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Hachem tire plus de plaisir de tout juif que des anges

+ Hachem tire plus de plaisir de tout juif que des anges :

-> Nos Sages (Pessa'him 109a) disent qu'il n'y a pas de joie sans viande.

-> Le rav Its'hak de Neshchiz (séfer Toldot Its'hak) explique que cela signifie que, bien qu'Hachem ait de nombreux anges qui Le servent, Il ne tire de la joie que lorsque des êtres humains en chair et en os surmontent leur yétser ara et Le servent.
Cela s'explique par le fait que les anges n'ont pas de mauvais penchant et qu'il leur est facile de Lui obéir, alors que les humains doivent travailler dur pour faire ce qu'il faut.

Le Toldot Its'hak (sur Téhilim) poursuit en citant son père, le rav Mordé'haï, qui utilise cette idée pour expliquer le verset : "Car Ta bonté est meilleure que la vie ('haïm) ; mes lèvres Te loueront" (Téhilim 63,4). Hachem dit que la bonté de l'homme qui Le loue avec ses lèvres et Le sert est meilleure que les 'hayot, les anges divins. C'est pourquoi Il ne tire du plaisir que des louanges de l'homme.

=> il ne faut pas désespérer de nos défauts, de notre bassesse apparente, au contraire c'est nos failles qui contribuent à donner tout le bon goût, qui procure tant de plaisir et de fierté à Hachem, à l'inverse des créatures parfaites (les anges) qui Lui sont sans saveur.

Notre relation d’amour avec Hachem

+ Notre relation d'amour avec Hachem :

-> Si Hachem m'aime vraiment autant, pourquoi ne le sens-je pas?

Une étreinte est une connexion. Lorsque deux personnes s'étreignent, s'enlacent, elles se connectent d'une manière que les mots seuls ne peuvent accomplir ; elles ne font littéralement plus qu'un.
Il est pratiquement impossible pour deux personnes qui s'enlacent de ressentir une déconnexion entre elles. Cela ne peut se produire que si l'une des personnes dans l'étreinte s'éloigne. Dans ce cas, un sentiment de déconnexion est inévitable et sera ressenti par les deux parties, malgré le fait qu'elles s'enlacent.

La relation d'Hachem avec nous est une étreinte. Hachem nous enlace toujours, tout le temps [d'un amour infini pour chaque juif], et si c'est le cas, un sentiment de proximité avec Hachem est la façon la plus naturelle de se sentir.
Il est pratiquement impossible de se déconnecter d'Hachem. Si nous nous sentons déconnectés, c'est soit qu'Il se retire de l'étreinte, soit que c'est nous.

Cependant, le prophète nous dit qu'Hachem ne se retirera jamais de l'étreinte, comme le dit le verset : "lévilti yida'h miménou nida'h" (personne ne sera repoussé (par Hachem) - Shmouël II 14,14).
Hachem ne se retirera jamais de notre étreinte, donc si nous ressentons de la distance, cela doit venir de nous.

L'idée est que dans une relation entre deux personnes, la personne qui a le plus d'influence pour déterminer la force de cette relation n'est jamais celle qui désire le plus cette relation, mais plutôt celle qui la désire le moins.
Une personne peut être vraiment dévouée à l'autre, mais si l'autre personne est désintéressée, la relation sera minimale.

Cela étant, l'amour infini d'Hachem ne suffit pas pour que nous nous sentions aimés par Lui.
La règle d'or en matière d'amour est que l'on ne peut le ressentir qu'à travers les relations.
Quelqu'un peut vous aimer profondément, mais si vous ne savez pas qui il est, vous ne ressentirez pas son amour, vous n'avez pas de relation, de lien, avec lui.
Si (dans notre vie quotidienne) nous n'avons pas de rapport avec Hachem (vivant notre vie de notre côté), nous ne ressentirons pas Son amour, même s'il est infiniment présent.

Les relations sont générées par le don et l'abandon pour l'autre personne. En effet, le désir d'une personne d'être dans une relation particulière se manifeste par la mesure dans laquelle elle est prête à donner ou à abandonner pour cette relation.
Si nous ne nous efforçons pas de renoncer à certaines choses pour cette relation, et si nous ne respectons pas la halakha malgré parfois la difficulté, ce que nous avons avec Hachem sera faible.
Plus nous sommes prêts à "renoncer" [aux envies de notre égo] pour notre relation avec Hachem, en nous engageant (dans une vie selon) la Torah, alors plus nous ressentons Son amour.
Ainsi, les moments où la halakha est le plus difficile à respecter, en particulier les moments de douleur, sont en fait des occasions de se consacrer davantage à Hachem, de renoncer en privilégiant cette relation et de ressentir Son amour plus profondément.
[le rav Dessler dit que l'amour vient en fonction de ce que l'on a donné (ex: en temps, en effort) à autrui, car plus on met de soi en l'autre, plus on l'aime car il y a une part de nous en lui.
Chacun devra honnêtement connaître ses limites, ses capacités actuelles, et évoluer dans une vie juive dans ce cadre, tout en étant en bonne santé, épanouie, dans la joie, ... ]

Hachem nous étreint toujours, peu importe ce qu'Il nous fait subir ou combien de mal nous avons fait. Il ne cessera jamais de nous étreindre, lo "l'vilti yidach mimenu nidach", et ce qu'Il nous fait subir est le fruit de l'amour." Même dans les moments les plus sombres et les plus difficiles, Hachem nous aime. Si nous nous sentons éloignés, c'est parce que nous nous sommes éloignés de Lui.
Pendant les périodes difficiles ou les creux spirituels, nous pouvons avoir l'impression d'être déconnectés. Un Juif doit réaliser que ses sentiments de déconnexion ne sont pas dus à sa situation, mais plutôt à sa réaction à celle-ci.

Parfois, nous relâchons notre étreinte avec Hachem lorsqu'Il nous met en difficulté ou lorsque nous nous trouvons dans une ornière.
Cependant, si nous nous accrochons à Lui (en restant malgré la douleur enlacer d'amour et de confiance à Lui) et travaillons à notre avodat Hachem malgré la difficulté, nous sentirons l'étreinte même si les choses font mal.
Hachem ne nous lâchera jamais ; la distance [d'éloignement] est de notre côté.
C'est dans la mesure où nous resserrons notre emprise que nous sentirons l'étreinte. Hachem s'accroche toujours à nous.

Des sources plus profondes (comme le Arvé Na'hal - Béréchit) révèlent que lorsqu'on épelle les lettres du mot "yétser" (יצר - l'inclination, le penchant), la dernière lettre de chaque lettre épelée pleinement (youd - tsadi, réch) donne : dalét, youd et chin, qui sont les lettres du nom d'Hachem "Sha-dai" (שדי).
L'implication est que même à la limite avec notre yétser ara, nos chutes les plus profondes et nos périodes d'obscurité, Hachem (שדי) est là aussi, s'accrochant à nous.
Hachem ne nous lâchera jamais : "lévilti yida'h miménou nida'h" (personne ne sera repoussé (par Hachem).

