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"Les enfants d'Israël camperont, chacun dans son camp et chacun sous sa bannière, selon leurs légions" (Bamidbar 1,52)

-> Selon l'Alter de Kelm, les déplacements des juifs dans le désert nous enseigne l'importance de maintenir de l'ordre dans notre vie.

Il compare cela à un collier de perles.
Les perles ont beaucoup plus de valeur que la ficelle, mais sans sa présence elles se détacheraient et seraient perdues.

De même, l'ordre protège des pertes dans l'accomplissement des mitsvot : nous avons un lieu et un moment désignés pour prier, pour étudier la Torah, ...

-> A Pessa'h, moment de liberté suite à la sortie d'Egypte, on a un Séder (un ordre) que nous devons suivre scrupuleusement.

L'ordre, la discipline, représente ce que nous voulons véritablement faire.
Le laisser faire représente ce que nos humeurs, nos envies du moment décident de faire pour nous.

=> Pour être sûr d'être pleinement soi-même, il faut suivre cette ficelle durant notre vie, afin d'y mettre un maximum de perles (nos belles actions).

+ Le mot Bamidbar ...

Le mot "bamidbar" (במדבר) peut se lire en 2 mots : "bam dabeir" (בם דבר - d'eux vous devrez en parler).

La guémara (Yoma 19b) commente les mots : "védibarta bam" par : tu parleras [de Torah] et non pas de paroles vaines, inutiles (dévarim bétélim).

Les lettres du : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית - Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי - michna Béra'hot).

=> Dans nos discussions, le mot bamidbar vient nous demander de parler de Torah, qui est composée d'une partie écrite et orale, en faisant le vide autour de nous (à l'image d'un désert, vide de toute fioriture).

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"D. parla à Moché dans le désert du Sinaï" (bémidbar Sinaï - Bamidbar 1,1)

Le Sinaï est une partie du désert dans lequel ont résidé les juifs durant leur séjour de 40 ans.
Pourquoi alors la Torah ne dit-elle pas uniquement : "D. parla à Moché à Sinaï"?

Les termes : "bémidbar Sinaï" (dans le désert de Sinaï), ont une valeur numérique de : 378, qui est la même que le mot : "béshalom" (en paix).
Le 'Hida ajoute que la plupart des années, nous lisons cette paracha de Bamidbar le Shabbath précédant Shavouot. Cela est un rappel sur l'importance de chercher à augmenter l'unité et la réalisation de mitsvot envers son prochain, afin de pouvoir mériter de recevoir la Torah.

-> "Israël campa là en face de la montagne" (Yitro 19,2)
Rachi de commenter : "le verbe (camper) est au singulier, à la différence des verbes précédents, pour enseigner que la multitude des enfants d'Israël a campé comme un seul homme, animé d'un seul et même désir".

Selon le Or ha'Haïm = "[les juifs] se sont humblement soumis à la parole de D., car les paroles de la Torah ne demeurent que chez ceux qui se jugent aussi peu importants qu'un désert".

=> Un pré-requis pour recevoir la Torah est le shalom.

"Les enfants d'Israël camperont chacun dans son camp et chacun sous sa bannière selon leurs légions" (Bamidbar 1,52)

La notion de bannière va bien au-delà d'un simple bout de tissu, de chiffon attaché à un morceau de bois.
Nos Sages (Midrach Bamidbar Rabba 2) de nous enseigner :
"Lorsque D. se révéla sur le mont Sinaï, 22 myriades d'anges descendirent en Sa compagnie, et ils étaient disposés en cortèges sous des bannières distinctes.
Quand Israël les vit, rangés sous des étendards distincts, il commença à éprouver l'envie d'avoir des bannières.
Il [Israël] se dit : Ah! comme il serait bon que nous puissions être rangés sous des bannières comme eux ...

D. leur dit : Vous aspirez ardemment à être rangés sous des bannières!
Par votre vie, J'accomplirai votre souhait!

Immédiatement,D. fit preuve de son amour envers Israël et dit à Moché : Va, place-les sous des bannières comme ils le désirent, chaque homme sous sa bannière selon mes signes. "

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-> "Ils dirent à Moché : "Parle-nous, toi, et nous entendrons ; et que D. ne nous parle pas de peur que nous mourrions" (Yitro 20,16)

Les anges sont les intermédiaires entre le monde supérieur et notre monde.
Ils vont par exemple prendre nos prières et les apporter dans les sphères supérieures.

