La Torah se donne beaucoup de mal dans la paracha Nasso pour répéter les korbanot des Nesiim (chefs de tribu), en précisant le korban de chaque Nassi individuellement.
La Torah veut nous enseigner que lorsqu'un individu accomplit une mitsva, cela n'est pas considéré au ciel de la même façon qu'un acte collectif, mais plutôt Hachem se réjouit pour chaque individu comme s'il était la seule personne au monde.
L'amour et la joie d'Hachem pour chaque individu (juif) ne diminuent pas simplement parce que beaucoup de gens accomplissent la même mitsva que lui.
[Alter de Kelm - cité par le rav Yaakov Aryeh Naiman - Darké Moussar ]
[imaginons le Kotel remplit, et bien pour Hachem c'est comme si chaque juif présent est le seul au monde à faire cette mitsva! Hachem l'aime et l'apprécie immensément. ]
Catégorie : 5- Mitsva + Avéra
Joie & mitsvot
"Celui qui accomplit les mitsvot dans la joie sera 1 000 fois plus récompensé que celui pour qui les mitsvot sont un fardeau."
[Or'hot Tsadikim - Sha'ar haSim'ha]
-> Le rav Efraïm Pinczower prend l'exemple de la prière :
Il est donc clair qu'il y a des années-lumière de différence dans le compte céleste entre celui qui considère la prière quotidienne de la Amida comme une occasion joyeuse de parler à son Père céleste, et celui qui récite exactement les mêmes mots, mais dans un état d'esprit où il s'agit simplement d'accomplir les gestes (bouger les lèvres) et de partir au travail.
Notre tâche consiste à développer notre attitude pour ressembler au premier en appréciant l'incroyable privilège que nous avons de parler à Hachem chaque jour, sachant qu'Il a la capacité d'exaucer toutes nos demandes. Plus nous y parviendrons, plus cette expérience nous procurera de la joie et plus nous aurons de liens avec Lui.
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-> Cette idée de la joie est une mitsva de la Torah qu'une personne est tenue d'accomplir, car il s'agit d'un aspect à part entière du service d'Hachem, plus important que l'accomplissement de la mitsva elle-même, puisque la joie est la manière complète de servir Hachem.
[Rabbénou Bé'hayé - Kad haKéma'h - sim'ha]
=> l'état d'esprit dans lequel nous nous trouvons lorsque nous accomplissons une mitsva est plus important que l'accomplissement de la mitsva elle-même.
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-> La joie que l'on doit éprouver en accomplissant une mitsva et en aimant Hachem qui les a ordonnées est un grand type de service.
Et quiconque s'abstient de cette joie doit être puni, comme il est dit : "Parce que tu n'as pas servi Hachem, ton D., avec joie et de bon coeur".
[Rambam - Hilkhot Loulav 8:15]
=> Bien que le Rambam rédige cette halacha dans le contexte des lois de Souccos, où il existe une mitsva unique de se réjouir (voir Dévarim 16,14), l'applicabilité de la notion générale de joie concernant l'accomplissement de toutes les mitsvot est clairement évidente d'après le langage qu'il utilise ainsi que la preuve qu'il apporte à partir du verset.
Nous voyons donc que même dans le domaine halakhique, la joie est une composante très importante de notre service à Hachem.
[rav Efraïm Pinczower]
-> De son côté le Maggid Michné, dans son commentaire sur le Rambam, ajoute :
"L'essentiel est qu'une personne ne doit pas accomplir les mitsvot par simple sentiment d'obligation, parce qu'elle est forcée de les faire, même contre sa volonté.
Au contraire, il doit [réaliser les mitsvot sur ordre d'Hachem, et on doit] se réjouir de leur accomplissement ...
On doit faire abstraction des difficultés rencontrées et comprendre que c'est dans ce but qu'on a été créé : pour servir le Créateur. Lorsqu'une personne remplit la mission pour laquelle elle a été créée, elle doit assurément se réjouir.
