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"On trouva un homme qui ramassait du bois le jour du Shabbat" (Chéla'h Lé'ha 15,32)

La Torah juxtapose le passage de cet homme qui transgressa Shabbat, au passage des tsitsit.
Le midrach explique qu’en semaine, les juifs portent les téfilin, pour les protéger de la faute, mais le Shabbat, où il n’y a pas les téfilin, ils n’ont pas cette protection. D'où la faute de celui qui a transgressé Shabbat en ramassant du bois.

C’est ainsi qu’Hachem dit : "Ils auront les tsitsit pour les rappeler à l’ordre de ne pas fauter!"
Mais pourquoi la mitsva de Shabbat et sa sainteté ne suffiraient-elles pas pour protéger de la faute?

On voit de là que c’est surtout le fait d’avoir une mitsva à accomplir dans l’action qui rappelle à l’homme de ne pas fauter. Certes Shabbat est le jour le plus saint, mais sa sainteté vient d’Hachem, et l’homme n’a aucune action à accomplir pour amener sa sainteté.

=> Cela ne suffit donc pas pour le protéger. Hachem désigna donc la mitsva des tsitsit, qui est un acte à accomplir, car c’est l’action qui a la force de rappeler à l’homme de ne pas fauter.

[Sfat Emet]

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-> La guémara (Shabbath 96b et aussi 73b) cite plusieurs opinions relatives à la nature de l'ouvrage interdit accompli par cet homme :
- selon certains, les branches étaient éparpillées et il les a rassemblées (méamér) ;
- selon d'autres, il les a transportées sur une distance de 4 coudées (ou plus) dans un domaine public (otsa'a) ;
- selon d'autres encore, il a arraché des brindilles aux arbres (kotsèr).

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+ "Les enfants d'Israël étaient dans le désert et ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du Shabbat" (Chéla'h Lé'ha 15,32)

-> Pourquoi le verset spécifie que les juifs étaient dans le désert?

Un désert a un statut de : "karmélit" (espace ouvert) et y porter dans une distance de 4 amot est une interdiction uniquement de nos rabbanim (midérabbanan).
Cependant, à l'époque où le peuple juif était dans le désert, le désert avait un statut de "réchout arabim" (domaine public : plus de 600 000 personnes y passaient chaque jour dans ce lieu non recouvert).
Le fait d'y marcher une distance de 4 amot est passible de mort par la Torah (mida déOraïta).

=> C'est uniquement parce que les juifs étaient : "dans le désert", que le mékachéch (celui ramassant le bois) devait mourir pour avoir porté pendant Shabbath.

-> Qu'en est-il pour les 2 autres explications (rassemblé, arraché)?

Il a agit à 100% pour Hachem (léchem chamayim).
Lorsque suite au rapport des explorateurs, il a été décrété que tous les hommes âgés de 20 à 60 ans allaient mourir dans le désert, certains en sont venus à penser que puisqu'ils devaient de toute façon finalement mourir dans le désert alors cela impliquait qu'ils étaient exempts des mitsvot.

Sachant qu'il allait mourir, le mékochéch a quand même agit afin de montrer clairement au peuple juif qu'ils devaient respecter Shabbath et ainsi que le restant de la Torah.
[en voyant concrètement sa condamnation à mort, cela réveillerait la crainte et la nécessité de faire les mitsvot]

Le verset précise que les juifs étaient : "dans le désert" pour nous enseigner que ses motivations étaient pures. [Tossafot - guémara Baba Batra 119b]

[Pné Yéhochoua]

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-> La guémara (Shabbath 96b) rapporte que Rabbi Akiva a dit que le mékochéch était Tsélof'had.
Rabbi Yéhouda ben Bétéra a dit à Rabbi Akiva que d'une manière ou d'une autre, il devra rendre des comptes pour ce qu'il a affirmé.
Si c'est bien Tsélof'had, alors qui t'as donné le droit de révéler ce que la Torah a caché?
Et s'il n'est pas coupable, alors tu diffuses une fausse rumeur.

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - guémara Shabbath 96b) vient nous expliquer cela, en se basant sur l'enseignement du Pné Yéhochoua que nous venons de voir.

Pour rabbi Yéhouda ben Bétéra, la faute du mékochéch était d'avoir transgressé l'interdit de porter dans un domaine public.
La Torah précise : "midbar" (désert) pour nous apprendre qu'alors le désert avait le statut de domaine public (réchout arabim).
Il en découle de tout cela, qu'il n'a pas agit 100% pour Hachem (lechem chamayim), et ainsi il était interdit de révéler son identité.

Cependant, rabbi Akiva était d'avis que le mékochéch avait arraché des brindilles (ou les avaient rassemblées), et la Torah précise : "midbar" pour nous enseigner qu'il avait agit 100% en l'honneur de Hachem.

=> Le mékochéch a été prêt à donner sa vie afin d'enseigner au peuple juif que même dans le désert (avec pour certains une mort certaine, sans espoir d'entrer en Israël), tout le monde se devait d'adhérer à la Torah.
[on comprend mieux pourquoi Rabbi Akiva a révélé son identité!]

