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"Ce fut, quand le roi vit (kir'ot) Esther la reine qui se tenait dans la cour, elle éveilla (nass'a) la grâce à ses yeux ; le roi tendit à Esther le sceptre d'or qui était dans sa main." (Méguilat Esther 5;2)
+ Guémara Méguila 15b = "Rabbi Yo'hanan a enseigné : "3 anges sont venus à la rescousse d'Esther à ce moment-là :
- un pour rehausser son cou ;
- un 2e pour déployer sur elle un fil de grâce [divine] ;
- et le 3e pour tendre le sceptre [d'or que tenait A'hachvéroch]"
Le Gaon de Vilna = il est fait allusion à ce miracle dans le verset même :- il est écrit "kir'ot (littéralement : "quand, voyant"), plutôt que "kaachèr raa hamélé'h" (quand le roi vit), montrant que cette vision fut miraculeuse.
En effet, après que l'ange eut relevé le cou d'Esther, on ne pouvait pas ne pas la voir.
Selon, le Imré Chéfer = cela renvoie au mérite de Yts'hak, qui tendit son cou sur l'autel pour être offert en sacrifice.- il est écrit ensuite "nass'a 'hen" (littéralement : "porta grâce"), et non "matsa 'hen" (trouva grâce), car elle "portait" la grâce sur elle, après que l'ange "eut déployé sur elle un fil de grâce divine".
Selon, le Imré Chéfer = cela renvoie au mérite d'Avraham, qui avait comme trait dominant le 'hesséd (or, il est dit à propos d'Esther : "un fil de 'hesséd (grâce) fut déployé sur elle").

- les 2 derniers mots de l'expression : "il tendit [...] le sceptre d'or achèr béyado (littéralement : qui [est] dans sa main), sont en apparence superflus (s'il tendit le sceptre, c'est qu'il était dans sa main!).
Nos sages les interprètent comme signifiant que le sceptre était petit et se trouvait dans sa main, et que vint alors un ange pour l'étirer.
Selon, le Imré Chéfer = en souvenir de Yaakov, sur lequel il est écrit : "car avec mon bâton, j'ai traversé ce Yardèn" (Béréchit 32;12).

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+ Suite de la Guémara Méguila 15b = "... pour tendre le sceptre [d'or que tenait A'hachvéroch].
Et de combien l'a-t-il tendu [et allongé]?
Selon Rabbi Yirmeya, il l'a déployé sur 12 coudées ; selon certains, sur 16, selon d'autres, sur 24.
Dans un autre enseignement, il est question de 60 coudées, et c'est ce que l'on trouve au sujet du bras de la fille de Pharaon (cf.Chémot 2;5). "

Selon le Maharcha :
- longueur de 12 coudées (soit environ 6 mètres) = le mot vayochèt (il tendit) est exactement le 12e de ce verset ;
- longueur de 16 coudées = le verset comprend 16 termes jusqu'à "charvit aza'av" (le sceptre d'or) ;
- longueur de 24 coudées = nombre total de mots contenus dans ce verset ;
- longueur de 60 coudées (soit environ 30 mètres) = le verset comprend 60 lettres jusqu'à "charvit aza'av" (le sceptre d'or).

Il est intéressant de noter que la guémara corrobore l'opinion selon laquelle le sceptre a atteint la longueur de 60 coudées, en rapportant : "c'est d'ailleurs, ce que l'on trouve au sujet du bras de la fille de Pharaon [Bit'ya] ..."
Cet avis trouve également appui sur le fait que le verset relatant le sauvetage de Moché par Bit'ya (Chémot 2;4-5) comprend 60 lettres depuis : "La fille de Pharaon descendit se laver ..." jusqu'à "elle envoya (vayichla'h)" sa servante.

Source (b"h) : dvar Torah du Rav Yissa’har Dov Rubin (dans son livre : "Talélei Orot")
"et son nom [était] Mordé'haï" (Méguilat Esther 2;5)
Selon la guémara Ména'hot 65a, le vrai nom de Mordé'haï était Péta'hia (פתחיה).
Il y a un midrach disant que le rapport entre ces 2 noms peut se comprendre au travers du verset : "Humbles auront été tes débuts, mais combien brillant sera ton avenir!" (Iyov 8;7)

Comment relier ce verset avec les 2 noms?

