Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Si vous ne recherchez pas la joie de la sainteté, vous vous tournerez naturellement vers les plaisirs physiques/matériels.
[rav Moché de Kobrin]

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-> "Lorsque la vie est axée sur des objectifs spirituels, une personne réduit automatiquement ses investissements matériels et le temps qu'elle y consacre.
Son indifférence à l'égard de la réussite matérielle se mesure à l'aune de son aspiration à la spiritualité".
[ rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.1) ]

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-> En raison de la grande abondance avec laquelle Hachem a béni ce pays [les États-Unis], il existe un puissant désir de plaisir et de délectation mondains, que les gens aiment appeler "un bon moment".
Ce désir est très destructeur pour la personne qui devient dépendante de plaisirs inutiles et peut détruire son caractère, la transformant en une sorte de prédateur humain.
Au début, il ne recherche que les plaisirs autorisés, mais lorsque ceux-ci ne sont pas disponibles, il recherche ce qui est interdit.
[rav Moché Feinstein - Igrot Moché - Yoré Déa 3,71]

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-> L'argent est une bonne chose, à condition qu'il soit utilisé à bon escient et que l'on ne s'y attache pas trop.
[l'Alter de Novaradok]

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-> Le 'Hafets 'Haïm disait que le yétser ara enveloppe le désir de matérialisme dans les atours du hidour mitsva (embellir une mitsva au-delà du minimum requis).
ex: De l'argent en l'honneur du Shabbath. Des mets raffinés et des vins coûteux en l'honneur de Yom Tov. Un appartement luxueux pour que les invités se sentent à l'aise. La richesse pour être en mesure de soutenir un étudiant en Torah à long terme.

[sous couvert de servir encore mieux Hachem, en réalité c'est notre égo (divinité intérieure) que nous servons. Même si l'on suit la halakha à la perfection, il y manque l'esprit, et nous rendons principal ce qui est secondaire (le matériel n'est pas une finalité, mais un moyen).
Notre yétser ara sait que plus investissons dans la matérialité, moins nous avons d'attachement avec le spirituel. ]

Les désirs de ce monde

+ Les désirs de ce monde (selon le Baal Chem Tov) :

-> Il faut savoir que tout, que ce soit dans le monde céleste (le monde des Anges) ou dans le monde du Trône Divin, est insignifiant par rapport à D., qu'Il soit béni. Tout existe dans le vide produit par la constriction de la Lumière Infinie, lorsque D. s'est resserré [pour ainsi dire, au début de la création], et tout a été amené à l'existence par une parole divine. [voir Ramban pérouch al haTorah Béréchit 1,1]
Par conséquent, pourquoi devrions-nous être attirés par un quelconque désir pour tout ce qui existe dans ces mondes, alors que tout n'est qu'une partie d'une parole prononcée par Lui?
Il serait préférable de s'attacher avant tout au monde surnaturel, au Créateur, qui est la réalité essentielle, et non à ce qui est secondaire.

C'est ce que le Zohar (II, 134b) veut dire [lorsqu'il déclare] : "Méritoires sont les tsadikim qui savent ce qui a une vraie valeur. Le désir de leur cœur est dirigé vers le Roi Surnaturel et non vers ce monde et ses passions sans valeur."
Car le destin de tous les mondes est la destruction. [Au lieu de cela], on devrait toujours s'attacher au Créateur, avec un amour absolu. On doit l'aimer plus que tout ce qui existe dans le monde, car toute bonne chose qui existe est incluse dans sa Source, qui est D.
[Tsavaat haRivach 84, section 3]

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-> Il faut s'abstenir de regarder avec désir les choses matérielles et les belles femmes en particulier.
Ce type de regard est égoïste et s'apparente à l'adoration d'une idole.
Au contraire, si l'on voit soudainement une belle femme, il faut se dire : "Qu'est-ce qui la rend belle si ce n'est la force Divine de vie qui l'habite? Et si cette force vitale Divine est la source de la beauté, pourquoi serais-je attiré par une petite partie de cette force? Au lieu de cela, je m'attache à la Source et à l'Essence de tous les mondes, où se trouve toute la beauté."

De même, lorsque l'on contemple un objet matériel, tel qu'un vase, on doit se demander : "D'où vient la beauté de ce vase (si ce n'est du Créateur)?"
L'aspect physique de l'objet n'est pas important. Sa beauté et son design, cependant, reflètent sa spiritualité et sa force vitale. [Cet aspect intérieur de l'objet] est aussi une partie de D.

De même, lorsque l'on mange, il faut se rendre compte que le goût et l'agrément de la nourriture proviennent de sa force vitale intérieure et des délices du monde surnaturel.
Même les objets inanimés sont imprégnés de force vitale, ce qui peut être déduit du fait même de leur existence. Ainsi, la force vitale Divine est partout. [sans D. aucune chose ne pourrait exister, même une seule seconde supplémentaire]

Si quelqu'un regarde de cette manière, et si son regard est pour l'amour de l'Infini (Hachem), cela l'aidera grandement à surmonter les pensées impures.
[Tsavaat haRivach 90 , section 1]

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-> "Détournez-vous du mal et faites le bien, cherchez la paix et poursuivez-la" (Téhilim 34,15).

Le Baal Chem Tov enseigne : Dans chaque chose physique autorisée par la Torah, il y a le bien et le mal. L'aspect matériel est mauvais, et la force vitale Divine qui anime l'objet est bonne.
La personne qui utilise un objet physique doit "se détourner du mal" et ne pas désirer le plaisir qu'il procure. Elle doit plutôt "faire le bien" en tirant sa subsistance et son aide de la force de vie Divine qui se trouve à l'intérieur de l'objet.