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-> Puisque c'était Shabbath, le mékochéch ne portait pas de téfilin sur sa tête et sur son bras, dont la vision lui aurait permis de faire téchouva, et à cause de cela il en est venu à profaner Shabbath.
Hachem a alors demandé à Moché, de transmettre aux enfants d'Israël la mitsva des tsitsit, une mitsva que l'on peut accomplir tout le temps, même durant Shabbath et Yom Tov, et qui leur rappellera ainsi toutes les mitsvot.
[Tana déBé Eliyahou rabba - chap.26 ; midrach Yalkout Chimoni 703]

[Même le mékochéch a fauté, il s'est sacrifié pour assurer la réalisation de la volonté de Hachem.
Les tsitsit nous servent de rappel perpétuel au fait que nous devons servir D. avec amour, quelque soit notre situation dans la vie]

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+ Les tsitsit - corde de sauvetage

-> "Afin que vous vous rappeliez et que vous faisiez toutes Mes mitsvot, et vous serez saints" (Chéla'h Lé'ha 15,40)

Le midrach Yilmédénou enseigne :
On peut comparer cela à un naufragé dans la mer. Le capitaine du navire lui tend la corde en lui recommandant de bien s’y accrocher sans la lâcher, car il y va de sa vie.

De même, Hachem dit à Israël : "Tant que vous êtes liés à Moi, vous êtes sanctifiés et les créatures vous craignent. Mais si vous vous détournez des mitsvot, vous vous profanerez."

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+ Un jour, un homme pieux ('hassid) vit (pendant Shabbath) une brèche dans la clôture de son champ. Il prit la décision de la réparer, puis se souvient que c'était Shabbath et il renonça (pour toujours) à réparer sa clôture.
En récompense de son attitude, un miracle lui advint ; un câprier poussa (à l'endroit de la brèche) et grandit.
Ce câprier lui fournit sa subsistance et celle de tous les siens.
[guémara Shabbath 150b]

=> Qui était ce 'hassid et la réparation (tikoun) de qui a-t-il réalisé?

-> Ce 'hassid était rabbi Yéhouda ben Ilaï, venu dans ce monde essentiellement pour réparer la faute du bûcheron (mékochéch) qui avait profané le Shabbath publiquement, pendant le séjour des juifs dans le désert, selon le verset : "Dans le désert, ils trouvèrent un homme ramassant du bois le jour de Shabbath" (Chéla'h Lé'ha 15,32).

Ce coupeur de bois, qui a été condamné à mort, était Tsélof'had, d'après rabbi Akiva et d'autres commentateurs, et rabbi Yéhouda ben Ilaï était la réincarnation (guilgoul) de Tsélof'had.

En étant sévère avec lui-même, même pour une simple pensée involontaire durant Shabbath, ce 'hassid a réussi à réparer l'acte de profanation volontaire du Shabbath du bûcheron Tsélof'had.
[Likouté haShass]

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
La récompense de l'attitude exemplaire de ce 'hassid, sous forme d'un câprier qui a bouché la brèche et qui a été sa source de subsistance durant le reste de sa vie, prouve qu'il a bien réussi la réparation (tikoun) en transformant l'acte prémédité de Tsélof'had en un mérite.
Le câprier unique (tslaf é'had - צלף אחד), qui a poussé, fait allusion au nom : Tsélof'had (צלפחד), pour indiquer qu'il a bien réussi sa mission de guilgoul.

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-> Le midrach raconte que Tsélof'had profana volontairement le Shabbath dans un but de Kiddouch Hachem, afin que sa mort ait un effet de crainte sur le reste de la population qui s'abstiendrait ainsi de transgresser le Shabbath.

Cette bonne intention et sa pensée, qui étaient nobles, lui ont été utiles dans ce guilgoul.
Ainsi, ce 'hassid a respecté Shabbath sur les 3 plans de l'action, de la parole et de la pensée, et c'est pourquoi Hachem a créé miraculeusement pour lui un câprier qui porte 3 espèces de nourriture.
[le fruit principal (les câpres ; les enveloppes des câpres ; et les branches tendres)]
[Tossefta - guémara Baba Batra 119b]

-> Le bûcheron, qui a été vu ramassant du bois coupé d'un arbre le jour de Shabbath, a été condamné à mort par lapidation avec des pierres, comme dit le verset : "La communauté le lapida (le coupeur de bois), et il mourut" (Chéla'h Lé'ha 15,36).

Maintenant, ce 'hassid, son quilgoul a honoré le Shabbath en refusant de mettre à exécution sa pensée initiale de colmater avec des pierres sa barrière ébréchée.
Sa récompense a été la création d'un câprier qui est un arbre.

=> Ainsi, le couple bois-pierre associé respectivement à la faute et à la sanction du bûcheron s'est traduit, après le tikoun, par le même couple inversé pierre-bois associé respectivement à la faute (à son niveau) et à la récompense du 'hassid.
[Ben Ich 'Haï]

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-> Le Arizal (séfer haguilgoulim) explique que Rabbi Yéhouda bar Ilaï était la réincarnation de Tsélof'had, profanateur du Shabbath (ramassé du bois en ce jour), et la faute de Tselof'had fut réparée par Rabbi Yéhouda qui avait un niveau très élevé de dévouement et de respect du saint Chabbat.
[צלף (tsélaf) et le chiffre un en araméen se dit : חד, d'où צלפחד (un câprier).
De plus, la guémara (Baba Kama 103b) enseigne qu'à chaque fois qu'est rapporté une histoire avec un 'hassid anonyme, il s'agit de Rabbi Yéhouda ben Baba ou bien Rabbi Yéhouda bar Ilaï. ]

