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Plaisir d’Hachem dans notre Avoda

+ Comment vérifier si Hachem tire du plaisir de votre Avoda :

"L'apparition de la gloire d'Hachem était comme un feu dévorant au sommet de la montagne aux yeux des Bné Israël" (Michpatim 24,17)

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique que lorsqu'une personne sert Hachem correctement, elle lui procure un grand plaisir par sa Torah et ses mitsvot.

Si quelqu'un veut faire un test pour déterminer si sa avoda procure du plaisir à Hachem, il peut procéder comme suit :
S'il constate que son cœur brûle d'un désir constant de servir Hachem, et qu'elle a une forte envie d'accomplir Sa volonté, il peut être certain qu'Hachem tire du plaisir de son avoda.
C'est la raison pour laquelle il est aidé par le Ciel et qu'il reçoit des pensées et des sentiments saints dans son cœur.

C'est le sens du verset "l'apparition de la gloire d'Hachem". Comment une personne peut-elle savoir si Hachem tire du plaisir d'elle?
S'il ressent l'apparition de la gloire d'Hachem en lui et s'il ressent "un feu dévorant" dans son cœur.

La grande valeur des mitsvot

+ La grande valeur des mitsvot :

-> Peu avant son décès, le Gaon de Vilna tenait ses tsitsit entre ses mains et dit : "Dans le monde à Venir, tout ce que je donnerai ne suffira pas pour accomplir la mitsva des tsitsit. Dans ce monde, en revanche, on peut acquérir cette mitsva pour quelques centimes!"
Le Gaon de Vilna a passé toute sa vie à étudier l’intégralité de la Torah, ne dormait presque pas la nuit et accomplissait chaque mitsva dans les moindres détails. Pourquoi était-il si bouleversé de ne plus pouvoir porter de tsitsit?

La réponse est que plus une personne est grande, plus elle comprend l’ampleur et l’importance de chaque mitsva. Même une mitsva accomplie avec une intention incorrecte mérite une grande récompense (dans l'éternité de notre monde à Venir).

Le rav Aharon Leib Steinman cite les paroles de Rachi ('Houkat 21,34) qui démontrent cela. Lorsque Moché est parti combattre le géant Og et son armée, Hachem lui a dit de ne pas avoir peur. Rachi explique que Moché avait peur parce qu’Og avait un mérite : il avait informé Abraham que son parent, Lot, avait été capturé, et Avraham avait alors pu aller sauver Lot.
Or, Rachi avait précédemment (Lé'h Lé'ha 14,13) déclaré que l’intention réelle d’Og n’était pas de sauver Lot, mais qu’Avraham serait tué au combat et qu’Og épouserait alors Sarah. Ainsi, cette "mitsva" avait été accomplie dans une intention très mauvaise.
Néanmoins, Moché craignait que ce mérite ne suffise à aider Og à vaincre les juifs.
Il est donc certain qu’une personne qui accomplit une mitsva avec la bonne intention sera largement récompensée.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Nid'hé Israël - glose au chap.38) écrit de même.
Il explique que les réchaïm reçoivent leur récompense dans ce monde parce que leurs mitsvot sont "factices" et ne sont pas accomplies pour l’amour de Hachem, et que la récompense de ce monde est "factice" par rapport à celle du monde à venir.
En revanche, lorsqu’un juste (tsadik) accomplit une mitsva pour les bonnes raisons, sa récompense est réservée au monde à Venir, et elle est si grande que même les anges ne peuvent la comprendre, comme le dit le verset (Yéchayahou 64,3) : "Aucun œil, sauf le Tien, ô Dieu, n’a vu [ce qu’Il fera] pour celui qui L’attend".
Le 'Hafets 'Haïm compare cela à quelqu’un qui possède un billet de banque d’une valeur nominale si immense qu’aucune banque, même la plus riche, ne peut l’honorer.
De même, seul Hachem peut connaître toute l’étendue de la récompense des mitsvot.

-> La joie et l’exaltation du rav Steinman après avoir accompli une mitsva étaient indescriptibles. Après avoir entendu le shofar à Rosh Hashana, il était extrêmement heureux et il bénissait tout le monde de tout son cœur.
Dans ses dernières années, la question s’est posée de savoir s’il serait autorisé à jeûner à Yom Kippour. Finalement, il a jeûné. Il en était si ravi que plusieurs mois après Yom Kippour, il a dit à son petit-fils : "Je suis tellement heureux d’avoir pu jeûner à Yom Kippour!"

Un matin, le rav Steinman mit ses tefillin avec une émotion et une dévotion particulières. Lorsqu’on lui demanda pourquoi, il expliqua : "Pessa'h vient de se terminer, et pendant cette période, je n’ai pas pu accomplir cette grande mitsva, qui, selon Rambam, comprend en réalité huit mitsvot. Cette mitsva m’a manqué comme un père regrette son fils unique, et je suis donc si heureux de retrouver mes téfilin, qui me sont si chers!"

Les mitsvot sont les moyens par lesquels nous atteignons la véritable perfection [principalement dans le monde à Venir]. Sans elles, il est impossible d'y parvenir. On sait cependant que cet objectif ne peut être atteint que par le résultat combiné du respect de toutes les mitsvot.
En fait, la récompense [c'est-à-dire le niveau de bonheur et de perfection que l'on méritera] reflétera la manière dont les mitsvot ont été respectées. Selon le niveau d'observance des mitsvot d'une personne, telle sera sa perfection dans le monde à Venir, et même le moindre écart se reflétera très certainement dans le résultat final. ...
Une personne doit donc être très attentive et précise dans l'accomplissement des mitsvot et le service d'Hachem, tout autant que ceux qui pèsent l'or et les bijoux avec un soin extrême, car les mitsvot sont très précieuses puisqu'elles mènent à la véritable perfection et à la joie éternelle, qui sont les choses les plus précieuses qui soient.
[Ram'hal - Messilat Yécharim 1 ]

Le but de toutes les mitsvot est de croire en notre D. et de Le remercier de nous avoir créés.
C'est également le but de la Création, car il n'y a pas d'autre raison à la création originelle, et le D. d'en-Haut n'a aucun désir dans les mondes inférieurs, si ce n'est que l'homme connaisse et remercie son D. de l'avoir créé.
La raison pour laquelle on élève la voix dans les prières, la raison pour laquelle il y a des synagogues, et le mérite de la prière publique, tout cela est pour que l'homme ait un endroit où se rassembler et remercier D. (Hachem) de l'avoir créé et soutenu, où il peut le proclamer et dire devant Lui : "Nous sommes Ta création".
[Ramban - Bo 13,16 ]

Le fondement de la piété, et la racine du service complet et pur de D., consiste à clarifier et à déterminer ses obligations dans ce monde, et à déterminer où son regard et son objectif doivent être dirigés dans tous les efforts de sa vie.
[Ram'hal - Messilat Yécharim 1 ]

L’important c’est d’agir

Bien que les pensées d'une personne relèvent d'une faculté supérieure, en réalité, ce ne sont pas les pensées qui sont au centre de la avodat Hachem d'une personne, mais plutôt les actions ...
Nous, mortels qui vivons dans un monde physique, sommes tenus d'accomplir les actions [des mitsvot] dans tous leurs détails et leurs subtilités. Plus une personne est précise dans ses actions, mieux c'est. Si une personne peut allier la minutie à la pureté des pensées, c'est encore mieux.
Cependant, nous ne devons pas négliger les actions parce que nous sommes incapables d'avoir des pensées pures, et surtout pas négliger l'étude de la sainte guémara.
[rav 'Haïm de Volozhin - introduction au Biour HaGra sur le Shoulchan Aroukh - Ora'h 'Haïm ]

-> La guémara (Kidouchin 40a) dit : "Une personne doit toujours se considérer comme étant à moitié méritante et à moitié responsable. Si elle accomplit une seule mitsva, elle est digne d'éloges, car elle a fait pencher la balance du côté du bien."
Rabbi Elazar ajoute que, puisque le monde est jugé en fonction de la majorité des gens, et que chaque individu est jugé en fonction de sa propre majorité (chacun rend compte en fonction de ses capacités, de son contexte de vie, ...), chaque personne doit se considérer comme si elle faisait pencher la balance du monde entier : "S'il accomplit une seule mitsva, il est digne d'éloges, car il a fait pencher la balance de lui-même et du monde entier du côté favorable."
Nous voyons ici à quel point le rôle d'un individu est important dans le grand schéma des choses.