Toutes les autres formes de joie dépendent de choses insignifiantes qui ne durent pas, mais la joie que procurent les mitsvot, l'étude de la Torah et la sagesse est la vraie joie".
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-> Le Arizal (Séfer Sha'ar haKavanot) explique que le fait d'être dans un état de joie est de la plus haute importance lors de l'accomplissement des mitsvot, et si l'on réalise des mitsvot ou si l'on fait la prière alors que l'on se sent abattu ou déprimé, la mitsva devient dégoûtante pour Hachem.
Dans les mots du Arizal : "il est interdit de prier lorsqu'on est triste/déprimé ... il faut le faire avec autant de joie que possible ... cela est comparable à un serviteur qui sert son maître avec une grande joie, et si quelqu'un sert dans un état de tristesse, ce service est considéré comme répugnant pour le maître."
-> Le Arizal (Chaar haKavanot - drouché Birkot haChakhar) écrit :
"Une personne doit se comporter devant Hachem avec un grand sens de la soumission, de l'admiration et de la crainte. En même temps, elle doit être aussi joyeuse que possible.
Cela est comparable à un serviteur qui doit servir son maître avec joie. S'il sert avec tristesse, son service est répugnant devant son maître.
On pourrait presque dire que l'élévation principale, la perfection et la compréhension du roua'h hakodech dépendent de la (joie) pendant la prière ou l'accomplissement de toute autre mitsva.
La guémara (Béra'hot 30a) rapporte l'histoire d'une personne qui était particulièrement joyeuse et qui expliquait que c'était parce qu'elle portait des tefillin.
Ne prenez pas ce sujet à la légère, car il y a une grande récompense pour cela".
Mitsva & Avera – la valeur dépend de l’effort
En ce qui concerne les transgressions, leur punition sera proportionnelle au degré de résistance à la faute. Plus il sera facile de résister à la tentation de commettre une faute, et plus on sera puni si on finit par fauter.
Et bien que l'homme soit puni pour n'importe quelle transgression, cette punition ne sera pas la même suivant la situation. Car si l'homme faute pendant une période où il ressent une grande facilité de s'abstenir de fauter, alors sa punition sera décuplée.
D'après ceci, il est possible que l'homme commette parfois une même transgression à deux instants égaux de par leur nature, et que, malgré tout, sa punition soit différente, car il faut tenir compte de la manière dont il a résisté à la transgression avant de finalement la commettre.
[rav Israël Salanter - Ohr Israël - n°8]
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- > Le rav Salanter y écrit de même à propos des mitsvot :
"Il arrive parfois qu'un homme fasse une même mitsva à deux moments distincts, égaux de par leur nature, mais qu'il y ait une différence en ce qui concerne la difficulté de les accomplir, car chaque chose se décomposera en de multiples éléments fins, puisque la difficulté de mise en œuvre sera différente selon la manière de les faire.
Par exemple : quelqu'un étudie dans un premier temps pendant une heure, et son esprit est parfaitement clair, sa nature ne s'oppose pas à cette étude. Il ne ressent aucune difficulté dans son âme, ou tout au plus, un petit peu pendant son étude. Et puis, à un autre moment, la situation s'inverse complètement, et l'étude lui apparait alors comme un lourd fardeau pesant sur son âme ...
Et il en est de même dans tous les domaines : il n'y a aucun moment qui ressemble à un autre du point de vue de sa forme. Et même ses actions, même s'il les accomplit sans le moindre changement au niveau de leur nature, malgré tout, du point de vue de leur forme, la différence sera importante."
Les juifs = plus grand que les anges
+ Les juifs = plus grand que les anges :
-> Il existe un niveau de grandeur encore plus profond caché dans l'accomplissement de notre avodat Hashem lichma (désintéressé - pour Hachem et non pour un gain personnel futur). Parfois, on peut avoir l'impression de recevoir, mais en réalité, il s'agit d'une forme de don.