*** "Humbles auront été tes débuts... ..." ***
La 1ere lettre du nom Péta'hia (פתחיה) est pé (פ), de valeur numérique 80.
En divisant par 2 ce nombre, on arrive à 40, valeur correspondant à la lettre mém (מ).
La 2e lettre est tav (ת), valant 400, et dont la moitié vaut 200, soit la lettre réch (ר).
La 3e lettre est un 'hét (ח), valant 8, et dont la moitié vaut 4, soit la lettre dalét (ד).

*** "... mais combien brillant sera ton avenir" ***
La 4e lettre est un youd (י) = ayant une valeur de 10, qui en la doublant vaut 20, et correspond alors à la lettre kaf (כ).
La 5e et dernière lettre est un hé (ה) = valeur de 5, et en la doublant vaut 10, soit la valeur de la lettre youd (י).

Ainsi, lorsque le début (les 3 premières lettres du mom Péta'hia) se font humbles (sont divisées par 2), et qu'à la fin (les 2 dernières lettres du mom), elles se font brillantes (multipliées par 2) : on a alors une équivalence entre les 2 noms (Mordé'haï et Péta'hia).

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

 "Ainsi est-il fait à l'homme que le roi désire honorer!" (Méguilat Esther 6;11)


Rav Yé'hezqel Abramsky demanda un jour à sa femme :
"Reizel, as-tu une idée de ce que Mordé'haï a bien pu penser alors qu'il était assis sur le cheval, pendant que Haman le promenait dans les rues de la ville en criant : "Ainsi est-il fait à l'homme que le roi désire honorer!" ?

Le Rav répondit == Il a pensé que tout l'honneur que lui faisaient ces ivrognes n'en était absolument pas, et a espéré que cette comédie se termine au plus vite afin de pouvoir retourner à son étude ..."

 

Source (b"h) : dvar Torah du Rav Yissa’har Dov Rubin (dans son livre : "Talélei Orot")

Amalek – Moquerie & lachon ara

+ Amalek - Moquerie & lachon ara :

-> La guémara (Méguila 13b) nous dit que personne ne savait dire lachon ara aussi bien qu'Haman.
Le rav Tsadok (Pri Tsadik - parachat Za'hor 8) ajoute que la principale malveillance d'Haman ne consistait pas à nous calomnier auprès d'A'hachvéroch, mais dans sa capacité diabolique à cibler nos faiblesses et à les présenter à la Cour céleste.
Ainsi, ses plaintes concernant notre manque d'unité et notre lassitude dans l'accomplissement des mitsvot étaient dirigées vers Hachem, et non vers un simple despote mortel.

Pourtant, cette attaque verbale n'a pas commencé avec le racha de la Méguilahlui-même.
Le rav Its'hak 'Haver (cité dans Yémé HaPourim - p.514) explique que le pouvoir de lachon ara d'Haman provient du fait qu'Amalek était un moqueur (voir Michlei 19,25 et Chémot rabah 27,5).
Un moqueur dira du mal de quelqu'un simplement parce qu'il le déteste ou ne l'aime pas, essayant de créer une nouvelle réalité en diffamant cette personne.
L'une des raisons pour lesquelles le 'Hafets 'Haïm a consacré tant d'efforts à l'éradication du lachon ara était peut-être que cette faute représente une partie de l'héritage maléfique d'Amalek, qui doit être vaincu avant que le machia'h puisse arriver.

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-> Le roi Shlomo enseigne : "Frappe le moqueur" (léts také - Michlé 19,25), et nos Sages (Chémot raba 27,5) explique que le moqueur fait ici référence à Amalek.
Quelle est exactement la nature de sa moquerie (létsanout)?

Le rav Hutner (Pa'had Its'hak 1,4) explique que parmi d'autres maux, le moqueur prive une personne ou un sujet de son importance. Même quelqu'un qui agit correctement peut être détruit par le dénigrement de son caractère, de son cheminement ou de ses aspirations. La moquerie n'est pas drôle, c'est mortel.
L'une des méthodologies de "mesure pour mesure" avec lesquelles nous combattons Amalek consiste à lui voler la vedette et à transformer sa moquerie en un rire authentique (saint) de Pourim (voir Pa'had Its'hak - Pourim 9).

