Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"On ne doit se lever pour prier qu’avec koved roch (lourdeur de la tête ; humilité)" (guémara Béra'hot 30b).
Le sens est que lorsqu’on prie avec kavana, Hachem est glorifié dans le "Monde de la Parole". Cela apporte la glorification dans tous les mondes, ainsi que sur [celui qui prie].
On doit donc veiller à ne pas cesser le dvékout (l’attachement [à Hachem]), c’est-à-dire qu’on ne doit pas penser à s’autoglorifier (enorgueillir) sous prétexte de prier avec une grande kavana.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 123]

<--->

[cela implique que nous devons avoir conscience de la grandeur de la prière de chaque juif, de son impact énorme dans tous les mondes.
On doit donc être fier de nous (une sorte d'orgueil de nous qui nous pousse à apprécier et profiter de chaque prière!), tout en reconnaissant que ce pouvoir extraordinaire provient d'Hachem. ]

Prier avec ferveur

-> Lorsque vous méditez en prière sur toutes les kavanot (intentions mystiques) que vous connaissez, vous ne faites que méditer sur celles que vous connaissez. En revanche, lorsque vous prononcez le mot avec une grande hitkachrout (concentration), toutes les kavanot sont incluses dans le mot lui-même, en tant que tel. Car chaque lettre est un monde à part entière.
Ainsi, lorsque vous prononcez le mot avec une grande hitkachrout, vous éveillez assurément ces mondes Supérieurs et obtenez ainsi de grands effets.
Vous devez donc veiller à prier avec une grande hitkachrout et une grande hitlahavout (ferveur ; enthousiasme ardent) ; car vous produisez alors assurément de grands effets dans les mondes Supérieurs, car chaque lettre provoque une agitation là-Haut.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 118]

Notre force dans la prière nous unit avec Hachem

-> Lorsque tu pries, garde à l’esprit qu'Hachem réside dans ces lettres.
Cela signifie :
Nous ne savons pas ce qu’une personne pense tant qu’elle ne s’exprime pas. Il s’ensuit donc que la parole est un vêtement pour la pensée. Dis-toi donc : "Je prépare un vêtement pour un si grand Roi ; il est donc tout à fait normal que je le fasse avec joie."
Prononcez donc les mots de toutes vos forces, car cela créera l’unité avec [Hachem], béni soit-Il.
Comme votre force réside dans la lettre[s], et qu'Hachem, réside dans la lettre [s] [de nos prières], vous êtes donc unis à [Hachem], béni soit-Il.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 108]

Prier dans la joie

+ Prier dans la joie :

-> Une prière faite avec une grande joie est certainement bien plus agréable à [Hachem], béni soit-Il, qu’une prière faite dans la tristesse et les larmes.
On pourrait illustrer cela par la parabole d’un pauvre qui implore et supplie un roi en pleurant abondamment : il n’obtiendra que peu.
En revanche, à un ministre qui, devant le roi, vante joyeusement ses louanges et, dans ce contexte, lui présente également sa requête, le roi accordera un très grand don, à la mesure de la stature du ministre.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 107]

<--->

-> "On ne doit pas prier dans un état de tristesse, mais avec joie" (guémara Béra'hot 31a).

-> "La racine de la prière est la joie du cœur en Hachem" (séfer 'Hassidim - section 18).

-> "Réjouissez-vous devant Lui" (Téhilim 68,4), car "devant Lui" il n’y a aucune tristesse, car ["devant Lui"] tout est joie ('Haguiga 5a) ....
Ainsi est-il écrit : "Servez Hachem avec joie" (Téhilim 100,2), car il ne faut pas montrer de tristesse [dans Son service] ...
Qu’en est-il de celui qui est troublé et dans la détresse, donc incapable de se réjouir dans son cœur, et qui, à cause de sa détresse, cherche la compassion du Roi suprême? Doit-il s’abstenir complètement de prier pour éviter d’entrer avec de la tristesse?
Or, il est enseigné (Baba Métsia 59a) que toutes les portes ont été fermées, mais que les portes des larmes n’ont pas été fermées. Les larmes sont causées par le chagrin et la tristesse. Ainsi, ceux qui sont chargés de garder les portes brisent tous les détours et les verrous et laissent entrer ces larmes. Cette prière parviendra alors devant le Saint Roi". [Zohar II,165a]
De même, les pleurs sont de mise dans les prières liées à la téchouva, par exemple, la confession des fautes et la demande de pardon, ou les prières de la veillée de minuit (ex: tikoun Ra'hel & Léa).
Toutes les autres prières, cependant, et le service de D. en général, doivent être accomplis avec joie.

-> Le Arizal statue ainsi :
"Il est interdit de prier devant Hachem dans un état de tristesse. [On doit prier] mais comme un serviteur s’occupant de son maître avec une grande joie, car sinon l’âme n’a pas la capacité de recevoir l’illumination céleste qui est attirée en elle par le biais de sa prière.
La tristesse n’est appropriée que lors de la récitation de la confession et lorsqu’on se souvient de ses fautes. Dans toutes les autres prières, cependant, on ne doit pas laisser place à la tristesse, pas même à l’inquiétude concernant les fautes que l’on a commises.
Certes, il est bon d’être humble lorsqu’on prie, mais avec une grande joie. C’est un sujet très important, et il convient d’y prêter attention. Cette question est inestimable [quant à sa valeur]".
[Arizal - Pri Eitz 'Haïm - chaar Olam ha'assiya - fin du chap.1 - dans l’édition. Koretz - chaar Hakorbanot - chap.2 ]

-> L’acte de prière implique la foi et la confiance en Hachem, qui, à leur tour, impliquent (et doivent en eux-mêmes conduire à) la joie et l’allégresse du cœur (voir le Réchit 'Hokhma - chaar ha'ahava - chap.12).