Un mari qui accepte avec joie le dîner d'amour de sa femme peut être considéré comme un donateur. Il donne à sa femme la possibilité de satisfaire son désir et de lui donner à manger. Il lui permet de faire ce qu'elle veut. Il s'agit certainement d'une forme de don, même s'il s'agit d'une forme de prise.
Sur la base de cette idée, le rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - Emouna & Bé'hira) ouvre la porte à une profondeur extraordinaire dans notre relation avec Hachem, qui peut servir de source de grande joie et de renforcement dans toutes nos avodat Hachem.
Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 95) écrit :
"Tout ce qui est atteint lorsque les gens accomplissent les mitsvot d'Hachem n'est que cela : C'est Son désir de nous faire du bien, et lorsque, par l'accomplissement de ces mitsvot, un homme se rend capable et prêt à accepter ce bien, Hachem lui accordera des bienfaits.
Il leur a donc enseigné la bonne voie à suivre pour devenir des personnes honnêtes, à savoir la voie de la Torah, par laquelle l'homme devient bon. Par conséquent, quiconque accomplit les mitsvot d'Hachem satisfait le désir d'Hachem en étant digne de recevoir Ses bienfaits.
En revanche, si quelqu'un ne se prépare pas à cela, sa faute est très grave, car il connaît le désir d'Hachem et agit pourtant à l'encontre de ce désir."
-> Hachem peut nous offrir de nombreux cadeaux et bienfaits, et c'est ce qu'Il fait, même si nous ne les méritons pas. Cependant, Son plus grand désir est que nous gagnions le droit de recevoir ces cadeaux en écoutant Ses instructions ; si nous avons travaillé dur pour mériter ces cadeaux qu'Hachem veut nous donner, il y a moins de honte de notre part lorsque nous les recevons que lorsque nous les recevons pour rien.
[c'est ce qu'on appelle le "le pain de la honte" (na'hama dé'hissoufa). Lorsque quelqu'un reçoit un cadeau qu'il ne mérite pas, cela s'accompagne d'un sentiment de gêne. Hachem aurait pu laisser nos âmes à côté de Son Trône de Gloire, profitant de tout, mais Il a préféré nous envoyer dans ce monde pour Le servir dans l'effort. En effet, ainsi il n'y a plus de sentiment de honte, et le plaisir est infiniment plus grand. ]
Cela augmente de façon incommensurable la grandeur et la perfection de la bonté, et c'est le désir d'Hachem de nous offrir le cadeau le plus parfait possible.
Cela signifie qu'un juif a la capacité, en quelque sorte, d'aider Hachem! Il a la capacité de permettre à Hachem de réaliser Son désir, qui est de nous offrir les cadeaux les plus parfaits.
Notre avodat Hachem peut être accomplie sous la forme d'un don à Hachem, c'est-à-dire en donnant à Hachem la capacité de faire ce qu'Il désire le plus, nous combler de cadeaux sans s'accompagner de honte.
Non seulement c'est un don à Hachem, mais c'est en fait la plus grande imitation possible d'Hachem, car il agit purement pour le bien d'autrui, c'est-à-dire pour Hachem lui-même.
À cet égard, le juif est même plus grand que les anges les plus saints.
Les anges reçoivent et apprécient tous les plaisirs de la proximité et de la compréhension d'Hachem, mais sans rien faire pour qu'il en soit ainsi.
D'une certaine manière, Hachem n'est pas très heureux d'offrir de tels cadeaux, car ils n'ont pas été mérités et s'accompagnent donc d'un certain degré de honte de la part de celui qui les reçoit.
Le juif, en revanche, en s'efforçant d'observer toutes les mitsvot, donne à Hachem l'occasion d'accomplir le maximum de bonté et de le couvrir d'un cadeau sans honte.