La vie est rarement cohérente. Elle connaît des hauts et des bas, des périodes difficiles et des périodes plus faciles, des périodes de réussite spirituelle et des périodes de chute spirituelle.
Nos circonstances peuvent changer d'un jour à l'autre, d'une minute à l'autre.
Il y a cependant une constante dans la vie : Hachem. Peu importe à quel point ma vie a changé ou à quel point l'avenir est incertain, une chose est constante : Lui.
Hachem ne nous lâche jamais, [ne s'éloignant ou nous abandonnant pas une seconde] et Il est toujours avec nous ... quoi que nous fassions ou que nous traversions.
Il était avec nous depuis le jour de notre naissance et sera avec nous jusqu'au jour de notre mort.
Peu importe ce que la vie nous apporte, qu'il s'agisse de hauts ou de bas, d'incertitude ou de changement, Hachem est avec nous tout au long de cette période.
Oui, même dans nos moments les plus bas, même si nous nous éloignons de Lui, Il est avec nous.
[il a la même proximité et le même amour que nous soyons beau ou moche spirituellement! Nous restons son enfant adoré! (on connaît les mères juives, si l'on peut dire, c'est rien par rapport à Hachem, qui est fou fou fou de nous!! ) ]
Il est la constante qui reste avec nous tout au long d'une existence incohérente, nous étreignant toujours ... même si nous ne le sentons pas.
[d'une certaine façon, on peut expliquer le Shéma Israël ainsi : Hachem est certes notre D., mais Hachem est Un (é'had) = il n'y a pas distanciation (Lui d'un côté, et nous d'un autre), car en réalité Il est constamment avec nous, pas une seconde Il n'est pas enlacé d'amour et de fierté pour nous.
Par définition, être juif c'est avec une proximité avec Hachem unique, que les non juifs n'ont pas!]

Il est important de comprendre que le fait de ressentir l'étreinte n'exige pas que nous réussissions à grandir pendant nos périodes d'obscurité, mais seulement que nous essayions de le faire.
Tant que nous essayons activement d'avancer spirituellement, nous ressentirons Son amour, même si nous ne progressons pas réellement.
C'est le désir de grandir et d'essayer de le faire (de notre mieux), et non l'accomplissement réel, qui construit notre relation et complète l'étreinte.
De plus, la tentative de croissance est un mérite qui atténue l'obscurité et les circonstances difficiles, même si nous ne réussissons pas. Si nous essayons d'étreindre, d'enlacer (d'amour, de émouna) Hachem, les épreuves de la vie ne sont pas aussi difficiles.

L'un des besoins [naturels] les plus profonds d'une personne est de se sentir aimée.
Les gens sont prêts à faire n'importe quoi pour se sentir aimés. Lorsque nous nous sentons aimés, nous pouvons tout gérer.
Les périodes de douleur et de défis sont celles où nous avons le plus besoin d'amour. Ce sont aussi les moments où nous nous sentons le plus seuls. Cependant, c'est précisément pendant ces périodes que la halakha (la volonté d'Hachem) est plus difficile, et plus nous nous efforçons de la respecter, plus nous construisons notre relation, et plus nous nous sentons aimés d'Hachem.
[pour se sentir aimés d'Hachem, on doit faire le premier pas et L'aimer, ce qui passe par des actes en réalisant Sa volonté, en trouvant toute occasion pour le remercier, ... ]
Ainsi, les moments où nous avons le plus besoin d'amour seront ceux où il est le plus disponible, si nous nous engageons à respecter la Torah.

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Kédochim 5700 (1940) ]

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-> Le rabbi de Piaseczno (Aish Kodech) écrit :"Si une personne [juive] se trouve, à D. ne plaise, dans une situation de faiblesse [spirituelle], [même] en fautant [gravement], et spécifiquement [en faisant quelque chose] par lequel elle serait 'repoussée', [même] dans ce cas, ce n'est pas Hachem qui l'a laissée".
Le point de vue du rabbi de Piaseczno est que c'est nous qui pouvons quitter Hachem, et non l'inverse, à D. ne plaise.
[en ce sens, un faute peut créer une distanciation avec Hachem, mais cela implique que nous nous éloignons de papa Hachem qui nous enlace d'amour. (d'où l'importance de faire téchouva, pour revenir vers D. )
Chaque mitsva est une occasion de s'unir, de s'enlacer avec Hachem. ]

-> La condition préalable pour s'attacher à Hachem est d'aspirer à Lui. [c'est à nous de faire le premier pas, pour réveiller et prendre conscience de l'amour énorme qu'a Hachem constamment pour nous. ]
En effet, Hachem est toujours collé à nous. Tout manque d'attachement à Lui est dû à notre manque de désir de nous attacher à Lui.

-> Il peut être important de mentionner qu'il peut y avoir divers facteurs qui empêchent une personne de sentir qu'Hachem l'aime, en dehors de ses compromis sur la halakha (nos fautes) et de l'absence d'efforts investis pour avoir une relation d'amour avec Hachem.
Il se peut qu'une personne se sente coupable d'avoir commis des fautes et que cette culpabilité l'empêche de croire qu'Hachem l'aimerait.
Il se peut aussi qu'elle ait du mal à accepter qu'Hachem puisse se soucier d'elle dans un monde aussi vaste et complexe, et qu'elle se sente inutile ou insignifiante.
[notre yétser ara utilise une fausse humilité, pour nous dévaloriser, nous faire croire que nous valons peu de choses aux yeux d'Hachem, ce qui nous pousse à avoir très peu d'ambition dans la spiritualité, à avoir de bonnes excuses pour fauter ou pas faire grand chose pour Hachem, que D. préserve. Or, comme on l'a vu, la réalité est inverse, et c'est à nous de faire contrepartie aux doutes insufflées en nous par notre yétser ara, dans la routine de la vie. ]
Il se peut aussi qu'il ne se sente tout simplement pas aimable. Ces sentiments sont profonds et résultent généralement d'expériences avec d'autres personnes. L'aide d'un mentor ou d'un professionnel de la santé mentale peut s'avérer nécessaire pour les surmonter. Dans ce cas, ce que le rabbi de Piaseczno dit ici est une deuxième étape.

Un juif reste toujours précieux aux yeux d’Hachem

+ Un juif reste toujours précieux aux yeux d'Hachem :

"Pharaon s'approcha et les Bné Israël levèrent leurs yeux" (Béchala'h 14,10)

-> Le Zohar explique ce verset comme signifiant que Pharaon a rapproché les juifs de leur père au Ciel.

Le rabbi de Lisk (séfer Akh Pri Tévoua) explique en citant l'explication du Chlah hakadoch des mots que nous récitons dans les prières : "Tu nous as choisis parmi toutes les nations" (acher ba'harnou mikol aamim).
Le Chlah explique que même à une époque où le peuple juif n'étudie pas autant de Torah et n'accomplit pas autant de mitsvot qu'il le devrait, il reste énormément supérieur à toute autre nation, et c'est la raison pour laquelle Hachem nous choisit parmi toutes les autres nations.

Dans cette optique, le rabbi de Lisk explique que Pharaon nous a rapprochés d'Hachem parce que la différence entre le peuple juif et lui était si clairement évidente.
[avec une vision extérieure, on pourrait se dire que Pharaon, chef de la plus grande puissance du monde de l'époque, avec des terres et des richesses énormes, était quelqu'un d'important, et pourtant avec le regard de Vérité du Ciel, aux yeux d'Hachem il valait zéro par rapport à l'importance et l'amour d'Hachem envers le juif le plus simple, le juif le plus fautif. ]

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[ les juifs en Egypte ont atteint le 49e niveau d'impureté sur 50, et malgré cela ils étaient toujours aussi précieux et aimés d'Hachem.
De même, même si un juif a pu faire les pires choses dans sa vie (que D. préserve), l'amour d'Hachem a son égard ne change pas, c'est toujours un enfant adoré et précieux de papa Hachem, surtout en comparaison des non juifs. ]

Chaque juif est important aux yeux d’Hachem

+ Béchala'h - Chaque juif est important aux yeux d'Hachem :

-> Le Sfat Emet rapporte les paroles du midrach sur le verset : "Afin de couper la mer Rouge en morceaux" (Téhilim 136,13), à savoir : "La mer Rouge fut coupée en 12 morceaux, un pour chaque tribu", et il pose la question : "Que cela peut-il nous faire (à savoir : quelle utilité y avait-il à faire un aussi grand miracle)?"