"Cherchez la paix et poursuivez-la". Celui qui "se détourne du mal et fait le bien" doit s'efforcer de faire la paix entre l'aspect physique et la force de vie Divine qui l'anime.
[Pour ce faire, il faut l'utiliser d'une manière sacrée et non pour le plaisir physique].
En effet, c'est le but ultime de la création de l'homme et de sa descente dans ce monde physique : il doit élever le physique/matériel vers le spirituel.
[Séfer haMaamarim - Yiddich p.76]

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-> Prenons un exemple : une petite pièce de monnaie, si elle est tenue devant nos yeux, elle nous empêchera de voir une grande montagne.
Même si la montagne est des milliers de fois plus grande que l'objet, pourtant, parce que la pièce se trouve devant nos yeux, elle bloque la vision de sorte qu'un objet beaucoup plus grand ne peut pas être vu.

De même, lorsque le moment est venu pour une personne d'entrer dans ce monde, elle s'enfonce dans ses vanités et pense que rien ne pourrait être mieux. Ce monde, bien que petit et insignifiant, l'empêche de voir la grande lumière de la Torah ...
Cependant, si l'on pouvait enlever le petit obstacle devant ses yeux, si l'on pouvait détourner son regard (de la matérialité), et au lieu de cela, lever la tête, lever les yeux et regarder au-dessus des occupations mondaines qui interviennent, on mériterait de voir la grande lumière de la Torah et des tsadikim.
En vérité, leur lumière est des milliers et des myriades de fois plus grande que ce monde et ses futilités ...

C'est ainsi que le Baal Chem Tov s'est exclamé : "Hélas! Le monde est plein de lumières et de mystères merveilleux et impressionnants, mais une petite main se tient devant les yeux, les empêchant de voir ces grandes lumières".
[Likouté Moharan 1:133 , abrégé]

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-> Il faut attacher ses pensées au-dessus (au Ciel) et ne jamais manger ou boire à l'excès, mais uniquement dans le but de préserver sa santé.
On ne devrait prêter aucune attention [aux flatteries de] ce monde [matériel], et les considérer comme totalement sans valeur.
De cette façon, on peut se détacher de la matérialité.
[Cependant,] en fixant son attention sur les choses du monde, on se rend [d'autant plus] corporel.
[à la différence des non-juifs, ce monde est un moyen au service de notre vie juive, et non une finalité, sur laquelle on va se focaliser, mettre toute notre attention]
Nos Sages (guémara Ména'hot 43b) ont enseigné que le fait de voir amène à notre esprit [notre nature inférieure] et des désirs matériels.
C'est ainsi qu'il est dit que l'Arbre de la Connaissance était "désirable à voir et bon à manger" (Béréchit 3,6). En d'autres termes, le simple fait de contempler l'Arbre de la Connaissance suscite le désir.
[ainsi plus on prête "œil", notre attention, à ce monde, plus on permet aux désirs de ce monde de s'installer en nous. Nous devons nous plutôt s'en protéger et développer un "œil" juif sur ce qui nous entoure. ]
[Tsava'at haRivach 5]

-> Attachez votre pensée à ce qui est au-dessus. Ne mangez ni ne buvez excessivement, mais seulement dans la mesure nécessaire pour rester en bonne santé.
Ne regardez jamais intensément les choses matérielles, ne leur prêtez trop d'attention, afin de vous détacher du physique, matériel.
Regarder avec trop d'attention les choses matérielles rend grossier ...
Considérez que [en tant que juif(ve)] vous appartenez au monde céleste et que tous les habitants de ce monde ne devraient pas avoir d'importance pour vous. Car le monde entier n'est qu'un grain de sable par rapport au monde céleste ...

Tes pensées doivent toujours être isolées avec la Chékhina, ne pensant qu'à ton amour continu pour Elle afin qu'Elle s'attache à toi. Dis constamment dans ton esprit : "Quand mériterai-je que la lumière de la Chékhina demeure avec moi?"
[Tsava'at haRivach 5-8 ]

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-> Le Baal Chem Tov a dit un jour : Pourquoi la sexualité est-elle une si grande passion? En effet, on éprouve aussi du plaisir en mangeant et en faisant d'autres choses physiques.

[Cependant,] l'homme est né en conséquence d'un désir sexuel. [C'est pourquoi] tous les plaisirs sont secondaires et inclus dans ce désir. C'est pourquoi il s'agit de la plus grande passion.
Cela étant, [tous les désirs physiques] sont tous enracinés dans quelque chose d'insignifiant. Il faut au contraire s'attacher à Hachem.
[Likouté Amarim de Rabbi Ména'hem Mendel de Vitebsk 40 ; Tsavaat haRivach 101]

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-> Une personne ne doit pas se sentir le moins du monde déprimée parce qu'elle n'a pas satisfait ses désirs. Au contraire, il doit se réjouir d'avoir mérité de les maîtriser pour la gloire de D.
Ainsi, nos Sages déclarent : "Il est écrit, à propos de ceux qui se réjouissent de leurs afflictions : "Que ceux qui L'aiment soient comme le soleil qui se lève dans sa force"" (guémara Shabbath 88b). Puisque l'on ne suit pas ses désirs, même en pensée, mais qu'on les méprise, on est capable de maîtriser les klippos (enveloppes du mal).

"Qui peut monter sur la montagne de Dieu? Celui qui a les mains propres et le cœur pur" (Téhilim 24,3-4).
Le Zohar (I, Béréchit 10a) explique : "Un cœur pur" se réfère à quelqu'un qui ne permet pas à sa volonté et à son cœur d'être attirés par l'Autre Côté (les forces du mal, son yétser ara)."
[Une personne ne peut faire l'expérience de la Divinité que dans la mesure où elle a surmonté ses passions physiques. ]
[Tsavaat haRivach 9]

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-> Imaginons qu'une fantaisie vous vienne à l'esprit, une envie de quelque chose de ce monde.
Éloignez votre esprit de cette fantaisie. Méprisez cette envie jusqu'à ce qu'elle vous soit odieuse et répugnante. Réveillez votre envie de bien contre l'envie de mal et contre cette envie, et vainquez-la de cette manière.

Mais ne laissez pas cette envie insatisfaite vous déprimer. Au contraire, réjouissez-vous d'avoir le privilège de soumettre vos désirs pour l'honneur du Créateur, béni soit-il !