C'est pour cette raison que les nos Sages nous racontent que Moché Rabbénou a supplié Hachem de lui permettre d'entrer en terre d'Israël afin qu'il puisse accomplir les mitsvot applicables uniquement en terre d'Israël) et recevoir une récompense pour celles-ci. Moché n'était pas intéressé par la récompense pour son propre bénéfice ; il voulait gagner une récompense supplémentaire pour fournir à Hachem des occasions supplémentaires de lui faire du bien de façon totale sans honte.
[plus nous faisons des mitsvot, plus nous permettons à Hachem de nous faire du bien, et plus nous faisons le plus grand plaisir à Hachem. Quelle grandeur a chaque juif! ]
"Et sachez de votre faute, qu'elle vous trouvera" (Matot 32,23)
-> Le rav Eliyahou Dessler donne une explication très forte : "Après la mort, nous nous trouverons comme au milieu de notre passé."
Si, lors de notre séjour dans ce monde du libre arbitre et de l'action, nous sommes restés attachés à la Torah et aux mitsvot, notre être se maintiendra alors fermement lié à elles et à Celui qui nous en a fait dont [D.].
Cet état subsistera non pas comme ayant appartenu au passé révolu, mais il demeurera au présent.
Il en sera de même pour nos fautes : Nous aurons alors le sentiment de les perpétrer activement, tout en sachant le plus clairement possible ce que sont les mitsvot et les transgressions.
Il n'y a pas de châtiment plus terrible que celui-ci, et il n'existe pas de repentir plus douloureux.
Voilà ce que signifie : "Et sachez de votre faute qu'il vous trouvera."
+ Le mot hébreu pour la "vie" est : 'haïm (חיים), qui est un pluriel.
C'est parce que nous vivons dans 2 mondes, puisque chaque action que nous faisons dans ce monde affecte l'autre monde.
Lorsque l'on quitte ce monde, seules la Torah et les bonnes actions (maasim tovim) nous accompagnent (Pirké Avot 6,9). C'est ce à quoi fait allusion le mot "mét" (מת), qui est un acronyme de maasim tovim et de Torah.
Le mot mét (la mort) nous rappelle donc que nous devons vivre dans un but supérieur.
[rav Yéhochoua Alt]
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-> b'h, issu du dvar Torah : https://todahm.com/2022/09/28/37251
Les mitsvot
+ Les mitsvot (selon le Baal Chem Tov) :
-> La Torah et les mitsvot émanent de l'essence même de D., qui est la véritable Unité.
Par conséquent, lorsqu'une personne accomplit une mitsva correctement et avec amour, qui est un attachement avec Hachem (dvékout), elle saisit l'Unité.
[En accomplissant cette mitzva], c'est comme si elle les avait toutes accomplies, car elles sont toutes liées dans une structure commune qui exprime l'unité de D.
[Ner Mitsva 13a]
-> "Une mitsva conduit à une autre mitsva" (Pirké Avos 4,2).
Le mot mitsva est lié au mot tsavta, qui désigne l'attachement et l'unification.
Ainsi, [la michna peut être rendue,] "Une mitsva" = une expérience d'attachement à D. (dvékout), conduit à une autre mitsva" = un état encore plus élevé de dvékout.
[Dégel Ma'hané Efraïm - Kora'h]
-> "Les personnes au cœur sage acquièrent des mitsvot" (Michlé 10,8).
Le Baal Shem Tov pose la question suivante : "Pourquoi ce verset ne mentionne-t-il pas le mot mitsva au singulier?
Parce que [chaque mitsva comporte 2 aspects] que nous devons trouver ensemble. L'accomplissement physique de la mitsva est appelé "mitsva inférieure", et la pensée et l'intention de la mitsva sont appelées "mitsva supérieure".
