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Soutenir ceux qui étudient la Torah

+ Soutenir ceux qui étudient la Torah :

-> Le nom בצלאל (Bétsalel) peut être lu : "bétsel El" (littéralement "dans l'ombre d'Hachem"). Cela fait référence aux personnes qui soutiennent ceux qui étudient la Torah (ex: contrat Yissa'har et Zévouloun), [car celles qui les soutiennent sont dans leur "ombre", étant secondaires par rapport à ceux qui étudient réellement la Torah].
Nos Sages (Pessa'him 53b) expliquent qu'à l'avenir, Hachem fournira une ombre et un dais à ceux qui soutiennent la Torah ainsi qu'à ceux qui l'étudient, comme le dit le verset : "S'asseoir à l'ombre de la sagesse, c'est s'asseoir à l'ombre de l'argent" (Kohélet 7,12).
Les commentateurs expliquent que dans le monde à Venir, même ceux qui se sont contentés de soutenir la Torah dans ce monde s'assiéront et l'étudieront ; ils recevront la compréhension nécessaire pour ne pas souffrir d'embarras, assis là sans rien à dire, tandis que les érudits de la Torah sont engagés dans leurs discussions (voir Tsédaka lé'Haïm - maaré'het 40, ot 357).

... Hachem élèvera [ceux qui soutiennent la Torah] dans le monde à Venir et leur fera une ombre et un dais aux côtés de ceux qui étudient la Torah.
Ces personnes se prélasseront dans la lumière de la présence divine.
Ces personnes seront libérées de l'emprise de l'Ange de la mort et du châtiment dans le Guéhinam.0
... Même si ces personnes n'ont jamais beaucoup étudié la Torah dans ce monde, dans celui à Venir, Hachem les comblera de sagesse, de compréhension et de connaissance dans tous les domaines de la Torah, afin de leur épargner toute gêne en présence des érudits de la Torah.
A propos de ces personnes, le verset dit : "Voici, Hachem viendra ... Sa récompense est avec Lui et Son salaire est devant Lui" (Yéchayahou 40,10).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayakel 35,30-35]

Il est dit dans le Zohar (Volume II, 44a), ainsi que dans les écrits de l'Arizal (Shaar HaKavannot 12c), que les 4 mondes (atsilout, briya, yétsira, assiya) s'unissent pendant la prière et, par conséquent, chaque monde contient dix sefirot complètes.
[Les trois sefirot les plus élevées de chaque monde s'élèvent vers le monde supérieur.]
selon le Zohar ... il y a une rectification de tous les mondes qui a lieu pendant la prière ...
Cette rectification dépend de nous, de la pureté de notre corps et de nos pensées pendant la prière.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Térouma 26,1]

On ne peut pas devenir riche avec de l’argent sale

+ On ne peut pas devenir riche avec de l’argent sale :

-> Le 'Hida pose une question que beaucoup de gens se posent.
Nos Sages parlent en bien de quelqu’un qui donne la tsédaka et disent qu’il reçoit une grande récompense. Cependant, le fait demeure que nous voyons beaucoup de gens qui donnent beaucoup de leur argent à la tsédaka mais ne méritent pas ces bénédictions. Parfois, ils vivent une tragédie ou perdent tout leur argent. Qu’est-il arrivé à leur récompense?

Le 'Hida dit qu’une réponse à cette question est que ces hommes étaient destinés à mourir, et que leur vie a été sauvée grâce au mérite de leur tsédaka.
Comme un pauvre est considéré comme mort, grâce au mérite de leur tsedakah, Hachem leur a permis d’accomplir leur sentence de mort dans la pauvreté.

Une autre réponse est que l’on ne peut voir la bénédiction dans son argent que si toute sa fortune est obtenue honnêtement et de manière juste. Si une partie de sa richesse a été obtenue par ruse ou vol, Hachem ne veut pas de sa tsédaka et elle ne sera pas une source de bénédiction. Au contraire, elle mènera à la pauvreté.

Dans le monde de Kéter (la séfira qui couronne toutes les autres) se trouve également la yé'hida, la racine insondable de l'âme juive où nous sommes fusionnés dans un lien avec notre Créateur. C'est pourquoi le Noam Elimélé'h (paracha Dévarim) a encore un autre nom pour le monde du Kéter, du goral et et la ratson : kol Yisrael (tout Israël).

Dans les mots du Noam Elimélé'h (Dévarim) :
"Il existe un monde appelé "kol Israël", et ce monde est parfait, sans aucun défaut, car la collectivité d'Israël est juste, comme il est dit : "Ton peuple [dans son ensemble] est composé uniquement de tsadikim" (Yéchayahou 60,21).
Même si certains individus fautent parfois, la collectivité (communauté juive) conserve toujours sa sainteté."

