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Les conjoints = les meilleurs amis

+ Les conjoints = les meilleurs amis :

-> L'une des bénédictions (la n°6 dans l'ordre) que nous prononçons lors des shéva bra'hot est : "Saméa'h téssama'h, ré'im ahouvim" (Réjouissez-vous, amis affectueux).
Comment comprendre que nous faisons allusion à la relation entre un mari et une femme à celle entre des meilleurs amis. Ne serait-il pas préférable de parler simplement d'une relation entre mari et femme?

-> Le Rambam (Pirké Avot 1,6) explique qu'un "réia" (un ami), est défini comme quelqu'un avec qui nous ne gardons pas de secrets. Nous lui disons tout : le bon comme le mauvais.
La raison pour laquelle nous nous sentons si à l'aise pour partager tous nos profonds secrets avec eux est que nous leur faisons confiance. Nous savons qu'il ne répétera pas ce que nous lui avons dit et qu'il ne portera pas de jugement, quoi que nous lui disions. C'est la définition d'un ami.
Si c'est vrai, combien de vrais amis avons-nous vraiment? A combien de personnes sommes-nous prêts à dire à peu près n'importe quoi sur nous-mêmes et à leur faire totalement confiance ?

Il n'y a probablement qu'une seule personne : son épouse.
La femme d'un homme est probablement la seule personne qui sait tout de lui, et il lui fait confiance. C'est la bénédiction que nous donnons à un couple de jeunes mariés :qu'ils deviennent les meilleurs amis du monde.
C'est pourquoi, très souvent, les femmes s'inquiètent si leur mari ne leur dit pas tout. Pourquoi?
Ce n'est pas par curiosité. C'est parce qu'une fois qu'un mari laisse sa femme en dehors de quelque chose, cela montre que l'amitié n'est pas encore complètement formée. S'il ne peut pas partager quelque chose avec elle, c'est qu'il manque quelque chose à la relation.
[on ne parle pas de partager du lachon ara pour le kiff. ] ....

L'un des objectifs essentiels du mariage est d'être expressif, ouvert et clair.
Un homme doit s'efforcer de faire participer sa femme à sa vie. Si quelque chose d'intéressant lui est arrivé et qu'il y pense, il doit en faire part à sa femme. S'il a entendu une belle histoire, il doit la raconter.
Le bavardage est essentiel à la relation. Si un homme est prêt à partager même des choses simples, apparemment sans importance, avec sa femme, cela montre en fait à quel point elle est importante pour lui.
Si un mari ne partage que les "grandes" expériences, sa femme n'est pas mieux qu'une étrangère. Même avec des inconnus, nous partageons de grandes expériences de la vie.

=> Il est important qu'un homme montre à sa femme qu'il veut passer du temps avec elle, et cela se fait par le biais de conversations sur de petites choses.
Plus le mari s'autorise à partager avec sa femme, plus la relation s'épanouit. S'il se retient, le couple n'a pas encore atteint la relation idéale entre mari et femme. Il y a encore une barrière entre eux.
Les maris doivent faire confiance à leur femme et ne pas avoir peur de leur révéler leurs secrets.

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[il faut être vigilant à ce que notre femme garde de l'estime de nous, et il ne faut pas raconter trop fréquemment des choses qui nous dévalorisent grandement à ses yeux ... ]

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+ Renforcer l'appréciation mutuelle :

-> De nombreuses personnes hésitent à parler des bonnes choses qu'elles font pour les autres. Elles préfèrent rester discrètes et faire le bien de manière cachée. Cependant, lorsqu'il s'agit de relations, en particulier dans un mariage, il est important qu'une personne fasse savoir à son conjoint qu'elle a fait quelque chose de bien pour lui.
Si un mari a fait la vaisselle et que sa femme ne le saura jamais à moins qu'il ne le lui dise, il est important qu'il le lui dise. Si quelque chose s'est renversé pendant qu'elle était sortie, et qu'il a nettoyé, et qu'elle ne saura jamais ce qui s'est passé, ne soyez pas timide, faites-le lui savoir.

La guémara (Bétsa 16a) dit que si une personne rend service à un ami, elle doit le faire savoir à son ami. Rachi explique que nous avons l'obligation d'informer l'autre personne d'une relation de tout ce qui peut la renforcer. Même s'il est important d'essayer de cacher notre gentillesse, il est encore plus important de renforcer les relations avec les autres.