[d'une certaine façon la prière commence par une brève phase où l'on se casse (notre égo) en humilité devant le fait que tout dépend et vient d'Hachem. Ainsi, on est rempli de joie de confiance d'avoir un papa Hachem qui est rempli de bonté, nous aimant à la folie indépendamment de nos actes, mérites.
La joie est alors totale puisque nous nous reposant à 100% sur Hachem, sans plan B (ex: notre richesse, intelligence, situation professionnelle, ...). ]

<--->

-> "Le monde d’en bas est toujours dans un état de réception ... et le monde d’en-Haut lui donne en fonction de son état : s’il est rayonnant, on lui rendra la parité en rayonnant sur lui d’en-Haut.
S'il est dans un état de tristesse, il reçoit un jugement en conséquence ... ainsi est-il écrit : "Servez Hachem avec joie, car la joie de l'homme fait naître une autre joie, celle du Ciel".
[Zohar II,184a, et voir aussi la fin de 218a ]

Parfois, on peut réciter les prières avec amour et crainte, et une grande hit'lahavout (ferveur ; enthousiasme ardent), sans bouger du tout, de sorte qu’à un autre, on puisse sembler qu’on prononce les mots sans aucune dvékout (attachement à D.).
[Lorsqu’on est fortement attaché à Hachem], on peut Le servir avec l’âme [seule], avec un immense et grand amour [d'Hachem].
C’est là la meilleure forme d’adoration. Elle se déroule plus rapidement, avec un plus grand dvékout envers Hachem, que la prière qui est visible extérieurement dans les membres.
La klipa (force du mal) ne peut s’attacher à cette prière [idéale], car elle est entièrement intérieure.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 105]

Le Alchich haKadoch (Vayichla'h 35,1) écrit que si quelqu’un n’apprécie pas ce qu'Hachem lui a donné, Il ne continue pas à lui accorder du bien.
[d'où l'importance de Le remercier autant que possible (pour les petites et grandes choses). ]

C'est pourquoi les Sages disent (Béra'hot 35b) que celui qui profite de ce monde sans réciter une bénédiction vole Hachem et le peuple juif.
Rabbi Akiva Eiger explique que, parce qu'il "vole" à Hachem Sa bénédiction, Hachem retient Sa bénédiction du peuple juif.

Manquer d’émouna dans notre force de prier

+ Manquer d'émouna dans la force de prier :

-> De nos jours, certains n’apprécient pas la prière et n’en tirent aucune inspiration. Un certain rabbin a suggéré que cela venait du fait que les gens avaient l’impression que leurs prières n’étaient pas efficaces et n’étaient pas exaucées.
Le rav Aharon Leib Steinman explique qu’il y a une raison bien plus fondamentale : à savoir, un manque d'émouna. Si une personne croyait véritablement qu’elle se tient devant le Créateur du monde et Celui qui gère toutes ses affaires, et qu’elle lui parle, ses prières seraient alors très significatives.
On dit que le Hafetz Haïm conversait avec Hachem comme s’il parlait à un ami (existant vraiment face à lui).

-> Le rav Steinman insiste sur l’importance de parler à Hachem.
Il faisait remarquer qu’il y avait de grands tsadikim capables de parler aux anges, voire à l’Ange de la Mort, mais qu'absolument tous les juifs peuvent parler à Hachem.
Il explique qu’il peut être difficile pour une personne de vraiment sentir qu’elle parle à Hachem, surtout si elle est occupée à des activités qui peuvent la détourner de la pensée d'Hachem. Cependant, si une personne s’y emploie et prend l’habitude de parler à Hachem, cela finira par devenir réel et elle se sentira proche de Hachem. Et cette proximité elle-même aidera ses prières à être acceptées par Hachem.
Il est toutefois important de prendre cela au sérieux et d’essayer réellement de visualiser qu’on parle à Hachem. Certaines personnes pensent qu’elles parlent à Hachem, mais en réalité, elles ne parlent qu’à elles-mêmes.