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhmah Ou'Moussar 3,34), analysant les paroles de Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3:174-177), arrive à une conclusion étonnante. Il note que nos Sages (Sota 42a) enseigne que "l'assemblée des moqueurs ne méritera jamais d'accueillir la Chékhina".
Rabbi Lévovitz se demande pourquoi cette punition extrême. La réponse qu'il donne est que "le moqueur est l'antithèse de la Création elle-même".
Comme il l'explique, le but même de la création du monde est que nous prenions conscience, que nous accordions le respect et l'attention dus à ce qui est important. Une personne qui ne prête pas attention aux détails du monde qui l'entoure est considérée comme ne faisant même pas partie du monde.

-> Pour Amalek tout n'est que coïncidence et hasard (voir Ohr Guédalyahou - Pourim 86-88). Par conséquent, sachant qu' "une seule moquerie peut détruire 100 châtiments" (Chlah HaKadoch - Yoma 44a), nous devons nous prémunir contre les ravages de la moquerie et en éliminer toute trace de notre système.

"Et 'Harvona aussi, soit rappelé pour le bien" (végam 'Harvona za'hour létov - chant Shoushant Yaakov)

=> Pourquoi utilisons-nous l'expression particulière selon laquelle 'Harvona doit être "rappelé pour le bien"?

-> Nos Sages utilisent l'expression "za'hour létov" il doit être rappelé pour le bien, lorsqu'ils font référence à une autre personne : Eliyahou HaNavi (voir Béra'hot 3a).
Or, le midrach (Yalkout Shimoni 1059) affirme que 'Harvona était Eliyahou HaNavi déguisé. Il est donc approprié de désigner 'Harvona par "za'hout létov", le même terme utilisé pour désigner Eliyahou HaNavi.

Pourim = anéantir Amalek

+ Pourim = anéantir Amalek :

-> Le commandement de détruire la mémoire d'Amalek n'est pas une mitsva qui nous concerne au quotidien ; c'est une mitsva qui ne peut être accomplie que lorsque nous avons un roi juif qui déclare la guerre à la nation d'Amalek. Pourquoi la Torah nous demande-t-elle de nous souvenir d'Amalek chaque jour?

La réponse se trouve dans la description faite par la guémara d'une rencontre entre Mordé'haï et Haman.
La guémara (Méguila 16a) rapporte que lorsque Haman vint trouver Mordé'haï, à la demande d'A'hachvéroch, pour l'habiller de vêtements royaux, Haman trouva Mordé'haï en train d'enseigner à ses élèves.
Haman demanda à Mordé'haï ce qu'il enseignait. Il répondit : "J'enseigne les lois de la kémitsa. Lorsque le Temple existait, une personne apportait une mesure de farine en offrande min'ha. Les Cohanim pliaient les trois doigts du milieu sur leur paume, prélevaient de la farine et la brûlaient sur l'autel ; cette cuillerée de farine, appelée kémitsa, expiait la personne qui apportait l'offrande."
Haman répondit : "Tes trois doigts de farine ont surpassé les 10 000 talents d'argent que j'étais prêt à payer à A'hachvéroch pour faire exterminer ton peuple."

À travers cet échange, nos Sages nous ont enseigné comment Mordé'haï a réussi à vaincre Haman : comme l'a dit Haman, ce sont les trois doigts de farine qui ont surpassé l'argent d'Haman.
Autrement dit, c'est l'étude de la Torah par Mordé'haï, l'enseignement des lois de la kémitsa, qui a vaincu le complot d'Haman. L'étude de la Torah était l'arme utilisée par Mordé'haï, l'arme que les juifs doivent utiliser, dans la bataille contre Amalek.
Bien sûr, la lutte contre Amalek comporte également une composante physique, l'obligation de détruire le peuple d'Amalek, mais cette composante ne s'applique qu'à des moments précis : lorsqu'un roi juif déclare la guerre à Amalek. Cependant, l'élément principal de la lutte contre Amalek est peut-être l'aspect spirituel ; cet aspect de la bataille s'applique à tout moment, et c'est ce que nous sommes tenus de nous rappeler chaque jour.