Le Sfat Emet d'expliquer :
"C’est seulement pour nous faire savoir que chaque tribu était digne, à elle seule, que la mer s'ouvre pour elle, et plus encore, que chaque juif est, à lui seul, une raison suffisante de fendre, d'ouvrir, la mer Rouge.
C’est pourquoi il est écrit : "Tu as, par Ta force, mis la mer en miettes" (Téhilim 74,13), les miettes faisant allusion au fait que chaque membre du peuple d’Israël (chaque juif!) avait une part dans la mer Rouge."

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=> On voit de là, à quel point chaque juif(ve) individuellement est important aux 'yeux' d'Hachem, à quel point Hachem aime chacun, désire notre proximité et notre service divin unique.
[chaque matin (dans cha'harit), nous disons la chirat hayam, on doit s'imaginer comme traversant la mer Rouge, on peut alors avoir en tête que Hachem a ouverte la mer par mon seul mérite!
Plus nous développons notre conscience d'à quel point nous sommes précieux pour papa Hachem, le Maître du monde (on est Son enfant unique adoré, quoiqu'on fasse), plus on en viendra à vouloir Lui faire plaisir en faisant Sa volonté, avec joie, fierté et zèle. ]

L’amour d’Hachem pour chaque juif

+ L'amour d'Hachem pour chaque juif :

-> "Hachem, ton D., t'aime" (ki aévé'ha, Hachem Eloké'ha - Ki Tétsé 23,6)
-> "Hachem dit à Israël : .. Je vous aime!" (aavti ét'hem - Mala'hi 1,2)
-> [Hachem dit à Israël] : Je t'aime d'un amour éternel" (aavat olam aavti'ha - Yirmiyahou 31,2)
-> [avant le Shéma, dans la prière du matin nous disons :"ahavat olam aavtanou Hachem Elokénou", et le soir : "ahavat olam ahavtanou" (aavat olam beit Israël amé'ha aavta) = Hachem a un amour infini pour nous (les juifs). ]

=> Est-ce que Hachem aime chaque juif?

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-> Le rav Kalonymos Kalman Shapira, le Rabbi de Piaseczno, (dans son Aish Kodech - 'Hanoucca 5702 [1941]) enseigne :
Vous êtes-vous déjà demandé si Hachem vous aimait?
Il aime certainement le peuple juif dans son ensemble, en tant que nation.
Hachem nous a sortis d'Egypte et nous a donné la Torah. Nous a appelé "élus" et "précieux". [ex: "c'est vous seuls que j'ai distingués entre toutes les familles de la terre" - Amos 3,2]
Mais nous aime-t-il en tant qu'individu?

La réponse est : oui.
Hachem aime chaque juif individuellement "d'un amour sans limite et sans fin". Il est infini, donc Son amour est infini, et par conséquent, Son amour est le plus profond, le plus réel, le plus authentique qui puisse jamais être ou être ressenti.
Il n'y a littéralement pas de limite à l'amour qu'Il nous porte.

Et Son amour ne dépend de rien. Hachem aime [chaque juif individuellement] parce qu'Il nous aime, pas à cause de ce que nous faisons ou de ce que nous accomplissons. Uniquement ... parce que ... Il nous aime.
Hachem n'a jamais cessé et ne cessera jamais de nous aimer, même si nous faisons le mal.
Même dans nos pires moments, Il n'a jamais cessé de nous aimer. Même si nous faisons les pires choses, il nous aimait au moment même où nous le faisions. Hachem était même avec nous quand nous le faisions [comme Il l'est à chaque seconde de notre vie].

Hachem ne nous quitte jamais et ne cessera jamais de nous aimer.
Le midrach (Tan'houma Yitro 5) dit : "Im taazov, ten daaté'ha" = Si tu quittes [Hachem], réfléchis."
Comment le remède pour quitter Hachem peut-il être de "réfléchir"?
Cependant, l'idée est que nous ne pouvons jamais vraiment quitter Hachem. Il nous aime trop et reste toujours près de nous.
Nous avons pu nous éloigner de lui, mais il ne nous a jamais quitté. Le simple fait d'y penser vous ramènera à lui.

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-> Le rabbi de Piaseczno (dans son autre livre Déré'h haMélé'h - Shékalim 5690) écrit explicitement qu'Hachem aime chaque juif individuellement.
[dans Shabbath Téchouva 5690, il dit qu'Hachem ne cesse jamais d'aimer chaque juif, mais parfois (pour notre bien ultime) il y a un mélange de din (rigueur), qui peut laisser croire l'inverse. ]

-> Le 'Hafets 'Haïm écrit également explicitement que Hachem aime constamment chaque juif. [voir Chemirat haLachon - chaar haZé'hira chap.2 ]
-> De même, Rabbénou Bé'hayé dans le 'Hovot haLévavot (chaar haBita'hon - pérek chéni).

-> Le Maharal (début de la hakdama du Déré'h 'Haïm) écrit que tout comme Hachem a choisi le peuple juif en tant que nation, Il a choisi chaque juif en tant qu'individu.
En d'autres termes, tout comme le peuple juif est précieux pour Hachem dans son ensemble, chaque juif est précieux, voire "choisi", en tant qu'individu.
[si tu es juif(ve) dans ce monde, c'est qu'Hachem a choisi ton âme divine de sous Son Trône de gloire, et forcément rien que par cela Hachem t'aime constamment. ]

-> Le matin (prière de cha'harit) juste avant de faire la déclaration importante du Shéma Israël, nous disons qu'Hachem est "bo'her bé'amo Israël béhava" = Il a choisi Sa nation Israël avec amour", ce qui signifie qu'Hachem a choisi la nation juive parce qu'Il l'aime dans son ensemble.
Si c'est le cas, il s'ensuit que chaque juif est "choisi" parce qu'Hachem l'aime en tant qu'individu.
[on a vu que dans la bénédiction avant le Shéma, nous disons aussi : "ahavat olam ahavtanou" (Hachem nous a choisi par un Hachem éternel). ]

[la lecture du Shéma où nous déclarons l'unité d'Hachem dans le monde, est juste précédée d'une prise de conscience dans le fait qu'Hachem nous aime personnellement. Il en résulte que pour pouvoir pleinement proclamer la grandeur d'Hachem dans ce monde, on doit d'abord se travailler jusqu'à vivre une réalité où Hachem m'aimera toujours, Il sera toujours à Mes côtés.
Il n'y a de roi sans sujet, et vu que Hachem nous a choisi chacun par amour, alors le fait de penser à cette réalité nous donne la confiance et un surplus d'énergie pour en retour proclamer Sa grandeur dans le monde.
C'est une dynamique positive : Hachem (le boss des boss) m'a choisi pour Le servir, donc je suis quelqu'un d'important dans ce monde. Puisque je me considère comme spirituellement plus élevé que la quasi totalité du monde (non juifs), alors je dois agir avec responsabilité pour le plus grand des patrons, le boss des boss, Hachem. ]

-> Chaque juif est appelé enfants d'Hachem (Réé 14,1 ; Pirké Avot 3,14).
Le Ibn Ezra (Réé 14,1) écrit qu'Hachem aime un juif plus qu'un père ne pourrait jamais aimer son enfant.

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-> Souvent, une personne a du mal à ressentir l'amour d'Hachem, non pas parce qu'elle ne peut pas accepter qu'Hachem est tout amour et qu'il aime tout le monde, mais plutôt parce qu'elle a l'impression de ne pas être aimable, même aux yeux d'Hachem. Une telle personne doit réaliser que de même qu'on ne peut penser comprendre les profondeurs du divin, de même c'est une réalité de ce monde qu'en tant que juif(ve), Hachem nous aime forcément, point final.

-> Certes nous devons faire téchouva sur nos fautes, mais cependant l'amour infini d'Hachem pour nous ne dépend pas du fait que nous fassions téchouva ; Il nous aime quoi qu'il arrive.