-> "Telle était l'habitude de Rabbi Yéhouda bar Ilaï : la veille du Chabbat, on lui apportait un baquet rempli d'eau chaude. Il se lavait le visage, les mains et les pieds puis il s'enveloppait d'une cape de lin avec des tsitsit et il s'asseyait, tel un ange d'Hachem, le D. des armées"
[guémara Shabbath 25b]

C'est ainsi que le Rambam (Hilkhot Shabbath 30,2) trancha la halakha : "En l'honneur du Shabbat, l'homme a une mitsva de se laver le visage, les mains et les pieds avec de l'eau chaude, la veille de ce saint jour. Il s'enveloppera de tsitsit et s'assiéra avec concentration pour recevoir le Chabbat comme s'il sortait à la rencontre du Roi."

-> Le Shvilé Pin'has ajoute :
Ainsi, nous pouvons expliquer que Rabbi Yéhouda bar Ilaï accueillait le Shabbat enveloppé de ses tsitsit afin de réparer la néchama (âme) de Tsélof'had qui mourut en transgressant le Shabbat dans le désert, afin de faire grandir son importance aux yeux du peuple et par conséquent, entraîna que le Maître de l'univers transmit la mitsva des tsitsit à Israël afin qu'il puisse observer parfaitement le Shabbat qui est équivalent à toutes les mitsvot, tout comme la mitsva des tsitsit (cf. Rachi - Chéla'h Lé'ha 15,32).

Nous pouvons également expliquer la raison pour laquelle Rabbi Yéhouda bar Ilai prenait soin de se laver le visage, les mains et les pieds avant d'accueillir le Shabbat. En effet, lorsqu'il transgressa le Chabbat, Tsélof'had fit en sorte que tout le peuple puisse voir son visage. Lorsqu'il sortit de sa tente pour transgresser le Shabbat avec ses pieds, il endommagea ses pieds et lorsqu'il ramassa le bois avec ses mains, il endommagea ses mains.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Yéhouda bar Ilaï se lavait le visage, les mains et les pieds en l'honneur du Chabbat afin de réparer le dommage qu'il causa à ses trois membres.

Moché dit à Hachem : "Mais alors, l'Egypte, du sein de laquelle Tu as fait monter cette nation par Ta puissance, entendra et dira .... et pourtant tu as tué ce peuple comme un seul homme" (Chéla'h Lé'ha 14,13-15)

=> Pourquoi Moché ne se soucia-t-il que de ce que se diront les égyptiens, et non les autres nations?

Moché pensait que si les autres nations voient la défaite des juifs contre les Cananéens, ils se diront que certainement le peuple d’Israël a fauté et a donc été puni.
Mais les égyptiens, parmi lesquels les juifs ont vécu de nombreuses années, savaient qu’en Égypte, les juifs avaient atteint des niveaux très bas d’impureté (49e niveau sur 50). Ils avaient presque même atteint le fond, et pourtant Hachem les a sauvés.
Ainsi, ils ne penseront pas que c’est parce que les juifs ont fauté qu’ils ont été punis.
C'est donc leur jugement que Moché redoutait le plus, et non celui des autres peuples.
[rabbi Israël Salanter]

"Quand tu feras monter les bougies" (Béaaloté'ha 8,2)

Rachi explique que la Torah utilise l’expression de "tu feras monter" pour parler de l’allumage de la Ménora pour 2 raisons :
1°/ pour indiquer qu’il faut allumer chaque bougie jusqu'à ce que la flamme "monte" d’elle-même et n’a plus besoin de celui qui l’allume pour briller ;
2°/ pour nous apprendre qu’il faut placer une marche devant la Ménora sur laquelle on "montera" pour allumer.

=> Quel est le lien entre ces 2 points ?

La Ménora symbolise la lumière de la Torah. Ainsi, l’allumage fait référence à l’enseignement de la Thora.
Le message de ce passage est que le maître doit mener ses élèves vers l’autonomie dans l’étude : les éclairer et leur transmettre jusqu'à ce qu’ils "montent d’eux-mêmes" et n’aient plus besoin de leur maître.

La Ménora mesurait 3 coudées, soit moins de 1m50. Ainsi, même sans cette marche on pouvait atteindre les lampes. Quelle est donc l’utilité de la marche?

C’est que la Torah souhaite que l’on puisse bien examiner et observer chaque lampe pour bien la nettoyer et l’allumer, et pour cela, il fallait monter sur la marche.
De même, le maître devait avoir son enseignement tellement clair et limpide, le maîtriser parfaitement comme s’il le voyait de haut, de "sur une marche".
Seulement avec une telle clarté et une telle maîtrise de sa Torah, il pouvait permettre à ses disciples d’acquérir une vraie autonomie.

[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

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+ "Ceci est l’ouvrage de la Ménora en or battu" (Béaaloté'ha 8,4)

Le terme : "mikcha" (battu - מקשה) signifie que la Ménora était faite d’une seule pièce que l’on a battu. Mais le midrach le rapproche de : "kaché" (קשה), signifiant difficile, car Moché avait du mal à la fabriquer jusqu'à ce qu’Hachem lui montre une Ménora en feu.

