Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Avoir la crainte de limiter la miséricorde d’Hachem à notre égard

+ Avoir la crainte de limiter la miséricorde d'Hachem à notre égard :

-> La principale forme de crainte de D. est la crainte de Sa grandeur, parce qu'Il est le Maître et le Tout-Puissant, la racine et la source de tous les mondes, devant qui tous sont considérés comme rien (Zohar 1,11b).
Lorsqu'une personne atteint ce niveau, elle est désignée comme un "fils bien-aimé" de l'Omniprésent (ben aouv laMakom).

Or, un fils précieux qui est aimé d'un amour grand et éternel par son Père céleste a extrêmement peur de désobéir à la volonté de son Père, car il ne veut pas que son Père très aimé soit affligé, à D. ne plaise.
Toute l'aspiration du fils est de satisfaire son Père céleste, comme le disent nos Sages (Zohar 3,7b) : "Le peuple juif soutient son Père céleste" par l'étude de la Torah, la prière, les actes d'amour bienveillant et l'observance des mitsvot.

Mais si, à D. ne plaise, l'inverse est vrai, alors nos Sages disent : "[lorsqu'un homme souffre parce qu'elle a fauté,] la Chékhina gémit [de douleur] : "Ma tête est lourde, [Mon bras est lourd]" ('Haguiga 15b ; Sanhédrin 46a).
Cela indique que D. souffre, pour ainsi dire, lorsque l'homme ne se conforme pas à Sa volonté.
Les tsadikim ont toujours la crainte de faire souffrir leur Père du Ciel, à D. ne plaise, et n'entendent au contraire que Lui donner satisfaction.

Ainsi, ce type de crainte est en fait une crainte du trait de compassion de D., contrairement à la crainte de ceux qui ont peur/crainte du trait de jugement/rigueur (punitions) de D.
Un tsadik a la crainte du trait de compassion de D., c'est-à-dire de ne pas causer de douleur à Son attribut de miséricorde. En effet, la raison principale pour laquelle le monde a été créé par D. est afin d'en faire bénéficier les êtres créés.
En outre, "plus que le veau ne veut téter, la vache veut donner du lait" (Pessa'him 112a).
L'intention principale de D. est d'accorder au peuple juif Sa bonté et Son abondance de bienfaits. Si, à D. ne plaise, ils n'accomplissent pas la volonté divine, la Chékhina prononce l'expression "Ma tête est lourde" (kalani mérochi).

Il s'avère donc que la principale crainte du tsadik est de ne pas faire souffrir l'attribut de miséricorde d'Hachem, mais au contraire de permettre à Hachem d'accorder la bonté, la compassion, la vie et la paix au peuple juif. C'est en effet ce qui procure à D. son principal plaisir.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Kédochim 19,32]

<--->

=> Le désir le plus passionné de D., pour ainsi dire, est de nous fournir une abondance de bien et de compassion.
Lorsque nous aspirons à servir D. uniquement pour qu'Il puisse exprimer ce désir, et que nous faisons tout notre possible pour l'empêcher d'être peiné de devoir retenir Son attribut de compassion, nous atteignons le degré ultime de Le servir avec un amour et une crainte véritables.

Il y a 2 types de personnes qui servent Hachem. L'une sert D. par la crainte et l'autre par l'amour.
La différence est que la personne qui sert D. par peur/crainte conserve son ego. Elle se perçoit comme une entité, et en tant que telle, a peur de quelque chose de plus élevé qu'elle.
En revanche, la personne qui sert D. par amour se trouve dans un état de "néant" total ; elle n'est rien à ses propres yeux [tellement Hachem est tout, qu'on ne peut pas vivre une seconde sans Lui, ...].

En ce qui concerne l'amour lui-même, il existe également 2 types de personnes.
Lorsqu'une personne sert D. par amour en raison de la récompense attendue, elle conserve également son égo et sert D. essentiellement pour son propre bénéfice.
Mais lorsque quelqu'un sert D. pour Lui apporter de la satisfaction/plaisir, en ignorant ses propres intérêts, cette personne est dans un véritable état de néant.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Lé'h Lé'ha 12,9]

La crainte d’Hachem (par le Ram’hal)

+ La crainte d'Hachem (par le Ram'hal) :

-> Le Ram'hal (Mesillat Yécharim - chap.25) explique comment acquérir un haut niveau de crainte d'Hachem. La manière d'acquérir cette crainte est de méditer sur une vérité fondamentale.
La présence de Hashem existe en tout lieu dans le monde et qu'Il veille lui-même sur tout, petit ou grand. Rien n'est caché à ses yeux, ni en raison de son importance, ni en raison de son insignifiance. Au contraire, chaque grande chose et chaque petite chose, chaque chose mineure et chaque chose majeure, Il voit et comprend sans distinction.
C'est ce qui est écrit : "La terre est remplie de Sa gloire" (Yéchayahou 6,3), "Je remplis les cieux et la terre" (Yirmiyahou 23,24) ....