La guémara ('Haguiga 15a) parle de la gravité des fautes qu'a pu commettre A'her, et elle dit : "Shouvou banim ... 'houts méA'her" (revenez vers Moi mes enfants (en téchouva) ... sauf A'her).
Ainsi, il est sous-entendu que malgré ses fautes très graves, A'her était néanmoins toujours considéré comme un fils (ben), un terme d'amour et d'affection.
[sa téchouva était toujours possible, mais au regard de leur gravité elle lui demandera davantage d'efforts (moins d'aide du Ciel au début). ]

-> Même si nous acceptons qu'Hachem aime infiniment chaque juif, ne pourrait-il pas cesser de l'aimer? Peut-être que les actions d'une personne peuvent être si basses qu'Hachem cesse d'aimer cette personne?
Est-ce qu'Hachem aime un juif qui est mauvais?

Le rabbi de Piaseczno affirme : "Hachem n'a jamais cessé et ne cessera jamais de nous aimer, même si nous faisons le mal."
L'implication est que peu importe ce qu'on traverse, ce qu'on fait, rien ne peut venir faire cesser l'amour qu'Hachem a pour moi.
[d'une certaine façon, c'est un "éch tamid" (feu continuel), rien ne peut éteindre cet amour. ]

-> Lorsque nous disons : "Hachem ohev tsadikim" ce verset se réfère à tous les juifs, comme il est dit "véamé'h koulam tsadikim" ("Ton peuple est composé que de tsadikim - Yéchayahou 60,21).

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-> Précision :
On peut se demander ce que signifie exactement le fait qu'Hachem "aime". L'amour est une émotion humaine. Comment peut-on l'appliquer à Hachem?
Il semblerait qu'une telle description doive être comprise comme anthropomorphique. La Torah, à de nombreuses occasions (voir, par exemple, Dévarim 11,12 : "les yeux d'Hachem sont toujours sur lui", ou Bamidbar 11,1 : "Hachem a entendu"), décrit Hachem en utilisant des caractéristiques humaines comme un mécanisme pour nous aider à obtenir une sorte de compréhension de Lui, un Être incorporel et infini qui est essentiellement trop grand pour qu'un humain puisse le saisir (voir Rachi - Dévarim 29,19).
Se référer à Lui en termes humains est utile et ne doit pas être pris au pied de la lettre. Ce qu'il est important de comprendre, c'est : si le terme utilisé est "amour", c'est ainsi que nous sommes censés le comprendre, et apparemment, c'est la meilleure façon d'encadrer ce qui est décrit.
Ce que signifie réellement "l'amour d'Hachem" n'a aucune importance. Ce qui est important, c'est que nous sommes censés le percevoir, nous y référer et comprendre ce qu'il est en réalité comme étant de l' "amour". En ce qui nous concerne, c'est ce qu'il est.

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+ Souffrance & amour d'Hachem :

-> Le rav Kalonymos Kalman Shapira, le Rabbi de Piaseczno, (dans son Aish Kodech - Vayikra 5700) enseigne :
"Est-il véritablement vrai que l'on ne blesse jamais quelqu'un que l'on aime? Et si un processus douloureux était en fait ce qu'il y a de mieux pour cette personne?
Un parent qui n'emmène pas son enfant chez le dentiste parce qu'il ne veut pas lui faire mal serait considéré comme négligent et non comme aimant. Une mère qui refuse à son enfant un médicament avec un mauvais goût mais nécessaire ou une procédure médicale douloureuse mais nécessaire n'est pas une mère aimante mais une mère cruelle.
On fera de bonnes choses pour un être cher, même si elles sont douloureuses.

La différence entre celui qui fait mal parce qu'il aime et celui qui fait mal parce qu'il hait est l'intention qui sous-tend la douleur, c'est-à-dire le fait de savoir si la douleur est la meilleure pour la personne blessée.
Alors que les humains peuvent commettre des erreurs et causer de la douleur inutilement, Hachem ne commet aucune erreur. Il nous aime trop pour ne pas nous donner ce dont nous avons besoin, et il peut nous blesser pour cela.
Les périodes douloureuses qu'Hachem nous fait traverser sont des signes d'affection, au même titre que les périodes plus calmes, car le gain de la douleur est plus grand que la douleur elle-même et constitue un moyen d'acquérir l'or qui se trouve au sommet de la montagne. "

-> Le Baal Shem Tov apporte l'analogie d'un père qui apprend à son fils à marcher. Il se tient à distance et appelle l'enfant à marcher vers lui. Lorsque le fils s'approche, le père recule, l'enfant perd l'équilibre et tombe. Pourquoi le père a-t-il reculé? Ne savait-il pas que l'enfant pouvait tomber?
Mais le père a compris qu'il ne rendrait pas service à son enfant en restant debout, car celui-ci n'apprendrait pas à marcher plus de quelques pas. Maintenant, le fils fera des efforts, se relèvera, fera d'autres pas, deviendra plus fort grâce au défi et apprendra à marcher grâce à ce processus.

L'idée est que les défis douloureux qu'Hachem nous lance ne sont pas moins des actes d'amour et d'attention que les pas en arrière d'un père pour donner à son fils la force de marcher. Le père est prêt à faire souffrir son enfant, malgré l'amour qu'il lui porte, parce que ce qui peut résulter de la douleur est plus grand que la douleur.

-> Le rabbi de Piaseczno (dans son Aish Kodech - 'Hanoucca 5702) écrit :
"Même dans les périodes de "hester" (moment où Hachem nous semble caché), il (un juif) doit croire en Lui, et que tout ce qui vient de Lui est bon et tout est juste et que toute la souffrance est remplie de l'amour d'Hachem pour Israël".

"Si nous savions avec quel amour Hachem aime chaque juif, nous rugirions comme de jeunes lions pour courir vers Lui."
[Zohar - Chémot]

-> Le mot hébreu pour "monde" est "olam" qui est lié à "néélam" (être caché).
La réalité est qu'à chaque instant Hachem nous aime à la folie, et Hachem est si bien caché dans ce monde qu'on n'a pas conscience de Son amour pour nous, voir même on peut penser qu'on n'est pas important à Ses yeux, voir détestés (ex: au regard de nos fautes).
Peu importe ce qu'on peut faire dans notre vie (en bien ou mal), si on nous montrait les sentiments d'amour, de fierté d'Hachem pour nous, on doit s'imaginer devenant fou de joie au point de rugir comme des lions.
Ainsi, une base essentielle du judaïsme est de se travailler en permanence pour développer cette amour, cette appréciation de notre relation si spéciale avec Hachem, car notre yétser ara fera tout pour mettre du doute, pour éteindre ce feu d'amour mutuel.
L'amour d'Hachem, bien que très voilé actuellement, doit être un soleil dans notre vie, une motivation à vouloir le machia'h, pour que très vite on puisse révéler ces sentiments si forts.

Sinon imaginons notre honte après notre mort, lorsque nous arriverons dans le monde de Vérité, et qu'on se rendra compte d'à quel point Hachem nous aimez constamment, et que nous de notre côté on a été très loin de Lui, et de ce qu'Il nous recommandait de faire.

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-> Chaque juif est un enfant d'Hachem. Comme le dit la michna : "banim l'Hachem Eloké'hem" (Pirké Avot 3,14).
Chaque juif est donc un prince, un enfant de notre Père, notre Roi. (Voir Maharcha - Shabbath 128a)

-> Dans un cas où un juif est menacé de mort s'il ne tue pas un autre juif, la halakha stipule qu'il doit renoncer à sa propre vie plutôt que de tuer la personne.
La guémara (Sanhédrin 74a) explique cela par le fait que : "qui dit que votre sang est plus rouge que celui de votre victime? Peut-être que le sang de la personne que vous voulez tuer est plus rouge que le vôtre".

Le rav Moché Mordé'hai Karp explique qu'à partir de cette guémara, nous voyons qu'Hachem aime et apprécie la vie de chaque juif exactement de la même manière. Par conséquent, il n'est pas permis de prendre la vie d'un autre juif pour sauver la sienne, car Hachem veut que l'autre vive autant qu'Il veut que nous vivions.