[lors d'une prière, on peut avoir naturellement du mal à s'abandonner totalement dans les bras d'Hachem, d'avoir conscience de notre petitesse (on doit donc se dévêtir de toute trace d'égo : notre intelligence, notre richesse, notre situation d'honneur, nos relations, ... [on n'a pas de plan B pour sans sortir, que Toi Hachem!] ). Au contraire, on doit se reposer sur l'infinie grandeur et bonté d'Hachem qui est face à nous dans la prière (100% disponible que pour nous!), et qui attend nos paroles pour nous combler du meilleur (Il peut tout, et est derrière toute chose). ]

L’essence d’une bénédition réside dans la connaissance de Celui à qui la bénédiction est adressée (lémi mévaré'him), et les bénédictions ont été instituées à cette fin ... Cela explique pourquoi toutes les bénédictions commencent par la forme directe de la 2e personne : "Ata" (Toi).
Dès le début de la bénédiction, Hachem est présent, devant les yeux de la personne, comme s’Il se tenait devant elle.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Tsidkat haTsadik 2]

<--->

-> Le rav Michel Yéhouda Lefkowitz était connu pour être extrêmement minutieux dans sa prière, prononçant lentement chaque mot de la prière tout en se concentrant sur les paroles du sidour, le doigt posé à l'endroit où il lisait.
Un jeune homme demanda un jour au rav Lefkowitz de lui donner des conseils pour améliorer sa kavana pendant la prière et la bénédiction après le repas.
Il lui répondit simplement : "Écoute simplement ce que tes lèvres prononcent ... Dans chaque bénédiction, nous disons : "Ata" (Toi). Nous nous adressons à quelqu’un. Qui est cette personne?"

Le Temple d’en-Haut fait directement face au Temple d’en bas

+ Le Temple d'en-Haut fait directement face au Temple d'en bas :

"J'ai envoyé un ange devant toi pour te garder sur ton chemin et te conduire à l'endroit que j'ai préparé" (Michpatim 23,20)

-> Rachi commente : "Le Temple d'en-Haut fait directement face au Temple d'en bas."

-> Le rav Yéhochoua de Belz note : [Deux parachiot auparavant] Rachi (Béchala'h 15,17) écrit : Le Temple en bas est directement en face du Trône Divin en-Haut."
Alors, lequel est le bon? Le Temple en bas a-t-il été construit directement en face du Temple en-Haut, ou bien le Temple en-Haut a-t-il été construit directement en face du Temple en bas?

Le rav de Belz explique que le Temple a certainement été construit à sa place en-Haut avant la construction du Temple en bas, et lorsque les Bné Israël ont construit le Temple en bas sur le mont Moria, ils ont mérité de le construire directement en face du Temple en-Haut.
[le verset (téviémo vétitaémo béhar na'halaté'ha ... - Béchala'h 15,17), issu de la Shirat haYam, prophétise qu'Hachem les amènera sur le har haMora et qu'ils résideront en terre d'Israël, et qu'ils y construiront ensuite le Temple en bas directement en face du Temple d'en-Haut. ]

Cependant, lorsque les Bné Israël ont fauté et ont été banni de leur terre, errant d'un endroit à l'autre et d'une terre à l'autre, il n'avait plus la sainteté du Temple dans son emplacement permanent sur le mont Moria, et ils n'ont qu'un échantillon de la sainteté du Temple dans les synagogues et les baté midrach, comme l'explique nos Sages (Méguila 29a) sur le verset (Yé'hezkel 11,16) : "Je serai pour eux un petit temple (mikdach méat)".
Dans Sa grande miséricorde, Hachem déplace le Temple d'en-Haut de son emplacement, afin qu'il se trouve directement en face des "baté mikdach" (Temple) d'en bas, les synagogues et les baté midrach où le peuple juif s'adonne à la Torah et à la prière.

-> Ici, dans la paracha Michpatim, la Torah parle des temps de l'exil, c'est pourquoi Rachi écrit ici que "le Temple d'en-Haut est directement opposé au Temple d'en bas", car Hachem leur disait que même s'ils fautaient et étaient exilés de leur terre, Il déplacerait néanmoins le Temple d'en-Haut afin qu'il soit directement opposé au "Temple", qui est chaque endroit où ils prient ou ils étudient la sainte Torah dans les synagogues et les baté midrach.

-> Son fils le rav Yissa'har Dov de Belz ajoute que nous pouvons maintenant comprendre les paroles de Rachi dans Vayétzé sur la déclaration de Yaakov (Vayétsé 28,17) : "ceci est la porte du Ciel" (וזה שער השמים), où Rachi écrit : "Le Temple d'en-Haut est directement en face du Temple d'en bas".
A l'époque de Yaakov, le Temple n'était pas encore construit, et lorsqu'il n'y a pas de Temple, Hachem repose Sa Chékhina là où les tsadikim étudient la Torah et prient, comme l'écrivent nos séfarim sur le verset (Téhilim 78,60) : "vayitoch Michkan Chilo" = lorsque Hachem abandonne le Michkan et le laisse être détruit, "Ohel chikèn baAdam" = Sa tente, Sa Chékhina repose dans l'homme, à l'endroit où un tsadik prie et étudie.
A l'époque de Yaakov, Hachem a dû déplacer le Temple supérieur pour qu'il soit directement en face de l'endroit où le tsadik, Yaakov, s'était endormi, et c'est pourquoi Rachi écrit "le Temple supérieur est directement en face du Temple inférieur".

<--->

-> Cela nous permet d'expliquer nos Sages selon lequel Hachem a montré à Moché une Ménorah de feu, une pièce de monnaie de feu, et toute la forme du Michkan et du Temple, car au Ciel, ils sont tous là-bas, et Moché devait fabriquer les ustensiles exactement comme ceux du Ciel.

