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"Son époux est connu aux portes lorsqu'il siège avec les anciens du pays" (noda bachéarim bala, béchivto im zikné aréts - Michlé 31,23)

-> D'après le Zohar (Vayéra 103a), "l'époux" fait référence à Hachem.
Comment le Maître de l'univers qui est insondable peut-il être connu et siéger parmi les hommes?
Le Zohar répond qu'Hachem est connu en fonction de la place que l'homme va lui faire dans son cœur, chacun en fonction de ses capacités, et saisira ainsi à sa mesure la grandeur infinie d'Hachem.

Rabbi Yessa dit : Combien l'homme doit aimer Hachem! Car le service de D. avec amour est le plus appréciable.
Celui qui L'aime et Le sert avec amour est considéré comme Son bien-aimé.
[Zohar - 'Hayé Sarah 55b]

Je suis éperdument amoureux d’Hachem

Qui peut comprendre les profondeurs de ma souffrance, qui peut la saisir?
Je suis emprisonné dans de nombreuses contraintes et limitations.
Mon âme aspire à des hauteurs infinies. Mon âme a soif d'Hachem.
La vie de mon esprit est la lumière la plus exaltée. La joie de ma vie est la foi en un D. infini, sans aucun obstacle de nature, de logique, de comportement ou d’éthique. Tout ce qui est bien défini est profane aux yeux de la sainteté suprême, ce que je recherche.
Je suis éperdument amoureux. Comme il m’est difficile d’étudier. Comme il m’est difficile de m’adapter aux détails. J’aime les océans et les royaumes célestes, je les désire ardemment.
"Ouvre mes yeux et je verrai les merveilles de Ta Torah" (Téhilim 119,18).
[rav Avraham Kook - Shemoné Kévatsim 3,222 ]

La crainte du Ciel

-> Certains servent Hachem par crainte : ils implorent Sa miséricorde pour être préservés des malédictions, des maladies et des châtiments qui s'abattent, ici-bas et dans le monde futur, sur ceux qui contreviennent à Ses commandements.
Ils demandent aussi à ne pas avoir besoin d'une aide matérielle, à ne pas se retrouver sous domination étrangère et à ne pas assister à la mort ou au malheur de l'un de leurs descendants.

En vérité, servir Hachem par crainte, c'est accomplir la tâche difficile de surmonter le mauvais penchant et la tentation par peur de ne pas être parfait devant Hachem.

Ainsi, après qu'Avraham s'est montré prêt à sacrifier son fils, l'Eternel lui dit (Vayéra 22,12): "Maintenant Je sais que tu crains D.", parce que c'était l'épreuve la plus difficile.
De même, il est écrit (I Méla'him 18,3) : "Ovadia craignait D." parce qu'il lui était très difficile de Lui rester fidèle à cause d'Izével, la femme du roi A'hav, qui persécutait les serviteurs d'Hachem.
Ou encore : "Révérez l'Eternel vous, Ses saints" (Téhilim 34,10), en accomplissant des choses auxquelles le cœur est réfractaire.
[séfer haRokéa'h 2a]

L’amour et la joie au service d’Hachem

+ L'amour et la joie au service d'Hachem :

-> Attachée à Hachem par de forts liens d'amour et de joie, l'âme ne sert pas son Maître contre son gré ; même si on voulait l'en empêcher, elle brûlerait du désir de Le servir et d'accomplir la volonté du Créateur avec joie et droiture, conformément à la recommandation : "Servez Hachem dans la joie" (Téhilim 100,2) et encore "La joie sur les cœurs droits" (Téhilim 97,11).

Au lieu de Le servir pour son profit ou sa gloire, l'homme doit se dire : "Moi qui suis méprisable et délaissé par les hommes, qui suis ici aujourd'hui et demain dans la tombe, moi qui ai été conçu dans la faute et qui suis plein de déchets, comment ai-je été choisi et créé pour devenir le serviteur du Roi de gloire?"

Quand l'âme est animée d'une crainte profonde, l'amour brûle en elle et sa joie augmente. La sagesse de l'homme illumine sa face et il réjouit tous ceux qui aiment Son nom ; elle l'incite à accomplir la volonté du Créateur de tout cœur, avec joie et ardeur.

Celui qui aime Hachem ne pense pas à son honneur personnel ni aux vains plaisirs de ce monde ; il n'a d'autre aspiration que d'accomplir Sa volonté et d'inciter les autres à sanctifier Son nom en se dévouant corps et âme pour Lui, comme Avraham, qui jura de ne rien prendre du butin (voir Béréchit 14,23), pour que le roi de Sodome ne prétende pas l'avoir aidé à s'enrichir, et comme Pin'has, qui n'hésita pas à mettre sa vie en danger en tuant Zimri (Bamidbar 25,7-8).

Il ne cherche pas à faire l'important, ne prononce pas de vaines paroles, ne regarde pas les femmes, ne répond pas aux insultes, ne pense qu'au Créateur, chante Ses louanges, et un amour ardent anime toutes ses pensées.
[séfer haRokéa'h 2a]

Accomplis les mitsvot par amour [d'Hachem] afin de ne pas en venir à haïr Hachem à cause de la crainte qu'Il t'inspire.
[séfer haRokéa'h 2a]

L’amour et la crainte sont nécessaires

La raison pour laquelle [à la fois] l’amour et la crainte [sont nécessaires] : si l’homme n’avait que l’amour d'Hachem, il serait habitué à être continuellement avec Hachem.
De plus, l’amour serait si profondément ancré en lui qu’il deviendrait sa nature même.
Cependant, en vertu de la crainte jointe à [l’amour], il aura la crainte de s’approcher.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 128 ]

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-> C'est-à-dire que si l'on aurait que l'amour d'Hachem on en perdrait le sens du respect, car la familiarité engendre le mépris.
"Celui qui agit [uniquement] par amour ... ne se sentira parfois pas obligé d'agir avec scrupule. Celui qui a le sens de la crainte, en revanche, veillera attentivement à agir correctement." (Likoutim Yékarim, fin section 118)

-> Le fait d'avoir alternativement de l'amour et de la crainte d'Hachem, va créer une dynamique où cela sera plus apprécié, car "le plaisir continu n'est pas un plaisir".