C'est une façon de comprendre ce que nos rabbins voulaient dire lorsqu'ils parlaient de "ceux qui se réjouissent de leur souffrance".
[Tsavaat haRivach 9 ]

Le yétser ara commence à séduire l’homme en le convainquant de prendre part aux vanités du monde et de passer plus de temps à s’y adonner. Plus il se concentre sur les activités de ce monde, plus il s’éloigne de la prière et des autres mitsvot.
De plus, une fois que cela s’installe dans l’esprit d’une personne comme un idéal, la poursuite des plaisirs de ce monde, elle regrette toutes les prières et les mitsvot qu’elle a accomplies dans le passé (voir Nazir 4b, Tossafot "alé'ha") ...

Lorsqu’une personne s’adonne aux plaisirs mondains, cela l’amène à se détourner des mitsvot ...
car ces deux choses sont étroitement liées : l’une conduit automatiquement à l’autre.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayichla'h 36,22]

+ [ Le jour de Roch ‘Hodech Elloul, Moché est à nouveau monté sur le mont Sinaï pour prier en tant qu’émissaire d’Israël, demandant à D. d’avoir pitié d’eux et de les pardonner. Le jour de Yom Kippour, leur repentir a été pleinement accepté. Moché est descendu pour donner aux juifs le 2e ensemble de Tables de la Loi et pour les informer qu’ils étaient pardonnés de la faute du Veau d'or. ]

La montée de Moché sur le mont Sinaï pour recevoir la Torah (les Lou'hot) une seconde fois, maintenant à la tête d'une nation de pénitents (chacun ayant fait téchouva sur le Veau d'or), met en lumière un objectif central d'Elloul : le retour à la Torah.
Chaque juif a une contribution unique à apporter à notre mission nationale d'étude et de diffusion de la Torah, comme nous le demandons trois fois par jour dans nos prières : "Accorde-nous notre part de Ta Torah" (véten 'helkénou béToratékha).

Les origines de ce concept remontent même avant la Création du monde, puisque les Sages enseignent (Yalkout Chimoni - Béréchit 2) qu'Hachem a utilisé la Torah comme plan pour construire l'univers. Ainsi, le monde est apparu et continue d'exister uniquement pour la Torah ; il s'ensuit que chaque être individuel n'est soutenu que grâce à sa part unique dans la Torah.
Bien qu'un juif puisse s'éloigner de ses racines dans la Torah au cours de l'année, lorsque Elloul arrive, il retrouve toujours le chemin de ses racines.

En effet, c'est précisément ce processus de reconnexion aux racines de la Torah qui constitue l'essence de la téchouva : s'extraire du marasme du matérialisme qui engloutit le monde et s'attacher à nouveau à Hachem et à Sa Torah.
Dans cette optique, nous pouvons constater que la téchouva n'est en aucun cas réservée exclusivement aux fauteurs, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de se détourner de notre préoccupation excessive pour les modalités du monde matériel et de revenir à Hachem.
C'est ainsi que nous prions 3 fois chaque jour de la semaine : "Ramène-nous, notre Père, à Ta Torah" (achivénou avinou léToratékha).
[Sfat Emet - Likoutim]

"Combien est difficile le décès pour celui qui n'a pas détaché son âme des désirs de ce monde avant que la mort ne l'en délasse.

Et nos maîtres, de mémoire bénie, enseignent dans le traité Déré'h Eretz : "Si tu veux ne pas mourir, meurs avant de mourir".
Explication : celui qui veut que le jour de la mort se transforme en vie perpétuelle doit bâtir son for intérieur de manière à se détacher, durant son vivant, de la terre et de laisser les affaires charnelles qu'il abandonnera, haïra et oubliera quoi qu'il en soit ; de ne se servir de la terre que pour le service du Créateur, béni soit-Il.
Alors son décès sera le début d'une vie ininterrompue."
[Rabbénou Yona - chaaré Téchouva]

Il ne suffit pas d'acquérir les 48 attributs qui mènent à la Torah (cité dans les Pirké Avot). Pour acquérir véritablement la Torah, il faut être dégoûté du matérialisme au point d'en ressentir de l'amertume, tout comme l'olive est amère (d'où le symbolisme de l'olive, de l'huile).
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Kidouchin 49b]

Le corps est comme une chaussure pour l’âme. Tout comme une chaussure ne recouvre que la partie la plus basse du corps, de même le corps n’habille que la partie la plus basse de l’âme.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm 1,1 ]

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[dans la matérialité de ce monde, sachons s'identifier à ce que nous sommes vraiment (une âme très élevée, une partie Divine, provenant de sous le Trône d'Hachem). Par ailleurs, à nous de rester focus sur l'essentiel (sans s'éparpiller dans des futilités passagères), et à investir pour embellir notre éternité (ex: comment aurons-nous aménagé notre monde à Venir éternel, à quoi ressemblera notre âme qui y sera habillée par nos mitsvot). ]

La matérialité au service de la spiritualité

+ La matérialité comme moyen au service de la spiritualité :

-> Dans les Pirké Avot, on nous enseigne que lorsqu'un homme s'assoit pour prendre un repas, il s'agit d'une expérience qui peut être soit édifiante, soit avilissante. Lorsque trois personnes mangent ensemble et ne prononcent pas de paroles de Torah à table, c'est comme si elles avaient mangé une offrande idolâtre. Mais si elles prononcent des paroles de Torah, c'est comme si elles avaient mangé à la table même d'Hachem.
Il n'y a apparemment pas de juste milieu ; c'est soit comme si l'on avait mangé à la table d'Hachem, soit de la avoda zara (idolâtrie).
Il existe une différence fondamentale entre les juifs et les non juifs quant à la manière dont ils perçoivent ce monde.
Les non juifs croient que le monde physique (matériel) et le monde spirituel sont deux mondes complètement séparés. Ils croient qu'ils peuvent se connecter au monde spirituel en priant, mais dès qu'ils cessent de prier et s'engagent dans le monde physique, comme manger, il n'y a plus de connexion avec le monde spirituel.
Cependant, nous croyons que notre travail dans ce monde est d'infuser des étincelles de sainteté dans toutes nos actions physiques et d'élever chaque partie de notre vie.