Cela éclaire également les louanges adressées à Aharon pour n'avoir apporté aucune modification lors de l'allumage de la Ménora, comme l'enseignent nos Sages. Cela est difficile à comprendre : pourquoi Aharon aurait-il changé? Et est-ce là la louange d'Aharon, qu'il n'ait pas changé ce qui lui avait été ordonné?
Mais selon les paroles ci-dessus, nous pouvons expliquer que la sainte Torah témoigne qu'Aharon Hacohen a allumé la Ménorah exactement comme la Ménorah supérieure, sans aucun changement entre la Ménorah en-Haut et la Ménorah dans le monde en bas.

-> De cette manière, il est également possible d'expliquer la grandeur de Bétsalel, dont la guémara (Béra'hot 55a) enseigne que les lettres hébraïques furent utilisées pour créer le Ciel et la terre. Bétsalel savait combiner les lettres utilisées lors de la Création, et c'était cette sagesse secrète qui lui permit de construire le Michkan.
Même Moché a dit de lui : "Tu étais dans l'ombre d'Hachem" (בְּצַלְאֵל se décompose en : בצל (BéTsel - à l’ombre) אל (E-l [de] D.)), lorsque Bétsalel révéla l'ordre de fabrication des ustensiles du Michkan selon l'ordre donné par Hachem, alors même si Moché lui avait donné l'ordre inverse.
Comme Bétsalel avait reçu l'ordre de construire le Michkan et qu'il devait le faire exactement comme le Temple (Beit Hamikdach) d'en-Haut, il mérita du Ciel la connaissance nécessaire pour fabriquer des ustensiles exactement identiques à ceux d'en-Haut.

<--->

-> Il incombe à chaque juif de savoir que ce n'est pas quelque chose qui était et qui n'est plus.
Non, même dans notre génération, même sans Temple, nous devons continuer cette avoda et nous souvenir que même à notre époque, Hachem, dans Sa grande miséricorde, place le Temple supérieur exactement en face des "Baté Mikdach" (synagogues) d'aujourd'hui, et il est possible à chaque individu de diriger son Temple (Beit Hamikdach) personnel, que ce soit dans l'étude de la Torah ou l'observance des mitsvot, avec sainteté et pureté, éveillant ainsi la sainteté d'en-Haut.
["Et ils construiront pour Moi un lieu saint (sanctuaire - véassou li Mikdach), et Je résiderai parmi eux" (Térouma 25,8).
Le verset ne dit pas "et j'y résiderai", "il" faisant référence au Mikdach (Sanctuaire). Il dit plutôt "et je résiderai parmi eux" (béto'ham), c'est-à-dire dans le cœur de chaque juif.
Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente ce verset : "En faisant une mitsva, l'homme devient porteur de la Chékhina et Hachem réside en lui ... "et je résiderai parmi eux" = en eux, et tout cela par le biais des mitsvot qu'un homme réalise. ]

-> Comme l'a dit le Maguid de Mézéritch (Maguid Dévarav LéYaakov 208) sur la Michna (Pirké Avot 2,1 - da ma lémaala mim'ha) = "Tu dois savoir que tout ce qui est au-dessus dépend de toi et de tes actes".
[chaque juif par ses actions impactent les mondes Supérieurs, qui par ricochet influence le monde ici-bas. ]

-> De même, le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech Ha'haïm (chaar 1 chapitre 4) écrit :
"Que chaque juif doit prendre à cœur ce qui suit : il ne doit pas penser : "quelle est ma valeur, qu'accomplis-je dans ce monde avec mes actes insignifiants", car il doit comprendre et déterminer dans son esprit qu'aucun acte, aucune parole, aucune pensée n'est jamais perdu.
Quelle est la grandeur de ses actions et leur exaltation, tout monte haut selon sa racine, dans les mondes supérieurs.
Et celui qui comprend cela tremblera en réalisant jusqu'où vont ses mauvaises actions, ruinant et détruisant avec une faute mineure, bien plus que Névou'hadnétsar et Titus n'ont détruit (le saint Temple en bas)."

[ dans la note de bas de page, le rav de Volozhin explique avec cela la michna "da ma lémaala mim'ha" de la même manière que celle expliquée ci-dessus].

-> La crainte et la joie de savoir que tous les mondes dépendent de ses actions, en particulier de ce qu'il fait dans les Baté Midrach (synagogues et lieux d'étude de la Torah).
Une personne sera saisie de tremblements, et d'autre part de joie et d'exultation, lorsqu'elle saura et se souviendra à quel point tous les mondes supérieurs dépendent de ses bonnes actions, et inversement de ses mauvaises actions.
Nous devons particulièrement nous en souvenir lorsque nous étudions la Torah et prions dans les synagogues et les baté midrach où la Chékhina est présente, car le Temple supérieur se trouve exactement en face d'eux, comme mentionné ci-dessus.
Et en se comportant comme il le convient dans ces lieux, on apporte la perfection à soi-même et au monde entier, qui dépend du Temple et tire sa vie de lui.

