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La vie de Yaakov

+ "Souvenez-vous … ce sur quoi vous pleurez aujourd’hui, vous en rirez demain.
[...] Demain tu pleureras de ce dont tu ris aujourd'hui"

[le Gaon de Vilna – lettre adressée à sa famille]

-> "Cela aussi est pour le bien"
[guémara Taanit 21a - Na'houm Ich Gam Zou ]

-> "Ce que D. fait, c'est pour le bien"
[guémara Béra'hot 60b - Rabbi Akiva, élève de Na'houm Ich Gam Zou ]

-> "Tout homme doit bénir D. pour le mal, comme pour le bien" [Béra'hot, michna 5, chap.9]

-> "Le malheur de l'homme est qu'il a tendance à juger l'événement d'aujourd'hui (l’instantané) alors même qu'il n'est qu'un petit maillon d'un grand projet prévu par Hachem.

La lecture de ce maillon, pris isolément, est souvent à l'opposé de la lecture de ce même maillon intégré dans le projet divin global
[...]
Lorsqu'on aura une vision générale de l'ensemble des événements, avec le recul, on verra alors la droiture de D. et de ses jugements envers nous."

[Rabbi 'Haïm Chmoulévitch]

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+ La vie de Yaakov (paracha Vayétsé) :

-> Le Baal haTourim fait remarquer que la paracha Vayétsé est entièrement fermée ("stouma"), c'est-à-dire qu'elle ne comporte aucun espace blanc, ni aucune interruption.

Habituellement, les espaces blancs et interruptions (פ ou ס) ont été donnés par D. à Moché pour qu'on puisse méditer et réfléchir entre 2 paragraphes.
Leur absence dans cette paracha, vient nous enseigner qu'il faut globaliser toutes les étapes de la vie de Yaakov pour avoir une lecture juste.

Un jugement de chacun des moments pris isolément entraînerait une lecture fausse, à une interprétation en mal.

En effet, la vie de Yaakov est une suite d'épreuves.
On peut citer par exemple :
-> Son frère Essav cherchait à le tuer.
Si Essav était l'ami de Yaakov, ce dernier aurait été fortement influencé par son frère jumeau et son ascension aurait été freinée.

-> un beau-père Lavan trompeur qui ne respecte pas sa parole et qui va jusqu'à remplacer Ra'hel par Léa sous le dais nuptial.
Sans cela, Yaakov n'aurait épousé que Ra'hel et on n'aurait pas bénéficié de 12 tribus de sensibilité différente qui font la richesse du peuple juif.

-> une fille (Dina) violée.
Sans cela, la fille (de la honte) née de cette union n'aurait pas été envoyée en Egypte, et Yossef qui l'a épousée n'aurait pas trouvé de femme juive pour se marier.

-> son fils préféré Yossef qui disparaît durant 22 ans
Cela a permis de commencer l'exil prévu sans servitude ni pour Yaakov, ni pour sa famille.
Yaakov y est descendu avec les honneurs, et non enchaîné de force.

-> la séparation de Binyamin.
Yaakov s'est plaint d'être obligé d'envoyer Binyamin : "Pourquoi m'avez-vous causé ce mal en disant à cet homme que vous avez encore un frère?" (Mikets 43,6)

Rabbi Lévi commente ce verset dans le midrach rabba (91,10) :
"Jamais Yaakov n'a prononcé des mots déplacés, sans valeur, sauf ici.

D. (mécontent) dit : "Moi, je m'occupe de faire régner son fils (Yossef) et lui (Yaakov) dit : 'Pourquoi m'avez-vous causé ce mal'? "

=> On reproche à Yaakov d'avoir jugé de façon isolée un événement de sa vie, car s'il l'avait intégré dans la globalité, il aurait eu un éclairage très positif.
En effet, c'est cette séparation de Binyamin qui va par exemple lui permettre de retrouver son fils Yossef.

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A l'image d'une personne se faisant charcuter sur une table d'opération, de quelqu'un souffrant chez le dentiste, d'une femme qui accouche dans la douleur, ...
Sur le moment, une personne extérieure dira : "Mais quel assassin! Quelle violence du médecin!"

Mais avec du recul : on est sauvé de quelque chose de grave pour notre corps, on n'a plus de maux de dents, on a un enfant, ...

