Sainteté – Garder nos yeux (1ere partie)

+ Sainteté – Garder nos yeux (1ere partie) :

-> « Nous avons une tradition selon laquelle le yétser ara ne peut influencer que ce que les yeux d’une personne regardent » [Rava – guémara Sotah 8a]

-> Ne vous égarez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux qui vous entraînent à l’infidélité. » (Chéla’h Lé’ha 15,39)
Rachi commente : Le cœur et les yeux sont les explorateurs du corps et ils se font ses courtiers pour les péchés : l’œil voit, le cœur désire et le corps les commet.

[c’est notre regard sur la vie qui va nous pousser à fauter. En effet, si à l’image du roi David nous avions toujours D. en face de nous (shiviti Hachem lénegdi tamid – Téhilim 16,8), alors nous ne fauterions jamais!
Le rav Mordé’haï Gifter affirme : « Ce que tu vois est très dépendant de la direction vers laquelle est tournée ton cœur ».]

-> En ce sens, le Chem miChmouel (Lé’h Lé’ha) enseigne que là où se trouve l’esprit d’une personne, c’est là où elle se trouve. En effet, la totalité de notre être va être attiré vers ses pensées.

[on regarde la réalité de la vie en fonction de notre esprit.
Si l’on veut voir du positif ou du négatif, on trouvera toujours matière à alimenter un tel regard.
De même, une personne qui voudra avoir des visions interdites pourra toujours trouver de bonnes raisons justifiant son désir de les voir.]

<—>

-> « Une personne a 248 membres dans son corps, et tous suivent les yeux »
[midrach Chir haChirim rabba 4]

-> « Qu’est-ce qu’un homme?
Il est ce qu’il voit. »
[‘Hafets ‘Haïm – rapporté par le rav Yaakov Galinsky]

-> Le machia’h aura des yeux magnifiques car il n’aura jamais rien vu d’incorrect.
[Targoum Yonathan ben Ouziel – Béréchit 49,12]

Le rav Moché Shmouel Shapiro note que de toute évidence, ce qu’un juif voit l’affecte même physiquement.
Il cite l’exemple de Yaakov qui n’a été rassuré sur son fils Yossef, qu’une fois qu’il a pu observer sa totale sainteté dans ses yeux physiques, témoignant qu’il avait surmonté l’épreuve.
[« maintenant, je puis mourir après avoir vu ton visage » (Vayigach 46,30)]

<–>

-> « Dignes d’éloges sont ceux qui … ferment leurs yeux afin de ne pas profiter d’une sujet de faute dans ce monde. En effet, grâce à cela, ils vont mériter d’accueillir la Présence Divine [dans le monde à Venir]. »
[‘Hafets ‘Haïm – Ma’hané Israël – chap.12]

-> « Tandis que les autres [hommes] regardent [les femmes] et que lui ne le fait pas, il mérite [de recevoir] les grandes bontés qui sont entreposées de côté, comme il est écrit : « qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs, que Tu témoignes à ceux qui ont foi en Toi » (Téhilim 31,20).
Ses yeux seront alors rassasié de la splendeur de la Présence Divine, [comme il est écrit : ] « Tes yeux contempleront le Roi dans Sa beauté » (Yéchayahou 33,17) »
[Séfer ‘Hassidim – siman 9]

-> Celui qui fait attention à ne pas regarder une vision interdite, méritera de voir le rayonnement lumineux de la Torah.
[midrach Etamar p.317]

-> « Lorsque quelqu’un est poussé dans une épreuve [par le yétser ara a avoir une mauvaise vision,] et qu’il reste malgré tout solide, ne regardant pas ce qui est interdit, alors à ce moment la présence Divine est proche de lui, prête à le bénir et à accepter sa demande. »
[rav Its’hak Zilberstein, citant le Shomer Emounim (Séfer Kédouchat ha’Haïm)]

-> « Celui qui garde l’alliance des yeux aura une subsistance abondante.
[rav ‘Haïm Palaji – Tochachat ‘Haïm, rapporté dans le Nétivot haHalakha p.329]

A l’inverse, le Beit Avraham (Nétivot haHalakha p.315) affirme que celui qui ressent un plaisir au regard de visions interdites, aura sa subsistance proportionnellement réduite.

