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Connaître notre grandeur (1ere partie)

+++ Connaître notre grandeur (1ere partie) :

-> Nous observons souvent des personnes qui recherchent les honneurs ou l'attention.
Le rav Chlomo Wolbe (Alé Shour, vol.2) explique que la racine de ce comportement est un manque de respect de soi, et le besoin de quelqu'un pour combler ce vide et apporter de l'honneur.

[on a tous besoin d'honneur. Si je n'ai pas d'honneur pour moi, alors je deviens dépendant de celui que pourrait m'accorder autrui (nous seulement nous sommes dépendant de la réaction d'autrui, mais cela va nous prendre beaucoup de temps et d'énergie, nous empêchant de nous réaliser, d'être nous-même.) ]

-> Qui respectons-nous lorsque nos témoignons de l'honneur à quelqu'un?
Le commandement de la Torah de se lever par respect pour une personne âgée ou un talmid 'hakham (sage en Torah) est formulé ainsi : "véhadarta pné zaken" (Kédochim 19,32).
Le Yessod véChorech haAvoda explique que le mot "pné", littéralement "visage", est le même mot que panim, "intérieur". Lorsque nous nous levons devant quelqu'un, nous le faisons par respect pour son intériorité, ou plus exactement pour l'âme qui est en lui.

En montrant du respect à une autre personne, je reconnais qu'elle a été créée "bétsélem Elokim" (Béréchit 1,27), avec une âme (néchama) qui lui a été donnée par Hachem provenant de devant Son Trône de Gloire. (à la différence d'un non-juif, un juif a une âme provenant de l'intériorité de D.)
Le respect que je porte à autrui est dû à l'étincelle d'Hachem qui est en elle. Il s'ensuit que je dois également me respecter moi-même, en raison de l'âme que j'ai en moi.

En effet, le roi David s'est exhorté lui-même : "Réveille-toi, mon kavod" (oura kévodi - Téhilim 57,9).
Le Métsoudat David explique qu'il se disait à lui-même : "Mon âme, réveille-toi et loue Hachem".
Il a appelé son âme (néchama) "kavod" parce que la néchama est la source de l'honneur (kavod) d'une personne.

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+ Nécessité d'avoir conscience de sa propre grandeur :

-> Rabbénou Yona est surtout connu pour son ouvrage le Shaaré Téchouva, le classique guide de la téchouva. Cependant, Rabbénu Yona a écrit un autre ouvrage extrêmement important : Shaaré Avoda.

Dans les remarques préliminaires, il définit le début du voyage vers la grandeur dans notre service Divin (avodat Hachem) :
"Le premier pas [vers l'avodat Hachem] consiste à connaître sa propre valeur et à reconnaître ses qualités et celles de ses ancêtres, ainsi que leur grandeur et leur importance aux yeux d'Hachem".

-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour, vol.2) explique qu'avant même d'apprendre ses défauts et d'essayer de les corriger, la première étape du moussar est d'apprendre ses qualités et l'importance qu'a tout juif.

Il cite ensuite le 'Hovot haLevavot (Shaar haKeniah - ch.2) qui écrit que :
"[la véritable humilité ne peut exister] qu'après avoir réalisé la noblesse de la néchama et l'avoir élevée au-dessus de tout trait de caractère animal et de toute similitude avec le comportement des gens de basse condition, en raison de la supériorité de son intellect et de la préciosité de sa néchama, et de la compréhension claire des bons et des mauvais traits de caractère.
Accompagnée de cet état d'esprit, l'humilité est un trait louable, mais sans elle, elle n'est pas considérée comme un trait favorable ou une qualité de l'âme."

-> Pour accomplir quoi que ce soit en matière d'avodat Hachem, il est absolument nécessaire de savoir qui nous sommes et à quel point nous sommes grands et importants dans le monde d'Hachem.
Cette idée est reprise par le rav Tsadok haCohen (Tsidkat haTsadik 154) : "De la même manière que l'on doit croire en Hachem, on doit croire en soi-même ... que sa néchama vient d'Hachem et qu'Hachem éprouve du plaisir et de la joie lorsque nous faisons Sa volonté".
[il est facile d'appréhender le fait qu'il est important de croire en D., mais ]

-> Le Alter de Slabodka (Ohr haTsafoun, pt.1) développe longuement cette idée :
"Reconnaître sa propre valeur est une partie intrinsèque de la vie et constitue le chemin de la croissance pour chaque personne. Prendre conscience et connaître la valeur d'une personne selon la valeur que la Torah lui attribue est la grande tâche fondamentale et l'une des parties essentielles de notre vie ...
La michna (Pirké Avot 3,14) nous dit : "L'homme est aimé car il a été créé à l'image d'Hachem, comme il est dit : "Il a créé l'homme à l'image d'Elokim" (Béréchit 1,27).
La conscience de cet amour doit être comme une empreinte sur notre cœur que nous ne perdons jamais de vue, ne serait-ce qu'un instant. Nous devons nous fortifier de toutes nos forces pour nous inspirer à nous aimer nous-mêmes avec le même amour débordant qu'Hachem nous aime, qui dépasse de loin l'amour de tout ce qu'Hachem a créé dans le monde. [Hachem étant le créateur du sentiment d'amour et n'étant pas limité, Il aime chaque juif d'un amour véritablement infini, et lorsque l'on compare cela à celui des parents pour leurs enfants cela est très limitant (à défaut de mieux). ]
De toutes nos forces, nous devons constamment tendre vers la perfection et apparaître comme la véritablement personne, extérieurement et intérieurement, en concrétisant tout le potentiel que nous avons en nous, en reproduisant toujours les voies d'Hachem, jusqu'à ce que nous devenions celui au sujet duquel Hachem dit : "Voyez la création que J'ai créée dans Mon monde, dont l'image est comme la Mienne"."

