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Le don de la Torah = le jour de notre mariage avec Hachem

+ Le don de la Torah : le jour de notre mariage avec Hachem

-> "Shavouot est considérée comme notre jour de mariage, durant lequel Hachem, le fiancé, prend le peuple juif comme Sa fiancée."
[Kédouchat Lévi]
[cf. https://todahm.com/2019/07/08/9650-2 ]

-> La révélation au mont Sinaï était comparable à un mariage faisant d'Israël une nation exclusivement liée à Hachem, comme une femme exclusivement consacrée à son mari.
[Sifté Cohen]

-> Lors du don de la Torah, les nuages représentaient la ‘houpa, et les Tables de la loi : la kétouba.
[rav Ephraïm al haTorah]

-> Selon le Radal (commentaire au Pirké déRabbi Eliézer 41), toutes les coutumes observées pour la cérémonie de mariage ont leur origine au don de la Torah.

-> Le Pirké déRabbi Eliézer (41) enseigne que lorsque le peuple juif se tint au pied du mont Sinaï, au moment du don de la Torah, Moché l'accompagna sous le dais nuptial. En effet, Hachem sanctifia l'assemblée d'Israël par l'intermédiaire d'une 'houpa et de kidouchin.

-> La bague fut représentée par les 2 Tables de la Loi (lou'hot) tandis que la 'houpa fut incarnée par le mont Sinaï déraciné et placé au-dessus de la tête du peuple juif comme une cloche (voir guémara Shabbath 88a).
Ainsi, les Sages comparent Hachem à un 'hatan (jeune marié) et l'assemblée d'Israël à sa kala.

-> A propos de l'expression : "Qui sanctifie Son peuple Israël par la 'houpa et les kidouchin", la Chita Mekoubétsèt (Kétouvot 7b, citant Guilyon HaTossafot) fait remarquer : "La 'houpa fait référence à la montagne suspendue comme un tonneau, et les kidouchin représentent la Torah car [les Bné Israël] reçurent la Torah. Et c'est une belle explication."

Le Arou'h haChoul'han (Evèn Haézèr 34,4) le dit encore plus nettement : "La 'houpa et les kidouchin sont ceux du Klal Israël, mariés à D. au moment du don de la Torah. La 'houpa était le mont Sinaï, car Il a tenu la montagne en l'air au-dessus de nous comme un tonneau et nous, nous nous tenions au-dessous comme un homme se tient sous la houpa ; les kidouchin étaient le don de la Torah."

Le Aroukh haChoul'han utilise ce point pour expliquer pourquoi la 'houpa précède les kidouchin dans la bénédiction : "Qui sanctifie Son peuple Israël par la 'boupa et les kidouchin" bien qu'en pratique, l'ordre soit inversé.
L'ordre de la bénédiction, selon le Aroukh Hachoul'han, est basé sur les événements survenus au don de la Torah, lorsque la montagne fut soulevée au-dessus du peuple juif, correspondant à la 'houpa, avant que la Torah ou acte des kidouchin, leur soit donnée.

-> De son côté, le Yam chel Chlomo (Kétouvot 7b) affirme que la 'houpa était représentée non pas par la montagne suspendue en l'air, mais par la nuée qui planait sur la montagne. Il écrit : "Cette [bénédiction] renferme aussi une louange et une métaphore du Don de la Torah, car D. effectua les kidouchin avec le peuple juif (en leur donnant) la Torah ... et une nuée recouvrit la montagne comme un dais nuptial."

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-> Rabbi Baroukh Cohen dit que le 2e commandement : "Tu n’auras pas d’autres dieux" symbolise la déclaration de D. à la communauté d’Israël : "Je t’ai épousé et tu n’auras donc pas d’autres époux" (aré at mékoudéchét li).

-> Le Mégalé Amoukot enseigne : lorsqu'un homme dit à une femme "aré at mékoudéchét li" (voici que je te sanctifie pour moi), l'homme sanctifie ainsi la femme qui lui devient permise, et de manière automatique, interdite à tous les autres hommes (Kidouchin 8b ; Choul'han Aroukh Ora'h 'Haïm sim 27,1).
Ainsi, si le 'hatan ne prononce pas le mot : "pour moi" (li - לי), la kala n'est pas sanctifiée.
Lorsque les Bné Israël campèrent devant le mont Sinaï, Hachem leur dit : "Vous êtes pour Moi unique parmi toutes les nations" (viéyitem lo ségoula mikol aamim - Yitro 19,5).
En prononçant le mot "li" (pour moi), Hachem sanctifia le peuple d'Israël pour qu'il devienne unique parmi tous les peuples de la terre.

Le midrach (Vayikra rabba 2,2) affirme qu'à chaque fois qu'il est mentionné dans la Torah le mot "li" (pour moi - לי), il s'agit d'un lien éternel, aussi bien dans ce monde-ci que dans le monde futur.
Hachem sanctifia le peuple juif en prononçant le mot לי afin de faire perdurer le mariage pour toujours.
C'est le sens des paroles du roi David : "Cantique des degrés. Vers Hachem j'ai crié dans ma détresse et Il m'a répondu" (Téhilim 130,1).
Il faut comprendre le verset ainsi : dans les moments de détresse, je rappelle à Hachem qu'il nous a sanctifié par le mariage avec le mot "pour moi" (לי), et ainsi Hachem me répond.

Le Mégalé Amoukot ajoute que le mot לי fait allusion à l'union entre Hachem et l'assemblée d'Israël. En effet, la lettre "lamed" (ל) est la lettre qui a la plus grande taille parmi les 22 lettres de l'alphabet. Or, il est écrit : "Car grand est Hachem et infiniment digne de louanges" (Téhilim 96,4).
De plus, le Arizal explique que la lettre ל fait allusion au Nom d'Hachem dans sa conception. En effet, elle est constituée de 2 lettres : un kaf (כ) à sa base, et d'un vav (ו) au-dessus, qui additionnées, ont une guématria de 26, qui équivaut à la valeur numérique du Nom d'Hachem (יהוה).

A l'inverse, la lettre "youd" (י) est la plus petite des 22 lettres de l'alphabet hébraïque, elle fait allusion au peuple d'Israël comme il est dit : "Car vous êtes les moins nombreux parmi les peuples" (Vaét'hanan 7,7).

Il se trouve donc que lorsque nous unissons la la lettre ל qui fait allusion au Maître du monde avec la lettre י qui fait allusion au peuple d'Israël, nous obtenons לי qui fait allusion à l'union entre Hachem et l'assemblée d'Israël pour l'éternité.

-> Nous pouvons remarquer que dans la majorité des mitsvot de la Torah ordonnées par Hachem, les mots utilisés sont : "vayédaber Hachem él Moché lémor ... dabér él Bné Israël véamarta aléhem (ואמרת אלהם)" (Hachem parla à Moché en disant : parle aux Bné Israël et tu leur diras).
=> La Torah aurait pu mentionner uniquement "parle aux Bné Israël". Pourquoi est-il aussi écrit : "et tu leur diras"?

véamarta aléhem (ואמרת אלהם) : cette expression contient en allusion dans chacun de ses lettres : "aré at mékoudéchét li" (voici que je te sanctifie pour moi (הרי את מקודשת לי), les premières lettres forment le mot : "aléhem" (leur).
Le Mégalé Amoukot explique : ceci afin d'enseigner à Israël que les obligations sont mutuelles, comme dans un mariage à proprement parler. En effet, Hachem doit leur procurer du pain et des habits tel un 'hatan.
Israël, comparé à la kala, devra à son tour accomplir ses obligations envers son 'hatan que sont les mitsvot de la Torah.

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-> L'allégorie compare la relation entre Hachem et le peuple d'Israël à un mariage entre un homme et une femme.
Ainsi, lorsque Hachem leur dit : "Tu n'auras pas d'autres dieux que Moi" (Yitro 20,2), le Créateur interdit le peuple juif à tout autre culte car Il les sanctifia pour Le servir exclusivement.

Or, il est rapporté dans le midrach de Rabbi Néhouria ben Hakana que les mains de l'homme sont constituées de 10 doigts qui correspondent aux 10 commandements. [midrach Yalkout Réouveni Béréchit]
De ce fait, il convient donc de sanctifier la femme par le 2e doigt de sa main qui correspond au second commandement de la Torah : "Tu n'auras pas d'autres dieux que Moi".
Effectivement, lorsque l'homme sanctifie une femme sous la 'houpa, il lui dépose la bague sur le 2e doigt de la main, l'index, en lui déclarant : "Tu es sanctifiée pour moi".
Ainsi, elle deviendra automatiquement interdite à toute autre personne.