Dans "kol Israël, il n'y a pas de juifs meilleurs ou pires. Là, nous fusionnons en tant que collectif, nos actions étant sans importance face à notre essence divine.
Parce que nous sommes enracinés en Lui et que nous sommes essentiellement bons, Hachem nous purifie de nos fautes à Yom Kippour et nous sauve à Pourim.
[rav Moché Wolfson]

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-> Quand Esther réalisa la gravité du danger, elle pressa Mordé'haï de : "rassemble tous les juifs!" (kénos ét kol aYéhoudim - Esther 4,16). Elle comprit que les juifs étaient trop fauteurs pour être sauvés par leurs mérites.
Cependant, s'ils se rassemblaient, le olam de kol Israël serait révélé. Là, ils seraient jugés selon leur essence, et non selon leurs actions, et seraient sauvés.

La guématria de כְּנוֹס אֶת-כָּל-הַיְּהוּדִים (rassemble tous les juifs) est la même que : הפיל פור הוא הגורל (il tira au sort, c'est-à-dire à la loterie) soit : 667.
Lorsque le peuple juif est uni, il est jugé par le "sort" divin, un système qui transcende le mérite.

Haman comprit cela. Il savait que pour nuire aux juifs, il devait mettre en évidence leur fragmentation. Il les accusa donc d'être "méfouzar ouméforad" (dispersés et séparés - Esther 3,8).

A partir de là, nous pouvons voir la clé de Pourim et de Yom Kippour (qui est kéPourim) : l'unité. Avant Yom Kippour, nous veillons à résoudre les ressentiments ; à Pourim, nous partageons des michloa'h manos, répandant un esprit d'unité.
Ce n'est que par l'unité avec tous les juifs que nous pouvons entrer dans Yom Kippour et Pourim, les jours de Kéter et kol Israël.
[rav Moché Wolfson]

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-> b'h, au sujet de cette notion de "kol Israël", voir également : https://todahm.com/2023/12/07/avraham-a-cree-une-realite-dunion-de-tous-les-juifs

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-> L'entité d'Israël est intègre (sans le moindre défaut), comme il est dit : "Ton peuple n'est composé que de tsadikim" (Yéchayahou 60,21).
Ainsi, bien que des individus commettent des fautes, l'entité [d'Israël] conserve toujours sa sainteté et il n'y a nul adversaire et nul malheur au sein d'eux, à D. ne plaise.
Leur empreinte est gravée à jamais en haut [devant D.] et les forces du mal n'ont aucune emprise sur eux.
Et l'individu devient partie intégrante de la collectivité.
[Noam Elimélé'h - Dévarim]

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.11) dit également que l'unité d'Israël lui confère toujours une sainteté sans le moindre défaut.

-> La Pessikta rapporte que lorsqu'il y a de l'union parmi les juifs, alors [aux yeux d'Hachem : ] "Tu es toute belle, ma bien-aimée, et tu es sans défaut" (Chir haChirim 4,7).

-> Le Rambam (dans son Epitre aux Yéménites - Iguéret Teiman) écrit :
"Hachem nous renforce en nous signifiant qu'il Lui est impossible de nous rejeter en tant qu'entité collective, et ce même si nous venons à l'irriter et à transgresser Ses mitsvot."
[même si nous sommes mauvais individuellement, l'union du peuple juif gomme tous nos défauts!]

Les mitsvot = le plaisir de passer d’une réalité matérielle à spirituelle

+ Les mitsvot = le plaisir de passer d'une réalité matérielle à spirituelle :

-> Le plaisir que nous procure ce monde physique ne provient pas de la matérialité elle-même, mais de l'étincelle de spiritualité qui l'habite.
Alors que les gens ont tendance à avoir l'impression que la matérialité est agréable, c'est le contraire qui est vrai. La matérialité interfère avec le plaisir. Moins il y a de matérialité, plus il y a de plaisir.
Si c'est le cas, la façon d'obtenir plus de plaisir de tout ce qui est physique/matériel est d'élever la matérialité et de la transformer en quelque chose de spirituel.
Lorsque l'on fait cela, la matérialité n'interfère pas avec le plaisir, mais devient plutôt un canal pour celui-ci. Tel est le secret du plaisir.
Hachem est le plaisir [ultime], et plus Il est présent, plus l'expérience sera agréable.

Comment transformer la matérialité en spiritualité?
La Torah est le livre d'instructions pour transformer ce monde physique en quelque chose de spirituel.

En se rapportant au monde matériel conformément aux instructions de la Torah, nous rendons le monde matériel spirituel.
Faire des bénédictions sur la nourriture, par exemple, transforme la nourriture d'un objet physique en un récipient de spiritualité et augmente par conséquent le plaisir que l'on éprouve à la manger.
Manger de la nourriture le Shabbat, ou conformément aux halakhot de casherout, élève la nourriture physique, la transformant en un objet de spiritualité et de plaisir.
Les mitsvot sont les moyens d'accroître le plaisir dans ce monde, et une vie de Torah est incroyablement agréable.

Que se passe-t-il si l'on n'éprouve pas de plaisir à accomplir les mitsvot? Comment expliquer cela?
Si l'on n'éprouve pas de plaisir à réaliser les mitsvot, la raison en est que notre propre réalité physique, notre corps, s'y oppose.

