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"Ils étaient [à peine] sortis de la ville, ne s'en étaient pas éloignés, que Yossef dit à l'intendant de sa maison : "Lève-toi, poursuis les hommes, rattrape-les"" (Mikets 44,4)

=> Pourquoi précisément avant qu'ils ne se soient éloignés de la ville ?

-> Certains expliquent que si les frères s'étaient éloignés de la ville, ils ne se seraient pas sentis obligés d'obéir aux instructions de Yossef, ou pire encore, ils auraient pu réagir par la force.
Une autre approche consiste à dire que Yossef souhaitait minimiser l'épreuve que représentait pour eux le fait de revenir sur leurs pas.

Le Imré Emet proposent une nouvelle explication. La halakha stipule que la Téfilat haDéré'h (la prière du voyageur) ne doit être récitée qu'après avoir déjà parcouru la mesure d'une parcha (voir Béra'hot 30a).
Yossef était conscient de l'efficacité de cette prière pour protéger ceux qui la récitent. Il a donc demandé à ses hommes de rattraper les frères avant qu'ils ne récitent cette prière, afin de réussir à les éliminer.

Cela expliquerait également l'insistance de Yossef pour que les sacs des frères soient chargés de céréales. Son intention était de les alourdir afin de ralentir leur allure.

"Ils s'approchèrent de l'homme qui gouvernait la maison de Yossef et lui parlèrent, à l'entrée de la maison" (Mikets 43,19)

=> Pourquoi à l'entrée de la maison ?

-> Le Imré Emet cite une explication du Sifté Cohen.
Avant le départ des frères pour l'Egypte, Yaakov avait prié en leur nom pour qu'El Shadaï vous accorde la miséricorde devant cet homme (Mikets 43,14).
En arrivant à la maison de Yossef, ils remarquèrent le montant de la porte et se rappelèrent la mézouza qui est généralement placée à cet endroit dans une maison juive. Comme l'extérieur d'une mézouza est traditionnellement orné du nom El Shadaï, les frères se sont souvenus de la prière de leur père et ont senti que le moment et l'endroit étaient propices. Ils ont donc saisi l'occasion.

"Le maître échanson parla devant Pharaon : "[Ce sont] mes fautes [que] je rappelle aujourd'hui" (Mikets 41,9)

-> Le Imré Emet discerne dans ces excuses une allusion à l'esprit du jour. Nos Sages (tant dans la guémara (Roch Hachana 10b) que dans le Zohar (Vaéra 30b)) nous disent que cet événement s'est produit à Roch Hachana, un jour où la confession des fautes est découragée (voir Magen Avraham 584,2).
En tant que tel, le maître échanson s'est excusé de rappeler son infraction, ne le faisant que pour le plus grand bien de Pharaon.

"Pharaon nomma Yossef Tsafnat-panéa'h" (Mikets 41,45)

-> Rachi explique le nom Tsafnat-panéa'h comme signifiant "Révélateur des choses cachées" - tsafnat signifiant "caché" et panéa'h signifiant "révélation", faisant référence au penchant de Yossef pour l'interprétation des rêves.
Le Sfat Emet (5644) demande : pourquoi n'est-il pas alors nommé : "Panéa'h-tsafnat" ?

Il explique qu'il existe 12 portails célestes par lesquels sont acheminées toutes les richesses matérielles de ce monde, un pour chaque mois de l'année.
Conformément au principe selon lequel notre monde se compose de trois dimensions parallèles (l'espace, le temps et l'homme), chacun de ces portails correspond à l'un des 12 Shévatim. (à l'instar de ce système, le roi Shlomo a nommé 12 fonctionnaires pour gérer les revenus royaux, un par mois).

Au-delà de ces portails, il existe une valve de contrôle qui régule la bonté avant qu'elle ne soit convertie de sa forme éthérée à son état plus physique.
Le parallèle avec cette situation dans le temps est le jour du Shabbath, qui est la source de toute subsistance et qui, paradoxalement, n'est pas ouvertement manifesté, c'est-à-dire qu'aucune manne n'est tombée et que nous ne prions pas pour la subsistance dans les prières du Shabbath (voir Zohar Yitro 88a).