On peut expliquer ce midrach en comparant le corps de la Ménora au Maître, qui enseigne la Torah à ses élèves, représentés par les branches de la Ménora qu’il doit allumer et éclairer par son enseignement.

Cependant la Torah dit que toute la Ménora devait être faite d’une seule pièce, allusion au fait que les élèves doivent avoir la même motivation que le Maître, ce qui n’est pas souvent le cas. C’est ce que Moché trouvait difficile (kaché).
=> Comment obtenir ce résultat?

Hachem lui montra une Ménora en feu, symbolisant l’enthousiasme et l’ardeur.
Par cela, il lui expliqua que si le Maître enseigne à ses élèves avec amour et enthousiasme, alors il pourra obtenir l’attention de ses disciples qui aimeront de cette façon eux-aussi la Sagesse tout autant que le Maître.

[le Imré Fi]

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-> En fabriquant la Ménora, Moché devait concevoir un objet si saint qu’il pourrait faire rayonner la lumière de la volonté au sein de tout Israël. Ainsi, chaque juif, dans toutes les situations de sa vie qu’il traversera, dans tous les ténèbres qu’il vivra, pourra se renforcer par la force de la volonté pour être éclairé et pouvoir surmonter toutes les épreuves. Et il est clair que concevoir un tel ustensile si merveilleux est une affaire très difficile. [d'où la nécessité que D. l'aide]
[...]

Pour faire briller la force de la volonté, la Ménora devait être composée d’éléments qui faisaient allusion à des réparations spirituelles extraordinaires.
En effet, elle contenait 7 branches, 11 boutons, 9 fleurs et 22 coupes, soient un total de 49 éléments auxquels s’associait le corps même de la Ménora réunissant le tout d’une seule pièce, pour obtenir le nombre de 50.
Or, nos Sages enseignent qu’Hachem a créé 50 portes de compréhension.

De son vivant, Moché en a atteint 49. La 50e ne lui fut dévoilée qu'à sa mort.
Le Zohar explique que Moché s’éleva de ce monde (à sa mort) dans un niveau appelé : "volonté des volontés". Cette dimension correspond à la 50e porte qu’il atteint justement à sa mort.
C’est pourquoi, par ses 50 éléments, la Ménora relève de ce 50e niveau (le plus élevé), appelé "volonté des volontés". Elle pourra ainsi introduire la force de la volonté dans le cœur de chaque juif pour l’éclairer dans tous les moments d’obscurité.

=> Puisque Moché n’a pas atteint cette 50e porte de compréhension de son vivant, il ne pouvait donc pas concevoir la dimension de la Ménora émanant justement de ce niveau.
[Rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot]

"Nous nous souvenons du poisson que nous mangions gratuitement en Egypte" (Béaaloté'ha 11,5)

-> Rachi commente : Se peut-il que les Égyptiens leur aient donné du poisson gratuitement? Il est pourtant écrit : "Et la paille ne vous sera pas donnée" (Chemot 5,18).
S’ils ne leur donnaient pas gratuitement la paille, leur auraient-ils donné du poisson pour rien?
Que veut dire alors le mot : "gratuitement" ?
"Gratuitement" par rapport aux mitsvot [sans obligation d'accomplir les mitsvot].

-> Le Séfer Pardes Yossef, rapporte les paroles de rabbi Dov Berish (le rabbi de Biala) :
A l'époque de Noa'h, puisque Noa'h et ses enfants ont sauvé physiquement les animaux d'une destruction certaine. En récompense et suite à cela, Hachem a permis aux hommes de consommer de la viande animale.
Cependant, les poissons n'ont pas été sauvés grâce à Noa'h et ses fils, et par conséquent, il n'a pas été autorisé de pouvoir les manger.

Au mont Sinaï, Hachem a menacé de transformer au néant le monde entier (tohou vavo'ou), et ce dernier n'a été sauvé que grâce à l'acceptation de la Torah par le peuple juif.
Puisque toutes les créatures en ont été sauvées, alors c'est à partir du don de la Torah qu'il a été permis de manger également les poissons.

=> On comprend mieux les paroles de Rachi.
Lorsque des fauteurs parmi le peuple juif ont commencé à se plaindre du manque de nourriture, et ont dit : "Nous nous souvenons du poisson que nous mangions gratuitement en Egypte" = ils mangeaient du poisson en Egypte bien qu'ils soient alors interdits de le faire, et ce souvenir leur rappelé à quel point ils étaient alors totalement libres d'enfreindre la volonté de Hachem.
En effet, dans le désert, la manne tombait, et en fonction de sa distance avec l'entrée de la tente, elle exposait aux yeux de tous le fait que nous avions fauté envers D., sans s'en repentir.
[en Egypte l'esclavage était terrible, mais au moins on pouvait fauter "tranquillement"!!]

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Suite à la plaine d'un groupe d'ingrats du peuple : "qui nous donnera de la viande à manger?" (11,4), D. envoya les cailles.

+ "Un vent s'éleva de par Hachem, qui suscita des cailles ... à la hauteur de deux coudées environ sur le sol" (Béaaloté'ha 11,31)

-> Rachi commente : Elles volaient à hauteur des hommes, face à leurs cœurs, afin qu’ils n'aient aucun mal à les capturer et qu’ils n’aient ni à s’élever ni à se baisser

=> Comment comprendre que : "La viande était encore entre leurs dents, pas encore coupée, que toute la colère de Hachem s'enflamma contre le peuple" (v.11,33)?
Pourquoi D. a fait-il un miracle aux fauteurs, en suspendant en plein air la viande pour qu'ils puissent la manger sans faire d'efforts?