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-> Si les juifs savaient à quel point ils sont chéris et à quel point Hachem les aime, ils rugiraient comme des lions pour courir après Hachem.
[Zohar]

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-> La Torah nous dit qu'Hachem a créé l'homme "à l'image d'Elokim" (Béréchit 1,27).

Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,3) explique qu'Hachem a infusé en nous une capacité similaire à celle d'Elokim.
Hachem lui-même, en tant que "Elokim", recrée le monde entier et tout ce qu'il contient à chaque seconde.
Hachem nous a également donné la capacité de construire des mondes par nos actions.
Les mitsvot que nous accomplissons ont d'énormes ramifications dans les royaumes spirituels. Elles créent d'innombrables mondes spirituels et provoquent l'ouverture de nombreuses fenêtres/canaux de la bienveillance d'Hachem qui se déversent sur ce monde.

À l'inverse, toute faute a des effets néfastes, détruit des mondes spirituels et empêche les bénédictions d'Hachem d'atteindre ce monde.
Le Néfech ha'Haïm écrit que l'effet d'une seule faute est pire que celui de Titus, qui a détruit le Temple, car Titus n'a affecté que le monde physique, alors qu'une faute affecte les sphères supérieures, spirituelles.

Ce concept est discuté à plusieurs reprises par le 'Hafets 'Haim qui cite le Zohar affirmant : "Les effets qui se produisent dans le Ciel dépendent des stimuli des gens, que ce soit pour le bien ou pour le mal".

-> A ce sujet, voici les paroles du Baal Shem Tov (citées dans Shomer Emounim - Tsahali véRoni chap.13) :
"Parfois, l'humilité excessive d'une personne peut la faire chuter dans sa avodat Hachem, car elle ne croit pas que sa prière et son apprentissage de la Torah génèrent d'abondantes bénédictions de la part d'Hachem dans tous les mondes spirituels et que même les anges obtiennent leur subsistance grâce à elles.
Si une personne croyait cela, elle servirait Hachem avec une immense joie et crainte du Ciel (yirat chamayim) et serait très attentive à prononcer chaque mot correctement ...
Une personne doit comprendre qu'elle se tient dans ce monde mais qu'elle atteint les Cieux et que chaque mouvement, parole, action et interaction fait un impact dans les Cieux, et c'est ainsi qu'elle s'assurera que toutes ses actions sont faites pour l'amour du Ciel.
Contrairement à la personne qui agit à sa guise en pensant : "Qui suis-je pour que mes actions fassent une différence ou soient remarquées dans les Cieux? Mais c'est une erreur, car par ses actions, une personne est reliée à Hachem et si elle est miséricordieuse, cela signifie qu'Hachem agira lui aussi avec miséricorde".

-> La Torah contient une mitsva : "marcher dans les voies d'Hachem" (Ki Tavo 28,9).
Nos Sages nous enseignent que cela signifie suivre les middos d'Hachem, et ils nous donnent la célèbre directive suivante : "Tout comme Il est miséricordieux, vous devez être miséricordieux ; tout comme Il est compatissant, vous devez être compatissants" (guémara Shabbath 133b).

Rabbénou Yona (Shaarei Avoda - ch.16) a ajouté une ligne supplémentaire dans son texte qui n'apparaît pas dans la guémara : "Tout comme Hachem crée le monde et lui permet de continuer à exister, vous devriez faire de même."
C'est une idée incroyable. Chaque mitsva que nous accomplissons s'accompagne d'une mitsva supplémentaire, celle de marcher dans les voies d'Hachem, car avec chaque mitsva, nous donnons au monde la subsistance nécessaire pour continuer à aller de l'avant!

[il est écrit : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35)
d'une certaine façon, Hachem a tellement confiance en nous qu'Il nous donne une partie de Lui en nous, faisant, si l'on peut dire, qu'Il est dépendant de nous. Par nos bonnes actions, nous Lui donnons alors de la force de pouvoir agir. ]

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+ Fauter ou ne pas fauter? = cela dépend d'à quel point tu es grand à tes yeux :

-> Se souvenir de notre grandeur est l'outil nécessaire pour résister à la tentation de la faute.
La Michna (Sanhedrin 37a) enseigne que chaque être humain a été créé individuellement et qu'il doit donc se dire : "Le monde a été créé pour moi".

Rachi explique que nos Sages nous enseignent que pour s'empêcher de fauter, une personne doit se dire : "Je suis aussi important que le monde entier, je ne dois donc pas me détruire du monde en commettant ne serait-ce qu'un seul péché."

-> De même, Rabbénou Yona (Shaaré Avoda), après avoir écrit qu'il faut connaître ses propres qualités, poursuit : "S'il est tenté ou si l'idée d'agir de manière inappropriée lui vient à l'esprit, il doit être embarrassé pour lui-même et ses ancêtres et se dire : "Une personne aussi grande et importante que moi, qui possède tant de grandes et hautes qualités, et je suis le fils d'un grand peuple et du Roi Eternel ; comment pourrais-je commettre un mal aussi terrible, et ce faisant fauter devant Hachem?"

