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"Car la chose est très proche de toi : dans ta bouche et dans ton cœur pour l’accomplir" (Nitsavim 30,14)

-> La bouche (פה) et le cœur (לב), lorsqu'ils sont écrits pleinement (פ"ה ה"י et למ"ד בי"ת soit 586), ils ont la même guématria que le mot Shofar (שופר), soit 586.

C'est une allusion à la puissance de la téchouva que contient le Shofar.
Nous devons faire téchouva à la fois avec nos lèvres (bouche) et à la fois avec notre cœur.
La partie essentielle de la téchouva est celle provenant de notre cœur.

[Ben Ich 'Haï]

Chaque faute que nous faisons nous ajoute une couche d'impureté, une barrière de séparation plus épaisse avec notre essence interne (âme), ce qui nous rend alors plus éloignés de Hachem.

La Téchouva est le retour d'un juif à son essence (ce qu'il est vraiment), et à casser ces barrières qui le séparent d'Hachem.
Ainsi, Hachem ne quitte pas un juif lorsqu'il faute, mais c'est plutôt le juif qui perd contact avec Hachem, qui réside toujours en lui dans l'essence de son âme.

[Maharcha - Dracha léShabbath Shouva]

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-> D'une façon similaire, le 'Hida (guémara Kidouchin 59a) enseigne :
Lorsque nous réalisons une faute (avéra), cela va créer des barrières de fer entre nous et Hachem.
Lorsque nous faisons téchouva, nous démolissons ces barrières.

Le Guéhinam qu'on éprouvera dans le monde à venir pour nos fautes est le très douloureux embarras de faire face à la Vérité des erreurs de notre vie.

La guémara (Béra'hot 12) enseigne : "Celui qui commet une faute et qui en est embarrassé, est pardonné". Le profond sentiment de honte est en soi une forme de Guéhinam.

[rabbi Tsadok haCohen de Lublin]

"C’est seulement par la téchouva que le peuple juif sera délivré.
La Torah a déjà promis que les juifs se repentiront à la fin de leur Exil, et seront immédiatement délivré."

[Rambam - Hilkhot Téchouva 7,5]

[b'h, que nous puissions tous faire une belle téchouva dans la joie, alors que tout va bien ; plutôt que d'en être forcés/contraints par de difficiles événements]

+ "D. ne délaisse pas à tout jamais" (Eikha 3,31)

-> Hachem ne rejette pas le fauteur à tout jamais [quelque soit sa faute], mais attend patiemment qu'il revienne à Lui.
[Alchikh haKadoch]

[pourquoi désespérer spirituellement de nous-même, alors que Hachem garde toujours espoir, et attend avec impatience que nous revenions vers Lui!]

Selon rav Yéhouda bar Idi qui cite rabbi Yo'hanan, la Présence Divine s'est déplacée à 10 reprises (à l'époque du 1er Temple) ...

Voici, selon la tradition, les 10 déplacements de la Présence Divine : du propitiatoire (kaporét) au chérubin (kérouv), du chérubin au seuil du Temple, du seuil à la cour ('hatser) du Temple, de la cour à l'autel (mizbéa'h), de l'autel au toit du tabernacle (hékhal), du toit au mur d'enceinte du parvis ('azara) du Temple, du mur d'enceinte à la ville (de Jérusalem), de la ville vers le mont des Oliviers, du mont des Oliviers au désert.
Du désert, la Présence Divine remonta vers Sa résidence (dans les cieux), selon le verset : "Je m'en irai et Je reviendrai dans Ma résidence" (Ochéa 5,15) ...

Rabbi Yo'hanan dit : La Présence Divine attendit 6 mois dans le désert qu'Israël se repente, mais Israël ne se repentit pas.
Hachem dit alors : "Que leur âme expire!"

[guémara Roch Hachana 31a]

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-> Après qu'Israël ait fauté et jusqu'à la destruction du 1er Temple, la Présence Divine s'est retirée peu à peu et non pas brusquement en une seule fois.
Hachem espérait, à chaque étape de la Présence Divine, que le peuple d'Israël fasse téchouva afin d'arrêter le processus d'exil de la Présence Divine (ché'hina).
[Rachi]

[d'après le Sifté 'Hakhamim, de la même façon que la Présence Divine s'est éloignée du Temple où elle résidait initialement en 10 étapes, de même le Grand Sanhédrin (le Tribunal de 71 sages) s'est exilé et s'est éloigné progressivement du Temple, d'où il siégeait initialement en 10 étapes.