Au-moment du don de la Torah, les juifs ont été dépassés par les 2 premiers Commandements donnés directement par Hachem, et ils ont fait l'erreur de souhaiter un intermédiaire (cf.verset ci-dessus).

Lorsque les juifs ont demandé des bannières, ils ont rectifié leur mauvaise compréhension passée.
En effet, ils ont fait cette demande afin de ressembler aux anges qui communiquent directement avec Hachem.
Par là, le peuple juif veut être connecté au plus proche de D., même s'il n'est pas capable de le supporter.

[le Chem miChmouel]

"Ce sont là les descendants d'Aharon et de Moché" (Bamidbar 3,1)

-> La descendance principale et véritable des tsadikim réside dans leurs bonnes actions. (midrach Béréchit raba 30,60)

Si une personne saisit toute la profondeur de ce sujet, elle comprendra que c’est bel et bien vrai, non seulement dans un sens abstrait, mais aussi d’une manière très concrète, car, comme nous le savons : "Pour chaque mitsva qu’une personne accomplit, un ange (défenseur) est créé" (Pirké Avot 4,10).
Il est évident qu’un ange est supérieur à un être humain ; par conséquent, la descendance créée par les bonnes actions d’une personne est supérieure à sa descendance physique ...

"Ce sont là les descendants d'Aharon et de Moché" (Bamidbar 3,1)
Les anges créés à partir des actions de Moché et d’Aharon étaient plus grands que tous les autres anges créés à partir des bonnes actions d’autrui, et ils étaient certainement plus grands que la descendance physique de Moché et d’Aharon.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bamidbar 3,1]

Bamidbar – La force de l’unité

+ Bamidbar - La force de l'unité :

-> Les cinquante premiers versets de la paracha Bamidbar sont consacrés au recensement des Bné Israel par Moshé et Aharon.
Le Ramban (Bamidbar 1,3) souligne qu'au lieu de se voir dire : "tispor" (comptez), Moché et Aharon se voient ordonner : "tifkédou" (se souvenir, prendre note). Hachem leur a donc demandé de ne pas compter directement la nation, mais plutôt de collecter un demi-shekel auprès de chaque individu, prenant ainsi note de chacun d'entre eux.

Moché et Aharon ont dû utiliser cette méthode car la Torah interdit de compter directement les juifs.
Rabbénou Bé'chayé (Ki Tissa 30,12) explique que cette interdiction protège l'individu.
Lorsque des individus sont comptés et donc distingués, leurs fautes le sont aussi et ils sont susceptibles d'être punis.
En revanche, lorsqu'une personne fait partie d'un groupe, ses défauts sont moins visibles [au Ciel]. Cela est dû au fait que la nouvelle entité formée par les individus est entièrement bonne.
[ce concept est souligné par le fait que le mot "tsibour" partage la même guématria que ""לֹא הִבִּיט אָוֶן בְּיַעֲקֹב" ([Hachem] n'a pas vu d'iniquité dans [les enfants de Yaakov] - Balak 23,21). La communauté (tsibour) dans son ensemble est sans faute. ]

Le Ramban (Bamidbar 1,45) explique que grâce au fait que chaque personne est incluse dans le collectif, alors chacun en partage ainsi ses mérites.

Cette différence entre le fait d'être distingué du tsibour et celui d'être inclus en son sein a également des ramifications halakhiques.
La guémara (Avoda Zara 4b) stipule que pendant les trois premières heures de la journée de Roch Hachana, on ne doit pas faire la prière de Moussaf en l'absence de l'assemblée.
Puisque Hachem juge durant cette période, Il pourrait évaluer les actions d'un individu et rejeter sa prière. Cependant, si une personne prie avec une assemblée, les nombreux mérites de celle-ci la protégeront.
De même, les Tossafot (Roch Hachana 16a) demandent pourquoi nous continuons à prier pour la guérison et d'autres choses semblables tout au long de l'année si tout est décrété à Roch Hachana. Ils répondent que la prière communautaire peut annuler n'importe quel décret.
C'est pourquoi, explique le Zohar, lorsque le prophète Elicha a proposé d'intercéder pour la femme Shounamite le jour de Roch Hachana, celle-ci a répondu : "J'habite parmi ma nation" (Méla'him II 4,13). Elle disait : "Ne me mets pas à part, car le tsibour est encore plus puissant que la prière du prophète d'Hachem."
[rabbi 'Haïm Chmoulévitch - Si'hot Moussar, 5733:18]