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-> L'amour d'Hachem pour chaque juif est aussi un amour paternel.
Le rav Shimshon Pinkous (Tiféret Shimshon) écrit : "Imaginez qu'un père pleure la perte de son fils et que quelqu'un vienne le réconforter en lui disant : "Ce n'est pas si grave, tu as d'autres fils".
Le père hurlerait : "Espèce d'imbécile! Tu crois que ce n'était qu'un fils? C'était mon petit Shimmeleh!
Avec tous ses attributs et ses défauts, avec son intelligence unique, avec sa propre identité! Il n'y a personne d'autre comme lui dans le monde!""
C'est ainsi, dit le rav Pinkous, que se présente la relation qu'Hachem entretient avec chaque juif dans le monde. Il aime chaque Réouveleh et chaque Shimmeleh!

-> Le rav 'Haïm Chmouelevitz se rendait souvent au monument d'Avshalom, la tombe du fils du roi David, qui s'est révolté contre son propre père.
À cet endroit, le rav Chmouelevitz levait les yeux vers le ciel en priant et disait :
"Maître de l'univers, quel est l'être humain le plus méprisable au monde? Certainement un fils qui a essayé de tuer son propre père. Il ne fait aucun doute que personne ne pourra jamais lui pardonner cette faute effroyable. Pourtant, nous savons que lorsqu'Avshalom fut tué par le général Yoav, le roi David pleura amèrement et dit : "Ô mon fils Avshalom, mon fils, mon fils Avshalom! Si seulement Hachem avait voulu que je meure à ta place, ô Avshalom, mon fils, mon fils!" (Shmouel II 19,1).

Nos Sages nous disent que le roi David a même réussi à libérer Avshalom du Guéhinam et à le faire entrer au Gan Eden. Pourquoi a-t-il fait cela pour une personne aussi terrible?
La réponse est qu'il était son père, et que l'amour et la miséricorde d'un père sont totalement inconditionnels, même pour un fils aussi terrible qu'Avshalom."

Le rav Chmouelevitz conclut : "Maître de l'univers, tu es notre père. C'est pourquoi, même si nous sommes aussi mauvais qu'Avshalom et que nous nous sommes révoltés contre Toi, à D. ne plaise, Ton amour envers nous ne cessera jamais. S'il te plaît, montre-nous ton affection, protège-nous du mal et bénis-nous avec tout ce qui est bon."

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-> L'Alter de Kelm dit que non seulement l'amour d'Hachem pour chaque juif est analogue à l'amour d'un père pour un enfant, mais qu'Hachem aime chaque juif autant qu'un père aime un enfant qui est son unique enfant.
Lorsqu'un père a plusieurs enfants, il est possible que l'amour qu'il porte à tous ses enfants, bien que très intense, ne soit pas exactement le même. Le fait qu'Hachem aime chacun d'entre nous comme s'il était son unique enfant signifie que chacun d'entre nous est aimé exactement de la même façon.
[Hachem est infini, au-delà de toute limitation naturelle, Il n'a pas de problème à aimer infiniment chaque juif. ]

La guémara (Kidouchin 36a) cite un différend entre rabbi Yéhouda et rabbi Méïr sur la question de savoir si nous sommes toujours considérés comme des enfants d'Hachem lorsque nous ne faisons pas Sa volonté.
Rabbi Méïr est d'avis que même lorsque nous ne faisons pas la volonté d'Hachem, nous sommes toujours considérés comme Ses enfants.
Le rav Yaakov Neiman (Lesitcha Elyon - Devarim) souligne que la guémara utilise le terme "nikra'im banim" (on les appelle des enfants). En d'autres termes, leur différend sur la relation du peuple juif avec Hachem lorsqu'ils ne font pas Sa volonté, porte sur la question de savoir s'ils sont ou non "appelés" Ses enfants. Cependant, la réalité immuable est que nous sommes bel et bien les enfants d'Hachem, quoi qu'il arrive.
Selon Rabbi Yéhouda, nous sommes toujours les enfants d'Hachem lorsque nous ne faisons pas Sa volonté, mais nous ne sommes pas "appelés" enfants.
Rabbi Méir est d'avis qu'il n'y a même pas cette forme de distance lorsque nous ne faisons pas Sa volonté, et que nous sommes toujours appelés enfants d'Hachem.

Le Téchouvot HaRachba (1:194) dit que nous suivons l'opinion de Rabbi Méir (voir Maharcha - Baba Batra 10a, qui dit la même chose).
L'implication est quel que soit l'état spirituel d'un juif, il est ouvertement considéré comme un enfant chérit et adoré de son Père céleste.
[ nos fautes viennent faire écran entre nous et Hachem (la téchouva peut nous réparer), faisant que l'on peut moins ressentir de proximité et d'amour avec Hachem.
Du côté d'Hachem l'amour pour chaque juif reste intact, c'est uniquement de notre côté, notre perception qui change (ex: par nos fautes, par une manipulation du yétser ara, par la routine de la vie matérielle, ...).
En effet, la halakha est fixée selon l'avis de Rabbi Méïr, même si un juif faute, l'amour qu'Hachem a pour Lui ne change pas, il n'y a aucune distanciation, nous restant Son enfant unique adoré et important à Ses yeux. ]

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-> Le Rachbatz (Pirké Avot 3,14) affirme qu'il existe 3 niveaux d'amour entre Hachem et le peuple juif.
Le premier est qu'ils sont un "tsélem". Ce type d'amour s'étend également aux non-juifs. [tout être humain a en lui une partie de divinité, les juifs ayant une âme provenant d'une source beaucoup plus élevée que les autres nations. ]
Un autre amour est celui d'être "banim". Rien que par cela [aux yeux d'Hachem], nous sommes tous comparables aux tsadikim harichonim tels que 'Hanokh, Métouchéla'h, Noa'h, Chem et Ever, qui n'avaient pas la Torah. [tout juif a constamment le titre de "banim", fils d'Hachem, et ce seul fait créé pour toujours un lien d'amour, d'attachement d'Hachem pour chaque juif. ]
Le 3e amour est la Torah. [Hachem aime et apprécie chaque seconde où l'on peut faire Sa volonté, chaque juif selon son niveau et ses capacités. ]

=> Nous voyons que l'amour du peuple juif, appelé enfant d'Hachem, ne dépend pas même pas de vivre ou d'étudier la Torah. Chaque juif est un enfant bien-aimé d'Hachem, même s'il n'a pas la Torah.
[dans la rue où il y a des non juifs, on peut renforcer sa fierté et grandeur du "simple" fait d'être juif, en se disant qu'on est beaucoup plus aimé et apprécié du Roi des rois, que ce non juif, que même le président de la république, que même cette star (non juive). Je suis important aux yeux du boss des boss, c'est que je suis quelqu'un de bien! (cela doit nous responsabiliser à agir avec grandeur spirituelle, et à remercier pour cela!) ]

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-> "Et qui est comme Ton peuple, comme Israël, une nation unique sur la terre?" (oumi ké'amkha ké'Israël goy é'had baarets - Chmouël II 7,23)."

Le rav 'Haïm Vital (chaar HaPessoukim 40,3) demande pourquoi est-il nécessaire d'écrire la lettre kaf devant le mot "Israël", ainsi que devant le mot "am'ha".

Il répond que cela nous enseigne qu'un juif est spécial pour deux raisons.
La première est qu'il est ké'amkha, "comme Ton peuple", ce qui signifie qu'il agit comme la nation d'Hachem est censée agir.
Une autre raison pour laquelle chaque juif est spécial est qu'il est "ké'Israël" ; il a une importance essentielle uniquement parce qu'il fait partie du peuple juif.

