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La prière … (par le rav Wolbe)

+ La prière … (par le rav Wolbe)

"Chaque fois que nous prions, nous développons une nouvelle perception de notre relation avec D.

Cela nous permet d’être attentifs à notre proximité ou à notre éloignement de Lui.
Le mot hébreu pour la prière est Téfila, dont la racine n’est pas "prier" mais juger (léHitpallel, littéralement : se juger).

Le matin, en commençant une nouvelle journée, puis l’après-midi, et le soir, nous nous jugeons devant D.
Sommes-nous devenus plus proches, ou moins proches ?
Les prières devraient être pour nous les points culminants de la journée.

Ce ne sont pas des moments intimes où nous nous échappons de la vie.
Bien au contraire, tout tourne autour d’un principe de base de la vie juive : être proche de D. dans toutes nos actions.
3 fois par jour, le juif a la possibilité d’approcher D. directement.

Je médite, je réfléchis, je prends conscience de D., et je Le loue.
Je constate un tel grand manque en moi et dans la société, alors je demande, je prie.
Je me rends compte de tous Ses bienfaits envers moi : alors je Le remercie.

Il est écrit dans la guémara Ta’anit (2a) : ""Pour Le servir de tout votre coeur". Quel est le service qui se loge dans le cœur ? C’est la prière. "

Le Ram’hal (Messilat Yécharim) de dire : "Ce culte consiste à s’isoler dans son cœur avec le Créateur, à Lui parler comme on parlerait à un ami, un ami qui entend et qui prête oreille. "

Toujours les mêmes textes dans la prière ?
Oui, mais cela ne me dérange pas. Car c’est à moi de modifier mon approche vis-à-vis de ces prières, car je suis différent chaque fois que je vais prier.

Pour quelle raison demande-t-on toujours les mêmes requêtes ? N’est-ce pas un outrage à la royauté que de demander à un roi 2 fois la même chose ?
Et ici, de le Lui demander mille fois par an ?

En fait, comment pourrais-je prier pour ce qui me manque ?
D. envoie une maladie, et je prierais, moi, pour qu’Il l’enlève ?
D. envoie le dénuement, et je prierais pour la richesse ?
D. envoie l’exil, et nous demanderions le rassemblement de la diaspora ?
C’est D. qui décrète, et Il sait ce qui est bon pour nous.

Mais le sens de la prière n’est pas d’obtenir précisément ce qui nous manque.

"(Quand) tu diras en ton cœur : "C’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras qui m’a valu cette richesse. " (Alors) tu te souviendras que c’est D. qui t’octroie la force d’entreprendre ces guerres. " (Dévarim 8,17-18)

Et comment "nous souvenir" ?
Car sans cette remémoration, il n’y a aucune place à la foi dans la providence divine.
C’est ici que se manifeste la prière.

Et c’est en ce sens que la mitsva de prier nous fut donnée par la Torah, et que les hommes de la grande assemblée, le prophète Ezra et son tribunal, après l'exil de Babylone (environ 350 avant l’ère vulgaire) établirent les formules de la prière.

D. n’a aucunement besoin de nos prières.
Il sait ce qui est bon pour nous.
C’est nous qui, en fait, avons besoin de la prière : pour que jamais nous n’oubliions qu’elle est la seule possibilité au monde qui permette la réussite.

Ce à quoi nous pensons lorsque nous prions n’est pas nécessairement que D. accomplisse notre volonté, mais simplement au fait de renforcer en nous la foi que seul D. peut nous offrir la réussite.

Les étrangers demandent parfois si ce n’est pas ennuyeux de demander toujours la même chose.
Pas du tout !
Car chaque jour et à chaque moment nous pouvons ressentir à nouveau combien nous dépendons de l’aide de D. pour tout ce que nous devons faire.
Et c’est ce que nous formulons dans nos prières.

La prise de conscience de cette réalité ne doit pas être superficielle.
Le moment de la prière doit être utilisé pour ancrer en nous la foi.

"De tout votre cœur et de toute votre âme" = par la concentration de toutes nos forces.
La volonté infaillible, jusqu’au don de soi, de se rapprocher de D. : c’est cela une prière du profond du cœur.