Il y a deux façons d'aborder la avodat Hachem : l'une est que la Torah est ce que nous gardons. L'autre est que la Torah est ce que nous sommes.

Lorsque la Torah est ce que nous gardons, nous la suivons parce qu'elle est importante pour nous, mais il s'agit essentiellement de règles, une succession d'obligations.
C'est un système extérieur à nous-mêmes autour duquel nous construisons notre vie.

Cependant, il existe une autre façon d'aborder la Torah, qui considère que la Torah n'est pas une question de règles, mais qu'elle permet d'établir un lien avec Hachem.
À ce niveau, la Torah n'est pas ce que nous faisons ou ce autour de quoi nous construisons notre vie, c'est ce que nous sommes.
Dans cette approche, la Torah est la vie elle-même, et non pas simplement une valeur dans notre vie.
Enfreindre la halakha, c'est nous enfreindre nous-mêmes, puisqu'elle est l'essence même de notre être. Et observer la Torah, c'est vivre vraiment la vie, puisque notre vie même est Torah.

La véritable avodat Hachem ne consiste pas à "garder" (observer) la Torah. Il s'agit d' "être" la Torah.
En fait, c'était exactement la mida de Moché Rabbénou. La Torah dit que Moché était un "anav mikol adam" (le plus humble des hommes - Béaaloté'ha 12,3).
C'est précisément parce qu'il n'était pas rempli de lui-même qu'il pouvait devenir saturé de Torah (de spiritualité).
Moché dit à Hachem : "Mi ano'hi" (qui suis-je?) et Hachem répond : "Eyé im'ha" (Je serai avec toi).
C'est précisément parce que Moché a dit " mi ano'hi " qu'Hachem a pu " être avec " lui.
Moché était le paradigme du serviteur d'Hachem, car il n'y avait rien d'autre pour lui que la Torah.
La véritable avodat Hachem ne consiste pas à "garder" la Torah, mais à "être" la Torah elle-même.

Pour ressentir le plaisir des mitsvot, nous ne pouvons pas nous contenter d'observer la Torah, notre corps nous en empêcherait. Si nous voulons ressentir le plaisir de la Torah, nous devons devenir la Torah, c'est-à-dire permettre à la Torah de nous changer et de nous modeler.
Plus nous devenons ce qu'est la Torah, plus nous ressentirons le plaisir des mitsvot que nous accomplissons.
Mais si la Torah reste seulement ce que nous faisons, et que ce que nous sommes reste essentiellement le même, nous n'éprouverons que peu de plaisir, car notre corps nous en empêchera.
Plus nous changeons en observant les mitsvot, plus les mitsvot nous procurent du plaisir.

Hachem est la source de tout plaisir. Si nous nous saturons de Torah (et de ses mitsvot), nous nous saturons de Son essence, et nous aurons du plaisir même si nous souffrons.
La vie est plus agréable lorsque notre vie est Hachem.

Dans ces conditions, les périodes difficiles de notre vie sont en fait celles qui offrent le plus de possibilités de plaisir. Puisque le plaisir vient du fait de modeler notre corps à la Torah, plus l'effort pour garder la Torah (et ses mitsvot) est grand, plus la Torah nous change, et plus nous éprouvons de plaisir.
[ Hachem nous a donnés des mitsvot par le biais desquelles nous façonnons une nouvelle réalité de nous-même plus spirituelle, les mitsvot nous permettent de faire ce lien entre le matériel et le spirituel, et d'ainsi se connecter le plus possible avec Hachem, ce qui provoque la plus grande joie possible. ]

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Chémot 5702 (1942) ]

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-> Par essence, tous les plaisirs de ce monde proviennent d'Hachem Lui-même, et par conséquent, s'engager dans le plaisir physique (de ce monde) à travers la ligne directrice de la Torah fournit le plus grand accès au plaisir et les plus hauts niveaux de plaisir dans ce monde.
[ rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Shavouot 5685]

-> "Il est impossible d'obtenir le plaisir des plaisirs supérieurs (noam el'yon) sans monter de niveau (chéyél'hou mé'hayil el 'hayil) ... parce que le plaisir principal est de révéler la sainteté, et toute personne qui court après le plaisir et le désir dans ce monde est seulement [due au fait que] son âme n'a pas ressenti le plaisir de révéler la sainteté et qu'il (le plaisir) est vide".
[ rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Shouva 5690]

-> L'idée est que l'observance idéale de la Torah ne consiste pas simplement à respecter les mitsvot (Hachem n'ayant besoin de rien!), mais plutôt à devenir après chaque mitsva une personne davantage élevée spirituellement.

"Vous serez pour Moi un royaume de prêtres (cohanim) et une nation sainte" (Yitro 19,6).
Le rabbi de Piaseczno fait référence au midrach (voir Tana déBé Eliyahou Zouta - chap.4), qui souligne que la directive d'Hachem "tiyou li" (litt. soyez pour moi) ne concerne pas l'action mais l'essence, dans le sens où la Torah n'est pas destinée à être un simple code de conduite, mais plutôt elle permet de développer une personne.

