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Si quelqu'un surveille ses paroles, la Chékhina repose sur lui et le protège.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Emor 23,40]

La puissance de la parole

-> Tout ce que nous disons a un pouvoir infini et a un grand effet dans les mondes supérieurs, que ce soit pour le bien ou pour le mal.
Si une personne méprise le pouvoir de la parole et dit qu’elle n’a aucune substance, c’est parce que le pouvoir de la parole, n’étant pas de nature physique, n’est en effet pas facile à apprécier. En conséquence, une personne, en raison de sa propre nature physique, ne ressent et n’apprécie que les autres choses qui sont physiques.

Cependant, Hachem nous a donné un signe évident qui nous permet de comprendre que la parole est puissante et essentielle. Il a placé une âme (une partie du Divin) en chacun de nous. Bien qu’elle soit entièrement spirituelle et immatérielle, nous comprenons qu’elle revêt une importance capitale.
Nos corps, en revanche, sont entièrement physiques (matériels), mais ils n’ont que très peu d’importance [sans l’âme, le corps ne peut rien faire].
Par comparaison, nous pouvons comprendre que notre pouvoir de parole, bien qu’intangible, revêt une importance capitale, tout comme l’âme.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bé'houkotaï 27,2]

Le fait de donner de l’argent aux pauvres prime sur le fait de donner de l’argent pour construire le Temple.
C'est la raison pour laquelle le roi David n’a pas mérité de construire le premier Temple.
Du vivant du roi David, une terrible famine sévissait sur le pays. Le roi David avait mis de côté une importante somme d’argent pour la construction du Temple, et il n’a pas utilisé suffisamment de ces fonds pour soulager les souffrances des pauvres.
C'est pourquoi l'honneur de construire le Temple ne lui fut pas accordé. Et cet honneur fut conféré à son fils, le roi Salomon.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shékalim]

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-> Lorsque nous faisons la charité (tsédaka), c’est comme si nous avions apporté un sacrifice au Temple.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach]

Payer en réincarnation nos fautes actuelles envers autrui

-> Selon le 'Hafets 'Haïm (al haTorah - Haazinou 32,4) :
"Nous savons que les transgressions de l'homme vis-à-vis de son prochain ne sont pas expiées, même le jour de Yom Kippour, à moins d'avoir apaisé son prochain. [guémara Yoma 85b]
Ainsi, lorsqu'une personne a créé un dommage à son prochain en le maltraitant, par des paroles ou par des coups, et n'a pas demandé pardon pour cela, étant donné qu'il n'a pas effectué de réparation, il devra revenir dans le monde ici-bas, en réincarnation, afin de consoler son prochain envers qui il a fauté.
Lorsque l'homme arrive dans les mondes supérieurs et qu'il apprend la punition qui a été décrétée de redescendre à nouveau dans ce monde, une fois de plus, il se met immédiatement à pleurer et pousse des cris amers pour la faute qu'il a commise.
Il implore alors le Maître de l'univers, quant à sa première réincarnation : s'il était riche, il dira : "Le riche répond avec effronterie" (Michlé 18,23), puis déclare : si j'avais été crée, dès la première fois, pauvre, je n'aurais jamais été effronté de cette manière. Il supplie donc le Créateur de ne pas le renvoyer de nouveau dans ce monde-ci.
Lorsqu'il constate que le verdict du Jugement céleste est irrévocable et qu'il doit revenir à nouveau en réincarnation dans le monde, il supplie de pouvoir, cette fois-ci, être créé pauvre ou bien de naître avec un défaut, comme par exemple de naitre sans main, afin qu'il ne puisse plus frapper personne et ne plus s'enorgueillir.
Cependant, les accusateurs objectent et s'opposent à cette requête en affirmant que ceci ne saurait constituer un repentir digne de ce nom. Au contraire, ils souhaitent qu'il revienne de nouveau dans ce monde en étant riche, avec ses deux mains.
Ce n'est qu'au terme de nombreuses prières et de nombreuses supplications, avec l'appui et le soutien de ceux qui le défendent, qu'il pourra avoir le mérite que le Tribunal céleste accède à sa demande et le crée avec un défaut.
Ainsi, certains hommes se plaignent d'avoir hérité ici-bas d'une destinée difficile ou de défauts corporels, en ayant complètement oublié que c'est, en réalité, au prix de grandes difficultés qu'ils ont pu être créés avec des défauts afin qu'ils ne soient plus en mesure de recommencer a nuire a leurs prochains. "