On accepte ce mal nécessaire, car on s'est qu'il en résultera un bien énorme!
[on le demande, et même on paie pour cela!]

=> Dans notre vie personnelle, ce qui peut nous sembler négatif aujourd'hui, prendra plus tard un caractère positif, car D. les a intégré dans une chaîne qui mène au bien ultime.

Sur le moment lorsque c'est dur, il faut savoir se dire : "Je ne comprends pas ce qu'il se passe! C'est vraiment difficile, mais si Hachem souhaite que je passe par là, Il en a ses raisons, et c'est forcément un pas de plus, nécessaire, vers mon bonheur ultime. Je comprendrai la logique des choses plus tard."

Dans la pratique, c'est cela avoir confiance en Hachem.

Parfois, nous passons dans un tunnel où il fait tout noir, mais c'est un chemin qui au final nous permet d'avancer beaucoup plus vite vers davantage de proximité avec papa Hachem.
[le kiff ultime!]

[l'épreuve est un médicament nécessaire, et la émouna est l'enveloppe sucrée qui aide à avaler cette pilule plus agréablement.]

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+ Une autre explication faisant que cette paracha a la particularité d'être entièrement fermée :

-> Selon le Sfat Emet, cela fait allusion à l’idée suivante : bien que Yaakov a quitté physiquement la terre d’Israël (de Béer Chéva à 'Haran), il n’a jamais coupé ses liens émotionnels avec elle.
Son cœur et son esprit sont restés en Israël de son départ à son retour.
Ses yeux sont toujours restés concentrés sur le futur, moment où il y retournera.
Ainsi, cette paracha ne contient pas de sauts de paragraphe.

Chaque personne rencontre des difficultés dans sa vie, mais nous devons nous rappeler qu'il s'agit de tests d'Hachem, qui ne met jamais personne à l'épreuve au-delà de ses capacités.
Lorsqu'une personne rencontre une certaine difficulté dans sa vie, c'est [qu'Hachem a jugé] qu'elle est capable de la surmonter.
Selon le Sifté Tsadik (Vayé'hi 14) : "Les ténèbres ne s'abattent pas sur une personne s'il n'y a pas un moyen de les éclairer".
[ "La charge supportée par un chameau est proportionnelle à sa force" (guémara Sota 13b). ]

Lorsqu'une personne rencontre une certaine difficulté sur son chemin, c'est un signe certain qu'elle a la force intérieure nécessaire pour la surmonter.
[...]

Certains expliquent que c'est la signification des mots de Barou'h Shé'amar : "barou'h gozér ou'mékayem" (béni soit Celui qui décrète et maintient). Lorsque Hachem impose un décret sévère à quelqu'un, Il lui donne également la force de le supporter, de se maintenir debout.
[rabbi David Abou'hatséra]

Le sionisme et la téchouva nationale

+ Le sionisme et la téchouva nationale :

-> Le rav Avraham Kook (Orot - Eretz Israël 8 ) enseigne que même dans le retour des sionistes non religieux en Israël, il y a un noyau sacré profond. La source intérieure de leur désir de retour est l'Idéal divin lui-même.
Avec le temps, ce noyau sera sûrement réveillé (à la téchouva), quelque soit le temps que cette transformation prendra.

-> "Le désir éveillé du peuple juif dans son ensemble de retourner sur sa terre, à ses racines, à son esprit et à son mode de vie, en vérité, il y a là la lumière de la téchouva" (rav Kook - Orot haTéchouva 17,2).

-> Il faut se rappeler que le mouvement sioniste n'a pas commencé avec Herzl, mais plutôt avec les géants de la Torah, le Baal Shem Tov et le Gaon de Vilna, plus d'un siècle auparavant.
Ainsi, le Gaon de Vilna (1720-1797) envoya ses élèves s'installer en terre d'Israël, enseignant que la réinstallation active de la Terre était le chemin vers la guéoula tant attendue.
[un des élèves du Gaon de Vilna, rabbi Hillel de Shklov développe ce sujet dans son livre le Kol Hator. ]