Le parallèle humain est Yossef, qui se trouvait lui aussi sur un échelon plus élevé que les autres Shévatim. C'est pour cette raison qu'il est décrit (Béréchit 42,6) comme le "monarque sur la terre (c'est-à-dire maître de tout le système de portails), car il était le seul à distribuer la nourriture pour tout le peuple (c'est-à-dire par lequel toute la générosité est régulée)" (Mikets 42,6).
À l'instar de la valve de contrôle céleste et du Chabbath, Yossef est caché en dépit de sa suprématie. C'est pourquoi son titre le décrit comme un "dissimulateur de choses révélées".

Cela permet également de comprendre le manque d'appréciation des frères à l'égard de la suprématie de Yossef, puisqu'elle leur a été dissimulée de manière caractéristique. Nous pouvons également mieux comprendre l'importance de l'identité de Yossef qui est restée cachée aux frères pendant leur rencontre en Égypte.

L’intégrité de Yossef

+ "Yossef répondit à Pharaon, disant : "C'est au-dessus de moi ; c'est D. qui répondra du bien être de Pharaon! " (Mikets 41;16)

Rashi :
"loin de moi" = la sagesse n'est pas de moi
"D. répondra" = D. mettra une réponse dans ma bouche pour le bien-être de Pharaon.

Dans son intégrité, Yossef, refuse de reconnaître les pouvoirs surnaturels qu'on lui prête, et ainsi de s'attribuer des honneurs, en dépit du risque bien réel que Pharaon le renvoie en prison, s'il ne décèle rien de particulier en lui.

Mikets & ‘Hanoucca

Paracha de la semaine : paracha Mikets :

Cette paracha commence :
- 2 ans, jour pour jour, après la libération du maître échanson ;
- 12 ans après que Yossef ai été jeté en prison ;
- Yossef a 30 ans, Yaakov a 120 ans et Its'hak a 180 ans (c'est à cette époque qu'il décède).

++ Nombre de mots dans la paracha = 2025 = allusion à la fête de 'Hannoucca.

En effet :
- les 8 soirs de 'Hannoucca, nous allumons un nouveau nér (mot ayant une guématria de 250, soit durant les 8 jours : 8*250 = 2000) ;
- la fête débute le 25 Kislev
=== ainsi le nombre : 2025 (2000+25), fait allusion aux lumières et à la date de 'Hannoucca = nombre de mot de la paracha mikets, habituellement lue pendant cette fête.

Source : 'Houmach Artscroll 

[ Il n’empêche que lorsque l’on compte soi-même les mots de la Paracha, nous n’en trouvons que 2024!
Le Gaon de Vilna propose donc, pour trouver le juste nombre, de compter double le mot אַבְרֵךְ Avrékh (dit à propos de Yossef : "Il le fit monter sur son second char ; on cria devant lui : Avrêkh (אַבְרֵךְ) et il fut installé chef de tout le pays d’Égypte" (Mikets 41, 43), car ce terme est interprété comme la composition des mots: אב (Av) et רך (Rekh). ]

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-> Le Mégalé Amoukot (rabbi Nathan Shapira) écrit que la pureté et la sainteté de Yossef ont permis d'annuler les forces négatives (klipa) de la Grèce (Yavan). En effet, la guématria de : Yossef (יוסף) est de 156, qui est la même que : "mélé'h yavan" (מלך יון - le roi de Grèce) et également que Antiochus (אנטיוכס). La culture grecque se tient à l'opposé de l'attribut de sainteté de Yossef, et c'est d'ailleurs pour cette raison que les grecs ont interdit entre autre la mitsva de la brit mila, qui est le symbole de la sainteté de Yossef.
Ils voulaient développer l'immoralité, ce que Yossef a totalement évité, bien que résidant en Egypte, la capitale de la corruption et de la débauche.

