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"Aimer Hachem" signifie trois choses : établir un lien avec Lui, avoir pleinement confiance en Sa bonté, et aimer Ses créatures en leur faisant du bien.
[Abarbanel - sur I Méla'him 3,3 ]

Celui qui respecte, est respecté.
[ séfer 'Hassidim - 157 ]
[המכבד יכובד]

Si les prières d’une personne ne sont pas exaucées, c’est parfois parce que la douleur ou la souffrance de son prochain n’a pas touché son cœur et qu’elle ne l’a pas incluse dans ses prières.
[ séfer 'Hassidim - 553 ]

Une réprimande naît de la proximité

-> Un signe significatif de la proximité entre Hachem et Son peuple s’est manifesté à un moment où il semblait que nous étions le plus éloignés. Lorsque peuple juif venait à Jérusalem pour les Shalosh Régalim, on pouvait voir la proximité entre l'assemblée d'Israel et Hachem à travers les Kérouvim (chérubins) sur la paro'hét, qui s’unissaient miraculeusement en signe de cette proximité.
Lorsque le peuple juif accomplissait la volonté d'Hachem, les kérouvim se faisaient face.
Lorsque le peuple juif n’accomplissait pas la volonté d'Hachem, les kérouvim se détournaient l’un de l’autre. [guémara Baba Batra 99a]

Cependant, bien que l’on puisse supposer que lors de la destruction du 2e Temple, les kérouvim se seraient détournés l’un de l’autre, ce ne fut pas le cas. Au contraire, la proximité entre Hachem et le peuple juif transparaissait à travers les kérouvim, ce qui poussa ceux qui détruisaient à ce moment le Temple à se moquer de ces kérouvim en position si intimes (dans un lieu normalement si saint). [Yoma 54b]

L’étreinte des kérouvim au moment de la destruction du Temple témoignait de l’amour d'Hachem pour Son peuple, comme cela avait toujours été le cas. Cette étreinte montrait au peuple juif que ce n’est qu’après avoir manifesté Son amour profond pour lui qu'Hachem avait donné libre cours à Son attribut de justice (rigueur) pour détruire le Temple.
Une véritable réprimande et un véritable châtiment ne peuvent provenir que d’un amour sincère envers celui qui est réprimandé.
[rav 'Haïm Shmoulévitz - Si'hot Moussar 85]

=> Hachem nous enseigne que même pris d'une grande colère, on doit d'abord réveiller autant que possible notre amour envers autrui, avant d'en venir à le réprimander.
A l'image des chérubins, d'abord met ton coeur totalement face à celui d'autrui (en l'aimant, en le comprenant, en voulant son bien), et ensuite tu peux réagir.

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-> La destruction du Temple fut une manifestation de la miséricorde de Hachem, car Il déversa Sa colère sur un édifice inanimé et épargna ainsi le peuple.
[midrach Eikha raba 4,14]

La sinat ‘hinam

1°/ découle du fait de trop s'aimer :

-> À l’époque du 2e Temple, le peuple juif étudiait la Torah et accomplissait les mitsvot. Pourtant, il fut détruit à cause de la sinat 'hinam. [Maharcha - Guittin 55b]

-> Selon l'Atler de Kelm ('Hokhma ouMoussar 2:161), la sinat 'hinam découle d’un amour excessif de soi-même, qui se transforme ensuite en haine envers autrui.

Une telle haine est 'hinam (gratuite), c’est-à-dire sans raison. On n’a aucun objectif à atteindre, et on n’accomplira rien avec une telle haine. Le feu de l'orgueil alimente cette haine, poussant à vouloir être au sommet et à ne pas pouvoir tolérer le succès ou l’existence d’autrui. [rav Eliyahou Dessler - Mikkhtav méEliyahou 3:215]

Il faut certes s’aimer soi-même, mais pas au point que cet amour se transforme en haine envers autrui. [rav Wolbe - Alé Sor II, p.509]

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2°/ découle d'un manque de bita'hon :