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1,15) enseigne :
"Il est obligatoire de se rappeler à chaque seconde que nous sommes les enfants du Roi puissant et redoutable, et qu'il n'est pas convenable que nous nous comportions comme de modestes paysans.
La source de nos problèmes est que nous oublions que notre âme (néchama) vient d'un endroit terriblement élevé.
Dans ce contexte, nous agissons avec humilité, mais nous ne nous soucions pas de notre propre honneur et de l'honneur de notre néchama, et au lieu de cela, nous nous roulons dans la boue comme un humble paysan.
Il serait préférable d'être fier, de se comporter mieux que les autres et de dire : "Nous sommes les fils du Roi de tous les rois, et il est inapproprié que quelqu'un d'aussi honorable que nous se comporte comme un non-juif de bas étage.
Nous devons plutôt nous comporter comme il convient à l'endroit d'où nous venons (sous le Trône de Gloire). Nous devons nous comporter comme de grandes personnes, nettement plus grandes et différentes des personnes ordinaires, afin que tout le monde voie que nous ne sommes pas des personnes ordinaires ...
Si l'on se souvient de l'immense grandeur de chaque juif, du fait qu'il est plus élevé que les anges, il lui sera impossible de sombrer dans les frivolités et les mondanités de ce monde ou d'être attiré par la luxure (tout désir interdit par la Torah)".

-> La michna (Pirké Avot 2,13) enseigne : "Ne sois pas un fauteur à tes propres yeux".
Le Rambam explique que si une personne se sent un fauteur, elle agira comme tel.
Si elle est étiquetée comme une personne racha (ex: par rapport au tsadik comme je suis un racha, quelqu'un de "nul"), elle peut penser qu'elle peut tout aussi bien s'amuser et faire ce qu'elle veut. [ex: perdu pour perdu spirituellement, alors autant se lâcher, profiter! Si j'ai peu de valeur spirituelle, alors qu'est-ce que cela peut faire à D. si je n'agis pas beaucoup dans ce domaine!? ]

C'est une règle de base de toute éducation. Si un parent ou un enseignant traite un enfant de paresseux, l'enfant croit que c'est vrai et agira en conséquence.
Au lieu de cela, il faut dire à l'enfant que normalement tu es si fiable, mais que tout à l'heure tu as agi paresseusement.
De même, la michna nous enseigne que, même si vous avez fauté, ne vous considérez pas comme un fauteur ; mais plutôt rappelez-vous que vous êtes en réalité une âme sainte qui s'efforce d'être un tsadik, mais qui a dérapé une fois et a commis une faute.
De cette manière, vous tenterez toujours de préserver votre réputation et de vous abstenir de fauter.

[Hachem ne m'a pas fait ange, c'est normal que je faute, et il y a la téchouva pour tout réparer. L'essentiel est de se relever, de repartir vers l'avant en faisant de notre mieux pour exprimer nos sublimes potentialités intérieures.
A l'inverse, notre yétser ara pousse à nous dévaloriser, à nous voir comme ayant peu de valeur spirituelle, alors pourquoi faire les efforts de se relever, d'avoir de grandes ambitions spirituelles pour nous ... (plus on a d'estime de soi, plus on a d'ambition et de désir d'y parvenir).
Ainsi, mon cher yétser ara c'est très tentant, très agréable, ce que tu me proposes, mais cela ne me convient pas au regard de ma grandeur dans ce monde (je suis l'enfant adoré du Roi des rois, l'aidant à parfaire ce monde, à amener la guéoula!).
Et oui, cher yétser ara, ton patron (qui t'égorgera avec la venue du machia'h), celui qui te donne la vie à chaque instant, et bien sache qu'Il m'aime infiniment, Il a même mis une partie de Lui en moi, et ainsi j'ai un pouvoir Divin d'impacter le monde pour le bien ... ]

Le 9 Av : jour de célébration de l’immense amour d’Hachem envers Ses enfants (les juifs)

+ Le 9 Av : jour de célébration de l'immense amour d'Hachem envers Ses enfants (les juifs) :

-> Le frère du Maharal de Prague, Rabbi 'Haïm (dans son Iguéret haTioul), fait remarquer que dans toute la Méguilat Eikha, il n'apparaît à aucun endroit le nom Elokim qui suggère l'attribut Divin de rigueur mais seulement celui d'Hachem, la Source de toute miséricorde.
Cela, dit-il, afin de nous faire savoir que "dans Sa colère, D. se souvient de Sa miséricorde", et qu'Il ne juge pas son peuple en déversant sur lui tout Son courroux. Car même les souffrances qui doivent être infligées ne le sont qu'avec miséricorde et non avec rigueur et colère.

-> Bien au contraire, c'est précisément au moment où Hachem inflige à un homme des épreuves qui le plongent dans une totale déchéance, que se révèlent la plus grande proximité et l'amour le plus intense.
Voici ce que le 'Ohev Israël' écrit à ce propos (Shabbat 'Hazon) :
"On m'a demandé une fois d'expliquer le midrach selon lequel il n'y eut jamais d'autre jour de Moèd (de solennité) pour Israël comme celui où le Temple fut détruit, ce qui est à priori très étonnant.
Cependant, une intuition me pousse à dire à ce sujet, qu'au moment d'une séparation, l'amour entre 2 êtres se dévoile à son paroxysme. Et, c'est pourquoi, au moment de la destruction du Temple, lorsque les Bné Israël s'apprêtèrent à partir pour un long et dur exil, Hachem se sépara (si l'on peut dire) de Ses enfants et se réveilla alors l'amour profond et intense existant entre Hachem et Ses enfants''.

