+ Terre d'Israël & le Kouzari :
-> Les qualités élevées de la terre d'Israël ne se manifestent et ne font surface que lorsque le peuple juif l'habite, en mettant en pratique les lois et les commandements de la Torah.
Le peuple juif ne peut atteindre ce niveau de divinité, [de spiritualité] et de sainteté nulle part ailleurs [qu'en Israël], tout comme une vigne ne peut être cultivée avec succès ailleurs que dans un endroit qui s'y prête.
... La terre [d'Israël] est appelée "devant Hachem", et le verset dit : "Les yeux de Hachem sont constamment fixés sur elle" (Ekev 11,12).
C'est à cause de cette Terre que Kayin devint jaloux de son frère, Hevel, car ils savaient que celui d'entre eux qui hériterait de la Terre serait celui qui hériterait de la position de leur père et s'attacherait au Divin. L'autre frère serait "rejeté" comme la peau d'un fruit ...
Its'hak et Yichmaël, eux aussi, se disputaient la terre d'Israël ... car la terre d'Israël indiquerait lequel d'entre eux continuerait, s'attacherait au Divin et recevrait les récompenses du monde à Venir.
Ce même principe était à la base de la rivalité entre Yaakov et Essav.
[à leur niveau, ils avaient conscience de la différence spirituelle comme le jour et la nuit, entre Israël et en dehors. A notre niveau, nous ne voyons pas de grande différence apparente, mais nous devons ancrer en nous que rien n'est comparable à la terre d'Israël. ]
[rav Yéhouda haLévi - le Kouzari - 2e essai par.10-12 ]
<--->
-> C'est là, en terre d'Israël, que se trouvent les endroits qui méritent d'être appelés "les portes du Ciel", comme nous le montre Yaakov Avinou, qui n'a pas attribué ses visions prophétiques à son propre mérite, ni à sa foi ou à la pureté de son cœur. Il l'a plutôt accrédité au mérite du sol saint sur lequel il reposait, comme le dit le verset : "Il eut peur et dit : "Quel endroit impressionnant!"".
-> Le Kouzari poursuit en soulignant l'importance d'Israël en tant que terre de sainteté.
Il écrit que la terre d'Israël était à l'origine destinée à rectifier le monde entier, y compris toutes les autres nations. Ce n'est qu'en raison de la faute de la tour de Bavél qu'elle fut attribuée exclusivement aux 12 tribus d'Israël.
Avraham n'a été mis à part pour s'attacher à Hachem et conclure une alliance avec Lui qu'après son arrivée en terre d'Israël. Il en va de même pour la nation élue, qui porte le nom distingué de "nation d'Hachem" uniquement lorsqu'elle vit sur la terre qui lui a été attribuée et qui est appelée "l'héritage d'Hachem".
[rav Yéhouda haLévi - le Kouzari - 2e essai par.14 ]
<--->
-> En conclusion de son essai sur la terre d'Israël, le rav Yéhouda HaLévi (Kouzari) enseigne :
Il est écrit : "Réjouissez-vous et soyez heureuses, filles de Tsion, car je viens et j'habiterai au milieu de vous, dit Hachem". Ce verset témoigne que la Présence Divine (Chékhina) était prête à résider dans le second Temple tout comme elle avait résidé dans le premier, mais seulement à la condition que le peuple juif accepte de retourner en terre d'Israël avec empressement.
Finalement, seul un petit nombre de juifs décida de rentrer, tandis que la majorité resta à Bavel, y compris de nombreux dirigeants importants. Ils ont préféré rester en exil pour ne pas avoir à quitter leurs maisons et leurs affaires.
Le Kouzari écrit :
"Hachem, à son tour, les a récompensés en conséquence. C'est pourquoi la sainteté du second Temple a été gravement diminuée (comparativement au premier).
... Même nos prières quotidiennes, dans lesquelles nous disons "Prosternez-vous sur le Mont de Sa Sainteté" et "Béni sois-tu, toi qui ramènes Sa Présence Divine à Tzion", ne sont que des gazouillis d'oiseaux, car nous ne pensons pas vraiment à ce que nous disons lorsque nous les prononçons.
-> Le rav Yéhouda HaLévi enseigne ensuite :
"En terre d'Israël, seule la Présence divine dont les prophètes ont été témoins a disparu, et nous attendons constamment son retour. Cependant, la Présence divine cachée accompagne chaque juif, à condition qu'il soit fidèle à sa religion et qu'il ait un caractère raffiné, un cœur pur et une âme pure, tous orientés vers Hachem.