Ainsi, lorsque [nous récitons une bénédiction avant d'accomplir une mitsva], nous disons : "Béni sois-Tu ... qui nous a sanctifiés par ses mitsvot (bémitsvotav)" en utilisant le pluriel.
[Ohr haGanouz laTsadikim - Vayéra]
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-> Chaque fois qu'une personne étudie la Torah ou accomplit une mitsva, elle doit se rendre compte que l'agent de ses actions n'est pas vraiment elle-même, mais la Ché'hina (la Présence Divine).
[Tsafnat Panéa'h 21b]
-> "La récompense d'une mitsva n'est pas donnée dans ce monde" (guémara Kidouchin 39b).
Selon le Baal Chem Tov, la raison en est que ce monde est incapable de recevoir la lumière d'une seule mitsva ou d'une seule bonne action.
[Cette lumière émane] de l'Infini (Hachem), béni soit-il, et même une étincelle de cette lumière contient [qualitativement] le tout. (une 'miette' de l'infini est infinie)
[Ainsi, la récompense pour chaque mitsva est infinie, alors que ce monde est limité.
[Méor Einayim - Béchala'h]
-> En référence au mystère de l'Unité de D., le Baal Chem Tov déclare que chaque fois qu'une personne saisit une "partie" de l'Unité, elle saisit le tout.
La Torah et les mitsvos émanent de Son essence, qui est la véritable Unité. Par conséquent, lorsqu'une personne accomplit une mitsva correctement et avec amour, elle se lie à Lui (Hachem) ; avec cette mitsva, elle saisit une partie de l'Unité, et ce faisant, elle saisit le tout. C'est comme s'il avait accompli toutes les mitsvot, qui ensemble, constituent l'Unité de D.
[En particulier, lorsqu'une personne éprouve de la joie, elle doit se lier à la joie suprême, qui est la racine de tout.
[Kéter Chem Tov 111]
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-> "J'étais insensé et ignorant, j'étais comme une bête devant Toi. Mais je suis avec Toi continuellement" (Téhilim 73,22-23).
Le Baal Chem Tov enseigne : Un juif doit être extrêmement humble, se considérant comme un idiot total dans son appréhension de la divinité.
Il doit accomplir les mitsvot dans un esprit de "kabbalat ol" (l'acceptation du joug du Ciel), et non pas parce qu'il les comprend. Puisque D. les a ordonnées, elles sont des décrets du Roi Omnipotent. Ce n'est qu'ainsi que l'on peut atteindre le niveau de "Je suis avec Toi continuellement".
Il sera alors lié à D. et à ses mitsvot par toutes les fibres de son âme.
En vertu de ce lien puissant, une personne finira par commencer à comprendre ce qui était auparavant caché à son intellect. Ainsi, lorsque la Torah a été donnée, le peuple juif a déclaré : "Nous ferons et nous comprendrons" (Michpatim 24,7) = il fallait d'abord qu'il y ait un acte réel ; ensuite, il était également possible de comprendre.
[Sipouré 'hassidisme, cité dans Meir Einé Israël, Emouna]
Les mitsvot permettent de s’élever au-dessus du mazal
+++ Les mitsvot permettent de s'élever au-dessus du mazal :
"Si vous allez selon mes lois, et que vous garderez mes mitsvot et que vous les exécuterez. Je vous donnerai les pluies en leur temps, et la terre donnera son produit et l'arbre du champ son fruit" (Bé'houkotaï 26,3-4)
-> Un explication du Ohr ha'Haïm haKadoch est :
On peut interpréter ce verset d'après ce que nos Sages ont écrit dans le midrach (Mikets 44,11) : "D. s'adressa à Avraham et lui dit, regarde le ciel!" = cela nous apprend que D. l'a élevé au-dessus des Mazalot.
C'est ce que le verset écrit "si vous allez selon mes lois" (im bé'houkotaï télé'hou). De quelles lois s'agit-il?
Le prophète Yirmiyahou (33,25) écrit : "les lois des astres" (le Mazal).