-> Le Darké Moussar tire de là à quel point le système de récompenses et de punitions de Hachem est précis.
Même une personne qui a un décret Divin de souffrir à cause de son comportement, aura une dose totale de douleur qui sera d'une précision extrême.

=> Bien que personne n'apprécie la souffrance, la conscience qu'elle nous est envoyée avec précision par notre Père miséricordieux et plein d'amour, rend plus supportable nos moments difficiles de la vie.
A l'image d'un médicament : c'est amer, mais c'est nécessaire (puisque Hachem nous l'envoie)!

=> cet événement (ne pas apprécier l'énorme bonté de la manne!) nous amène à réfléchir : nous vivons à un moment de l'histoire unique dans la liberté, dans l'abondance et le confort matériel, ... et malgré cela on en vient à se plaindre et à critiquer plein d'ingratitude Hachem.

Combien de gens ont beaucoup de mal à trouver leur conjoint, à avoir des enfants, à finir le mois, à être en bonne santé, ... on se plaint trop facilement, parce que nous ne relativisons pas et surtout ne prenons pas le temps d'exprimer notre reconnaissance pour tout ce que l'on a, le considérant comme normal/acquis.
C'est la tendance naturelle : ne jamais être content, puisque toujours focalisé sur le prochain plaisir que l'on pourrait avoir, même si on a déjà tout pour être heureux!

[tu as beau avoir la manne, qui permet d'avoir le goût de pratiquement tout aliment, qui purifie et élève, qui n'a pas de rejet du corps, ... mais le pourquoi n'ai-je pas ... vient tout détruire!]

-> "Quel est le riche ? C’est celui qui est heureux de ce qu’il possède" (Pirké Avot 4,1)
=> Pour un juif, le classement des personnes les plus riches du monde se fait en fonction de l'intensité de joie que l'on ressent avec ce que l'on a.

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-> "Un vent ... suscita des cailles ... à une hauteur de deux coudées" (Béaaloté'ha 11,31)

-> Rachi explique que les cailles s'amoncelèrent à une hauteur de 2 coudées pour être à la hauteur du cœur de l'homme, pour ne pas fatiguer le peuple à les ramasser en se baissant ou levant la main.

=> Mais cela est très étonnant. Ces cailles qu'Hachem envoya étaient une punition pour le peuple, qui ne cessait de se plaindre et de mettre Hachem à l'épreuve. La Torah dira d'ailleurs un peu plus loin que "la Colère d'Hachem s'enflamma sur le peuple et Il les frappa d'un coup très fort". Ces cailles entraînèrent énormément de mort au sein du peuple. Dans ce contexte, comment comprendre qu'Hachem prit soin de les envoyer avec tant de bienveillance et de veiller à ce qu'ils n'aient pas besoin de se fatiguer même en devant lever un peu la main.

C'est que Hachem est empli d'amour pour son peuple. Quand, du fait de leurs fautes, Il se doit de les punir, ce n'est absolument pas par vengeance ou colère. Ces sentiments n'existent évidemment pas chez Hachem.
Les souffrances et punitions qu'Il envoie sont destinées à expier leurs fautes, pour leur accorder une grande récompense dans le monde futur. Ce n'est que pour leur bien. Aussi, Il veille avec précaution à n'imposer aucune souffrance supplémentaire qui ne viendrait pas dans ce but.
Et pour bien signifier Son Amour pour Son peuple, même au moment de Sa "Colère", lorsqu'Il se doit de sévir, Il s'efforce de témoigner des attentions particulières de bienveillance, comme ici où Il envoya les cailles à leur hauteur pour leur éviter la moindre fatigue.
=> Cela doit nous renforcer dans notre confiance et amour d'Hachem Qui ne veut que notre bien. Et même quand Il nous éprouve par de grandes difficultés, nous ne devons jamais en déduire qu'Il nous en veut et nous a abandonné.
Au contraire, rappelons-nous qu'Il continue toujours de nous accompagner avec bienveillance. Et même dans ces moments, Il tentera le plus possible de nous faciliter et alléger l'épreuve.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

"Car c'est une génération versatile, des enfants sans loyauté" (Haazinou 32,20)

-> Le Maharcha (guémara Yoma 83b) commente :
Le monde était prévu pour exister sans Torah durant 1 000 générations.
Cependant, Hachem a considéré que le monde ne pouvait se maintenir tant de temps sans Torah, et a donc donné la Torah dès la génération de Moché (soit à la 26e génération depuis celle d'Adam), beaucoup plus tôt que dans le plan Divin initial.

Les gens des 974 générations manquantes seront dispersés dans les diverses générations futures et constitueront les plus effrontés.
C'est à eux que fait allusion le verset ci-dessus (Haazinou 32,20).

"Lorsque la nuée stationnait longtemps au-dessus du Michkan, les enfants d'Israël, fidèles à l'observance de Hachem, ne voyageaient pas" (Béaaloté'ha 9,19)

-> Le rav Yé'hezkel Levinstein (Ohr Yé'hezkel - Emouna) enseigne qu'après le don de la Torah, la toute 1ere épreuve à laquelle D. soumit le peuple juif, fut de s'habituer à suivre la nuée.