[Hachem nous a créé avec des ressources à notre naissance, mais durant toute notre vie, par le biais d'une vie selon la Torah, on devient un être totalement différent, on va tendre davantage vers la spiritualité (nous n'aurons pleinement conscience de ce que nous sommes devenus par une vie juive, qu'après notre mort, où le matériel ne limitera plus notre perception du spirituel). ]

L’humilité face à l’infinité de la Torah

+ L'humilité face à l'infinité de la Torah :

-> Le juste qui sert D. doit savoir que chaque fois qu'il saisit un concept Divin, il existe un concept plus élevé et plus raffiné qu'il ne comprend pas encore.
De plus, même le concept qu'il comprend n'est pas entièrement compris par lui. Il doit se rendre compte qu'il lui manque encore quelque chose, quelque chose qu'il n'a pas encore compris.
Lorsqu'il atteint enfin cette compréhension, il se rend compte qu'il doit encore approfondir sa compréhension. Ce processus est sans fin.
Ce qu'il comprend n'est pas encore complet, et il reste un niveau supérieur à atteindre qui lui échappe encore. Il doit savoir qu'il n'a jamais atteint la perfection, comme l'affirme Eliyahou haNavi dans le Tikouné Zohar (89) : "Il n'y a personne qui Te connaisse du tout."
C'est la façon idéale de servir Hachem, en étant toujours conscient que l'on n'a pas encore atteint la perfection, et en désirant ardemment atteindre un niveau plus élevé.

J'ai entendu une idée similaire exprimée par rabbi Yé'hiel Michel de Zlotchov. Il a expliqué le verset suivant "Une chose que je demande à D., c'est que je recherche ... l'agrément de D." (Téhilim 27,4), comme suit : "Je demande continuellement de pouvoir réaliser qu'il y a toujours un niveau supérieur, plus élevé que le précédent, et de rechercher continuellement l'agrément d'Hachem, c'est-à-dire d'atteindre le niveau supérieur suivant. Lorsque je l'aurai atteint, je demanderai encore, car il n'y a pas de fin."

C'est ainsi que les justes progressent constamment dans leur service divin.
Ils se voient toujours comme n'étant pas tout à fait entiers. À chaque instant, les justes sont pleinement conscients de leurs déficiences, du niveau qui les dépasse, qui est hors de leur portée. Ils sont convaincus qu'avec l'aide de D., ils parviendront à connaître le chemin supérieur de la vie et à percevoir ce qui leur manque actuellement.

De même, on peut expliquer la déclaration du roi David : "Ouvrez-moi les portes de la justice, j'y entrerai et je rendrai grâce à Hachem. C'est la porte de D., les justes y entreront" (Téhilim 118,19-20).
Le roi David demande à D. que les "portes de la justice" (chaaré tsédek) lui soient ouvertes, qu'il soit toujours conscient de ce qui se trouve au-delà de son niveau actuel. Il demande à D. de passer par les portes de la justice pour atteindre cette perception, et que lorsqu'il atteindra cette perception supérieure, il saurait ce qui lui manque encore et le demanderait également à D.

À ce propos, le roi David a dit : "Voici la porte de D. ; les justes y entreront" (zé achahar l'Hachem tsadikim yavoou vo). Car la prise de conscience que l'on n'a pas tout compris, que l'on ne sert jamais Hachem de manière parfaite, et que des concepts plus élevés que celui que l'on comprend actuellement subsistent à l'infini, c'est la porte de D. pour les justes. C'est le chemin des vrais justes, qui reconnaissent toujours que leur service et leur compréhension actuels de Dieu doivent être dépassés.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 3,12]

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-> Plus une personne se sanctifie et se purifie, servant Hachem de manière intensive, plus elle se rend compte qu'elle n'a pas encore commencé à Le servir.
Si une personne pense qu'elle sert Hachem comme il le faut, cela indique qu'elle ne Le sert pas du tout.
Si elle le servait correctement, elle se rendrait compte qu'elle est éloignée de D.

C'est ce que signifie le verset "Ma sainteté est plus élevée que votre sainteté" (midrach Vayikra rabba 24,9 - sur Kédochim 19,2) = "Car en vous sanctifiant et en vous rendant saint, vous réalisez que Ma sainteté est encore plus élevée."
En effet, plus une personne se sanctifie, plus elle est consciente de la distance qui la sépare de D., et plus elle réalise qu'elle n'a pas encore commencé à se sanctifier et à Le servir.
[la sainteté d'Hachem (à nos yeux), et fonction de notre sainteté.
De même, plus une personne étudie la Torah, plus elle se rend compte de l'étendu du savoir et donc plus elle a conscience de ne rien savoir. ]

Cela peut également s'expliquer par la déclaration de nos Sages : "Le peuple juif augmente le pouvoir de la suite céleste" (midrach Eika rabba 1,33)
Plus le peuple juif se sanctifie, plus il ajoute de puissance et de sainteté.
C'est ce que signifie la déclaration du midrach citée plus haut, qui peut être lue littéralement comme suit : "Ma sainteté est plus élevée 'grâce' à votre sainteté" = "En vous sanctifiant, Ma sainteté s'élève et s'élève toujours plus haut".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 6,3]

Elokaï néchama … téhora hi

+ "Elokaï néchama ... téhora hi (elle est pure)"

-> L'âme est une forme de pure spiritualité. Elle est née sous le Trône de Gloire d'Hachem et est totalement bonne. Elle aspire à ne faire que la volonté d'Hachem, mais elle est amenée dans ce monde où elle entame une bataille de toute une vie avec le corps physique et animal qui ne recherche que la luxure et la matérialité.
Même la personne la plus racha peut encore dire dans ses bénédictions du matin : "Mon âme est pure" (téhora hi) ; c'est juste qu'elle est en train de perdre sa bataille contre son côté animal.