Alors le verset nous apprend que si vous voulez surmonter votre Mazal, la condition est que "vous garderez mes mitsvot". C'est-à-dire que par le biais des mitsvot que vous respecterez, vous dominerez votre Mazal et vous l'élèverez.
C'est grâce à cela qu'Avraham a pu enfanter. D'après le Mazal Tsédek sous lequel il est né, il ne pouvait pas enfanter mais, grâce à ses bonnes actions, D. a changé son Mazal. C'est ce que le verset écrit "et vous les ferez!" = c'est-à-dire que D. réorganise les Mazalot afin qu'Il puisse amener le bien qu'il espérait.
Nos Sages (guémara Nédarim 32) disent : "le peuple juif ne dépend pas du Mazal" = c'est-à-dire qu'il le domine et par ses bonnes actions, il peut le changer.
Le prophète Yéchayahou (66,22) dit : "comme un ciel nouveau je crée pour vous" = c'est-à-dire que grâce à l'étude de la Torah et aux mitsvot qu'ils réalisent, des cieux nouveaux se créent. C'est l'explication du verset "vous les ferez".
Importance de se préparer avant une mitsva, une prière
+ Importance de se préparer avant une mitsva, une prière :
-> Chaque mitsva que nous accomplissons, chaque prière que nous prononçons et chaque mot de Torah que nous apprenons apporte de plus en plus de sainteté et de divinité dans toutes les facettes de notre existence. Cependant, cette bénédiction a besoin d'un endroit où demeurer si elle veut rester.
Tout le flux de bénédiction accumulé suite à nos mitsvot a besoin d'une "maison/entrepôt" où rester. , Et à défaut de cela, bien qu'elle puisse rester pendant un court moment, elle ne peut pas demeurer dans nos vies sur le long terme.
Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayétsé) enseigne que la "maison" (ce lieu de stockage) que nous devons construire pour la sainteté de nos mitsvot est formée par les intentions (la kavana) que nous avions et les préparations que nous avons faites avant d'accomplir la mitsva.
Par exemple : si quelqu'un rendre directement dans la prière de Min'ha, avec sa tête occupée en partie dans ses préoccupations et en partie à lire la Amida, bien que sa prière soit précieuse et sainte, il ne peut pas vraiment changer à cause d'elle ; son essence ne s'élève pas parce que la sainteté de la prière n'a pas de lieu dans laquelle elle pourra demeurer sur le long terme.
Cependant, si quelqu'un passe ne serait-ce que 2 minutes avant de prier, à se concentrer sur l'action formidable qu'il est sur le point de faire en s'adressant directement au Maître du monde, la sainteté de sa prière restera avec elle et répandra la bénédiction dans sa vie.
En fait, lorsqu'il s'agit de prier, la halakha stipule qu'il faut "attendre un certain temps avant de prier afin de concentrer son cœur sur Hachem" (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 93:1) et de "considérer l'élévation de D ; et la bassesse [en comparaison] de l'homme, en ôtant de son cœur tout désir de jouissance physique" (Kitsour Choul'han Aroukh 18:3).
[si tu avais pleinement conscience que pendant ta Amida tu es dans le Saint des saints du Temple, en face à face avec Hachem (le Maître de toute chose), qui n'écoute que toi, qui se réjouit et apprécie chacun mot que tu prononces (étant prêt et pouvant tout te donner), est-ce que notre prière serait la même? Et pourtant c'est la réalité! ]
Mais en réalité, cette idée s'applique également à tous les actes de sainteté.
-> Lorsque nous nous préparons nos intentions avant de servir Hachem, nous construisons une demeure pour que puisse rester la bénédiction que nos actions/mitsvot attirent sur nous.
Il va sans dire que plus on consacre d'efforts et de temps à la préparation, plus cette maison sera grande et plus on sera capable d'absorber de la sainteté.