Ainsi, la kala qui se tient à la droite du 'hatan présente l'index de la main droite qui correspondent au 2e des 10 commandements qui étaient sur le côté droit des tables de la Loi.
[Bichouroun Mélé'h]

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-> Le mariage [du peuple juif avec Hachem] s'est déroulé au mont Sinaï, et une des raisons pour lesquelles Hachem s'est marié à nous tout de suite après l'esclavage en Egypte est car Il voulait spécifiquement que nous devenions les siens immédiatement après avoir atteint le 49e niveau d'impureté.
Hachem voulait nous montrer que Son amour pour nous est inconditionnel. Même lorsque nous sommes au niveau le plus bas, nous sommes toujours adorés aux yeux d'Hachem.

[Maharal]

-> Le rav David Ashear commente : ainsi, lorsqu'un juif faute et qu'il doit être puni, cela ne veut pas dire que Hachem l'aime moins. La personne a besoin d'une expiation pour pouvoir redevenir pure, mais même pendant la punition, l'amour d'Hachem pour lui ne change pas. Hachem a un amour inconditionnel pour nous et nous sommes censés avoir un amour inconditionnel pour lui.

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-> "Au 3e mois de la sortie des enfants d'Israël du pays d'Égypte, le jour même, ils arrivèrent au désert de Sinaï. Partis de Refidim, ils entrèrent dans le désert de Sinaï et y campèrent, Israël y campa en face de la montagne." (Yitro 19,1-2)

-> Au 3e mois :
selon ce que l'on sait de l'amour que D. a pour le peuple d'Israël et son profond désir de nous donner, en fiancée, Sa sainte Torah, il convient de se demander pourquoi D. a tardé, jusqu'au troisième mois après notre sortie d'Égypte, afin nous donner la Torah.
Le signe d'amour d'un fiancé envers sa fiancée pour la demander en mariage est justement de ne pas tarder.
Hachem donne une raison valable : ce n'est pas un manque de désir, mais uniquement un temps qu'il fallait afin de préparer le 'Hatan (le fiancé).

Les Bné Israël n'étaient pas aptes à recevoir la sainte Torah, ayant vécu un grand nombre d'années sur une terre impure au sein d'un peuple impur ils étaient comme une femme impure parmi eux.
Il fallu qu'ils comptent sept semaines de purification, comme une femme impure qui, avant de se purifier dans un mikvé, doit compter sept jours de pureté.
La preuve : que dès qu'ils ont achevé cette période de préparation, le jour même où ils sont partis, ils sont arrivés devant le Mont Sinaï. C'est ce que le verset précise ce jour même.

J'ai constaté à travers le comportement de D. envers nous la grandeur de l'amour qu'il a pour le peuple d'Israël.
Effectivement, pourquoi D. a-t-il tant rallongé le chemin des Bné Israël « en les faisant trainer » jusqu'au troisième mois aprés leur sortie d'Egypte?

Cela vient nous prouver combien Hachem était impatient de nous donner la Torah. Il n'a pas voulu les amener devant le Mont Sinaï et les faire attendre 3 mois avant de célébrer le mariage.
Ainsi, Il a choisi de les laisser tout ce temps loin de la 'Houpa, (le dais nuptial) afin qu'ils deviennent purs pour recevoir la Torah.
Par contre, dès que le peuple d'Israël (la fiancée) fut prêt à entrer sous la 'Houpa, et sans plus attendre, Il les a amenés, devant le Mont Sinaï.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> Ils ont quitté Réfidim :
Puisque ce jour-là était si désiré, espéré et attendu par le Créateur, pour la Torah, pour les mondes supérieurs et celui du bas, depuis la création du monde, tous attendaient ce moment avec impatience. Quand les Bné Israël vont-ils se présenter au mont Sinaï?
C'est pour cela que dès qu'ils sont arrivés là-bas, D. n'a pas pu contenir sa joie et immédiatement, il décrit dans sa Torah ce jour même sont arrivés les enfants d'Israël!

Ce jour-là, est arrivé le peuple tant aimé et désiré à la rencontre d'Hachem, et ils se sont attachés à Celui qui les aime si profondément; et qui Lui-même, est si aimé et désiré par ce saint peuple.
Et se sont réjouis le Ciel et la Terre!
C'était tout le but de la création, et son plus profond désir, et ce à quoi elle aspirait. Ensuite, la Torah raconte les détails de leur voyage.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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-> C’est seulement lorsque D. a vu l’amour du peuple juif et son profond désir de s’unir à Lui, qu’Il a commencé à leur donné la Torah.
[Pessikta Rabba 21]

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-> [Juste avant le don de la Torah,] Moché parcourut le camp en réveillant le peuple et en annonçant : "Le moment est venu d'amener la fiancée sous le dais nuptial".
Le verset y fait allusion : "Moché amena le peuple hors du camp à la rencontre de Hachem" (Yitro 19,17).
=> Israël était comparable à une fiancée et Moché aux demoiselles d'honneur qui la conduisent vers son fiancé.

Dans Son humilité infinie, Hachem alla à la rencontra d'Israël et le précéda jusqu'au pied de la montagne, ainsi que le verset y fait allusion : "Hachem, Tu sortis devant Ton peuple" (Téhilim 68,8).
=> Au moment de donner la Torah, Hachem honora Son peuple en avançant, si l'on peut dire, à sa rencontre.
[...]

Quand la Torah a été donnée, Israël devint une nation entièrement vouée à Hachem.
=> Israël était désormais comme une femme mariée qui ne peut connaître d'autres hommes.
"Tu n'auras pas d'autres dieux devant Moi" (Yitro 20,3) = les dieux étrangers sont interdits à Israël comme les hommes étrangers à une femme mariée.

Hachem nous promit également de ne jamais nous abandonner pour une autre nation.
Lorsqu'un homme signe un contrat de mariage (kétouba), il s'engage à ne pas divorcer de sa femme contre son gré.
=> De la même façon, Hachem promit de ne jamais rompre Son alliance avec Israël.

Lorsque nos Sages comparent Israël et Hachem à des époux, cela n'est certainement pas à prendre littéralement. L'idée est utilisée allégoriquement pour évoquer l'amour profond que D. éprouve envers Israël.

Dans le midrach, rabbi 'Hiya haGadol expliqua pourquoi la Torah fut donnée le 3e mois de la sortie d'Egypte. En effet, selon la loi juive, une femme qui se convertit, une prisonnière libérée ou une esclave affranchie n'est pas autorisée à se marier avant les 3 mois qui suivent sa conversion ou sa libération. [guémara Yébamot 34b]

En Egypte, les juifs étaient prisonniers et esclaves. Lors de la sortie d'Egypte, ils devinrent semblables à des convertis.
Le don de la Torah (comparable à un mariage par lequel Israël devint, si l'on peut dire, l'épouse de D.) exigeait une période d'attente de 3 mois.
Pendant cet intervalle, les juifs se purifièrent totalement de l'impureté dont ils s'étaient souillés en Egypte. Cela ressemblait au cas d'un converti, d'une prisonnière ou d'une esclave affranchie, tenue d'attendre 3 mois avant de se marier afin que ses enfants légitimes ne soient pas confondus avec les autres.
La Torah ne pouvait être donnée immédiatement après la sortie d'Egypte car les juifs étaient encore souillés par les mauvaises actions commises en imitant les égyptiens.

Si, dans le cas d'une femme, la période d'attente est de 3 mois entiers (soit 90 jours), la Torah fut donnée 49 jours seulement après la sortie d'Egypte.
En effet, bien que la situation fût comparable dans l'allégorie, elle n'était pas rigoureusement semblable.
Cependant, on peut tout de même dire qu'il y avait 3 mois d'intervalle : Nissan, Iyar et Sivan.
["Le 3e mois de la sortie des juifs du pays d'Egypte" - Yitro 19,1
Nos Sages expliquent également que puisque les juifs venaient d'un pays impur et étaient comme une femme nida, ils devaient compter 7 semaines de purification (7 semaines entre Pessa'h et Shavouot) comparable aux 7 jours de la pureté de la femme.]
[...]