-> également, sur le fait de prier avec la communauté : https://todahm.com/2016/12/27/prier-avec-la-communaute

-> Le mot "vayakél" (et il s'est rassemblé) partage la guématria que "mikvé" (soit 151), le moyen qui permet à quelqu'un de devenir pur (en s'y immergeant).
Ainsi, lorsque des individus s'unissent, une nouvelle entité pure est formée. Cet assemblage sans faute possède des pouvoirs extraordinaires.
[rav David Rosman]

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+ Se préparer pour Shavouot :

-> Le début de la paracha Bamidbar nous enseigne l'importance de l'unité. Il n'est donc pas étonnant que le Tour (Ora'h 'Haïm 428) indique que cette paracha doit être lue avant Shavouot. En fait, elle est presque toujours lue le Shabbath précédant immédiatement ce Yom Tov.
L'unité des Bné Israel est cruciale à Shavouot, lorsque nous célébrons notre acceptation de la Torah.
Avant de recevoir la Torah, "Israël campa au pied de la montagne" (Yitro 19,2). Rachi note que la Torah utilise le singulier "vayi'han" (il a campé), au lieu du pluriel "vaya'hanou" (ils ont campé), parce que les Bné Israël étaient tellement unis au mont Sinaï que c'était comme s'ils ne formaient qu'une seule personne.
Le Tossefot Rabbénou Efraïm ajoute que "bamidbar Sinaï" (dans le désert du Sinaï) a la même guématria (378) que "béshalom" (en paix).

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch ajoute que ce n'est pas une simple coïncidence historique que les Bné Israël aient atteint l'unité à ce moment-là. La Torah nous enseigne plutôt que l'unité est une condition préalable à la réception de la Torah.
Il est tout à fait approprié de lire cette paracha, qui met l'accent sur l'unité, avant Shavouot, lorsque nous recevons notre portion de Torah pour l'année à venir.

-> Le Bein Haftara léParacha met en avant selon l'encyclopédie Talmudis, presque chaque semaine de l'année a de multiples coutumes quant à la haftorah qui doit être lue (ex: tel passage pour les achkénazés, tel pour les séfarades). Pour les parachiyot Kédochim et Massé par exemple, il existe 10 coutumes différentes!
Cependant, il y a un Shabbat où toutes les communautés juives lisent la même haftora = c'est lors de la paracha Bamidbar.
Cette exception est peut-être la façon dont Hachem nous aide à nous unir le Shabbat qui précède Shavouot.

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+ Le kidouch Lévana :

-> L'étude de la Torah ne se limite pas à l'acquisition de connaissances. Il s'agit d'entrer en contact avec Hachem de la manière la plus profonde qui soit. Essentiellement, apprendre la Torah revient à accueillir la Ché'hina.
Par conséquent, l'unité requise pour recevoir la Torah est également une condition préalable à l'accueil de la Ché'hina. En effet, le Zohar affirme que la Ché'hina ne réside parmi les juifs que lorsque nous sommes unifiés.

Puisque la paracha Bamidbar est lue avant Shavouot, qui a lieu au début du mois de Sivan, le kidouch Lévana est récité à peu près au même moment.
La guémara (Sanhédrin 42a) dit qu'il faut se lever pour le Kidouch Lévana afin "d'honorer la Ché'hina qu'on salue".
La Guemara ajoute : "Mareimar et Rav Ashi étaient mikatfi et béniraient la nouvelle lune".
Le Yad Rama explique que ces sages âgés se tenaient debout en s'appuyant sur les katfi (épaules) de leurs assistants.

Un autre avis : selon le Bach (Tour OH 426:2), Mareimar et le Rav Ashi honoraient la Ché'hina en se tenant debout, épaule contre épaule, tout en récitant la bénédiction. Se tenir ensemble signifie l'unité, et lorsqu'une nation salue son Roi dans cet état, c'est un grand honneur pour Lui.

