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"Rachète tes fautes par la charité (bi'tsédaka), et tes iniquités par la pitié envers les pauvres, si tu veux que ta prospérité se prolonge" (Daniel 4,24)

-> Le Séfer Ahavat Shalom explique :
La tsédaka a le pouvoir de contribuer à racheter nos fautes.
En donnant la tsédaka, on peut repousser la midat hadin (la Rigueur Divine) et nos fautes ne pourront plus nous causer de tort.

Cependant, on ne peut donner à la tsédaka que les jours de la semaine, ne pouvant le faire à Shabbath. Par conséquent, il faut faire très attention à ne pas fauter pendant Shabbath, car si la midat hadin est éveillée contre nous, alors nous n'aurons pas le mérite de donner la tsédaka pour se protéger.

Un acte de bonté que nous accomplissons aujourd'hui est comme une graine qui fleurira au moment le plus bénéfique, soit pour nous, soit pour un futur descendant.
[rav Shimshon Raphael Hirsch]

Donner la tsédaka joyeusement et généreusement

+ Donner la tsédaka joyeusement et généreusement :

-> Nous avons l'obligation de la Torah de donner la tsédaka (charité), mais ce qu'on sait moins, c'est que la Torah nous dit aussi comment donner la charité.
Il est écrit : "Fais donc tous tes efforts pour lui donner et n'éprouve pas de regret à le faire, car pour cela, Hachem, ton D., te bénira dans tous tes actes et toutes tes entreprises" (Réé 16,10).

-> Le Ramban (Hassagot au séfer haMitsvot du Rambam, Chikhe'hat haLavin 17) écrit que celui qui donne la charité le cœur gros transgresse ce commandement.
"Il faut se garder d'avoir le mauvais sentiment de penser qu'on perd de l'argent en donnant la charité.
Il faut plutôt sentir qu'il est très bénéfique de donner la charité et qu'en fait, on gagnera encore plus, car Hachem nous rendra bien davantage que la somme qu'on a donnée".

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3,35) explique ce commandement différemment que le Ramban. Il pense que cette obligation de la Torah évoque non pas les sentiments à avoir en donnant la charité, mais la quantité d'argent à donner : il faut donner avec générosité.
Il ajoute que pour y parvenir, il ne suffit pas d'essayer de donner davantage ; il faut développer en soi un cœur généreux.

=> D'après ces deux explications du verset, il ressort qu'il faut donner la charité à la fois généreusement et le cœur content. Ce n'est pas seulement un bon conseil, cela fait partie de l'obligation de la Torah.

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Mais comment y parvenir? Il est très difficile de se défaire de l'argent qu'on a durement gagné.

-> La réponse, comme l'enseigne Beit haLévi, est le bita'hon. Celui qui a du bita'hon sait que son argent est un cadeau d'Hachem et pas le résultat de son travail. Il appartient donc à Hachem, en réalité.
Cet homme n'a pas de difficulté à se séparer de son argent ; il donne avec joie et générosité en ayant confiance qu'Hachem tiendra parole et le récompensera pour son acte.

-> Le Séfer ha'Ikarim (3,33) fait remarquer quelque chose à propos du verset précité qui mentionne qu'Hachem bénira celui qui donne la charité, mais commence par défendre d'éprouver du regret à le faire. Cela implique que la bénédiction n'est pas obtenue par le don de la charité, mais par la générosité et la joie avec lesquels on donne.
Ainsi, le bita'hon dont on fait preuve lorsqu'on donne la charité suscite une bénédiction plus grande que la charité elle-même !

-> On retrouve cela dans toute mitsva : "Cette idée de la joie est une mitsva de la Torah qu'une personne est tenue d'accomplir, car il s'agit d'un aspect à part entière du service d'Hachem, plus important que l'accomplissement de la mitsva elle-même, puisque la joie est la manière complète de servir Hachem. [Rabbénou Bé'hayé - Kad haKéma'h - sim'ha]
Et : "Celui qui accomplit les mitsvot dans la joie sera 1 000 fois plus récompensé que celui pour qui les mitsvot sont un fardeau." [Or'hot Tsadikim - Sha'ar haSim'ha]

=> La tsédaka est une mitsva, et comme toute mitsva l'essentielle est l'état d'esprit (ex: joie) avec lequel on va la faire. Sans cela on passe à côté de l'essentiel.

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-> "Si quelqu'un donne une prouta [une petite pièce de monnaie] à un pauvre, il reçoit 6 bénédictions ; s'il le console, même s'il ne lui a pas donné d'argent, il reçoit 11 bénédictions".
[guémara Baba Batra 9b]

[ le Maharcha note que si on a de l'argent à donner, on est certainement tenu de le faire. La guémara veut seulement dire que si on n'a pas d'argent, on recevra tout de même 11 bénédictions si on parvient à le consoler. Si on donne de l'argent et qu'on le console, on recevra 17 bénédictions. ]

=> un aspect important de la tsédaka est de préserver l'honneur d'autrui, et de se soucier aussi de sa pauvreté émotionnelle, morale (ex: un sourire, un mot d'appréciation, d'encouragement, ...).

Venez et considérez combien est grand le pouvoir de ceux qui accomplissent des actes de charité.
Ils ne s'abriteront ni à l'ombre du matin, ni à l'ombre des ailes de la terre, ni à l'ombre du soleil, ni à l'ombre des ailes des 'hayot, des kérouvim ou des séraphins.
Mais sous les ailes de qui s'abritent-ils?
À l'ombre de Celui qui a créé le monde par sa parole [Hachem]. Comme il est dit : "Qu'elle est précieuse ta bonté, ô D.! Les enfants de l'homme se réfugient à l'ombre de tes ailes" (Téhilim 36,8).
[midrach Ruth rabba - chap.5]

Selon nos Sages : "Donnez la dîme afin de vous enrichir" (asher bichvil chétit'acher - guémara Shabbath 119a)

Pour comprendre ce dicton, il faut considérer ce qui suit : Lorsqu'une personne fait la charité (tsédaka), elle s'élève devant Hachem.
Or, par analogie, lorsqu'une personne donne une seule pièce d'or ou une seule portion de grain en guise de dîme, et que cette charité s'élève en-Haut, Hachem considère l'origine de cette dîme. N'est-elle pas venue parce que la personne avait dix pièces d'or ou dix portions de grain?
Ainsi, les dix pièces et les dix portions de grains sont incluses dans cette mitsva, car c'est parce que la personne possédait dix pièces d'or ou dix portions de grains qu'elle a pu donner une seule pièce d'or ou une seule portion à la charité.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Rée 14,22 ]

=> Lorsque l'on donne la dîme, bien qu'en apparence on ne donne qu'un dixième, cependant, lorsque la mitsva monte en Haut, elle est décuplée, car ce dixième élève aussi les neuf autres parties sur lesquelles on a prélevé la dîme.