Lorsqu'il est clair pour une personne que, où qu'elle se trouve, elle se tient devant la Sainte Présence de Hachem, alors automatiquement, elle éprouvera de la crainte et de la révérence en elle, de peur que ses actes ne soient pas dignes de la hauteur de Sa gloire.

C'est ce qui est dit : "Sache ce qui est au-dessus de toi : un œil qui voit, une oreille qui écoute, et toutes tes actions sont consignées dans le livre des registres" (Pirké Avot 2,1).
Puisque la supervision de Hachem s'étend sur tout, qu'Il voit tout et entend tout, il est certain que toutes les actions d'une personne seront consignées dans un livre, soit comme un crédit, soit comme une dette.
Cette question ne peut être bien représentée dans l'esprit d'une personne qu'à travers une méditation régulière et une réflexion sérieuse, car elle est très éloignée de nos sens. L'esprit ne peut l'imaginer qu'après une longue contemplation et une réflexion approfondie.
Même après avoir compris les principes, si l'on ne les revisite pas constamment, l'image disparaîtra très facilement. Tout comme la contemplation est le moyen d'acquérir la crainte révérencielle, le manque de concentration et l'absence de réflexion profonde sont les principales causes de sa perte, que ce soit par inquiétude ou par choix délibéré.
Tout relâchement de la concentration sur cette question mettra fin à toute crainte révérencielle incessante.

... Cette crainte d'Hachem ne relève pas des sensations naturelles, elle est en fait tout à fait opposée et très éloignée de celles-ci. Les sens sont matériels, et cette crainte d'Hachem ne s'acquiert que par une étude incessante et une grande diligence dans la Torah et ses voies.

Une personne doit réfléchir et méditer profondément sur cette question. La présence d'Hachem est partout et il se tient littéralement devant Lui à chaque instant et à chaque moment.
Alors, une personne le craindra véritablement. C'est ce pour quoi le roi David a prié : "Hachem, enseigne-moi tes voies, je marcherai dans ta vérité de tout mon cœur pour craindre ton nom".

-> L'essence des paroles du Mesillat Yécharim (chap.25) rapportées ici est, en bref, deux principes : le premier étant qu'une personne se tient toujours devant son Créateur, et le second, que chaque détail de ses actions (même tout seul caché, même la moindre de nos pensées) et de ses affaires est supervisé à chaque instant par le Créateur du monde, qu'il s'agisse d'une bonne action ou, que Hachem nous en préserve, du contraire. Toutes ses affaires, dans leurs moindres détails, seront jugées.
[rabbi Yaakov Ades]

La crainte d’Hachem doit nous tirer vers le haut

+ Des larmes sans tristesse :

-> Nous devons dire le vidouï en pleurant, mais pas parce que nous sommes tristes et déprimés. Nous devons pleurer parce que nous réalisons l'ampleur des dégâts causés par la faute et la distance qui nous sépare d'Hachem, mais pas parce que nous sommes déprimés, que D. préserve ...

Avraham Avinou s'affligeait lui-même, se tenant pour responsable de chaque action, parole et pensée qui n'était pas exactement ce qu'elle devait être, mais il ne devenait pas triste et déprimé.
"La crainte d'Hachem ajoute des années [à votre vie]" (yirat Hachem tossif yamim - Michlé 10,27).
La crainte d'Hachem ne doit pas tirer une personne vers le bas. Elle devrait ajouter de la vie.
[...]