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+ Amener la guéouala :

-> Pour mériter la guéoula, nous avons besoin d'unité.
Le Chla haKadoch (Vayé'hi - Déreh 'Haïm To'hachot moussar 3) explique que c'était l'intention de Yaakov Avinou lorsqu'il a demandé à ses fils de se rassembler afin qu'il puisse leur révéler le moment où tous les exils prendraient fin. (Vayé'hi 49,1 - Rachi)
Il demandait à ses fils de se rassembler, de s'unir, comme condition de la guéoula.

[ Sur la base de cette explication, le Chla haKadoch résout une difficulté soulevée par les Richonim. Après la mort de Yaakov, les frères de Yossef l'informent que leur père lui a ordonné de leur pardonner (Vayé'hi 50,16).
Les Rishonim demandent où ce commandement apparaît-il.
Le Chla haKadoch suggère qu'il est implicite (dans Vayé'hi 49,1). Puisque Yaakov recherchait l'unité, il leur demandait de se pardonner les uns les autres. ]

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël 1) note que גלה (exil) ne diffère de גאל (rédemption/guéoula) que par une seule lettre. Lorsque les juifs sont unis, cette unité est représentée par la lettre alef, dont la guématria est un, et ils sont dignes de la rédemption.
Cependant, lorsqu'ils perdent leur sens de l'unité, la lettre alef se transforme en hé. Cette lettre, dont la guématria est cinq, représente la dispersion des juifs aux quatre coins du globe et même en son centre. Lorsque nous manquons d'unité, le résultat est l'exil.

"Ils prendront tous les ustensiles du service avec lesquels ils accompliront le service dans le Sanctuaire." (Bamidbar 4,12)

Le Or ha'Haïm commente :
"J'ai lu dans les écrits de pieux maîtres d'Israël que la bouche des étudiants de la Torah a le statut d' "ustensile avec lequel on accomplit le service du Sanctuaire".

Car il n'est pas de plus grande sainteté que celle de la Torah.

Telle est la raison pour laquelle, au milieu de l'étude, il est interdit de s'interrompre pour émettre des paroles qui ne relèvent pas de celle-ci, même si, émanant d'une personne qui n'est pas en train d'étudier, ces propos ne seraient pas prohibés."

 

Source (b"h) : issu du "talelei Oroth" du rav Yissa’har Dov Rubin

"Ils campaient ainsi par bannières et ils marchaient dans cet ordre, chacun selon sa famille, près de sa maison paternelle." (Bamidbar 2,34)

Le peuple juif a voyagé dans le désert en 4 groupes, chacun constitué de 3 tribus, chacun ayant sa propre bannière .

Il est à noter que dans chacun de ces 4 groupes, le nasi (chef) de la tribu du milieu avait un nom contenant le nom de D. : "El" :

-> à l'est (bannière de Yéhouda) : la tribu de Yissa'har était au milieu de ce groupe de 3 tribus avec pour nasi : Nétan-EL ;
-> au sud (bannière de Réouven) : la tribu de Shimon était au milieu avec pour nasi : Shloumi-EL ;
-> à l'ouest (bannière de Ephraïm) : celle de Ménaché était au milieu avec pour nasi : Gamli-EL ;
-> au nord (bannière de Dan) : celle de Achèr était au milieu avec pour nasi : Pagi-EL.

=> Cela nous apprend que D. reste constamment au milieu de la communauté juive, comme il est dit : "Leur camp au milieu duquel je réside" (Bamidbar 5,3).

Dans la paracha suivante (Nasso), on a le déroulement concernant les offrandes apportées par les princes (nasi) au moment de l'inauguration de l'Autel.
On avait :
- Nétanel qui a apporté son offrande le 2e jour ;
- Shloumiel qui a apporté son offrande le 5e jour ;
- Gamliel qui l'a apporté le 8e jour ;
- Pagiel qui l'a apporté le 11e jour.

Lorsque l'on additionne ces jours (2+5+8+11), on obtient : 26, qui est la valeur numérique du nom de D., dans sa bonté (le Tétragramme).

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+ Supplément :

"Rangés chacun sous une bannière distincte, d'après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d'Israël" (Bamidbar 2,2)

Comment s'est faite la structure de campement du peuple juif dans le désert?

Les 12 tribus étaient répartis en 4 groupes, ayant chacun sa bannière.
Ce système de bannières a été établi par Yaakov, au moment où il a demandé à être enterré en Israël.
Il a alors enseigné à ses enfants l'emplacement de chacun au moment où l'on portera son cercueil.