[ainsi, Hachem nous donne 10, et nous demande que 1 sur les 10. Et malgré tout, il nous compte l'intégralité des 10 comme faisant partie de la mitsva de la dîme! ]

+ Hachem dit : "Si le peuple juif, qui dépend du 'hessed, s'engage dans le 'hessed les uns avec les autres, alors Moi, qui suis pur 'hessed, je dois certainement faire du 'hessed pour eux".
[midrach Béréchit rabba 33,3]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed 2,5) explique ce midrach. Lorsque nous faisons du 'hessed, cela permet aux 'hassadim (bontés) d'Hachem d'être introduits dans le monde.
Le 'Hafets 'Haïm ajoute que cela est particulièrement vrai à une époque comme aujourd'hui, où une midat hadin intense (Attribut de rigueur) est présent et où notre nation a désespérément besoin de salut (à la fois sur le plan individuel et sur le plan national). Aujourd'hui, le 'hessed est certainement la clé pour mériter la miséricorde d'Hachem.
Cette idée fait écho à la guémara (Yérouchalmi Sanhédrin 10) : "Si vous voyez que le mérite des Patriarches a disparu et que celui des Matriarches s'est effrité, allez vous accrocher au 'hessed."

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-> Le Chlah haKadoch [à la fin de son commentaire sur masse'hét Pessa'him] écrit que le 'hessed est extrêmement vital. Sur la base du verset (Téhilim 52,3), "Le 'hessed d'Hachem dure toute la journée", il affirme que l'on ne devrait pas laisser passer un seul jour sans trouver un moyen de s'engager dans du 'hessed.

Penser aux autres

+++ Penser aux autres :

+ Prier pour autrui :

-> Rachi (guémara Shabbath 127b) écrit que prier pour les autres est une forme de guémilout 'hassadim (un acte de bonté).
Nous devrions toujours prier pour aider les autres si nous savons qu'ils ont besoin d'un certain type de salut, que ce soit en matière de santé, de parnassa, de shalom bayit, de réussite avec leurs enfants, ...

-> En effet, le Arizal (cité par Maguen Avraham 46) écrit qu'avant de prier, il faut avoir à l'esprit d'aimer chacun des membres du peuple juif et d'accomplir la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même, qui est la source du 'hessed dans la Torah.

Le Arizal écrit qu'agir ainsi est un mérite qui va faire qu'Hachem acceptera notre prière.

-> Rabbi Moché Cordovéro (Tomer Dévorah - chap.3) ajoute qu'il faut prier pour les autres "comme s'il s'agissait de ses propres enfants".
Le roi David est un exemple d'un tel dévouement. Il dit : "Quant à moi, lorsqu'ils étaient malades, mon vêtement était un sac et je m'affligeais en jeûnant" (Téhilim 35,13).

-> La guémara (Shabbath 67a) nous dit qu'une personne frappée de tsaraat devait crier "Tamé, tamé" (je suis spirituellement impur" chaque fois que quelqu'un s'approchait d'elle.
La raison en est que lorsque les gens entendaient parler de sa détresse, ils ne manquaient pas de prier pour que sa tsaraat (sorte de lèpre) disparaisse.

Sur la base de cette idée, la guémara rapporte la coutume qui est née que si quelqu'un avait un arbre malade, il le peignait, sachant que toute personne voyant un tel arbre prierait certainement pour qu'il retrouve la santé afin que son propriétaire ne subisse pas de perte financière.
[par exemple, à l'époque du Temple lorsque tous les juifs montaient à Jérusalem, et sur le chemin lorsqu'il voyait un arbre marqué d'une couleur, ils priaient tous pour son rétablissement, pour le bien de son propriétaire. (à plus forte raison, on doit le faire pour un prochain juif)]

-> Le rav Avraham Tabor enseigne :
Chaque fois que nous voyons quelqu'un de malade ou en détresse, la réaction naturelle d'un juif devrait être d'offrir une courte prière ou de dire un verset de Téhilim.
Cela est particulièrement vrai si vous voyez un avis dans la synagogue demandant de prier pour quelqu'un que vous ne connaissez pas, ou si vous voyez une ambulance passer à toute allure, sirène hurlante et gyrophares allumés. Dans de telles circonstances, puisque la personne ne saura jamais que vous avez prié pour elle, il s'agit d'un 'hessed du plus haut niveau, car il est fait purement pour le 'hessed, sans arrière-pensée de recevoir quoi que ce soit en retour, pas même un remerciement.
Il s'agit d'un 'hessed lichma à l'état pur, qui a beaucoup plus de chances d'être exaucé par Hachem.
[de plus, en prenant quelques secondes pour imaginer et ressentir la douleur d'une personne et de ses proches (ex: quelqu'un de malade), on peut en arriver à rajouter de la force, du coeur, à notre prière. ]

Il est important d'ajouter que lorsque nous voyons quelqu'un souffrir et que nous prions pour lui, nous devrions également exprimer notre gratitude à Hachem pour ne pas souffrir de la même manière.
Nous oublions souvent les bénédictions et le bonheur infinis dont nous bénéficions et nous les considérons comme acquis.
La conscience de la myriade de bénédictions dont nous bénéficions, devrait nous amener à éprouver une extrême gratitude envers Hachem. Cela doit s'accompagner d'un engagement à utiliser correctement toutes nos bénédictions dans le but de servir Hachem de notre mieux.
[cette gratitude et cette engagement à s'améliorer (même très légèrement), constituent de sublimes mérites pour venir en aide à ceux qui nous ont provoqué de tels sentiments par leur situation difficile.]