Le rabbi de Berditchev enseigne qu'il existe un type de préparation qui contribue à la construction de cette "maison" plus que tout autre, et c'est le désir ardent (joie, fierté, impatience, ...) avec lequel nous accomplissons la mitsva.
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+ En résumé :
-> Selon le rabbi de Berditchev, lorsque nous servons Hachem après nous être préparés en atteignant la concentration appropriée et le désir de proximité avec Lui, les mitsvot que nous accomplissons auront une impression durable sur nos vies et rempliront notre existence entière de sainteté et de bénédiction.
[à défaut de cela, l'impact ne sera qu'éphémère. En ce sens, avoir la kavana et du désir pour les mitsvot/prier n'est pas une chose accessoire réservée à une minorité de juifs, mais c'est vitale pour notre évolution spirituelle! ]
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-> "Mon âme a soif de Toi, mon âme languit pour Toi" (Téhilim 63,2)
-> "Ce qui est le plus souhaitable dans la avodat Hachem est le désir du cœur et l'aspiration de l'âme"
[Ram'hal - Messilat Yécharim - chap.7
"L'essentiel est que le désir d'une personne de se rapprocher d'Hachem reste constamment puissant ...
La règle est la suivante : l'essentiel, c'est le désir et l'aspiration ; il faut désirer Hachem, et à partir de ce désir, prier, apprendre la Torah et accomplir les mitsvot".
[rabbi Na'hman de Breslev - Si'hot haRan 51]
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-> Avant tout, il est nécessaire de se concentrer avant d'accomplir une mitsva ou de faire une bénédiction, et certainement avant de prononcer le saint Nom d'Hachem, car s'il agit soudainement, sa mitsva est entachée à cause de son manque de concentration ; elle est considérée comme un corps sans âme.
[rabbi Eliézer Papo - Pélé Yoets - Hachana]
-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.17) écrit :
Parmi les pratiques qui permettent à une personne d'atteindre la pureté, il y a la préparation aux sujets du service divin et des mitsvot.
En d'autres termes, il ne faut pas se lancer dans l'accomplissement d'une mitsva soudainement, lorsque son esprit est dans un état instable et qu'il n'est pas en mesure de contempler ce qu'il fait.
Au contraire, on doit se préparer et préparer son cœur avec réflexion jusqu'à ce qu'on puisse entrer dans une contemplation appropriée de ce qu'on est sur le point de faire et devant Qui on est sur le point de le faire.
Fauter = une mauvaise canalisation de nos désirs internes à la spiritualité
+ Fauter = une mauvaise canalisation de nos désirs internes à la spiritualité :
-> Le rav 'Haïm Cohen, (le 'Halban - dans son Tallelé 'Haïm - Ana béKoa'h) enseigne :
C'est à ce sujet que rav Né'hounia ben Hakana a écrit sa prière que l'on dit après avoir quitté le beit midrach (suite à avoir étudié de la Torah) et où l'on voit le monde entier courir autour des aspects extérieurs de la vie, et parfois, de l'impureté et de la corruption.
Il est venu et a dit : "Anou ratsim vé'hém ratsim" (nous courons et ils courent).
La grande différence réside uniquement dans la direction de la course ; entre se déplacer d'une manière qui nous mènera à l'accomplissement personnel ou se déplacer d'une manière qui nous mènera à un puits vide qui plombe l'étincelle de la divinité à l'intérieur et augmente le sentiment d'éloignement [de nos sources, d'Hachem].
[rav Né'hounia ben Hakana s'est rendu compte que sa course vers le beit midrach et la poursuite des plaisirs de ce monde avaient toutes deux pour origine le même sentiment d'obligation de courir (présent en toute personne), le désir passionné d'une connexion avec Hachem. ]
-> Le Maggid de Kozhnitz (Avodat Israël - Bamidbar) écrit :
Il n'y a pas un juif qui n'éprouve pas, à un moment ou à un autre, un désir ardent, de l'amour et de l'inspiration pour Hachem.