L'idée de dissimuler la gentillesse est fondée sur la volonté d'éviter d'embarrasser la personne qui reçoit la gentillesse. Il est trop difficile et embarrassant pour eux de recevoir des autres, mais parfois, ils n'ont pas le choix, et le fait de dissimuler nos actions minimise leur douleur. Mais il s'agit là d'une situation différente. [cela peut être également une forme de pudeur, de discrétion]
Dans un mariage ou une relation amicale, lorsque notre ami ou notre conjoint voit que nous avons fait quelque chose pour lui, cela le rend heureux, c'est la preuve de notre amour pour lui.
Plus nous en révélons, mieux c'est.

Imaginez qu'un mari achète un cadeau pour sa femme et s'arrange pour qu'elle le reçoive anonymement. Ce serait un gaspillage d'argent. L'intérêt du cadeau réside dans le fait qu'il l'a acheté pour elle. Ici, la situation est la même, un conjoint aimerait voir que sa moitié fait des efforts pour lui.
En fait, un rav important rapporte qu'il arrive qu'un homme soit assis à table avec sa femme et que celle-ci lui demande de lui passer quelque chose. Parfois, l'objet est encore plus proche d'elle que de lui. Il peut même avoir envie de lui dire : "Va le prendre toi-même!". Mais la véritable raison de sa demande est de tester son amour pour elle. Elle veut voir s'il tient toujours à elle.
Cela peut se produire notamment après un petit désaccord au sein du couple. Le conjoint qui demande une petite faveur teste la situation pour voir si tout est rentré dans l'ordre.

"Lorsque tu aimes une personne, ne l'aimes pas selon tes préférences et tes désirs, mais selon ses préférences et ses désirs."

[le Rambam]

"L’épouse que D. nous a donnée, celle avec laquelle nous sommes allés sous la 'Houpa pour fonder un foyer casher, est la meilleure épouse du monde.
Elle a été choisie par la Providence pour nous aider à accomplir notre mission sur terre.
 
Nous n'avons pas le droit de penser qu'une autre nous aurait mieux convenu. Ce serait se révolter contre Dieu en insinuant qu'Il nous a lésés."
 
[Rav Yits'hak Besançon]

Réjouir les mariés

Une fois, le ‘Hozé de Lublin était allé réjouir un jeune marié le jour de ses noces.
L’un des convives l’aborda alors et lui demanda : "Est-ce bien une priorité que de réjouir un ‘hatan? Pourtant, il est déjà joyeux puisque le bonheur lui a souri. Ne vaut-il pas mieux aller réjouir les gens démoralisés et ceux qui sont dans l’affliction?

Le 'Hozé de Lublin lui répondit : "Vois-tu, nos Sages enseignent que "toutes les fautes d’un ‘hatan sont pardonnées" (guémara Yérouchalmi Bikourim 3,3). Dès lors, il est plus que probable qu’en ces instants, ce dernier craigne énormément de retourner à sa situation antérieure.
C’est pourquoi il est nécessaire de lui rappeler que grâce à cette vertu qu’est la joie, il méritera de continuer dans la même voie. Car la joie constitue une muraille fortifiée empêchant de fauter."

"Une personne doit se demander chaque jour : Qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui afin d'améliorer mon shalom bayit ? "

[Rabbi Yechezkel Levenstein]

La joie du foyer à portée de mots

+ La joie du foyer à portée de mots :

-> Comment une personne peut-elle s’assurer de remplir sa maison de joie?

Les mots משפחה (michpa'ha - la famille), et שמחה (sim'ha - la joie), ont une seule lettre de différence : le pé (פ) qui désigne la bouche.
Le message est clair : si l’on veut de la joie (sim'ha) dans sa famille (michpa'ha), faisons bon usage de sa bouche en parlant gentiment, avec patience et chaleur, alors la joie remplira sa maison.
[rav Yéhochoua Alt]

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=> La joie dans une famille repose sur ce qui sors de la bouche ...
(ex : quelle chance j'ai d'avoir une femme/ un mari aussi incroyable! ; mes enfants je vous adore! ; on va passer une super journée! ; ...).