-> Le Ramban (v.9,19) commente que les arrêts réguliers de la nuée causaient de nombreux désagréments aux juifs.
Ils devaient parfois faire halte dans des lieux forts désagréable et pourtant, ils demeuraient sur place, même pendant de longues périodes, jusqu'à ce que la nuée s'élève.
Inversement, s'ils devaient reprendre la route après un arrêt trop court, il acceptaient de plein gré la volonté de D.

-> Selon le rav Yé'hezkel Levisntein, cela nous apprend que dans notre existence, le respect des ordres Divins est l'unique bien qui soit.
Même quand un lieu ou une situation semblent mauvais ou déplaisants à nos yeux, nous devons avoir la certitude que c'est le seul bien authentique, car telle est la volonté du Créateur.
Et l'inverse est aussi vrai : ce que D. considère comme mal ne saurait receler la plus petite parcelle de bien, même si nous y découvrions des aspects avantageux.

=> Quand on a la conviction que tout ce qui contrevient à la volonté Divine est mal par essence, aucune forme de convoitise/jalousie n'a de raison d'être.
De là, l'amour du prochain doit naturellement naître dans nos cœurs, car telle est précisément la volonté de Hachem.

Le yétser ara fait tout pour nous détourner par tous les moyens de ce principe qui est l'un des fondements d'une vie juive.
"Qu'il n'y ait pas chez toi de divinité étrangère, ne te prosterne pas devant un dieu inconnu" (Téhilim 81,10), que nos Sages (guémara Shabbath 105b) commentent : "il s'agit de la divinité qui est en toi [le yétser ara]."
Si nous apprenons à accorder nos volontés avec celle de Hachem, il n'y aura plus de place pour ces "divinités étrangères", incarnées par nos désirs et tentations.

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-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.4) commente :
Ces déplacements irréguliers et imprévisibles étaient le moyen pour D. afin d'éduquer les juifs et les mettre en condition pour étudier la Torah.

A notre échelle, cela nous apprend que si un homme attend de connaître la sérénité et la sécurité financière pour commencer à étudier, il se trompe lourdement.
En effet, accepter la Torah signifie être capable de la vivre et de l'approfondir dans les conditions les plus difficiles qui soient.

[à l'image des déplacements dans le désert, quelques soient les situations que je peux traverser dans ma vie, cela provient d'Hachem, pour notre bien, et je dois faire avec!]

"Selon la Parole d’Hachem ils camperont et selon la Parole d’Hachem ils voyageront" (Béaaloté'ha 9,23)

Ce verset vient faire allusion au fait qu’il faille se comporter selon la Volonté Divine quand on est en voyage tout autant que quand on est paisiblement chez soi.
Parfois, le dérangement lié au déplacement peut entraîner un déclin spirituel, alors que la stabilité des temps où on est chez soi est une protection spirituelle.

Ainsi, de même que : "selon la Parole d’Hachem ils camperont" = quand on campe et que l’on est fixé chez soi, on peut encore mieux accomplir la Parole d’Hachem qui est la Torah.
De la même façon, "selon la Parole d’Hachem ils voyageront" = même en voyage il faut tout autant rester fidèle à la Parole d’Hachem.
['Hafets ‘Haïm]

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-> Rabbi Mikaël HaCohen (Lehania’h Berakha) écrit :
"Il y a des gens qui quand ils sont chez eux font attention et s’efforcent d’observer les mitsvot de Hachem, car ils sont connus des gens du lieu et les connaissent, et il leur serait difficile de transgresser la parole de D.
Alors que s’ils se trouvent en dehors de leur ville, à un endroit où on ne les connaît pas, ils se comportent autrement et se permettent de transgresser la tradition et les voies de Hachem.
Et il y a aussi le contraire, des gens qui accomplissent les mitsvot uniquement dans un endroit étranger, où on ne les connaît pas, mais à côté de leurs amis et des gens de leur ville, ils se conduisent librement comme tout le monde le fait dans les endroits modernes.

Ils ne font bien ni les uns ni les autres. Il faut observer les mitsvot de Hachem chez soi et au dehors, car toute la terre est remplie de Sa gloire, et Il se trouve partout, dans le Ciel et sur la terre.
[tous les 2 font primer le regard d'autrui, le qu'en dira-t-on, plutôt que les "yeux" d'Hachem qui sont constamment sur nous]
C’est le sens de la mise en garde de la Torah d’avoir à observer les mitsvot que ce soit à l’endroit où l’on campe, chez soi, là où l’on habite, allusion au 2e groupe. Et aussi quand on s’en va, allusion au premier groupe.
Dans les deux cas, il faut suivre la parole de Hachem.

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+ "L’homme qui est pur et qui n’était pas en chemin, et qui s'est abstenu de faire Pessa'h" (Béaaloté'ha 9,13)

Ce verset parle d’une personne qui n’a pas de raisons d’être dispensé du sacrifice de Pessa’h puisqu'il est pur et n’était pas en chemin.

Mais la Torah vient également faire allusion au fait qu’il est très difficile de rester pieux et pur quand on est trop souvent en voyage. En effet, le déplacement peut perturber un homme, entraînant la diminution dans l’étude de la Torah, troublant la concentration dans la prière, ainsi que dérangeant la pratique des Mitsvot.