La partie Divine de l'âme juive ressent la douceur et la vérité d'Hachem. Cependant, à cause de ses fautes et de l'expérience des bas plaisirs qui demeure dans son cœur, ses saintes pensées de proximité et d'amour envers Hachem s'éteignent parce que l'amour impur qu'il a goûté dans le passé a été réveillé.
-> On raconte qu'une année, la veille de Yom Kippour, rabbi Lévi Its'hak de Berditchev s'éleva dans les royaumes célestes. Lorsque son âme revint dans son corps, il raconta ce qu'il avait vécu aux 'hassidim : "Au ciel, j'ai vu de nombreux anges blancs issus de nos actions saintes et de nos bonnes décisions.
Certains de ces anges étaient en bonne santé et d'autres étaient malades. J'ai vu aussi des anges noirs, créés par nos actions et décisions négatives, mais ces anges étaient tous malades. Beaucoup d'entre eux souffraient d'insuffisance cardiaque ou étaient en état de mort cérébrale totale. Ils étaient tous léthargiques ou estropiés".
Le rabbi de Berditchev s'arrêta un instant, plongé dans ses pensées, puis poursuivit :
"L'explication de cette vision est qu'un juif peut accomplir une mitsva de tout son cœur et de tout son esprit, de tout son être. Mais un juif ne peut jamais faire une faute de tout son cœur.
Au fond de lui, au-delà des habits négatifs d'une action malencontreuse, son cœur et son esprit sont ailleurs, là où ils veulent vraiment être, avec le yétser hatov.
Les forces créées par nos erreurs ne sont jamais entières. Ces erreurs sont en réalité l'expression d'un désir erroné de connexion spirituelle, d'un désir incroyablement saint qui continue de briller au cœur du cœur juif."
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=> Au lieu d'indiquer une pourriture morale et une impureté essentielle, la passion pour la faute et l'indulgence physique représentent souvent un désir mal canalisé d'un véritable assouvissement spirituel.
"Ce n'est pas une faim de pain et ce n'est pas une soif d'eau, mais d'entendre la parole d'Hachem" (Amos 8,11).
[ainsi un juif a naturellement besoin de bouger/courir car il a faim de spiritualité, de revenir vers sa source : Hachem. ]
Lorsque l'énergie et l'enthousiasme pour les questions de sainteté se perdent, alors ils réapparaissent sous le déguisement de la passion pour le plaisir physique et les activités mondaines.
Bien qu'il puisse sembler que nous perdions notre enthousiasme pour la sainteté à cause d'une passion distincte pour la faute et les traits négatifs, il s'agit en fait de la même passion déguisée.
-> Au lieu de voir nos pulsions négatives comme une corruption d'une énergie intrinsèquement sainte, nous nous dégoûtons de nous-mêmes et pensons que nous ne pourrons jamais changer.
N'ayant jamais reçu d'enseignement sur la véritable nature de nos désirs impurs, la canalisation de ses énergies vers le palais de l'impureté nous plongent dans un terrible état de confusion et de désespoir.
Ainsi, il est crucial que nous reconnaissions le potentiel saint de notre passion derrière l'apparence de l'impureté.
Ce n'est que lorsque nous affirmons la vertus essentielle de ces énergies et que nous voyons qu'elles peuvent être rachetées que nous pouvons les canaliser à nouveau vers un usage positif.
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-> Chaque personne doit savoir que dans le domaine spécifique où son yétser ara est particulièrement fort, elle a la capacité d'être particulièrement pure et raffinée.
[rabbi Tsadok haCohen - Tsidkat haTsadik 49]
-> Le désir puissant et destructeur qui a causé la faute elle-même, devient une force vibrante qui peut accomplir de grandes et hautes choses dans les voies de la bonté et de la bénédiction.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva]