Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Selon le Baal Shem Tov (Kéter Shem Tov 6), tous les doutes et toutes les difficultés auxquels nous sommes confrontés dans la vie découlent du fait que nous avons perdu le contact avec Hachem et avec notre moi le plus profond.
Au lieu de cela, nous menons une vie superficielle, passant d’un plaisir matériel momentané et éphémère à un autre gain émotionnel tout aussi éphémère, complètement déconnectés de ce dont notre âme a profondément besoin et ce qu’elle désire ardemment.
Nous sommes ainsi tiraillés dans différentes directions à la fois, car nous avons tous des désirs et des intérêts contradictoires. Ce n’est que lorsque nous sommes capables de voir au-delà de ces plaisirs et de ces gains, et d’entrer en contact avec nos besoins les plus profonds et avec Hachem, que nous sommes capables d’agir avec assurance à partir d’un lieu de Vérité. (Sfat Emet - Dévarim ; Likoutim - Lé'h Lé'ha)

"Nulle terre ne sera aliénée irrévocablement, car la terre est à moi, car vous n'êtes que des étrangers domiciliés chez Moi" (Béhar 25,23)

-> Le Chlah haKadoch explique :
"Si vous êtes des étrangers dans ce monde, vous serez avec Moi dans le monde à Venir!"

-> Ce n’est pas seulement en Égypte que nous étions censés nous sentir comme des étrangers ; nous sommes censés nous sentir ainsi partout. Cette idée se reflète dans le récit du 'Hafets 'Haim, qui reçut la visite d’un riche juif américain. Choqué par les conditions de vie modestes du 'Hafets 'Haim et par l’absence de mobilier, le visiteur demanda : "Rabbi, où sont vos meubles?"
"Et où sont vos meubles ?" lui répondit le 'Hafets 'Haim.
"Mes meubles sont dans ma maison!" s’exclama le visiteur.
"Mes meubles sont aussi dans ma maison", répondit le 'Hafetz 'Haim, faisant référence à sa demeure éternelle.

<--->

-> "Mais la colombe ne trouva pas de lieu de repos pour la plante de son pied" (Noa'h 8,9).

-> Le midrach (Béréchit rabba 33,6) commente que si cette colombe, que Noa'h avait envoyée depuis l'Arche, avait trouvé un lieu de repos pour la plante de son pied, elle ne serait pas revenue.
Le midrach dit ensuite qu'elle s’est dispersée parmi les nations, mais n’a trouvé aucun repos.
Si le peuple juif avait trouvé le repos parmi les nations (ex: dans leur matérialité, vision du monde), dit le midrach, il ne serait pas revenu.
[rav Moché Sternbuch]

Le corps des tsadikim après leur mort

+ Le corps des tsadikim après leur mort :

-> Lorsque le corps de grands tsadikim a pu être ramenés en Israël et réinhumés, bien qu'ils soient décédés il y a de nombreuses années, leurs corps sont restés intacts et on a l'impression qu'ils ne sont décédés que récemment. Or, nous savons que le corps, une fois enterré, commence à se décomposer.
Y a-t-il une signification au fait que le corps du tsadik ne semble pas se décomposer?

Lorsque nous sommes en vie, notre corps et notre âme se combinent pour créer l'être humain. L'âme a besoin du corps et le corps a besoin de l'âme.
Au moment de la mort, les deux partenaires de vie se séparent. Lorsque l'âme voit ce qu'est devenu le corps qu'elle appelait autrefois son foyer, elle est très peinée.
Pour alléger la souffrance de l'âme d'un tsadik, Hachem veille à ce que le corps du tsadik ne se détériore pas et soit dans le même état que lorsque l'âme et le corps ne formaient qu'une seule entité vivante.

[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1 ]

<--->

[on peut noter que moins on donne d'importance à la matérialité dans ce monde (développant sa spiritualité), plus on aura de pouvoir d'impacter notre élément matériel (corps) après notre mort! ]

Savoir déconnecter de la matérialité

"En ne poursuivant pas vos affaires et en ne prononçant pas de paroles, alors vous vous réjouirez auprès de Hachem" (Yéchayahou 58,13).

