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 "Parle à toute l'assemblée d'Israël, et dis-leur : soyez saints, car je suis saint, moi, l'Eternel votre D." (Kédochim 19,2)

Nous allons voir b"h quelques commentaires du Abir Yaakov (Rabbi Yaakov Abe'hessera) sur ce verset.

1°/ Tout lien qui unit D. à Israël est fait de sainteté, comme il est écrit : "vous serez pour moi, un royaume de prêtres et un peuple saint."

Dans les 2 noms de Yaakov, la sainteté apparaît en allusion :
- יעקב (Yaakov) = les lettres sont les initiales de : עדת בני ישראל קדוש'ם (l'assemblée d'Israël est sainte - adat béné Israël kédochim) ;
=> ce nom renvoie à la sainteté d'Israël

- ישראל (Israël) = guématria de 541 (+1 pour le mot) = 542 = guématria de : קדוש הי אלהיכם (saint, est l'Eternel votre D. - kadoch Hachem élo'é'hem).
=> ce nom renvoie à la sainteté de D.

==> le peuple d'Israël a le devoir d'acquérir cette sainteté ; c'est pour cela qu'il a été créé.

2°/ Dans ce verset, il est écrit : "kédochim tiyou" (saint, vous serez), et non : "kédochim éyou" (soyez saint).
==> Il faut s'attacher à la sainteté, afin de mériter l'aide divine.
Nos Sages disent (guémara Yoma 38b) : "Celui qui désire se purifier sera aidé d'en haut."

3°/ En se fondant sur la juxtaposition du Shabbath et du respect dû aux parents, on peut dire que la démarche d'un homme sincèrement désireux de se purifier et de se sanctifier est facilitée par 3 facteurs : D. lui-même (dans toute sa sainteté) ; les parents (à qui D. a confié une parcelle de sainteté en partageant avec eux son pouvoir créateur) ; le Shabbath (nommé : saint).

Ces 3 facteurs se conjuguent pour rendre inopérantes les incitations au mal, par lesquelles le yétser ara tente de dissuader l'homme de se rapprocher de la sainteté, sous prétexte qu'il est éphémère est insignifiant.
On retrouve ces 3 facteurs dans notre paracha :
- "ki kadoch ani" = sainteté de D. ;
- "craignez votre père et votre mère" = sainteté des parents ;
- "observez mes Shabbath" = sainteté du Shabbath.

De plus, le fait de dépenser généreusement et de bon coeur pour entretenir ses parents et pour l'honneur du Shabbath, permet d'acquérir un surcroît de sainteté.

4°/ Cette recherche de la sainteté doit s'exercer dans tous les domaines : l'étude de la Torah, la parole, la nourriture, les rapports sexuels, car il faut être saint pour pouvoir s'attacher au D. saint.
On peut retrouver ces 4 domaines dans le nom de la paracha kédochim (saints) - קדש'ם :
- קול = la voix = l'étude de la Torah ;
- דבור = la parole = on doit parler sans colère, ni orgueil, ... ;
- שתיה = la boisson (qui inclue la nourriture) = juste ce qu'il faut pour nourir son corps ;
- ידיעה = connaissance (terme renvoyant à la sexualité = connaître la femme).

Par ailleurs, l'interdiction de "se tourner vers les idoles" fait allusion aux passions physiques, assimilables à l'idolâtrie, ainsi qu'à la cupidité.
Le mot תאוה (= passion - taava) = permet de former : אל) תפנו אל האלילים ואלוהי) (Ne vous tournez pas vers les idoles et d'autres divinités).

==> Plus on s'éloigne de ces choses-là, plus on gagne en sainteté.

 

Source (b"h) : le "Pitou'hé 'Hotam" du Abir Yaakov

La Présence divine quitte ce monde et les cris de prière des hommes ne sont plus entendus à cause de trois catégories de pécheurs :
1- Celui qui s'unit à une femme se trouvant en état d'impureté menstruelle (Nida), ce qui est extrêmement grave, étend cette impureté sur lui-même et sur tous ceux qui sont proches de lui.
Là où il va, il chasse la Présence divine. Il amène de graves maladies sur lui-même et sur les enfants conçus dans l'impureté. Il restera impur tout au long de son existence, comme il est dit : "L'impureté de la femme nida sera sur lui" (Métsora15,24).

2- Celui qui s'unit avec une non-juive déchaîne le courroux divin en portant atteinte à l'alliance sacrée et au sceau du Roi, gravé sur notre chair; après ce péché, il ne peut rétablir un lien avec Hachem que par un repentir complet et constant.

3- Celui qui fait avorter sa femme détruit l'une des constructions du Saint béni soit-Il.
[Zohar II,2a]

Un vrai serviteur d'Hachem doit constamment se renouveler ... Même en matière de sainteté et de crainte du Ciel, il faut sans cesse se renouveler, sinon on s'habitue ...
La nature s'oppose à la sainteté. C'est pourquoi le monde a été appelé olam, un mot dérivé du terme hé'élem (dissimulation), car la sainteté y est dissimulée.
[Imré Emet - Chémot - p.58 ]

Egypte – Une nation sainte

+ Egypte - Une nation sainte :

-> Le midrach (Vayikra rabba 32,5) nous dit que le peuple juif n'était pas impliqué dans la promiscuité [sexuelle], et que cela seul le rendait digne de la délivrance.

Ce test était d'autant plus difficile que l'Égypte était la nation la plus vile (racha) et la plus immorale du monde (Rambam - Issouré Bia 21,8), imprégnée de promiscuité et d'impureté, ainsi que de sorcellerie et de mal (midrach Yalkout Chimoni - Chémot 7:182).

En fait, même si le peuple juif n'a pas pu se débarrasser du culte des idoles ou du désir d'invoquer les étoiles, il a néanmoins réussi à maintenir sa sainteté pendant toute la durée de son séjour en Égypte. [ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yonathan - Vaéra 6,13).

-> Où la nation a-t-elle puisé la force de résister à cette immense épreuve?

Le midrach (Vayikra rabba 32,5) note que la force spirituelle nécessaire pour résister à une telle immoralité a été imprégnée au sein de la nation par les grands actes de leurs ancêtres, à savoir Sarah et Yossef.

Sarah, qui a été capturée en Égypte, a réussi à se protéger des avances de Pharaon (voir Béréchit 12,14-20), inculquant ainsi cette force aux femmes de la nation.

Quant à la capacité des hommes à résister à tout élément de promiscuité, elle provient de la vertu de Yossef, qui a fait preuve d'une retenue surhumaine lorsqu'il a relevé les défis quotidiens que lui imposait la femme de son maître Potiphar, après avoir été vendu comme esclave et envoyé en Égypte (voir Béréchit 39,6-20).