-> Le Nétivot Shalom explique que l'amour d'un père pour son fils a 3 aspects différents :
- le niveau le plus ordinaire se traduit lorsque le fils se trouve à proximité de son père, que ce dernier s'amuse avec lui et lui offre un cadeau pour lui exprimer l'intensité de son amour.
- Un deuxième niveau est lorsque, le fils étant loin de son père et qu'ils ne peuvent se voir, ce dernier ne cesse de le languir.
- Il écrit : "Mais l'amour qui dépasse tout est celui d’un père, rempli de compassion, qui
doit étreindre son fils de toutes ses forces pour l’empêcher de se débattre lorsque le médecin va l’opérer pour lui sauver la vie. Ou encore lorsque le père n’a d'autre choix que d'opérer lui-même son fils et de le faire saigner abondamment.
On ne peut décrire par des mots, l'amour qui brûle alors dans le cœur du père pour son fils! Et paradoxalement, quelqu'un qui observerait cette scène de l'extérieur qualifierait un tel acte de cruel de la part du père".

Et le Nétivot Shalom conclut alors par ces mots :
"Chez notre Père céleste, la miséricorde est au-dessus de tout ce que nous sommes capables de concevoir. Et lorsqu'Il est obligé de se conduire avec rigueur envers l'individu ou envers la communauté, on ne peut imaginer l'intensité de l'amour qui s'exprime précisément à cet instant où la mesure de rigueur prend le dessus."

[il explique grâce à cela le midrach selon lequel il n'y eut jamais d'autre jour de Moèd (de solennité) pour Israël comme celui où le Temple fut détruit, à savoir au moment-même où le Maître du monde fut forcé de "les opérer" ].

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-> b'h, également de nombreux éléments dans le divré Torah : https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi

"ki ayin bé'ayin yir'ou béchouv Hachem tsion" (ils voient, de leurs propres yeux, Hachem rentrer dans Sion - Yéchayahou 52,8)

-> [A la différence du monde non-juif environnant,] nous n'avons pas uniquement 2 yeux, mais nous avons aussi : "ayin bé'ayin" = un œil qui est dans l'œil = nous pouvons voir les choses de l'extérieur, mais aussi de l'intérieur.

Le terme : "Shéma" (שמע) est l'acronyme de : "séou marom éné'hem" (שְׂאוּ מָרוֹם עֵינֵיכֶם - Yéchayahou 40,26) = levez vos yeux au Ciel.
Le Shéma est ce moment central de la journée de tout juif, où l'on se couvre les yeux de voir le monde avec nos yeux extérieurs, et où l'on se concentre sur notre vision intérieure du monde (Hachem é’had).
[d'après le rav Moché Weinberger]

[Plutôt que de descendre nos yeux vers notre nombril (notre égo), nous les levons vers le Ciel, vers la fierté d'être juif(ve) et d'avoir l'honneur de faire de grandes choses dans notre vie.]

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[en hébreu, le mot "vie" est au pluriel = 'haïm = car un juif, à chaque instant, réalise des actions dans ce monde, qui ont aussi un impact dans l'autre monde.
Parfois, un moment de douleur ici, permet de construire une éternité sublime. ]

Mois d’Av – La sublime influence de Aharon haCohen = développer notre conscience de l’énorme amour d’Hachem pour chaque juif

+++ Mois d'Av - La sublime influence de Aharon haCohen = développer notre conscience de l'énorme amour d'Hachem pour chaque juif :

-> La Torah (Massé 33,38) nous dit qu'Aharon haCohen est mort le premier jour du 5e mois, qui est Roch 'Hodech Av.
Les séfarim hakédochim expliquent que tout ce qui se produit à Rosh 'Hodech a un effet sur le mois entier. Par conséquent, les forces (ko'hot) d'Aharon haCohen influencent tout le mois d'Av.

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+ Ressentir l'amour d'Hachem :

-> La Michna (Pirké Avot 1,12) enseigne que la force d'Aharon haCohen consistait à rapprocher les gens de la Torah.
Il aidait les gens à ressentir l'amour d'Hachem pour eux, ce qui les ramenait à la Torah. Lorsque Aharon voyait un juif qui ne se sentait pas aimé par Hachem, il lui parlait, l'enseignait et l'influençait jusqu'à ce qu'un sentiment d'amour brûle en lui.

Le midrach raconte qu'Hachem a promis à Aharon une mitsva spéciale qui durerait toujours. Cette mitsva est l'allumage de la Ménorah. Comment cette mitsva peut-elle durer éternellement?
Parce qu'elle contient l'âme d'Aharon haCohen, qui continue d'allumer un feu dans l'âme de toutes les générations futures lorsqu'elles ressentent le grand amour qu'Hachem, notre Père, a pour nous.
Cette lumière d'Aharon brûle le plus fort pendant le mois d'Av.
Le nom du mois, Av, signifie "père", ce qui nous rappelle que l'une des principales avodot de ce mois est de se concentrer sur le sentiment du grand amour que notre Père céleste a pour nous, comme un père aime son enfant.

Lorsque les juifs étaient dans le désert, ils étaient protégés par les Nuées de Gloire. Ces Nuées leur ont été donnés par le mérite d'Aharon haCohen. À la mort d'Aharon, les juifs ont perdu la protection de ces Nuées, car sans le mérite d'Aharon, ils n'en étaient plus dignes.
Les Nuées de Gloire (Anané haKavod), qui nous entourent de la protection d'Hachem, représentent Hachem qui nous étreint.
Ce signe d'amour a été donné par le mérite d'Aharon, car c'est lui qui a inculqué cet amour au peuple juif.