La lettre pé (פ) est au milieu du mot michpa'ha (משפחה), pour nous dire, qu'il faut insuffler intelligemment/sincèrement  des mots positifs, afin qu'il en résulte de la joie pour toute la famille.

"La Mitsva 'd’aimer son prochain comme soi-même' commence par son épouse"

[ le Ari Zal ]

Shabbath précédant le mariage

=> Qu'est-ce qui rend le Shabbath qui précède le mariage si spécial?

-> On nous enseigne que le Shabbath précédant Roch 'Hodech est : "Shabbath mévaré'him" (Shabbath où l'on bénit), on va introduire le nouveau mois et on en profite pour y faire des bénédictions car cela va imprégner le mois à venir de bénédictions. (voir rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik - Roch 'Hodech Av 3)
Il en est de même lors du Shabbath qui précède un mariage. Ce Shabbath annonce la cérémonie à venir, et il sert de source de bénédictions pour le mariage à venir. (voir le Imré Pin'has - Inyanim Shonim 86)

D'où vient ce concept?
Le Zohar (Yitro 88a) nous enseigne que toutes les bénédictions adressées aux sphères célestes et terrestres pendant la semaine sont liées au Shabbath qui précédent.
[Darché 'Haïm véShalom 1045:2]

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-> "[Le roi d'Israël] écrira pour son usage, dans un livre, une copie de cette Torah ... Elle sera avec lui et il y lira tous les jours de sa vie ... pour les accomplir" (Choftim 17,18-19).
Ainsi, un roi doit consulter la Torah pour être guidé pour que chacune de ses actions de sa vie soit en phase avec ce qui est écrit dans la Torah.

Par ailleurs, il est écrit : "Un 'hatan (le marié) est comme un roi" ('hatan domé lémélé'h - Pirké déRabbi Eliézer - chap.16).
Un 'hatan étant comparé à un roi, on a pris l'habitude de le faire monter à la Torah le Shabbath précédant le mariage, pour lui rappeler de construire son foyer sur ces fondations.

Il faut interrompre l'étude de la Torah pour aider une jeune fille à se marier.
[guémara Méguila 3b]

Le compliment

+ Le compliment :

1°/ Le compliment en tant que besoin ...

-> Le Rambam nous apprend que la perception d'appréciation constitue le besoin le plus considérable de l'être humain.

Il a écrit dans son commentaire sur la michna (chapitre 'Hélek du traité Sanhédrin) :
"Car tu t'aperçois que la plupart des hommes harassent leur esprit et leur corps par un labeur et un effort sans pareils, simplement pour obtenir de l'estime et de l'honneur auprès de leurs semblables ...
Nombreux sont ceux qui renoncent au plus grand plaisirs du corps par la seule crainte du déshonneur et de la honte que leur en infligerait leur entourage, ou par souci de leur réputation."

-> Nos Sages, à propos de l'expression (dans la bénédiction de Yaakov à son fils Yéhouda - Béréchit 49,12) : "Ses dents blanches" comme :
"Rabbi Yo'hanan l'affirme : "Mieux vaut montrer ses dents blanches [sourire] à son prochain que de l'abreuver de lait." (guémara Kétouvot 111b)

-> Ce besoin profond et la souffrance qui affecte celui qui en est frustré explique la rigueur avec laquelle la Torah juge celui qui porte atteinte aux sentiments d'autrui et l'humilie en public :
"Quiconque fait honte à son prochain en présence de tiers n'a pas de part au monde à venir." (guémara Baba Métsia 59a)

Pourquoi une telle sévérité?
Parce que l'humiliation de son prochain est assimilé à son meurtre.
Il suffit, pour s'en rendre compte, d'observer la couleur du visage de l'offensé, qui vire au blanc, comme sous l'effet d'un coup porté par le meurtrier vidant sa victime de son sang. (cf. b"h, l'article : faire honte à son prochain : https://todahm.com/?s=meurtrier ).

Et il en est réellement ainsi ; les gens qui rapportent ce qu'ils ont ressenti lors d'une humiliation en public déclarent couramment qu'au moment de l'incident, il auraient préféré mourir plutôt que de subir une telle détresse, ou qu'ils ont prié que la terre s'ouvre et les engloutisse (à D. ne plaise).