Il y a un avantage secondaire à prier pour les autres, même si ce n'est pas la raison pour laquelle nous le faisons. La guémara (Baba Kama 92a) nous dit : "Si quelqu'un prie pour la miséricorde de quelqu'un d'autre et qu'il a lui-même besoin de la même chose, il sera exaucé en premier".
Le rav Pinkous (Chéarim beTéfila - p.90) ajoute que les Tossafot (Roch Hachana 16a) expliquent que la prière de quelqu'un qui prie régulièrement pour les autres a le statut de téfila bétsibour, la prière dite en communauté, par opposition à une prière individuelle, et nos Sages nous disent que la téfila bétsibour (en minyan) est indescriptiblement plus puissante que la prière d'un individu, et qu'elle n'est jamais rejetée par Hachem.

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-> Dans le même ordre d'idées, le rav Avigdor Miller avait l'habitude d'exhorter ses étudiants à "se creuser la tête" pour essayer d'aider les autres.
Si vous savez que quelqu'un a des difficultés, c'est merveilleux de prier pour lui, mais vous devez aussi essayer de trouver des moyens pratiques de l'aider.

-> Nos Sages mettent en avant qu'après notre mort on prendra conscience de l'impact incroyable que nos mots de prière on pu avoir : combien de personnes nous avons pu guérir, combien de parnassa nous avons amené, combien de mariage nous avons permis, ... et nous aurons des récompenses éternelles pour cela. [libre arbitre oblige, on ne voit pas concrètement l'impact de nos prières, mais tous les juifs étant liés, on profite du flux des prières des autres.]
A l'inverse, combien nous souffrirons éternellement en se disant que si j'avais plus pensé aux autres en priant pour eux, combien j'aurais pu leur être utile, combien j'aurais pu m'amener par ricochet des mérites et des bénédictions (celui qui bénit est béni), ...

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+ Donner des bénédictions :

-> La guémara (Sotah 38b) cite le verset (Michlé 22,9) : "Celui qui a une disposition généreuse doit être béni [yévora'h]" et dit qu'il peut également être lu : "La personne qui a une disposition généreuse doit bénir les autres [yévaré'h]".

Le contexte auquel se réfère la Guemara est qu'un invité devrait diriger le Birkat haMazon afin qu'il puisse dire la bénédiction pour le bien-être de l'hôte.
Cependant, le Pélé Yoets (Béra'hot) apprend d'ici que chacun devrait toujours chercher à accorder des bénédictions aux autres. Peut-être la bénédiction sera-t-elle prononcée à un moment favorable dans le Ciel, et Hachem la fera alors fructifier.
La Michna Béroura (347:7) ajoute que c'est du déré'h érets de souhaiter à quelqu'un de réussir dans quelque chose qu'il entreprend.

-> Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de ses bénédictions et penser que seuls les grands tsadikim peuvent donner des bénédictions, comme l'affirme la guémara (Méguilla 15a) : "Une bénédiction donnée par une personne ordinaire ne doit jamais être sans importance à vos yeux".
La guémara donne des exemples où les bénédictions de personnes simples ont été exaucées.
[tout juif est un enfant adoré d'Hachem, et toute prière venant du coeur a forcément un impact. Ainsi, on ne doit pas faire preuve de fausse humilité en ne priant pas pour autrui, mais au contraire on doit implorer notre papa Hachem d'aider notre frère juif. ]

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-> Le Pélé Yoets écrit qu'une bénédiction donnée de tout cœur et pleine de conviction est beaucoup plus puissante et a plus de chances d'être accomplie qu'une bénédiction dépourvue d'intention.
C'est pourquoi il exhorte les gens à faire tout leur possible pour que leurs parents les bénissent, car ils béniront certainement leurs enfants de tout leur cœur et de toute leur âme. [le Maharcha (Sota 38b) écrit une idée similaire. ]
Le Sforno (Vayétsé 32,1) écrit que cela est vrai même pour un père racha comme Lavan, le père de Ra'hel et Léa.

Le rav Avigdor Miller enseigne qu'à Slabodka, on suggérait qu'après avoir donné une bénédiction à quelqu'un, il fallait la répéter à voix basse pour soi-même. La première fois, on a probablement manqué de sincérité parce qu'on y a mêlé de la gentillesse sociale (du paraître extérieur). Le fait de répéter la bénédiction permet de s'assurer qu'elle est prononcée avec l'intention intérieure la plus complète et la plus pure.
[de même, dans la routine quotidienne on va dire : "bonjour/bonne journée!", mais est-ce qu'on le fait par habitude ou bien est-ce qu'on pense profondément le bénir d'une bonne journée?]

Le rav Miller dit aussi qu'on ne doit pas être radin en bénissant autrui. Cela ne coûte rien (à part quelques secondes), alors autant lui souhaitant le meilleur du meilleur!
Le Yessod véChorech haAvoda (chaar 1, chap.6), citant le Zohar, écrit qu'il faut être généreux lorsqu'on donne des bénédictions. [on témoigne de notre générosité de cœur, de notre amour d'autrui, et du fait que Hachem peut tout sans limitation! ]

-> Le rav Its'hak Sher se promenait avec un groupe d'élèves et ils passèrent devant la maison d'un membre du personnel de la yéchiva. Le rav Sher commença à lui accorder d'énormes bénédictions, expliquant à ses étudiants perplexes qu'il n'y a aucune raison pour que le destinataire doive entendre la bénédiction.
De même, lorsque le rav Avigdor Miller (un des géants de sa génération) passait devant une maison avec une mézouza, il couvrait les occupants de chaleureuses bénédictions.
Il disait : "Tous les habitants de cette maison devraient être en bonne santé pour de nombreuses années heureuses, ils devraient avoir des moyens de subsistance confortables, du plaisir et de la satisfaction avec leurs enfants, les meilleurs chidou'him pour leurs enfants, uniquement des joies et des occasions heureuses dans leurs maisons, et rien d'autre que de la joie".