[divré Torah ci-dessus issus du rav David 'Haï Abou'hatséra]

La grandeur du Amen Yéhé chémé raba

+ La grandeur du Amen Yéhé chémé raba :

-> Le 'Hafets 'Haïm dit :
"Il est très surprenant que les gens cherchent toutes sortes de solutions à travers des ségoulot et des amulettes, des afflictions et des jeûnes... Ils dépensent des sommes importantes, chacun selon son niveau de vie et ses besoins. Il serait bien mieux qu'ils s'attachent à la mitsva de répondre Amen yéhé Shémé rabba, qui est facile à accomplir.
Cette [mitsvah] a la capacité d'apporter tous les sauvetages dont ils ont besoin, tant individuellement que collectivement. Ils devraient également encourager les autres [à respecter la mitsva de répondre Amen yéhé Shmé rabba] et ils devraient être très persévérants à cet égard. Celui qui gaspille son argent dans des ségoulot apparentes, qui sont inutiles et sans aide, ne fait que dépenser son énergie pour rien. Toute personne intelligente prendra cela à cœur."

-> Le Pélé Yoetz (Eré'h Aniya) écrit :
"Si les gens ... savaient seulement la grande récompense qui attend ceux qui disent amen et Amen yéhé Shmé rabba, Baré'hou et la Kédoucha, ils courraient pour écouter afin de répondre, aussi rapidement qu'un messager qui court à travers les collines pour transmettre des messages.
Ils se réjouiraient d'un seul amen "comme celui qui trouve un grand butin" (Téhilim 119,162)."

-> De même, le Kaf Ha'haïm écrit que les gens devraient s'efforcer de répondre à tous les Kadichim et amen de la même manière qu'ils essaient de gagner de l'argent.

<--->

-> Le Targoum Yérouchalmi (Vayé'hi 49,2) décrit qu'avant de mourir, Yaakov rassembla tous ses fils. Yaakov a mentionné Yichmael, le fils d'Avraham, et Essav, le fils d'Its'hak, qui s'étaient tous deux écartés du droit chemin. Il a ensuite exprimé sa crainte que l'un de ses enfants puisse également s'écarter du service de Hachem. Ses enfants ont répondu à l'unisson : "Shéma Israel (écoute-nous, notre père Israël), Hachem, notre D., Hachem est unique".
En entendant cela, Yaakov répondit : "Yéhé chémé raba mévora'h lé'olmé olmin" (Que Son grand nom soit béni pour toujours et à jamais).
Yaakov fut le premier à prononcer cette prière, et il insuffla sans aucun doute des pensées élevées et ésotériques dans ces mots.

+ Provoquer la guéoula :
-> Yaakov voulait révéler à ses fils le moment où le machia'h viendrait, et la Chékhina le quitta. Cela l'amena à croire qu'il y avait peut-être un défaut subtil caché parmi ses fils. Ils affirmèrent qu'ils étaient tous pleinement soumis à Hachem en récitant ensemble le Shéma et en acceptant à l'unisson le joug du Royaume céleste.
Yaakov répondit joyeusement : "Yéhé chémé raba". En leur répondant ainsi, il leur révéla que la rédemption (guéoula) viendrait rapidement grâce au mérite de "Yéhé Chémé raba".
Lorsque le peuple juif dit "Yéhé chémé raba", nous demandons que le Grand Nom d'Hachem remplisse rapidement le monde ; cela apporte du réconfort à la Chékhina qui est en exil.
Cela ouvre également la voie à la révélation de la Chékhina parmi nous, en purifiant tous les mondes qui ont été corrompus par nos fautes.
De plus, cela prépare le terrain pour que nous puissions recevoir la lumière intense de la venue du machia'h.
[Shomer Emounim - maamar Pit'hou Chéarim]

<--->

-> Certains pensent que le Kadich est une prière dans laquelle un fils demande à Hachem de sauver son père du Guéhinam ; cependant, c'est une croyance erronée.
Au contraire, le fils accomplit une mitsva qui apporte du mérite à son père : il sanctifie le nom grand et redoutable d'Hachem devant toute la communauté et proclame à tout le tsibour (communauté) que Hachem est unique et que son nom est unique, et le tsibour répond : "Amen, yéhé chémé rabba".
C'est une grande expiation pour l'âme du père que son enfant fasse sanctifier le Nom d'Hachem en public. C'est la raison pour laquelle le fils dit le Kadich.
[Chéélot ouTéchouvot Binyamin Zev - 202 ]

-> De même, le 'Hatam Sofer (chéélot ou'téchouvot 'Hatam Sofer - Ora'h 'Haïm 159) écrit que le fait que le fils récite le kadich profite principalement au père en amenant le tsibour à répondre "Amen, yéhé chéhmé raba".
Lorsque le fils est le canal par lequel le tsibour a l'occasion de sanctifier le Nom d'Hachem, il apporte du mérite à son père.

-> Le frère du Maharal, Rabbénou 'Haïm ben Bétsalel (dans son séfer ha'Haïm II 8) écrit que la plupart des gens décèdent à cause de la faute de profanation du nom d'Hachem.
Lorsqu'un fils fait sanctifier le nom d'Hachem, lorsqu'il récite le Kadish et que la congrégation répond "Amen, yéhé chémé raba", cela expie la profanation du nom d'Hachem qui a causé la mort de son père.