Cela est en allusion dans ce verset : "L’homme qui est pur", c’est celui : "qui n’était pas en chemin", car les déplacements rendent difficiles la pratique de la Torah et la préservation de la pureté.
[Rabbi Akiva Eiger]

[lorsqu'on est en voyage, on sort d'un milieu cadré/protégé (nos habitudes, regard de nos proches, ...), et sans nos repères on a tendance à se relâcher (c'est pas si grave si je fais un peu moins uniquement pendant quelques jours de déplacement! Profitons!! de toute façon personne n'en saura rien! ...)]

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-> "L’homme qui est pur et n’était pas en voyage" (v.9,13)

Le livre "Ilana dé'Hayé" explique au nom du Rav de Lublin : "Qui est l’homme qui est pur? – Il n’était pas en voyage" = c’est-à-dire que l’homme qui est installé dans les tentes [de la Torah] et ne se promène pas sur les routes, parce qu’en chemin il risquerait de voir des choses qu’on ne doit pas voir, ou alors il ne trouverait pas d’endroit pour prier et étudier comme il convient, un tel homme est "l’homme qui est pur".

C’est pourquoi les Sages ont dit : "Les voyages réduisent 3 choses : le nom, la fertilité et l’argent".
Ils réduisent le nom (haChem), c’est-à-dire le service de Hachem, la fertilité, parce qu’on n’est plus fertile dans la Torah, et l’argent, parce qu’en chemin on ne peut pas donner de la tsedaka comme il faudrait, car parfois on craint de manquer, surtout dans un endroit étranger où l’on ne peut pas emprunter, ou bien on a peur de montrer qu’on a de l’argent de peur d’être volé.

Rabbi Yéhouda Tsadka dit que le Téhilim "Achré yochvé bété'ha" (Heureux ceux qui résident dans Ta demeure - 84,5) se termine par les mots "ma bouche dira les louanges de Hachem", alors que le Téhilim (119,1) "Achré témimé darekh" (דָרֶךְ - voie, chemin => ceux qui se déplacent, voyagent) se termine par les mots "j’ai erré comme un agneau égaré".

"Moché est Mon serviteur : de toute Ma maison, c'est le plus fidèle" (Béaaloté'ha 12,7)

-> Le Nétsiv (Haémek Davar) soutient que le qualificatif "fidèle" n'est attribué qu'à celui qui pourrait trahir et qui ne le fait pas.
Si Moché mérita d'être désigné de la sorte, c'est parce qu'il connaissait le nom Divin ineffable, celui avec lequel le Ciel et la Terre furent créés, et que par fidélité à D., il ne l'utilisa jamais.

Dans ses annotations Haar'hev Davar, le Nétsiv rapporte au nom du Sifri, que d'après certains de nos Sages, "toute Ma maison" vient inclure les anges de Service.

=> Cela revient à dire que Moché aurait pu interagir également avec les créatures célestes. Cependant, sa fidélité [à D.] était telle qu'il se refusa même d'influer sur les anges.

Dans le Emek haNétsiv (sur le Sifri 45), le Nétsiv ajoute que Moché, par sa maîtrise des noms Divins, avait même le pouvoir de changer la mer en terre ferme. Mais là encore, il refusa d'utiliser ce savoir pour susciter le miracle, et sur les berges de la mer Rouge, il agit uniquement en tant qu'émissaire de Hachem.

Le Nétsiv précise également que si Moché avait fait usage du Nom ineffable, il se serait épargné tous les tourments qu'il endura lors de la traversée du désert. Mais cela n'était pas dans ses intentions, car il était fidèle à D.

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-> Le rav de Brisk dit : Notre devoir est d'obéir fidèlement aux ordres divins, au mépris de toute considération : même si les anges célestes devaient s'en mêler, rien ne doit nous détourner de la volonté de D.

-> Le rav de Brisk enseigne également :
Dans la guémara (Sanhédrin 98a), il est enseigné que le machia'h est assis au milieu des lépreux indigents, et que contrairement à ses compagnons d'infortune, il soigne ses plaies l'une après l'autre.

Autrement dit, les lépreux ont pour habitude d'ôter tous les bandages de leur corps et de traiter simultanément toutes les zones atteintes.
Mais le machia'h n'agit pas ainsi : il retire un pansement, il désinfecte une plaie, il remet le bandage en place et seulement après il s'occupe de la lésion suivante.
Pourquoi cette précaution?

La guémara explique que s'il enlevait 2 pansements à la fois et qu'il était soudain appelé à délivrer le peuple juif, il perdrait un temps précieux à rebander les 2 plaies, ce qui retarderait d'autant la rédemption.

=> Le rav de Brisk dit que nous voyons de là que lorsque l'heure de la délivrance aura sonné, le machia'h devra se manifester aussitôt, sans le moindre report. Cette urgence est due au fait que le monde est jugé selon le nombre des mérites et des fautes.
De ce fait, si une personne accomplit à un moment donné une mitsva supplémentaire au nombre de péché, elle aura ainsi fait pencher la balance du côté des mérites et la guéoula pourra survenir.
Or, si le machia'h devait tarder un tant soit peu à se révéler, il se pourrait que quelqu'un d'autre commette entre-temps une faute et que la rédemption soit alors reportée.