-> La racine de toute sinat 'hinam (se matérialisant en jalousie et haine d'autrui) réside dans un manque de midat bita'hon. Une personne qui possède une solide assise en tant que baal bita'hon n’est jamais dérangée par de mauvaises midot envers autrui.
Cette personne est toujours en "relation" avec Hachem ; elle prie sans cesse Hachem, lui demande et espère, sachant que Hachem est la source de toute bénédiction pour elle et pour son prochain juif. Elle sait qu’elle ne peut rien gagner ni perdre vis-à-vis d’autrui à moins que Hachem ne le décrète ainsi.
[ex: il n'y a pas de concurrence en autrui, puisque aucun centime, bien, qualité, ... ne peut venir ou partir sans un accord du Ciel, et Hachem peut donner l'infini à chacun. ]

À l’époque du 1er Temple, ce sentiment de bita'hon était profondément enraciné. Le yétser ara les faisait trébucher dans d’autres domaines, et même lorsqu’ils fautaient, cela n’entraînait qu’un bref exil de 70 ans.
Cependant, à l’époque du 2e Temple, l’absence de bonnes midot indiquait qu’Israël n’était pas en "relation" avec Hachem. Leur bita'hon était plus faible qu’à l’époque du 1er Temple, et par conséquent, ils ne vivaient pas correctement sous la hachgakha d'Hachem. Leur haine et leur jalousie ont conduit à un exil qui se poursuit encore aujourd’hui.
Lorsque le cœur d’une personne est fort en bita'hon, lorsque sa sécurité et sa confiance reposent entièrement en Hachem, elle est libérée d’une vie de soucis et n’est jamais prisonnière d’une haine ou d’une jalousie infondée envers autrui.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot , Even Shéléma 3]

-> Nos Sages (Tana déBé Eliyahou Zouta 14,5) affirment que ce n’est pas la douleur de l’exil qui provoque la guéoula, mais plutôt dix juifs assis ensemble et s’appliquant à l’étude de la Torah.
Nous constatons aujourd’hui qu’il y a tant de personnes qui s’assoient pour étudier, et pourtant le machia'h n’est toujours pas venu. Que manque-t-il?
Ils doivent "s’asseoir ensemble", ils doivent faire preuve d'unité, sans qu’aucune barrière de mauvais midot ne les sépare. Les mauvais midot, cause première de cet exil (galout), sont ce qui empêche le machia'h de venir.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

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-> Ces midot ne se limitent pas aux relations avec les autres. On peut agir de manière négative même envers soi-même, lorsqu’on ne reconnaît pas sa valeur ou qu’on laisse la tristesse nous accabler.
Une personne remplie de tristesse ne peut se supporter ni supporter les autres.
C’est un élément qui doit être supprimé, et lorsqu’on y parvient, on peut s’épanouir et laisser resplendir la véritable grandeur qui réside en soi.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

=> On a vu que la sinat 'hinam peut venir soit : si l'on s'aime trop, et là on voit également : si on a une image trop négative de soi-même.
L'idée est si on n'est pas épanoui, en paix avec soi-même (ex: à sa place et en phase avec ce qu'on veut réellement dans la vie), alors plutôt que de travailler ce problème en nous, on va projeter cette frustration à l'extérieur avec de la haine gratuite (sans raison propre à cette personne).
On va alors céder à la facilité de dévaloriser, dénigrer autrui, pour mieux se valoriser (momentanément).

La émouna (bita'hon) est une aide vitale dans notre chemin d'être heureux en nous-même (ex: peu importe ce qu'on les autres), par le regard, l'approche que nous avons dans la vie.

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+ Utiliser avec intelligence l'orgueil ou l'humilité de soi :

Il est intéressant de trouver que nos Sages nous conseillent des choses apparamment contraires :
-> Dans la michna (Pirké Avot 1,15) :
"Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi?" (im en ani mi li) = on a le devoir de penser à soi, de se sentir important, de s'aimer, ...
On ne doit pas servir Hachem en se négligeant, dont notre confiance en soi, ce que nous avons besoin de nécessaire (non accessoire) pour être épanoui, apprécié l'impact que nous avons dans le monde, ...
Le Pirké Avot poursuit : "Et si je ne suis que pour moi, que suis-je donc?" (oukhchéani léatsmi ma ani) = on ne doit pas trop s'aimer au point d'oublier d'être à l'écoute de notre environnement, de laisser de la place à autrui pour qu'il puisse s'épanouir, ...