"Heureuse est la personne qui porte ses fautes et surmonte ses fautes" (Téhilim 32,1).
Ce qui signifie : ""Heureux celui qui s'élève au-dessus de ses fautes, sans que celles-ci ne s'élèvent au-dessus de lui."
Quelle que soit sa situation, il faut rester maître de la situation.
[certes on doit être conscient de ce qui ne va pas, mais cela ne pas nous submerger, nous ensevelir par de l'obscurité, de la tristesse, des choses déprimantes. ]
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

"La ahavat Israël (aimer son prochain juif) est une ségoula pour la ahavat chamayim (aimer Hachem).
Si l'on aime sincèrement les juifs, on en viendra à aimer Hachem".
[rav Avraham de Stretin]

Rabbi Na'hman (Si'hot haRan 299) enseigne : "En donnant vingt pour cent de ses revenus à la charité, on accomplit la mitsva" (Vaét'hanan 6,5) : "Tu aimeras Hachem, ton Dieu, avec toutes tes possessions".

Plus une personne prépare son cœur à aimer autrui, plus ce cœur s’éveille pour l’aimer en retour.
[Ohr Ha'Haïm haKadoch - Ki Tissa 33,11 ]

Faire l’expérience d’Hachem dans l’instant présent

-> "Dans toutes tes voies, reconnais-Le (Hachem)" (Michlé 3,6).
Il faut rechercher Hachem dans tout ce que l’on fait.
Lorsqu’on prie, il faut rechercher Hachem en s’efforçant de se concentrer sur les paroles de la prière avec une profonde attention et un cœur dévoué. Il ne faut pas rechercher Hachem dans d’autres choses à ce moment-là. En effet, lorsqu’on est engagé dans cette action spécifique, on peut dire que Hachem se trouve dans cette action et nulle part ailleurs.
Lorsqu’on étudie la Torah, il faut prendre conscience que Hachem se trouve dans l’acte même d’analyser et d’essayer de comprendre chaque idée. À ce moment-là, Hachem se révèle dans cette action spécifique et en rien d’autre.
Et enfin, lorsqu’on accomplit des guémilout 'hassadim (actes de bonté), il faut rechercher Hachem en s’efforçant de découvrir la meilleure façon possible d’aider son prochain.

Ce principe s’applique à toutes les actions qu’accomplit une personne. Toutes les choses du monde ne révèlent-elles pas le Divin? Par conséquent, tout ce qu’une personne fait doit être considéré comme une mitsva, car il faut rechercher Hachem dans chaque action.
On peut affirmer avec justesse que celui ou celle qui consacre tout son esprit et toute son énergie à accomplir chaque action avec le plus haut degré de perfection connaît Hachem sous toutes ses formes.
[rav Avraham Kook - Moussar Avi'ha 2,2 ]

=> Plus nous voyons Hachem partout, plus nous pouvons nous attacher à Lui et L'aimer.

Le nom d'Hachem (יהוה), entretient un lien particulier avec ové (הווה), l'instant présent.
Ses lettres peuvent être interprétées comme une expression : י הוה (youd hové), suggérant que lorsqu'un "Yid" (un juif) vit dans le "présent", alors le nom d'Hachem se révèle.
[rav Judah Mischel]

Lorsqu'une personne est plongée dans un profond sommeil, il est difficile de la réveiller avec des paroles douces. Il peut être nécessaire de crier ou même de la secouer avec force.
De même, lorsque les êtres humains sombrent dans un profond sommeil spirituel, généralement attribuable à leur quête constante des futilités de ce monde, Hachem a besoin de les réveiller de temps en temps avec une voix céleste forte et pénétrante.
Sa voix tonitruante vise à les réveiller, à leur faire connaître l'inanité du contrôle de l'homme sur les forces de la nature. Cela les obligera à reconnaître qu'il existe un Maître de l'univers.

Hachem a créé le monde et celui-ci est contrôlé par Sa volonté. C'est à cela que Rabbi Yéhochoua ben Lévi fait référence lorsqu'il cite le verset : "Hachem a arrangé les choses de telle sorte qu'on Le craigne" (Béra'hot 59a ; Kohélet 3,14)".
En effet, l'Ecriture emploie le Nom divin אלהים qui fait référence à la rigueur. En d'autres termes, le Créateur n'a pas créé l'attribut de la rigueur pour infliger une punition aux pécheurs mais plutôt pour inculquer la crainte afin de motiver l'homme à se repentir et, de ce fait, à ne pas avoir à être sanctionné réellement mais uniquement pour qu'on Le craigne et que l'on ne faute pas, que D. préserve.
[Méor Enayim - au nom du Baal Shem Tov ]