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=> Chaque juif est comme un enfant unique pour Hachem. Un juif peut fauter et ne pas connaître grand-chose à la Torah et aux mitsvot, mais il reste l'enfant bien-aimé d'Hachem.

Les anges portent chacune de nos bonnes paroles

+ Les anges portent chacune de nos bonnes paroles :

"Les portant sur ses ailes" (Haazinou 32,11).

-> Le Ohr ha'Haïm hakadoch explique en rapportant le Zohar citant : "La créature ailée rapportera les propos" (Kohélet 10,20). Le Zohar explique qu'il existe des anges connus sous le nom de "créatures ailées" (baal kénafayim) dont le travail consiste à amener au Ciel chaque bonne parole qui sort de la bouche d'une personne juive.

Le Ohr ha'Haïm explique que c'est la signification du verset ci-dessous (de Haazinou), selon lequel les anges porteront les bonnes paroles sur leurs ailes.
[cela témoigne d'à quel point Hachem apprécie chaque mot employé positivement. Contrairement à ce que l'on pense notre parole a un impact considérable dans le monde, ce qui doit nous rendre fier et responsable de l'utilise au mieux (pour construire et faire plaisir à Hachem, plutôt que pour détruire). ]

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-> voir aussi : Seuls les juifs sont dotés du pouvoir de la parole : https://todahm.com/2025/02/23/seuls-les-juifs-sont-dotes-du-pouvoir-de-la-parole

La grandeur de tout juif actuellement

+ La grandeur de tout juif actuellement (basé sur 'Hanoucca) :

-> Le chiffre 8 reflète l'éternel (Maharal - Tiféret Israël 2). Le chiffre sept correspond à ce qui se trouve dans ce monde et à ses limites (les 7 jours de la semaine). Parce que l'alliance entre chaque juif et Hachem est éternelle, Hachem nous a ordonné de faire la brit mila le 8e jour de la vie d'un enfant.

-> 'Hanoucca est la dernière fête donnée par Hachem au peuple juif avant notre long exil, et sa durée de 8 jour symbolise la capacité du peuple juif à durer éternellement.
La guémara (Shabbath 21b) présente l'argument bien connu entre Beit Hillel et Beit Shamai concernant la manière idéale d'allumer les bougies de 'Hanoucca (Shabbos 21b) :
- selon Beit Shamaï : on allume 8 bougies le premier jour, et on diminue d'une chaque jour suivant, pour terminer avec une seule bougie.
- selon Beit Hillel, c'est l'inverse : on allume une bougie le premier jour, et on ajoute une bougie de plus chaque jour, pour arriver à 8 bougies allumées le 8e jour.

=> Nous allons voir les approches du rav Tsadok haCohen de Lublin et du rav Avraham haCohen Kook.

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+ Une diminution de la lumière spirituelle :

-> C'est le concept de la yéridat hadorot, le déclin spirituel "inévitable" des générations.
Selon la guémara (Baba Batra 75a) : "Le visage de Moché était comme le visage du soleil, le visage de Yéhochoua était comme le visage de la lune".

De même, Rabbi Zéra au nom de Rabba bar Zimouna (guémara Shabbath 112b) dit : "Si les générations passées étaient comme des anges, alors nous sommes comme des hommes ; s’ils étaient comme des hommes, alors nous sommes comme des ânes".

-> Il semble que plus nous nous éloignons dans le temps de la révélation au mont Sinaï, plus nous nous éloignons d'Hachem et de la vérité.
En ce sens, selon l'avis de Beit Shamaï, lorsque la dernière bougie de la dernière nuit de 'Hanoucca regarde autour d'elle, elle émet un grand soupir, se souvenant de l'époque où elle était entourée de sept bougies supplémentaires, ayant une plus grande lumière. Il était une fois des géants de la Torah comme le Gaon de Vilna, des érudits médiévaux comme Rachi et le Rambam, et des sages de l'époque de la Michna et de la guémara ...
La dernière bougie, se sent seule, abandonnée, elle exprime la douleur de la descente spirituelle des générations au fil du temps (combien nous avons perdu de notre brillance!). La stature du peuple juif est passée de huit à un.
[cette vision de la réalité, pourrait nous pousser à baisser les bras, à se dire à quoi bon éclairer puisqu'on éclaire pas beaucoup par rapport à nos ancêtres, que nos actes sont sûrement peu important aux yeux d'Hachem (avant il y avait le Gaon de Vilna, mais moi qui suis-je pour Hachem!), ... ]

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+ Purification et raffinement :

-> D'un autre côté, de nombreux séfarim hakédochim affirment que c'est exactement le contraire qui se produit. Les générations sont de plus en plus conscientes d'Hachem.
Le rav Tsadok HaCohen de Lublin, le rav Avraham Kook, ainsi que le rav Shlomo Elyachiv (le Lechem), et de nombreux séfarim de la Kabbale enseignent qu'au fil du temps, nous avons constamment progressé pour sortir de la laideur de l'idolâtrie, de l'hérésie et de l'ignorance.
Aujourd'hui, nous pouvons remplir des stades/salles pour un Siyoum HaShass et l'étude de la Torah est considérée comme l'idéal, même parmi les personnes qui ne sont pas nécessairement aussi scrupuleuses qu'elles devraient l'être dans l'observance des mitsva.
D'une manière très profonde et mystérieuse, des progrès remarquables ont été accomplis au fil du temps.

Il n'y a pas si longtemps, peu de gens allumaient une 'hanoukia avec de l'huile ou possédaient leur propre soucca. Ces derniers temps, l'étude de la Torah et l'observance des mitsvot ont connu un essor incroyable.
Combien de livres de Torah sont facilement disponibles et agréables à lire (sans compter internet).

Le rav Tsadok Hacohen (Pri Tsadik - Ki Tavo), cite son maître le Mé Hachiloa'h, qui l'a entendu de son rabbi, le rav Sim'ha Bounim de Peshischa :
"Même si la qualité de l'esprit et de l'intellect diminue avec le temps, le point essentiel le plus intime du cœur devient de plus en plus raffiné ... que dans notre génération orpheline (il écrit cela à la fin du 19e siècle), si une vérité devient connue du cœur, si un juif ressent quelque chose dans son cœur, même un tout petit peu, cela est plus significatif aux yeux d'Hachem.
C'est plus important que la lumière des générations précédentes, car dans l'étroitesse d'esprit de notre époque, même une étincelle de vérité, de conscience, de proximité et de compréhension du Créateur est considérée comme très importante. Une formidable énergie spirituelle émane des bné Israël [à notre époque] ...
Nous sommes comme des enfants vendus en esclavage. Notre capacité à nous souvenir d'Hachem, ne serait-ce qu'un peu, est plus précieuse aux yeux d'Hachem que la lumière des générations précédentes."

[en appliquant à l'avis de Beit Shamaï, on pourrait dire que notre yétser ara nous laisse croire qu'en apparence nous ne valons qu'une simple bougie, alors que les générations d'avant pouvait en valoir comme 8 fois plus que nous!
Mais, en réalité : de nos jours une action d'un juif est appréciable aux yeux d'Hachem autant que 8 bougies d'action de génération passée. Un petit acte est très valorisé!
(le ratio de 1 pour 8 est plus pour l'idée d'avoir un ordre de grandeur)
Ainsi, l'approche de Beit Shamaï vient combattre notre yétser ara qui essaie de nous obscurcir en nous dévalorisant spirituellement. Plutôt que de se morfondre (que valent mes actions par rapport aux géants passés), on doit prendre conscience que chaque petit effort que nous faisons pour Hachem vaut beaucoup plus que par le passé, nous pouvons tellement amener à l'Histoire du peuple juif, au point de générer la venue du machia'h, b'h!