-> Rabbi Eliyahou Lopian enseigne :
La signification de l’humilité ne veut pas dire qu’on ne connaît pas sa propre valeur, mais au contraire il faut qu’on connaisse les forces de son âme, et en fonction de cela on n’en viendra pas à l’orgueil, la preuve en est que l’un des 13 principes de la foi est de croire d’une foi sincère que Moché notre Maître est le maître de tous les prophètes. Et Moché, comme tout homme d’Israël, doit lui aussi croire cela.
On doit donc nécessairement dire qu’il est possible que les 2 choses coexistent, d’une part être le plus humble de tous les hommes, et croire qu’on est le maître de tous les prophètes.

[cela fait penser aux paroles de rabbi Sim'ha Bounim de Peschi'ha :
"Que l'Homme ait toujours 2 poches.
Dans l'une, il inscrira : "Je ne suis que poussière et cendre."
Dans l'autre : "Le monde n'a été créé que pour moi"."

=> Au cours de notre vie à nous d'utiliser le message de la bonne poche au bon moment.
(le trop peu de confiance en soi n'est pas bon, et l'inverse aussi)

(notre yétser ara va nous pousser à inverser les choses, nous dévalorisant quand on devrait se valoriser, et inversement.)]

Lorsque l'on fait honte à autrui, cela lui fait mal jusqu'au plus profond de son être, au point où même son âme (sa néchama) ressent l'embarras.
[rav Avraham 'Haïm Shor (1560–1632) - Torat 'Haïm - Baba Kama 90a ]

Sachez qu’il faut juger chaque personne avec bienveillance. Même quelqu’un qui semble entièrement mauvais possède une petite part de bien ; en reconnaissant ce bien (en l'autre) et en le jugeant avec bienveillance, on fait en réalité ressortir davantage de bien en lui et on l’élève du côté du mérite.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 1:282 ]

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[jugez positivement autrui a pour conséquence d'illuminer davantage de positif en cette personne. ]

Selon le Zohar (Bamidbar 117a), lorsqu’une personne bénit quelqu’un, elle doit le faire avec un "œil bienveillant" pour que la bénédiction se réalise.
Par "œil bienveillant", on entend qu’une personne se réjouit du succès d’autrui.
[Zéra Shimshon - Balak 22,6]

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[ainsi, on devra idéalement avoir la kavana de prier pour autrui, mais aussi de se réjouir par avance de ce qu'il pourra avoir (confiant en Hachem et heureux du bonheur d'autrui). ]

L’importance de la parole (par le Abir Yaakov)

+ L'importance de la parole (par le Abir Yaakov - rabbi Yaakov Abou'hatséra) :

-> La fonction principale de l’homme et sa rédemption dans ce monde dépendent de ce qui émane de sa bouche, comme le dit le roi Shlomo : "Tous les efforts de l'homme vont à sa bouche mais son âme n'est jamais satisfaite" (Kohélét 6,7).
Les paroles de la Torah et de la prière qu’une personne prononce de ses lèvres créent des mondes là-Haut.
Lorsqu’une personne médite sur cela et se détache de toute dimension matérielle, elle comprend clairement que ce qui importe le plus, c’est ce qui émane de sa bouche : ces paroles sublimes, spirituelles, qui constituent son énergie vitale.

L’énergie vitale de l’homme est le souffle qui sort de sa bouche et de son nez, et à cet égard, il n’y a aucune différence entre l’homme et les animaux.
En revanche, le pouvoir de la parole, en revanche, est propre à l’homme. C’est la preuve que l’homme est supérieur et plus spirituel que les animaux, car le pouvoir de la parole est comparable à la puissance qui règne dans les Cieux.
Chaque mot qui sort de la bouche d’une personne s’élève, s’attache à sa racine spirituelle dans les mondes supérieurs et les rectifie.

L’inverse est également vrai. L’homme peut aussi détruire des mondes par sa parole. Nos Sages ont en effet dit que le lachon ara équivaut à l’idolâtrie, aux relations interdites et au sang versé (Arakhin 15b).
Si le lachon ara ne causait pas de dommages dans les mondes Supérieurs, pourquoi serait-il considéré avec tant de sévérité?
Nous voyons ainsi que la parole peut soit détruire des mondes, soit les rectifier.