Quel est cet aspect spirituel?
Amalek était la nation qui a attaqué les juifs lorsqu'ils ont quitté l'Égypte, sans provocation, simplement pour montrer qu'il était possible d'attaquer la nation de Hachem.
Amalek représente donc la lutte contre Hachem. Notre moyen de lutter contre cela est de renforcer notre service de Hachem et notre confiance en Hachem. Cela affaiblit la force spirituelle négative qu'Amalek représente dans le monde.

En vérité, sans réussir dans cette lutte spirituelle, nous ne pouvons même pas réussir dans la guerre physique contre Amalek. Ainsi, lorsque Yéhochoua a mené le peuple juif dans sa première bataille contre Amalek, Moché s'est assis au-dessus d'eux, les mains levées vers le ciel. Tant que les mains de Moché étaient levées, les juifs remportaient la victoire contre Amalek (Chémot 17,11).
La michna (Roch Hachana 3,8) explique ce phénomène : les mains de Moché peuvent-elles faire ou défaire [leur succès dans] la bataille? Au contraire, [les mains de Moché ont inspiré les juifs à lever les yeux vers le ciel]. Lorsque les juifs levaient les yeux vers le ciel, ils humiliaient leur cœur devant leur Père céleste et ils remportaient la victoire.
Cette Michna enseigne que les juifs ne pouvaient pas remporter la bataille physique contre Amalek s'ils ne remportaient pas également la bataille spirituelle.

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-> La Mékhilta qui indique que les mots "ét zé'her", le souvenir [d'Amalek] (Béchala'h 17,14) font référence à Haman. Haman fut pendu avec ses 10 fils ; sa femme et les femmes de ses fils furent toutefois épargnées.
(les épouses ont été épargnées parce qu'elles appartenaient à des nations autres qu'Amalek ; voir Targoum Esther 5,10.)
Ainsi, seuls les hommes de la famille d'Haman ont été tués.

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-> La Méguila indique que lorsque les juifs ont combattu leurs ennemis "ils ont traité leurs ennemis comme bon leur semblait" (Esther 9,5).Le Gaon de Vilna explique ce verset comme suit : les mots "comme bon leur semblait" (kirtsonam) signifient "de la manière dont les ennemis avaient voulu traiter les juifs".
Autrement dit, les juifs ont traité leurs ennemis amalécites comme ceux-ci avaient prévu de les traiter ; puisque les Amalécites avaient prévu de tuer les juifs de la manière la plus douloureuse possible, les juifs ont tué leurs ennemis de manière douloureuse.
De même, le midrach (Eikha raba 3 ot tav) raconte que lorsque le prophète Shmouel a tué Agag, le roi d'Amalek (l'ancêtre d'Haman), Shmouel l'a tué de manière douloureuse. Lorsque Agag demanda : "Est-ce ainsi que l'on met à mort un noble (personne haut placée)?", Shmouel répondit : "Tout comme ton épée a rendu les femmes stériles, ta mère sera stérile" (I Shmouel 15,33). [Tu as tué des Juifs avec cruauté ; tu es donc mis à mort avec cruauté.]

Pourquoi les juifs ont-ils traité les Amalécites avec cruauté?
La Torah stipule que nous devons effacer le souvenir d'Amalek ; cependant, nous ne sommes pas tenus de le faire avec cruauté. De plus, nos Sages enseigne que nous avons spécifiquement pour commandement de ne pas traiter nos ennemis avec cruauté pendant la guerre (voir Eikhah raba, Pessikhta 14).
Quelle peut être la raison pour laquelle il faut tuer les Amalécites avec cruauté?

Le rav 'Haïm Kanievsky explique comme suit. La Torah nous ordonne d'effacer la mémoire d'Amalek, ce qui ne s'applique à aucune autre nation ayant attaqué le peuple juif. La raison de ce commandement est qu'Amalek a attaqué le peuple juif sans raison, simplement pour tenter de montrer que Hachem, le D. des juifs, n'est pas tout-puissant, à D. ne plaise.
Comme l'expliquent nos Sages : les juifs venaient de quitter l'Égypte après que Hachem eut frappé les Égyptiens de fléaux dévastateurs, tous clairement l'œuvre du Ciel. Toutes les nations étaient trop effrayées pour attaquer les Juifs. Amalek décida d'attaquer les juifs, simplement pour montrer que c'était possible.
Nos Sages (midrash Tan'houma - Ki Tétsé 9) donnent l'analogie d'un bain bouillant. Quiconque voit l'eau bouillante sait qu'il ne doit pas entrer dans le bain, car il se brûlerait. Une personne décide de sauter dans le bain ; bien qu'elle se brûle, elle refroidit l'eau et montre qu'il est possible d'entrer dans le bain.
De même, Amalek voulait montrer que même si les juifs semblaient invulnérables, ils pouvaient en fait être attaqués.