<—>

-> « Saches que les yeux ont un pouvoir d’influencer les choses pour le bien ou pour le mal …
C’est ainsi que Hachem a averti le peuple juif de ne même pas regarder les idoles, car en faisant cela on nourrit le yétser ara, qui en tire des forces … »
[rabbi Ména’hem Recanati]

-> Le rav ‘Haïm Chmoulévitch enseigne que nous nous lions à ce que nous voyons, et il rapporte que rabbi Yéhouda haNasssi affirmait qu’il était supérieur à ses camarades car il avait pu voir rabbi Méir, quoique seulement de l’arrière/dos.
De même, la guémara Yérouchalmi rapporte que rabbi Yo’hanan et Reich Lakich ont dit qu’ils ont mérité de comprendre la Torah uniquement parce qu’ils ont pu voir une seule fois les doigts de rabbi Yéhouda haNassi.

Rav ‘Haïm Chmoulévitch suggère à celui qui veut se débarrasser des dommages qu’il a causé en ayant pu regarder des choses interdites, de s’efforcer à regarder des personnes qui sont saintes (kadoch), et grâce à cela elle va acquérir de la sainteté.

=> Il en résulte qu’une vision n’est pas anodine, et nous influence positivement ou négativement.
A nous de prendre soin de ce pouvoir énorme que D. nous a confié.

L’importance de la sainteté – Garder nos yeux (2e partie)

+ L’importance de la sainteté – Garder nos yeux (2e partie) :

-> Par le mérite de celui qui préserve sa sainteté, un bouclier protecteur est créé [afin de protéger le peuple juif], si puissant qu’aucune force ennemie ne peut le casser.
[Zohar – Béréchit 66b]

-> Le Shomer Emounim (Séfer Taharat haKodech – maamar Chmirat Enayim chap.5) ajoute que garder ses yeux a une influence énorme sur le monde, pas uniquement matériellement, mais également spirituellement.
Il écrit que par le mérite d’un seul acte de protéger ses yeux, des centaines de personnes auront la capacité de surmonter les tentations liées à la sainteté.

[le Shomer Emounim développe l’idée qu’après notre mort, on nous montrera les milliers de personnes que nous avons sauvé de la mort physique, que nous avons permis d’éviter de fauter, … grâce à notre attitude de protéger nos yeux.
Dans ce monde, nous n’en avons pas conscience (libre arbitre oblige), mais l’impact est phénoménal!
=> Combien cela nous sera précieux pour avoir un bon jugement pour notre éternité!]

<—>

-> « Celui qui ferme les yeux pour ne pas se complaire au mal, celui-là habitera dans les hauteurs » (Yéchayahou 33,15-16)

Selon le Shomer Emounim (Séfer Taharat haKodech – maamar Chmirat Enayim chap.2), cela signifie que dans le futur, le lieu de résidence pour l’éternité de celui qui a préservé ses yeux, ne sera pas parmi les gens simples, mais plutôt parmi les tsadikim et les saints de la terre.

-> Le rav Moché Shmouel Shapiro, citant le rav Boruch Ber Leibowitz, dit : un élève de yéchiva qui reste fort [en gardant ses yeux] et qui continue à étudier la Torah, est sans aucun doute considéré par Hachem comme rabbi Akiva Eiger dans sa génération.

[le rav Leibowitz a vécu au début du 20e siècle, sans la présence d’internet, des smartphones, des habits féminins plus « sexy », … => de nos jours où les épreuves/tentations pour rester kadoch sont encore plus nombreuses, certes cela est difficile, c’est un défi permanent, mais cela témoigne que nous sommes portés en très très haute estime par Hachem.

Le rav Asher Arieli affirme qu’à notre génération, celui qui fait tout pour rester fort dans la sainteté (kédoucha), son niveau et sa proximité avec D. sont élevés au-delà de l’imaginable.]

<—>

-> Selon le rav Eliyahou Lopian, puisque nous sommes la génération qui accueillera le machia’h, c’est les derniers instants de bataille, et les forces du mal rassemblent ainsi toutes leurs forces pour nous éloigner de Hachem.
Ceci explique qu’il n’a jamais été si facile de tomber dans l’impureté, que de nos jours.

En ce sens, le rav Shimshon Pinkous a appelé internet : « la bombe atomique des forces du mal » (appuyer sur un simple bouton suffit à faire en nous des dégâts spirituels considérables!)