Selon le Zohar (vol.III,191a), la Chékhina est appelée דבר (davar - chose, ou "parole"), car toutes les paroles du Roi s’articulent à travers elle, tout comme le son de Sa voix en émane.
Puisque la Chékhina est appelée "parole", c’est la parole de l’homme sur terre qui la rectifie ou l'endommage. C’est pourquoi nous devons faire preuve d’une extrême prudence dans nos paroles.

À ce sujet, le roi David nous met en garde : "Qui est l’homme qui désire la vie, qui aime les jours où l’on voit le bien? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de toute parole trompeuse" (Téhilim 34,13-14).
Pourquoi le roi David a-t-il besoin de faire précéder "Garde ta langue, etc." de la phrase "Qui est l’homme qui désire la vie, etc."?

La réponse est que la plupart des gens ne se soucient pas de garder leur langue. Ils pensent : "Quelle importance ce que je dis? Quel mal peut bien venir de quelques mots?"
En réponse à de telles pensées, le roi David s’adresse à nous : "Réveillez-vous de votre torpeur! Vous êtes aveugles à cet égard! Vos paroles inconvenantes (selon la Torah) vous empêchent de vous attacher à la sainteté comme vous le devriez, et elles dressent une barrière entre vous et votre D."

Le roi David dit : "Vous souhaitez vous attacher à la vie éternelle, et vous vous empressez d’accomplir toutes les mitsvot. Pourtant, vous ne prenez pas la peine de rectifier vos paroles?"
C’est pourquoi il commence par : "Qui est l’homme qui désire la vie?" = qui est la personne qui souhaite mener une vie de sainteté dans ce monde?
Et "qui aime les jours où l’on voit le bien?" = cela fait référence au monde à Venir, où l’on trouvera la vie éternelle et la joie. Si l’on désire ces choses, alors il faut "garder sa langue du mal, et ses lèvres de toute parole trompeuse".
La vie que tu recherches dépend de toi ; lorsque tu surveilles attentivement tes paroles, l’énergie vitale, telle qu’elle s’exprime à travers ta parole sainte, éveille l’énergie vitale dans les mondes Supérieurs où le pouvoir de la parole trouve ses racines. C’est ainsi qu’une personne atteint la sainteté.

Lorsque tu commences par surveiller attentivement tes lèvres, tu seras ensuite capable de "te détourner du mal et de faire le bien" (sour méra vaassé tov - Téhilim 34,15), et de renoncer complètement au mal pour rectifier la Chékhina, que l’on appelle "le bien" (טוב - Zohar vol.III,42b).
C’est ainsi que le roi David dit : "Détourne-toi du mal et fais le bien" ; le mot "faire" implique d’opérer une rectification sur quelque chose qui a déjà été créé, comme le dit le verset : "Hachem fit le firmament" (Bérechit 1,7) [et Rachi explique que le firmament était déjà créé, mais qu’en ce jour de la Création, Hachem le rendit stable].
Comme nous venons de le mentionner, le mot טוב (tov - bien) fait référence à la Chékhina. Ainsi, par sa parole, l’homme peut rectifier la Chékhina. Ce faisant, il instaure la paix dans les mondes Supérieurs ainsi que sur terre.
C’est ainsi que le verset du Téhilim conclut : "Recherchez la paix et poursuivez-la."
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3 ]

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-> Il faut comprendre que la Chékhina est appelée דבר (davar - chose, ou "parole"), et que les paroles qui sortent de la bouche d’une personne (juive) ont un effet sur la Chékhina.
Les bonnes paroles l’aident et la rectifient, tandis que les paroles inappropriées peuvent l’affaiblir.