S'il est généralement vrai qu’il n'y a pas de récompense pour l'accomplissement des mitsvot dans ce monde (sé'har mitsva béhai alma lékah), cela n'est vrai que lorsque les mitsvot sont accomplies (et la Torah étudiée) d'un point de vue purement intellectuel.
Cependant, si nous étudions la Torah en raison de notre désir de nous attacher à Hachem (et de nous nier à Lui), indépendamment de notre manque de compréhension rationnelle, il s'ensuit, qu'en tant que serviteurs dévoués d'Hachem, nous jouissons de Ses bénédictions, même dans ce monde.
[d'après le Sfat Emet - Bé'houkotaï 5649 ]

Acquérir la crainte de la faute :

+ Acquérir la crainte de la faute :

-> Pour faire face à la capacité d'imagination du yétser ara (qui sait si bien nous vendre du vide), le Sabba de Kelm parle de la "la sagesse de la visualisation".
Il explique que toute la différence entre le tsadik et le racha réside dans la force de visualisation.
Le tsadik se représente dans son imagination ce qu'il adviendra dans le futur, essaye de visionner les terribles punitions qui sévissent en enfer, et grâce à tout ce travail, il parvient à la crainte de la faute.
En revanche, le racha n'utilise pas du tout cette force de visualisation, car il ne vit que dans le moment présent. Il n'a pas peur de commettre une transgression, car il n'arrive pas à se projeter dans le futur et à réaliser que son acte risque de lui faire perdre le monde futur.

La qualité qui consiste à "percevoir les conséquences", est donc la base permettant d'acquérir la crainte de la faute.

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[nos Sages nous conseillent de prendre ce petit temps pour s'interroger froidement : qu'est-ce que gagne - qu'est-ce que je perds? ]

+ Après avoir créé Adam, Hachem l'a placé dans le Gan Eden "pour le travailler et le garder" (léavéda oul'chomra - Béréchit 2,15).
Nos Sages (Zohar Béréchit 27a) nous disent que "le travailler" fait référence à l'accomplissement des commandements positifs, et que "le garder" fait référence au fait de s'abstenir des interdictions.
Le but même de la création de l'homme est la réalisation des 613 mitzvos.

Si Adam n'avait pas fauté, il serait resté dans le Gan Eden pour toujours. La distance entre la terre et le Ciel aurait été comme la distance entre une maison et un grenier, tant il lui aurait été facile de s'élever à sa guise, de se prélasser dans l'éclat de la Chékhina, puis de revenir sur Terre.

Après la faute d'Adam et sa chute (spirituelle), sa mission de "travailler et de garder" le Gan Eden a été laissée à l'ensemble de la nation juive pour qu'elle continue là où elle s'était arrêtée, en accomplissant la Torah et ses mitsvot. Lorsque nous nous sommes tenus au mont Sinaï, nous avons accepté cette mission en proclamant "na'assé vénichma". Naassé se réfère aux commandements positifs, tandis que nichma se réfère aux interdictions. (Yalkout Chimoni - Chir haChirim 986)

De même, le roi David dit : : "Evitez le mal et faites le bien" (Téhilim 34,15). Ici aussi, il faut "éviter le mal" en observant les interdictions de la Torah, "et faire le bien" en réalisant les commandements positifs. (Radak)
[rabbi David Abou'hatséra]

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-> Le Ohr ha'Haïm hakadoch (Bé'houkotaï 26,3) écrit que même avant que la mort ne soit décrétée sur Adam pour ses fautes, Hachem n'avait pas l'intention qu'il soit restreind dans ce monde matériel pour toujours. Si tel était le cas, il s'agirait pour lui d'une descente et non d'une récompense, puisque le but ultime vers lequel nous espérons se trouve dans les mondes supérieurs, où nous récolterons la récompense de nos bonnes actions.
L'intention d'Hachem était plutôt que l'homme puisse monter au Ciel comme il l'entendait, profiter des trésors de la vie éternelle, puis revenir sur terre.
L'homme devait pouvoir aller et venir d'un monde à l'autre, comme une personne qui vit à la fois dans une maison et dans un grenier. Ce fut le cas d'Eliyahou haNavi, qui monta au Ciel dans une tempête.
Cependant, à cause de la faute d'Adam, Eliyahou fut contraint de se débarrasser de son corps et de le laisser derrière lui dans ce monde.