Lorsque Yaakov a donné ses bénédictions à Ménaché et Ephraïm, il est dit : "II plaça Ephraïm avant Ménaché." (Béréchit 48,20).
Rachi de commenter : afin de placer Ephraïm avant Ménaché dans la formation des bannières.
C'est ainsi, que l'on trouve dans notre paracha : "La bannière du camp d'Ephraïm, avec ses légions, occupera le couchant ... Près de lui, la tribu de Ménaché." (Bamidbar 2,18-20)

On peut aussi noter que les 2 phrases suivantes ont la même guématria (1653) :
- "II plaça Ephraïm avant Ménaché." (Béréchit 48,20)
- "Les enfants d'Israël se fixeront chacun dans son camp et chacun sous sa bannière" (Bamidbar 1,52)

- וַיָּשֶׂם אֶת-אֶפְרַיִם, לִפְנֵי מְנַשֶּׁה
- וְחָנוּ, בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אִישׁ עַל-מַחֲנֵהוּ וְאִישׁ עַל-דִּגְלוֹ

Source (b"h) : traduction & compilation personnelle d'un dvar Torah du Rabbi Moshe Bogomilsky (Védibarta Bam)

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-> "Lorsque les juifs ont campé dans le désert, ils l'ont fait d'une manière serrée et avec une formation particulière.
Personne ne s'est plaint de sa place, et personne n'a cherché à changer sa situation dans la configuration globale.
Nous devons également suivre cette qualité de nos ancêtres, en ne nous disputant pas concernant notre place dans la synagogue ou à savoir qui doit avoir le siège le plus honorifique et respectable.
Ce n'est pas la place qui amène l'honneur d'une personne, mais c'est la personne qui amène l'honneur à sa place."
[rabbi Zalman Sorotzkin - Oznaïm laTorah]

[chaque juif est unique, et a un apport unique, indispensable à amener à l'histoire juive.
A l'image d'un morceau de musique, c'est lorsque chacune des notes est à la bonne place, que c'est le plus jolie, réussi.
Acceptons humblement la place que D. nous octroie dans ce monde, et contribuons ainsi de notre mieux à la réussite globale de la nation juive!

A l'image d'une armée, chaque unité est nécessaire pour la victoire globale face aux forces du mal,et ainsi faire gagner/rayonner la présence Divine dans ce monde!
Et si chacun n'est pas à sa place, ne joue pas son rôle, alors c'est le chaos, la déroute assurée!
Tâchons ainsi de taire notre égo, au profit de la bonne réussite collective!]

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1137) enseigne :
Le midrach (rabba 2,3) rapporte que Hachem dit : "Moché, ne t’inquiète pas. Ils n’ont pas besoin de tes consignes ; ils connaissent d’eux-mêmes leurs places. Ils ont entre leurs mains le testament de leur père Yaakov leur indiquant la manière dont ils doivent camper selon leurs bannières. Je ne leur apprends rien de nouveau, puisque Yaakov leur a transmis cet ordre : la disposition qu’ils avaient lorsqu’ils entourèrent son lit de mort et le portèrent sera aussi celle qu’ils adopteront autour du tabernacle."
[...]
"Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la Tente d’assignation qu’ils seront campés" (Bamidbar 2,2) = Si nos ancêtres campaient certes selon des bannières distinctes, le fait qu’ils étaient autour de la Tente d’assignation (Ohel Moed), c’est-à-dire autour de la Torah, ôtait tout risque de querelle. Car, si tous visent le même but, aspirent à satisfaire la volonté de leur Père céleste, il ne peut y avoir de différend entre eux.
[les juifs ne forment qu'une seule et même entité [spirituelle], que seul la matière divise. Plus la spiritualité a une place centrale par rapport à la matérialité plus il y a de l'unité!]
[...]
Lorsque nous campons tous autour de la Tente d’assignation, avons le même objectif, nous ne sommes pas en conflit, mais, au contraire, une merveilleuse atmosphère de solidarité préside. Dans une telle situation, nous sommes tous frères, aussi, le pays d’origine et la tendance religieuse de chacun importent peu. Nous sommes tous les descendants d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov et désirons contenter le Créateur."
[on agit pas pour combler notre égo, mais pour combler [de fierté, de joie] notre papa Hachem!]

