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Les souffrances (1ere partie)

+ Les souffrances (1ere partie) :

1°/ Réaliser qu'Hachem fait tout exister et gère chaque détail de notre vie. Rien n'arrive sans cause, et Hachem est la cause de tout :

-> "Le principe de tous les principes [de chaque juif] et le pilier de toute sagesse est de savoir qu'il existe un Être qui a précédé toute chose, et qu'Il est la cause de l'existence de tout ce qui existe".
[Rambam - Hilkhot Yessodé haTorah 1:1]

-> "Il est clair et bien connu que la croyance en la conscience d'Hachem de tout ce qui se passe dans ce monde, ainsi qu'en Sa gestion de toutes les choses, à la fois de manière générale et spécifique, est fondamentale dans la Torah de Moché Rabbénou. Car celui qui nie la connaissance qu'a Hachem de certains êtres, ou le contrôle qu'Il exerce sur eux, nie la Torah tout entière ...
Nous devons croire qu'Hachem est conscient, dans le détail, de chaque individu, qu'il soit haut ou bas [dans la société], de ses actions et de ses pensées, dans le passé, le présent et l'avenir, qu'Il est celui qui les crée, leur donnant leur existence à partir du néant le plus total.
[Ramban - Introduction à Iyov]

-> À partir des grands miracles dévoilés, une personne en vient à croire aux miracles cachés, qui sont à la base de toute la Torah. En effet, on ne peut avoir une part dans la Torah de Moché que si l'on croit que tout ce qui nous arrive est un miracle.
Ce qui nous arrive, tant au niveau collectif qu'individuel, n'est pas simplement la nature qui suit son cours. Au contraire, si quelqu'un réalise une mitsva, il reçoit une récompense, et s'il fait une faute (avéra, il sera puni. Tout est conforme au décret de l'Être suprême.
[Ramban - Bo 13,16 ]

=> le Ramban enseigne qu'Hachem guide le monde en fonction des actions des gens. Toutes nos actions nous affectent donc, que ce soit positivement ou négativement.
Notre monde ne fonctionne pas avec des miracles ouverts ; au contraire, les événements de notre vie semblent être très naturels. Cependant, derrière le voile de la nature, Hachem s'arrange pour que chaque individu fasse l'expérience de ce qu'il mérite, en fonction de ses actions.

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-> Lorsque nous disons qu'Hachem est Un, il ne suffit pas de comprendre qu'Il est Un dans Son existence ... Nous devons également comprendre qu'il n'y a pas d'autre pouvoir que Lui, qu'il n'y a pas d'autre chose qui contrôle Son monde, ou tout autre être dans Son monde, en dehors de Lui, et qu'il n'y a rien qui puisse L'empêcher de faire quoi que ce soit, ou empêcher Sa volonté, et que Son contrôle est unique et complet.
[Ram'hal - Daat Tévounot 36]

=> Il s'ensuit que tout malheur qu'une personne subit vient uniquement d'Hachem, et que Lui seul peut apporter le salut d'une personne, de la manière qu'Il souhaite. Seul Hachem a le pouvoir d'influencer notre vie. [Hachem est Un!]

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-> "De même qu'au moment de la Création de tous les mondes, Hachem, avec Sa puissance infinie, les a tous créés et les a fait naître du néant, de même, depuis lors, chaque jour et littéralement à chaque instant, leur existence, leur ordre et leur subsistance dépendent entièrement du fait qu'Hachem choisit, à chaque seconde, de leur insuffler une force et une vitalité nouvelles. Si Hachem devait s'en priver ne serait-ce qu'un instant, tout retournerait immédiatement au néant ...

C'est pourquoi Hachem porte le nom d' "Elokim", qui signifie "Celui qui contrôle tous les pouvoirs". Il leur donne constamment leur puissance et leur force, et ils dépendent continuellement de Lui pour les faire changer et arranger leur ordre, selon Sa volonté, béni soit-Il."
[rav 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm 1:2]