<--->

+ Un moyen de s'épargner des souffrances :

-> Le Pirké Hékhalot (6,3) rapporte le récit suivant.
Rabbi Yichmaël raconta : "L'un des anges de haut rang m'invita à m'asseoir à côté de lui ... et il pleura, ses larmes tombant sur mon visage. Je lui demandai : "Splendeur rayonnante des Cieux (mala'h), pourquoi pleures-tu?"
Il m'a répondu : "Mon ami, viens, je vais t'emmener dans les chambres intérieures et t'informer de ce qui attend Israël, la nation sainte."
Il m'a saisi et m'a emmené dans les chambres les plus secrètes, où étaient conservés les registres des dettes du peuple juif, et il m'a montré toutes les souffrances qui y étaient inscrites, chacune plus difficile à supporter que la précédente. Je lui ai demandé : "A qui sont-elles destinées?"
Il m'a répondu : "Pour Israël." Je lui ai demandé : "Seront-ils capables de survivre à cela?"
Il m'a répondu : "Viens demain ... Le lendemain, il m'a conduit dans les chambres les plus secrètes et m'a montré des tragédies encore pires que les précédentes : l'épée, la famine et la captivité ...
Il m'a dit : "Chaque jour, de nombreux nouveaux décrets annoncent des calamités encore plus tragiques que celles-ci, mais lorsque le peuple juif entre dans les synagogues et répond "Amen, yéhé chémé raba", nous [les anges élevés (de haut rang)] empêchons les décretss de quitter les chambres intérieures [afin qu'ils ne se réalisent pas]."

-> Rava dit : "La malédiction de chaque jour est plus grande que celle du jour précédent ...
Si tel est le cas, comment le monde est-il soutenu? Par le moyen de la Kédoucha dé'sidra (la kédoucha trouvée dans ouva lé'Tsion) et du "yéhé chémé raba dé'Agadéta (le Kadich dé'Rabanan)."
[guémara Sota 49a]

-> Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : "Quiconque répond "Amen yéhé chémé raba" de toutes ses forces, le (mauvais) jugement prononcé contre lui sera annulé.
[guémara Shabbath 119b]

-> Tossafot (Shabbath 119b) précise que lorsque les juifs se rendent à la synagogue et disent "yéhé chémé raba" à haute voix, cela annule tout décret difficile.
Le Zohar (Tikouné Zohar 4b) ajoute à la guémara que dire Amen yéhé chémé raba de toutes ses forces annule un jugement sévère, même un jugement (décrété) pour 70 ans.

-> Le Gaon de Vilna (Tikouné Zohar 4b) dit que les 70 ans font référence aux 'hévlé machia'h (douleur de l'enfantement) qui précèdent l'arrivée du machia'h et qui dureront 70 ans. Ainsi, celui qui dit Amen yehei Shmei rabba de toutes ses forces sera sauvé de 'hevlé machia'h.

-> La guémara ajoute que celui qui dit Amen yéhé chémé raba de toutes ses forces, même s'il y a une trace d'idolâtrie en lui, est pardonné.
[ Tikouné Zohar 4b ]

<--->

+ Hachem désire nos louanges :
-> Le midrach (Michlé 14 ; Yalkout - Chimoni Michlé 951) dit que bien qu'Hachem ait des myriades d'anges qui Le servent et Le glorifient, Il préfère les louanges d peuple juif.
Quand Hachem est-Il, pour ainsi dire, élevé dans Son monde?
Lorsque le peuple juif se rassemble dans les synagogues et les baté midrach (maisons d'étude de la Torah), et qu'il Le loue et Le glorifie.
Rabbi Yichmaël ajoute que lorsqu'ils disent le Kadish et répondent "Yéhé Chémé raba", à ce moment-là, Hachem est rempli de joie, se tourne vers Ses anges et dit : "Venez voir ce peuple que j'ai créé, comment il Me loue".
Lorsqu'Hachem dit cela, les anges se revêtent de vêtements de gloire.

+ Faire changer Hachem d'avis :
-> La guémara (Béra'hot 3a) relate le récit suivante :
Rabbi Yossi dit : "Un jour, je marchais dans les ruines de Jérusalem pour aller prier, quand Eliyahou vint m'attendre à l'entrée jusqu'à ce que j'aie fini de prier. Il m'a dit : "Que la paix soit avec toi, Rabbi", et j'ai répondu : "Que la paix soit avec toi, mon Rabbi et mon maître".
Il m'a alors dit : "Mon fils, pourquoi es-tu entré dans cette ruine?"
Et j'ai répondu : "Pour prier..."
Et il a dit : "Mon fils, quel son as-tu entendu dans la ruine?"
Je lui ai répondu : "J'ai entendu un bat kol (une voix venue du ciel) roucoulant comme une colombe et disant : "Malheur aux enfants à cause des fautes desquels j'ai détruit Ma maison, brûlé Mon sanctuaire et exilé parmi les nations".
Il m'a alors dit : "Je jure et je jure sur ta tête que non seulement la Chékhina dit cela maintenant, mais que chaque jour, trois fois par jour, la Chékhina dit cela. Non seulement cela, mais lorsque Israël entre dans les synagogues et les baté midrach et répond Amen, yéhé chémé hagadol mévora'h (que Son Grand Nom soit béni), Hachem secoue la tête et dit : "Heureux le roi qu'ils glorifient dans sa propre maison ; qu'en est-il d'un père qui a exilé ses enfants, malheur à ces enfants qui ont été exilés de la table de leur père"."

