« Celui qui garde ses yeux devient un chariot de la présence divine, et il est considéré comme ayant amené tous les sacrifices.
Ses prières ne sont pas repoussées, et il lui est garanti le succès dans toutes ses actions. »

[‘Hida – Rabbi ‘Haïm Yossef David Azoulaï]

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-> Celui qui garde ses yeux aura sa vie qui sera prolongée (Ibn Ezra), et le monde entier se maintient par son mérite (Réchit ‘Hokhma 88,13).

-> Celui qui garde ses yeux prendra plaisir dans son étude de la Torah et dans ses prières, et ses yeux pourront discerner la sagesse de la Torah.
[Beit Avraham – paracha Tazria]

-> Une personne demanda à Baba Salé pourquoi ses prières étaient ignorées, tandis que celle de Baba Salé étaient répondues.
Il lui répondit : « C’est parce que je garde mes yeux et ma bouche ».
[rapporté par le rav Yéhouda Tsadka]

-> « Il existe une recommandation qui marche toujours [pour développer durablement en nous de la véritable crainte de D., et c’est] : garder ses yeux et sa langue. »
[Baba Méïr – Rabbi Méir Abi’hssira – un des fils de Baba Salé]

-> « Lorsqu’une personne ferme ses yeux pour éviter une vision interdite, c’est pour elle un moment opportun pour faire une demande à Hachem »
[le Chomer Emounim – Rabbi Avraham Roth]

-> La meilleure barrière contre la faute, réside dans le fait de [savoir] fermer ses yeux.
[Rabbi Shlomo Ibn Gabirol]

« Si un juif n’a pas été vigilant, de son vivant, quant à ce que ses yeux regardaient et qu’il s’est autorisé à porter son regard sur ce que la Torah interdit, il doit savoir clairement que dans le monde futur il sera comme un aveugle et ne pourra contempler la lumière divine.
[…]
Nos Sages enseignent : si l’homme se sanctifie un peu, alors D. le sanctifie beaucoup …
Lorsque Hachem voit qu’un homme fait un peu plier son yétser ara et tend légèrement vers la sainteté, Il lui envoie un abondant flux de sainteté.
[…]
Lorsque l’homme se sanctifie dans ce monde-ci, alors D. le sanctifie dans le monde futur : au moment où il monte au ciel et doit se tenir devant le trône divin, on le revêt des vêtements splendides et fastueux de la sainteté. »

[le ‘Hafets ‘Haïm – Chmirat haLachon – 2e partie]

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-> Le ‘Hafets ‘Haïm ne portait pas de lunettes bien qu’il ait la vue basse, et il disait à ce sujet : « Que gagnerai-je à voir de loin? »

-> « Le roi David priait pour que ses yeux ne voient pas des choses vaines …
Les pensées et les actes de l’homme sont influencés par ce que ses yeux voient, en bien ou en mal, car l’œil voit, le cœur désire et les membres commettent la faute.
[…]
A l’opposé, voir une bonne chose influence vers le bien, créé une envie de se calquer sur ce modèle …
C’est la raison pour laquelle, en ce qui concerne l’accomplissement des mitsvot, nos Sages enjoignent : « C’est mon D. et je l’embellirai » (Béchala’h 15,2) : apporte un soin esthétique à leur réalisation, décore ta Soucca, procure-toi un beau Shofar, un beau Loulav, de beaux tsitsit, car tout ce qui ravit le regard influence la conduite de l’homme, en bien comme en mal. »

[hé’Hafets ‘Haïm ‘hayav vépaolo]

« A propos de celui qui se retient de regarder le mal et ferme les yeux, Hachem dit : ‘Celui-là m’appartient.’  »

[midrach rabba rapporté par le Pélé Yoets – entrée Regard]

« Vous n’explorerez pas à la suite de votre cœur et à la suite de vos yeux, par lesquels vous vous égarez » (Chéla’h Lé’ha 15,39)

-> Rachi de commenter : « Le cœur et les yeux sont les explorateurs du corps et l’attirent vers la faute, le cœur convoite, les yeux voient puis le corps commet la faute »

-> D. nous dit : « Si tu Me donnes ton cœur et tes yeux, alors je saurai que tu es Mien »
[guémara Yérouchalmi Béra’hot 5,5]

-> « Le yétser hara n’a de contrôle que sur ce que les yeux regardent »
[guémara Sota 8a]

-> « Celui qui ferme les yeux pour ne pas voir le mal, celui-là habitera dans les hauteurs (proche de D.) »
[Yéchayahou 33,15-16]

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-> Il existe 2 types de mitsvot : faire (assé) ou ne pas faire quelque chose (lo ta’assé).

Nous avons trop tendance à sous valoriser l’importance des mitsvot de type : ne pas faire (pensant à tord que l’essentiel est dans le faire quelque chose selon la volonté de D.).
Mais en réalité, nous aurons plus de récompenses pour le fait de se retenir de faire une faute, que pour la réalisation d’une mitsva.

Un midrach (michna Ouktsin 3,12) enseigne que D. donnera à chacun des tsadikim : 310 « mondes » comme récompense.
Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou – Béréchit) dit que 300 « mondes » sont donnés au tsadik car il s’est détourné du mal (sour méra), tandis que seulement 10 « mondes » lui seront donnés pour la réalisation de ses bonnes actions (assé tov).

Quel contraste!!

Il peut sembler plus facile de vibrer, de retirer de la spiritualité lorsque l’on accomplit une mitsva (fêter un yom tov, étudier une guémara passionnante, prier avec ferveur, …), que de se priver de réaliser une action (un petit goût amer de frustration s’en retire, en opposition avec la joie résultant de l’action).

L’essence, la base d’un juif est le fait de se détourner, d’éviter le mal (sour méra).