[cela explique le verset : "Donnez de la force à Elokim" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35) = si nous faisons attention à nos paroles nous donnons de la force à Hachem, et sinon c'est l'inverse, que D. préserve.
En ce sens, plutôt que de demander : "Il est où Hachem dans ce monde? Pourquoi n'intervient-Il pas contre tant de souffrances, d'injustices?", une réponse est de plutôt se renforcer autant que nous le pouvons dans ce qui sort de notre bouche, car ainsi nous permettons à Hachem de pouvoir davantage intervenir dans ce monde. ]

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-> "Si un homme fait un vœu à Hachem ou prête serment pour établir une interdiction, il ne doit pas profaner sa parole" (Matot 30,3)

-> Par le vœu ou le serment qu’il a prononcé, il a édifié de grandes structures dans les mondes Supérieurs [et a rectifié et renforcé la Chékhina]. C’est pourquoi il doit veiller tout particulièrement à ne pas profaner sa parole.
S'il profane sa parole, il détruit tout ce qu’il a édifié dans les mondes Supérieurs. Car tout dépend de l’homme : par son pouvoir de parole, il édifie ou détruit ...

Une personne peut étudier la Torah, prier et faire des vœux et des serments pour accomplir les mitsvot. Pourtant, si elle ne se garde pas sur la place du marché, dans ses relations commerciales et dans ses paroles, en étant honnête et en agissant de bonne foi, le verset dit à propos d’une telle personne : "En vain le gardien veille" (Téhilim 127,1).
Sa Torah et sa prière sont vaines.

C’est analogue à une min'ha (une offrande de céréales) à Hachem qui doit être présentée dans un récipient pur ; si le récipient est impur, les deux sont rejetés.
La bouche est le récipient par lequel nous offrons nos paroles de Torah et de prière. Si elle est souillée par des propos inconvenants, et a fortiori par des mensonges et des tromperies, alors toutes les paroles de Torah et de prière prononcées par cette même bouche sont souillées et deviennent des abominations aux yeux de Hachem.
Les deux sont indissociables ; si une personne surveille sa bouche dans ses conversations quotidiennes, alors sa Torah et sa prière sont acceptées. Sinon, elles ne le sont pas.

Nous pouvons désormais comprendre le verset comme suit : Si une personne souhaite ériger des barrières par des serments et des vœux afin de renforcer sa Torah et ses mitsvot, alors "elle ne doit pas profaner sa parole" = tout ce qui sort de sa bouche dans les affaires profanes affectera les paroles sacrées qu’il prononce.
Lorsqu’il dit la vérité et que toutes ses actions sont sincères, alors ses paroles de Torah et de prière le seront également. Sinon, elles seront toutes nulles et non avenues.

C’est peut-être ce que le roi Salomon voulait dire lorsqu’il a déclaré : "Celui qui garde sa bouche et sa langue préserve son âme des ennuis" (Michlé 21,23). En d’autres termes, si une personne souhaite que ses prières et sa Torah soient acceptées, elle doit garder sa bouche de l’extérieur [dans la rue, lors de ses conversations quotidiennes] ; si sa bouche est souillée, alors sa Torah et sa prière sont une abomination.

Nous constatons que la guémara (Béra'hot 5b) désigne la prière par le terme "נפש" (néfech - âme), comme le dit le verset : "Celui qui déchire son âme dans sa colère" (Iyov 18,4).
La guémara commente que cela fait référence à une personne qui quitte la synagogue sans attendre que son ami ait fini de prier. [à cette époque, les synagogues se trouvaient en pleine campagne et il était dangereux de rentrer seul chez soi à pied. Si une personne se retrouvait seule pour terminer ses prières, elle perdait sa concentration, sa prière était "brisée", par crainte du trajet de retour. ]

Puisque la prière est appelée "âme", la Torah peut également être appelée "âme", car elles sont liées. En effet, il est tout à fait approprié que la Torah et la prière soient appelées "âme", car elles constituent la vie et l’âme d’une personne (juive).
Nous pouvons expliquer le verset "Celui qui garde sa bouche et sa langue" (cité plus haut) comme suit : si une personne garde comme il faut sa bouche et sa langue, si elle ne prononce ni mensonges, ni paroles trompeuses, ni bavardages inutiles, alors elle "préserve son âme des ennuis (problèmes)", et "son âme" fait référence à ses paroles de Torah et de prière. Elles ne seront pas rejetées, car elles sont intimement liées à son discours profane, comme nous l’avons mentionné plus haut.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Mattot 30,2-3]

Chaque mot prononcé par une personne ouvre un canal dans l’âme.
Les courants spirituels de l’âme ondulent et circulent constamment grâce à la puissance de la vibration de la parole.
[rav Avraham Kook - Orot haKodech 3:3:3:17 ]