-> Le Rokéa'h (Hilkhot Kadich Kédoucha ouBaré'hou 362) rapporte ces paroles de nos Sages avec une légère modification dans le texte. Il écrit : "J'ai trouvé dans les Pirké Rabbi Yossi ... que lorsque Israël entre dans les synagogues et les baté midrach et répond yéhé chémo hagadol mévora'h, Hachem dit : "Heureux le roi qu'ils accueillent ainsi dans sa maison ; quand reviendrai-je dans ma maison, quand reviendrai-je dans mon sanctuaire, quand rassemblerai-je le reste d'Israël, mes enfants, parmi les nations, afin qu'ils embellissent, glorifient, exaltent et sanctifient mon grand et saint nom?"

-> Il existe un 'Hatam Sofer sur la guémara citée ci-dessus, montrant que nous sommes les perdants du fait d'être en exil.
Il (drachot 'Hatam Sofer - Shabbath Shouva I 16b) commente que Hachem ne prend pas part (ne consomme pas) réellement la viande des sacrifices ; le but du sacrifice est que Hachem soit satisfait que Sa volonté ait été accomplie.
Il se peut donc qu'Il trouve un plus grand plaisir lorsque nous accomplissons Sa volonté parmi les nations, en exil, tout en souffrant aux mains des nations du monde et en endurant des difficultés pour Son Nom.
Nous entrons dans les synagogues, nous prions et pleurons pour Sa Chékhina, nous agissons d'une manière qui reflète notre désir ardent de revenir un jour dans Sa maison pour Le servir dans le Temple, et nous prions pour que Son Grand Nom soit béni (yéhé chémé raba mévora'h).
C'est une glorification extraordinaire de Son Nom. Par conséquent, Il ne manque pas le plaisir qu'Il recevait lorsque le Temple était debout. Qui alors est perdant?

Nous seuls. Car lorsqu'il y avait un Temple, après avoir accompli la avoda de Yom Kippour, les jours précédant Souccot arrivaient, puis Souccot lui-même. Souccot était un moment où nous pouvions "contempler la joie d'Hachem, qui nous rendait visite dans Son sanctuaire" ; c'était un moment pour voir et être vu, pour puiser dans le roua'h hakodech (l'inspiration divine) et pour pouvoir recevoir le flux divin qui apporte avec lui la subsistance pour toute l'année (car à Souccot, nous sommes jugés pour l'eau, symbole de tous nos besoins matériels).
Cependant, aujourd'hui, en raison de nos nombreuses fautes, "quand il n'y a pas de repas pour le père, les enfants ont faim" : notre Temple a été détruit, nous ne pouvons plus apporter de sacrifices et nous ne méritons plus tout le succès spirituel et matériel que nous recevions à l'époque du Temple.

La bat kol qui dit : "Qu'y a-t-il pour un père qui a exilé ses enfants?" signifie : "Quelle perte Hachem subit-il de cela, car la avoda de Ses enfants est toujours intacte, comme auparavant."
Néanmoins, "Malheur à ces enfants qui ont été exilés de la table de leur père" ; cela fait référence à Souccot, lorsque, à l'époque du Temple, ils recevaient la bénédiction de la subsistance pour toute l'année.

<-------------------->

+ La signification de Amen yéhé chémé raba :

-> Certains expliquent que le mot "chémé (שמה) est une abréviation des mots שם י"ה (chém Hachem).
Nos Sages nous disent que le nom d'Hachem n'est pas intégral dans ce monde tant qu'Amalek n'est pas complètement détruit, comme le dit le verset : "Car [sa] main est levée sur le trône de D." (Béchala'h 17,16).
Le Trône d'Hachem ne sera à nouveau complet que lorsque Hcshem se vengera d'Amalek qui a diminué le nom de Hachem dans ce monde. [Béra'hot 58a ; Sanhédrin 20b ]
Lorsque nous prononçons les mots yéhé chémé raba, nous prions pour que le nom d'Hachem, qui est incomplet dans ce monde, soit à nouveau complet avec la guéoula chéléma.
[Tour - Ora'h 'Haïm 56]

-> En raison de nos fautes, nous sommes en exil et nous ne pouvons pas recevoir directement d'Hachem la bénédiction qu'il nous a réservée.
Au contraire, les bénédictions sont détournées vers les non-juifs (goyim), [et les anges célestes qui les gouvernent] et nous ne pouvons recevoir nos bénédictions que par l'intermédiaire des goyim parmi lesquels nous vivons. Il s'agit là d'un véritable 'hilloul Hachem, cela ne reflète pas bien le fait que Hachem, qui est la Puissance suprême, "ne peut" pas élever Son peuple et prendre soin de lui directement.
Grâce à nos prières et à nos louanges à Hachem, et plus particulièrement en répondant Amen yéhé chémé raba, nous pouvons mériter que la bénédiction d'Hachem atteigne directement le peuple juif, et que la gloire d'Hachem remplisse à nouveau le monde entier.
[Sidour Néhora - dans le kadich après Yichtaba'h ]

<--->

-> Certains disent que le Kadich est récité en araméen, langue que les anges ne comprennent pas, afin que ceux-ci ne soient pas jaloux que nous puissions glorifier Hachem avec ces magnifiques louanges, qui rappellent à Hachem la destruction du Temple et l'exil d'Israël parmi les nations du monde, et l'incitent à apporter la rédemption (guéoula).
C'est pourquoi Amen yéhé chémé raba est formulé en araméen, une langue que les anges ne comprennent pas.
[Lévouch - Ora'h 'Haïm 56]