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[la nature humaine fait que nous aimons avoir le dernier mot, ressortir supérieur dans notre confrontation avec autrui (notre honneur, notre égo, devant être défendu à tout prix), mais si nous savions le prix à payer pour cela, plutôt que de suivre la volonté d'Hachem, où l'on doit rechercher la paix avec autrui. ]

Plutôt l’exil que le lachon ara

Au moment de la destruction du 2e Temple, il y avait deux fois plus de juifs vivant en Egypte et dans d’autres régions de la diaspora qu’il n’y en avait en Israël. Pourquoi en était-il ainsi?
A cette époque, le lachon ara à l’égard d’un autre juif et la haine indésirable entre juifs étaient monnaie courante. De nombreux juifs ne supportaient pas de vivre dans un tel environnement, ils ont donc fui la Terre Sainte [d'Israël].
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1 ]

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-> L'une des expériences les plus stressantes que l'on puisse vivre est de devoir déménager, surtout si cela implique de s'installer dans un autre pays. Si c'est stressant dans le monde d'aujourd'hui, où nous disposons de toutes les commodités imaginables, y compris des déménageurs en gants blancs, à quel point l'était-ce davantage dans les temps anciens?
Pourtant, de nombreux juifs étaient prêts à renoncer à tout et à endurer les difficultés du déménagement afin d'éviter d'être entraînés dans un monde de haine gratuite d'un juif envers un autre.

Être saint, c’est concentrer et orienter toutes nos actions vers le bien d’autrui ; cela doit être le but suprême de notre vie.
Tout comme les actions d'Hachem, pour ainsi dire, visent toutes le bien de Ses créatures, nous devons nous efforcer de L’imiter pour venir en aide à nos semblables.
[rav Shimon Shkop - Shaaré Yocher ]

La colère

+ La colère :

-> La colère est un trait de caractère est directement lié à l’orgueil : lorsqu’une personne se pare d’orgueil et s’imagine être un être exceptionnel auquel nul ne peut se comparer, elle devient plus encline à la colère.
Le Zohar (Vol.II,182a) écrit que rien ne peut souiller une personne aussi profondément, à l’intérieur comme à l’extérieur, que la colère, car son âme la quitte immédiatement et est remplacée par un dieu étranger.
A ce sujet, le verset dit : "Toi qui déchires son âme dans sa colère" (Iyov 18,4).
S’il souhaite se repentir, il lui faudra beaucoup de sainteté et de zèle jusqu’à ce que son âme lui revienne.

Ces terribles conséquences de la colère ne s’appliquent pas à la colère exprimée par nos Sages lorsqu’ils parlent pour défendre la Torah ou pour réprimander, car une telle colère est (100%) pour l’amour du Ciel, à condition qu’elle ne soit pas pour leur propre honneur.
Sinon, elle serait considérée comme de la colère [avec toutes ses terribles conséquences].
L’auteur de la Michnat 'Hassidim (Massé'het haTéchouva 3,1) écrit que lorsqu’une personne se met en colère, elle entache le Nom de Hachem : אדני, ainsi que le Nom de Hachem אלהים, qui ont une valeur numérique totale de 151, ce qui correspond à כעס (ka'as - colère), plus un pour le mot lui-même (le kollel).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tazria 13,9-11]

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-> La colère exprimée par les érudits de la Torah est tout à fait positive, car elle est motivée par l’amour de la Torah ou par le souci de corriger. Une telle colère n’ébranle pas l’âme et ne souille pas le corps, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Extérieurement, elle se présente comme de la colère, mais c’est une colère pure, une colère positive.

... Du début jusqu’à la fin, cette colère dirigée contre les paroles de la Torah ou l’observance des mitsvot, est pour l’amour du Ciel (100% léchem chamayim) ...
Même si cela nous apparaît comme de la colère, c'est bien de la colère.