Les saints séfarim enseignent que les 22 jours de bein hamétsarim (du 17 tamouz au 9 av compris) correspondent aux 22 jours qui s'écoulent entre Roch Hachana et Chémini Atséret.
Sur la base de ce parallèle, les 8 derniers jours des 3 semaines, du 2 Av au 9 Av, correspondent aux 8 jours de Souccot.
Souccot est la fête des Nuées de Gloire (une raison d'être dans une Soucca) et c'est la fête qui représente le mieux le grand amour d'Hachem pour le peuple juif (nos Sages disent que dans la Soucca on est dans les bras d'Hachem, comme on l'était avec les Nuées de Gloire dans le désert).
De même, pendant le mois d'Av, à l'heure la plus difficile, Son amour rayonne sur nous.
Pendant le mois d'Av, tout comme pendant Souccot, il nous incombe de nous de faire des efforts pour apprécier et ressentir l'amour qu'Hachem a pour nous.

Nous savons que les explorateurs (méraglim) ont causé des larmes de désolation au peuple juif la nuit du 9 Av en semant dans le cœur des juifs un sentiment d'abandon de la part d'Hachem.
Les méraglim ont péché parce qu'ils n'ont pas ressenti l'amour d'Hachem.
Ils ont dit : "C'est en nous haïssant qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte" (Devarim 1,27) = ce manque de sentiment était la cause première de leur faute, ce qui a poussé Hachem à faire le vœu qu'ils aient une véritable raison de pleurer à l'avenir. Cela fait référence à la destruction du Temple le jour du 9 Av.

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+ La clé de la Délivrance :

-> C'est pourquoi le Baal Chem Tov a enseigné que si l'on se concentre intensément, matin et soir, en prononçant les bénédictions de Ahava Rabbah et Ahavat Olam, qui traitent de l'amour d'Hachem pour le peuple juif, on contribue à apporter le géoula (Délivrance), à la fois une guéoula personnelle et la guéoula du peuple juif.
La clé de la Délivrance se trouve dans ces bénédictions.
Dans la prière du matin nous disons :
- "aavat olam aavtanou" (Tu nous aimes d'un amour éternel) ou une autre version est : "aava rabba aavtanou" (Tu nous aimes d'un amour puissant) ;
- " 'hemla guédola vitéra 'hamlta alénou" (Tu es extrêmement bienveillant à notre égard) ;
- "avinou av ara'haman" (Notre Père, le Père compatissant) ...
- la bénédiction se termine par : "abo'her béamo Israël béaava" (Qui choisit Sa nation Israël avec amour).
Il est écrit au présent "abo'her (Qui choisit Sa nation Israël), parce que ce n'est pas un choix qui a été fait il y a seulement des milliers d'années ; c'est un choix constant qu'Hachem continue de faire.

Dans la prière du soir nous disons :
- "véaavaté'ha al tassir miménou léolamim" (et ne détourne pas Ton amour de nous pour toujours), ce qui est un appel qui signifie que non seulement Hachem devra toujours nous aimer, mais que nous devrions également ressentir Son amour.
- "ohév amo Israël" (Qui aime Sa nation Israël).

Ces bénédictions saintes et pures ont le pouvoir d'allumer un feu en nous.
Mais cela demande un effort de notre part. Nous devons y consacrer la réflexion et la concentration nécessaires, jusqu'à ce que la flamme qu'elles cachent prenne feu dans nos âmes.

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+ Aimer Hachem et ressentir Sa douleur :

-> Le fait de ressentir cet amour d'Hachem suscite un aspect supplémentaire.
Lorsque l'on ressent véritablement l'amour d'Hachem, on commence à lui rendre ce sentiment. Et lorsque l'on ressent de l'amour pour Hachem, on est capable d'accomplir ces paroles de nos Sages : il est du devoir de chaque juif de ressentir la douleur de la Ché'hina en exil.
L'idée qu'Hachem a rejoint Son peuple en exil et qu'il erre avec nous est une raison suffisante pour pleurer et se lamenter.

Dans les générations précédentes, même les soi-disant "juifs simples" ressentaient cela fortement et pleuraient et souffraient beaucoup parce qu'ils ressentaient la douleur d'Hachem.
Mais notre génération a beaucoup de mal à ressentir cette douleur.
Les saints séfarim nous disent que les personnes de la génération précédant l'arrivée de Machia'h auront un "cœur de pierre". Ils ne sauront pas comment ressentir spirituellement avec leur cœur.

Ces sentiments de tristesse face à la douleur de la Ché'hina dans l'exil semblent être au-delà de notre génération. Nous sommes comme un petit enfant qui ne comprend pas les difficultés que traversent ses parents.
Néanmoins, nos grands maîtres ont révélé que la volonté d'Hachem est que nous essayions d'atteindre au moins un niveau minimum de sentiments de tristesse, une certaine appréciation de la douleur que la Ché'hina subit en exil. En particulier en ces jours de Bein haMétsarim, Hachem souhaite que nous nous efforcions de développer ces sentiments.

Nous devons essayer de reconnaître qu'Hachem nous aime d'un amour tout-puissant et que son souhait est que nous n'ayons que ce qu'il y a de mieux, tant sur le plan physique que spirituel.
C'est ainsi que nous pouvons commencer, à un petit niveau, à ressentir la même chose pour Hachem.
Nous pourrons alors vraiment ressentir la tristesse qu'Hachem ne réalise pas Son désir ultime, qui est de voir le peuple juif devenir digne de voir machia'h nous ramener tous en terre d'Israël, et de reconstruire le Temple, afin que la Ché'hina puisse à nouveau habiter parmi nous.
[rav Tsvi Méïr Zilberberg]

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+ Miracle au Temple = Hachem m'aime! :

-> Pendant la prière, le Beis Temple était tellement bondé que certaines personnes ne touchaient même pas le sol ; c'était comme si elles flottaient dans l'air.
Malgré la foule immense, au moment de prier la Amida, miracle des miracles, chaque personne avait son propre ses propres quatre coudées (environ 2 mètres).
Chaque personne était seule avec Hachem.