-> Outre le fait que l'on s'entraîne à prendre soin des autres et à les aimer en leur donnant des bénédictions, il y a un énorme avantage secondaire pour soi-même.
La guémara (Yérouchalmi Béra'hot 8,8) raconte qu'un non-juif dit un jour "shalom" à Rabbi Yichmael. Celui-ci répondit : "Votre réponse a déjà été donnée", ce qui signifie que vous n'avez pas besoin que je vous bénisse en retour, car le verset (Lé'h Lé'ha 12,3) écrit qu'Hachem a dit à Avraham : "Je bénirai ceux qui vous béniront".
Quiconque accorde une bénédiction à un descendant d'Avraham (un juif) est assuré par Hachem lui-même de recevoir beaucoup de bénédictions en retour.
[l'idée est incroyable : en bénissant autrui, je suis bénis par Hachem Lui-même! Alors, profitons-en, bénissons autant que possible autrui! ]

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+ Les chaussures sacrées :

-> " 'Hanokh marchait avec Hachem" (Béréchit 5,22).
Nos Sages expliquent que 'Hanokh était un cordonnier et qu'à chaque couture, il faisait des yi'houdim à Hachem. Les yi'houdim sont généralement compris comme une notion kabbalistique obtenue par des pensées élevées. Cependant, le rav Israël Salanter explique que cela ne peut signifier que son esprit se trouvait dans des sphères supérieures, car il est interdit à un travailleur rémunéré de s'impliquer dans quoi que ce soit d'autre que le travail pour lequel il est payé.
Nos Sages veulent plutôt dire que 'Hanokh avait à l'esprit que chaque point devait être solide et bien fait afin de produire un produit de qualité dont le client pourrait profiter. Ainsi, même en exerçant sa profession banale, 'Hanokh a fait des yi'houdim, c'est-à-dire qu'il a imité les nobles caractéristiques d'Hachem, qui consistent à faire profiter les autres et à leur apporter du plaisir.

Ce concept peut être appliqué à un nombre infini de scénarios.
Un traiteur doit avoir à l'esprit de rendre sa nourriture délicieuse afin que les invités apprécient le repas.
Une couturière doit faire en sorte que la robe soit la plus belle possible pour que la personne qui la porte se sente bien dans sa peau. Un mécanicien doit avoir à l'esprit la satisfaction du conducteur qui roule en douceur/sécurité sur la route.

Nous voyons que même lorsqu'une personne est impliquée dans sa profession, qu'elle fait pour gagner sa vie, elle peut y insuffler les niveaux les plus élevés de sainteté. En ayant simplement à l'esprit le bénéfice de son client (amour d'autrui), il peut transformer son travail en une grande émulation d'Hachem et une forme élevée de avodat Hachem.
[rav Avraham Tabor]

"Rabbi Avin enseigne que lorsqu'un pauvre se présente à votre porte, Hachem lui-même se tient à sa droite ... Si vous lui donnez de l'argent, sachez que Celui qui se tient à sa droite vous récompensera bien. Mais si vous ne lui donnez pas, Celui qui se tient à sa droite vous punira"
[midrach Vayikra rabba 34,9]

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-> Le Zohar écrit que si Hachem aime une personne, il lui envoie en cadeau un pauvre qui demande de l'argent.
[cité par le Yessod véChorech haAvoda - chaar 10 , chap.4]

-> "Plus que le riche ne fait pour le pauvre, le pauvre fait pour le riche".
[midrach Ruth rabba 5,9]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed - part.2 - chap.29) écrit :
"Lorsque quelqu'un vous approche et vous offre une opportunité de 'hessed, pour lui, c'est une petite chose de gagner une petite somme d'argent. Mais pour vous, la personne qui peut faire le 'hessed, il offre une opportunité massive d'une mitsva, qui a une récompense infinie.
Vous devriez être rempli d'une énorme joie, l'accueillir avec un visage radieux, et saisir la mitsva aussi vite que possible".

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hesed - part.2 - chap.17) dit que lorsque l'on voit quelqu'un d'autre dans une situation difficile, on devrait automatiquement être extrêmement reconnaissant à Hachem de nous avoir sauvé de la même situation.
La collecte de l'homme pauvre et désespéré est un rappel opportun pour nous d'apprécier la multitude et l'ampleur des bontés d'Hachem à notre égard.

-> Si le pauvre est quelqu'un qui est revenu plusieurs fois pour demander de l'aide, le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hesed - part.2 - chap.22) conseille d'annuler les sentiments négatifs de ressentiment qui surgissent naturellement en se rappelant que nous faisons la même chose à Hachem.
D'innombrables fois, nous demandons de l'aide à Hachem dans les mêmes domaines et Il continue à nous gratifier de Ses bénédictions. Nous devrions aspirer à faire la même chose pour Ses enfants.

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-> Rabbénou Yona (Iguéret HaTéchouva 16) donne des indications sur la manière de saluer quelqu'un qui vient nous demander de l'argent (pour lui ou d'autres personnes dans le besoin) :
"Vous devez parler au cœur du pauvre de manière à lui remonter le moral et à le consoler de sa situation et de son découragement. Comme nous l'enseignent nos Sages, une personne qui donne un prouta à un pauvre reçoit 6 bénédictions, mais si elle le réconforte par des paroles, elle reçoit 11 bénédictions.
Comme l'écrit le verset : "Tu donneras ton âme à celui qui a faim" (Yéchayahou 58,10), ce qui fait référence au fait de le rassurer par des paroles et de lui montrer votre bonne volonté et votre désir de l'aider.
Réalisez que la récompense de cette action dépasse de loin celle des actions de tsédaka et que les bénédictions sont plus nombreuses et importantes."