Un juif est autorisé à apporter un Korban Shélamim, qui est mangé par celui qui l'apporte, alors qu'un non-juif n'est autorisé à apporter qu'un Korban Ola, qui est complètement brûlé.
Ils ne peuvent pas apporter un Korban Shélamim parce que nous ne voulons pas qu'ils en mangent, car ils ne reconnaissent pas que le fait d'en manger peut être transformé dans le monde spirituel.
Le peuple juif prend part aux Shélamim et les élève au rang de spiritualité.

Manger est une nécessité de la vie, et si l'on n'insuffle pas de spiritualité dans son alimentation, on est comme les non-juifs, et d'ailleurs comme toutes les créatures de la terre qui mangent de la nourriture pour vivre. Il faut manger, boire, dormir et accomplir toutes les actions physiques et banales en pensant qu'on le fait pour que son corps fonctionne correctement et qu'on puisse servir Hachem.
Celui qui dit des divré Torah lors d'une séouda (repas) élève toute sa séouda de telle sorte qu'il a l'impression d'être assis à la table de Hachem et d'y prendre part.
[le Emet léYaakov ]

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-> Selon le Avodat Israël :
Le fait de manger peut être fait d'une façon spirituelle et peut être une expérience spirituellement édifiante, ou, D. préserve, cela peut être une chute spirituelle.
Une table devient comme une sainte Mizbéa'h lorsque l'on est méticuleux et que l'on imprègne son repas de sainteté, par exemple en se lavant les mains, en récitant des bénédictions et en prononçant des divré Torah.
C'est ce que nous appelons un "choul'han".

Cependant, si une personne n'élève pas sa séouda au rang de spiritualité, mais qu'au contraire elle se concentre sur la satisfaction physique, matérielle, par la consommation de nourriture, alors les lettres de "שולחן" (choul'han - table) sont réarrangées pour épeler "לנחש" (léna'hach - le serpent [originel] ), qui symbolise Satan, c'est-à-dire que le repas va au serpent, ce qui signifie que la table est occupée par Satan et qu'il cherche à inculper la personne pour ses fautes.

En ce sens le moment du repas du séder de Pessa'h s'appelle "Choul'han Orékh" (la table dressée), afin d'appuyer sur notre nécessité de se comporter pour que les lettres de choul'han sont dressées et doivent le rester, de sorte que notre séouda doit participer à la sainte avoda du Mizbéa'h.

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-> Selon le 'Hatam Sofer :
La table d'une personne est comme une Mizbéa'h, comme il est dit, à propos du Mizbéa'h : "zé achoul'han acher lifné Hachem" (Yé'hezkel 41,22).
Etant donné que la Choul'han (la table) est comme un Mizbéa'h, la maison est comme un Temple (Beit Hamikdach).
"zé Eli véan'véou" (voici mon D., je Lui construirai un Sanctuaire" (Béchala'h 15,2). (Rachi dit que
"véan'véou" (וְאַנְוֵהוּ) peut également être traduit par "embellir").
"zé Eli" (זֶה אֵלִי) est l'acronyme pour les mots : "zé haChoul'han acher lifné Hachem".
Si l'on fait de notre table un mizbéa'h, alors "וְאַנְוֵהוּ" - je ferai [pour Hachem] que ma maison soit un lieu magnifique pour la demeure de la Chékhina.

Les mitsvot = le plaisir de passer d’une réalité matérielle à spirituelle

+ Les mitsvot = le plaisir de passer d'une réalité matérielle à spirituelle :

-> Le plaisir que nous procure ce monde physique ne provient pas de la matérialité elle-même, mais de l'étincelle de spiritualité qui l'habite.
Alors que les gens ont tendance à avoir l'impression que la matérialité est agréable, c'est le contraire qui est vrai. La matérialité interfère avec le plaisir. Moins il y a de matérialité, plus il y a de plaisir.
Si c'est le cas, la façon d'obtenir plus de plaisir de tout ce qui est physique/matériel est d'élever la matérialité et de la transformer en quelque chose de spirituel.
Lorsque l'on fait cela, la matérialité n'interfère pas avec le plaisir, mais devient plutôt un canal pour celui-ci. Tel est le secret du plaisir.
Hachem est le plaisir [ultime], et plus Il est présent, plus l'expérience sera agréable.

Comment transformer la matérialité en spiritualité?
La Torah est le livre d'instructions pour transformer ce monde physique en quelque chose de spirituel.

En se rapportant au monde matériel conformément aux instructions de la Torah, nous rendons le monde matériel spirituel.
Faire des bénédictions sur la nourriture, par exemple, transforme la nourriture d'un objet physique en un récipient de spiritualité et augmente par conséquent le plaisir que l'on éprouve à la manger.
Manger de la nourriture le Shabbat, ou conformément aux halakhot de casherout, élève la nourriture physique, la transformant en un objet de spiritualité et de plaisir.
Les mitsvot sont les moyens d'accroître le plaisir dans ce monde, et une vie de Torah est incroyablement agréable.

Que se passe-t-il si l'on n'éprouve pas de plaisir à accomplir les mitsvot? Comment expliquer cela?
Si l'on n'éprouve pas de plaisir à réaliser les mitsvot, la raison en est que notre propre réalité physique, notre corps, s'y oppose.

Il y a deux façons d'aborder la avodat Hachem : l'une est que la Torah est ce que nous gardons. L'autre est que la Torah est ce que nous sommes.

Lorsque la Torah est ce que nous gardons, nous la suivons parce qu'elle est importante pour nous, mais il s'agit essentiellement de règles, une succession d'obligations.
C'est un système extérieur à nous-mêmes autour duquel nous construisons notre vie.

Cependant, il existe une autre façon d'aborder la Torah, qui considère que la Torah n'est pas une question de règles, mais qu'elle permet d'établir un lien avec Hachem.
À ce niveau, la Torah n'est pas ce que nous faisons ou ce autour de quoi nous construisons notre vie, c'est ce que nous sommes.
Dans cette approche, la Torah est la vie elle-même, et non pas simplement une valeur dans notre vie.
Enfreindre la halakha, c'est nous enfreindre nous-mêmes, puisqu'elle est l'essence même de notre être. Et observer la Torah, c'est vivre vraiment la vie, puisque notre vie même est Torah.

