants racontent et se réjouissent de la délivrance que Je leur ai octroyée!" "
La fête de Péssa'h = la fête de la parole.
D'ailleurs, le mot : Péssa'h (פסח), se divise en 2 mots : "pé sa'h" (la bouche parle - פה סח)

Le mot : sa'h (סח) a pour valeur numérique 68, tout comme le mot : haïm (la vie - חיים).
Ainsi, Péssa'h = pé sa'h = la bouche de la vie!

A l'inverse, Pharaon (פרעה) = pé ra (la bouche mauvaise - פה רע)

Le Ari Zal enseigne = "la force de l'homme dans ce monde, et l'essentiel de sa mission, est de séparer le mal du bien!"

Grâce à Pessa'h, nous allons aborder le sujet de la vie, celle que D. nous octroie, seconde après seconde, pour Le servir et pour parvenir à devenir des êtres droits et généreux au sein de son peuple, sachant séparer le bon du mauvais!

++ La fête de Péssa'h & la parole (suite) :Le mot traduisant la détresse est : "métsarim" (מצרים), mot pouvant aussi se lire : "mitsraïm" (Égypte - מצרים), le lieu de toutes les détresses des juifs, le lieu qui tenta d'étrangler l'âme juive ...
Le Séder = il y a une mitsva de parler de la délivrance d'Egypte (de la détresse) par D.Selon le Rav Yéhouda Lébovits = "Le fait d'extérioriser par la parole ce qui est à l'intérieur de soi-même est déjà une libération en soi ..."
De même, le roi Salomon a dit = "Lorsque quelqu'un a des soucis, qu'il le raconte aux autres!"
Lorsque nous communiquons à autrui notre infortune, la pression et le poids des soucis s'évacuent, et nous avons enfin le champ libre : nous pouvons respirer, prendre du recul, afin de continuer à vivre pour nous construire et nous élever!

Tout ce qui est gardé à l'intérieur de nous-mêmes produit une sorte d'asservissement cruel de notre propre être!
Nous nous retrouvons comme cloîtrés dans notre souffrance.

Ainsi, la cérémonie du Séder de Péssa'h vient délivrer (par la parole) notre être de tout asservissement intérieur!

D'ailleurs nos Sages ont dit = "Celui qui multiplie les explications au sujet de la sortie d'Egypte est méchouba'h (=digne de louanges!)."
Dans le mot : "méchouba'h" (משובח) , on peut y découvrir l'idée de délivrance intérieure et d'apaisement : "machav roua'h" (=une bouffée d'air - משב רח).

== Raconter la sortie d’Égypte est une véritable oxygénation de l'âme!!

Source (b"h) : compilation d'un dvar torah du rav Ména'hem Berros (dans son Pardess Ména'hem)

La sainteté de la nuit du Séder

++ La sainteté de la nuit du Séder - Péssa'h :

---> Le chla haKadoch = "la sainteté de cette nuit et de toutes ses prescriptions est très grande, car elle correspond au moment où D. nous a choisis parmi tous les autres peuples, et nous a sanctifiés par Ses commandements.
Il incombe donc de ne pas y parler de sujets qui ne relèvent pas de la Torah et des mitsvot.
Il faut aussi en avertir les membres de sa famille, dont chacun devra suivre mot après mot le déroulement du Séder tout en appliquant sa pensée à D.
Notre seule préoccupation doit être l'accomplissement des commandements liés à cette nuit et le récit des miracles en Égypte."

---> Rabbi Akiva Eiger = "Pendant la nuit de Péssa'h, on doit se conduire dans la sainteté et la crainte du Ciel.
Il faut en même temps se réjouir que D. nous a donné l'occasion d'accomplir en cette nuit-là de nombreuses mitsvot."

---> Le 'Hida = "Un juif doit toujours faire en sorte que ses actions soient compatibles avec la hala'ha, tout particulièrement le soir du Séder.
Quoi que l'on fasse, il faut s'efforcer d'agir d'une manière acceptable selon toutes les opinions. Évitons les formes de conduite fondées sur les avis plus indulgents (koulot), surtout pendant la sainte nuit du séder!"