-> Nos Sages nous enseigne également qu'un meurtrier conserve une part au monde à venir, après qu'il s'est lavé et purifié de sa faute, alors que "celui qui fait honte à son prochain" la perd.
Le Maharal d'expliquer que si le meurtrier a tué le corps de sa victime, celui qui a causé son humiliation a commis un forfait plus grave encore : il a tué son être profond.

-> L'importance que revêt l'image positive de l'homme à ses propres yeux apparaît dans le commandement : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Vayikra 19,18), dont la mise en application consiste en tout 1er lieu dans le devoir de le louer, comme le souligne le Rambam sur ce verset :
"Il lui est enjoint d'aimer chaque membre d'Israël comme lui-même ... C'est pourquoi, il doit formuler ses louanges." (Hilkhot Dé'ot 6,3).

L'homme aspire à ce qu'on loue non seulement sa personnalité, mais également ce qui lui appartient ou se rattache à lui (ses enfants, son mari/femme, sa maison, ...).

(b"h) N'hésitez pas à consulter, l'article : "L'importance de valoriser et de témoigner de l'appréciation à autrui" : https://todahm.com/2015/02/16/limportance-de-valoriser-et-de-temoigner-de-lappreciation-a-autrui/

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2°/ Le compliment en tant qu'acte de bienfaisance :

-> La guémara (Baba Batra 9b) nous enseigne combien, par sa valeur, le don affectif au prochain l'emporte sur le fait de lui accorder un moyen de subsistance :
"Rabbi Yits'hak enseigne : Quiconque fait don d'une prouta à un pauvre recueille 6 bénédictions, alors que celui qui l'encourage par ses paroles en reçoit 11."

Cet acte d'encourager le nécessiteux et de lui procurer le sentiment que l'on compatit à sa souffrance l'emporte sur le fait de lui donner l'aumône
Le Maharcha (Soucca 49b) d'expliquer que : "plus grande est la guémilout 'hassadim que la tsédaka, celle-là en appelant à sa personne (bégoufo), et celle-ci uniquement à sa propriété (bémamono)."

Celui qui a de l'argent à sa disposition préférera en offrir au nécessiteux plutôt que de l'aider de sa personne.

-> Les maîtres du moussar définissent le pauvre comme le prototype du "nécessiteux" auquel s'identifie tout individu, chacun pouvant être considéré comme tel dans certains domaines, à l'instar de celui en besoin d'argent.
Ainsi :
-> la femme est la "pauvre" de son mari : elle a besoin de lui.
-> le mari est le "pauvre" de sa femme : il a besoin d'elle ;
-> les enfants sont les pauvres de leurs parents : ils ont besoin d'eux.

=> Voilà pourquoi les principes énoncés au sujet du pauvre s'appliquent à tous les rapports d'assistance.

-> Nos Sages nous enseignent que l'homme peut prêter son assistance sur 3 plans :
1°/ par son argent ;
2°/ par sa personne (par des actes engageant sa personne) ;
3°/ par l'appui et les encouragements verbaux.

Le plus dur est la gratification orale de chaleur et de sentiment.
En effet, l'homme est disposé à faire don de son argent, voir engager ses propres actions au profit de son prochain, mais il a du mal à lui céder une partie de son âme ( = le fait de formuler un compliment ou témoigner de l'affection).

-> Le prophète Yécha'aya (58,10) décrit celui qui réconforte et encourage le pauvre par ses paroles, comme "lui offrant son âme" : "Offre ton âme à l'affamé, et rassasie le torturé"

[A un pauvre, l'investissement dans les 3 plans sont nécessaire, mais celui dont autrui à le plus besoin est le 3e.]

-> D. attend des époux qu'ils se lient en une âme, et cela ne peut se réaliser qu'en se manifestant mutuellement un lien positif et chaleureux.
Celui qui sent que son conjoint le considère et l'apprécie se lie d'autant plus intensément à lui, et plus son conjoint le lui fait savoir et le lui affirme par des mots, plus il l'encourage et le complimente, plus cette relation s'approfondit et se resserre.

Ainsi, peut se réaliser la fonction primordiale du mariage : s'attacher mutuellement par des chaînes de l'amour.

=> D'une manière générale, le compliment est générateur de lien entre les personnes, c'est également un stimulant en tant qu'encouragement à l'action positive.