D'autres grands rabbins, le rav Tzvi Hirsh de Kalish, le rav Eliyahou Guttmacher et le rav Shmouel Mohliver, furent les véritables bâtisseurs des premiers groupes sionistes tels que les "Amoureux de Sion".
[il faut bien évidemment remettre cela dans le contexte de l'époque avec le déplacement, la vie très dure en Israël, avec pauvreté et discrimination locale, ... pour ressortir l'amour fou pour notre Terre qu'ils avaient. ]

À mesure que le mouvement se répandait, son message attirait également de nombreux juifs non religieux. Le rav Avraham Kook explique que les nouveaux venus ont embrassé l'appel à Sion d'une manière qui correspondait à leur propre compréhension, à leurs aspirations nationales et à leurs rêves.
Si cela a temporairement réduit la noblesse du message, cela a permis d'assurer la première étape nécessaire à la reconstruction matériel.

-> Le rav Kook (Orot haTéchouva 12,12) écrit :
"Il arrive parfois qu'un concept perde de sa noblesse et de sa pureté originelles après avoir été ancré dans la vie [de ce monde], lorsque des personnes peu raffinées s'y associent, assombrissant ainsi son éclat.
Cette descente n'est que temporaire, car une idée qui embrasse la bonté spirituelle ne peut être transformée en mal. La descente est passagère, et elle constitue également un pont vers une ascension prochaine."

L'idée originale, pure et noble du sionisme, telle que transmise par nos Sages, est que la renaissance de la nation juive en Israël est le fondement terrestre de la révélation du Royaume d'Hachem dans le monde.
Pour les sionistes laïques, le retour en Israël est devenu autre chose. Pour certains, la terre d'Israël n'était qu'un refuge contre les persécutions des no juives. Pour d'autres, c'était un endroit où construire une société socialiste utopique.
En raison de leur nombre important, l'influence des sionistes laïques était très répandue. De plus, explique le rav Kook, les juifs laïques étaient plus aptes à coloniser cette terre aride et marécageuse. Les juifs religieux de l'époque vivaient dans un monde spirituel, ayant peu de contacts avec les questions terrestres. Le côté physique de leur nature était négligé et faible. Les juifs laïques, en revanche, avaient une énergie physique et des capacités abondantes, ainsi que "la volonté et le désir de travailler et de réussir, de réaliser leurs objectifs par la force physique et des efforts concrets" (Orot haTéchouva 12,13).

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-> Lorsqu'une idée sacrée doit s'ancrer dans la réalité, elle descend nécessairement de son piédestal.
Lorsque cela se produit, les personnes moins sensibles à la spiritualité s'emparent de l'idée et en profanent la véritable intention. Comme un plus grand nombre de personnes peuvent saisir l'idée sous sa forme minimisée, ses adeptes se multiplient, apportant plus de force et de vigueur à sa mise en œuvre pratique.
Cette tendance se poursuit jusqu'à ce que surgissent de puissantes figures spirituelles, revêtues de la force de la justice divine. Elles saisissent l'idée dans sa pureté originelle et la maintiennent en haut, la sauvant des profondeurs où elle avait plongé, dépouillée de sa sainteté et de sa splendeur spirituelle.
Grâce à cette nouvelle infusion de lumière, l'idée originelle renaît dans toute sa majesté et sa puissance.
Tous ceux qui l'embrassent sont élevés par son ascension. Même ceux qui s'étaient attachés à l'idée dans son état déchu sont élevés et inspirés à une téchouva puissante et noble.

-> Le rav Kook (Orot haTéchouva 12,12) écrit :
"Ce processus se produira certainement. La lumière d'Hachem, qui est enfouie dans le point fondamental de Sion et qui est maintenant cachée par les nuages, apparaîtra certainement. Depuis la basse vallée, elle élèvera le Temple et le Royaume d'Hachem et toutes ses branches.
Tous ceux qui s'y accrochent, proches ou lointains, seront élevés avec elle, pour un véritable renouveau et un salut éternel."

-> Au tournant de ce siècle, alors que le mouvement sioniste gagnait en influence et attirait de plus en plus d'adeptes, de nombreux juifs religieux se sont élevés pour protester. À leurs yeux, le mouvement visant à repeupler la terre d'Israël était ouvertement laïc, voire contraire à la Torah.
Si le rav Avraham Kook exhortait les pionniers à revenir à une vie sanctifiée selon la Torah (Orot haTéchouva 4,3), il voyait également la source intérieure et le côté positif de leur courageuse entreprise.
Le retour de la nation en Israël était en soi un acte grandiose et sacré. Simplement parce qu'ils étaient juifs, au plus profond de leur âme juive fière, les sionistes partageaient également le désir ardent d'une vie juive épanouie (Orot - Erets Israël 8).
Leur mépris des commandements était une imperfection destinée à être guérie.

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+ Rébellion spirituelle :

-> La profonde perspicacité spirituelle du rav Kook ne l'empêchait pas de voir le mode de vie impie (racha) des pionniers laïques. Cependant, il savait que l'essence sacrée du peuple juif garantissait que la nation reviendrait à ses racines. Bien avant la création de l'état d'Israël, le rav Kook (dans Orot) décrivait ce processus en termes presque prophétiques :
"Nous reconnaissons qu'une rébellion spirituelle se produira en terre d'Israël parmi le peuple juif au début du renouveau de la nation. Le confort matériel dont bénéficiera une partie de la nation, la convainquant qu'elle a déjà complètement atteint son objectif, étouffera l'âme, et des jours viendront qui sembleront dépourvus de tout esprit et de toute signification.
Les aspirations à des idéaux nobles et sacrés cesseront, et l'esprit de la nation plongera et sombrera jusqu'à ce qu'une tempête de rébellion apparaisse, et les gens finiront par voir clairement que la puissance d'Israël réside dans sa sainteté éternelle, dans la lumière d'Hachem et de Sa Torah, dans l'aspiration à la lumière spirituelle qui est la valeur ultime, triomphant sur tous les mondes et toutes leurs puissances."

[divré Torah traduction & compilation personnelle issues de commentaires sur le Orot haTéhouva par le rav David Samson et Tsvi Fishman ]

Mitsva d’attendre le machia’h

Le 1er des 10 Commandements est : "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de l'esclavage" (Yitro 20,2).

-> Le Smak écrit :
"De la même manière qu'il nous incombe de croire que Hachem nous a fait sortir d'Egypte, nous devons également croire que Hachem nous fera sortir et nous rassemblera parmi les nations (c'est-à-dire également de l'exil actuel)."

Le Smak (mitsva n°1) est d'avis que croire en la venue du machia'h fait partie intégrante de la croyance selon laquelle Hachem nous a fait sortir d'Egypte. Ainsi, la première mitsva de la Torah (selon son décompte) est d'attendre activement et d'aspirer à la venue du machia'h.

Les anges qui influencent les clients

+ Les anges qui influencent les clients :

-> Rabbi Na'houm de Tchernobyl dit : "Une personne qui place l'entrée de son magasin face à la rue principale manque de émouna, car elle doit avoir la foi que les acheteurs entreront même si sa porte est sur le côté".
Il faisait remarquer que chaque non-juif est accompagné de deux anges qui le guident vers le magasin où il est destiné à acheter des marchandises.

[ à cette époque, la plupart des transactions commerciales concernaient des ventes à des non-juifs, raison pour laquelle Rabbi Na'houm a fait cette remarque en référence à un acheteur non juif. Mais cela vaut évidemment aussi pour les acheteurs juifs, comme nous le verrons juste après dans le séfer 'Hassidim. ]

-> Le rabbi de Klausenbourg, en rapportant cela, ajoutait qu'il avait trouvé une source à l'affirmation de Rabbi Na'houm dans le séfer 'Hassidim (309) : "Lorsque le mazal (destinée) d'un commerçant est en hausse, Hachem envoie des anges pour inciter les vendeurs à se rendre à l'endroit où il se trouve, et incite le marchand à acheter leurs marchandises. Ces anges incitent ensuite les acheteurs à venir vers le commerçant, ou incitent ce dernier à aller vers eux et à leur vendre ses marchandises".

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-> Lorsqu'avec honnêteté d'esprit, une personne investit les efforts qui sont nécessaires (et non excessifs) et laisse le reste entre les mains d'Hachem, alors Hachem lui fournit tout ce dont elle a besoin, comme le dit le verset : "Quant à celui qui se confie en Hachem, la bonté l'entoure" (Téhilim 32,10).
Cela est développé en détail dans le moussar, comme par le 'Hovot HaLévavot (chaar HaBita'hon).

Impact de la première pensée, parole, sur la sainteté de toute la journée

+ Impact de la première pensée, parole, sur la sainteté de toute la journée :

-> La parole et l'action trouvent leur source dans la pensée de l'homme. Si la pensée est pure et sainte, toutes les paroles et actions qui en découlent seront également pures et saintes.
Il est donc extrêmement important que la première pensée du matin soit appropriée, car elle donne le ton pour toute la journée.
De même, il faut veiller à "sanctifier et purifier sa première parole" chaque jour au réveil. Cela exige toutefois que la première pensée soit attachée à la sainteté.
[Baal Chem Tov]

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[un juif(ve) commence sa journée par "modé ani" (je Te remercie).
L'idée est que quoiqu'il arrive nous devons être vigilant à avoir des pensées positives et spirituelles, de la joie d'être juif, ... car cela aura un impact sur le restant de la journée. ]

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+ Premières pensées le matin :

-> Nos Sages traitent de l'importance et de la valeur des pensées qui nous viennent à l'esprit au réveil, de leur impact sur les mondes célestes et de leur influence sur notre âme tout au long de la journée.

-> Le Bné Yissa'har (Igra déPirka 205) suggère de veiller à commencer sa journée avec sainteté (kédoucha). Si l'on sanctifie le tout début de la journée, le reste de la journée suivra ce modèle.

-> Selon rabbi Méir miApta (Ohr laChamayim), lorsque l'on se réveille, alors que l'on est encore allongé dans son lit, il faut prendre l'habitude de trembler devant Hachem et de ressentir véritablement la crainte du Ciel. Le reste de sa journée sera alors rempli de sainteté.

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-> Le Bné Yissa'har (Déré'h Pikoudé'ha) déclare que dès qu'on sort du lit, on doit éveiller ses pensées et se consacrer à l'accomplissement de la mitsva de craindre Hachem. On doit observer la grandeur d'Hachem jusqu'à ce qu'on soit inspiré à craindre Hachem. On doit le faire chaque fois qu'on s'en souvient, et certainement avant de prier, d'étudier ou d'accomplir une mitsva.

-> Le rav Haïm de Volozhin (Kéter Roch - Hilkhot Talmud Torah 71) dit qu'il a été prouvé que lorsqu'on se lève le matin et qu'on accepte sincèrement le joug de la Torah de tout son cœur, en s'engageant à ignorer toutes les distractions, on mérite que son étude ne soit pas perturbé et on réussira certainement dans son étude de la Torah ce jour-là.
Selon l'intensité avec laquelle on accepte le joug de la Torah le matin, et selon le degré auquel on renforce sa résolution, c'est ainsi que Hachem nous aidera ce jour-là, et c'est ainsi que les distractions de cette journée seront éliminées.

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-> Un test décisif pour savoir où l'on en est dans son service de Hachem consiste à observer ses premières pensées dès le réveil. Si nos premières pensées concernent nos affaires et autres activités quotidiennes, on peut probablement supposer que notre cœur n'est pas concentré sur notre service d'Hachem et que nos pensées sont ancrées dans les affaires mondaines.
[par exemple: on fera l'effort d'atteindre un peu avant de regarder son téléphone. En ce sens, certains sages recommandent de terminer notre prière avant de regarder ses messages, emails. L'idée est qu'en consacrant nos premières forces à Hachem (le spirituel, le saint) [c'est ce qui est le plus important, l'essentiel], alors le restant de la journée s'en trouvera positivement impacter. ]
D'autre part, quelqu'un qui est motivé par la pureté constatera que dès son réveil, ses pensées seront concentrées sur la grandeur d'Hachem.
[Ohr haMéïr - chir hachirim 3,1]

-> Le Réchit 'Hokhma (chaar hakédoucha) écrit qu'il est recommandé de se lever dans la joie le matin. Il ne faut pas se lever en pensant que l'on porte un lourd fardeau, car on serait puni pour de telles pensées, comme le dit le verset : "Parce que tu n'as pas servi Hachem, ton D., avec joie" (Ki Tavo 28,47).
[Au réveil, on doit réaliser que ] nous nous tenons en présence du Roi suprême, et en présence de tous Ses serviteurs et servantes, et le Roi dit : "Je voudrais que tu sois l'un de Mes serviteurs qui chantent Mes louanges". Quel genre de serviteur ne serait pas disposé à servir le Roi (des rois)?
Il faut réfléchir : "Comment ai-je mérité d'être parmi les serviteurs qui se tiennent devant le Roi dans son palais?"
On doit également contempler toutes les bontés que le Roi nous a accordées, et ne pas les tenir pour acquises, mais plutôt se renforcer dans le service de son Roi.
On doit se comparer à un serviteur dont le maître lui a gracieusement accordé une avance sur son salaire. Un tel serviteur servirait certainement son maître avec empressement, avec un visage agréable et avec amour.

-> Le Chlah Hakadoch (chaar haOtiyot 1) décrit en détail comment il convient de se lever le matin.
Il faut se concentrer pleinement sur la contemplation de l'unicité d'Hachem et sur le fait qu'Il est le Saint, le Roi qui règne sur l'univers tout entier.
Il faut observer le ciel et la terre et méditer sur le verset : "Lève les yeux vers le ciel et contemple qui a créé tout cela" (Yéchayahou 40,26), car Hachem a tout créé à partir du néant absolu.
Il faut réfléchir à "Combien sont multiples Tes œuvres, Hachem" (Téhilim 104,24). Combien sont grandes les œuvres d'Hachem qui a créé la terre et tout ce qui s'y trouve, des êtres inanimés aux êtres les plus intelligents, l'océan et tout ce qu'il contient, les montagnes et les volcans en éruption.
Tout cela est comme un grain de moutarde par rapport au système solaire, et il en va de même pour chaque sphère par rapport à celle qui la surplombe.
L'univers tout entier n'est rien comparé à un ange, et il y a des milliers et des dizaines de milliers d'anges dans l'armée d'Hachem.
Tous ceux-ci ne sont rien en comparaison du Trône divin dans toute sa gloire, et le Trône n'est rien en comparaison de la gloire divine elle-même.
Hachem est la seule Cause, d'où tout émane, et il n'y a personne d'autre que Lui.
Lorsque vous méditez sur tout cela, vous serez rempli de crainte d'Hachem, et l'amour d'Hachem imprégnera également votre cœur, vous inspirant à vous attacher à Hachem.

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+ Priez pour que notre cœur soit totalement dévoué à Hachem :

-> Le Zohar 'Hadach écrit que la prière suivante doit être récitée au lever du matin : "Que ce soit Ta volonté, Hachem mon D., que mon cœur soit prêt et dévoué ; que je ne T'oublie pas."

Le Yaavetz (dans son siddour - Hanhagat Haboker 4) dit qu'il faut veiller à réciter cette prière avec les mains propres. Cependant, le 'Hida (Avodat haKodech - Kesher Godel 1,1) cite cette prière sans y mentionner le nom d'Hachem. Il dit donc qu'elle peut être récitée avec les mains impures, tout comme Modé Ani.

"A propos de celui qui se retient de regarder le mal et ferme les yeux, Hachem dit : 'Celui-là m’appartient.' "

[midrach rabba rapporté par le Pélé Yoets - entrée Regard]

La jalousie envers autrui

+ La jalousie envers autrui :

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1ere partie - drouch 5) explique la différence entre une faute envers son prochain (avéra ben adam la'makom) et une faute envers Hachem (avéra ben adam la'makom) en disant que lorsqu'on commet une faute contre Hachem, il est facile de regretter et de faire téchouva, mais lorsque l'on fait une faute envers son prochain, c'est beaucoup plus difficile.

Pour preuve, il note que si quelqu'un vient voir un Rav et lui dit qu'il a trouvé dans sa maison de la nourriture taréf (non cashère) ou du 'hametz à Pessa'h, et que le Rav lui dit qu'il doit s'en débarrasser immédiatement, il obéira à la décision, même s'il s'agit d'une perte monétaire importante. Il remerciera même le Rav de lui avoir évité une transgression.
Cependant, si une personne emmène son prochain à un din Torah et que les Dayanim décident qu'il doit payer 100 euros, elle n'appréciera pas cette décision et détestera les juges pour l'avoir fait payer.
Une personne n'est pas aussi bouleversée par le fait que de l'argent soit perdu que par le fait que de l'argent soit donné à son prochain, car elle deviendra jalouse de son prochain et lui en voudra pour l'argent.

Les Baalé Moussar écrivent que tel était l'état d'esprit d'Essav. Il ne se souciait pas vraiment des bénédictions qu'il avait perdus, et il aurait été satisfait de la bénédiction qu'il avait reçue de "vivre par l'épée" (Toldot 27,40). Mais : "Essav prit Yaakov en haine à cause de la bénédiction que son père lui avait donnée" (Toldot 27,41) = La seule raison pour laquelle il était contrarié était que Yaakov avait pris les bénédictions et qu'il était jaloux de lui.

On raconte que deux marchands vinrent un jour voir le rav 'Haïm Soloveitchik, le rav de Brisk, pour un din Torah. Après qu'ils eurent tous deux exposé leurs revendications, le rav de Brisk trancha en faveur de l'un d'entre eux, et l'autre marchand se mit en colère et cria que la décision était erronée.
Le rav de Brisk resta ferme et ordonna à l'homme de suivre sa décision. Après le départ de l'homme, rav 'Haïm demanda aux personnes présentes dans la salle : "Comment se fait-il que lorsqu'un rav décide qu'une vache valant des milliers de dollars est taréf, la décision est acceptée sans discussion, mais que lorsqu'un rav rend une décision contre quelqu'un dans un din Torah, même s'il ne s'agit que d'une petite somme d'argent, la décision n'est pas acceptée et la partie perdante pleure et se plaint?"

Personne n'ayant donné de réponse, le rav de Brisk dit : Je vais vous l'expliquer. La midda de la jalousie obscurcit l'esprit d'une personne. Une personne est prête à perdre des milliers de dollars tant que personne d'autre ne reçoit cet argent. Mais si quelqu'un d'autre prend son argent, il ne peut pas le supporter.

Il a utilisé cette idée pour expliquer le verset (Béréchit 4,6) qui dit qu'Hachem a demandé à Kayin : "Pourquoi es-tu contrarié?" Quelle était la question? Kayin était contrarié parce qu'Hachem n'avait pas accepté son korban. Que demandait Hachem?
La réponse est qu'Hachem demandait à Kayin s'il était vraiment contrarié que son offrande ait été rejetée, ou s'il était contrarié parce que celle de Hevel avait été acceptée.

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-> Rav Eliezer dit que la meilleure midda est d'avoir un "ayin tova" (Pirké Avot 2,12).

-> Rabbénou Yona explique que cela signifie le trait de générosité.
La raison pour laquelle il s'agit d'une si bonne midda est qu'une personne généreuse qui a un "bon œil" et voit le bien chez les autres sera digne d'acquérir toutes les autres bonnes middot.

Bikourim & gratitude envers Hachem

+ Bikourim & gratitude envers Hachem :

-> Le séfer Ha'Hinoukh (mitsva 16) dit que les actions d'une personne ont le pouvoir d'influencer son cœur et son processus de pensée, de manière positive ou négative.
De même, le séfer ha'Hinoukh écrit (en référence aux bikourim, mitsva 606) qu'en exprimant verbalement notre gratitude, nous éveillons notre cœur à ressentir sincèrement de la gratitude.
Lorsque nous accomplissons la mitsva de bikourim, nous faisons les deux : nous agissons d'abord en nous rendant à Jérusalem et en apportant les premiers fruits dans un panier.
Puis, une fois dans le Temple, nous exprimons notre gratitude à Hachem.
Quel effet puissant cela doit avoir sur les émotions et le processus de pensée de la personne, provoquant une transformation positive globale chez elle.

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[ainsi, plus nous multiplions les occasions de remercier Hachem (même sur des choses petites et habituelles de la vie), en le matérialisant par exemple par un sourire, une danse, un chant personnel à Hachem, alors plus nous influençons notre intériorité en l'illuminant d'amour et de confiance en papa Hachem. ]

Nos mitsvot arrosent notre confiance en Hachem

"Aie confiance en l’Eternel et agis bien; ainsi tu habiteras le pays en cultivant la loyauté" (Téhilim 37,3)

-> La foi grandit grâce à des bonnes actions constantes.
La confiance en Hachem seule est la racine, mais "faire le bien" est l'arrosage qui donne la vie. Sans pratique, même un forte bita'hon peut ne pas prendre racine dans ce monde.
[Sfar Emet - Vayéchev 5643 ]