Beit Hillel n'est pas d'accord, pour lui nous arrivons pleinement à une telle réalisation en faisant l'inverse, ce que nous verrons par la suite. ]

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-> Le rav Avraham Kook nous enseigne comment comprendre les deux directions opposées dans lesquelles nous voyageons. Même si le monde entier est en déclin, cela n'est vrai que d'un point de vue superficiel.
Les actions et les caractéristiques des juifs individuels et du monde en général diminuent clairement avec le temps, comme nous le voyons dans la prévalence croissante de l'immoralité rampante, le manque total de dignité des gens dans leur façon de s'habiller, et bien d'autres choses encore. De ce point de vue, nous ne sommes pas comparables aux générations précédentes.
En ce qui concerne les âmes et les vies individuelles, la réalité est celle apparente du Beit Shamaï : nous diminuons continuellement avec le temps.

En revanche, du point de vue de l'essence intrinsèque de la nation juive, de la sainteté de la nation juive collectivement, chaque génération s'ajoute aux générations précédentes et s'appuie sur elles.
Nous sommes comme de petites personnes qui se tiennent sur les épaules de géants.
Aujourd'hui, notre peuple détient les connaissances et des mérites cumulées de tous les tsadikim de notre histoire. Nous récoltons les fruits des générations de tsadikim et de guéonim qui nous ont précédés. Nous possédons désormais la somme totale de toutes les générations depuis le mont Sinaï. Nous sommes très proches des jours du machia'h.

-> Le rav Kook (Igrot haRaya 332) écrit :
"Même si le monde descend de plus en plus bas, ce n'est qu'en ce qui concerne le monde extérieur. Les actions et les comportements tombent à un niveau inférieur à celui des générations précédentes.
Mais du point de vue intérieur de l'âme (néchama), de la force de la nation, de la sainteté d'Israël en tant que peuple, chaque génération s'appuie sur les progrès de la précédente. La sainteté s'amplifie avec le temps.
[la dernière bougie de 'Hanoucca ne se dresse pas seule, mais avec la lumière collective de toutes les nombreuses bougies qui l'ont précédée. ]

En revanche, le mal et la faute ne s'accumulent pas dans les générations suivantes. La nation d'Israël est remplie de plus de lumière aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été dans le passé. Nous ne pouvons tout simplement pas la voir avant l'arrivée du machia'h.

La croissance spirituelle cumulative continue à se développer, lentement et mystérieusement, jusqu'à ce que nous atteignions un point de basculement, une éruption spirituelle où tout sera révélé. Hachem nous montrera comment Il nous a parlé tout au long de la longue période de l'exil."

[on peut comparer cela à un compte bancaire collectif de la nation juive, où l'on comptabilise tous les mérites depuis le début de notre histoire (toutes les mitsvot toutes les souffrances, toutes les prières, ...), sans rien en retirer (les fautes ne s'accumulant pas).
Et même si personnellement nous n'y mettons pas grand chose, la nation juive n'a jamais été aussi riche spirituellement sur son compte commun, ce qui rend chaque juif sublime et important pour Hachem (puisque actionnaire d'un empire de bons mérites). Nous n'aurons conscience de cela qu'après la venue du machia'h.]

-> Le rav Kook enseigne :
Le mal que nous observons [chez les autres] n'est qu'extérieur et superficiel. Leur âme intérieure est bonne et sainte. Même les juifs qui se disent athées sont motivés par une volonté interne de faire le bien dans le monde, d'aider autrui et d'aider Israël.
Ce sont des gens bien ; ils sont fiers d'être appelés juifs. Ils sont simplement perdus et ne savent pas ce que signifie être juif.

[combien de juifs même très éloignés, on une émouna forte, combien vibrent dès qu'on leur montre la lumière d'Hachem.
Extérieurement les juifs peuvent sembler plus sombre que par le passé, mais leur intériorité est si vivant, si pure!
Par le passé, il y avait un vrai pouvoir de l'idolâtrie (croire en d'autres puissances), mais de nos jours, un juif n'est pas croyant plus par ignorance ou par paresse (ne voulant pas des nombreuses obligations que peut impliquer la religion). ]

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+ La sainteté cumulative :

-> Comment pouvons-nous nous améliorer collectivement, mais pas individuellement?
En physique et en biologie, nous savons que "ce qui se ressemble s'assemble". La réalité spirituelle est similaire. Les choses saintes se rejoignent naturellement.
La sainteté de nos mitsvot relativement modestes et de l'étude de la Torah dans les générations suivantes ajoute de la lumière à ce qui a précédé. Même si nos mitsvot et nos bonnes actions sont mineures à bien des égards, nos petites lumières s'ajoutent aux grandes lumières du passé, auxquelles nous pouvons accéder.

En revanche, la faute et le mal ne sont pas cumulatifs.
"Tous ceux qui font le mal seront dispersés" (Téhilim 92,10). La sainteté se combine et le mal se sépare.
Le peuple juif contemporain contient plus de lumière d'Hachem que les générations passées, mais cette réalité ne sera pas pleinement révélée avant l'arrivée du machiah'h.
Le machia'h viendra lorsque la mesure appropriée de la sainteté rassemblée se sera accumulée. "La gloire d'Hachem sera révélée, et toute chair verra que la bouche d'Hachem a parlé" (Yéchayahou 40,5).

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-> Revenons au désaccord entre Beit Shamaï et Beit Hillel. Quel regard portons-nous sur nous-mêmes et sur le monde? Le monde devient-il vraiment de plus en plus grand?
La vision du monde du Beit Shamaï est basée sur la réalité que nous pouvons observer avec nos yeux physiques. Nous sommes de plus en plus éloignés de la révélation du mont Sinaï, c'est pourquoi nous devrions commencer 'Hanoucca avec huit bougies et en enlever une chaque jour jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une.

Beit Hillel considère que le monde évolue positivement.
Le rav Tsadok haCohen de Lublin se concentre sur le point intérieur du cœur, plutôt que sur notre mode de vie extérieur.
Ce point intérieur devient de plus en plus raffiné avec le temps. Si nous regardons ce qui se passe aujourd'hui au-delà de l'apparence physique des choses, au-delà de ce que nous pouvons voir avec nos yeux, mais plutôt avec ce que nous pouvons ressentir intérieurement, nous pouvons sentir la recherche, l'aspiration et le désir des peuples de se connecter à une expérience spirituelle transcendante.
Les juifs les plus simples étudient aujourd'hui les enseignements les plus profonds de la Torah.

Plus grand à l'intérieur
-> Un jour de Yom Kippour, le rav Avraham Kook quitta la synagogue pour rendre visite à un groupe de juifs qui violaient délibérément Yom Kippour en public. Il leur a parlé et a chanté avec eux.
La plupart des membres de ce groupe sont finalement retournés à la synaoggue, et beaucoup sont devenus observants de la Torah.
Hachem dit : "Dans les lieux éloignés (spirituellement), ils se souviendront de moi, ils vivront avec leurs enfants et ils reviendront" (Zé'haria 10,9).

Telle est la promesse d'Hachem. Nous devons nous en souvenir et le rappeler aux autres.
Tous les défauts que nous observons chez les autres juifs ne sont qu'extérieurs.
Intérieurement, ils sont bien plus grands que le juif typique des générations précédentes. Ils ne sont pas plus grands que les tsadikim, mais l'effet cumulé de la lumière d'Hachem et de la sainteté du peuple juif fait de la génération actuelle la plus grande qui ait jamais vécu.

C'est pourquoi, à l'heure actuelle, nous avons assisté à une augmentation considérable de l'idéalisme. Les générations précédentes étaient principalement préoccupées par les guerres et l'approvisionnement en nourriture. La majeure partie du monde a tourné la page et se préoccupe de justice et d'équité. Bien qu'une grande partie de cet idéalisme soit mal orienté, beaucoup de ces juifs aiment le peuple juif et la terre d'Israël, y sont profondément attachés et sont fiers d'être juifs, même s'ils ne savent pas vraiment ce que cela signifie d'être juif.
Ils peuvent penser qu'ils font simplement preuve de patriotisme, comme les autres nations. En réalité, ils sont intensément liés à la racine du peuple juif.