=> Plutôt que d’être déprimé par ses attaques visant notre sainteté, nous devons nous renforcer en affirmant sans cesse que c’est un signe évident de l’arrivée imminente du machia’h.
En effet, sinon pourquoi les forces du mal auraient-elles tant de moyens de nos jours, par rapport au passé.
==> Ainsi, comment puis-je me souiller alors que la fin est si proche!

<—>

-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik – Kédochim 12) enseigne :
« Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales, comme le Zohar (vol.II,184a) nous l’apprend : « la lumière la plus lumineuse est celle qui brille dans l’obscurité … Au final, il sera révélé que toutes les âmes d’Israël, Ta nation, sont des tsadikim [cf. « Ton peuple : tous sont tsadikim » (Yéchayahou 60,21)] … même quelqu’un qui a fauté dans ce sujet [de la sainteté].

C’est parce qu’en réalité notre désir est de faire Ta volonté, mais « la levure dans la pâte » (le yétser ara) nous en empêche …
Grâce à la téchouva tout peut être réparé … et davantage de lumière peut briller du milieu des ténèbres. »

=> Lorsque nous tombons dans la faute, au lieu de désespérer (je ne vaux rien! je suis nul), il faut avoir conscience que : « Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales ».
[ce n’est pas parce qu’actuellement je suis sale (sans l’avoir fait exprès!) que je ne vaux rien, au contraire!]
De plus, en faisant téchouva, nous avons la possibilité d’allumer dans l’obscurité de ce monde/notre vie, une lumière d’une intensité très élevée.

-> « Même une personne qui faute durant toute sa vie, elle peut quand même être considérée comme un tsadik, tant qu’elle n’abandonne jamais et qu’elle continue à se battre [pour vaincre son yétser ara]. »
[Séfer Ménou’ha véKédoucha – écrit par un élève du rav ‘Haïm de Volozhin]

-> « Rien ne peut s’opposer à la téchouva.
Même si quelqu’un a pu commettre toutes les fautes du monde, il pourra faire téchouva sur chacune d’elles »
[Chla haKadoch – Roch Hachana – Dérékh ‘Haïm To’ha’hat Moussar 114]

[Précision: une personne qui faute volontairement, pensant qu’elle pourra ensuite faire téchouva, il lui sera alors extrêmement difficile de le faire car ce qui l’a poussé à fauter est cette capacité à se faire pardonner]

L’importance de la sainteté (3e partie)

+ L’importance de la sainteté (3e partie) :

-> « Une simple [mauvaise] pensée laisse une marque et va souiller l’âme d’une personne au point où elle a besoin d’être punie au Guéhinam (Enfer) afin d’être purifiée [de cette faute] »
[rav Eliyahou Lopian – Lev Eliyahou – Shevivé Lev 21]

[à propos d’une pensée, on a malheureusement tendance à se dire : « Ce n’est pas si grave! c’est rien du tout! »]

-> Le Shomer Emounim (Séfer Taharat haKodech – Pgam haEnayim chap.1) écrit : « Chaque fois qu’on regarde de façon interdite une femme, nous réalisons une faute … et [à chaque fois] un ange du Mal est créé ».

[tant que l’on ne fait pas téchouva dessus, ces anges Accusateurs créés vont tout faire pour empêcher les bénédictions de venir sur nous, et au contraire nous attirer de mauvaises choses!]

<—>

-> Le Choul’han Aroukh (Even haEzer 21,1) statue : « Une personne doit beaucoup beaucoup s’éloigner des femmes [qui lui sont interdites]. »

Le Bach commente que l’on doit se protéger et mettre en place des barrières protectrices pour cette faute plus que pour toute autre, car par nature, un homme peut en venir à la désirer ardemment, plus que toute autre faute.

[Le Gaon de Vilna (Chir haChirim 2) dit qu’avec la diminution continuelle du niveau des générations (l’influence non-juive étant plus importante), de nouvelles protections sont nécessaires pour fermer les brèches »]

Le Beit Chmouël écrit qu’une personne habituée à cette faute aura davantage de difficulté à s’en séparer, plus que toute autre faute (d’où la nécessité de s’en éloigner plus que de toute autre faute).