D'après le Ben Ich 'Haï, c'est parce que ce monde-ci a été créé par 10 Paroles, donc en 10 étapes, qu'Hachem a retiré progressivement Sa Présence Divine de ce monde en 10 étapes.]

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=> A quoi correspond cette période d'attente de 6 mois?

-> Le Maharcha explique :
Les 6 mois d'attente de la Présence Divine dans le désert, dans l'espoir d'une téchouva d'Israël, ont eu lieu durant les 6 mois du siège de Jérusalem par le roi de Bavél Névoukhanétsar et ses troupes.
D'après le chapitre 52 du prophète Yirmiyahou, ces 6 mois ont commencé le 10 tévét (début du siège de Jérusalem) et se sont terminés le 9 tamouz (1ere brèches dans les murailles).

En conséquence du non repentir des enfants d'Israël, la Présence Divine est remontée au Ciel le 9 tamouz, et c'est pourquoi depuis ce jour, nous ne pouvions plus offrir l'offrande quotidienne (korban tamid).

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
"Le Sage a les yeux et le sot marche dans les ténèbres" (Kohélet 2,14)
La durée de 6 mois peut être justifiée par le fait que cette période dure environ 180 jours, qui fait allusion à la valeur numérique du mot : "énaïm" (les yeux - עינים), de guématria : 180.
Ainsi, la durée de 6 mois leur a été accordée afin que leurs yeux se dessillent et qu'ils se repentent.

[par amour infini, pour ainsi dire, Hachem avait les yeux constamment tournés vers nous, scrutant et espérant la moindre miette de téchouva pour pouvoir revenir étreindre Son peuple chéri!
Rempli de patience, Papa Hachem était comme nous suppliant : "s'il vous plaît, mes enfants adorés, ne M'obligez pas à m'éloigner de vous! J'ai tellement envie d'être au plus proche de vous, vous comblant des meilleures bénédictions!!" ]

"Quand Je (Hachem) susciterai des malheurs contre vous pour que vous vous repentiez, si vous considérez que ces événements sont le fruit du hasard, Je multiplierai Ma colère par la même attitude semblant venir par hasard!"

[Rambam - Hilkhot Taaniyot - chap.1,1-3]

"Il ne voit pas le mal en Yaakov ... Hachem son D. est avec lui" (Balak 23,21)

-> Même si une personne commet des fautes, s'il porte sur lui le joug de la Royauté Divine et qu'il accepte qu'Hachem est son D. et son Roi, alors Hachem ne verra pas et ne considérera pas ses fautes, car Il les considérera comme accidentelles.
En effet, un homme qui est conscient de la Royauté d'Hachem sur lui, même s'il commet une faute, elle ne peut être profonde et enracinée. Ses fautes ne sont que des accidents de parcours, commises un peu contre son gré, et Hachem ne les considère pas.

Cela est en allusion dans ce verset :
"Hachem ne voit pas le mal en Yaakov " si "Hachem son D. est avec lui" = Si un homme prend avec lui cette réalité qu'Hachem est son D. et son Roi, alors vis-à-vis d'un tel homme, Hachem ne verra pas le mal et les fautes qui sont en lui.
['Hidouché haRim]

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-> "Il ne regarde pas de faute en Yaakov, il ne voit point de péché en Israël : Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui" (Balak 23,21)

Rabbi ‘Haïm de Zanz avait l’habitude d’interpréter ainsi la juxtaposition des versets : "Il ne regarde pas de faute en Yaakov, il ne voit point de mal en Israël", et "Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui".

Voici ce qu’il dit :
- "Il ne regarde pas" = seul celui qui ne voit pas de "faute en Yaakov" ni de "péché en Israël", ne cherche pas les transgressions des bné Israël et les juge toujours favorablement dans tous leurs actes et leurs façons de vivre, seul un tel tsadik mérite que s’accomplisse en lui ce que dit le verset : "Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui".

["l'amitié du Roi est en lui" : se dit littéralement dans le verset : "la sonnerie du Roi en lui" (outérou'at mélé'h bo - וּתְרוּעַת מֶלֶךְ בּוֹ). Lorsqu'au mois d'Elloul, à Roch Hachana, ... on entend la sonnerie du Shofar, on doit penser à ce qu'elle sonne aussi en nous, en développant un regard positif, favorable, envers tout juif!
Celui qui préserve la paix, maintient de l'amitié, alors "Hachem est avec lui, et l'amitié du Roi [Hachem] est en lui".
De même que l'on juge autrui favorablement, de même Hachem nous juge favorablement!]