Les gens se demandaient : "Pour moi! Hachem fait un miracle pour moi! Je n'ai rien de spécial. Les grandes personnes de la génération méritent des miracles. Mais en ce qui me concerne? Je ne suis qu'un simple juif qui vient d'une petite ferme. Est-ce qu'Hachem ferait un miracle pour moi?"

Oui, Hachem fait un miracle pour chaque juif! Il y avait un miracle pour chaque juif dans le Temple.
Le verset dit : "édout Israël" (témoin d'Israël - Téhilim 122,4).
Le Malbim explique cela par le fait que se tenir dans le Temple était un témoignage de l'importance individuelle de chaque personne.
Cela aidait chaque juif à réaliser ce qu'il était capable d'accomplir [, toute l'importance et l'amour qu'il a aux yeux d'Hachem].
[rav Yaakov Landau]

[ainsi prendre le deuil de la disparition du Temple, c'est réaliser qu'il était un lieu témoignant concrétement de l'amour infini d'Hachem pour chaque juif. ]

9 Av – Hachem souffre de nous avoir éloignés de Lui

+ 9 Av - Hachem souffre de nous avoir éloignés de Lui :

-> Que manque-t-il exactement à Hachem depuis la destruction du Temple?
Le Temple était le lieu de résidence d'Hachem dans ce monde. Le Temple était l'endroit où Hachem se réjouissait avec nous, Sa nation élue.
[...]
Qu'est-ce que cela signifie pour nous?
Nous devons nous rappeler que nous sommes les enfants d'Hachem. Ferions-nous intentionnellement de la peine à nos parents? Comment se sentirait un fils s'il apprenait que son père a été chassé de chez lui et laissé dans la rue, sans nourriture ni abri? Ne ferait-il pas tout ce qui est en son pouvoir pour aider à améliorer la situation? Combien plus grave serait la situation si le fils était lui-même à l'origine du malheur de son père! Le fils ne serait-il pas accablé de chagrin?

Nous sommes les enfants d'Hachem, comme le dit le verset : "Vous êtes les enfants d'Hachem, votre D." (Réé14,1). Nous devons ressentir le souffrance de la Présence Divine (Ché'hina) et le chagrin d'un fils qui sait que la douleur de son père vient de ses propres actions, car ce sont nos fautes qui ont détruit le Temple et envoyé la Ché'hina en exil.
Au cours des 3 semaines qui séparent le 17 tamouz au 9 av, nous devons concentrer nos pensées sur la souffrance de la Ché'hina dans son état d'exil.
[...]

Avant d'abuser des plaisirs de ce monde, nous devons prendre du recul et réaliser que si la Présence Divine est en exil, nous ne devrions pas nous amuser au maximum.
Nous devons également comprendre que l'accomplissement du commandement de désirer le machia'h ne consiste pas seulement à nous débarrasser de nos souffrances personnelles.
Nous devrions aspirer à ce que la souffrance de la Ché'hina prenne fin, comme nous le disons dans la Amida : "car en Ton salut/délivrance (celui d'Hachem, pas le nôtre), nous espérons chaque jour" (ki lichouaté'ha kivinou kol ayom).

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+ Nous sommes si éloignés de notre papa Hachem :

-> Une autre cause de la souffrance de la Présence Divine est que le peuple juif, les enfants d'Hachem, se sont tellement éloignés de notre Père.
Nos mitsvot et nos bonnes actions sont souvent accomplies avec de mauvaises intentions, comme celle de recevoir une récompense.
Nous devrions faire les mitsvot simplement pour donner à Hachem le plaisir d'accomplir Sa volonté.
Parfois, les gens font même les mitzvos à contrecœur et sans enthousiasme, comme s'il s'agissait d'une sorte de punition. Nous n'apprécions pas le fait que les mitsvot sont données pour notre bien.
Cette attitude découle de l'énorme éloignement qui nous sépare d'Hachem. Cette rupture nous empêche de ressentir Son puissant amour pour nous et de réaliser que tout ce qu'Il fait pour nous est pour notre bien.
Cette distance [que nous Ses enfants adorés] avons avec Lui cause une grande douleur à Hachem.
Et la pire souffrance pour la Ché'hina est lorsqu'une personne transgresse une mitsva parce qu'elle ne ressent pas l'amour d'Hachem.
[Hachem est parfaitement parfait, Il n'a besoin de rien. Les mitsvot ne sont que des moyens afin de pouvoir nous lier davantage spirituellement avec Lui. ]
[...]

Notre âme a parcouru une distance si grande [pour venir dans ce monde depuis le Trône Divin] ; nous sommes si loin de notre Père céleste.
Nous devons travailler sur nous-mêmes pour minimiser notre concentration sur la matérialité et augmenter notre concentration sur le spirituel afin de combler le fossé entre Lui et nous, pour que Sa Présence soit avec nous et dans nos maisons. [car Hachem nous aime tellement, et Il souffre de nous voir loin de Lui. Le Temple représente le lieu sur terre où Hachem s'unissait, se réjouissait, avec Ses enfants bien aimés, et donc son absence est un deuil, une perte, une souffrance énorme.]
[rav Gamliel Rabinovitz]

Ne pas dire le Nom d’Hachem en vain

+ Ne pas dire le Nom d'Hachem en vain :

-> Le 3e Commandement : " Tu n'invoqueras pas le Nom d'Hachem ton D. en vain" (lo tissa ét chem Hachem Eloké'ha lachav - Yitro 20,7) est plus qu'une injonction évidente contre le fait de jurer faussement ou d'utiliser le nom d'Hachem de manière inappropriée.
Il s'agit également d'un appel fervent à ne pas abuser de notre potentiel, symbolisé par le Nom divin qui est ancré dans chaque âme juive.
Ne pas s'élever vers les hauteurs spirituelles qui sont à notre portée équivaut à abuser de l'esprit Divin qui est en nous. Ignorer notre étincelle céleste, c'est la porter en vain.