<—>

-> Le roi Salomon, dans son dernier verset de Kohélét (12,14) écrit : « Toutes les actions, D. les appellera devant Son tribunal, même celles qui sont entièrement cachées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. »

Le Targoum commente :
« A la fin, toutes les choses réalisées en privé dans ce monde sont destinées à être rendues public, et révélées à l’ensemble de l’humanité!
C’est pourquoi, crains les paroles de Hachem et observes Ses mitsvot, ne fautes pas en secret … car Hachem amènera chaque acte au jour du Grand Jugement, et Il rendra public ce qui est [initialement] caché des gens, que ce soit bon ou du mauvais. »

[ainsi, lorsque notre yétser ara nous propose de fauter par la pensée en cachette, n’oublions pas de se rappeler qu’au final la terre entière sera au courant. Nous serons alors couvert de honte, et devrons payer très cher le prix d’avoir fauté, oubliant que rien n’échappe à D. ]

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach dit : « Mon père m’a enseigné qu’à chaque acte que nous faisons, nous devons nous imaginer qu’il est photographié/filmé par le Ciel [à la fois l’acte, et les pensées!].
Toute ma vie, j’ai peiné pour ressentir que des photos sont constamment prises sur toute chose. »

[la vidéo/photo de toute notre vie sera rendu public, et nous restera associée éternellement.
Si un géant en Torah a passé sa vie à travailler pour prendre conscience en détail d’une telle réalité, c’est que nous avons tous besoin d’en faire autant!]

<—>

-> « A chaque fois qu’une personne se prive d’un plaisir interdit de ce monde, afin d’être fidèle à la volonté de D. ; [il en résultera que plus tard,] au cours de sa vie, elle recevra un plaisir [d’intensité] similaire qui lui sera permis. »
[le Steïpler – Karyana déIgarta – vol.I, lettre 15]

=> En terme de sainteté, on ne perd jamais à renoncer à une mauvaise vision, une mauvaise pensée, …

<—>

-> « Celui qui essaie de préserver la pureté de sa pensée, et qui retire les mauvaises pensées, a essentiellement purifié le Kodech haKodachim (le Saint des Saints).

[selon le rav ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm), le corps de tout juif est similaire au Temple, et son cerveau est comme le Saint des Saints de ce Temple.
(ainsi lorsque nous avons une pensée interdite, c’est comme si nous avons commis une faute dans le lieu le plus saint du Temple!)]

Il a réalisé le même acte qu’on pu faire les ‘Hachmonaïm dans le Temple [au moment de ‘Hanoucca après que les romains l’avaient intégralement souillé] »

[rav Shimshon David Pinkous]

-> A la lumière de cela, nous pouvons comprendre l’affirmation de nos Sages : « Des pensées de faute sont pires que la faute elle-même » (guémara Yoma 29a)

=> Nous devons être particulièrement vigilants à garder la pureté de l’endroit le plus saint de notre corps.
En effet, il est plus grave d’y introduire des impuretés/saletés qu’ailleurs.

-> Le Sfat Emet explique que les mauvaises pensées entraînent davantage de dommages à l’âme, que de mauvais actes.
Par ailleurs, il est plus difficile d’arrêter d’agir ainsi, et de les rectifier (par exemple : on a tendance à les considérer à la légère : ce n’est que des pensées, ça arrive à tout le monde, et ce n’est pas comme si j’avais mal agi!).

<—>

-> Dans ce qui est relatif aux plaisirs interdits liés à la kédoucha, plus on s’y investit, plus on a davantage de désir d’en réaliser de nouveau.
[le Bach – Even haEzer 21,1]

-> « Il y a un petit d’organe chez l’homme, lorsqu’on l’affame il est rassasié, et lorsqu’on le rassasie il est affamé »
[guémara Soucca 52b ; Sanhédrin 107a]

=> Il en découle qu’on est alors perpétuellement dans un état de manque, de frustration de ne pouvoir totalement assouvir nos désirs.
Ainsi, c’est se refuser d’apprécier toute chose que l’on peut déjà avoir, car étant toujours à la recherche d’une nouvelle dose.

-> « Les juifs servent l’idolâtrie uniquement afin de pouvoir se permettre publiquement ce qui est lié aux relations sexuelles interdites (arayot). »
[guémara Sanhédrin 63b]

[l’homme a tendance à se créer son dieu personnel, qui va lui permettre d’accomplir ses envies, voir même de les justifier comme étant des mitsvot!]