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-> La guémara (Erouvin 43a) envisage une thèse selon laquelle le problème du té'houm Shabbath (zone autour des lieux d'habitation qu'il est interdit de dépasser le Shabbath) se pose également à la verticale, c'est-à-dire que l'espace se trouvant au-dessus des 10 téfa'him proches de la surface de la terre serait considéré comme étant hors du té'houm.

Ainsi, le cas échéant, le machia'h ne pourrait pas se manifester le Shabbath, puisqu'il est censé arriver par la voie des airs.
Or, notons bien que l'interdiction du ét'houm relève seulement d'une institution rabbinique.

=> Cela nous apprend qu'en dépit du fait que le machia'h se tient prêt à se révéler à tout instant, il s’abstiendra de le faire au prix d'une simple défense rabbinique.
Et bien qu'il se puisse que dans l'intervalle de ce Shabbath, quelqu'un commette une faute et que la délivrance soit repousser à plus tard, jusqu'à ce que la balance penche à nouveau du côté des mérites, ce qui peut prendre plusieurs dizaines ou centaines d'années, le machia'h ne se manifestera pourtant pas pendant le Shabbath.
Pourquoi cela?

Parce que sa venue impliquerait la transgression d'un interdit de nos Sages.

=> Le rav de Brisk déclare : Même si nous avions la certitude qu'un projet susciterait la venue du machia'h, et que s'il n'était pas mis en oeuvre, la rédemption n'arriverait pas, nous ne l'autoriserions pas s'il contredit un seul ordre rabbinique, et à plus forte raison une interdiction de la Torah (que se soit envers Hachem, ou bien envers son prochain).
La fin ne justifie pas les moyens, aucun écart de conduite ne peut être toléré même pour la plus noble des causes.

[Moché dit à Yitro : ...] "Hachem a parlé du bien sur Israël" (Béaaloté'ha 10,29)

Dans tout le Tana'h, les termes : "dibèr tov" (a parlé du bien - דבר טוב) apparaissent uniquement à 2 reprises :
-> la 1ere fois dans notre verset qui décrit les propos de Moché à Yitro pour le convaincre de rester avec eux.

-> la 2e fois dans la Méguilat Esther (7,9), quand il est dit que Mordé'haï "a parlé du bien sur le roi" (דִּבֶּר-טוֹב עַל-הַמֶּלֶךְ), pour sauver sa vie.
Bien qu’il s’agisse là du roi A'hachvéroch, d’après le Midrach quand il est dit dans la Méguila "le roi" (hamélé'h), sans préciser A’hachvéroch, cela fait allusion à Hachem.

=> Ainsi, les 2 références de ces termes (dibèr tov - דבר טוב) font allusion au fait que quiconque dit du bien sur le peuple d’Israël ("a parlé du bien sur Israël"), cela lui est compté comme s’il disait du bien sur Hachem Lui-Même ("a parlé du bien sur le Roi (des rois)").

[le Bné Yissa'har - Rabbi Tsvi Eliméle'h de Dinov - dans son Agra déKala]

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-> On vient de voir que louer le peuple juif revient à louer le Roi, c’est-à-dire le Maître du monde.
Mais, l’inverse est aussi vrai : quiconque médit des enfants d’Israël est considéré comme avoir médit du Roi des rois.

L’auteur du Ravid Hazaav explique dans cet esprit le verset : "Selon la lésion (moum) qu’il aura faite à autrui, ainsi lui sera-t-il fait" = celui qui attribue un défaut (moum) à un homme, c’est comme s’il en attribuait à Hachem.
Ainsi est-il de notre devoir de juger positivement autrui et de ne pas s’empresser d’affirmer qu’il avait l’intention de nous taquiner ou de médire de nous.

"Myriam fut mise en quarantaine à l'extérieur du camp durant 7 jours, et le peuple ne se mit pas en route jusqu'à ce que Myriam fût ramenée" (Béaaloté'ha 12,15)

-> Selon le Ohr ha'Haïm, bien que la colonne de nuée se fût élevée (v.10) [indiquant de quitter le lieu], le peuple n'a pas pris le départ, afin d'honorer Myriam en attendant son retour.

-> Rachi enseigne : Si Hachem lui a accordé cet honneur, c’est parce qu’elle avait veillé pendant une heure sur Moché lorsqu'il avait été jeté dans le fleuve, comme il est écrit : "Sa sœur se tint de loin, pour savoir ce qui lui serait fait" (Chémot 2,4).

-> Les Tossefot (sur la guémara Sotah 11a) commente : "Ce n'est pas exactement une heure [qu'elle passa à veiller sur Moché], mais plutôt un tiers ou un quart d'heure.
En effet, il est enseigné dans la Tossefta que l'attribut de bonté [dont résultent les récompenses] est 500 fois supérieur à l'attribut [qui suscite] les catastrophes".

-> Rabbi Yaakov Beifuss (Léka'h Tov) développe cette idée.
En 7 jours, il y a 168 heures, qui correspondent à 504 tiers d'heure.
Il en résulte que pour ces quelques 20 minutes (1/3 d'heure), que Myriam a consacrées à surveiller Moché quand il avait été jeté dans le Nil, elle mérita que le peuple juif au complet l'attende pendant une semaine entière (7 jours), jusqu'à ce qu'elle fût réintégrée.

=> Cela nous montre l'importance de la récompense des mitsvot : pour chaque acte minime que l'homme accomplit, il recevra un salaire 500 fois supérieur!