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-> "Si vous offrez à votre ami tous les meilleurs cadeaux du monde, mais que vous le faites avec une expression aigre sur votre visage, la Torah considère que vous ne lui avez rien donné.
Mais si vous accueillez votre ami avec une attitude joyeuse, même si vous ne lui avez rien donné, la Torah considère que vous lui avez donné tous les meilleurs cadeaux du monde."
[Avot déRabbi Nathan 13,4]

-> "Tu lui donneras et ton cœur ne doit pas se sentir mal lorsque tu lui donneras" (Réé 15,10).

Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed - part.2 - chap.17) explique qu'il arrive souvent qu'une personne ne veuille pas donner de l'argent, mais qu'elle le fasse quand même pour une raison ou une autre. Dans de telles circonstances, elle donne l'argent à contrecœur, le cœur lourd.
Ce n'est qu'après avoir donné l'argent qu'elle se console en se disant qu'au moins elle a fait une mitsva et que ce qu'elle a fait n'était pas du gaspillage.
La Torah met en garde contre cela : "Et ton cœur ne doit pas se sentir mal lorsque tu lui donnes". C'est au moment où l'on donne l'argent que l'on doit se réjouir d'avoir le mérite et le privilège d'accomplir la mitsva de 'hesed, et non pas seulement après l'avoir donné.

Le 'Hafets 'Haïm ajoute que nos Sages (Pirké Avot 3,4) nous enseignent : "Donnez-lui [à Hachem] de ce qui lui appartient, car vous et ce qui vous appartient est à Lui".
L'argent que nous possédons nous est prêté par Hachem afin que nous l'utilisions dans le but de donner de la tsédaka à Ses enfants dans le besoin. Ce n'est pas notre propre argent que nous donnons. La seule chose qui nous appartient est le choix de donner la tsédaka comme Hachem le désire.
Par conséquent, lorsque nous donnons de l'argent, nous devons déjà ressentir la joie de la mitsva, et celui qui le fait mérite l'accomplissement de la fin de ce verset : "car en faisant cela, Hachem, ton D., bénira toutes tes actions".
Quelqu'un qui donne de l'argent aux pauvres et se console ensuite en se disant qu'au moins il a fait une mitsva recevra quand même une récompense, mais le 'Hafets 'Haïm écrit qu'il minimise considérablement sa mitsva.

La charité sauve l’homme

+ La charité sauve l'homme

-> La guémara (Baba Batra 10a) dit qu'à Roch Hachana, Hachem détermine "mézonotav chel adamé, ce qu'un homme va gagner, ainsi que " 'hesronotav", ce qu'il va perdre. Si l'on a du mérite, l'argent qu'on est destiné à perdre ira aux causes charitables ; sinon, l'argent ira à des personnes qui ne méritent pas de le recevoir.
La somme d'argent qu'on est destiné à perdre est donc déjà décrétée au début de l'année, mais chacun peut décider la façon dont il s'en séparera.

-> Cette guémara le prouve grâce à une histoire : Rabbi Yo'hanan ben Zakaï vit en rêve que ses neveux allaient perdre au cours de l'année à venir 700 dinars, une somme d'argent très importante.
Rabbi Yo'hanan leur conseilla de donner des sommes conséquentes à la charité. Ils suivirent ses recommandations et donnèrent 683 dinars au total.

La veille de Yom Kippour, des employés du gouvernement vinrent recouvrer 17 dinars d'impôt auprès des neveux de Rabbi Yo'hanan. Ceux-ci eurent très peur que le gouvernement leur demande ensuite davantage.
Rabbi Yo'hanan les rassura qu'ils n'avaient rien à craindre. Il leur raconta son rêve et leur expliqua qu'en donnant 683 dinars à la charité, ils avaient réduit le décret à 17 dinars, et qu'ils ne devraient pas payer davantage.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed, Vol.2, chap.13) demande pourquoi faut-il deux décrets différents: combien gagner et combien perdre. Pourquoi Hachem ne décrète-t-Il pas simplement combien un homme va gagner au total (dans l'année à venir)?
Au lieu de décréter, par exemple, qu'il va gagner 100 000 euros et perdre 20 000 euros, pourquoi ne décrète-t-Il pas qu'il va gagner 80 000 euros?

Il répond que quand l'homme mérite une punition pour ses fautes, Hachem émet deux décrets séparés pour son bien, pour qu'il puisse obtenir l'expiation sans connaître de graves malheurs.
Par ces deux décrets séparés, l'homme peut "racheter" sa punition par des pertes d'argent. S'il gagnait simplement moins d'argent, la réduction ne compterait pas comme un "rachat" parce qu'il ne ressentirait pas la peine qu'il éprouverait s'il perdait cette somme.
En décrétant que l'homme gagne une certaine somme puis en lui faisant perdre une partie, Hachem lui cause un dommage qui sert de punition pour ses fautes, à la place d'une chose plus grave.

Le 'Hafets 'Haïm ajoute que, comme le dit la guémara, non seulement la perte d'argent le protège d'une punition plus grave, mais un don à la charité a le même effet.
La charité a donc un double bénéfice : elle réduit la quantité d'argent qu'on est destiné à perdre et deuxièmement, c'est une mitsva pour laquelle nous sommes largement récompensés.
Adopter cette idée rend la mitsva de donner la charité facile et agréable.

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-> La guémara (Shabbat 156b) rapporte que l'Amora Chmouel eut un jour une conversation avec un astrologue non-juif appelé Avlet.
Tôt le matin, ils virent une équipe de travailleurs se diriger vers la forêt pour couper du bois. Avlet montra l'un d'eux du doigt et dit à Chmouel que cet homme n'allait pas revenir vivant. Cet astrologue était capable de prédire que l'homme allait mourir ce jour-là.

Chmouel répliqua que si l'homme était juif, il reviendrait vivant.
Effectivement, à la fin de la journée, Chemouel et Avlet virent le groupe entier revenir des bois, y compris l'homme dont l'astrologue avait prédit la mort. Avlet était déconcerté. Ses prédictions s'étaient toujours avérées justes.

Ils allèrent demander à cet homme de leur raconter ses expériences de la journée. Alors qu'Avlet ôtait le faisceau de branches du dos du bûcheron, il fut stupéfait de trouver un serpent coupé en deux. Un serpent était apparemment couché dans les branches et quand le bûcheron les avait coupées, il avait tué le serpent.