La véritable avodat Hachem ne consiste pas à "garder" (observer) la Torah. Il s'agit d' "être" la Torah.
En fait, c'était exactement la mida de Moché Rabbénou. La Torah dit que Moché était un "anav mikol adam" (le plus humble des hommes - Béaaloté'ha 12,3).
C'est précisément parce qu'il n'était pas rempli de lui-même qu'il pouvait devenir saturé de Torah (de spiritualité).
Moché dit à Hachem : "Mi ano'hi" (qui suis-je?) et Hachem répond : "Eyé im'ha" (Je serai avec toi).
C'est précisément parce que Moché a dit " mi ano'hi " qu'Hachem a pu " être avec " lui.
Moché était le paradigme du serviteur d'Hachem, car il n'y avait rien d'autre pour lui que la Torah.
La véritable avodat Hachem ne consiste pas à "garder" la Torah, mais à "être" la Torah elle-même.

Pour ressentir le plaisir des mitsvot, nous ne pouvons pas nous contenter d'observer la Torah, notre corps nous en empêcherait. Si nous voulons ressentir le plaisir de la Torah, nous devons devenir la Torah, c'est-à-dire permettre à la Torah de nous changer et de nous modeler.
Plus nous devenons ce qu'est la Torah, plus nous ressentirons le plaisir des mitsvot que nous accomplissons.
Mais si la Torah reste seulement ce que nous faisons, et que ce que nous sommes reste essentiellement le même, nous n'éprouverons que peu de plaisir, car notre corps nous en empêchera.
Plus nous changeons en observant les mitsvot, plus les mitsvot nous procurent du plaisir.

Hachem est la source de tout plaisir. Si nous nous saturons de Torah (et de ses mitsvot), nous nous saturons de Son essence, et nous aurons du plaisir même si nous souffrons.
La vie est plus agréable lorsque notre vie est Hachem.

Dans ces conditions, les périodes difficiles de notre vie sont en fait celles qui offrent le plus de possibilités de plaisir. Puisque le plaisir vient du fait de modeler notre corps à la Torah, plus l'effort pour garder la Torah (et ses mitsvot) est grand, plus la Torah nous change, et plus nous éprouvons de plaisir.
[ Hachem nous a donnés des mitsvot par le biais desquelles nous façonnons une nouvelle réalité de nous-même plus spirituelle, les mitsvot nous permettent de faire ce lien entre le matériel et le spirituel, et d'ainsi se connecter le plus possible avec Hachem, ce qui provoque la plus grande joie possible. ]

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Chémot 5702 (1942) ]

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-> Par essence, tous les plaisirs de ce monde proviennent d'Hachem Lui-même, et par conséquent, s'engager dans le plaisir physique (de ce monde) à travers la ligne directrice de la Torah fournit le plus grand accès au plaisir et les plus hauts niveaux de plaisir dans ce monde.
[ rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Shavouot 5685]

-> "Il est impossible d'obtenir le plaisir des plaisirs supérieurs (noam el'yon) sans monter de niveau (chéyél'hou mé'hayil el 'hayil) ... parce que le plaisir principal est de révéler la sainteté, et toute personne qui court après le plaisir et le désir dans ce monde est seulement [due au fait que] son âme n'a pas ressenti le plaisir de révéler la sainteté et qu'il (le plaisir) est vide".
[ rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Shouva 5690]

-> L'idée est que l'observance idéale de la Torah ne consiste pas simplement à respecter les mitsvot (Hachem n'ayant besoin de rien!), mais plutôt à devenir après chaque mitsva une personne davantage élevée spirituellement.

"Vous serez pour Moi un royaume de prêtres (cohanim) et une nation sainte" (Yitro 19,6).
Le rabbi de Piaseczno fait référence au midrach (voir Tana déBé Eliyahou Zouta - chap.4), qui souligne que la directive d'Hachem "tiyou li" (litt. soyez pour moi) ne concerne pas l'action mais l'essence, dans le sens où la Torah n'est pas destinée à être un simple code de conduite, mais plutôt elle permet de développer une personne.

[Hachem nous a créé avec des ressources à notre naissance, mais durant toute notre vie, par le biais d'une vie selon la Torah, on devient un être totalement différent, on va tendre davantage vers la spiritualité (nous n'aurons pleinement conscience de ce que nous sommes devenus par une vie juive, qu'après notre mort, où le matériel ne limitera plus notre perception du spirituel). ]

Notre relation avec la matérialité (1ere partie)

+ Notre relation avec la matérialité (1ere partie) :

-> "La raison pour laquelle les gens sont à la recherche de plaisirs, est pour dissiper la tristesse résultante de l'obscurité de notre matérialité brute"
[Rav Aharon Kotler - Intro - Michnat Rav Aharon]

[on est toujours à la recherche de ce que nous n'avons pas, pour combler le vide qui est en nous parce que nous ne nourrissons pas notre âme de sa spiritualité vitale à son épanouissement.]

Le rav Akiva Eiger déclarait : "La joie de plonger dans la Torah de Hachem : c'est la joie ultime qu'on peut atteindre dans ce monde!"

-> Le culte de l'argent, comme le culte des idoles, provient d'un manque de confiance en Hachem.
Le plus il est déraciné, le plus le monde rayonne de la bénédiction de Hachem.
[Rabbi Na'hman de Breslev]

-> Nous ne pouvons pas vraiment aimer l'argent, car l'argent ne peut pas nous aimer en retour.
Il vient et va d'une poche à l'autre.
Les gens convoitent simplement l'argent, et c'est pour cela qu'ils ne sont jamais satisfaits.
[Rabbi Meïr d’Apt]

-> Rav Yé'hezkel Levenstein dit : "Je n'ai jamais été attaché aux préoccupations matérielles, et quelle belle vie j'ai pu mener dans ce monde!"
Il explique que si l'on veut atteindre de hauts niveaux spirituels, on doit maîtriser le trait de se satisfaire de son sort avec peu.