<————->

-> « Même si quelqu’un a échoué à de nombreuses reprises [à préserver sa sainteté], s’il continue à se battre et qu’il réussit plusieurs fois, alors ses victoires sur son redoutable yétser ara vont brûler en lui et entraîner le déversement d’une Lumière de sainteté pas uniquement sur lui-même, mais également sur tous les Mondes.
Une grande partie des dommages qu’il a pu occasionner avec ses fautes sont alors réparée.

Il est impossible d’estimer l’énorme niveau de sainteté de celui qui a conquis ses désirs dans le feu de la force du yétser ara …
De même que la transgression est terrible, de même le mérite qu’il gagne [en dominant sa tentation] est impressionnant. »

[Steïpler – Karyana déIgarta – lettre 12]

<—>

-> « A celui qui domine son yétser ara dans le domaine lié aux relations sexuelles interdites (arayot), il est accordé un faisceau de lumière qui brille sur sa tête : une lumière qui était réellement visible à l’époque de nos Sages.

Réalisez également que celui surmonte son yétser ara, spécialement de nos jours, en l’honneur de Hachem, méritera sans aucun doute un niveau très élevé dans le monde à venir … et il méritera même dans ce monde, que lui et ses enfants soient parmi les puissants du peuple juif, accomplissant toujours ce qu’il est juste et correct. »

[‘Hafets ‘Haïm – Nid’hé Israël – chap.23]

=> Mon attitude m’impacte positivement, ainsi que tous mes descendants, ainsi que le monde entier.
[on peut y ajouter nos ancêtres qui reçoivent indirectement nos mérites.]

<—>

-> « Les portes de la sagesse en Torah sont fermées devant le fauteur. » (Zohar III,1123 ; Ohr ha’Haïm Dévarim 12,28).

Le rav Shmouël Wosner (Shéelot ouTéchouvot Shévét haLévi IV,160) commente qu’à l’image du feu et de l’eau qui ne peuvent pas co-exister dans un même récipient, de même il est impossible pour un juif d’avoir 2 désirs contraires dans son cœur.

[laisser ses yeux désirer des visions interdites, avoir de mauvaises pensées, … c’est faire partir nos désirs de grandir en Torah/spiritualité. D’une certaine façon, c’est se dévêtir de son habit de juif, pour celui d’animal (qui est au service de ses pulsions physiques).]

-> Le rav Yérou’ham Lévovitz (Daat ‘Hokhmat ouMoussar vol.II) écrit : « La Torah provient du Ciel, son existence est infiniment sainte, c’est la pureté ultime.
Toute personne qui souhaite s’en approcher doit se revêtir du maximum de sa sainteté personnelle, car sinon, il est impossible d’étudier la Torah, puisque sinon elle le quitte immédiatement. »

<———————->

+ Quelques exemples :

+++ 1°/ Yossef :

-> Yossef était tellement beau que les femmes égyptiennes montaient sur les murs afin de pouvoir y jeter un coup d’œil sur sa beauté lorsqu’il passait.
[celles qui épluchaient des légumes, se coupaient des doigts tellement elles étaient hypnotisées par sa beauté incroyable.
Les femmes égyptiennes lui envoyaient aussi des cadeaux/bijoux afin d’attirer son attention sur elles]

Mais le vertueux Yossef en détournait ses yeux, refusant d’y poser son regard.
[midrach Béréchit rabba 98,1]

Le midrach (Yalkout Chimoni Béréchit 49,161) ajoute : « il a ainsi mérité les 2 mondes (celui-ci et celui à Venir). »

[de même, il a fui avec la femme de Potiphar, ne prenant pas le risque de rester une seconde de plus, car lorsque les yeux voient … ]

-> La guémara (Sotah 36b) rapporte qu’au moment où la femme de Potiphar s’est approchée de lui pour lui attraper son vêtement (et le pousser à la faute), Yossef a vu une représentation de son père par la fenêtre.

Le ‘Hatam Sofer (Béréchit 18,1) explique que : « même si un juif a énormément fauté, il ne sera jamais rejeté, car il prend racine dans la sainteté ».