Cette belle pensée peut nous inciter à ne jamais perdre espoir. Aussi bas que nous soyons descendus, nous pouvons toujours faire téchouva et remonter, car notre âme n'a pas changé d'un iota.
Elle est toujours aussi pure et ne désire que la pureté et la bonté qu'elle a connues lorsqu'elle était à côté du Trône d'Hachem.

"La Torah c’est Le flux céleste qu’Hachem nous donne de Lui-même : de Son honneur et de Sa Splendeur, pour Ses créatures.
Ce flux est à l’image de Son authenticité et de Sa grandeur et Hachem a attaché ce flux dans la Torah."
[Ram'hal - Dérekh Hachem 4,2]

+ Les juifs en Egypte sont descendus jusqu'au 49e niveau d'impureté, et devaient être sauvés en urgence.
En effet, s'ils étaient restés un instant supplémentaire ils auraient atteint le 50e et plus bas niveau d'impureté, qui aurait été pour eux un point de non retour.
C'est pourquoi ils ont été délivrés avant qu'ils ne tombent à un tel niveau.

Cependant, cela était valable avant de recevoir la Torah [au mont Sinaï].
Avant que la Torah ne soit donnée, il existait cette notion de point de non retour. [si on descendait trop bas dans l'impureté, alors on ne pouvait absolument plus remonter, c'était terminé pour nous!]
Cependant, depuis que la Torah a été donné, cela n'existe plus. Même quelqu'un qui est tombé au plus bas niveau d'impureté possible (le 50e), il lui sera toujours possible de revenir à ses racines [pures et saintes] par la force de la Torah.
Etudier la Torah et s'attacher à la Torah peut transformer même le plus grand racha en un tsadik.
[à ce sujet, b'h, voir aussi le Ohr ha'Haïm haKadoch & Eglé Tal : https://todahm.com/2020/03/23/etre-kadoch-grace-a-la-torah ]

C'est pourquoi dans la Haggada de Pessa'h, juste avant de parler des 4 enfants, dont le racha, nous disons : "béni soit Hachem qui a donné la Torah à Son peuple Israël" (barou'h chénatan Torah léamo Israël) = en effet, par le biais de la Torah même l'enfant racha peut revenir.
[Divré Yoël]

Avoir l’orgueil de s’aimer soi-même

+ Avoir l'orgueil de s'aimer soi-même (d'après le rav Kook) :

-> La plupart des gens, quel que soit leur âge, trouvent beaucoup plus facile de se critiquer que de se féliciter. Et même si nous critiquer peut nous pousser à accomplir davantage, cela s'avère souvent inutile, voire épuisant, et nous laisse vides et découragés.

Le rav Avraham Kook écrit : "L'amour doit venir du fond du cœur, pour tous les êtres humains." (Shmoné Kévatsim 1:807)
"Pour tous les êtres humains" inclut, surtout, nous-mêmes.
Nous nous fixons des attentes nobles, exigeant souvent l'excellence, voire la perfection. Mais nous nous flagellons continuellement lorsque nous ne sommes pas à la hauteur.
On peut penser : "Il m'est plus facile de croire en quelqu'un d'autre qu'en moi-même. Je me déçois toujours. Je sais mieux que quiconque à quel point je fais des erreurs. Il ne se passe pas un jour sans que je ne fasse une bêtise (dans mon service divin). Comment puis-je aimer quelqu'un qui ne réalise jamais son potentiel et qui ne cesse de me décevoir?"

Souvent, les attentes et les normes que nous nous fixons sont dictées par les autres : notre famille, notre communauté et la société. La réussite se mesure par rapport à la supériorité des autres.
Se comparer aux autres conduit inévitablement à une faible estime de soi et à la haine de soi. Il y aura toujours quelqu'un qui réussira mieux.

La jalousie n'a rien à voir avec l'autre personne. La jalousie survient lorsque nous n'acceptons pas qui nous sommes. La jalousie survient lorsque nous oublions la racine de notre âme. C'est cet oubli de notre propre valeur qui conduit à la jalousie.
Et lorsque nous sommes jaloux des autres, il est pratiquement impossible d'être heureux pour eux. Nous ne pouvons être heureux pour les autres que si nous nous acceptons et nous aimons nous-mêmes.