Il est écrit littéralement que les juifs se tinrent : "sous la montagne" (Yitro 19,17 - béta'htit ha'ar).
Le mont Sinaï fut déraciné et resta suspendu en l'air au-dessus de la tête des juifs.
La montagne scintillait comme du pur cristal.
Les juifs se trouvèrent alors réellement "sous la montagne".

Le mont Sinaï ressemblait à un dais nuptial.
La révélation au Sinaï ressemblait à un mariage lors duquel Hachem prit Israël comme épouse et en fit Son peuple.
Le ciel et la terre constituaient les 2 témoins, la Torah faisait office de contrat de mariage (kétouba) avec pour dais nuptial ('houpa), le mont Sinaï.

[Le Yalkout Chimoni rapporte que] le mont Sinaï s'élargit considérablement. En effet, Hachem enjoignit la montagne de s'étendre afin que [tout] le peuple entier puisse se tenir dans son ombre.
Un miracle semblable se produira, lors de la rédemption finale, lorsque tout Israël se rassemblera à Jérusalem.
Hachem dira à la ville de s'étendre.
[...]

La guémara (Béra'hot 6b) enseigne que la Torah fut donné par 5 sons (kolot) mentionnés dans la Torah : "il y eut des sons (kolot)" (v.19,16) [le pluriel indique qu'il y en avait deux] ; "il y eut un très fort son (kol) d'une corne de bélier" (v.19,16) ; "il y eut le son (kol) de la corne de bélier qui augmentait beaucoup en intensité" (v.19,19) , ce qui fait 4.
Enfin, le verset : "Moché parlait et Hachem répondait par une voix (kol)" (v.19,19).

[Selon cette même guémara,] Si l'on assiste à un repas de mariage sans réjouir les mariés, on commet la faute de négliger les 5 sons par lesquels Hachem bénit Israël mentionnés dans le verset : "Le son de joie (kol sasson), le son d'allégresse (kol sim'ha), la voix du marié (kol 'hatan), la voix de la mariée (kol kala), la voix de ceux qui disent (kol omrim) : "Remerciez D."" (Yirmiyahou 33,11).

A l'inverse, celui qui réjouit les nouveaux mariés mérite la Torah qui fut donnée par 5 sons.

[Selon le Abarbanel, ] il s'agit là d'une récompense appropriée : le don de la Torah ressemblait véritablement à un mariage, et à ce moment là, Israël atteignit une relation unique avec Hachem, comme une mariée avec son époux.

[b'h, compilation personnelle issue du Méam Loez - Yitro 20,1]

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-> Lorsque la Présence Divine reposait parmi les juifs, dans le Michkan, dans le 1er et 2e Temple, la situation était semblable à une union conjugale.
Le jour où la Présence Divine pénétra dans le Michkan était comparable à un jour de noces.
[Méam Loez - Pékoudé 40,38]

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-> "Hachem parla en ces termes à Moché, dans le désert du Sinaï (midbar Sinaï), dans la Tente d’Assignation (Ohel Moéd), le premier jour du second mois de la deuxième année après leur sortie du pays d’Egypte" (Bamidbar 1,1).
=> Pourquoi la Thora précise-t-elle par 2 fois le lieu où Hachem a parlé à Moché : "dans le désert du Sinaï" et "dans la Tente d’Assignation"?

-> Le Kli Yakar donne l'explication suivante :
les 2 expressions ("dans le désert du Sinaï» et "dans la Tente d’Assignation") correspondent aux 2 unions avec D. que vécurent les Bné Israël : le Don de la Thora ("dans le désert du Sinaï") considéré comme les "Fiançailles", et l’inauguration du Michkan ("dans la Tente d’Assignation") considérée comme le "Mariage" (la Chékhina résida véritablement au sein du peuple juif lorsqu’ils furent comptés le premier jour du mois d’Iyar. Soit 30 jours après l’inauguration du Michkan [le 1er Nissan], car prit fin alors le temps du mariage, "durant30 jours la mariée est appelée Kala" (voir Rachi sur la Michna Yoma 8,1), et commença celui de la fixation de la Résidence divine).

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-> "La Torah que Moché vous a prescrite est un héritage (moracha) pour l'assemblée de Yaakov" (Vézot haBéra'ha 33,4)

Rabbi 'Hiya (guémara Pessa'him 49b) commente : "Ne lis pas moracha (héritage), mais méorassa (fiancée)."

Le Haflaa (sur guémara Kétoubot 7b) commente : "ainsi les fiançailles (kidouchin) et le mariage ('houppa) entre Hachem et l'assemblée d'Israël, qui ont scellé une union indéfectible, ont tous 2 eu lieu lorsqu'on s'est tenu devant Hachem au mont Sinaï."

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-> "Ils se tinrent debout au bas de la montagne" (Chémot 19,17)
Rabbi Avdimi bar 'Hama bar 'Hassa apprend que Hachem renversa sur l'assemblée d'Israël la montagne comme une coupole.
Puis Hachem leur dit : "Si vous acceptez la Torah, c'est bien, sinon là sera votre tombe!" [guémara Shabbath 88a]

-> Le Torah Ohr enseigne :
A la sortie d'Egypte, l'assemblée d'Israël n'avait pas un niveau spirituel élevé.
Cependant, l'amour qu'Hachem a dispensé à Ses enfants leur a communiqué réciproquement, un élan d'amour envers Hachem jusqu'à déclarer : "Naassé véNichma" et avoir mérité de recevoir la Torah.
Alors, Hachem a manifesté Sa satisfaction et Son amour intense en renversant sur eux la montagne (har) afin de les entourer dans toutes les directions.
En effet, la montagne symbolise l'amour et l'affection d'Hachem pour Ses enfants, puisqu'Avraham est appelé "har", lui dont tout le service Divin était l'amour porté à son prochain.

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-> "Il donna à Moché, lorsqu'il eut achevé de parler avec lui sur le Mont Sinaï, les 2 Tables de la Loi" (Ki Tissa 31,18)

Rachi commente que :
"[Dans la Torah] le mot : kékaloto (כְּכַלֹּתוֹ - lorsqu'il eut achevé) est écrit sans vav (ככלותו), et peut donc être lu : kékalato ("comme sa nouvelle épouse") : La Torah lui a été remise en cadeau, comme l’épouse à l’époux (guémara Nedarim 38a). Car il ne pouvait pas, dans un temps aussi limité, l’étudier dans tous ses détails.
Autre explication : De même que la fiancée, [le jour du mariage], est parée des 24 ornements énumérés dans le livre de Yechayahou (v.3,18 et suivants), de même l’homme érudit doit-il être instruit dans les 24 livres de la Torah."

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-> Il est écrit dans le midrach Chokher Tov (119,97) :
"Le roi Chlomo dit : "La Torah est comparable à une brebis d'amour" (Michlé 5,19), et elle est pleine de grâce.
Tous ceux qui s'approchent d'elle se mettent à l'aimer et Hachem dit au peuple d'Israël : Pourquoi vous égarez-vous avec des filles étrangères ; c'est justement pour cela que Je vous ai donné Ma Fille : la Torah."

-> Le midrach Chémot (rabba 41,6) écrit :
"Tout celui qui dit des paroles de Torah qui ne sont pas agréables et désirables pour ceux qui les entendent comme une fiancée aux yeux de son fiancé, il ferait mieux de ne pas les dire.
D'où apprend-on cela? Car lorsqu'Hachem a donné la Torah au peuple d'Israël, elle était agréable et désirable comme une fiancée (kalla) pour son fiancé ('hatan)."