"Aharon et ses enfants viendront ... et recouvriront l'arche" (Bamidbar 4,5)

=> La Torah confie aux Cohanim le rôle de couvrir les ustensiles du Michkan, et non aux simples Lévi'im. Ce qui paraît étonnant. Qu'y avait-il de si important dans ce travail qui ne le rendait possible que par les Cohanim?
Même le rôle de transporter l'arche sainte, qui semble être une tâche plus noble, revenait aux Lévi'im de la famille de Kehat, et non obligatoirement à des Cohanim !

-> Le rav Moché Feinstein explique :
C'est que normalement les ustensiles de sainteté doivent être découverts. On ne doit pas cacher la vérité de la Torah ni en omettre certains détails. Cela porte atteinte à l'entièreté de la Torah. On a le devoir d'appliquer la Torah dans toute son entièreté. On n'est pas habileté à manipuler les paroles de Torah avec une sorte de légèreté pour se permettre certaines choses qui pourraient nous arranger, dans un cas où la Torah se montre rigoureuse.
On ne fait pas ce qu'on veut des lois pour les adapter à nos intérêts. La Torah est Divine et absolue et on ne s'amuse pas avec ses lois. Malgré tout, dans certains cas extrêmes, il existe quand même une possibilité de "couvrir" les saints ustensiles. Hachem ne demande pas l'impossible et si la situation l'oblige, il peut parfois y avoir une attitude exceptionnelle à adopter, qui pourrait sortir de la ligne habituelle, pour rendre la Parole Divine accessible à la réalité. Mais seuls les plus grands de la génération, reconnus par leur Sagesse et leur crainte du Ciel, sont habiletés de prendre sur eux cette responsabilité. Seul le Cohen, représentant l'élite, l'autorité suprême, est apte à prendre sur lui cette charge et personne d'autre, pas même d'autres grands érudits comparés aux autres Lévi'im.
Absolue mais en même temps accessible, ce sont les deux aspects de la perfection de la Thora.

"Ceux-ci étaient les fils de Lévi, selon leurs noms : Guerchon, et Kéhat et Mérari". (Bamidbar 3,17)

Les Lévites sont les guides et les juges de tout le peuple d'Israël (Dévarim ch. 33; v.11 : "Ils enseigneront Tes statuts à Yaakov et Ta Torah à Israël ...), et ils n'ont pas fauté avec le Veau d'Or.

Les noms des fils de Lévi, sont évocateurs des différentes étapes que l'homme doit franchir dans sa lutte contre le mauvais penchant.
- Kehat (responsable des articles les plus sacrés : l'Arche, la Table, la Ménora, ...)
= briser (comme dans l'expression : "cogne lui les dents").
= Dès que le mauvais penchant tente l'homme, celui-ci doit le repousser avec détermination et ne pas le laisser prendre place.

- Guerchon (responsable d'articles moins sacrés que Kehat : le Tabernacle, la Tente, ...)
= chasser = Si le mauvais penchant a réussi à pénétrer l'esprit de l'homme, celui-ci doit le rejeter avec vigueur.

- Mérari (responsable d'articles moins sacrés que Guerchon : les planches du Tabernacle, ses barres, ...)
= amer = fait référence au sentiment amer qu'éprouve l'homme après avoir commis une faute. Ce goût amer doit être conservé pour inciter la personne à se préserver à l'avenir et empêcher toute récidive.

B"H que la force des Lévi soit en nous afin de pouvoir lutter, à chaque instant, de façon victorieuse fasse au mauvais penchant. Amen!

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Rabbi David Feinstein fait remarquer :
Il est écrit : "Elle dit: "Ah! désormais mon époux me sera attaché (יִלָּוֶה), puisque je lui ai donné 3 fils." C'est pourquoi on l'appela Lévi. " ( Vayétsé 29,34)

Les Lévi'im ont une capacité unique d'attachement à un idéal.
Un attachement à quoi?
La guématria de : Lévi'im (לוים) est la même que le Nom de D. : אלהים, car c'est à Hachem qu'ils sont attachés plus que tout.
C'est ainsi par exemple qu'ils ne se joignirent pas aux fautes commises par le restant de la nation juive.

=> Que nous puissions à l'image des Lévi'im avoir cet attachement à l'idéal divin qui puisse être au-dessus de tout.