Nous devons progresser, mais uniquement dans la mesure de notre potentiel, qui correspond à notre âme, à notre histoire et à notre condition personnelles.
Aimer les autres commence par s'aimer soi-même. L'amour pour soi-même, tout comme l'amour pour les autres, ne doit pas être conditionnel. Combien d'entre nous s'aiment davantage lorsqu'ils passent une bonne journée? Lorsqu'ils sont productifs et accomplissent beaucoup de choses?
Mais personne n'a que des journées réussies. L'amour de soi ne doit pas dépendre de nos réussites, de nos actions ou de notre comportement. Il ne peut pas être ancré dans notre façon d'agir. Si l'opinion que nous avons de nous-mêmes est basée sur nos performances, alors notre amour-propre sera toujours conditionnel.
Tout au long de notre vie, nous connaîtrons des succès et des échecs sans fin, des moments forts et des moments difficiles, des réalisations et des déceptions.
Si l'amour de soi est basé sur nos réalisations, alors nous nous exposons à une vie faite de hauts et de bas émotionnels.

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-> "Une personne doit croire en sa vie."
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 1:807 ]

-> Avant de voir la lumière d'Hachem chez les autres, nous devons la voir en nous-mêmes.
En tant que bon juif, on doit juger favorablement autrui, lui trouver des mérites et des qualités, mais on a tendance à ne rien voir de spécial ou d'extraordinaire en nous.
Il nous est plus facile de lister nos défauts que nos qualités et actes louables.

Il n'existe pas de juif(ve) qui soit juste "ordinaire". Chacun est unique, spécial, choisi et amené dans ce monde par Hachem pour jouer un rôle irremplaçable.
Le rav Kook (Shmoné Kévatsim 2:241) écrit qu'il n'y a pas deux âmes identiques. Nous devons croire sans condition que Hachem nous a choisis, malgré et même avec, tous nos défauts et nos imperfections.
Néanmoins, il semble y avoir une réticence intérieure à s'aimer soi-même.
N'est-il pas un peu égocentrique, égoïste, voire arrogant, de se concentrer sur l'amour de soi?
A priori, la Torah semble nous pousser à être généreux envers autrui, le voir positivement, à faire preuve d'humilité quant à nos propres qualités (le judaïsme met beaucoup en avant l'idée de se sentir comme n'étant rien, en étant très humble, ce qui semble s'opposer à se donner de la valeur de soi!), ...

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-> Il faut se méfier davantage du manque d'estime de soi que de l'orgueil.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 1:894 ]

-> Chaque individu doit se trouver en lui-même, puis se trouver dans son environnement, sa communauté et les autres.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 8:46 ]

-> L'orgueil, bien que cela ne soit clairement pas louable, est plus facile à corriger que le manque d'estime de soi ...
Il est difficile de changer la façon dont nous nous percevons, de nous aimer inconditionnellement. Il est difficile de croire en nous-mêmes et d'accepter que chacun de nous possède une racine unique de son âme.
Mais ce manque d'amour pour nous-mêmes est une catastrophe des plus grandes proportions. Si nous ne croyons pas fermement et inconditionnellement que nous sommes tous choisis individuellement par Hachem, il est peu probable que nous le voyions chez les autres. Aimer les autres commence par s'aimer soi-même.
Pour le rav Kook, s'aimer soi-même découle de la conviction que chacun de nous possède une racine spirituelle unique, et donc une vocation et un but uniques dans la vie. Le monde a indispensablement besoin de moi.

-> Le rav Kook nous enseigne que notre estime de soi ne découle pas de nos réalisations passées, mais de nos promesses futures. L'amour que nous avons pour nous-mêmes naît de notre conviction inébranlable que Hachem nous considère comme ayant quelque chose de précieux et d'unique à offrir au monde.
L'amour de soi est l'amour de ce que nous sommes appelés à devenir.

-> J'ai besoin de parler beaucoup de moi-même. Mon moi essentiel doit devenir tout à fait clair pour moi.
En me comprenant moi-même, je parviendrai à tout comprendre, le monde et la vie, jusqu'à ce que je comprenne la source de toute vie.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 7:189 ]

"J'ai besoin de parler beaucoup de moi-même" = pas un peu, mais "beaucoup". Pourquoi cela? Afin que "mon moi essentiel devienne parfaitement clair pour moi".
Cet objectif de connaissance de soi n'était pas égoïste pour le rav Kook. Son but n'était pas seulement de se comprendre lui-même, mais aussi de comprendre "le monde et la vie", et finalement de clarifier "la source de toute vie". Le rav Kook cherchait à comprendre son rôle dans le tableau plus large de la création.

Il y a ici un paradoxe : nous ne pouvons pas découvrir l'amour de soi en nous concentrant sur nous-mêmes. L'amour de soi découle de notre conviction que nous sommes nécessaires au monde.
L'amour de soi émerge de la conscience de notre responsabilité, et de notre grand privilège, de contribuer à la vision d'ensemble (on a un apport unique à la collectivité juive, mondiale). Ce n'est qu'en acquérant une vision claire du monde, de la vie et de la source de toute vie que nous pouvons commencer à nous comprendre pleinement.
C'est grâce à cette compréhension de soi que naissent l'amour inconditionnel et la conscience de nos véritables dons. Chaque personne a besoin de croire : "Je n'existe pas sans raison. J'ai un chemin à suivre. Je dois croire en moi-même et, surtout, croire en ce que je peux devenir."