Ainsi, la conclusion de ce verset : "car Hachem n'absoudra [littéralement, ne purifiera] personne qui prend Son Nom en vain", peut être considérée comme un avertissement : même si Hachem aide ceux qui souhaitent se purifier [comme l'ont dit les Sages (Shabbath 104a) : quelqu'un qui souhaite se purifier recevra l'aide divine], cela ne s'applique pas à ceux qui gâchent leur potentiel.
[Sfat Emet - Shavouot 5636]

[ainsi, le 3e Commandement = ne gâche pas tes potentialités internes!  (tous juifs a des potentialités Divines, de part la partie Divine (âme) en lui)]

J'ai entendu au nom du Baal Chem Tov que lorsque les 7 Commandements universels (lois noa'hiques) ont été donnés, les [âmes du] peuple juif ont accepté de devenir les garants du reste du monde".
[rav Yeivi - Vayéchev]

La Providence Divine particulière de tout juif

+ La Providence Divine particulière de tout juif (selon le Baal Chem Tov) :

-> Un juif n'est jamais seul : Où qu'il aille et où qu'il parle, Hachem est avec lui.
[Likouté Dibourim IV, p.980]

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-> Le Baal Chem Tov enseigne que lorsqu'un morceau de paille tombe d'un chariot chargé de paille, cet événement a été décrété par le Ciel.
De même, lorsqu'une feuille tombe d'un arbre, c'est parce que le Ciel a décrété que cette feuille particulière, à ce moment précis, tomberait à cet endroit précis.
Un jour, le Baal Chem Tov montra à ses disciples une feuille qui tombait sur le sol et leur demanda de la ramasser. Ils le firent et virent qu'un ver se trouvait sous la feuille.
Le Baal Chem Tov expliqua que le ver avait souffert de la chaleur et que cette feuille était tombée pour lui donner de l'ombre.
[Shaar haOtiot - Hachga'ha Prati]

-> Le Baal Chem Tov enseigne que chaque chose créée a sa propre valeur au Ciel.
Ce qui est "domèm" (inanimé) est différent de "tsoméa'h "(végétal) ; ce dernier est différent de "'haï" (animal) ; et ce dernier est différent de "médaber" (humain).
Dans le domaine du medaber, le peuple d'Israël est "les personnes les plus proches de Lui (Hachem)".

La Divine Providence s'applique même au plus petit détail ; cependant, le degré auquel la Providence Divine s'applique aux "personnes les plus proches de Lui" (les juifs) ne peut pas être imaginée.
En effet, si la Providence divine détermine quelque chose d'aussi infime qu'une feuille ou une paille qui restera à sa place ou sera déplacée ailleurs, la Providence divine qui détermine ce qui arrivera à l'une de Ses personnes dépasse totalement notre compréhension.
[Likouté Dibourim I 4:3]

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-> Il faut se rendre compte que tout dans le monde est rempli de D., comme le dit le verset : "Je remplis les cieux et la terre" (Yirmiyahou 23,24). Et tout ce qui est produit par les pensées et les projets humains, même les plus petites choses qui se produisent dans le monde, sont en réalité provoquées par la Providence Divine.
Il importe peu à une personne que ses efforts soient conformes ou non à ses souhaits, car tout vient du Créateur, et Il sait qu'il est [parfois] préférable que les choses ne se passent pas comme on l'avait prévu
[Tsavaat haRivach 84, section 2]

-> Le Baal Chem Tov enseigne : Tout ce qu'une personne voit ou entend contient une leçon de service Divin. C'est l'essence même du service Divin : réaliser comment servir D. en toutes choses.
[HaYom Yom, p.52 - cité dans Kéter Chem Tov, Hossafot 128]

Tout juif = un influenceur des sphères célestes

+ Tout juif = un influenceur des sphères célestes :

-> "Il [Yaakov] eut un rêve que voici : une échelle était fixée sur la terre, son sommet atteignit le ciel" (Vayétsé 28,12)

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayétsé) dit que chaque juif est l'échelle la plus sainte du monde.
"fixée sur la terre" (moutsav artsa) = il semble que nous [les juifs] soyons "fixés sur la terre" ; nous marchons sur la terre ici-bas, nous occupant de nos obligations spirituelles dans ce monde physique, mais cependant "rocho maguia chamayma" (son sommet [litt. sa tête] atteignit le ciel) = nous ne pouvons pas commencer à imaginer l'effet que notre service a dans les sphères célestes là-haut.
Bien qu'il semble que nos actions n'affectent que notre situation terrestre, il n'en est pas ainsi ; nos actions atteignent les sphères célestes.

En fait, notre service revêt une telle importance que [dans la suite de ce même verset indique : ] "les anges montaient et descendaient le long de cette échelle" (mala'him Elokim olim véyor'dhim bo) = les anges eux-mêmes s'élèvent, ou à D. ne plaise, descendent en fonction des actions que nous entreprenons.