=> Notre univers semble être un monde de constantes et de prévisibilité. Il est "naturel" que le soleil se lève et se couche, que les gens respirent, que les arbres poussent. Le temps s'écoule, chaque instant n'étant rien d'autre que la continuation de l'instant précédent.
Le rav 'Haïm Volozhin nous enseigne que le contraire est vrai, que rien n'est "naturel". Il n'y a pas d'évidence dans notre monde. À chaque instant, l'univers, avec tous ses détails complexes, est recréé. La Création du monde est un processus continu.
Le passé ne dicte pas l'avenir. Si le temps semble s'écouler naturellement, c'est parce qu'Hachem a conçu les choses de cette manière, dissimulant ainsi la recréation qui s'opère en permanence.
[Hachem est impliqué à chaque seconde derrière toute chose de ce monde. ]

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+ Rien n'existe si ce n'est Hachem :

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel - Emouna) enseigne :
Les yeux d'une personne l'incitent à voir la nature comme si elle fonctionnait toute seule, et on ne réfléchit pas à sa véritable essence et à sa signification ...

Nous devons plutôt savoir ce que le Ram'hal (Daat Tévounot) écrit :
"Celui qui croit en l'unicité d'Hachem, et qui comprend ce que cela signifie, doit croire qu'Hachem est Un et le seul ; que rien ne peut L'empêcher d'accomplir Sa volonté de quelque manière que ce soit. Au contraire, c'est Lui seul qui gouverne tout. Cela signifie que non seulement aucune force ne peut agir contre Lui, mais qu'Il est Lui-même Celui qui crée le bien et le mal, comme le dit le verset : " Celui qui façonne la lumière et crée les ténèbres, qui fait la paix et crée le mal, Je suis Hachem, qui fait tout cela" (Yéchayahou 45,7).

Il nous semble qu'il existe un ordre naturel, qu'il y a une cause et un effet, chaque cause ayant un effet spécifique. Cela nous fait penser qu'il existe des "lois de la nature" qui dictent la façon dont les choses doivent fonctionner. Cependant, nous devons réaliser que la réalité est que tout est de la main d'Hachem ; tout est spirituel, sans aucune place pour la matérialité.
Le fait qu'il semble y avoir de la matérialité dans le monde est l'une des merveilles d'Hachem. Mais la vérité absolue est qu' "il n'y a rien d'autre pour Lui", nulle part.
Dans l'univers entier, il n'existe rien d'autre que la spiritualité. C'est Sa seule volonté qui maintient le monde dans l'existence.
Ce n'est que pour les êtres humains, dont la perspective est limitée, que le monde semble contenir une réalité physique/matérielle et un ordre naturel.

Pour en revenir au verset de Yéchayahou, selon lequel Hachem "fait tout cela", le Ram'hal explique que cela signifie que "non seulement il n'y a pas d'ange ou de puissance secondaire aux commandes, mais Hachem supervise en réalité chaque partie de la création dans ses moindres détails. Rien n'est créé dans Son monde si ce n'est par Sa volonté et par Lui ...".

[Après avoir développé ce thème, le rav Levenstein conclut :]
La vérité est qu'il n'y a aucune réalité dans le monde en dehors de Sa volonté.
De même que nous comprenons que les miracles n'ont pas de cause naturelle, de même l'essence même de la nature est un miracle. La seule différence entre les deux est que les miracles sont manifestement surnaturels, alors que la nature semble être réelle, pour les êtres humains, avec leur compréhension limitée de la réalité.

L'émouna complète va bien au-delà de la croyance fondamentale en l'existence d'un Créateur qui a créé l'univers tout entier.
Même les nations païennes y croient généralement... À plus forte raison, la nation juive, à laquelle Hachem s'est adressé personnellement à Har Sinaï, n'est pas étonnée d'avoir un lien naturel avec la émouna ! En outre, il suffit d'un peu de contemplation pour voir clairement que le monde a un Créateur et un Guide.
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La émouna complète va bien au-delà de la croyance fondamentale en l'existence d'un Créateur qui a créé l'univers tout entier.
Même les nations non-juives y croient généralement ... À plus forte raison, la nation juive, à laquelle Hachem s'est adressé personnellement au mont Sinaï, n'est pas étonnée d'avoir un lien naturel avec la émouna. En outre, il suffit d'un peu de contemplation pour voir clairement que le monde a un Créateur et un Guide.