Pas de prière pour "se rendre quitte".
Pas de prière par habitude. Ne pas se presser.
La prière s’élève dans les plus hautes sphères du monde. (guémara Béra’hot 6b)."

"La vie fait de nous tous des guerriers.
Afin d'en sortir vainqueurs, nous devons nous armer avec la plus puissante des armes.
Cette arme est : la prière."

[Rabbi Na'hman de Breslev]

L’essentiel et le superflu

+ L'essentiel et le superflu :

-> On raconte sur le 'Hazon Ich qu'il priait toujours Min'ha Guédola (la prière de l'après-midi peut se faire dès la mi-journée) dès que l'heure de cette prière arrivait.

L'un de ses disciples le questionna : "Rav, selon la Halakha pure, il est préférable de prier Min'ha Kétana et non Min'ha Guédola. Pourquoi le Rav prie-t-il Min'ha Guédola?"
Le Hazon Ich lui répondit : "Tu as raison, mais je ne peux pas m'en empêcher! Dès qu'arrive le moment de la prière, mon âme explose de joie à l'idée de pouvoir m'adresser à Hachem!"

C'est la différence entre les hommes pieux et le reste du monde : certaines personnes ont comme pôle d'intérêt principal la nourriture, le sommeil ... et à côté, ils prient et étudient, car ils sont tenus de le faire.
Chez les tsadikim, c'est exactement l'inverse : l'étude et la prière sont leurs priorités, leur désir profond. Ils mangent et dorment, car c'est une obligation.

Shema Israël

La récitation du Shéma Israël, qui est une proclamation de foi dans le D. unique, est le fondement de toutes les mitsvot.
Les trois paragraphes du Shéma comprennent 248 mots ; par leur lecture, on répare les atteintes portées aux 248 parties de l'âme.

De plus, nos maîtres, de mémoire bénie, affirment : "Réciter le Shéma deux fois par jour, c'est comme accomplir la Torah tout entière" (guémara Ména'hot 99b), car il est dit : "Tu la méditeras jour et nuit" (Yéhochoua 1,8).
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,6]

Malheur à celui qui bavarde dans la synagogue car, par son attitude désobligeante, il établit une séparation entre lui et Hachem et se montre un homme de peu de foi en agissant comme si D. n'existait pas et comme s'il n'avait pas peur de Lui.
[Zohar - Térouma 131b]

Venir en avance à la synagogue = avoir un lien privilégie avec Hachem

+ Venir en avance à la synagogue = avoir un lien privilégie avec Hachem :

-> Heureux est le peuple saint, car Hachem l'appelle à se rapprocher de Lui. En conséquence, ce peuple saint doit s'attacher à Lui en venant tôt à la synagogue, où Il se trouve; ceux qui arrivent les premiers méritent le nom de "justes".
Certes, il est dit par ailleurs (Béra'hot 6b) que Hachem se met en colère quand Il vient à la synagogue et n'y trouve pas dix hommes, le quorum requis pour que Sa présence y réside.

Dans ces conditions, pourquoi est-il recommandé d'arriver parmi les premiers?
On peut répondre à cette question par la parabole suivante: C'est comparable à un roi qui a convoqué tous les habitants d'une ville à tel endroit et à telle heure. L'un des habitants vient en avance, tandis que les autres sont encore en train de se préparer.
Quand le roi arrive et lui demande où sont les autres, il répond : "Moi je suis venu en avance; eux, ils vont venir par la suite, conformément à l'ordre du roi!".
De la sorte, il devient le favori du roi. Lorsque les autres arrivent, ils trouvent grâce devant lui et il les renvoie en paix. Mais si le roi n'avait pas été rassuré par celui qui est venu en avance sur les intentions des autres habitants, il se serait mis immédiatement en colère.