Avlet avait raison : cet homme était bien destiné à mourir, mais un miracle lui avait sauvé la vie.
Chmouel lui demanda s'il avait fait quelque chose de spécial ce jour-là.
L'ouvrier répondit que chaque jour, avant de partir au travail, chaque membre du groupe apportait quelque chose pour le déjeuner et ils mettaient leur pain en commun. Ce jour-là, l'un des membres du groupe n'avait pas apporté à manger.

"Je ne voulais pas qu'il ait honte, dit-il, alors je me suis porté volontaire pour recueillir le pain de chacun. Nous nous sommes mis d'accord et, quand je suis passé devant lui, il a fait semblant de mettre quelque chose dans le sac. J'ai rétabli la différence en donnant davantage de ma propre nourriture."

"Tu as fait un acte de vraie charité!" s'exclama Chmouel.
Il enseigna plus tard que lorsque le verset dit : "La charité sauve de la mort", il veut dire non seulement que l'homme charitable est épargné d'une mort violente, mais il peut même échapper à la mort.

-> Nous pouvons remarquer qu'après avoir entendu la prédiction d'Avlet, Chmouel n'a pas couru prévenir le bûcheron qu'il était en danger. Cela ne pouvait pas le sauver s'il était destiné à mourir.
Chmouel ne lui a pas non plus conseillé de donner la charité, parce que bien que la charité soit une grande mitsva même si on la fait pour des motifs ultérieurs, dans l'espoir de recevoir une récompense, cette sorte de tsédaka pourrait ne pas donner suffisamment de mérite pour sauver la vie d'un homme destiné à mourir.
Chmouel a plutôt eu confiance qu'Hachem, dans Sa bonté infinie, allait donner au bûcheron le mérite dont il avait besoin pour annuler le décret.

Le verset dit : "Digne de louanges est celui qui agit sagement envers le pauvre ; D. le sauvera au jour du malheur" (achré maskil el dal béyom raa yémaltéhou Hachem - Téhilim 41,2).
Le Alchikh haKadoch explique qu'il y a certains "jours du malheur", c'est-à-dire un moment où un décret sévère est émis contre un homme, et à ces occasions, il peut être sauvé en aidant les pauvres.
Comme nous ne savons jamais quel jour nous sommes visés par un décret sévère, il est prudent de saisir chaque occasion qui se présente pour accomplir des mitsvot, en particulier, aider les pauvres avec sagesse en comprenant leurs besoins, comme l'a fait le bûcheron.
Nous devons nous rendre compte qu'Hachem nous envoie constamment ce genre d'occasions. À nous de rester éveillés et d'en tirer profit lorsqu'elles se présentent.

[rav David Sutton]

‘Hessed & importance d’imiter Hachem

+++ 'Hessed & importance d'imiter Hachem :

=> Pourquoi les midot (traits de caractère) constituent-ils une partie aussi fondamentale du juif?
Quelle est la raison profonde pour laquelle le rav 'Haïm de Volozhin exhortait ses enfants à se rappeler constamment qu'un homme n'est né que pour aider les autres ?

+ Un monde de bonté :

-> Dans le Birkat haMazon, nous décrivons Hachem comme "Le Bon, qui a fait le bien, qui fait le bien et qui fera le bien pour nous" (HaTov ... Hou hétiv, Hou métiv, Hou yétiv lanou).
Quelle est la définition du mot "bon" (tov)?

Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 430) explique : "On ne peut vraiment qualifier quelqu'un de bon que s'il fait du bien aux autres".
Hachem fait constamment du bien à toutes ses créations. Il les comble de vie, de santé, d'intelligence, de nourriture et de bien d'autres choses encore. En effet, le verset dit : "le monde a été créé pour la bonté" (olam 'hessed yibané - Téhilim 89,3).
Le désir d'Hachem est de faire du bien à Ses créations, et Il a créé le monde uniquement dans ce but, afin qu'il y ait des personnes pour lesquelles Il puisse faire preuve de bonté.

-> Quelle est la plus grande bonté qu'Hachem puisse faire pour nous?
Le Ram'hal (Déré'h Hachem (pt.1, ch.2) explique qu'Hachem est le summum de la bonté et que, par conséquent, la plus grande chose qu'Il puisse faire est de nous laisser nous attacher à Lui et profiter de cette connexion.
Ailleurs, le Ram'hal (introduction au Messilat Yécharim) écrit : "L'homme a été créé dans le seul but de se délecter d'Hachem et de se délecter de la splendeur de la Présence divine, ce qui constitue la joie ultime et le plus grand de tous les plaisirs de l'existence".

[un juif vit sa vie en s'efforçant de gagner la récompense ultime qui consiste à profiter d'avoir le plus de proximité avec la gloire d'Hachem dans le monde à venir, ce qu'il fait en accomplissant les mitsvot et en apprenant la Torah (qui sont des moyens de nous y attacher). ]

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed - pt.2, ch.2) ajoute une condition effrayante qui doit être remplie pour que l'on puisse recevoir cette récompense :
"Le fait que l'homme mérite ou non de se prélasser de la gloire d'Hachem dans le monde à venir dépend de son attachement à Hachem de toutes ses forces pendant qu'il est encore en vie.
[S'attacher à Hachem] signifie s'attacher à Ses Attributs. Tout au long de sa vie, une personne doit s'efforcer d'acquérir les Attributs Divins, qui consistent à ne faire que du bien et de la bonté.
Elle méritera alors de rester pour l'éternité devant Hachem et d'assouvir le désir de son âme. Cela n'arrivera pas à quelqu'un qui n'a pas vécu sa vie en essayant d'aider les autres. S'il agit à l'encontre des voies d'Hachem, comment pourra-t-il finalement s'attacher à Hachem dans l'autre monde?"