=> Savez-vous à quel point chaque juif est important?
Les saints anges d'en haut dépendent tous de moi et de vous! Une petite pensée pure et nous élevons des mondes et des forces qui ne peuvent être saisis ou imaginés. Un mot de Torah, et nous avons attiré la bénédiction sur toute la création. Une mitsva accomplie dans la joie, et les mondes spirituels sont plongés dans la lumière brillante de l'euphorie. C'est vraiment une chose incroyable à considérer.

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-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,3) écrit : C'est sous cette forme, pour ainsi dire, que D. a créé l'homme, lui donnant l'autorité sur des milliers et des milliers de pouvoirs et d'innombrables mondes, les plaçant entre ses mains.
Car il doit les diriger, selon les détails de ses actions, de ses paroles, de ses pensées et de toute sa manière d'être, que ce soit pour le bien, ou si D. le veut, pour le contraire.
Par ses bonnes actions, ses bonnes paroles et ses bonnes pensées, il soutient et renforce de nombreuses puissances et mondes célestes, leur ajoutant sainteté et lumière ... mais par ses mauvaises actions, paroles et pensées, il détruit de nombreuses puissances et mondes célestes, que le Miséricordieux ait pitié...".

-> Un Shabbath, rabbi Mendel de Kotzk a demandé à ses élèves : "Pour quelle raison sommes-nous sur terre?"
Ses élèves ont réfléchi un moment, puis ont répondu : "C'est simple! Nous sommes ici pour élever la terre en utilisant ce monde matériel dans un but spirituel, de sainteté."
Le saint rabbi de Kotzk a fermé ses yeux et il a bougé sa tête en signe de négation.
D'une voix forte, il a dit : "Est-ce que cela est tout pourquoi nous sommes ici : uniquement pour élever la terre?
Nous sommes ici pour élever le Ciel!"

b'h, suite de cela : notre but dans le monde : https://todahm.com/2021/11/07/notre-but-dans-ce-monde

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=> Bien que cela ne soit pas facilement visible, nous devons être extrêmement encouragés par le fait que nos actions affectent la création tout entière ; même les anges célestes dépendent des choix que nous faisons.

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+ Les synagogues au Ciel :

-> En raison de la grande aura de sainteté qui repose sur une synagogue, elle doit être traitée avec la révérence appropriée en s'abstenant de toute plaisanterie inutile à l'intérieur.
Nos Sages écrivent longuement sur ce point, et le Zohar (Raya Méhémna Béchala'h II) ajoute que chaque synagogue ici-bas sur terre est reliée avec un lieu de sainteté correspondant, ou une "synagogue", là-Haut au Ciel.
Les synagogues de la terre tirent leur sainteté des lieux de sainteté du Ciel.

[ainsi une synagogue peut sembler être une simple pièce (plus ou moins bien décoré) ne nécessitant pas de se comporter avec une crainte particulière, mais en réalité cet endroit est en parallèle avec un même lieu au Ciel (où ce que nous faisons s'y reproduit!). D'une certaine façon en y manquant de respect, c'est comme si nous le faisions dans les plus hautes sphères spirituelles au Ciel, au plus proche du Trône d'Hachem.
C'est cela la réalité, le juif le plus simple peut sembler sur terre, mais en réalité il est dans les mondes les plus élevés, face à face avec Hachem! ]

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Ma'hssof haLavan - Vayétsé) écrit qu'une indication à ce sujet peut être trouvée dans le verset du rêve de Yaakov : "Il rêva et vit une échelle dressée sur la terre et dont le sommet atteignait le ciel. Les anges de D. montaient et descendaient sur elle, et Hachem se tenait au-dessus d'elle" (Vayétsé 28,12-13).
Lorsque Yaakov se réveilla de son rêve, il réalisa que l'endroit où il avait dormi était le "Beit Elokim" (la Maison de D.).

Yaakov était en train de prévoir les synagogues que ses descendants construiraient.
Au-dessus de chaque synagogue sur terre, il a vu en parallèle un lieu de sainteté correspondant dans le Ciel.
L'échelle du rêve représente le lien entre les deux.
L'échelle se trouvait sur la terre, représentant la structure de la synagogue, qui est physique. Cependant, elle s'étendait jusqu'aux plus hauts sommets du Ciel, représentant le pouvoir des synagogues et des prières qui y sont prononcées d'atteindre les plus hauts sommets du Ciel.

Nous pouvons le voir dans la guématria du mot סלם (soulam - l'échelle), qui est le double de la gematria de היכל (hékhal - le sanctuaire). Cela représente les 2 sanctuaires qui sont parfaitement alignés l'un sur l'autre : l'un au Ciel et l'autre sur la terre.
Les anges montaient et descendaient sur cette échelle pour porter les prières des juifs jusqu'à notre Père céleste. Hachem se tenait au-dessus de l'échelle pour accepter nos prières avec bienveillance.

Hachem a choisi le peuple juif en raison de l'étincelle de spiritualité qui réside dans chaque âme juive.
Chaque juif a l'obligation d'augmenter la force de cette étincelle et de la nourrir par des mitsvot et de bonnes actions.
Cette étincelle intérieure, qui provient d'Avraham, est présente chez tous les juifs, même ceux qui s'éloignent du judaïsme. Hachem la protège pour qu'elle ne s'éteigne jamais ; c'est la signification du nom : "Maguen Avraham" (le bouclier d'Avraham).
[Sfat Emet - Lé'h Lé'ha 5635]

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-> Le 3e des 10 Commandements stipule : "Tu ne prendras pas le Nom d'Hachem, ton D., en vain".
Le nom d'Hachem est ancré dans l'âme de chaque juif et il est de notre devoir de l'éveiller plutôt que de gaspiller notre potentiel de grandeur spirituelle.
[Sfat Emet - Shavouot 5636]