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-> "Il ne voit pas de mal en Yaakov" (Balak 23,21)

Rachi explique que même quand le peuple juif commet des fautes, Hachem ne regarde pas et ne prête pas attention à ces méfaits. Mais cela paraît étonnant, car Hachem est Juste et ne commet pas d’iniquités. Nos Sages disent qu’Hachem n’ignore aucune action de l’homme.
=> Comment peut-on donc dire qu’Hachem ne regarde pas les fautes d’Israël?

-> En fait, chaque juif a en lui une âme Divine d’une pureté absolue. C’est une "partie" d’Hachem Lui-Même.
Ainsi, même si l’homme dispose également d’un mauvais penchant qui le séduit et le pousse à la faute. Malgré tout, même quand il commet une transgression, en réalité au fond du fond de cet acte se cache une intention positive et complètement pure, qui lui vient de son âme divine. Ainsi par exemple, un juif qui commet un vol, il se peut qu’au fond de son cœur, il se réjouisse de pouvoir utiliser cet argent pour aider un pauvre. Il en est ainsi de chaque action.
Au fond, se cache une petite étincelle d’une pureté authentique qui est consacrée à Hachem uniquement. Ce principe permet de comprendre l’obligation de juger son prochain positivement. Même si parfois il est clair que son comportement est répréhensible et on ne voit aucun moyen d’interpréter en bien, néanmoins au fond de chaque action se cache une intention pure.
Ce que l’on demande à l’homme c’est de s’efforcer de découvrir cette partie lumineuse et le juger favorablement du fait de cette étincelle. Et quand on se focalisera à ne voir que la pointe de bien en l’autre, alors cette pointe de lumière se renforcera et repoussera toute l’obscurité. Bien plus, de cette façon il sera même possible de le rapprocher du repentir.

Et c’est justement ce qu’Hachem fait avec chaque juif. "Il ne voit pas de mal en Yaakov" = cela ne veut pas dire qu’il ignore les méfaits, mais plutôt au contraire, qu’Il regarde chaque acte d’un regard authentique. Et c’est ainsi qu’Il se rend compte qu’il n’y a pas d’acte complètement mal. Même dans les mauvaises actions, Il voit cette pointe de lumière et de pureté, car telle est la réalité.
C’est ce que dit la suite du verset : "Hachem Son D. est avec lui" = même dans ses mauvaises actions, Hachem est avec lui, il a une intention pure et authentique, consacrée à Hachem son D.
[rav Mikaël Mouyal]

Certes, il est possible et même naturel qu'un homme ressente de l'amertume et de la tristesse en pensant à ses fautes. Malgré tout, la tristesse et le désespoir sont à rejeter, car si l'on médite à l'immense Bonté d'Hachem, qui réside parmi nous et est avec nous malgré tous nos impuretés, cela doit déjà suffire pour en ressortir renforcé, et en tirer une joie intense.

[Torat Avot]

Qui témoigneras contre moi (si je faute en secret)?

Sache que les pierres et les poutres de la maison d'un homme témoigneront contre lui, selon le verset : "Oui, la pierre dans le mur crie (contre toi) et le chevron dans la charpente témoigne" (Habakouk 2,11).

D'après nos Sages, c'est l'âme de l'homme qui pèche qui témoignera contre lui ...

Rabbi Zrika dit : Ce sont les 2 Anges, chargés d'accompagner chaque homme, qui peuvent témoigner (contre lui), selon le verset : "Car à Ses Anges, Il a ordonné de te surveiller en toutes tes voies" (Téhilim 91,11).

Certains disent que les membres du corps d'un homme peuvent aussi témoigner (pour l'accuser ou le défendre).

[guémara 'Haguiga 16a]

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-> Toute action d'un homme, bonne ou mauvaise, imprime sa "signature" dans son environnement, même dans la matière inanimée comme les murs ou la charpente d'une maison où s'effectue cette action.
Evidemment, cela n'est pas ressenti aux yeux des gens ; mais dans le futur, les murs et le toit de la maison témoigneront des actions de l'homme qui habite cette maison.
[Beit haLévi - paracha Noa'h]

-> Tout homme est accompagné partout de 2 Anges dont la fonction est double : protéger cet homme et témoigner dans le futur sur ses actions.