La colère qui n’est pas pour l’amour du Ciel échange le Nom d'Hachem (אלהים), qui est saint, contre "d’autres dieux".
Mais la colère qui est pour l’amour du Ciel, au contraire, bannit les "autres dieux" et les remplace par le Nom d'Hachem (אלהים), qui est saint.
Si la colère est utilisée pour clarifier les paroles de la Torah et découvrir la vérité, alors la sainteté a été extraite des forces de l’impureté. Si la colère est utilisée pour réprimander, alors les personnes qui ont reçu cette réprimande ont été soustraites aux forces de l’impureté et amenées à la sainteté.
[on peut facilement mettre de l'intérêt personnel mélangé avec un peu de léchem chamayim (ex: réprimander en profitant pour s'enorgueillir d'être supérieur à l'autre).
Ainsi, si c'est entièrement léchem chamayim (100% pour Hachem, % notre égo) alors on réprimandera avec beaucoup d'attention aux sentiments d'autrui et avec amour (comme Hachem le veut). ]

En vérité, une telle colère doit être entièrement pour l’amour du Ciel, et non pour son propre honneur. Sinon, elle contaminerait une personne comme n’importe quelle autre expression de colère ...

La colère découle de l’orgueil, qu’une personne se sent importante et digne d’honneur. Par conséquent, elle éprouve de la colère envers les autres : envers ceux qui ne l’honorent pas assez, ou qui ne lui parlent pas de la bonne manière.
En revanche, la personne humble se considère comme si elle était morte, indifférente à sa propre vie. Par conséquent, lorsqu’elle exprime de la colère, ce n’est pas pour son propre honneur mais plutôt pour le Ciel ...

Si la personne qui s’est mise en colère souhaite se repentir, se corriger et s’apprendre à être calme et agréable, alors tout sera réparé et son âme retrouvera la place qui lui revient, comme le verset le poursuit.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tazria 13,12-17]

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-> Une personne autoritaire, stricte et exigeante, est une autre forme de colère. Il y a cependant une distinction : une personne en colère fait beaucoup de bruit et de remous, tandis qu’une personne autoritaire n’en fait pas.
Au contraire, si quelque chose ne lui semble pas juste, elle est déçue. Parfois, si quelque chose ne lui convient pas, elle peut parler durement, avec une pointe de colère indétectable. À d’autres moments, elle peut se montrer exigeante, tout en parlant doucement, sans aucune colère.
Cependant, il ressort clairement de ses propos qu’elle est autoritaire, bien qu’elle s’efforce de ne montrer aucune colère. Ses efforts sont vains, comme le dit le verset : "En vain veille le gardien" (Téhilim 127,1), car tant qu’elle restera autoritaire, elle finira par manifester sa colère.

Bien que nous ayons dit que l’orgueil est une ramification de la colère, la racine principale dont elle découle est l’orgueil. Puisque cette personne est orgueilleuse et a une haute opinion d’elle-même, elle est donc arrogante (orgueilleuse), critiquant sans cesse ce qui ne lui plaît pas ou ne convient pas à son honneur.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tazria 13,24-25]

Jalousie – Ayin ara et la pureté du regard

+ Ayin ara et la pureté du regard :

-> Dans la paracha A'haré Mot, la Torah évoque le service du Grand Prêtre (Cohen Gadol) lors de Yom Kippour. De plus, une partie de cette paracha est lue lors de Yom Kippour.
Le Zéra Shimshon consacre une section de cette paracha intitulée "Inyané Téchouva", où il aborde des sujets liés à la téchouva. Voici un extrait tiré de ce passage.

La guémara (Béra'hot 61a) dit que si quelqu'un (qui effectue une transaction financière avec une femme) accepte intentionnellement de l’argent d’une femme afin de la regarder, même s'il est aussi grand que Moché Rabbénou dans la Torah et les mitsvot, il ne sera pas acquittée du Guéhinam.

Le Zéra Shimshon pose la question suivante : qu’y a-t-il de si grave à regarder quelque chose qu’il ne faut pas regarder pour que, malgré une telle grandeur, la punition soit si sévère?
[de toute évidence, le Zéra Shimshon est bien conscient de la gravité de la faute consistant à ne pas garder son regard (de vision interdite). Ce qui le préoccupe ici, c’est de savoir pourquoi cet individu n’est pas acquitté du Guéhinam après avoir reçu la punition qui lui est due? ]

Le Zéra Shimshon explique d’abord le concept d'ayin ara, qui consiste à causer du tort aux autres par le biais du "mauvais œil", avant de revenir sur cette guémara.
Il demande : comment se fait-il qu’en regardant quelqu’un d’autre avec envie, une personne puisse causer du tort?