-> Selon le Ramban (paracha Kédochim), un épicurien est "un racha dans les paramètres de la Torah"
[certes on respect la loi juive, mais pas son état d'esprit latent!
Dans le matériel, tout ce qui ne permet pas une amélioration de notre service de Hachem ne doit pas être recherché!]

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-> "Hachem veut que nous profitions des plaisirs du monde physique. Mais c'est une erreur de faire du matérialisme une fin en soi."
[rav Noa'h Weinberg]

-> "En t’écartant de ce dont tu n’as pas besoin, tu parviendras à obtenir ce dont tu as vraiment besoin."
[Rabbi Chlomo Ibn Gabirol]

-> Les excès de plaisirs matériels totalement débridés ont pour conséquence de renforcer notre yétser ara, et de lui permettre de contrôler une personne, la rendant esclave.
[Rabbénou Yona - Chaaré Avoda]
Chaque personne doit se connaître avec sincérité, et savoir ce qui est considéré comme vraiment nécessaire à ses yeux.

-> Lorsque l'homme suit les désirs de son cœur, la matière domine son intellect et aveugle sa raison, or un aveugle est considéré comme un homme mort.
[Méam Loez - Nitsavim 30,6]

-> Combien est agréable ce monde si nous n’y sommes pas soumis, et combien il est difficile sinon.
[Rabbi Barou’h de Mezhibuzh]

-> Certes nous devons répondre à nos besoins physiques, puisque sinon il serait impossible de vivre. Cependant, nous n’avons pas besoin de sans cesse en parler.
[l’Alter de Novardok]

-> "En fonction de ses possessions matérielles, les hommes se glorifient et pensent être importants. Ils ont fait de leur estomac un dieu, de leur habit une Torah, et de l'amélioration de leur maison une moralité."
['Hovot haLévavot]

-> Rabbi 'Haïm de Volozhin fait remarquer qu'une personne qui possède une petite fortune, va ressentir que ses opinions sont importantes, et va parler avec une confiance absolue.
Il faut que Hachem (qui a donné, et qui peut tout reprendre) soit toujours devant nous (cf. Téhilim 16,8), et non pas notre richesse, car sinon on en vient à être ébloui par notre réussite, oubliant notre totale dépendance à D. et érigeant notre "égo" en dieu (j'ai fait, j'ai réussi, je suis, ...).

-> Le désir pour la richesse emprisonne une personne pour la vie et l'enchaîne avec une faim jamais satisfaite pour elle.
Cela va lui retirer toute sa moralité et ses obligations religieuses.
[...]
Le plus d’efforts une personne mettra pour reconnaître l’insignifiance de la matérialité, le plus facile il lui sera de purifier ses pensées.
[le Ramh’al - Rabbi Moché ‘Haïm Luzzato]

-> La richesse peut être extrêmement dangereuse.
En effet, trop d'attaches avec ce monde peut mener à l'hérésie, que D. nous en préserve.
[Rav Yé'hezkel Levenstein]

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-> Plus on persévère dans la Torah et les mitsvot, plus on les aime.
Mais plus on persiste dans les plaisirs matériels, plus on les trouve (la Torah et les mitsvot) répugnantes.
[Ben Ich 'Haï - (בן איש חיל ד - זכור תרל"ב)]

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-> Lorsqu'une personne satisfait continuellement ses désirs, elle renforce son yétser ara.
Lorsqu'elle exerce une maîtrise de soi, son yétser ara diminue.
[Séfer ha'Hinoukh]

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-> Lorsqu'un homme aime quelque chose ou quelqu'un et le désire fortement, il y pense tout le temps.
Il se lève alors avec en tête, son amour et son désir, et il se couche également avec la même idée qu'il aimerait atteindre.
Celui qui se comporte ainsi avec la matérialité, la désire et y pense tout le temps, en espérant s'en délecter, a annulé la mitsva d'aimer Hachem.
Celui qui agit ainsi avec Hachem Lui-même a accompli la mitsva."
[Séfer ha'Hinoukh - concernant la mitsva : "d'aimer Hachem"]

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-> Le Baal Chem Tov a affirmé qu’il peut arriver que quelqu’un étudie la Torah et accomplisse les mitsvot sans pour autant ressentir de crainte de D. ni d’élévation dans le service Divin. Il l’attribue au fait qu’en se levant le matin, la personne en question place ses besoins et ses désirs avant la volonté de D.
En commençant sa journée dans la matérialité, elle perd la capacité de se vêtir d’un habit spirituel qui est la crainte Divine intérieure.

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-> Lorsque vous donnez votre cœur à Hachem, votre avodat Hachem devient l'essence première de votre vie, avec tous les autres sujets qui deviennent secondaires par rapport à cette ambition.
[Mé haChiloa'h - Béréchit]

[nous devons faire en sorte que Hachem soit Un (é'had) à nos yeux, et pour cela nous devons Lui donner tout notre coeur (sans en même temps avoir pleins d'autres sujets matériels qui viennent détourner, amoindrir, notre lien avec Lui [notre coeur étant aussi pris par des choses attirantes de ce monde,]). ]

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+ Par respect pour Hahem :

-> "Comment puis-je vivre confortablement tandis que la présence divine et en exil, et que la Maison de Hachem n'est pas reconstruite ?"
[rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld]

-> Dans la maison du 'Hafets 'Haïm, on s'asseyait sur des bancs, et il disait à ce sujet : "Tellement de personnes peuvent s'asseoir sur un banc qui a 2 pieds, pourquoi alors une seule personne devrait s'asseoir avec 4 pieds?
La Chaise de Hachem est incomplète, pendant notre époque d'exil!"

-> Le rav Yéhochoua Leib Diskin vivant dans un 2 pièces très simples, montrant par la fenêtre le mont du Temple désolé, il disait : "Un serviteur n'a pas besoin de demander davantage que son maître (Hachem). "

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+ Le Pidiyon haBen :

-> Lors du rachat d'un 1er né (pidiyon haben), le Cohen demande au père : "Qu'est-ce que tu préfères : ton enfant ou bien les 5 sélaïm [pièces]?"