---> Le 'Hida a dit aussi : "Comme elle est belle et plaisante l'habitude de ceux qui craignent D.!
Du kiddouch jusqu'à la fin du Hallel, ils n'émettent pas une parole de 'conversation profane', car la nuit entière est consacrée à la proclamation de l'unité de D., ce qui rend impossible toute interruption!"

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+ Allusion du Gaon de Vilna à ce sujet :

La 1ere des 4 questions est : "ma nichtana alaïla azé" - En quoi cette nuit est-elle différente?

Le mot 'yom' (le jour) est du genre masculin.
Le mot laïla (la nuit) est un féminin.

Le moment de l'accomplissement de presque toutes les mitsvot de la Torah est le jour, de même que les femmes sont d'habitude exemptées des commandements (mitsvot liées au temps), et que seuls les hommes y sont assujettis.
On remarque, que contrairement aux autres jours de l'année, les mitsvot du Séder, s'appliquent à la nuit, et non au jour.

Par ailleurs, dans cette 1ere question, il est écrit "alaïla azé" (---> azé = un masculin), et non "alaïla azot" (---> azot = un féminin).
Il y a dans cette question un passage du féminin (alaïla) au masculin (azé).

Ainsi, la Haggada demande au travers cette 1ere question :
"Quelle différence a cette nuit (mot au féminin) par rapport aux autres nuits, pour être appelée azé (mot au masculin), et qu'on doive y accomplir plus de mitsvot que d'habitude?"

== La nuit du Séder, n'est pas comme les autres nuits qui sont "féminines" et "manquent de mitsvot", mais est, au contraire, investie d'une sainteté spéciale qui la change complétement, de sorte que la Torah l'appelle le "jour".

[ L'injonction de la Torah :
- Chémot 12;18 = "la nuit vous mangerez des matsot".
- Chémot 13;8 = "bayom a'ou" - ce jour-là (les enfants posent des questions et leurs pères y répondent en montrant la matsa et le maror - selon l'injonction de ce verset :"léma'an" - c'est pour cela ].

Source (b"h) : compilation de divré Torah issus du livre "Talélei Orot" du Rav Yissa’har Dov Rubin

"Si nous n'avions été envoyés sur terre que pour exécuter correctement les mitsvot liées à la veille de Péssa'h, cela nous aurait suffi!"

(Le Rav Yérou'ham Lévovitz - machguia'h de la Yéchiva de Mir - 1873-1936)

Hachem a puni les égyptiens non pas pour avoir violé Sa volonté, mais pour le bien de Moché et de Son peuple, Israël.
C'est pour cette raison qu'un verset dit : "Car c'est pour eux que D. fait la guerre à l'Egypte", en mentionnant spécifiquement "pour eux" (lahém - Béchala'h 14,25).
En d'autres termes, D. a combattu au nom de Moché et du peuple juif comme une expression de son amour pour eux plutôt que comme un acte de vengeance contre l'Egypte.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 18,1 ]

Bo – les matsot

++ Bo - les matsot :

+ "Vous garderez les matsot" (ouchmartém ét amatsot - וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת - Paracha Bo 12;17 )

En changeant la ponctuation, on peut lire ce verset : ouchmartém et amitsvot = vous garderez les mitsvot (le mot matsot pouvant être lu mitsvot).
Ainsi, de même, qu'on ne laisse pas lever/fermenter une matsa, on ne diffère pas l'accomplissement d'une mitsva.

Si une mitsva se présente à nous, il convient non seulement de la pratiquer sans délai et ne pas la retarder, mais mieux encore, de se précipiter pour l'accomplir.