Panneau d’interdiction de maudire …

“Comment puis-je maudire? D. n’a pas maudit.” (Balak ch.23 ; v.8)

Quelle preuve a Bil’am pour dire que D. n’a pas maudit les juifs?

Dans le désert, les tribues étaient divisées en 4 groupes, ayant chacun sa bannière :
- celui de Yéhouda.
Sur la bannière, il y avait la 1ere lettre de chacun des 3 patriarches : Avraham (אברהם), Yit'hak (יצחק ) et Yaakov (יעקב ), soit : le א, le י et le י
- celui de Réouven, où il y avait la 2e lettre de chacun des 3 patriarches.
- celui de Ephraïm, où il y avait la 3e lettre de chacun des 3 patriarches.
- celui de Dan, où il y avait la dernière lettre de chacun des 3 patriarches.

Le nom Avraham a 1 lettre de plus que les autres noms, ainsi 1 lettre de son nom n'était pas présente sur les bannières : la lettre hé. Cette lettre planait au-dessus du camp des Bnei Israel et les protégeait en permanence.

Pourquoi sur la bannière de Dan, on ne continue pas en suivant l'ordre et en prenant la 4e lettre des 3 noms?
On aurait ainsi les 3 lettres : le ה, le ק et le ב, et la lettre mém planant sur le camp des juifs.

D. n'a pas demandé de procéder ainsi, car les lettres de cette bannière pourraient alors former le mot קַבָּה (kava = maudire).

Ainsi, quand Bil'am arriva et vu les bannières du peuple juif, il a compris, à partir de ces lettres, que D. ne voulait pas que toute forme de malédiction puisse s'attacher au peuple juif.
Par conséquent, il dit a Balak : "Comment peux-tu attendre de moi que je les maudisse?".

[ Le Ohèv Israël - se basant sur un Yalkout Réouvéni

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-> Le Béra'h Moché donne une autre explication sur la présence du hé planant sur le camp.
Selon le Yétev Lev, Hachem a ajouté un hé à Avram (אברם) pour séparer le אב (père - av) du רם (orgueil - ram).
Le hé est la lettre qui lorsqu'elle est écrite pleinement a la guématria la plus petite (c'est : הא), et cela représente le fait d'être humble.
Cette lette a été placée au milieu du nom pour nous apprendre que Hachem n'aime que ceux qui sont humbles, à l'image de Avraham.

Selon le Arizal, la guématria de : anava (humilité - ענוה) est égale à celle de : Samael (le nom du Yétser ara - סמאל).
La seule possibilité de neutraliser la force du yétser ara est au travers l'humilité.

C'est pourquoi c'est cette lettre (le hé) qui a été choisie afin de planer et protéger le peuple juif de tout mal.

-> "Tout cœur hautain est en horreur à Hachem : l'orgueilleux est livré entre les mains de son mauvais penchant, car comme D. l'a en horreur, il ne bénéficie d'aucune aide divine."
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva]

-> "Tout celui qui ne se fait comme un désert n'est pas capable d'acquérir la sagesse de la Torah" [midrach Bamidbar rabba sur le 1er verset de bamidbar].
=> Toute personne qui est orgueilleuse ne pourra jamais véritablement acquérir la Torah.

-> On peut remarquer que la paracha Bamidbar, qui signifie "dans le désert", est constituée de 159 versets qui est aussi la guématria de "katan" (petit - קטן), pour nous enseigner que le désert était un lieu propice pour développer l'humilité des Bné Israël.
[cela s'applique également de nos jours : plus on accorde de l'importance à la matérialité, moins l'on voit notre vie comme un désert du superflu, plus on aura un orgueil qui sera important. (ex: c'est bon Hachem je peux me débrouiller sans toi, c'est bon Hachem je gère tout seul, ...)
A l'inverse, si à nos yeux nous sommes un désert (nous n'avons rien en propre car tout vient de D. : je vis c'est grâce à Lui, si j'ai telle chose c'est grâce à Lui, ...), alors l'humilité peut fleurir. Si je fais petit (katan <-> désert) mon égo, alors il y a de la place pour que Hachem soit grand (matan Torah)!]

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-> Les noms des Patriarches ont un total de 13 lettres, qui est la guématria de : "é'had" (un).
Les Patriarches représentent l'unité.
Bien que chaque tribu avait sa propre bannière, il était nécessaire de se rappeler que chacune était une partie d'un tout.
[Adéret Eliyahou]