=> Quel père va répondre en public devant tous ses proches : je préfères quelques pièces à mon fils?

En réalité, selon le rav de Poniovitch, l'idée est de faire réfléchir le père sur ses priorités dans la vie.
Est-ce qu'il va préférer "sacrifier" son fils pour amasser le plus d'argent possible (se donnant bonne conscience en lui achetant des cadeaux)?
Ou bien va-t-il fixer comme priorité l'épanouissement de son enfant selon ce qu'il est (et non ce que le père aimerait qu'il soit!), le guidant sur le bon chemin et le comblant d'amour?

[un exemple de reformulation de cette question peut être : est-ce que tu préfères donner de l'écoute/de l'affection à ton enfant ou bien être sur ton téléphone, ordinateur?]

-> Le désir pour l'argent est plus important que toute autre attirance matérielle, puisque c'est la seule qui est insatiable.
Il y a une limite à ce qu'une personne peut manger, et au nombre de fois où l'on peut commettre un faute terrible, mais il n'y a pas de limite concernant la quantité d'argent que nous pouvons accumuler.
La quête de richesse peut devenir la plus grande des obsessions, et trop souvent, les enfants sont le prix à payer à cette course vers la richesse.
[rav Tsadok haCohen de Lublin]

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+ Adam - L'essence d'un juif :

-> Le Ach Pri Tévoua rapporte qu'en hébreu, les termes caractérisant un être humain (une personne) ont tous un singulier et un pluriel.
Ainsi, on a :
-> Ich (איש) qui est singulier ; et anachim (אנשים) qui est pluriel ;
-> guéver (גבר) qui est le singulier ; et guévarim (גברים) qui en est le pluriel.
-> Seul le mot: Adam (אדם) n’existe qu’au singulier.

Nos Sages (guémara Yébamot 61a) nous enseignent que c’est seulement le peuple juif qui est appelé : adam (אדם), car ce n’est que parmi le peuple juif qu’il existe un sentiment intrinsèque d’unité, qui conduit au fait que toutes les individualités de la nation se fusionnent en une seule, unifiée.

-> Le Chla haKadoch (paracha Béréchit) fait remarquer que le 1er homme s’appelle : Adam (אדם). [allusion plus généralement au juif, comme on vient de le voir b'h]
Habituellement, on explique ce nom, comme lié à : "adama" (la terre – אדמה), puisqu’il a été créé à partir de la terre. [matérialité]
Cependant, ce mot est également lié au mot : "Je serai l’égal du Très-Haut" (adamé lééli’on – אֶדַּמֶּה, לְעֶלְיוֹן – Yéchayahou 14,14), qui décrit le désir de l’homme d’être similaire à Hachem. [spiritualité]

=> Ainsi, un être humain juif a le choix entre soit être similaire à la poussière de la terre, ou bien s’il se travaille il peut ressembler à D.

-> Le terme : "Adam" (אדם), désigne le juif accompli.
Il est la fusion du de
- la lettre "aléph" (א), symbole du 1, l'aspect Divin de l'homme ;
- et du mot "dam" (sang - דם), allusion au côté corporel et physique de l'homme.
Par conséquent, Adam (renvoyant au juif) est une personne dont le "aleph", qui représente les aspirations spirituelles, précède et domine son : "dam", ses bas instincts [naturels et matériels].

Cela implique également que nous devons respecter notre prochain juif en zoomant sur son élément "aléph", l'étincelle Divine en lui, tout en dézoomant ses aspects corporels : ses défaillance et faiblesses de la chair [propres au fait d'être humain].
[en ayant un regard plus spirituel que matériel, nous en arrivons à aimer pleinement notre prochain! A vouloir le meilleur pour nous même, en restant focalisés sur le Véritable objectif de notre vie!]
[d'après le Tiférét Chlomo (rabbi Chlomo Rabinowitz de Radomsk)]

-> 45 est la valeur numérique du mot Adam (homme – אדם) et également du mot : "ma" (Quoi? Que suis-je? - מה) :
[En ayant toujours ces questionnements en tête, nous n'en venons pas à oublier Hachem, noyés dans la matérialité et notre train-train quotidien.
Notre vie a une finalité, nous devrons rendre compte à D. de chacune des capacités, occasions, ... que nous avions en notre possession!]

-> Une "personne" [juif] se dit en hébreu : Adam (אדם).
Si l’on écrit pleinement chacune des lettres de ce mot, on a :
-> le א = aléph = אלף ;
-> le ד = dalét = דלת ;
-> le מ = mém = מם
Lorsque l’on garde de ces lettres uniquement celles qui ne sont pas présentes dans le mot Adam (אדם), on peut former le mot : mitpalel (מתפלל), mot qui caractérise une personne qui prie.
[issu d’un dvar Torah du rav Daniel Abdelhak]

=> Ainsi, l’homme, dans son essence, dans son intériorité, a été créé pour prier, se tourner vers D.

[la matérialité n'est qu'un moyen au service de l'essentiel. En effet, le plus important n'est pas d'obtenir l'objet de notre prière, mais plutôt le rapprochement avec D. qui en résulte, puisqu'ayant mis en Lui tous nos espoirs!]

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-> Qui est appelé "Adam"? Seul Israël est appelé Adam et non les nations du monde. (guémara Yébamot 61a)
Rabbi 'Haïm Vital ajoute : car les Bné Israël ont leurs racines implantées dans le Nom Divin : יוד הא ואו הא, dont la guématria est aussi celle du nom Adam : אדם, soit 45.

