+ Le silence :
-> Le silence est louable.
[guémara Yérouchalmi - Pessa'him 9,9]
-> L'homme a été créé avec 2 oreilles et une bouche pour enseigner qu'il doit écouter plus qu'il ne parle.
La parole est comme le sel. Lorsqu'elle est utilisée avec parcimonie, elle rehausse la qualité de la vie, mais une trop grande quantité laisse un mauvais goût.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]
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-> Rabbi Shimon ben Gamliel dit : J'ai grandi parmi les Sages, et je n'ai rien trouvé de mieux pour le corps que le silence. [Pirké Avot 1,17]
-> Rabbi Shimon a grandi parmi les Sages de la Michna, et sa position parmi eux était "élevée".
Fils brillant du principal ancien du Sanhédrin, il jouissait d'un statut considérable parmi les Sages et participait activement à leurs discussions sur la Torah. Dès l'enfance, il était perpétuellement en train de parler.
Pourtant, "pour le corps", dans les affaires physiques ou mondaines, il ne trouvait rien de mieux que le silence.
[Ben Ich 'Haï - 'Hasdé Avot ; Birkat Avot]
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-> Quelle est la profession d'une personne dans ce monde? Se rendre muet.
Et pour les paroles de la Torah? Le verset dit : "Dites la justice" (Téhilim 58,2).
[guémara 'Houlin 89a]
-> Pratiquer la profession du silence, mais lorsque cela interfère avec l'accomplissement d'une mitsva, "parler de justice" = s'exprimer pour l'amour de la l'intérêt de la Torah.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]
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-> On dit en Terre d'Israël : Si une parole vaut une [pièce d'un] séla, le silence en vaut deux.
[guémara Méguila 18a]
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-> Le silence est bon pour les sages, certainement pour les insensés.
"Même l'insensé qui se tait est considéré comme sage" (Michlé 17,28) = certainement un sage qui se tait.
[guémara Yérouchalmi - Pessa'him 9,9]
-> Le silence est "certainement" bon pour les fous et "certainement" bon pour les sages.
[Bénayahou]
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[nos moments de silence, peuvent permettre à notre âme de davantage s'exprimer... ]
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-> "Lorsque vous ouvrez la bouche, faites très attention à votre langue. Tout comme vous surveillez l'or, l'argent et les pierres précieuses dans un coffre-fort à double serrure dans votre chambre, vous devez surveiller vos paroles.
Si quelqu'un fait cela, il fera beaucoup pour être capable de prier avec kavana. La raison principale pour laquelle les gens ne peuvent pas avoir de kavana est à cause des mots inutiles qu'ils ont instillés dans leurs cœurs.
Et le silence est également une grande "barrière" à garder dans yirat chamayim parce qu'il est impossible de craindre d'Hachem si l'on a un cœur rempli de mots vides.
Cela est d'autant plus vrai si l'on prononce beaucoup de paroles inutiles avant la prière. Celui qui agit ainsi se fait du tort à lui-même. Lorsqu'il fera la prière, il aura dans la tête beaucoup de pensées frivoles qui l'empêcheront de se concentrer".
[séfer Or'hot Tsadikim - chaar Hachtika ]
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-> Si quelqu'un prive sa bouche de parole en s'abstenant de parler inutilement et en ne prononçant que des paroles saintes, il sera vraiment heureux.
[Noam Elimélé'h - Likouté Shoshana ]
=> le silence créé la joie!
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+ Le bienfait du silence :
-> Le Pélé Yoets (Eré'h Si'ha) écrit :
"Les mots sont intrinsèquement saints parce qu'ils viennent du cœur, qui est le Kodech Hakodachim (saint des saints), et sortent par la bouche, qui est le Heikhal.
Lorsque les premiers hommes priaient, leurs prières traversaient les cieux et s'élevaient de plus en plus haut pour susciter la miséricorde divine. C'est par elles que s'accomplissent les paroles : "Vous direz un décret, et il s'accomplira pour vous" (Iyov 22,28), parce qu'ils faisaient attention aux 22 lettres que l'on prononce avec la bouche, pour s'assurer de ne pas les souiller par des paroles insensées.
Il faut beaucoup de travail pour acquérir le sens du silence. En effet, les gens peuvent parler vite et dire beaucoup sans réfléchir. En fait, une personne peut dire plus de 200 mots en une seule minute. Les mots peuvent sortir de la bouche très facilement.