La terre de Canaan est spécialement désignée pour le D. d'Israël et nos actes ne peuvent être parfaits dans aucun autre endroit.
De nombreuses mitsvot ne peuvent être pratiquées en dehors d'Israël.
De plus, le cœur et l'âme d'une personne ne peuvent devenir correctement purs et raffinés que dans un endroit désigné par Hachem [soit Israël].
Il faut éveiller dans notre âme un désir ardent pour la terre d'Israël, ce qui apportera de la pureté à notre âme.
... Il est certain que quelqu'un qui a commis des fautes dans le passé et qui cherche aujourd'hui à se faire pardonner devrait s'efforcer de se rendre en terre d'Israël. L'exil expie les fautes, et l'exil dans un lieu spirituellement désirable est particulièrement puissant."
[c'est sur ce message qu'il termine son séfer Kouzari.
Le rav Yéhouda haLévi a laissé derrière lui tout ce qu'il possédait, et a entrepris le difficile voyage vers Israël pour y passer le restant de sa vie (il est mort en 1141, période des Croisades). ]
<------->
+ Même enseignement que ci-dessus (avec un peu plus de longueur des passages) :
-> Rabbi Yéhouda HaLévi (1075-1141 - dans son séfer HaKouzari) écrit (2e essai, points 16-24) :
Le rabbin dit [au Kouzari] : "La terre d'Israël a été créée pour rectifier le monde entier, mais depuis l'époque de la tour de Babel, elle a été attribuée exclusivement aux douze tribus d'Israël (voir Haazinou 32,8).
Avraham lui-même n'a été désigné pour s'attacher à la divinité et conclure une alliance avec Hachem qu'après avoir vécu dans le pays, au moment de l'alliance entre les morceaux (Béréchit 15).
A plus forte raison, lorsqu'il s'agit d'une nation tout entière (ses descendants), celle-ci n'a mérité d'être appelée "Nation de D." (am Hachem - Yé'hezkel 36,20) que lorsqu'elle a vécu dans la Terre spéciale désignée appelée "Héritage de D." (na'halat Hachem - I Shmouel 26,19).
[...]
Nos ancêtres s'installèrent avec empressement en terre d'Israël, même si celle-ci était encore aux mains des Cananéens. Ils aspiraient [ardemment] à la terre d'Israël et y ont fait enterrer leurs dépouilles (par exemple, Yaakov et Yossef).
Moché a prié pour pouvoir voir la terre d'Israël [avant sa mort]. Hachem a rejeté sa demande, [même si Moché l'a supplié sans relâche] ... D. finit par céder et lui montra la Terre du haut du mont Pisga, [ce que Moché considéra] comme un grand acte de bonté.
-> Après que le rabbin eut terminé son long discours sur les avantages particuliers de vivre en terre d'Israël, le roi Khazar (Kouzari) lui fit une réprimande cinglante pour ne pas mettre en pratique ce qu'il prêchait. Il est écrit : (Kouzari 2,23) :
Le Kouzari dit : "Si tel est le cas, alors vous vous dérobez au devoir que vous impose votre Torah. Vous n'avez pas fait de la terre d'Israël votre objectif, ni votre lieu de vie et de mort. Pourtant, tu dis [dans tes prières] : "Aie pitié de Sion, car c'est la demeure de notre vie" (ra'hem al tsion ki hi beit 'hayénou - deuxième bénédiction récitée après la Haftarah) ...
Même si sa seule qualité [à cette Terre] était que la Présence divine (Chékhina) y ait résidé [ostensiblement] pendant environ 900 ans (dans les 2 Temples), il serait toujours convenable que ceux qui ont une âme véritablement sainte aspirent à cette Terre. Ils en seraient purifiés, de la même manière que nous sommes purifiés lorsque nous sommes en présence de prophètes et de saints.
Cependant la terre d'Israël a un pouvoir purificateur encore plus grand, car c'est la "porte des cieux" (Vayétsé 28,17). Toutes les nations ont déjà convenu de cela.
Les chrétiens disent que c'est là que les âmes se rassemblent avant d'être emmenées au ciel. Les musulmans croient que c'est le lieu d'où les prophètes montent au ciel et que c'est là que se déroulera le Jour du Jugement.
Tout le monde se concentre sur terre d'Israël et s'en réjouit. Je vois que toutes vos génuflexions et vos inclinaisons vers terre d'Israël (comme pendant la prière) ne sont que de la flatterie ou une coutume hypocrite (machinale, extérieure à notre coeur).
Vos ancêtres ont choisi de vivre en terre d'Israël plutôt que dans leur pays natal, et ils ont même préféré une vie d'errance en terre d'Israël à une vie sédentaire dans leur patrie.