-> "Si tu t'éloignes de la Torah même un seul jour, alors elle s'éloignera de toi 2 jours.
Cela ressemble à 2 personnes qui se sont croisées et ont continué leur chemin pendant une journée entière. A la fin de la journée, elles se trouvent éloignées à 2 jours de distance."
[guémara Béra'hot Yérouchalmi 9,5]
[d'une certaine façon cela représente un couple qui doit marcher ensemble dans la même direction]

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-> Rabbi 'Hanina ben Aguil demanda à Rabbi 'Hiya ben Abba : "Pourquoi (dans le Commandement relatif au respect des parents) n'est-il pas dit : "tov" dans les 1eres Tables de la Loi (rapportées dans la paracha Yitro), alors que ce mot "tov" figure dans les seconde Tables (rapportée dans la paracha Vaét'hanan)?" ...
Rabbi Tan'houm dit ... le mot "tov est absent des 1eres Tables, car elles finiront par être brisées.
Objection : même si elles seront finalement brisées, en quoi cela justifierait-il l'absence du mot "tov" dans ces Tables (lou'hot)?
Rav Achi répond : si le mot "tov" était écrit dans les 1eres Tables, le bonheur aurait disparu de ce monde, qu'Hachem nous en préserve.
[guémara Baba Kama 54b et 55a]

-> La Pisskata Zoutrata (Dévarim 5,11) écrit :
"Pour justifier l'absence du mot "tov" (טוב), donc l'absence de la lettre ט (tét) dans les 1eres Tables de la Loi, on peut citer la parabole suivante : un roi a volontairement écrit un contrat de mariage inapte (passoul) afin que dans l'hypothèse où cette femme lui serait infidèle, elle ne soit pas considérée comme une femme mariée et échappera ainsi à la sanction.
De même ici, Hachem a fait écrire les 1ere Lou'hot (contrat de mariage entre Hachem et les Bné Israël) sans la lettre ט (tét), les rendant ainsi inaptes, et c'est comme si les "fiançailles" des Bné Israël n'avaient jamais eu lieu.
Ainsi, les Bné Israël ont été épargnés d'une destruction après la faute du Veau d'or."

-> Le 'Hatam Sofer fait un commentaire avec une idée similaire :
Il est écrit : "Souviens-toi ... de Tes serviteurs à qui Tu as juré par Toi-même" (Ki Tissa 32,13).
Moché dit à Hachem qu'Il avait fait serment à Ses serviteurs : Avraham, Its'hak et Yaakov, en jurant sur la Torah qui contient toutes les 22 lettres de l'alphabet, en allusion à la guématria du mot [du verset] : "ba'h" (par Toi même - בך) : 22.
Donc l'absence d'une seule lettre, la lettre ט (tét), dans les 1eres Tables de la Loi, est en faveur des Bné Israël qui ne devraient pas être sanctionnés à la suite de la faute du Veau d'or, grâce à cette lettre manquante.

Le roi David fait aussi cette même allusion dans le verset : "Certes (akh - אך), D. est bon pour Israël"(Téhilim 73,1), où le mot אך de guématria 21, fait allusion aux 21 lettres (au lieu de 22, car la lettre ט (tét) est absente dans les premières Tables de la Loi brisées).
Ainsi, la brisure des Tables de la Loi (contrat de mariage entre Hachem et les Bné Israël) ne fera pas cesser les bienfaits d'Hachem envers Israël. [ce qui témoigne de l'infini bonté, amour, d'Hachem à notre égard, et qui nous a choisi en nous donnant la Torah!]

-> Rabbi Yhochoua ben Lévi dit : "Voir la lettre ט (tét) dans un rêve constitue un bon présage" (guémara Baba Kama 55a).
Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik 4,57) explique cela :
"Au début de la 1ere paracha (Béréchit), la lettre ט (tét) n'est employée pour la 1ere fois qu'à la 121e lettre dans le mot : "tov" (טוב). Du fait qu'elle est mentionnée la 1ere fois pour le bien, cela est une preuve qu'elle est toujours associée au bien, même si parfois cette lettre ט (tét) apparaît ailleurs dans des mots qui correspondent au contraire du bien.
De façon plus générale, la première fois où une lettre, un mot ou une notion apparaît dans la Torah, c'est là sa racine, c'est là sa réalité essentielle".

[A Shavouot, Hachem nous donne le plus grand (tov) = la possibilité d'être toujours plus proche de Lui, par le biais de la Torah!]

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-> A Shavouot, nous sommes capable de détourner notre regard des distractions de la vie quotidienne pour rencontrer de nouveaux le regard plein d'amour d'Hachem [à notre égard].
[rabbi Nathan de Breslev]

[la Torah ne doit pas être vue comme une série de contraintes, mais plutôt comme le signe ultime de l'amour d'Hachem à notre égard, en nous donnant ce qu'Il a de plus cher : Lui-même!]

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-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
Lorsque nous (les juifs) avons reçu la Torah, Hachem a dit : "En ce jour, tu es devenus le peuple!"
Avec la Torah il y a un peuple, sans Torah il n'y a pas de peuple, et selon rabbénou Saadia Gaon : "Notre peuple n'est un peuple uniquement lorsqu'il se trouve dans la Torah" ...
Puisque Hachem nous a mariés avec la Torah, si un homme n'étudie pas la Torah, la jeune mariée va se plaindre auprès de son père, Hachem : "Avec qui m'as-tu mariée? Mon mari n'est jamais à la maison, il ne m'adresse jamais la parole!" ...
Rabbi Chimon ben Lakich a dit : "celui qui prononce des paroles de Torah, qui ne sont pas exquises à ceux qui les entendent, comme est chère une nouvelle mariée à son époux, il aurait été préférable qu'il ne les prononce pas. Car lorsque Hachem a donné la Torah à Israël, elle leur était aussi chère qu'une jeune épouse pour son époux" (midrach Chémot rabba 41,5).

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-> Le midrach (Tané déBé Eliyahou 17) enseigne :
Puisqu'Israël accepta le joug de la royauté divine dans la joie en déclarant : "Tout ce que Hachem dira, nous ferons et nous écouterons", immédiatement Hachem dit à Moché : "Parle aux Bné Israël ... Ils me feront un Sanctuaire et Je demeurerai parmi eux" (Térouma 25,8).

=> Tout comme le jeune marié qui amène son épouse dans leur nouvelle demeure, dans laquelle ils vont se découvrir et s'unir, Hachem désira édifier le Sanctuaire afin de faire résider Sa présence et déverser sur l'assemblée d'Israël Sa bonté infinie.
[d'après le Tsor ha'Haïm - Térouma]

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-> Au don de la Torah, les juifs se sont mariés avec Hachem.
Par conséquent, selon le Tachbetz (Katan 466-67), de nombreuses coutumes du mariage juif proviennent de cette expérience :
- par exemple, la coutume d'avoir des jongleurs de feu à la fête, découle du tonnerre et de la foudre qui ont accompagné le don de la Torah au mont Sinaï.
- de plus, de même que le nom d'Hachem est mentionné 14 fois dans les 10 Commandements (Asséret haDibrot), de même le nom d'Hachem est mentionné à 14 reprises dans les Chéva Bra'hot qui sont récitées sous la 'houppa.

- selon le Pri Mégadim (Michbétsot Zahav), le fait que le 'hatan brise un verre sous la 'houppa, est afin de rappeler la faute du Veau d'or, dont la résultante a été que les 1eres Lou'hot ont été brisées.

=> Pourquoi souhaitons-nous gâcher le moment joyeux du mariage par cette pensée si sérieuse?

-> Rabbi Yoël Teitelbaum répond qu’un des effets secondaires de la brisure des Lou'hot a été que cela a provoqué que les juifs oublient la Torah qu'ils étudient (guémara Erouvin 54a). [sans cela on oublierait jamais aucune parole de Torah que nous apprendrions]
Nous cassons le verre sous la 'houppa pour fournir une leçon au 'hatan et à la kalla : le moyen de réussir à construire une maison de paix et d'amour est en acquérant le trait de l'oubli.
Lorsque chaque membre du couple choisit d'oublier les offenses que son conjoint peut lui faire, alors leur vie à tous les deux sera remplie de bonheur.