Et bien qu'Amalek ait été vaincu par Yéhochoua et l'armée des juifs, Amalek a montré que les juifs pouvaient être attaqués ; il croyait avoir réussi à montrer que Hachem n'est pas, à D. ne plaise, tout-puissant (voir Ramban - Chémot 17,16).

Pour contrer ce qu'Amalek a fait, il nous est commandé de combattre Amalek d'une manière qui montre clairement la puissance de Hachem. Il nous est commandé de faire à Amalek ce qu'ils avaient l'intention de nous faire, avec la cruauté que cela implique, pour montrer que Hachem est conscient de toutes leurs intentions.
Cette idée se reflète dans le commandement original de la Torah de combattre Amalek. Lorsque Amalek attaqua le campement juif à Réfidim (Chémot chap.17), Yéhochoua reçut l'ordre de les combattre. Bien qu'Hachem aurait pu permettre à Yéhochoua d'anéantir complètement Amalek, Il ne le fit pas.
Au contraire, Yéhochoua les vainquit mais ne les anéantit pas. Hachem ordonna alors à Moché d'instruire les juifs d'éradiquer Amalek à une date ultérieure.
Pourquoi Hashem n'a-t-il pas éradiqué Amalek sur-le-champ?

Si Yéhochoua avait anéanti Amalek, cela aurait semblé être un acte de vengeance pour l'attaque d'Amalek. Hachem voulait enseigner une leçon plus importante : laisser certains Amalekites en vie, et après plusieurs générations, les juifs les éradiqueraient, sans raison apparente.
Quiconque y réfléchissait comprenait que l'extermination venait de Hachem, "mesure pour mesure" pour l'attaque initiale d'Amalek contre les juifs ; ainsi, l'anéantissement d'Amalek montrerait exactement ce qu'ils avaient voulu réfuter : il montrerait la puissance de Hachem.

Le roi Shaul a commis une erreur à cet égard. Lorsque Shmouel a ordonné à Shaul d'attaquer la nation d'Amalek, le verset indique qu'il a combattu dans la vallée (I Shmouel 15,5).
Le Malbim explique que Shaul pensait qu'il était inapproprié d'attaquer Amalek sans raison. Il a donc déclenché un conflit territorial au sujet d'une vallée située dans la partie d'Amalek, ce qui a provoqué une bataille. Saül eut alors pitié du bétail d'Amalek et l'épargna, contrairement aux ordres de Samuel.

L'erreur de Saül fut de ne pas comprendre que Hachem voulait spécifiquement que le peuple juif attaque Amalek sans excuse et n'ait aucune pitié pour aucune partie de la nation d'Amalek, y compris ses possessions. Ce n'est que de cette manière qu'Amalek serait puni à la mesure de ses actes, en étant attaqué de la même manière qu'il avait attaqué les Juifs.

En réalité, le plan d'Hachem visant à détruire Amalek ne s'est pas non plus accompli à l'époque de Pourim. Comme tout le monde pensait que les juifs tuaient les Amalécites pour se venger du décret d'Haman, l'objectif ultime de la destruction d'Amalek, les anéantir sans raison apparente, n'a pas été atteint.
Par conséquent, Amalek a survécu ; il ne sera pas complètement vaincu avant l'arrivée du machia'h, lorsqu'il sera éradiqué d'une manière qui indiquera clairement qu'il s'agit de la vengeance de Hachem.

+ Dans la michna ouvrant la guémara Méguila, il est écrit : "la Méguila est lue le 11, 12, 13, 14 ou 15 du mois d'Adar, pas avant et pas après."

Quelle est la signification de ces 5 jours?