On n'accomplit pas une mitsva avec un air de contrariété mais plutôt avec joie et enthousiasme ("Servez D. avec joie" - Téhilim 100;2)

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+ "Le 1er mois, le 14e jour du mois, vous mangerez des matsot (מצת)" (Paracha Bo 12;18)

Dans ce verset, le mot matsot est écrit sans la lettre vav.
Les 3 lettres, constituant ce mot, permettent de former : "Tsédaka tatsil mimavét" (צְדָקָה תַּצִּיל מִמָּוֶת - Michlé 10;2) = le don de la tsédaka sauve de la mort.
Le lien entre 'matsot' et 'tsédaka' fait allusion à la coutume répandue depuis des générations, d'être particulièrement généreux dans le don de la tsédaka à Pessa'h (ex: les paniers de Pessa'h).

Le don de la tsédaka et la consommation de la matsa, préservent tous 2 de la mort.

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+ "Vous ne mangerez d'aucune pâte levée, dans toutes vos demeures vous consommerez des matsot." (Paracha Bo 12;20)

Contrairement aux interdits de la cacherout, où il est admis qu'une quantité inférieure à 1/60e introduite par inadvertance puisse être tolérée, en matière de 'hamets, aucune quantité n'est tolérable.
Il est interdit de manger ou de posséder la moindre quantité de 'hamets, même la plus infime.

Il y eut des périodes où il était très difficile de s'acquérir de la matsa.
On consommait alors une quantité minimale de matsa de 1 ou 2 olives (kazayit) le 1er soir, pour s'acquitter de l'obligation de consommer la matsa, et le reste de la fête, on se nourrissait de fruits, légumes, viandes et poissons.

Cette particularité de l'interdiction du 'hamets, même en quantité infime, correspond à la similitude qu'on peut établir entre le 'hamets et le mauvais penchant.
Si on laisse lever le 'hamets, il est envahissant.
De même, si on laisse s'introduire en nous le mauvais penchant, ce dernier finira par prendre des proportions démesurées et nous envahir.
C'est pour cela que le 'hamets est interdit même en quantité infime et qu'il faut se préserver du mauvais penchant depuis le départ.

On peut noter que les mots חמץ ('hamets) et מצה (matsa), ont pour seule différence que l'un est écrit avec un ה et l'autre avec un ח , signifiant ainsi que le mal peut être déguisé et paraître comme un bien.

En effet, la différence entre ces 2 lettres tient à un tout petit espace vide (hé de matsa), d'où la nécessité d'être vigilant et de prendre toutes les précautions.

Le 'hamets représentant le mal, la lettre 'hét comporte une grande ouverture par le bas, qui constitue une large issue donnant accès au mauvais penchant.
La seule issue ouverte est vers le bas, signe que le yétser ara n'a aucun désir de nous quitter et souhaite nous maintenir plus bas que bas.

Tandis que la lettre hé de matsa comporte 2 issues (en bas et en haut) : nul n'étant infaillible, une fois le mauvais penchant entré par la grande porte du bas, il faut le combattre et s'en débarrasser par l'issue de secours, celle du haut .
Ainsi, le hé est ouvert sur son côté gauche, en haut, pour nous signifier que si on est tombé dans sa avoda Hachem (=fauter), il y a toujours une entrée/possibilité de faire Téchouva.
De plus, dans notre vie, il faut toujours avoir une fenêtre/ouverture vers le haut/ciel, vers D. (gratitude, intégrité/bonne foi avec D., …).

=== La différence entre ces 2 lettres/mots est le fait de boucher cette fenêtre du haut!

A l'image de la matsa qui est faite d'eau (venant du ciel - spirituel) et d'un céréale (venant de la terre - matériel), laissons D. illuminer notre vie quotidienne d'une façon pure, sans aucune interférence/'hamets.

Par ailleurs, on constate que le mot matsa = 135 = valeur numérique du mot קלה (à la légère) = nous mettant en garde de ne pas prendre les commandements à la légère.