[on casse le verre au mariage pour rappeler que la faute du Veau d'or a brisé les Lou'hot et donc entraîné l'oubli de la Torah. Cela enseigne au couple que cette capacité d'oublier est une arme (évidemment si nécessaire on discute à froid de ce qu'il est important de changer dans le couple), mais à l'inverse on doit faire un travail à se focaliser sur les qualités, sur les choses positives de son conjoint, pour la/le rendre sublime à nos yeux.
Or la tendance naturelle est inverse, on se focalise, on garde en tête le négatif de l'autre, et on prend pour acquis/normal, ce qu'il peut faire de bien.
De même, on doit aller contre notre nature pour garder en mémoire la Torah que nous étudions. ]

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+ Comme un 'hatan salue sa kalla :
-> Lorsque les mondes ont été unis et que les barrières entre Hachem et le peuple juif se sont effondrées, au moment du don de la Torah, Hachem n'a pas attendu que Sa nation bien-aimée vienne à lui.
Plutôt Il est allé la saluer [en signe d'amour] comme un 'hatan va saluer sa kalla (Mékhilta Yitro bé'hodech 3).
De plus, Son amour pour eux était si grand qu'Il a décidé de se faire une résidence permanente dans ce monde inférieur (Michkan), afin de pouvoir toujours rester avec eux.
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra - Dorech Tov - 2e discours matan Torah]

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+ Passer des fiançailles au mariage :

La Torah est comparable à une fiancée, comme il est écrit : "Moché nous a enseigné la Torah, c'est l'héritage de l'assemblée de Yaacov" (Vézot haBéra'ha 33,4).
En effet, il ne faut pas lire "moracha" (héritage), mais plutôt "méorassa" qui signifie fiancée. [guémara Pessa'him 49b]

Le Maharcha ('Hidouché Haggadot) explique que nos Sages n'ont pas voulu interpréter l'Ecriture selon son sens simple, c'est-à-dire que le terme "moracha" provient de la racine "yéroucha" qui signifie héritage comme il est rapporté dans la Michna : "Dispose-toi à étudier la Torah car sa compréhension ne t'a pas été donnée en yéroucha (héritage)" (Pirké Avot 2,12).
Ceci vient nous apprendre que l'acquisition de la sagesse de la Torah n'est pas un cadeau mais nécessite l'effort, comme il est enseigné : "Si un homme te dit: j'ai fourni des efforts et je n'ai pas trouvé, ne le crois pas!" (Méguila 6b).

De fait, le Maharcha souligne que nos Sages comparent la Torah à une fiancée afin de nous enseigner que lorsque Hachem nous a donné la Torah, ceci était comparable à des fiançailles et non à un mariage.
Ce n'est que lorsque l'homme a peiné avec effort dans la Torah, que la Torah prend alors le statut
d'une épouse.

-> En effet, pour mieux comprendre cette notion, le Rambam (Hilkot Ichout 10,1) rappelle qu'à l'époque de la Michna et du Talmud, deux étapes précédaient le mariage. La première étape voulait que le jeune 'hatan consacre la kala par le biais de fiançailles, ce qui interdisait de facto cette jeune femme à tout autre homme.
Toutefois, il était encore interdit aux deux jeunes gens de se retrouver, tant qu'ils n'avaient pas également abordé la seconde étape spécifique au mariage, qui était la 'houpa proprement dite. Durant cette période, la jeune fille devait encore rester dans la maison de son père, jusqu'au moment du mariage. C'est ainsi qu'après la 'houpa, le jeune marié amenait sa toute nouvelle épouse dans sa maison et s'isolait avec elle. La jeune femme passait alors du statut de fiancée a celui de femme mariée.

-> En ce sens, on peut affirmer qu'Hachem a donné la Torah à tout Israël jusqu'à la fin des générations pour qu'elle soit consacrée par eux en tant que "fiancée". Toutefois, le but est que les enfants d'Israël ne considèrent pas leur rapport à la Torah comme un simple statut de "fiancée" mais que chaque juif prenne conscience qu'il se doit d'achever le mariage avec la Torah pour qu'elle devienne son "épouse".
Dès lors, il s'isolera avec la Torah, avec un attachement absolu, à travers l'effort, en la faisant "entrer dans sa maison", autrement dit au plus profond de son cœur pour qu'il puisse se délecter d'elle.
[Tsor ha'Haïm - Shavouot]

-> Le Gaon de Vilna (Biour haGra sur Tikouné Zohar 21) apporte une explication en s'appuyant sur le passage suivant : "Rava a enseigné: au début, la Torah est appelée au nom de Hachem et finalement elle est appelée au nom du sage qui l'a étudiée" (Avoda Zara 19a ; Kidouchin 32b).
Le Gaon de Vilna explique ce passage de la façon suivante : au commencement, lorsque la Torah a uniquement le statut d'une fiancée, elle est encore appelée "Torah d'Hachem" car elle n'a pas été encore acquise par l'homme. Par contre, après avoir fourni des efforts par l'investissement et la recherche dans l'étude, la Torah devient pour lui telle une femme mariée et elle porte alors son nom.

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=> Comment peut-on savoir si nous avons réussi à acquérir la Torah en tant qu'épouse?

-> Rabbi Meir a enseigné que tout celui qui s'affaire à l'étude de la Torah lichma mérite de grandes choses... Les secrets de la Torah lui sont dévoilés et c'est par la Torah qu'il ressemble à une source abondante et à un fleuve intarissable. (Pirké Avot 6,1)

-> Le Déguel Ma'hané Efraïm (parachat Yitro) explique que la Torah lui dévoile ses secrets comme cela est rapporté dans le Zohar (Michpatim 99a). En effet, la façon d'agir d'une femme est de dévoiler le secret de son cœur uniquement à son mari, et tout homme qui étudie la Torah au Nom du Ciel sera pour elle comme un mari vis-à-vis de son epouse.

-> Nous pouvons y associer le commentaire du Agra déKalla qui explique que la Torah contient dans son propre nom, ce qu'elle est, c'est-à-dire qu'elle éclaire par son enseignement la voie que l'homme doit emprunter. Elle lui apprend à chaque instant et à chaque endroit comment se conduire et c'est cela que l'on appelle "Torah lichma".

-> Ainsi, tous ceux qui étudient la Torah au Nom du Ciel, s'appuyant sur sa lumière et ses enseignements pour diriger leur voie, créent une telle proximité avec elle que l'on pourrait même la qualifier d'une forme d'intimité, comparable à celle qui se noue entre un homme et une femme. En effet, lorsque nous sommes intimement proches d'une personne et, à plus forte raison, de notre épouse, celle-ci nous dévoile les secrets de son cœur.
Il en est de même pour la Torah qui dévoile ses secrets à celui qui l'étudie au Nom du Ciel. C'est dans ce sens que Rachi explique dans son commentaire que le mot Torah est un terme féminin (voir Rachi - Nitsvim 29,20), que la Torah est comparable à une femme.

-> Le Déré'h Pikoudé'ha (mitsva 1, otiyot 25-27) écrit :
"Cette mitsva de l'étude a ceci de spécifique qu'il est possible d'accomplir par son intermédiaire, à chaque instant et à tout moment, la mitsva de procréer dans la Torah et d'engendrer, à chaque étude, des enseignements nouveaux de la Torah, comme l'ont écrit les Mékoubalim."

-> Nous avons déjà expliqué que la Torah était comparable à une femme qui dévoile ses secrets à son mari lorsqu'il s'investit pour elle. En ce sens, il faut considérer que tous les fruits de cette étude qui vont engendrer de nouveaux enseignements sont uniquement générés par le mérite de la Torah qui est son épouse et qui lui dévoile les secrets qui sont enfouis en elle.

À présent, nous pouvons synthétiser : que la Torah qui nous a été donnée est telle une fiancée qui attend d'être épousée, que la Torah est comparée à une femme qui dévoile les secrets de son cœur à son mari, et que dans une perspective plus spirituelle, nous pouvons accomplir la mitsva de procréer, par le biais de la Torah, pour donner naissance à de nouveaux enseignements, nous obtenons une vision globale du don de la Torah au peuple juif, de façon merveilleuse.
[Tsor ha'Haïm - Shavouot]

"Je [Hachem] vous ai porté sur des ailes d'aigles" (Yitro 19,4)

-> Rachi explique que contrairement aux autres oiseaux, l'aigle porte ses petits sur lui.
En effet, il se dit que si des chasseurs lui lancent des flèches, il est préférable que ces flèches entrent en lui plutôt que sur ses petits.
Ainsi, les égyptiens lançaient des flèches et des projectiles de pierre, et c’est la nuée qui les recevait.

=> Plus profondément, quelle comparaison y a-t-il entre cette attitude de l'aigle et Hachem?

Nos Sages disent qu'avant l'ouverture de la mer, les anges accusèrent les juifs en affirmant : "Les juifs ne sont pas mieux que les égyptiens, tous deux ont commis l'idolâtrie. Ainsi, pourquoi est-ce que Tu sauves les juifs et Tu anéantis les égyptiens?"

Cette question accusatrice est comparée à une ''flèche'', que les anges tirèrent à l'encontre des juifs.
Certes Hachem n'avait pas réellement de réponse satisfaisante à cette question. Mais cependant, Il était prêt à assumer une question sans réponse, plutôt que de causer du
tord à Son Peuple.