Crainte = derrière toute chose il y a Hachem

+ Crainte = derrière toute chose il y a Hachem :

-> Chaque fois que vous avez peur de quelque chose, ou que vous l'aimez, vous devriez vous demander : "D'où vient cette peur ou cet amour? Après tout, tout provient de Lui (Hachem), béni soit-Il, qui a placé les [aspects de] la peur (crainte) et de l'amour même dans les mauvaises choses, telles que les bêtes sauvages. Car au moment de la "brisure [des récipients]" (Shevirat haKélim), quelque chose est tombé de tous les attributs.
La peur, par conséquent, vient de Lui, béni soit-Il. Pourquoi, alors, devrais-je craindre d’une seule étincelle de Lui qui est [investie] dans cette chose mauvaise?
Il vaut mieux m’attacher à la "grande crainte"!

Il en va de même pour l’amour, et ainsi de tous les attributs, afin d’en extraire l’étincelle [de sainteté] et de l’élever jusqu’à sa racine. Car tel est le désir ultime de notre âme : élever [les débris de] la "brisure [des récipients]" (Shevirat haKélim) jusqu’à leur source.

Il en va de même pour ta parole : ne pense pas que c’est toi qui parles. C’est plutôt la force vitale en toi, qui provient du Créateur, béni soit-Il, qui parle à travers toi et élève la parole à sa source.
Cette [attitude] renforce également la [notion d’] sérénité, car la faculté de parole est la même chez autrui qu’en toi, car tout provient de Lui, béni soit-Il.

De même, lorsque tu manges, ton intention devrait être d’extraire la vitalité [de la nourriture pour l’élever vers le Haut par le service du Créateur, béni soit-Il. Et il en va de même pour tout le reste.
Ton intention en toute chose devrait être de faire en sorte que tu t’attaches au Haut.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 126-127]

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-> La conscience de l’omniprésence divine, et du fait que toute chose n’existe que par la vertu de sa vitalité divine, conduira d’elle-même à l’attitude et à l’intention appropriées.

-> La crainte et la joie liées à une même chose sont deux sentiments contraires. Dans le service de D., cependant, elles ne se contredisent pas mais peuvent aller de pair. Cette coexistence est unique.
Elle n’est possible que dans le service d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov - sect. 349 ]

-> La "crainte de D." est l’un des 613 préceptes de la Torah (Vaét'hanan 6,13). C’est une condition préalable au service de D., "le fondement de toute sagesse et la porte vers Hachem".
Néanmoins, elle doit coexister simultanément avec la joie ("Servez Hachem dans la joie"), qui est l’effet inévitable de la vraie foi et de la confiance en Hachem. Car la crainte à elle seule conduit à la morosité et au découragement. De même, la joie à elle seule conduit à l’insouciance et à la frivolité

Aimer Hachem & Prendre conscience de l’amour d’Hachem pour nous

-> Le Mahara miBelz enseigne au sujet de rapporter en détails le récit de la sortie d'Egypte :

Une personne doit avoir à la fois de la crainte d'Hachem et de l'amour d'Hachem.
La crainte d'Hachem vient de la crainte de la punition, mais comment en vient-on à avoir l'amour d'Hachem?
Il est écrit : "Comme le reflet du visage dans l'eau, tel le cœur de l'homme pour l'homme" (kamayim apanim lapanim - Michlé 27,19) = plus nous avons connaissance du grand amour d'Hachem pour le peuple juif (et pour chaque juif individuellement), plus cela nous permet de rendre cet amour et d'avoir de l'amour d'Hachem.

C'est la raison pour laquelle nos Sages ont recommandé que nous disions : "Ahavat Olam" et "Ahava Rabba" avant la lecture du Shéma, matin et soir.
En reconnaissant le grand amour que Hachem a pour nous, nous pouvons rendre cet amour (à l'image de l'eau qui reflete un visage), et nous pouvons dire : "véaavta ét Hachem Eloké'ha" (Tu aimeras Hachem ton D.).

Nos Sages nous disent que la nuit du Séder de Pessah est un moment propice pour qu'une personne s'inculque à elle-même et à ses enfants la émouna en Hachem, la crainte d'Hachem et l'amour d'Hachem en racontant tous les grands miracles que Hachem a accomplis pour les Bné Israël, qui allaient complètement à l'encontre de la naturalité.

Hachem a fait tout cela en raison de son grand amour pour les Bné Israël.
Le fait de réaliser à quel point Hachem nous aime vraiment suscite notre amour pour Lui en retour.
C'est pourquoi même les talmidé 'hakhamim et les tsadikim ont besoin de raconter les miracles qui se sont produits pour les Bné Israël.
Même si une personne connaît l'histoire en théorie, plus elle la raconte, plus elle et tous ceux qui sont présents absorbent l'amour qu'Hachem nous porte. Et plus une personne le fait, plus elle est digne d'éloges, car cela entraîne un plus grand amour Hachem.