Mais plutôt, le principal défi pour parvenir à une emouna complète est de travailler à reconnaître la fausseté de la relation "de cause à effet" ; de réaliser qu'il n'y a aucune cause dans le monde en dehors de la volonté d'Hachem. Et non seulement il faut se rendre compte de manière générale que la relation de cause à effet est fausse, mais il faut aussi se détacher complètement de toutes les "causes" qui occupent les pensées des gens.
Une personne doit connaître ces principes et vivre selon eux, en acceptant que ces "causes" n'existent pas du tout et que l'idée que nous contrôlons notre propre vie est complètement absurde.
Ce principe est le principal domaine de la avoda. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons reçu tous les prières et bénédictions (béra'hot), pour inculquer en nous le principe qu'il n'y a rien, même dans l'univers matériel, en dehors d'Hachem, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'existence ou de réalité pour les "causes", ... [à chaque seconde, derrière toute chose il y a un décret d'Hachem le permettant d'exister, d'agir, ... ]

Et c'est là notre principale réussite en matière d'avodat Hachem : savoir et comprendre qu'il n'y a aucune réalité dans le monde en dehors d'Hachem ...
Il est donc clair que la simple reconnaissance de l'existence d'un Créateur du monde ne constitue pas encore une emouna complète/totale.
Même si une personne croit en Hachem, si elle se permet également de croire en d'autres "causes", elle n'accepte pas pleinement l'unicité d'Hachem, qui exige que nous reconnaissions que même le mal n'a pas d'existence indépendante et que toutes les "causes" sont des illusions.

=> Le rav Levenstein nous enseigne que croire uniquement en Hachem en tant que Créateur du monde n'est pas une émouna totale que l'on exige de nous en tant que juifs. En effet, la plupart des gens dans le monde partagent cette croyance fondamentale.
Ce que nous devons avoir, c'est une émouna plus forte et plus complète. Nous devons reconnaître qu'Hachem est conscient d'absolument chaque détail, de chaque événement qui se produit dans l'univers.
Et non seulement Hachem est conscient de tout ce qui se passe, mais Il est aussi le Créateur et le Guide de tout ce qui se passe, dans les moindres détails. Rien d'autre n'a le moindre pouvoir, et cela inclut les êtres humains.
À moins qu'Hachem ne le veuille, personne ne peut nous donner quoi que ce soit ou nous priver de quoi que ce soit.

Le monde naturel semble fonctionner selon les lois de cause à effet. Mais lorsque nous comprenons que tout dans la vie est en réalité l'expression de la volonté d'Hachem, nous réalisons que ces "causes" ne sont pas la véritable cause de ce qui se passe. Avoir une émouna complète consiste à voir dans toute chose une seule cause première possible : Hachem.
[un juif n'a jamais le sentiment d'injustice, d'être laissé tout seul face aux difficultés de la vie. Hachem est constamment là, s'occupant au mieux du moindre détail de notre vie. ]

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+ En résumé :

-> Tout comme Hachem est l'unique Créateur du monde, Il est l'unique Cause et Guide de tout ce qui se passe dans le monde. Chaque moment de notre vie, chaque détail, est provoqué et guidé par Hachem. Il en va de même pour tout ce qui se trouve dans l'univers. Chacun des 86 milliards de neurones du cerveau, chaque brin d'herbe, chaque battement de cœur humain et animal, les billions d'étoiles de l'univers, tous sont constamment recréés et guidés par Lui.

Cela nous amène à une vérité surprenante : il n'existe pas de cause "naturelle" (c'est le hasard, la naturalité des choses!). En tant qu'êtres humains, nous sommes habitués à considérer le monde comme un lieu de causes et d'effets naturels. Cependant, nous devons nous rendre compte que ce n'est qu'une apparence. En réalité, il n'existe pas de cause naturelle.
Les "causes" que nous voyons masquent le fait que c'est Hachem qui fait tout (Il est derrière 100% des choses du monde).

Lorsqu'une personne apprécie cette vérité, elle s'aperçoit qu'une grande partie de ses soucis disparaît.
Pourquoi une personne devrait-elle se préoccuper de la multitude de facteurs qui pourraient l'affecter, alors qu'elle sait qu'en réalité, Hachem est le seul facteur, qui contrôle totalement chaque détail de sa vie?