=> Ainsi, l’épisode de Yossef, nous renvoie au fait que tout juif a pour ancêtres les Patriarches, dont les mérites nous protègent et font que nous serons toujours aimés, importants aux yeux de D.
Et cela, en plus d’avoir en nous une partie Divine (l’âme), qui ne nous quitte pas et qui reste intrinsèquement toujours pure.

-> « Le 1er prérequis [pour le service Divin] est qu’une personne connaisse sa propre valeur, qu’elle réalise ses qualités, de même que ceux de ses ancêtres : leur grandeur, leur importance et leur affection aux yeux du Créateur »
[Rabbénou Yona – Chaaré Téchouva – début du chaar haavoda]

=> Plus nous avons en tête notre grandeur, plus nous avons conscience que Avraham, Its’hak et Yaakov nous regardent à chaque instant en souhaitant le meilleur pour nous, en tant que leur descendant, plus nous souhaitons sincèrement marcher dans leurs pas, en agissant de la manière la plus élevée, kadoch, en fonction de nos capacités propres.

Nous devons observer que : nous faisons partie de la lignée la plus prestigieuse du monde (Patriarches + nous sommes juifs!), nous possédons une âme provenant de l’intériorité de D. (et nous de l’extériorité comme chez les autres nations), … et cela doit nous conduire à voir les fautes avec davantage de mépris.
[comment quelqu’un d’aussi élevé que moi, peut-il s’abaisser si bas!]

<—>

+++ 2°/ Rabbi Akiva :

-> Lorsque rabbi Akiva est parti en exil, le monarque lui a envoyé 2 femmes exceptionnellement belles, et il les a paré comme des mariées, afin de pousser à la faute rabbi Akiva.

Pendant toute la nuit, elles ont essayé de l’amener à fauter.
L’une et l’autre lui disant : « Viens me voir! », il s’est assis entre elle, et leur a craché dessus.

Le lendemain, le monarque a interrogé rabbi Akiva : « Ne sont-elles pas magnifiques? Ne sont-elles pas des être humains comme toi? N’est-ce pas Celui qui t’a créé, qui les a créé? »

Rabbi Akiva a répondu : « Qu’aurais-je pu faire? Pour moi, elles sentaient comme de la chair de carcasses! »

[Avot déRabbi Nathan – chap.16]

-> Le Maor vaChémech (Mattot) explique que cela nous apprend qu’il faut développer un dégoût envers la faute, au moins où cela devient réellement répugnant.

Rabbi Akiva a tellement cultivé cela, que réellement il ressentait autant de dégoût qu’en présence d’une carcasse d’animaux délaissée et qui sent extrêmement mauvais.

[si nous mangeons un aliment nocif/répugnant, cela sera dégoûtant à nos yeux, alors à combien plus forte raison pour ce qui abîme notre âme, notre lien éternel avec Hachem et sur lequel nous devrons rendre des comptes.]

Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou vol.5) dit que la 1ere image est celle qui va produire l’impact le plus fort dans notre esprit.

<—>

-> De même que notre yétser ara utilise notre imagination au service de notre vision, nous devons en faire de même :

1°/ en développant un imaginaire effrayant associé à ce qui est lié à la faute, au yétser ara (chacun utilisant ce qui lui fait peur).
[la démarche doit rester positive, et dans un objectif de mieux démarquer notre chemin dans la vie face aux tentations/tempêtes du yétser ara.]

2°/ en développant les punitions que nous recevrons pour avoir commis une telle faute.
L’Alter de Kelm écrit : la majorité des gens pense que la différence entre un tsadik et un racha se trouve dans leur différence d’émouna : le tsadik croit en l’existence de D., et un racha non.
Cependant, en réalité la différence entre eux se trouve dans leur pouvoir d’imagination.

Le tsadik ancre dans son esprit une image la plus réaliste possible de la grandeur de Hachem, et de sa justice (tant en récompenses qu’en punitions), tandis que le racha ne le fait pas.

=> d’une certaine façon, un racha est une personne qui se laisse aller en terme d’imagination, plutôt que de s’en saisir et de l’utiliser au service d’une vie réussie selon les conseils de D.
Le yétser ara nous vend de l’illusion dans notre tête, et si nous n’y développons pas de la réalité, comment pouvons-nous lutter contre lui!