Le Zéra Shimshon explique cela à l’aide de la guémara (Sanhédrin 54a, 55a) qui dit que lorsqu’une faute est commise avec un objet, par exemple lorsqu’un arbre (Ashéra) est adoré comme une idole, celui-ci doit être détruit. Même si l’arbre n’a rien fait de mal, néanmoins, puisqu’une personne a fauté avec lui, il a servi d’obstacle à l’homme et doit être détruit.

Le Zéra Shimshon explique ainsi que, dès lors qu’une personne regarde avec envie quelque chose que possède son prochain, elle enfreint le commandement : "Tu ne convoiteras pas ce qui appartient à ton prochain" (Yitro 20,17) ; cet objet a alors servi de vecteur à la faute et sera, de ce fait, détruit.
C’est pourquoi nos Sages (Taanit 8b) enseignent que la bénédiction ne repose que sur ce qui est caché des yeux.

Pour revenir à la question initiale, le Zéra Shimshon souligne qu’il existe un problème supplémentaire. Outre le fait que cette femme soit un vecteur de faute, il est impossible, dit le Zéra Shimshon, qu’elle n’apprécie pas le fait que quelqu’un la regarde. Pour cela, elle sera elle aussi punie.
Ainsi, non seulement l’individu qui l’a regardée a fauté, mais il l’a également amenée à fauter, ce pour quoi elle recevra une punition.
C’est pour cette raison qu’il ne sera pas acquitté du Guéhinam, puisque la guémara (Shabbat 149b) enseigne que si une personne pousse quelqu’un d’autre à fauter et à être puni, elle n’est pas autorisée à s’approcher d'Hachem (ce que le Zéra Shimshon interprète comme signifiant qu’elle ne sera pas acquittée du Guéhinam).

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=> lorsque nos biens suscitent l'envie chez les autres, ils perdent leur bénédiction.

La parole

La parole est la vitalité de l’être humain, et cette vitalité provient d'Hachem.
Ainsi, lorsqu’une personne prononce une "bonne parole", cette parole s’élève vers les cieux et éveille la "Parole" suprême. Cela a pour effet qu’une vitalité supplémentaire lui émane d’en-Haut.
Si, toutefois, une personne prononce quelque chose de mauvais, la force vitale l’a quittée et ne s’élèvera pas. Il est donc probable que toute sa vitalité lui soit retirée.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 103]

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-> "Lorsqu’une personne parle, le souffle sort de sa bouche. Ce souffle fait partie de sa vitalité ; il provient de son âme ... c’est pourquoi il nous est enjoint de ne pas nous livrer à des propos futiles, car cela fait perdre une partie de son âme".
[rav 'Haïm Vital - Likouté Torah - Ekev 8,1-3 ]

-> La parole qui sort de la bouche de l’homme s’élève et suscite une réaction d'en-Haut, pour le bien ou pour le mal (Zohar II:47b).
Lorsque l’homme prononce un mot sacré, un mot de la Torah, cela produit un son qui s’élève vers les hauteurs et éveille les saintetés (c’est-à-dire les Séfirot) du Roi suprême, et celles-ci couronnent sa tête, et il y a de la joie en-Haut et en bas (Zohar III,105a).

-> "Lorsque [les gens] prononcent de bonnes [paroles] et y joignent la pensée, ils relient le Monde de la Parole au Monde de la Pensée et accomplissent le bien. De même, lorsqu’ils prononcent de mauvaises [paroles], ils accomplissent le mal, à D. ne plaise". (Keter Shem Tov, sect. 273)

J’ai entendu plus d’une fois de la bouche du rav Mordé'haï Pogromansky qu'une personne qui ne ressent pas la souffrance de son prochain est comme un animal, et que celle qui se réjouit du bonheur de son prochain comme du sien est proche du niveau d’un ange.
[rav Moché Sternbuch]