=> Lui aussi, à l'image de l'aigle, a dit : "Il est préférable que la flèche entre en Moi", Je suis prêt à supporter cette objection sans réponse, "plutôt que la flèche entre en Mes Enfants" : le peuple juif, et ne leur cause du tord.

['Hidouché haRim]

"Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,8)

-> Nos Sages disent que le Shabbat n'est pas qu'un simple jour, c'est aussi une entité spirituelle d'une très grande élévation. Cette réalité spirituelle est la fiancée du peuple juif.
[ex : la guémara (Shabbath 119a) rapporte qu’à l’entrée du Shabbath, rav Yanaï chantonnait : "Viens, fiancée, viens, fiancée!" (bo’i kala, bo’i kala! – c’est d’ailleurs devenu la conclusion du lé’ha dodi).]

Si le Shabbat, c'est le 7e jour de la semaine, c'est parce que c'est en ce jour (le samedi), que se réalise le mariage entre le peuple juif et sa fiancée, le Shabbat.
Par ailleurs, nos Maîtres affirment qu'il est interdit de se marier avec une femme avant de l'avoir vu au préalable.

C'est pourquoi la guémara dit que chaque jour de la semaine, on doit penser au Shabbat.
Ainsi, si on trouve au marché un beau poisson ou un beau fruit, on doit le réserver pour le Shabbat.
Le fait de penser et de préparer le Shabbat au cours des jours de la semaine, cela constitue le fait de voir sa fiancée avant le jour du mariage. Et c'est cela qui nous permettra de procéder au mariage quand viendra le samedi, jour du mariage.
[en hébreu au lieu d'appeler les jours : lundi, mardi, ..., on les appelle en fonction du Shabbath : 1er jour (yom richon), 2e jour (yom chéni), ...]

=> Cela est en allusion dans le verset : "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" = en se souvenant du Shabbat tout au long de la semaine, cela est considéré comme le fait de rencontrer sa ''fiancée'' avant le mariage.
Et cela nous permettra de "le sanctifier", c'est-à-dire de pouvoir procéder au mariage (appelé ''sanctification (Kidouchin)''), quand viendra le moment : le 7e jour de la semaine.

[le Imré Shéfer]

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-> "Souviens-toi du jour de Chabat pour le sanctifier" (Yitro 20,8)

A propos de ce souvenir dont parle le verset, Abrabanel explique que la nature de l’homme veut qu’il oublie les lois du Shabbat.
Pendant toute la semaine, il s’occupe de diverses travaux qui lui sont interdits le jour du Chabat. L’habitude l’amènera certainement à l’oubli du Shabbat.
C’est pourquoi le verset a estimé nécessaire d’éveiller la force du souvenir pour qu’il se rappelle le jour du Shabbat et s’abstienne de faire des travaux.

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+ Lien entre Shabbath & respect des parents :

-> La 4e mitsva consiste à se souvenir du Shabbat (Yitro 20,8-11) et la 5e est celle d’honorer ses parents (Yitro 20,12). Leur juxtaposition peut sembler insignifiante, mais ce n’est pas la seule fois dans la Torah que ces 2 mitsvot "dissociées" sont accolées. Dans la paracha Kedochim (19,3), ces 2 mitsvot sont mentionnées dans le même verset : "Un homme craindra sa mère et son père ; et Mes Chabbatot vous garderez – Je suis Hachem votre D."

-> Sur ce verset, nos Sages expliquent que bien que l’on doive honorer et révérer ses parents, l’obligation ne va pas jusqu’à leur obéir s’ils demandent d’enfreindre le Shabbat ou toute autre mitsva de la Torah. [Rachi - Kedochim 19,3]

-> Le rav Yaakov Kamenetsky propose une autre interprétation quant à la juxtaposition de ces 2 mitsvot.
Lors d'un vol en avion des Etats-Unis vers Israël, le Rabbi Yaakov Kamenetsky était accompagné de son fils le Rabbi Avraham Kamenetsky et par une de ses petites-filles.
Durant tout le voyage, son fils et sa petite-fille sont venus très régulièrement voir si Rabbi Yaakov avait besoin de quelque chose.

Le voisin de Rabbi Yaakov n'a pu se retenir de lui demander : "Rabbi, je vois rarement mes petits-enfants, et pour sûr je ne bénéficie pas d'un tel type de relation avec eux.
Je ne pense pas que je recevrai un jour de telles marques d'amour de la part de mon fils ou de mes petits-enfants.
S'il vous plaît, Rabbi, quel est votre secret pour une telle proximité dans votre famille?"

Rabbi Yaakov lui a répondu :
"Pour ceux qui croit en Darwin et sa théorie de l'évolution, chaque nouvelle génération est plus raffinée et développée que ses prédécesseurs.
Pourquoi, alors, un jeune devrait honorer une personne âgée?

Cependant, selon notre tradition, chaque génération antérieure est plus proche de la révélation au mont Sinaï et donc à la source de notre spécificité/particularité en tant que peuple.
Mon fils et mes petits-enfants me regardent car c'est au travers de moi qu'ils ont une connexion avec notre peuple."

=> Shabbat témoigne de notre croyance en la création du monde par Hachem en 6 jours et en Son "repos" le 7e jour.
Une fois que l’on reconnaît cette vérité, on en viendra automatiquement à réaliser que chaque génération est plus proche de la Création que nous et est donc digne de respect. C’est le rapport entre ces 2 mitsvot : toutes deux émanent de la même conviction à propos de la création du monde par Hachem.

L’explication de rav Kamenetsky peut ainsi nous servir à expliquer pourquoi nos Sages choisirent précisément le Shabbat pour nous enseigner que le respect des parents n’outrepasse pas les autres mitsvot de la Torah.

Celui qui honore ses parents montre son lien avec les générations antérieures et donc sa croyance en la création du monde et il pourra respecter également le Shabbat qui représente la commémoration suprême de la Création.

Cette façon de considérer les personnes âgées et, plus généralement, le passé est très contrastée avec la perception laïque du monde. Celle-ci met l’accent sur le progrès et sur son importance, ce qui implique souvent une dépréciation du patrimoine culturel. La Torah quant à elle insiste sur l’adhésion aux valeurs transmises depuis le Don de la Torah. Elle aborde les changements du monde moderne en fonction de ces valeurs et non l’inverse.
Ainsi, bien qu’il y ait souvent eu de nouvelles approches et des mouvements "innovateurs" dans l’histoire de notre peuple, ils restèrent toujours dans le contexte des valeurs du don de la Torah.

"Le lendemain, Moché s'assit pour juger le peuple ; le peuple était debout autour de Moché du matin au soir" (Yitro 18,13)

=> Les juifs se trouvaient dans le désert et n'étaient engagés dans aucune entreprise commerciale. Tous leurs besoins étaient assurés.
Ainsi, quels cas pouvaient-ils bien avoir à soumettre à Moché?

Les juifs avaient recueilli une quantité importante de trésors sur la rive de la mer Rouge après la mort des égyptiens.
Les gens qui se trouvaient le plus près du rivage ramassèrent la plus grande partie de ce trésor et choisirent les plus beaux objets.
Ceux qui se trouvaient plus loin reçurent moins, tandis que d'autres ne ramassèrent rien du tout.

La répartition de ce trésor faisait à présent l'objet de vives controverses.
Naturellement, ceux qui possédaient le plus voulaient garder ce qu'ils avaient pris. D'autres voulaient que tout fût partagé équitablement.
D'autres encore pensaient que cet argent devait servir de dédommagement et voulaient qu'ils soit partagé en fonction de la souffrance et des pertes de chacun en Egypte
.
=> C'était un litige très important que Moché devait arbitrer pour le peuple entier.

[Panéa'h Raza - rapporté par le Méam Loez - Yitro 18,13]

"Yitro, prince de Midian, beau-père de Moché, entendit tout ce que D. avait fait à Moché et à Israël Son peuple, que Hachem avait fait sortir Israël d'Egypte" (Yitro 18,1)

-> Rachi : Qu'a-t-il entendu qui l'ait incité à venir?
Le passage de la mer Rouge et la guerre de Amalek.

=> Pourquoi n'est-il pas venu directement après les incroyables miracles liés à la mer Rouge, attendant d'entendre la guerre contre Amalek pour se décider à rejoindre Moché?
Comment comprendre qu'une bataille l'a plus impressionné que ce qui s'est passé à la mer Rouge?