Et cela [était leur choix] malgré le fait que la Présence divine n'y avait pas encore été vue ; en effet, la Terre à cette époque regorgeait d'immoralité et d'idolâtrie. Néanmoins, leur seul désir était d'y habiter. Même en période de famine, ils ne partaient que sur ordre divin. De plus, ils souhaitaient que leurs restes soient transférés en terre d'Israël."
-> La plupart des gens confrontés à un tel déluge de critiques se mettraient immédiatement sur la défensive et donneraient une série d'excuses pour expliquer pourquoi ils ne sont pas en tort. Ce n'est pas ce que fait rabbi Yéhouda HaLévi ("le rabbin"). Au contraire, il accepte la réprimande et admet avoir manqué à son devoir dans ce domaine. Il est écrit (Kouzari 2,24) :
Le Rabbin dit : "Tu m'as fait honte, roi de Khazar. C'est précisément cette faute qui nous a empêchés d'accomplir ce que Hachem nous avait promis pour le Second Temple, comme il est dit : "Réjouis-toi et sois heureuse, fille de Sion, [car je viens et je vais résider parmi toi, dit D.]" (Zé'haria 2,14).
Cela signifie que la Divinité était prête à résider [dans le Second Temple] comme elle l'avait fait auparavant [dans le Premier Temple], à condition que le peuple juif accepte dans son ensemble de retourner avec empressement en terre d'Israël.
Au lieu de cela, seuls quelques-uns sont revenus, tandis que la majorité, y compris les dirigeants importants, est restée à Babylone. Ils ont préféré la soumission dans la diaspora, afin de ne pas avoir à quitter leurs maisons et leurs affaires.
C'est peut-être ce que Shlomo voulait dire lorsqu'il a dit : "Je dors, mais mon cœur veille" (Shir HaShirin 5,2), comparant les juifs de la diaspora à quelqu'un qui dort. Même si l'on dort, le cœur veille et bat toujours, ce qui représente la constance de la prophétie qui était toujours parmi eux (et attendait leur retour).
[Et dans ce même verset, il est dit] : "Une voix! Mon bien-aimé frappe!", ce qui fait référence à l'appel d'Hachem à retourner en terre d'Israël.
Et "Ma tête est couverte de rosée" (ibid.) fait référence à la Présence divine, qui a quitté le refuge du Temple [et attendait à l'extérieur, comme quelqu'un qui attend dehors tandis que la rosée s'accumule sur sa tête].
Quand il est dit ensuite : "J'ai retiré ma robe" (Shir haShirim 5,3), cela fait référence à la lenteur du peuple juif à revenir [comme quelqu'un qui est trop paresseux pour enfiler sa robe et répondre à la porte].
Mon bien-aimé a passé sa main à travers l'interstice [de la porte] (Shir haShirim 5,4) fait référence à Ezra, Né'hémia et aux autres prophètes, qui ont exhorté le peuple à retourner en terre d'Israël, jusqu'à ce que certains acceptent finalement de revenir. Mais leur consentement à revenir n'était pas sincère, comme il est dit : "La force de celui qui porte les fardeaux s'est affaiblie" (Né'hémia 4,4).
Hachem, à son tour, les a récompensés en fonction de ce qui était caché dans leur cœur, de sorte que toute la sainteté qui est revenue était dans un état diminué, proportionnel à leur état diminué. En effet, la divinité ne repose sur une personne que dans la mesure où celle-ci y est réceptive, que ce soit beaucoup ou peu.
Si nous nous préparions correctement à accueillir le D. de nos ancêtres avec un cœur entier et une âme désireuse, nous Le rencontrerions de la même manière miraculeuse que nos ancêtres en Égypte. [en précision de la venue imminente du 3e Temple, nous devons désirer ardemment la terre d'Israël, et si nous pouvons y résider, en apprenant de notre erreur lors du 2e Temple. ]
C'est pourquoi nos récitations de phrases telles que "Prosternez-vous devant la montagne de Sa sainteté" (Téhilim 99,9), "Prosternez-vous devant Son marchepied" (Téhilim 99,5), "[Béni sois-Tu] qui ramènes Ta présence divine à Sion" (Amida - Shemoné Esré), et autres phrases similaires, ne sont [pour nous] que le gazouillis d'oiseaux [tels que les perroquets, qui imitent la voix humaine (nous ne pensons/vivons pas ce que nous disons!)] ; nous ne réfléchissons pas à ce que nous disons lorsque nous prononçons ces phrases et d'autres similaires. C'est comme vous le dites, roi Khazar."