Nos Sages nous disent que la Présence Divine (Chékhina) est descendue en Egypte pour partager la moindre douleur/souffrance des Bné Israël, comme il est écrit : "Dans toutes leurs souffrances, Il souffre aussi" (Yéchayahou 63,9).
Puisque la Chékhina a souffert avec eux, alors leurs 210 années d'exil ont été comptées 2 fois : une fois pour eux-mêmes et une fois pour la Chékhina, pour un total qui dépasse les 400 années d'exil qui leur avaient été imposées.
C'est pourquoi leur guéoula a eu lieu avant le temps fixé.
[...]

"Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec" = en partageant les souffrances des Bné Israël, Hachem a apporté leur rédemption avant le temps fixé.
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra - Dorech Tov ]

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[l'idée que Hachem est constamment avec chaque juif, que la moindre douleur qu'on ressent Il l'a ressent également, nous montre à quel point nous sommes importants aux yeux d'Hachem, qu'Il se préoccupe de nous, à quel point Il a conscience des difficultés que nous traversons.
Certes on doit éviter de causer des souffrances inutiles car nous ferions souffrir Hachem, mais on doit avoir en tête que Hachem souffre avec nous, dont un des buts est de rapprocher la guéoula, ce moment de pleine retrouvaille. ]

Souffrances – non-juifs & juifs

+ Souffrances - non-juifs & juifs :

=> Pourquoi les nations vivent-elles dans la tranquillité alors qu'elles sont autorisées à persécuter une nation? Pourquoi le peuple juif est-il le seul à souffrir d'une douleur et d'une misère incessantes?

-> Le 'Hafets 'Haïm compare cela à 2 individus marchant ensemble la nuit dans l'obscurité, au milieu d'une tempête de neige, et ils se sont égarés. Ils errèrent jusqu'à ce que leur énergie soit épuisée et qu'ils s'effondrent. La neige continua à tomber et ils furent bientôt ensevelis sous une épaisse couche de neige.
Le lendemain matin, ils ont été retrouvés non loin de la ville. Les gens les ont immédiatement libérés de leurs tombes gelées et les ont transportés à l'hôpital. Le médecin les a examinés et a immédiatement commencé à réchauffer l'un des patients, à le gifler et à lui masser vigoureusement les membres.

Quelqu'un observa le traitement du médecin et dit : "Regardez, 2 corps ont été amenés ici, et cet homme blesse l'un d'eux et le maltraite avec une cruauté implacable. C'est de la discrimination pure et simple, ou peut-être un acte de vengeance bizarre!"
"Imbécile !", lui dira-t-on. "Le médecin a examiné les 2 patients et a déterminé que l'un d'eux était mort de froid et qu'il n'y avait aucune chance qu'il soit réanimé, donc il ne le traite pas du tout. L'autre a un faible pouls, ce qui signe qu'il est encore en vie, et le médecin fait tout ce qu'il peut pour rétablir la circulation du patient et augmenter sa température corporelle".

Telle est notre situation. Les nations sont "gelées" et rien ne peut être fait pour les ranimer. Pourquoi leur infliger des souffrances si elles ne leur apportent rien?
Mais le peuple juif est vivant. Nous avons juste besoin d'être réchauffés et ranimés par un vigoureux "massage" de souffrance pour faire circuler notre sang [spirituel] ...
[Si'hot hé'Hafets 'Haïm - vol.2, p.38 ]

Chacune de nos souffrances vient d’en-Haut

+ Chacune de nos souffrances vient d'en-Haut :

-> Selon le 'Hafets 'Haïm, lorsqu'une personne éprouve de la souffrance, elle doit savoir qu'elle vient d'en-Haut. La seule façon de s'en débarrasser est de se tourner vers Hachem par la prière, d'appeler à l'aide et d'intensifier l'étude de la Torah et les mitsvot.

Ceux qui pensent que la souffrance est due à quelque chose qu'ils ont eux-mêmes fait et qui essaient par tous les moyens autres que de se tourner vers Hachem pour y mettre fin, sont stupides. Ils sont comme un prisonnier portant des menottes en fer, et au lieu de supplier le juge d'alléger sa peine, ils se tortillent et se débattent, bougeant dans tous les sens, agitant les bras dans tous les sens pour essayer d'enlever les menottes. Rien de ce qu'il fait ne l'aidera.
Tout ce qu'il réussit à faire, c'est de se tordre le dos, tandis que les menottes lui entaillent la peau, laissant des cicatrices sur ses poignets.