C'est le secret de la venue du machia'h dans le monde sous la forme d'un pauvre homme monté sur un âne (Zé'haria 9,9).
Le Tikouné Zohar (60) dit que cela décrit notre génération : bonne à l'intérieur mais mauvaise à l'extérieur.

Lorsqu'elle décrit l'affection cutanée de tsaraat, la Torah enseigne que si l'affection couvre tout le corps, elle est pure (Tazria 13,13). Notre génération est complètement infectée, mais elle possède le plus grand désir et la plus grande recherche de la vérité de la lumière intérieure de la Torah et du but de leur vie, d'une manière que nous n'avons jamais vue dans les générations précédentes.
Les générations précédentes se contentaient d'adhérer à la Torah et de l'étudier.
Aujourd'hui, les juifs typiques qui craignent Hachem cherchent désespérément à comprendre le sens profond de la Torah et qui est Hachem. À l'extérieur, il y a beaucoup de laideur, mais au fond de soi, la lumière augmente, et cela se répercute également à l'extérieur.

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-> La halakha suit l'avis du Beit Hillel. Nous ajoutons des bougies chaque soir.
Le rav Avraham Kook dit qu'à un niveau plus profond, Beit Shamaï et Beit Hillel sont tous deux d'accord.
D'un point de vue extérieur, Beit Shamaï a raison. En termes de grandeur individuelle, il y a eu un terrible déclin au fil des générations. Cela peut être très déprimant.
Si nous regardons la vie juive et le monde dans son ensemble, nous trouvons l'opinion de Beit Shamaï convaincante. Notre seule réponse est de hausser les épaules, de regarder vers le Ciel et de déclarer : "Nous ne pouvons compter que sur notre Père qui est aux cieux" (Sotah 49b).

Nous nous souvenons qu'il y avait autrefois huit bougies et nous déplorons qu'il y en ait beaucoup moins aujourd'hui. Il ne nous reste qu'une seule bougie, qui reste à peine allumée face aux vents soufflants du monde. Nous craignons qu'elle ne s'éteigne à son tour.

'Hanoucca, le cadeau d'Hachem pour nous soutenir pendant les longues années d'exil, suit l'opinion du Beit Hillel. Cela signifie que notre génération tient la huitième bougie. Il s'agit d'un phénomène cumulatif. Nous portons toutes les bougies des générations précédentes.
Notre génération est remplie de dégradations spirituelles terribles, en particulier dans le domaine de l'immoralité. Pourtant, parce que nous détenons la 8e bougie, nous savons que notre génération apportera le machia'h, qui ne se contentera de rien de moins qu'une révélation totale.

En apparence, notre génération est plus distante. Plus profondément, c'est elle qui tient la 8e bougie (symbole de ce qui est au-dessus de la naturalité, de ce monde). Notre tâche consiste à croire en nous-mêmes et à protéger la 8e bougie par notre vie.

On a rapporte le rav Tsadok haCohen, affirmant qu'à notre génération même que même si l'intellect s'affaiblit, le point intérieur du cœur juif brûle plus que jamais.

-> Le rabbi Arele de Belz est arrivé miraculeusement en Israël après la guerre et s'est installé à Tel Aviv, avec beaucoup d'autres. Par un chaud après-midi de Shabbat, il se promena avec son gabaï, gardant les yeux fixés sur le sol pour éviter de voir ceux qui n'étaient pas habillés convenablement et maintenir ainsi son état de sainteté.
De nombreux juifs laïques passaient devant lui et le saluaient en disant "Shabbat Shalom, Rabbi", ce à quoi le Rabbi répondait chaleureusement et affectueusement.
À chaque fois, il entendait son gabaï marmonner sous sa respiration : "Goyim ... shekatsim (vermine)".
Rabbi Arele se mit à trembler en entendant cela et dut rentrer chez lui.

Deux semaines plus tard, après avoir repris ses esprits et s'être calmé, Rabbi Arele confronta son gabaï. Il lui dit que lorsque le machia'h soufflera dans son shofar et que le son se répercutera jusqu'à chacun d'entre nous, tous ces juifs non pratiquants jetteront leur costume de Pourim et annonceront : "Hinéni! - Me voici! Je suis à toi, Hachem!"
Rabbi Arele réprimanda l'homme, l'avertissant de ne plus jamais parler ainsi des autres juifs.

Ce gabaï regardait le monde à travers la lentille d'un déclin spirituel, mais Rabbi Arele lui apprenait à voir le monde avec une conscience spirituelle élargie, comme Beit Hillel, qui s'enrichit et grandit chaque nuit.

[d'après le rabbi Moché Weinberger]

Avoir foi dans la pureté intérieur de tout juif

+ Avoir foi dans la pureté intérieur de tout juif :

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.11) décrit l'éternelle pureté intérieure de tout juif qu'une faute extérieure ne peut jamais entacher ou atteindre.
Il insiste à plusieurs reprises sur le fait que la faute est quelque chose d'extérieur au peuple juif. La lumière divine intérieure qui caractérise l'âme d'un juif existe sur un plan d'existence différent du monde physique/matériel.
Sur un plan divin plus profond, il n'y a aucune rencontre ni aucun contact avec la faute.

La différence entre l’âme d’un juif et celle d’un non juif

+ La différence entre l'âme d'un juif et celle d'un non juif :

"Je ferai une distinction entre Mon peuple et ton peuple, c'est demain qu'aura lieu ce signe" (Vaéra 8,19)

-> Le Imré Emet (cité dans le séfer Likouté Yéhouda) explique ce verset en citant le Magen Avraham (46:10) qui dit au nom des Mékoubalim que nous faisons les bénédictions de "chélo assani goy" (qui ne m'a pas fait non juif) et "chélo assani aved" (qui ne m'a pas fait esclave) chaque matin pour remercier Hachem de ne pas avoir permis à un âme d'un non juif ou d'un esclave d'entrer dans notre corps pendant que nous dormions.

Il pose la question suivante : Comment une personne peut-elle savoir que l'âme d'un non juif n'est pas entrée dans son corps?
S'il est capable de bénir Hachem et de prononcer Son nom, c'est un signe clair que cela ne s'est pas produit.

C'est pourquoi le verset dit : "Je ferai une distinction entre Mon peuple et ton peuple, c'est demain (matin) qu'aura lieu ce signe" = chaque matin, lorsque l'on récite les Birkat Hacha'har, la séparation entre un juif et un non juif devient évidente.

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+ Une transformation quotidienne :

-> Le Imré Emet ajoute que la raison pour laquelle le "Yid Hakadoch" (rabbi Bounim de Peschi'ha) était connu sous ce nom était qu'il se sanctifiait chaque jour pour s'élever à un nouveau niveau de sainteté qui était aussi loin au-dessus de son niveau précédent que la différence entre un juif et un non juif.

Ce concept est illustré par ce verset qui dit que la séparation entre un juif et un non juif est visible chaque matin, ce qui signifie qu'un juif est capable de subir une transformation chaque jour pour atteindre un nouveau niveau qui est aussi éloigné de son ancien niveau que la différence entre un juif et un non juif.

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-> Toute la création peut être classée en 4 catégories : les objets inanimés/minéraux, les végétaux, les créatures vivantes (animaux) et les êtres parlants (humains) (domem, tsoméa'h, 'haï, médaber).
Dans le Séfer haKouzari (4e hakdama du maamar 5), le rav Yéhouda haLévi ajoute une 5e catégorie : le peuple juif (am Israël).

=> Dans les mots du Kouzari : "Les plus bas (spirituellement) parmi les enfants de la Torah d'Hachem sont plus élevés que même les plus élevés parmi les nations qui n'ont pas la Torah. Car la Torah, qui vient d'Hachem, insuffle à l'âme les qualités et la nature des anges".