N’oublions pas que le « sour méra » surpasse le « assé tov », et donne une récompense qui lui est 30 fois supérieure!

=> Ainsi, par exemple, en lien avec notre dvar Torah, ne négligeons pas et ne sous-estimons pas l’importance, l’impact, du fait de détourner son regard d’une vision interdite.

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-> Le Beis Avraham (Rabbi Avraham Weinberg) a dit lors d’une visite à Tibériade (il y a environ 80 ans) :
« Ne dites pas que les générations antérieures étaient beaucoup plus grandes que la nôtre.
[…]
De nos jours, lorsque nous marchons dans les rues et que nous préservons notre kédoucha (sainteté), nous sommes beaucoup plus grands que les générations passées. »

Personne à part Hachem ne peut savoir ce que je vois, ce que je pense.
Ainsi, dans l’intimité de mon esprit, de ma maison, j’ai la possibilité d’agir de façon pure, entière avec D., lui témoignant que rien ne peut lui être caché (akol galouï léfané’ha).
Mon intériorité et mon extériorité sont identiques : tout propres!

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-> Rav Yossef, fils de Rabbi Yéhochoua ben Lévi a survécu à une mort clinique, et à son réveil, il a raconté ce qu’il a vu :
« J’ai vu le monde à l’envers : [les gens] qui sont élevés dans ce monde sont bas dans le monde à venir, et ceux qui sont bas dans ce monde, sont élevés dans le monde à venir »
[guémara Pessa’him 50a]

Il peut nous sembler qu’une personne est faible dans un domaine, mais on ne sait pas toute la lutte qu’elle a fait pour être à ce niveau.
Par exemple, dans la kédoucha, seul D. peut avoir conscience des sacrifices, des efforts que nous sommes prêt à concéder pour Lui rester fidèle.

Dans ce monde, devant les projecteurs, en public, certaines personnes ont des facilités pour faire le beau avec peu.
Mais, dans le monde à venir, la vérité éclatera, et nous verrons clairement comment chacun aura été prêt à souffrir pour exprimer son potentiel dans la réalité.
Les petits d’un jour, deviendront les géants de l’éternité.

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-> « Vous serez pour Moi un royaume de Cohanim et un peuple saint » (Chémot 19,6)

-> Nos Sages nous disent que nous faisons tous partie de la royauté : « Tous les juifs sont des princes ».
[Michna Shabbath – chap.14 – kol Israël béné méla’him ém]

Qu’est-ce qu’un prince?
Une personne qui arrive à se maîtriser, à se contrôler : avec elle-même et avec autrui.

-> Le Kouzari (maamar 3) d’enseigner :
« Un prince doit contrôler ses sens, son mental et ses capacités physiques, comme il est écrit : « Celui qui domine ses passions est supérieur à un preneur de villes » (Michlé 16,32).
Il a le mérite de régner, car s’il était prince sur un pays, il serait le même qu’il est avec son corps.
Il a pris le contrôle de ses passions … »

=> b »h, Tâchons de faire honneur à notre statut de princes, en préservant autant que possible notre kédoucha.

« La kédoucha préserve l’unité des mondes, et l’impureté est le fauteur de troubles qui sépare ceux qui sont proches »

[Rav Shlomo Wolbe]

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C’est ainsi, que la sainteté va nous permettre de nous lier avec D., tandis que l’impureté va venir faire écran, faire interférence dans notre relation d’intimité, de grande proximité avec Lui.
D. qui est si proche, nous paraît alors si loin …

Préserver la kédoucha, c’est dire à D. : Je veux te sentir dans mes bras!!

Le racha et ses yeux

+ Le racha et ses yeux :

-> La Torah nous met en garde : « Ne vous égarez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité » (Bamidbar 15,39)

Le mot : « racha » (רשע) peut former : « shar ayin » (שר ע – les yeux vont dominer).
Une personne mauvaise (racha) laisse une totale liberté à ses yeux, sans chercher à les protéger.

Le mot : « Israël » (ישראל) permet de former : « li rosh » (לי ראש – j’ai une tête), indiquant le fait que j’ai un intellect qui va commander ce que je dois faire ou ne pas faire.
D’ailleurs, le mot : « roch » (ראש – tête) peut former : « shar aleph » (שר א – le Un, D. me domine).

=> Israël correspond ainsi à : « li shar aleph » (לי שר א).
Ma définition de ce qui est bien ou mal, ce que je peux faire ou ne pas faire, … vient de la volonté de D., et est mise en place par ma tête, qui « tient la boutique ».
A l’inverse, se tient le racha, qui se laisse aller selon ses envies.

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-> Reich Lakich dit : « Un regard porté sur une femme est pire que l’acte intime proprement dit » (guémara Yoma 74b)

Ailleurs, nos Sages affirment également que : « Penser à la faute est pire que la faute elle-même » (guémara Yoma 29a)

=> Nous sommes incapables de mesurer l’impact de nos pensées (c’est pas si grave! je n’ai presque rien fait de mal!).
Pourtant, nos Sages révèlent que dans ce domaine, l’imagination surpasse la réalité, son effet étant des plus destructeurs, et c’est notre manque de conscience de ce fait qui nous empêche de nous en éloigner totalement.

[la pensée étant plus facile et rapide à concevoir que la réalité, nous pouvons ainsi accomplir de très nombreuses fautes, qui sont plus graves que si on les avait réellement faites.
En plus d’éviter de telles pensées, nous devons nous habituer à tout de suite faire téchouva, et demander de l’aide à Hachem pour rester dans la sainteté.]

« Si les personnes qui se laissent librement aller à leurs envies, savaient à quel point les tsadikim éprouvent du plaisir, elles deviendraient des tsadikim du jour au lendemain »

[Rabbi Bounim de Pschicha]