La raison pour laquelle une personne éprouve de la souffrance/douleur, par exemple, si quelqu'un l'insulte et la maudit, c'est parce qu'elle a la possibilité d'expier ses fautes, comme le disent nos Sages à propos du verset : "Considère cela dans ton cœur" (Vaét'hanan 4,39) = que ce sont tes fautes qui te maudissent (midrach Dévarim rabba 2:27).
Même si quelqu'un vous frappe volontairement, cela aussi devait arriver et vient [forcément avec l'accord] du Ciel. [cette personne devra évidemment rendre des comptes à Hachem]

En provoquant ces événements, Hachem nous fait une faveur, car c'est ainsi que nos fautes peuvent être expiées.
Si une personne accepte pleinement cela, elle ne verra pas la nécessité de répondre à quelqu'un qui l'insulte. Au contraire, elle remerciera Hachem de lui avoir donné l'occasion d'expier ses fautes.
Comme le disent nos Sages (guémara Shabbath 88b) : "Ceux qui sont insultés mais ne répondent pas, qui s'entendent injurier mais ne répondent pas, qui agissent par amour et se réjouissent de la souffrance, c'est d'eux qu'il est écrit : "Que ceux qui l'aiment soient comme le soleil lorsqu'il est dans sa plus grande force" (Shofim 5,31)."
['Hafets 'Haïm - Dougma miSi'hot Avi 22 ; Chem Olam chap.3]

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-> " Je te rends grâce car Tu m'as répondu, Tu as été mon sauveur" (Téhilim 118,21)

Le Beit haLévi interprète les mots : "Je Te remercie car Tu m'as répondu" (odé'ha ki anitani - עֲנִיתָנִי), selon la connotation de "inouï" (עינוי), de souffrance : "Je Te remercie de m'avoir infligé des souffrances.
Il deviendra clair rétroactivement que la souffrance que nous avons vécue était en elle-même notre salut (vatéhi li lichouva - Tu as été mon sauveur).

-> Le rav Aharon Leib Steinman enseigne :
En ce qui concerne les souffrances que nous avons déjà endurées, nous devons les considérer comme une bonne chose, car la douleur est déjà passée, et il ne vous reste plus que ses mérites. [on prie pour ne plus en avoir dans le futur. ]
[...]
Il est écrit : "Je Te remercie pour ce que Tu m'as fait souffrir" (Odé'ha, ki anitani - Téhilim 118,21).
La première phrase se situe au passé (anitani). La phrase suivante se lit : "vatéhi li lichoua", ce qui signifie littéralement : "Tu deviendras pour moi un salut" = nous remercions Hachem pour les souffrances qu'Il nous a infligées dans le passé, car elles nous apporteront le salut dans l'avenir.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/12/11/notre-relation-avec-les-souffrances

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-> Cinquante années d'étude de la Torah et de service d'Hachem ne peuvent pas lier une personne à Hachem aussi bien que le fait d'accepter la souffrance avec amour.
[rav Shnéour Zalman de Liadi - le Baal haTanya]

-> Le Steïpler a reconnu que le fait de souffrir est difficile à supporter, mais il a souligné que les souffrances passées ont une grande valeur et deviennent une source de bénédiction.
Après la guérison, la douleur ressentie précédemment par un malade équivaut à une fortune en mérites. [Kréna déIgarta]
[en ce sens, il est écrit : "les souffrances sont précieuses" ('havivim yissourim - guémara Sanhédrin 101a)]

Les souffrances

+ Les souffrances :

-> Le 'Hafets 'Haïm comparait la souffrance à une personne souffrant d'une brûlure. Le médecin lui dit de mettre son doigt sous l'eau froide.
L'eau lui fait encore plus mal, mais elle guérit la brûlure.
C'est ainsi que la souffrance guérit les tâches de l'âme.

Le 'Hafets 'Haïm raconte qu'une fois, le Gaon de Vilna parlait à ses talmidim des rigueurs de Guéhinam.
Il leur a dit que nous ne pouvons pas imaginer ne serait-ce qu'un iota la gravité des châtiments du Guéhinam, et ce pour la plus petite des fautes.
Quiconque en parle, comme l'auteur de Réchit 'Hokhma et les livres de moussar, n'a pas décrit ne serait-ce qu'une goutte de l'océan de la vérité.

Lorsque son talmid entendit cela, il trembla et eut très peur jusqu'à ce qu'il s'effondre et soit alité.
On vint dire au Gaon de Vilna que son talmid était malade. Il lui rendit visite et lui demanda ce qui n'allait pas. Il expliqua que sa peur des châtiments du Guéhinam l'avait rendu malade.
"Tout ce que j'ai dit, lui dit le Gaon de Vilna, est tout à fait correct. Mais en plus des fautes d'une personne, ils prennent également en compte toutes les souffrances auxquelles elle a été confrontée dans ce monde, et une grande partie des fautes sera déduite de la souffrance et de la douleur.
Sans cela, nous ne serions même pas capables de retrouver nos bras et nos jambes dans le monde d'en-Haut!"
['Hafets 'Haïm - Si'hot hé'Hafets 'Haïm 27 ]

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-> Une personne souffre terriblement dans ce monde de maux physiques et de maladies spirituelles, et elle se plaint amèrement de son sort.
Mais lorsqu'elle monte au Ciel et recevra la grande récompense pour tous les problèmes qu'elle a subi, elle réalise leur valeur, et se lamente de ne pas avoir souffert davantage!
Comme le commente le midrach (Dévarim rabba) à propos du verset : "Souvenez-vous des jours d'autrefois" (Haazinou 32,7) : "Hachem dit : Tant que je vous apporterai de la souffrance dans ce monde, souvenez-vous de tout le bien et de toute la consolation que je vous apporterai à l'avenir".
['Hafets 'Haïm - Ma'hané Israel - chap.13 ]

Seul Hachem connaît la mission de chaque individu dans le monde entier. Il connaît le but et les défis de chacun et sait comment chaque personne pourra gagner la vie éternelle.
"Il n'y a pas d'individu que Hachem ne mette à l'épreuve" (midrach Iyov 28).
Certains sont mis à l'épreuve par la pauvreté, d'autres par la richesse, d'autres encore par des souffrances indicibles, et d'autres enfin sont testés pour voir s'ils se rebelleront dans une vie calme et sans histoire.

Chaque personne reçoit ses épreuves en fonction de la nature de son âme et des domaines dans lesquels elle a besoin d'une réparation (tikoun).
[même si l'herbe peut sembler plus verte ailleurs, nous avons avec précision ce qu'il nous faut pour notre mission sur terre. ]
['Hafets 'Haïm - Ma'hané Israïl - chap.13]

Les mitsvot & souffrance = extraire les étincelles de sainteté

+ Les mitsvot & souffrance = extraire les étincelles de sainteté :

-> Le Tsla'h écrit que les conséquences spirituelles de la faute originelle d'Adam ont été que des étincelles de sainteté ont été dispersées à travers le monde.
La mission du peuple juif est de retrouver ces étincelles de sainteté et de les reconnecter à leur source (voir aussi Ohr ha'Haïm - Ki Tétsé 21,11).

Le 'Hida (Maarit haAyin - Pessa'him 87b) écrit que lorsqu'un juif étudie la Torah, accomplit les mitsvot, ou fait face à un certain degré de souffrance dans un endroit où se cachent les étincelles de sainteté éparses, les étincelles saintes peuvent être spirituellement éveillées par sa présence en ce lieu.

Dans cette veine, conclut le 'Hida, une personne peut se rendre dans un endroit lointain en pensant que c'est pour son propre bénéfice ou ses besoins personnels, mais en réalité, Hachem l'a orchestré parce que son âme a la capacité unique d'extraire les étincelles cachées dans cet endroit, et c'est la véritable raison pour laquelle il a été guidé là-bas.

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-> Nos Sages de la Kabbale (ex: Kav haYachar chap.7) écrivent que : "le but de l'étude de la Torah est de faire le tri des étincelles Divines, les saintes étincelles qui ont été capturées par des forces impures et se sont égarées ainsi du chemin de la Sainteté. Il faut les ramener, les réunir, et leur redonner leur sainteté originelle."

Grâce à la Torah et aux mitsvot, de génération en génération, nous pouvons libérer toutes ces particules de sainteté jusqu'au dévoilement total du Royaume Divin sur terre.
[...]

Grâce à l'étude de la Torah, la Chékhina, l'assemblée d'Israël s'élève ...
L'étude de la Torah a ce pouvoir de les tirer des endroits obscurs où les particules de sainteté originelles sont descendues.
[...]

Grâce à notre victoire sur son mauvais penchant (yétser ara), on libère le bien et ses dérivés qui étaient prisonniers de l'ange du mal depuis la faute de Adam.
[...]

Dans les temps futurs, Hachem enlèvera au mauvais penchant son pouvoir, c'est pour ainsi dire "l'égorger" (guémara Soucca 52), c'est-à-dire qu'Il retirera de lui cette nuance de vitalité qui est une étincelle Divine qui lui donnait la vie l'existence. Et ainsi toute la création sera parfaite ...

Notre tâche dans ce monde est de réunir toutes les étincelles saintes qui sont descendues, de les parfaire et de les ramener à leur endroit initial, d'égorger (de vaincre) son mauvais penchant à tout jamais afin de pouvoir se tenir "vivant" devant D. et ainsi vaincre tout ceux qui nous veulent du mal.
"Ce jour-là Hachem règnera sur le monde entier, tout le monde reconnaîtra qu'il est le Maître suprême et Son Nom sera Un".
Hachem et Son Nom ne sont qu'Un et aucune autre force que Lui règne dans ce monde (Zé'haria 14,9).
Ce jour-là toutes les nuances de la Sainteté seront réunies et parfaites.

[ Ohr ha'Haïm haKadoch - Tsav 37-38]

La souffrance (selon le rabbi de Berditchev)

+ La souffrance (selon le rabbi de Berditchev) :

-> En règle générale, Hachem accorde continuellement Son amour et Sa miséricorde à Sa nation, le peuple juif. [nous n'en avons pas toujours conscience, voir nous prenons cela pour acquis car se passant fréquemment, ...]
Si, à l'occasion, D. nous en préserve, quelque chose de mauvais arrive au peuple juif, c'est uniquement pour qu'en fin de compte quelque chose de bon puisse en résulter.
Si, à D. ne plaise, rien de bon ne devait sortir de ce mauvais événement, Hachem n'aurait pas permis qu'il s'abatte sur le peuple juif, car si Hachem envoie quelque chose de nuisible au peuple juif, c'est pour qu'ensuite quelque chose de bénéfique puisse en sortir ...

L'activation du Jugement Divin dépend [du fait qu'il est] "sous la direction de" l'amour bienveillant Divin.
Si l'amour bienveillant d'Hachem émerge de l'exécution du jugement, alors l'attribut du Jugement/Rigueur exécutera la justice. Mais si l'amour bienveillant/Bonté n'émerge pas comme résultat, alors l'attribut de Jugement/Rigueur ne sera pas activé afin d'exécuter la justice.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pékoudé 38,21 ]

=> Hachem n'agit avec sévérité à l'égard du peuple juif que pour qu'il en résulte un bien pour lui.
Tout pouvoir de Rigueur Divin est soumis au préalable à Sa bonté.

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-> "Toutes les maladies que j'ai infligées à l'Egypte, Je ne les infligerai pas à vous, car moi, Hachem, Je vous guéris" (Béchala'h 15,26)
Nos Sages (guémara Méguila 13b) disent : "Avant d'affliger une personne d'une maladie, D. prépare d'abord le remède".
L'idée est que le seul but de la souffrance est d'apporter le salut qu'Hachem envoie ensuite.

C'est le sens profond des mots "toutes les maladies", car le mot pour "maladie" (ma'hala - מַּחֲלָה) est grammaticalement construit comme s'il s'agissait d'un verbe causatif, transmettant une action : rendre la personne malade.
En d'autres termes, ce verset implique que D. dit : " L'acte de provoquer la maladie chez les égyptiens dans le but de les rendre malades, Je ne vous le ferai pas".
Au contraire, lorsqu'Il fait tomber la maladie sur nous (les juifs), l'intention est "car moi, Hachem, Je vous guéris" : c'est-à-dire uniquement pour la guérison et le salut qui s'ensuivent.

C'est pourquoi, lorsqu'un juif souffre, à D. ne plaise, la bonté qui en résulte et qui est le but de la souffrance a déjà été préparée.
Ce n'est qu'à travers la maladie (souffrance) que la personne devient un réceptacle pour recevoir la bonté/générosité d'Hachem.
Tout comme une personne qui veut agrandir un petit récipient doit d'abord le briser, lorsque D. veut accorder à une personne une bonté plus copieuse, Il envoie d'abord une épreuve ou une maladie afin d'avoir l'effet sur la personne de la rendre plus grande. L'envoi d'une maladie ou d'une épreuve brise le petit récipient et l'agrandit, c'est-à-dire qu'il oblige la personne à devenir meilleure.

Cela signifie que le but d'Hachem en provoquant une quelconque souffrance est d'accorder de la bonté.
Grâce à l'intention de D. d'accorder sa bienveillance/bonté, le pot est modifié. Une personne souffre pour devenir un grand récipient, capable de recevoir davantage de flux de bontés Divine, et le but d'Hachem n'est que le bien.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pourim n°25 ]

=> Par la souffrance, nous devenons plus aptes à recevoir la bonté d'Hachem.

[ toute chose ne peut se produire qu'avec un décret d'Hachem, dont chaque élément est à 100% selon Sa volonté. Même si sur le moment cela peut être désagréable, la Vérité est qu'au final c'est forcément pour nous permettre de recevoir beaucoup plus de bonnes choses (dans ce monde, et/ou surtout dans l'éternité du monde à Venir). ]

"Et le feu de l'autel brûlera dessus (l'autel). Et le Cohen se vêtira d'habit de lin ..." (Tsav 6,2-3)

-> "Et le feu de l'autel brûlera" (vé'éch amizbéa'h tokad bo) :
La Torah nous apprend [que lorsque la guéoula arrivera], la colère de D. s'enflammera et consumera tous ceux qui ont fait souffrir et éprouvé le peuple d'Israël.
... Le feu de l'autel rappelle les souffrances que les nations nous ont fait subir. De ce même feu, le Maître suprême (Hachem) qui est caché de tous, s'habillera de vengeance et vengera Son peuple.

-> "Et le Cohen se vêtira d'habits de lin" :
Le Cohen symbolise la bonté et la miséricorde. On nous apprend ainsi que même ces qualités qui représente habituellement le bien elles seront d'accord qu'il faut venger les souffrances que les nations ont fait subir au peuple juif.

[Ohr ha'Haïm haKadoch ]

Etre réveillé à la téchouva par nos petits problèmes

+++ Etre réveillé à la téchouva par nos petits problèmes :

+ "Jusqu'où se situe la limite minimale de la souffrance (ta'hlit yissourim - litt. la quintessence d'une souffrance)? Quelle est la douleur minimale incluse dans la définition de la souffrance?
Même si quelqu'un met la main dans sa poche pour en sortir 3 pièces et qu'il n'en sort que 2 .. (cela est considéré comme de la souffrance)".  [guémara Arakhin 16b]

=> C'est difficile à comprendre. Comment un si petit désagrément comme le fait de devoir remettre la main dans sa poche pour en sortir une pièce de plus, peut-il être considéré comme une souffrance? Pourquoi nos Sages considère cela comme : "ta'hlit yissourim"?

Le Baal Chem Tov explique que le but d'une souffrance est d'inciter une personne à faire téchouva. Elle est censée réveiller une personne et l'amener à examiner ses voies afin qu'elle puisse les rectifier.
Cependant, Hachem ne veut pas causer beaucoup de douleur à une personne. C'est pourquoi Il envoie d'abord une petite gêne, comme le fait de ne pas trouver immédiatement la bonne somme d'argent dans sa poche. Si la personne prend cela à cœur et reconnaît qu'il ne s'agit pas d'une coïncidence, elle reconnaîtra qu'il s'agit d'un signe d'Hachem lui indiquant qu'elle doit rectifier sa conduite.
Elle examinera ses actions passées, verra ce qui doit être corrigé et fera téchouva pour ses fautes passées.
Par conséquent, elle n'aura plus besoin de souffrir davantage, car la petite gêne a déjà rempli sa fonction.
Malheureusement, la plupart des gens ne prennent pas à cœur les petits désagréments comme celui-ci et ne les considèrent pas comme des signes pour faire téchouva. Ils pensent simplement qu'ils n'ont pas assez fouillé dans leur poche pour en sortir la bonne quantité de pièces (c'est la faute à pas de chance, mais pas à eux-même!).