<———>

+++ 3°/ rabbi Tsadok :

-> « Lorsque Rabbi Tsadok a été capturé et transféré à Rome, une femme noble distinguée l’a pris et lui a envoyé une sublime servante.
A partir du moment où il l’a vue, il a placé ses yeux en face du mur, et s’est assis paisiblement pendant toute la nuit. »
[midrach Pessikta déRav Kehana]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm ne portait pas de lunettes, affirmant : « ce que je vois autour de moi est suffisant, pourquoi devrais-je regarder les choses plus distantes [avec tous les risques que cela comporte]. »

De même, il écrit (Chmirat haLachon vol.II) qu’il est particulièrement opportun de regarder ses tsitsits lorsque des pensées impures entrent dans notre esprit, car par cette vision notre inclinaison à la faute va être réduite.

[on voit ici comment nos yeux peuvent être impactés positivement ou négativement.]

-> « Dans chaque génération, il y a une épreuve particulièrement difficile, et dans notre génération, il s’agit de l’épreuve de la kédoucha (sainteté) »
[rav ‘Haïm Kanievsky]

<—>

-> « Tous les hauts et les bas spirituels d’un homme dépendent de la préservation de sa sainteté.
Les échecs dans ce domaine semblent agréables au début, mais se montrent amers à la fin.
En effet, au final ils augmentent les sentiments de tristesse et un manque d’accomplissement, et ils volent à une personne son bonheur dans la vie. »
[rav Shmouël Wosner – Shéelot ouTéchouvot Shévét haLévi IV,160]

[le but de notre vie est de se rapprocher de notre Créateur, or l’impureté nous en éloigne, ce qui génère obligatoire une frustration interne]

<—>

-> « Vous serez saints, car Je suis saint » (Kédochim 19,2)
Le Ramban commente : « Je souhaite que vous soyez saint, car ainsi vous serez adaptés à Moi, à s’attacher à Moi, car Je suis saint »

-> « Je suis Hachem qui vous a fait monter du pays d’Egypte » (Chémini 11,45)
Le Ibn Ezra explique : « Je vous ai sorti d’Egypte uniquement pour être votre D. ; si vous ne serez pas saint alors Je ne serais pas votre D.
Si vous désirez que Je sois votre D., alors soyez saints! »

-> « Vous serez saints … Je vous ai distingués d’entre les peuples pour que vous soyez à Moi » (Kédochim 20,26).
Le rav Na’houm Kister (béNétivot haHalakha vol.45) enseigne que la sainteté est la force qui sépare les juifs de la bassesse des autres nations, et elle permet de se lier exclusivement avec Hachem.

-> « Vous ne vous rendrez pas impurs par elles [les pratiques immorales des autres nations], Je suis Hachem votre D. » (A’haré Mot 18,30)
Rachi commente : Si vous vous rendez impurs par ces fautes, Je ne serai plus votre D., car vous vous serez séparés de Moi.

En ce sens, Bil’am a envoyé les femmes moabites pour pousser à la faute les hommes juifs (guémara Sanhédrin 106a).
De même, le midrach (Yalkout Chimoni Esther 1057), affirme que Haman a manigancé le festin du roi A’hachvéroch avec un même objectif (faire fauter les juifs avec des femmes!).

« Celui qui empêche ses yeux de voir tout spectacle incorrect méritera de contempler la présence Divine.
Comme le dit le prophète : « Et qui ferme les yeux pour ne pas se complaire au mal … tes yeux contempleront le Roi dans Sa beauté » (Yéchayahou 33,15-17). »

[midrach Vayikra rabba 23,13]

<—>

-> « Détourne mes yeux de la vue de choses frivoles, fais-moi vivre dans Tes voies » (le roi David – Téhilim 119,37)

« La sainteté, c’est le fait d’être attaché à Hachem de telle façon, que quoi qu’on fasse, on ne se détache pas de Lui, au point que les choses matérielles qu’on utilise dans un but quelconque se trouvent élevées par cette utilisation, qui ne fait rien perdre à l’homme de son attachement à D. et de son niveau. »

[Ram’hal – Messilat Yécharim]

« A chaque fois qu’il y a une protection contre l’immoralité, il y a de la kédoucha (sainteté).« 

[midrach Vayikra rabba 32,5]