-> La guémara (Roch Hachana 17b) rapporte qu'Hachem a enseigné à Moché Rabbénou que si le peuple juif commet une faute, il doit dire les 13 Attributs Divins de Miséricorde, et Hachem lui pardonnera. Hachem a même fait une alliance pour qu'ils soient toujours exaucés de leur demande.
Pourtant, les commentaires notent que beaucoup ont essayé mais ne semblent pas avoir réussi.
Le Eitz Yossef, commentant la guémara, cite le Alchikh haKadoch et répond que la guémara ne dit pas que nous devrions dire les 13 Attributs, mais plutôt : "Ils feront devant Moi les 13 Attributs" (yéassou léfanaï kesseder hazé) = seule une personne qui met en œuvre concrètement ces traits de bonté et de miséricorde en elle-même (à l'image d'Hachem) a la garantie qu'Hachem répondra à ses prières lorsqu'elle sera elle-même dans le besoin.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed - pt.2, ch.7) ajoute que quelqu'un qui nie la nécessité de faire du 'hessed est sévèrement étiqueté par nos Sages comme un hérétique qui nie les fondements du judaïsme.
La raison en est que : "Hachem est la source de tout bien et de toute bonté et Il a créé l'ensemble de la création dans le but que Ses créations acquièrent des mérites afin qu'à la fin, Hachem soit en mesure de leur donner Sa bonté et tous Ses bienfaits.
C'est dans ce but que la Torah et toutes ses mitsvot nous ont été données ... Par conséquent, si une personne nie le concept de 'hessed et se dit : "Qu'est-ce que le 'hessed a à voir avec moi?", elle est considérée comme si elle avait nié Hachem".

-> Une personne qui a passé sa vie à apprendre la Torah et à faire des mitzvos recevra certainement une récompense ; cependant, elle ne pourra pas jouir du plaisir exquis de s'attacher à Hachem si elle ne s'est pas transformée pour devenir un donneur comme Hachem.
[Il y a un nombre infini de niveaux à cela et plus on devient généreux, plus on est capable de s'attacher à Hachem. ]
Le but ultime de Sa création ne sera pas atteint et le désir d'Hachem de nous procurer un bonheur infini sera frustré.

L'insistance de la Torah sur l'importance des midot et du ben adam la'havéro (comportement avec son prochain) découle du but ultime du monde : le désir d'Hachem d'accomplir la bonté pour Ses créations.
Le Rav Chaim de Volozhin exhortait constamment ses élèves à aider les autres au mieux de leurs capacités.
Il leur disait : "Imitez Hachem! Faites de vous quelqu'un qui agit à l'image de D. et vous mériterez ainsi la félicité et le bonheur éternels de vous prélasser de Présence Divine d'Hachem dans le monde à venir."

Le Rachba (Responsa 1:149) explique la bénédiction de Boré Néfachot, prononcée après certains aliments, comme signifiant qu'Hachem a créé de nombreuses personnes qui manquent du nécessaire pour vivre (boré néfachot rabot vé'hesronot). Comment cela peut-il être considéré comme un éloge d'Hachem? Ne serait-il pas préférable de nous avoir créés complets?
Une explication est qu'en faisant en sorte que les gens manquent de tout ce dont ils ont besoin, Hachem a intégré dans la composition du monde la nécessité pour les gens de faire du 'hessed les uns avec les autres. Cela permet à chacun de L'imiter en donnant aux autres et d'atteindre ainsi la grandeur spirituelle.

-> Au moment de l'ouverture de la mer Rouge, le peuple juif a chanté le chant (chira) de la mer, et ils y ont proclamé : "Zé Kéli vé'anvéhou" (c'est mon D. et je Le glorifierai).
La guémara (guémara Shabbath 133b) nous enseigne que le mot "anvéhou" est composé de deux mots : ani et véhou (moi et Lui), et signifie : "Tout comme Il est miséricordieux, vous devez être miséricordieux ; tout comme Il est compatissant, vous devez être compatissants" (Ma hou ra'houm, af ata ra'houm, ma Hou 'hanoun, af ata 'hanoun).
=> La méthode dont nous disposons pour glorifier Hachem consiste à imiter Ses voies bienveillantes et à faire de notre mieux pour toujours aider les autres.

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+ Qu'est-ce qu'un Adam?

-> La Torah désigne l'être humain sous le nom d'adam (אדם).
[ Qui est appelé "Adam"? Seul Israël (les juifs) est appelé Adam et non les nations du monde. (guémara Yébamot 61a)]

Le Chla haKadoch écrit que ce mot peut être lu de deux façons, avec des significations opposées.
Si quelqu'un se conduit avec les midot d'Hachem et est donc lié à Lui, il est appelé adam, du mot adamé, qui signifie "j'imiterai". Il est le sommet de la création, ressemblant à Hachem lui-même. C'est l'image de l'homme que l'on trouve sur le Trône de Gloire d'Hachem, et à cet égard, l'homme est même plus grand que les anges.
Les anges ne peuvent faire que ce qu'on leur ordonne de faire, mais l'homme peut choisir de changer et de s'élever pour devenir une image ambulante d'Hachem dans ce monde.

Cependant, si l'homme n'a aucun lien avec Hachem et agit d'une manière contraire à aux bonnes midot d'Hachem, il est appelé adam, du mot adama (la terre). Il a été créé à partir de la terre et c'est là qu'il retournera, et il ne possède aucune grandeur au-delà de la terre d'où il a été tiré.

[le terme Adam ne renvoie qu'aux juifs, car il est l'état le plus élevé de la Création (même supérieur aux anges!), lorsqu'un être humain dépasse sa naturalité animale pour imiter les midot d'Hachem. ]

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - pt.2, ch.10) écrit que les âmes du Gan Eden seraient prêtes à renoncer à toute leur part dans le Monde à venir pour avoir l'opportunité de revenir dans ce monde et d'accomplir des mitsvot.

=> Une telle affirmation est basée sur le plus grand désir que l'on puisse avoir : le désir de la vie elle-même. La vie signifie la capacité d'imiter Hachem en devenant un donateur pour les autres, et cela ne peut se faire que dans ce monde.

-> Le rav Wolbe développe l'idée que la vie nous est donnée pour aider les autres, et la pulsion de vie inhérente est en fait le désir ardent de l'âme d'imiter Hachem et d'utiliser sa vie pour faire tout ce qu'elle peut pour le bien des autres.