-> Le séfer Likouté Chochanim explique que si une personne est immergée dans ses affaires matérielles et physiques dans ce monde, au point d’y penser même lorsqu’elle est en train de prier pour Hachem, elle ne sera pas capable de parler correctement. L’envie de suivre ses désirs terrestres ne lui permettra pas de dire des mots de prière à Hachem.
Ces désirs empêcheront les mots de sortir de sa bouche. Même s’il dit les mots de prière, ils ne seront que machinalement prononcés et n’auront aucun sens réel.

Il ne pourra pas non plus goûter "la joie de Hachem". Il ne pourra pas ressentir la joie ressentie par les tsadikim lorsqu’ils servent Hachem, qui est bien meilleure que tout plaisir de ce monde.

Si quelqu’un veut être capable de parler correctement et de ressentir la joie d’être proche de Hachem, il doit se séparer des plaisirs et des désirs de ce monde.

En conséquence, le verset dit que lorsqu’on "ne poursuit pas ses affaires" et ne poursuit pas les désirs terrestres, on va se séparer de la joie de Hachem. alors il pourra "dire des paroles" de prière à Hachem et il pourra alors "se réjouir avec Hachem".

Plus on subjugue et brise son physique, sa matérialité, plus on goûte à la douceur de l'avodat Hachem, en voyant que le matériel n'est qu'une dissimulation [de la Vérité], une illusion sans existence véritable.
C'est là tout notre effort, conquérir le physique/matériel et supprimer la dissimulation.
[Admour de Lelov - rav David Tsvi Biderman]

Si quelqu'un prie Hachem de l'empêcher de s'enliser dans le matérialisme et les plaisirs de ce monde, il parviendra à éviter ce piège.
[rabbi de Kobrin ]

L’essentiel et le superflu

+ L'essentiel et le superflu :

-> On raconte sur le 'Hazon Ich qu'il priait toujours Min'ha Guédola (la prière de l'après-midi peut se faire dès la mi-journée) dès que l'heure de cette prière arrivait.

L'un de ses disciples le questionna : "Rav, selon la Halakha pure, il est préférable de prier Min'ha Kétana et non Min'ha Guédola. Pourquoi le Rav prie-t-il Min'ha Guédola?"
Le Hazon Ich lui répondit : "Tu as raison, mais je ne peux pas m'en empêcher! Dès qu'arrive le moment de la prière, mon âme explose de joie à l'idée de pouvoir m'adresser à Hachem!"

C'est la différence entre les hommes pieux et le reste du monde : certaines personnes ont comme pôle d'intérêt principal la nourriture, le sommeil ... et à côté, ils prient et étudient, car ils sont tenus de le faire.
Chez les tsadikim, c'est exactement l'inverse : l'étude et la prière sont leurs priorités, leur désir profond. Ils mangent et dorment, car c'est une obligation.

S'imposer des limites dans la nourriture est la meilleure barrière contre la faute, comme il est écrit : "Mettre un frein à sa bouche (c'est-à-dire aux plaisirs gastronomiques) et à sa langue, c'est se préserver de bien des tournants.
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

Considère toutes tes occupations matérielles comme si tu tâtais un tas de sable afin d'y trouver une pierre précieuse : la volonté du Créateur.
Dès lors, peu importe que tu sois honoré ou humilié, riche ou pauvre ; si tu trouves cette pierre précieuse, tu seras rempli d'allégresse.
[séfer 'Harédim 67b ]

Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Maamarim) explique que la vérité est claire pour tout le monde, et que le déni de l'existence d'Hachem n'est qu'une excuse pour se livrer à ses désirs personnels.
C'est, dit-il, pourquoi nos Sages parlent de "s'égarer après vos cœurs" (Chéla'h Lé'ha 15,39), en référence à l'hérésie. On pourrait penser que l’hérésie relève du cerveau et de l’intellect, et non du cœur. Mais les Sages nous enseignent que l’hérésie trouve en réalité ses racines dans le désir et la convoitise, car nier l’existence d'Hachem donne à une personne le droit de suivre les désirs de son propre cœur.
[rapporté par le rav Moché Sternbuch]