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-> Selon le 'Hida, les premiers mots de la paracha Mikets correspondent au miracle de 'Hanoucca.
En effet, les lettres des mots : "וַיְהִי, מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים" permettent de former (acronyme) : וכאשר יוחנן השמיד יונים מבית קדשנו צונו שנדליק נרות תמניא יומי מחנוכה יניחנה מצד ימין מהיוצא (Et lorsque Yonathan a détruit les grecs de notre saint Temple, nous avons reçu le commandement d'allumer 8 jours de 'Hanoucca, positionné sur le côté droit de la porte d'entrée [lorsqu'on] sort).

-> Le rav Ye'hezkel Eliyahou Horowitz fait remarquer :
- la guématria du 1er verset de la paracha : וַיְהִי, מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים; וּפַרְעֹה חֹלֵם, וְהִנֵּה עֹמֵד עַל-הַיְאֹר (Mikets 41,1) est de 2114, qui est la même que : קבעו שמונת ימי חנוכה להודות ולהלל לשמך הגדול ([Nos Sages] ont établi 8 jours de 'Hanoucca pour remercier et louer Son grand Nom [Hachem]).

- "Il (Yossef) répondit : Ce que vous dites maintenant est juste" (Mikets 44,10 - וַיֹּאמֶר, גַּם-עַתָּה כְדִבְרֵיכֶם כֶּן-הוּא)
Les mots : "גַּם-עַתָּה" ont une guématria de 518, qui est identique à : "להדליק נר חנוכה" ;
Les mots : "כְדִבְרֵיכֶם כֶּן-הוּא" ont une guématria de 378, qui correspond à : "בחסד ורחמים".
C'est allusion au fait que les tsadikim au moment d'allumer les bougies de 'Hanoucca, ont la capacité d'amener de la bonté et des libérations aux autres.

Paracha mikets

-          « Ce fut à la fin de 2 ans et Pharaon rêve» (mikets 41,1)

[Léka’h Tov] – Si Yossef n’avait pas manqué de confiance en D. (« Parle de moi à Pharaon »), Pharaon aurait eut ce rêve 2 ans plus tôt (béreshit rabba 89,3). La cause de tous les événements est en réalité un décret d’ordre divin. Les réponses à tous nos problèmes sont déjà en place dans le Ciel. Gardons patience et acceptons toujours sereinement le décret divin. Dans le cas contraire, on n’en sortira jamais gagnant.

D’ailleurs, on remarque par la suite que Yossef a retenu la leçon (verset 41,15-16) :

« ils sortirent Yossef en hâte (de la prison) …

Pharaon : j’ai entendu dire sur toi que tu comprends un rêve pour l’interpréter

Yossef : loin de moi (Rachi : la sagesse n’est pas de moi), D. répondra " (Rachi : il mettra une réponse dans ma bouche).

Ainsi, Yossef répondit de façon instinctive (dans la hâte) qu’aucune force au monde ne fait naître des événements si ce n’est la volonté de D. (on doit juste ouvrir la bouche en sachant l’origine des paroles).

-          « Là-bas était avec nous un jeune hébreu, esclave du chef des bouchers» (mikets 41,12)

[Léka’h Tov] – Tout en se gardant de prononcer des mensonges qui pourraient un jour se retourner contre lui, le chef des échansons dépose dans le cœur de Pharaon l’idée que Yossef était :

« Jeune = sot et qui n’est pas digne de grandeur ;

Hébreu = même notre langue, il ne la connaît pas ;

Esclave = selon les statuts de l’Egypte un esclave ne peut ni régner, ni porter des vêtements de princes » (Rachi sur ce verset 41,12).

La 1ere impression est toujours celle qui se grave le plus profondément dans l’esprit humain. Il est ensuite très difficile de s’en défaire. Ainsi, le fait de médire n’a pas seulement un effet immédiat (un à-priori négatif), il greffe fortement un sentiment négatif qui perdure pendant des années et est très difficile à faire oublier.