Concernant le 'hamets, il est d'autant plus facile de transgresser ce commandement que cette même nourriture est permise toute l'année.
Il faut s'en souvenir et doubler de vigilance pour ne pas la consommer pendant les 8 jours de Pessa'h.

On ne peut pas vaincre son inclinaison naturelle au mal (yétser ara) sans l'aide de D. et sans appliquer le : éloignes-toi du mal et fais le bien!

Le yétser ara est comme une mite, qui bien qu'étant minuscule/invisible à l’œil nu, peut arriver à terme à faire s’effondrer le plus grand/solide des immeubles (en mangeant incognito miette par miette les fondations!).

Souvent, on a tendance à relativiser une attaque du yétser ara : il n'y a pas de dégât apparent, alors pourquoi s'inquiéter!
Mais en regardant de plus près, chaque attaque conduit à accentuer une petite fissure/faille qui avec le temps va s'accentuer, pour finir par nous faire tomber.

Source: compilation & adaptation de commentaires issu du livre "Guévourot aTorah" de Gabriel Cohen (+ reprise d'une idée émise par le rav Ron Chaya)

Les initiales des 10 plaies [par le Abir Yaakov]

+ Les initiales des 10 plaies [par le Abir Yaakov (Yaakov Abeh'ssera)] :

Rabbi Yéhouda dans la Haggada de Péssa'h : "les 10 plaies peuvent se résumer dans l’abréviation : דצ'ך עד'ש באח'ב (détsa'h adach béa'hav)."

Le Abir Yaakov donne différentes explications dont :

- la valeur numérique de ces lettres = 501 (+1 du mot) = 502 = le total des années de vie des patriarches (Avraham= 175 ans + Its'hak=180 ans + Yaakov= 147 ans) ;

C'est grâce au mérite des 3 patriarches que le peuple d'Israël fut délivré.

Le Zohar rapporte que les Égyptiens avaient "noué des nœuds" (pratique de sorcellerie courante à l'époque de l’Égypte antique) pour empêcher la libération des Hébreux.

Chaque patriarche en dénoua un, d'où l'allusion de Rabbi Yéhouda,et le fait que l’abréviation comporte 3 parties.

 

- la valeur de ces lettres = 501 = amal'hout (המלכות) = la Royauté = la présence divine (ché'hina) de laquelle émanèrent les 10 plaies.

Le mot amal'hout peut se décomposer : לה מכות = "pour elle, des coups" = c'est la présence divine qui s'est vengée des "écorces" d'impureté et de l’Égypte.

[501 = la guématria du "acher" (que), comme dans le verset (Chémot 3;20) : "tous les prodiges que (acher) en son sein".  Cela insiste bien sur la provenance divine des plaies

 

- les initiales des 3 groupes forment le mot : עבד = esclave ;

Les dernières lettres forment le mot : כשב = agneau

Ainsi, le peuple d'Israël, "esclave", se libère de l'idolâtrie (l’Égypte) pour se blottir à l'ombre du D. unique, grâce à l'agneau.

 

Source (b"h) : le livre "Pitou’hé ‘Hotam" du Abir Yaakov (Rabbi Yaakov Abéhssera)

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-> Rabbi Yéhouda a établi un moyen mnémotechnique pour se souvenir des 10 plaies : דצ'ך עד'ש באח'ב (détsa'h adach béa'hav).
Il s'agit des 3 légumes différents qui étaient bien connus à cette époque, et ainsi les gens pouvaient se rappeler ces 3 noms et par la même occasion se rappeler des 10 plaies.
[Haggadat Ben Ich 'Haï]

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-> Rabbi Yéhouda voulait enseigner un moyen par lequel on pouvait se rappeler du nombre total de plaies que les égyptiens ont reçu à la mer Rouge selon les 3 opinions (50,200, et 250 = 500).
C'est pourquoi, il utilisa cette forme abrégée des plaies comme rappel, car la guématria de דצ'ך עד'ש באח'ב ensemble est de 500. [en y ajoutant 1 pour le kollel]
[Rokéa'h]