-> Rabbi Eliyahou Lopian explique que toutes les nations du monde ont eu connaissance des miracles incroyables qui se sont passés en Egypte, puis à la mer Rouge, et pourtant elles n'ont rien changé au quotidien : la vie continuait comme auparavant.
Il y avait une exception : Amalek, qui était si bouleversé à l'idée qu'un Etre supérieur soit en charge de leur vie, qu'ils étaient prêt à lui mener combat à tout prix.

Yitro, grand prête de Midian, était un expert de toutes les religions. En effet, il avait une telle soif de vérité, qu'il les avait essayé absolument toutes (cf. Rachi v.18,11).
Puisqu'il avait une recherche de vérité sincère (et non pas uniquement pour satisfaire ses désirs personnels), D. l'assista dans sa démarche.
Après la mer Rouge, Yitro était heureux de connaître la vérité (le D. d'Israël est l'Unique et Vrai D.!), mais cependant il a continué à vivre comme avant.

"Yitro entendit tout ce que D. avait fait " : Après la bataille d'Amalek, il a réalisé que face aux miracles de Hachem, il y avait 2 réactions :
- celle de toutes les nations = elles n'ont pas entendu : l'information n'a fait que passer dans leur tête, et la vie a ensuite continué comme si rien ne s'était passé.
- chez Amalek et chez Yitro = ils ont entendu, ils ont pris conscience du message derrière les miracles incroyables : il y a une Force Suprême qui dirige et contrôle tout.

Yitro a compris que face à ce choc : soit on agit comme Amalek (plutôt mourir que de devoir soumettre nos envies à celle d'un D.), soit accepter et devenir juif.
C'est pour cela qu'il est parti tout de suite rejoindre les rangs du peuple d'Israël, pour ne pas risquer de suivre l'exemple d'Amalek.

=> Il en est de même dans notre relation avec la Vérité : soit on la laisse nous passer au-dessus de la tête (mes capteurs sont éteints), soit comme Amalek je développe une attitude anti-Hachem pour me permettre de justifier de faire ce que j'ai envie, ou soit j'arrive à capter ces moments de Vérité afin d'en profiter pour faire des changements concrets et réels dans ma vie.

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-> Rabbi Yéhouda Zev Segal explique que Yitro a été très impacté par l'écoute de ce qui s'est passé à la mer Rouge. Cependant, il pensait qu'il n'était pas nécessaire de faire quelque chose, gardant cette sublime inspiration.

Au sujet de la bataille contre Amalek, il est écrit : "Lorsque Moché levait sa main, Israël prenait le dessus et lorsqu'il baissait sa main, Amalek prenait le dessus" (Yitro 17,11).
La michna (Roch Hachana 3,8) explique : "Lorsqu'Israël regardait vers le Ciel et soumettait son cœur à son Père céleste, il avait le dessus ; lorsqu'il ne le faisait pas, il avait le dessous.".

Yitro a été choqué d'entendre que dans cette bataille qui s'est déroulée sur une seule journée, il était possible d'être inspiré par les mains de Moché au point de mériter la victoire, et qu'un bref moment après, lorsque les mains étaient baissés l'inspiration était partie au point qu'ils perdaient tout.

=> Cela a enseigné à Yitro qu'il n'était pas suffisant de ressentir une élévation suite aux miracles de la mer Rouge, puisque ces sentiments n'allaient pas rester, sauf s'il faisait un acte concret pour les rendre permanents, et c'est ce qu'il a fait en rejoignant les juifs et en se convertissant.

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-> "Yitro, le prêtre de Midiane, le beau-père de Moché, entendit" (Yitro 18,1)

=> Puisque ce verset relate que Yitro est venu se rapprocher du peuple d'Israël et se convertir, pourquoi rappeler ses origines en tant que prêtre de Midiane?

En fait, nos Sages disent que lorsque le peuple d'Israël est dans une phase de réussite et de grandeur, alors on n'accepte pas de convertis. En effet, on craint que la personne ne cherche à se joindre à Israël par intérêt pour accéder à leur grandeur, et pas sincèrement.
Or, à cette époque, les Hébreux étaient en phase de grande réussite, après tous les merveilleux miracles qu'Hachem a réalisés pour eux. Comment a-t-on donc pu accepter la conversion de Yitro?
C'est pour répondre à cette question que la Torah précise qu'Yitro était le prêtre de Midiane. Il était donc lui aussi un homme important et très honorable. De fait, il n'avait pas de raison de rechercher la grandeur en se convertissant. C'est pourquoi, on a donc pu malgré tout accepter qu'il se convertisse.
[Apiryon]

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-> Le Divré Israël explique que la victoire des juifs sur Amalek (symbolisé par Moché levant ses mains) a fait comprendre à Yitro l'importance de s'attacher à des tsadikim, d'avoir son rav, pour gagner sa lutte contre notre yétser ara, le Amalek en nous.

-> Yitro était prêt à quitter tout son confort, sa très haute position dans la société, ... pour aller dans le désert, qui symbolise l'humilité.
En effet, c'est uniquement lorsque l'on a tout vidé (ex: notre égo, nos désirs matériels), qu'il n'y a plus rien faisant écran entre nous et D., que l'on peut alors totalement soumettre sa volonté à celle d'Hachem, et il est possible de pleinement acquérir la Torah.
C'est ce que fit Yitro, et c'est une leçon pour nous tous. [dans sa quête de Vérité, il était prêt à tout quitter]
[adapté du Pri Tsadik - Rabbi Tsadok haCohen]

-> Par exemple, le Noam Mégadim commente : "Tu n'auras par d'autres D.", en le rapprochant de : "On ne doit pas être gêné face à ceux qui se moquent de nous lorsque l'on réalise la volonté de D. (Rama - Ora'h 'Haïm 1).

En effet, cela signifie qu'à nos yeux nous avons d'autres divinités que Hachem, puisque l'on se soumet à l'autorité du regard d'autres personnes, d'intérêts personnels, oubliant l'espace d'un instant que D. est au-dessus de tout.

[le désert représente le fait qu'il n'y a personne, ni aucune tentation : uniquement nous et D. (le roi David s'exclame : Je mets Hachem devant moi tout le temps - Shiviti Hachem lénegdi tamid)]

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+ "Yitro ... entendit tout ce que D. avait fait"

-> Le Maskil léDavid apporte l'explication suivante.
Hachem a provoqué Amalek contre les juifs suite à des mauvaises actions de leur part.
Mais alors, si les juifs étaient fautifs, pourquoi Hachem leur a accordé la victoire de cette guerre?

De ce raisonnement, Yitro a déduit que forcément, le peuple d'Israël bénéficiait de la faveur Divine, à l’image d’un père pour son fils, même s’il le trouve coupable et qu’il le punit, finalement il le prend en pitié et l’épargne.

=> Ainsi, si le peuple juif est tel un fils pour Hachem, s’il est particulièrement aimé par Hachem, même s’il faute, alors effectivement, Yitro a conclu qu’il convient de s’attacher à ce peuple : il est donc venu rejoindre le peuple d’Israël (spécialement après l'épisode de Amalek).

-> Le 'Hatam Sofer explique que Yitro se culpabilisait et considérait qu’il avait commis une faute d’avoir été un conseiller de Pharaon.
Certes, il ne disait rien de mal contre les juifs, mais nos Sages affirment que celui qui se joint à un racha sera puni comme celui-ci.
Ainsi, Yitro s’en voulait donc d’avoir été, pendant une certaine période, conseiller de Pharaon.

Bien que depuis longtemps il avait regretté ce manquement et s’était déjà repenti, malgré tout, après avoir entendu le miracle de l’ouverture de la mer Rouge, il comprit que Hachem procède mesure pour mesure.
Les égyptiens furent punis par Hachem selon leurs perversités (subissant chacun une mort proportionnelle aux souffrances qu'ils ont pu faire subir), et furent engloutis dans la mer pour avoir jeté les enfants mâles dans le Nil.

De là, Yitro comprit que son repentir devait être à l’image de son manquement et il décida qu’à présent, il serait un bon conseiller pour les juifs, quand ils en auraient besoin.
Cependant, il pensait qu’il pouvait rester chez lui et attendre que les juifs viennent le consulter pour les conseiller. Il ne se voyait pas dans l’obligation d’aller, lui-même, vers eux.