Si on fait l'addition des jours où la Méguila peut être lue (11+12+13+14+15), on arrive à 65, qui correspond à la valeur numérique du nom de D. : Ado-naï (à dire : "ado et puis naï" - 'אדנ).

Ce nom de D. accentue le fait qu'Il est le Maître suprême et incontesté du monde, ce qui est l'essence de l'histoire de Pourim racontée dans la Méguilat Esther.

 

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

+ "Pour envoyer des présents chacun à son prochain et des dons aux pauvres" (9;22)

Le Rambam dans Hil'hot Méguila (2;17) écrit : "il est mieux d'augmenter les cadeaux aux pauvres que d'envoyer des présents à autrui."

Pourquoi alors dans ce verset de la Méguila, le fait d'envoyer un présent à son prochain est mentionné avant les cadeaux aux pauvres?

Lorsque l'on donne de la charité à un pauvre, il est important de faire très attention à ne pas embarrasser celui qui la reçoit (cf.Rambam Matanot Aniyim 10).

Lorsque Mordéh'aï a institué Pourim, comme un jour pour donner des cadeaux aux pauvres, il avait peur que ce jour soit identifié à la journée des pauvres recevant l'aumône.
Ainsi, il a aussi institué l'échange de présents entre amis afin qu'un observateur extérieur ne puisse pas faire la différence entre un don à un pauvre et un don à un ami.

Le fait que le don à ses amis précède le don aux pauvres, vient dissimuler, faire diversion sur l'aspect charitable de cette journée, et rend tout son honneur et sa dignité aux pauvres.

 

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

Le saviez-vous? – Méguilat Esther

+++ Le saviez-vous? - Méguilat Esther :

+ 1°/ L'âge d'Esther lors de son accession au trône est de ... 75 ans!

"Avraham était âgé de 75 ans à sa sortie de 'Haran" (Béréchit 12;4)
Le Midrach = "D. dit à Avraham : "Toi, tu avais 75 ans lorsque tu as quitté la maison de ton père. Par ta vie! Je susciterai dans ta descendance un sauveur qui sera âgé lui aussi de 75 ans, selon la valeur du nom Hadassa (הדסה = valeur de 75, en comptant +1 pour le nom global)".

Rabbi Chaoul d'Amsterdam (le Binyan Ariel) nous démontre concrètement la logique de cet âge.
Esther fait partie des 7 prophétesses du peuple d'Israël (guémara Méguila 15a).
L'esprit prophétique ne règne pas en dehors de la terre d'Israël.
La guémara Moéd katan 25a, nous explique que le prophète Yé'hézkel a continué à avoir l'esprit prophétique en dehors d'Israël, du fait que cet esprit régnait déjà sur lui lorsqu'il était en Israël.
De même, Esther était déjà dotée de l'esprit prophétique lorsqu'elle était en Israël, avant d'être exilée dans le royaume de perse.

Le texte affirme au sujet de Mordé'haï qu'il "avait été exilé de Jérusalem avec l'exil qui avait exilé Yéhoyakim, roi de Yéhouda."
La guémara (Méguila 11b) précise que lors de la 3e année du règne d'A'hachvéroch, les 70 ans d'exil étaient arrivés à leur terme.
Esther fut conduite au palais royal dans la 7e année du règne d'A'hachvéroch (Méguilat Esther 2;16).

Calcul = 70 (exil jusqu'à la 3e année de règne) + 4 ans (7-3 = entre la 7e et 3e année de règne) = 74 ans + l'année lors de sa naissance en Israël.

Étant née quand elle est partie en exil avec Mordé'haï, on arrive ainsi à 75 ans!!

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+ 2°/ Vasti s'est mariée à 12 ans et demi avec A'hachvéroch et a été tuée à 20 ans ...

Nos Sages affirment (Midrach Yalkout Chimoni 1049) : "lorsque son père, le roi Balthazar, fut assassiné, [Vasti] était une néara et épousa A'hachvéroch".
Or, le Talmud affirme que "le terme de néara désigne une jeune fille n'ayant pas plus de 12 ans et demi."

La guémara (Méguila 11a) nous apprend que 7 années s'étaient écoulées entre la mort de Balthazar et le début de la 3e année du règne d'A'hachvéroch.