-> Le rav Kook (Shmoné Kévatsim 8:149) ajoute qu'il n'est jamais facile de déballer le cadeau de son âme. Cela demande une concentration, une intention et un travail constants.
Dans ses termes : "À mesure que l'on grandit spirituellement, notre âme mystérieuse devient de plus en plus cachée à notre propre conscience, et nous devons investir davantage dans la recherche de nous-mêmes. Nous devons consacrer plus de temps à la solitude."

Ainsi, je n'arrive jamais à la vérité la plus profonde de mon âme. Même en dévoilant couche après couche, comme une poupée russe, il y a toujours une autre couche à révéler.
Selon Rav Kook, je suis sur un chemin sans fin de découverte de qui je suis et de qui je peux devenir. Je vis toujours dans un état de devenir, un travail en cours. Je peux toujours devenir une version plus gentille, plus aimante, plus généreuse et meilleure de ce que je suis actuellement. L'âme a des couches infinies.

Tout comme je dois faire des efforts pour m'aimer moi-même pour mon âme unique, je dois aussi m'efforcer d'aimer mon corps, car lui aussi m'est propre.
Malheureusement, il semble que de nos jours, l'une des choses les plus difficiles à accepter, à apprécier et à aimer pour la plupart des gens soit leur propre corps.
Combien de gens aimeraient être plus grands, plus minces. Ils aimeraient avoir un nez un peu plus petit, des cheveux d'une texture ou d'une couleur différente.
La vérité, c'est que nous avons tous un corps parfait. C'est-à-dire que nous avons tous le corps qui convient à notre âme. Nous avons tous reçu le corps idéal pour manifester le travail de notre âme. C'est une combinaison parfaite.

Notre âme et notre corps ne sont pas deux entités distinctes et déconnectées.
Nous avons des visages, des corps et des voix uniques précisément parce que nous avons des âmes uniques. J'ai exactement le visage que je suis censée avoir. J'ai exactement le visage dont j'ai besoin pour remplir mon rôle dans ce monde. C'est l'expression parfaite de mon âme.
Le corps correspond à l'âme ; pour que nos âmes puissent s'épanouir au mieux dans ce monde, nous avons reçu précisément le corps nécessaire pour accomplir notre vocation. L'âme ne peut rien faire sans le corps.

Ma nature physique n'est pas le fruit du hasard, ce n'est pas une erreur. Ce n'est pas un hasard si j'ai cette taille, ce visage et cette couleur de cheveux. Mon corps a été conçu de manière experte par le Créateur de mon âme ; il est le vêtement de mon âme.
Le rav Kook fait référence à Hachem comme à un architecte de la matérialité. Il y a une raison pour laquelle je ne suis pas plus grand, plus coordonné et que je n'ai pas une meilleure voix pour chanter.

Je suis composé à la fois d'une réalité spirituelle et physique. Le physique est le véhicule à travers lequel le spirituel se révèle. Nous avons des âmes mystérieuses et des corps parfaits. Il y a beaucoup de choses en nous qui méritent d'être aimées.

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-> b'h, sur la notion de confiance en soi : https://todahm.com/?s=confiance+en+soi

-> également : sur la grandeur d'être juif(ve) : https://todahm.com/category/moussar-pensee-juive/divers-divers/la-grandeur-detre-juifve

-> prendre aussi conscience de la grandeur de notre génération en tant que dernière avant la venue du machia'h, comme par exemple : https://todahm.com/2025/12/28/la-grandeur-de-la-generation-qui-precede-le-machiah

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+ S'aimer soi-même demande beaucoup de travail :

-> Le rav Kook nous exhorte à apprécier notre être dans son ensemble. Nos forces et nos faiblesses sont toutes deux nécessaires et données par Hachem.
Il écrit (Olat haRaaya) : "Lorsque l'on prend conscience de son essence, on réalise que tout ce dont on a besoin pour accomplir son but dans la vie nous a été légué de manière bénéfique grâce à la compassion du Créateur. Nos attributs positifs et négatifs sont tous deux nécessaires et sont des dons d'en-Haut."

-> Ainsi, mes défauts, mes limites et mes faiblesses sont-ils aussi un don d'Hachem? Sont-ils aussi des bénédictions? Apparemment oui.
Le rav Kook écrit que je dois me pardonner mes défauts, oublier mes erreurs et même célébrer mes échecs.

La vie est un long voyage et je ne peux pas avancer sur mon chemin en continuant à porter le lourd fardeau de mon passé.
Selon le rav Kook, tout d'abord, je dois changer la façon dont je me perçois. Je dois me pardonner mes défauts et mes innombrables erreurs. Je dois abandonner ce vieux scénario fait de regrets, de honte et d'auto-accusations. Ils ne sont pas dignes de me guider vers l'avant.