-> Nos actions sont inscrites et gravées dans nos membres ; ainsi, dans le futur, nos membres "témoigneront".
Ce sera une preuve irréfutable qui confirmera les remontrances d'Hachem, au même titre qu'un contrat signé par un emprunteur qui constitue une preuve de sa reconnaissance de dette, malgré son déni.
[Ben Ich 'Haï]

-> Les membres du corps témoigneront sur les transgressions auxquelles ces membres ont participé et qui sont ainsi devenus "impurs".
[Messékh 'Hokhma]

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-> Le Maharcha (guémara Taanit 11) enseigne :
Les 3 témoins témoigneront chacun dans un type différent de transgression :
- l'âme : qui communique à l'homme le pouvoir de parler (selon le verset Béréchit 2,7 - l'homme = créature parlante), témoignera des dérèglements de la paroles, comme la médisance, la flatterie, la moquerie, le colportage de secrets ;
- les Anges témoigneront des transgressions relatives aux commandements négatives (lo taassé) ;
- les membres, qui ont un pouvoir actif, témoigneront des transgressions relatives aux commandements positives (assé).

Il est vrai qu'Hachem est le témoin de tous nos actes, selon la michna : "D. est le Juge, le Témoin, l'Accusateur" (Pirké Avot 4,22).
Cependant, le "témoignage" dont parle la guémara ('Haguiga 16a) et plutôt une reconnaissance de l'homme lui-même, par ses témoins intrinsèques : sa néchama, ses membres et les Anges créés par ses actions sur terre.
=> Ainsi, l'homme pourra reconnaître, grâce à ses propres témoins, que le Jugement prononcé par Hachem à son égard est vrai (émet).

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=> Pourquoi cette guémara ne cite pas le yétser ara, comme témoin nous accusant?

-> Le Aroukh Laner (guémara Soucca 52b) répond :
La guémara ('Haguiga 16a) traite du Jugement sur terre de l'homme, à Roch Hachana.
Or, ce jour-là, le yétser ara est disqualifié de témoignage (passoul laédout), puisque le roi Chlomo le qualifie de : "ennemi" (soné) dans ce verset : "Si ton ennemi (le yétser ara) a faim, donne-lui à manger" (Michlé 25,21), rapporté par la guémara (Soucca 52a) ; or le témoignage d'un ennemi ne peut pas être pris en compte.

Cependant, lorsque l'homme rejoint le monde à venir, après sa mort, le yétser ara ne peut plus l'inciter à fauter ; il n'est donc plus son "ennemi", et le yétser ara retrouve sa faculté de témoigner contre cet homme.

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+ L'âme :

-> Le 'Hafets 'Haïm (chap.9) enseigne :
Toutes les actions et les paroles d'un homme, durant sa vie sur terre, sont fixées et mémorisées dans son âme (néchama).

Les uns enregistrent dans leur âme les 6 livres de michna, la guémara étudiée, les dvar Torah entendus ou prononcés, les mitsvot avec leurs bénédictions, ...
Les autres enregistrent dans leur âme les paroles légères et futiles ou les activités vaines de ce monde-ci.
Ainsi, la néchama, qui repose au sein de l'homme en permanence durant sa vie, devient un enregistreur fiable de ses activités, des ses paroles et de ses pensées.

Tout cela sera mémorisé et rappelé plus tard à l'homme, selon le verset : "C'est Hachem qui racontera (révélera) à l'homme le contenu de son "discours" (Amos 4,13).

Quand Hachem révélera-t-Il à l'homme le contenue de son âme?
Au moment où il arrivera dans le monde à venir pour être récompensé ou sanctionné après avoir été jugé.

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-> La guémara ('Haguiga 16a) écrit : "D'après nos Sages, c'est l'âme de l'homme qui pèche qui témoignera contre lui, selon la fin du verset : "Devant celle qui repose en ton sein, garde ta bouche fermée" (Mikha 7,5).

Le Ben Ich 'Haï voit une allusion numérique selon laquelle l'âme d'un homme est désignée : "celle qui repose en toi".
Au sein (au milieu) de l'homme : adam (אדם) se trouve la lettre dalét (ד).
Cette lettre s'écrit en "plein" : דלת ; les lettres supplémentaires associées ד sont donc le : laméd et tav (לת) , dont la guématria totale est de : 430
Ainsi, celle (la paire laméd-tav) qui "repose en ton sein" (dalét), désigne l'âme (néféch - נפש) grâce à la valeur numérique commune (de 430).
[Ben Ich 'Haï]