Ainsi, l'âge de Vasti lors de sa mise à mort = 12 ans et 6 mois (âge lors de son mariage) + 7 ans (jusqu'à la 3e année de règne d'A'hachvéroch) + 6 mois (les 180 jours de festin débutant au début de la 3e année de règne) = 20 ans.

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+3°/ Mordé'haï a allaité Esther lorsqu'elle était bébé ...

Le midrach (Béréchit Rabba 30;8) nous apprend que : quand Hadassa (=Esther) était encore un bébé, afin de lui procurer du lait, Mordé'haï se mit en quête d'une nourrice pour elle, mais il n'en trouva pas, et c'est lui, alors qui la nourrit.

Rabbi Bérakhya et Rav Abahou enseignent au nom de Rabbi El'azar : Il eut du lait, et l'allaita.
Quand Rav Abahou livra cet enseignement en public, il provoqua l'hilarité de ses auditeurs, auquel il déclara alors : "N'est-ce pas en accord avec l'enseignement de la Michna (Makhchirin 6;7) : "Rabbi Chim'on ben El'azar affirme : Le lait issu du mâle est pur." "

Le Rokéa'h fait remarquer que le mot dodo (דדו) = son oncle ("vayéhi omen ét Hadassa, hi Esther bat dodo" = Il [Mordé'haï] avait élevé Hadassa, qui est Esther, la fille de son oncle - Méguilat Esther 2;7), est écrit sans le vav, et peut être lu : dado = son sein.

Cela sous-entend que les "seins" de Mordé'haï se sont ouverts et ont miraculeusement produit du lait, ce "parce qu'elle n'avait ni père, ni mère" (=la suite du verset 2;7).

 

Source (b"h) : compilation de dvar Torah du Rav Yissa’har Dov Rubin (dans son livre : "Talélei Orot")

+ "Le roi s'irrita grandement (méod), et sa colère brûla en lui." (Méguilat Esther 1;12)

Le Mélits Yochèr commente que parfois, l'homme se met à penser que s'il disposait des moyens requis à cet effet, il pourrait exploiter à fond tous les plaisirs de ce monde.
Cette pensée est totalement fausse!

Comme nous le voyons, le roi A'hachvéroch possédait des trésors inestimables, il était beaucoup plus riche que tous les autres rois, et son pouvoir s'étendait sur un nombre d'états absolument prodigieux.
A 1ere vue, personne au monde avait de quoi jouir plus que lui!

Mais, à partir du moment où, du ciel, il a été décidé qu'il ne tirerait plus de plaisir, toute sa jouissance s'est transformée en tristesse et en amertume.

Ainsi, l'homme ne peut jouir plus que ce qui, du Ciel, lui a été accordé de jouir.

Comme l'a exprimé le roi Salomon dans Kohélet (2;26) : "A l'homme qui est bon devant Lui, Il a donné de la sagesse, du savoir et de la joie.
Mais au pécheur, Il a donné [pour charge] de recueillir et d'entasser ..."

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+ "Haman sortit ce jour-là joyeux et le cœur content" (Méguilat Esther 5;9)

Le Malbim pose la question : Est-ce seulement "ce jour-là" qu'il est sorti "joyeux"?

Et bien oui!
En dépit de tous les pouvoirs et de la fortune qu'il avait acquis, il n'avait jamais été heureux jusque-là!

C'est la manière d'être des impies, que toutes les richesses du monde ne parviennent pas à contenter, constamment insatisfaits de ce qu'ils possèdent et continuellement en quête de "plus".

Mais "ce jour-là", il atteignit le summum de la gloire et de la réussite, ayant été invité à manger en compagnie du roi et de la reine, laquelle exprima pour seule volonté de le convier une nouvelle fois avec le souverain!
N'avait-il pas toutes les raisons d'être "joyeux et le cœur content"!

Mais même cette joie ne s'est pas maintenue longtemps, car : "quand Haman vit Mordé'haï à la porte du roi qui ne se levait ni ne bougeait, Haman s'emplit de colère contre Mordé'haï" = tout son bonheur s'évanouit d'un coup ...

 

Source (b"h) : dvar Torah issu du livre "Talélei Orot" du Rav Yissa’har Dov Rubin