De même, dès lors que l'un des fidèles arrive en avance à la synagogue, c'est comme si les autres s'y trouvaient déjà, car il est leur représentant. Aussitôt, la Présence divine s'attache à lui et lui confère le statut de «juste».
S'il n'avait pas été là, Hachem aurait dit : "Pourquoi suis-Je venu sans qu'il y ait quelqu'un" (un fidèle en avance) (Yéchayahou 50,2) avec qui établir des liens étroits.
[Zohar - Térouma 131a]

Une fois qu’une personne a compris cette règle, qui est une règle fondamentale stipulant qu’il n’y a absolument aucune barrière entre une personne (juive) et Hachem lorsqu’elle prie ou étudie.
Et même si des pensées indésirables surgissent dans son esprit, ce ne sont que des voiles et des masques derrière lesquels Hachem se cache ; dès lors qu’on réalise que Hachem se cache là, Il n’est plus caché.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 85]

Tikoun Haklali

-> "Les dix types de chants qui constituent les Téhilim ont le pouvoir d'annuler la klipa (l'écorce, l'impureté) de l' "Autre Côté" (les forces du mal). L'impureté la plus destructrice provient de la "semence gaspillée", causée par la klipa connue sous le nom de Lilith.
Les Téhilim ont le pouvoir de la rectifier, ce qui est confirmé par le fait que les termes TéHiLiM et LILITh ont la même valeur numérique [en ajoutant à Lilith le chiffre 5, correspondant au nombre des lettres de ce mot.]
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I, 205 ]

-> Pour chaque péché, il existe une rectification prescrite.
Pour réparer les dommages spirituels causés par un péché particulier, nous devons appliquer le remède spécifique à ce péché. Cette rectification s'avère d'une très grande difficulté si chaque faute doit être traitée particulièrement. Il existe cependant, comme l'enseigne rabbi Na'hman (Likouté Moharan I 29,4) un Remède Général (Tikoun Haklali) qui a le pouvoir de rectifier tous les péchés.

Le Remède Général se compose des dix types de mélodies des Téhilim. N'importe quel ensemble de dix Téhilim inclut ces dix types de mélodie, mais ce sont cependant les dix Téhilim spécifiquement prescrits pour la rectification de la pollution nocturne qui sont connus pour être le Remède Général.
Ce sont les Téhilim : 16, 32, 41, 42, 59, 77, 90, 105, 137, 150.
En récitant ces dix Téhilim, on peut rectifier les dommages spirituels causés par la semence gaspillée et tous les autres péchés, et s'en repentir (il serait bon si possible de s'immerger, auparavant, dans un mikvé).

-> Rabbi Na'hman (Si'hot Haran 141) dit : "De nombreux Tsadikim de grande renommée ont cherché ce remède et ont travaillé avec acharnement pour le trouver ... Quant à moi, avec l'aide de Dieu, j'ai eu le mérite de percer ce secret et révéler ce remède au monde entier. Il s'agit d'une chose tout à fait nouvelle. C'est un remède merveilleux et extraordinaire.
Depuis le temps de la création, ce remède n'avait pas encore été révélé ... Sortez, diffusez l'enseignement des dix Téhilim à tous les hommes. Bien qu'il semble facile de les réciter, dans la pratique, c'est une chose encore difficile à réaliser".

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-> Rabbi Nathan (Likouté Moharan II, 92) écrit :
"Le Remède Général (Tikoun Haklali) constitue une rectification extrêmement efficace. Puisse-t-il par cela nous accorder le mérite de voir l'avènement du machia'h, le retour des exilés et la reconstruction de Jérusalem. Amen."

"Le peuple juif n'a été délivré d'Égypte que par la prière" (midrach Chémot rabba 38,4 )

Pas par la force. Pas par une stratégie d'une intelligence redoutable.
Seulement par la prière.

"Si l’on recule de 3 pas à la fin de la amida (la partie centrale de la prière) et que l’on n’est pas une personne différente, c’est que la prière a été un échec. "

[Rabbi Akiva Tatz - au nom de nos Sages]

Le Rav de dire à ce sujet :
"Ce que D. désire en 1er lieu dans notre prière, c’est que nous nous mettions en position de demandeurs.
Ceci implique que c’est bien à Hachem que nous attribuerons clairement la réalisation de notre demande. "