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-> "Alors que l'homme est désigné généralement pas un de ces 4 noms : ich, énoch, guéver, et haAdam, qui incluent : les juifs et les non-juifs, le nom Adam désigne exclusivement l'homme juif, d'après le verset : "Vous, Mes enfants, vous êtes désignés Adam" (Yé'hezkel 34,31)."
[Tossefot - guémara Yébamot 61a]

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.10) enseigne :
"A la Création du monde, Adam a été créé en dernier, après toutes les autres créatures minérales, végétales et animales.
Adam vint donc parfaire la Création et devint ainsi la créature essentielle de l'existence dans le monde, jusqu'à la sortie d'Egypte.
A ce moment, la naissance du peuple juif devint la dernière création de Hachem et devint alors, au sein de l'humanité, le peuple essentiel dans le monde (am ségoula), puisqu'aucune nation n'a été créé après ce peuple.
Même les grandes nations, mentionnées avant la sortie d'Egypte telle que Amon, Moav et Essav ont précédé la Nation d'Israël. Cela justifie la dénomination Adam réservée aux Bné Israël."

[du fait de sa stature plus élevée, le peuple juif ne peut pas avoir la même relation avec la matérialité que les autres nations environnantes. Alors que chez eux la matérialité peut constituer une fin en soi, pour les juifs elle n'est qu'un moyen à disposition afin de rendre réel une finalité bien plus élevée.]

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-> Lorsqu'un esclave se fait percer l'oreille (matérialisant le désir du serviteur de servir pour toujours son maître), il est amené devant la porte ou le montant de la porte où l'on lui perce l'oreille.
Nos Sages (Kidouchin 22b ; Rachi Michpatim 21,6) demande en quoi la "délét" (la porte) et la mézouza (le montant de la porte) sont différents des autres choses de la maison? Pourquoi sont-ils utilisés au cours de ce processus?

Hachem a déclaré que la porte et le montant de la porte étaient des témoins lorsque [au moment de la plaie des premiers-nés] Il est passé sur le linteau et les montants des maisons juives en Egypte, et qu'Il a dit "ki li bné Israël avadim avadé hém" (Béhar 25,44 - ils sont Mes serviteurs et non des serviteurs de serviteurs).
Pourtant, ce juif s'est trouvé un autre maître (que Hachem). C'est pourquoi qu'il se fasse donc percer l'oreille devant ces objets (porte et mézouza).

-> La guémara (Yébamot 61a) enseigne que nous sommes appelés adam par opposition aux non-juifs, comme il est dit : "adam atèm" (Yé'hezkiel 34,31).

Le terme : adam (אדם) est l'acronyme de : ozèn (oreille), délét (porte) et mézouza. En effet, cela indique indique que nous sommes des serviteurs d'Hachem (à l'image du serviteur qui se faisait percer l'oreille (ozen) devant la porte (délét) ou le montant de la porte (mézouza) - cf. Michpatim 21,6).
[ainsi, à la différence d'un non-juif, un juif doit constamment se rappeler qu'il a la chance d'être le serviteur du Roi des rois (Hachem), en plus d'en être son fils adoré. (avinou, malkénou)]

Le simple fait de pratiquer la Torah et les mitsvot ne signifie pas nécessairement que quelqu'un s'attache à Hachem. Pensons-nous consciemment à Hachem tout au long de la journée?
Le Rambam (Hilkhot Béra'hot 1,3) écrit que les Sages ont institué les bénédictions : "pour se souvenir constamment d'Hachem".
[la Mezouza sur la porte symbolise la conscience active de la présence de D., comme l’affirme le Rambam dans son Michné Thora : "On se doit d’être attentif [au propos de la] mézouza, car c’est une obligation qui incombe en permanence à tout un chacun : à chaque fois que l’on entrera et que l’on sortira [de chez soi], on rencontrera l’unité d'Hachem et on se souviendra de son amour pour Lui ; on se réveillera de son sommeil et de son quotidien dans les vanités du temps, et l’on prendra conscience que rien d’autre que la connaissance du Créateur du Monde ne dure éternellement."
La mézouza est fixée à la porte qui est le passage à travers lequel on entre dans son domicile et à travers lequel on le quitte. Symboliquement, on prend avec soi les enseignements divins qu’elle contient partout où l’on se rend. Notre Torah n’est pas vouée à être reléguée aux étagères d’une bibliothèque ou seulement aux lieux d’étude ou encore au statut de simple exercice intellectuel. Elle est à tout moment un facteur de notre vie et toutes nos actions sont guidées par la conscience que "Hachem notre D. est Un" (Dévarim 6,4), comme il est écrit dans la mézouza. ]

Cette leçon peut être tirée du : ozen, delet, et de la mezuza, car c'est grâce à eux que nous pouvons nous rapprocher d'Hachem. [cette conscience que notre Maître n'est pas notre égo, mais Hachem. Et la joie et fierté d'être dans la Vérité, d'avoir l'honneur de Le servir (conséquences éternelles), alors que les non-juifs font des choses futiles/éphémères. ]
C'est ainsi que le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Kidouchin 22b) interprète : "ézéhou 'hakham ha'lomèd mikol adam" = celui qui apprend d'adam (אדם) [référence à : ozen, délet, mézouza], est une personne sage.

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-> Le Maharal enseigne (Nétsiv Issourine - chap.3) :
"L’homme a un profil avant et profil arrière, on peut le voir de face et on peut le voir de dos, à la différence de beaucoup d’autres créatures.
En effet, cela fait allusion au fait qu’Hachem a ancré dans l’homme deux mondes : tout à fait opposés l’un à l’autre.
La lumière du visage et de la face de l’homme fait allusion au monde futur qui est ancré en lui.
Le côté froid obscur et matériel de ce monde-ci est incarné par le dos de l’homme et par sa nuque.
L’homme n’est pas vraiment reconnaissable de dos, de même qu’il n’est pas différenciable par son aspect corporel.
C’est dans son aspect spirituel qu’il se différencie des autres, qu’il est libre, infini, unique et cela est incarné par son visage qui se dit panim et fait allusion au pnim (intériorité) de l’homme."

[Lorsque l’homme suit les conseils de son yétser ara sur terre et qu’il s’assujettit aux désirs de ce monde-ci, autant que les non-juifs et que les animaux le font, il s’attache en réalité à une partie extrêmement superficielle de son être qui dans notre métaphore pourrait être appelé son dos.
Le racha s’occupe tellement de cette partie obscure et matérielle de son être qu’il peut en arriver à en oublier complètement l’existence même de son visage (panim) qui est la métaphore de son pnim (intériorité).]