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+ Un Ben Olam haBa :

-> La guémara (Taanit 22a) raconte que Rav Béroka 'Hoza'a rencontra Eliyahou haNavi sur la place du marché et lui demanda si quelqu'un sur le marché était un ben Olam HaBa (un membre du monde à Venir).
Eliyahou indiqua deux personnes qui entraient sur le marché et déclara qu'elles remplissaient les conditions requises. Rav Béroka se précipita vers eux pour leur demander ce qu'ils faisaient. Ils répondirent qu'ils étaient des comiques et que lorsqu'ils voyaient quelqu'un se sentir déprimé ou triste, ils lui faisaient une blague et lui remontaient le moral. S'ils voient deux personnes se disputer, ils s'efforcent de faire la paix entre elles.

Cela semble surprenant. Certes, nous pouvons en déduire l'importance qu'Hachem accorde au fait d'aider les autres et de les rendre heureux, car Il les récompense par le monde à Venir (olam haba). Mais étaient-ils les seuls, sur toute la place du marché, à mériter une récompense dans le monde à Venir? Il y avait certainement d'autres personnes qui apprenaient la Torah et accomplissaient des mitsvot, et qui méritaient également le Olam haBa.

Les commentateurs font une observation fascinante sur le langage de la guémara. Rav Béroka a demandé s'il y avait un ben Olam haBa "sur ce marché". Il ne voulait pas dire "qui ici va gagner une récompense dans le monde à venir".
Il demandait plutôt au prophète Eliyahou : "En ce moment même, qui sur le marché est une personne qui vit déjà comme une personne du Olam haBa ?".
Eliyahou a répondu : les deux comiques qui font tout pour remonter le moral des gens tristes. Leur seul intérêt est d'aider les gens qui souffrent, qui est la mida de ceux qui sont déjà dans le Olam haBa.
De même qu'Hachem se consacre exclusivement au bien d'autrui, tous ceux qui se trouvent dans le monde à Venir partagent cette mida. Et la personne qui la pratique dans ce monde a le statut de ben Olam haBa bien avant d'y arriver.

En revanche, nos Sages (Pirké Avot 3,11) disent que quelqu'un qui embarrasse publiquement une autre personne n'a pas de part dans le monde à venir.
Nos Sages du moussar expliquent qu'il ne s'agit pas d'une punition, mais que cela signifie plutôt qu'une telle personne n'a aucun lien avec le Olam haBa.

D'après le principe du 'Hafetz 'Haïm, il s'agit là d'un principe élémentaire. Le Olam haBa (monde à Venir) est l'endroit où l'âme se connecte totalement avec Hachem. Hachem est la source et l'ultime moyen de faire du bien aux autres. Une personne qui se soucie si peu des autres qu'elle est capable d'infliger à une autre personne la douleur insupportable d'une humiliation publique ne peut avoir aucun lien avec la source de toute bonté.

[pour un petit plaisir d'avoir le dernier mort, d'écraser autrui pour me se valoriser, ... on l'humilie (et on se donne bonne conscience : ça va c'est rien! c'est une petite nature!), et alors comme prix à payer on aura des regrets et une souffrance éternelle d'être plus éloigné de papa Hachem, réduisant la qualité de notre monde futur.
D'une certaine façon, un ben Olam haBa est quelqu'un qui a déjà la tête dans le monde à Venir (ex: notre passage dans ce monde est si rapide pour se prendre la tête avec autrui, aidons-nous plutôt!), et ainsi n'aborde pas les choses comme les non-juifs avec l'instinct naturel, mais plutôt avec la hauteur, la noblesse, d'un juif.]

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+ Le lachon ara :

-> Le lachon ara est considéré comme l'une des transgressions les plus graves de la Torah, au point que nos Sages l'assimilent aux 3 péchés capitaux réunis que sont : l'idolâtrie, le meurtre et les relations illicites. [c'est une faute 3 en 1]

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhma ouMoussar - vol.2) en donne l'explication suivante :
"Le fait que les gens parlent de lachon ara et d'autres paroles blessantes similaires est uniquement dû à l'énorme fossé qui existe entre elles et l'autre personne (sur laquelle elle parle). Ce fossé est si grand qu'elles ne ressentent pas [leur prochain] et ne le connaissent même pas. [n'essayant nullement d'être à sa place pour comprendre/expliquer son comportement, ... ]
En vérité, comment est-il possible pour quelqu'un de dire quelque chose de mal à propos d'une autre personne s'il dépensait ne serait-ce qu'une petite quantité de pensée pour cette personne. S'il entendait son cri, lorsqu'il supplie : "Ayez pitié de moi et ne me mettez pas dans l'embarras" ... "

[ainsi lorsqu'une personne dit du mal de quelqu'un d'autre, c'est parce qu'elle ne voit pas ou ne pense pas un seul instant à la personne dont elle parle, et qu'elle peut donc dire ce qu'elle veut sans se rendre compte de la terrible douleur qu'elle inflige.]

-> Il existe une coutume répandue qui consiste à dire les 10 Rappels (zékhirot) que nous devons avoir quotidiennement, après la prière de cha'harit. Il s'agit de : le Shabbath, la sortie d'Egypte, le don de la Torah sur le mont Sinaï, la faute du Veau d'or, l'obligation d'exterminer notre ennemi juré Amalek, ...
Le 8e Rappel consiste à se souvenir comment Myriam a été punie pour avoir parlé du lachon ara à propos de son frère Moché.
Qu'y a-t-il de si fondamental avec toute parole de lachon ara pour qu'il soit compris avec les Rappels les plus importants du judaïsme et qu'il soit prononcé tous les jours?

Le rav Chatzkel Lévenstein en tire la leçon suivante :
"Le principe fondamental de toute chose est d'imiter Hachem, qui est la source de tout bien et de toute bonté. Mais le lachon ara est méchant, l'exact opposé du but recherché qui est de s'attacher à la bonté".
Ce principe est si important qu'il faut s'en souvenir tous les jours.