Si quelqu'un est capable de rester silencieux, il obtient la clé pour acquérir toutes les autres bonnes midot, et il est garanti qu'il sera capable d'étudier et d'accomplir ce qu'il étudie.
Une personne qui a l'habitude de se taire sera en mesure d'avoir une kavana lorsqu'elle fera sa prière. Elle pourra se concentrer sur ses prières et celles-ci parviendront à Hachem.
Elle sera également humble et craindra Hachem, car elle sera capable de sentir Sa présence.
Elle reconnaîtra qu'Hachem est proche d'elle, et par conséquent, elle restera silencieuse afin de ne rien dire qui puisse Le mettre en colère.
Il est dit : "Le silence est un moyen d'acquérir la sagesse" (Pirké Avot 3,13). Et c'est ainsi que l'on acquiert la perfection."
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-> Le rav Pin'has de Koretz explique que lorsqu'une personne veut dire quelque chose, mais qu'elle se retient (restant silencieuse) parce qu'elle sait que c'est interdit, elle a accompli une grande chose. Elle a servi Hachem "en secret", car personne ne sait ce qu'elle a fait en dehors d'elle-même et d'Hachem.
Par conséquent, aucun ange nuisible (accusateur) ne peut essayer de parler contre lui et de minimiser son action, car ils n'en sont pas conscients (mesure pour mesure).
Le rabbi de Kotzk dit que cela s'appelle "matan besseter" (donner à Hachem en secret), et cela adoucit notre jugement, comme le dit le verset dans Michlé : "Matan besseter couvre Sa colère".
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+ La récompense du silence :
-> Le 'Hida (séfer Dévach léFi) écrit que si quelqu'un a la mida du silence, ses "pécha” (fautes) se transforment en "chéfa" (une abondance de bonté).
Il utilise cette idée pour expliquer le verset : "Dans une multitude de mots, la transgression ne sera pas évitée" (Michlé 10,19).
Le 'Hida explique que lorsqu'une personne prononce une multitude de mots, la transgression ne peut être évitée. Mais lorsqu'une personne ne parle pas beaucoup, elle peut éviter la faute.
Une telle personne a obtenu la mida du silence et mérite une chéfa d'aide divine pour rester à l'écart des paroles pécheresses.
-> Dans le même ordre d'idées, il est dit au nom du 'Hozé de Lublin que le silence est une ségoula pour la richesse et la chéfa.
Il dit qu'une allusion à cela se trouve dans les mots de la guémara (Ména'hot 86a) : "Achirim mékamtzim (les riches sont avares)".
Il demande comment cette affirmation peut être faite alors que nous voyons beaucoup d'hommes riches qui sont très généreux. Le 'Hozé de Lublin répond que la guémara parle de personnes qui sont avares de leurs paroles. C'est parce qu'ils ne parlent pas beaucoup qu'ils deviennent riches (car chéfa!).
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-> Si l'on surveille ses paroles, ses prières sont acceptées :
Le séfer Réchit 'Hokhma (chaar Hakédoucha) traite des avantages qu'il y a à faire attention à ses paroles.
Il explique la grandeur des générations précédentes, dont les prières étaient acceptés immédiatement parce qu'elles veillaient à ne pas abuser de leur pouvoir de parole en prononçant des mots insensés ou interdits. [en sachant être silencieuse quand il fallait]
Comme ils gardaient leur bouche pure, leurs prières ont pu traverser les Cieux et s'élever de plus en plus haut afin de susciter la miséricorde divine d'Hachem.
-> Surveiller ses paroles est une ségoula efficace :
Le rav Pin'has de Koritz dit que les personnes qui ont besoin du salut et de la miséricorde divine cherchent partout des ségoulot, mais la meilleure ségoula est de s'abstenir de prononcer des paroles inutiles pendant 3 ou 4 jours. Si quelqu'un fait cela, ses prières seront acceptées immédiatement et il recevra le salut dont il a besoin.
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+ Le silence protège :
-> Le Chla Hakadoch (chaar ha'Otiyot - ot taf) écrit que le silence est un attribut merveilleux qui inclut toutes les autres bonnes qualités.
Il explique que le silence se fait avec la bouche et le cœur. On se tait évidemment avec la bouche, ce qui évite de commettre de nombreuses interdictions de la Torah, telles que le lachon ara, l'insulte, la dispute, le mensonge, ...
Lorsque l'on se tait avec sa bouche, cela affecte positivement son cœur et fait de nous une personne humble, ce qui nous permet d'atteindre de grands sommets.