-> Il faut courir pour entendre le Kadich, car c'est une louange si magnifique et si impressionnante qu'elle incite Hachem, pour ainsi dire, à regretter que nous soyons en exil.
Entendre (et répondre au) Kadich est une mitsvah si importante qu'elle conduit au pardon de nos fautes.
[Kitsour Chla - 'Houlin - Inyané Téfila ]

<-------------------->

+ Répondre "Amen yéhé chémé raba" de toute sa force :

-> Celui qui dit "Amen yéhé chémé raba" de toute sa force, le (mauvais) jugement prononcé contre lui est annulé, et les portes du Gan Eden s'ouvrent devant lui. [guémara Shabbath 119a]

Voici différentes explications de l'expression "de toute sa force", basées sur les écrits des Rishonim et des Acharonim :

-> Rachi explique que "de toutes ses forces" signifie "avec toute sa kavana".
La Michna Béroura (56,1), basée sur les Richonim, explique que cela signifie "avec toute sa kavana et tout son être", plutôt que de simplement dire les mots sans y mettre tout son cœur.

-> Le Shévet Moussar (14,18) explique que nos Sages disent "de toutes ses forces" plutôt que "de toute sa kavana" afin de nous enseigner qu'il faut réellement utiliser toute sa force physique pour dire Amen yéhé chémé raba.
Quand on dit Amen yéhé chémé raba à voix haute, on éveille sa kavana. Par conséquent, l'explication de Rachi "de toute sa kavana" souligne que lorsqu'une personne utilise toute sa force, elle éveille ses émotions et s'éveille à une kavana plus intense.
Le Shévet Moussar précise en outre que lorsqu'on utilise toute sa force physique, tout le corps se balance et les membres deviennent plus sanctifiés. Si quelqu'un a une faute avec l'un de ses membres, cela expie la faute et toute décision prise à son encontre est annulée.
En fait, accomplir une mitsva de toutes ses forces est une source de vie pour tout le corps.

-> Tossafot (Shabbath 119a) cite au nom du Pessikta qui dit que "de toutes ses forces" signifie le dire à haute voix.

-> Le rabbi Aharon Roth (dans son Shomer Emounim - maamar Pit'hou chéarim 12) écrit :
"Quand j'étais plus jeune, je connaissais un juif très simple qui avait l'habitude de dire yéhé chémé raba d'une voix très forte. Il était clair pour tout le monde que la sainteté (kédoucha) de la Chékhina planait au-dessus de lui. Il méritait cela grâce au pouvoir extraordinaire de répondre yéhé chémé raba à haute voix."

-> Rabbénou Yona (Béra'hot 13b) commente également que "de toutes ses forces" signifie "avec toute sa kavana", et il ajoute qu'il y a des gens qui ont besoin de prier à voix haute afin d'éveiller leur kavana. Il n'est toutefois pas nécessaire de prier si fort que cela dérange les autres.

-> Le Maharcha ('Hidouché Aggadot Shabbath 119b) apprend "de toutes ses forces" fait référence à Hachem, intensifier la puissance d'Hachem, pour ainsi dire, telle qu'elle se manifeste dans le monde.
Cela est similaire à ce que Moché dit : "Maintenant, que la puissance d'Hachem soit magnifiée" (yigdal na koa'h Hachem - Chéla'h Lé'ha 14,17), les tsadikim, par leur prière, augmentent les pouvoirs d'en-Haut, en réussissant à annuler un décret dirigé contre le peuple juif, comme le dit le verset suivant : "Hachem répondit : "Je leur pardonne, comme tu l'as dit"" (Chéla'h Lé'ha 14,20).

-> Le Maharal (Nétivot Olam - Nétiv ha'Avoda 11) dit que "de toutes ses forces" ne fait référence ni à la prière à voix haute, ni à la prière avec toute sa kavana, car alors cela serait précisé.
Au contraire, "de toutes ses forces" signifie prononcer clairement les mots, sans les marmonner.

-> Le Beit Yossef (Ora'h 'Haïm 56) explique la guémara selon le Kol Bo comme suit : "de toutes ses forces" signifie qu'il faut être méticuleux dans la prononciation des lettres de Amen yéhé chémé raba, car cette phrase comporte 28 lettres. Le mot כח (koa'h - force), a la valeur numérique de 28. C'est le sens de "de toutes ses forces", prononcer méticuleusement les lettres.

-> Une explication de "de toutes ses forces" (bé'hol kokho - בכל כחו) est donnée dans le séfer Imrot Moché (téfila). Comme le mot "force" en hébreu est כח, qui a une valeur numérique de 28, cela fait référence aux 28 saisons de la vie mentionnées dans Kohélet, qui commencent par le verset : "Il y a un temps pour tout, et un temps spécifique pour toutes choses sous les cieux. Il y a un temps pour enfanter ..." (Kohélet 3,1-8).
Cela indique que lorsqu'on répond Amen yéhé chémé raba dans le Kadich dans toutes les situations que l'on rencontre dans la vie, on exprime la conviction que tout est entre les mains d'Hachem.
Cette conviction profonde nous rend dignes de voir tous les décrets sévères à notre encontre annulés.