En ce sens, le rav Kook écrit (Shmoné Kévatsim 2:150) :
"La première étape pour atténuer l'angoisse causée par un comportement décevant consiste à se pardonner à soi-même, puis à pardonner aux autres."

-> Nos erreurs prennent des proportions exagérées lorsque nous ne parvenons pas à les oublier : elles continuent alors à résonner et à occuper toute notre bande passante émotionnelle. Elles constituent un fardeau insupportable à porter, qui nous empêche de nous aimer nous-mêmes et d'aimer les autres.
Le rav Kook nous enseigne à ne pas nous complaire dans le passé, à ne pas ruminer sans cesse toutes les erreurs que nous avons commises. Nous ne vivrons jamais une journée parfaite, ni même une heure parfaite.

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Deuxièmement, plus encore que pardonner, écrit Rav Kook, nous devrions essayer d'oublier nos comportements fautifs.

-> Dans ses mots (Shmoné Kévatsim 6:258) :
"Il est bon d'oublier nos fautes, lorsque l'on le fait avec intégrité pour améliorer le monde et servir Hachem avec joie."

-> Il écrit également (Orot haTéchouva 13,9) :
"Il ne faut pas s'attarder sur les échecs passés, car s'attarder sur la correction des erreurs passées empêche de grandir et place de nombreux obstacles sur le chemin du changement."

-> Cela ne signifie pas que nous devons être indulgents envers nous-mêmes. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas essayer de tirer les leçons de nos erreurs. Nous devons réfléchir, reconnaître et assumer tout ce que nous avons fait.
Nous nous concentrons sur notre passé, car cela nous aide à mieux nous connaître et nous empêche de répéter les mêmes erreurs. Nous explorons toutes les causes et les nuances de nos actes, nous les comprenons en profondeur et, avec un peu de chance, nous découvrons ce qui nous a conduits à échouer.

Mais ce processus comporte un grave danger. Lorsque nous nous attardons sur nos erreurs passées, nous courons le risque de nous paralyser.
Le rav Kook nous dit que nous devrions minimiser l'analyse et la réanalyse de nos erreurs passées ; si nous nous enfonçons dans la boue de notre vie, nous n'en ressortirons que boueux. Nous devons nous traiter avec amour et gentillesse. Nous devons aller de l'avant. Nous devons lâcher prise.
Nous devons continuellement nous traiter avec une généreuse miséricorde. Avec "de beaux yeux". Sinon, nous n'avancerons jamais.
Comment pouvons-nous avancer vers l'amour de soi lorsque nous nous rappelons continuellement que nous n'avons pas été à la hauteur de nos attentes?
Comment pouvons-nous avancer vers l'amour de soi lorsque nous nous réprimandons continuellement?
Nous devons pardonner. Nous devons oublier.

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-> "Je ne laisserai pas mes échecs me démoraliser, car je sais qu'ils sont tous nécessaires et qu'ils serviront de tremplin à ma croissance."
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 6:9 ]

-> Ainsi troisièmement, et c'est le plus important, non seulement nous devons pardonner et oublier nos défauts, mais nous devons aussi les célébrer.

Nous faisons toujours des erreurs. Nous avons besoin de faire des erreurs ; elles sont les "tremplins pour la croissance". Au lieu de nous juger sévèrement pour nos erreurs, nous devons reconnaître que nous en avons besoin. Elles sont des opportunités de croissance.
La croissance n'est jamais un processus simple, direct ou sans heurts. Quand tout va bien, il y a peu ou pas d'élan pour le changement. Lorsque tout va bien, nous voulons préserver le statu quo. Bien que cela puisse être gratifiant, c'est aussi un piège. Le statu quo ne nous rendra jamais meilleurs ; le statu quo ne nous pousse jamais à grandir.

Les échecs nous secouent ; les échecs brisent notre complaisance. Les crises nous déséquilibrent, nous "débloquent". Les crises dans nos vies offrent des opportunités de changement et de croissance.
Je ne commets jamais d'erreurs intentionnellement, mais il semble que mes maladresses recèlent les graines de la prochaine étape de ma vie. Apparemment, j'avais besoin de commettre ces erreurs pour repenser mes actions et finalement arriver là où je dois être.

Parfois, les bénédictions de la vie sont claires et évidentes, comme en plein jour. Parfois, elles surviennent dans l'obscurité de la nuit.
Elles sont enveloppées de ténèbres et semblent impénétrables. Mais comme la nuit, elles peuvent donner naissance à un nouveau jour.

-> Il y a une étincelle de lumière et de sainteté dans chaque échec. Les sages la recherchent et s'en nourrissent pour grandir.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 2:350 ]

-> Ainsi, "cherchez-la et grandissez grâce à elle". Même nos échecs ont "une étincelle de lumière et de sainteté".
Le rav Kook s'adressait à lui-même, dans l'intimité et la sainteté de son âme. Il se réprimandait lui-même.

[compilation personnelle d'enseignement du rav Aryeh Ben David sur le rav Kook]