Mais lorsqu'il entendit qu’Amalek vint faire la guerre contre Israël et que, comme le disent nos Sages, il parcourut pour cela 400 Parsa (environ 1700 km), ce qui représente une distance énorme. Alors il se dit que si pour le mal, Amalek est prêt à venir de si loin, combien plus pour le bien des juifs, lui aussi devait venir vers le peuple.

-> Le Ktav Sofer (fils du 'Hatam Sofer), apporte l’éclairage suivant. Il dit que Yitro souhaitait rejoindre le peuple juif depuis longtemps, mais il craignait d’être mal reçu, en tant qu’ancien prêtre idolâtre.
Par mesure de reconnaissance vis-à-vis de lui, pour avoir hébergé Moché dans un moment difficile pour lui, et lui avoir donné sa fille en mariage, certainement les juifs l’accueilleraient bien.
Cependant, il voulait être sûr que le peuple d’Israël avait bien cette qualité de reconnaissance avant de venir les rejoindre.

Quand il entendit le miracle de l’ouverture de la mer, il se demanda pourquoi Hachem a-t-il eu besoin de faire un tel miracle. Pourquoi les juifs n’ont-ils pas tout simplement fait la guerre aux égyptiens ?

La réponse est que les égyptiens ont accueilli dans leur pays les juifs, et simplement pour cela ils ne pouvaient pas leur faire de mal, malgré toutes les souffrances qu’ils leur ont imposées.

De là, Yitro déduisit que le peuple d’Israël est très reconnaissant. Mais malgré tout, il n’en fut pas complètement sûr, car peut-être que les juifs ne pouvaient pas simplement faire la guerre aux égyptiens du fait de leur faiblesse et de leur fragilité dues au fait qu’ils étaient des anciens esclaves.

Ainsi,lorsque Yitro vit comment les juifs ont fait, malgré tout, la guerre contre Amalek et ont eu la victoire, de là il déduisit que les juifs n’ont pas peur de faire la guerre.
S’ils n’ont pas combattu les égyptiens, c’est donc bien du fait de leur sentiment de gratitude envers eux.

=> Yitro conclut de cette association entre l’ouverture de la mer et la guerre contre Amalek, que les juifs ont cette qualité de reconnaissance, alors il se sentit prêt à venir rejoindre le peuple d’Israël, sûr qu’il sera bien accueilli.

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-> Rachi explique sur les mots "Yitro entendit" : Qu’a-t-il entendu pour venir? L’ouverture de la mer Rouge et la guerre contre Amalek.

-> Le Béer Yossef enseigne :
Les nations furent très remuées par les miracles de la sortie d’Égypte, comme il est écrit dans le Chant de la Mer : "Alors les chefs d’Édom tremblèrent, les vaillants de Moav furent saisis de terreur, tous les habitants de Canaan, consternés" (Béchala'h 15,15).

Mais, lorsqu’Amalek attaqua, il atténua la crainte révérencielle que le monde avait envers le peuple juif. Les nations ne considéraient alors plus les juifs comme invincibles, et leur respect pour D. s’estompa.
Nos Sages utilisent, à ce sujet, la parabole d’une baignoire d’eau bouillante dans laquelle personne n’ose plonger. Soudain, quelqu’un y entre et se brûle, mais il refroidit l’eau (Rachi - Ki Tétsé 25,18).
Amalek perdit la bataille, mais il connut néanmoins certains moments de gloire, et ce combat, plus ou moins ordinaire, atténua les conséquences des prodiges de la sortie d’Égypte. Ainsi, l’attaque d’Amalek eut l’effet inverse des miracles.

=> En quoi cela incita-t-il Yitro à se convertir?
Le Béer Yossef poursuit : la considération première d’Yitro fut les répercussions de la guerre contre Amalek sur le Nom d’Hachem dans le monde. Si Amalek n’avait pas attaqué à ce moment, Yitro se serait peut-être contenté d’être un Ben Noa’h (Hachem a enjoint Noa’h et ses descendants d’accomplir 7 mitsvot) et de considérer les juifs avec respect ; il aurait certainement fait en sorte que son entourage agisse également ainsi.
Or, après cette attaque, Yitro ressentit le besoin de s’unir publiquement au peuple juif pour montrer que les nations devaient continuer de craindre et de respecter les juifs. Il était une personnalité très connue de par le monde et il réalisa que son voyage vers le désert depuis Midiane ne passerait pas inaperçu.
Nos Sages affirment qu’il voulut à tout prix publier son adhésion au judaïsme (Rachi - Yitro 18,6).
Le midrach rapporte qu’Hachem, Lui-même, dit à Moché que les aspirations de Yitro étaient réellement nobles.
Le Béer Yossef explique que la pureté de ses intentions était manifeste par son désir de contrecarrer les desseins ignobles d’Amalek.

Le Zohar (Zohar 2;69a) enseigne : "Lorsque Yitro, grand prêtre idolâtre dit : "Je reconnais à présent qu’Hachem est plus puissant que tous les autres dieux" (Yitro 18,11), l’honneur d'Hachem grandit et s’éleva au-dessus de tout. Du fait que [Yitro] se mit au service d'Hachem tout le monde se distancia immédiatement de l’idolâtrie [car les gens] réalisèrent qu’elle ne contenait aucune vérité. Le Nom d'Hachem fut alors sanctifié à travers le monde. » [5]

Ainsi, par son attitude il a réussi à sanctifier le Nom d’Hachem au sein des nations.

-> Cela nous apprend qu'il ne suffit pas de réfléchir à sa relation personnelle avec Hachem, mais que nous devons également nous soucier des conséquences que nos actions peuvent avoir sur les autres.

Le rav ‘Haïm de Volozhin écrit à ce propos, que nous disons, dans la amida de Roch Hachana, qu’Hachem juge "maassé ich oupékoudato". "Maassé ich" évoque les actions de la personne, mais à quoi se réfère "pékoudato"?

Il explique que chacun a une sphère d’influence qui touche les membres de sa famille, ses élèves ainsi que toute personne qui le côtoie. La façon qu’il a d’influer sur son entourage, par le biais de ses actions, est appelée "pékoudato" et l’individu est également jugé sur cela.
Si, en observant son comportement, d’autres personnes perfectionnent leur avodat Hachem, alors il sera largement récompensé, mais si c’est l’inverse qui se produit, il sera condamné pour la part qu’il aura dans leurs fautes (avérot), autant que pour ses propres fautes.

Le rav Yéhonathan Gefen commente : les actions de la personne ne se font pas en vase clos, nous sommes constamment observés par les autres, et par conséquent, nous devons constamment être conscients des éventuelles répercussions de nos actes, même quand nous ne communiquons pas directement avec une autre personne. Yitro comprit ceci et agit en fonction, c’est un modèle pour nous tous. [au point d'avoir une paracha portant son nom]

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-> "Ils se tinrent debout au bas de la montagne" (Yitro 19,17)
Rabbi Avdimi bar ‘Hama bar ‘Hassa apprend que Hachem renversa sur l’assemblée d’Israël la montagne comme une coupole.
Puis Hachem leur dit : "Si vous acceptez la Torah, c’est bien, sinon là sera votre tombe!" [guémara Shabbath 88a]

-> Rabbi Yéhouda dit : Un jour viendra où Hachem fera venir le yétser ara et l’égorgera en présence des tsadikim et des réchaïm.
Le yétser ara apparaîtra aux tsadikim comme une haute montagne, et aux réchaïm comme un cheveu.
[guémara Soucca 52a]
[ => ainsi la montagne peut représenter le yétser ara]

-> Rabbi Moché Mordé'haï de Lelov dit qu'au moment du don de la Torah les Bné Israël ont atteint un niveau où ils étaient débarrassés de leur yétser ara.
Hachem leur a donc rendu ensuite leur yétser ara, ce qui est symbolisé par la montagne (allusion au yétser ara) qu'Il renversa sur eux.
Hachem ne manque pas d'anges au Ciel, qui le servent à la perfection.
Hachem attend que les juifs surmontent leur yétser ara en toutes circonstances, et cela lui procure un plaisir énorme.

Le rabbi Its'hak de Vork explique qu'au début Yitro pensait qu'il n'était pas méritant de recevoir la Torah, car il savait qu'il ne pourrait pas observer toutes les lois de la Torah.
Mais lorsqu'il a entendu la guerre contre Amalek (qui représente la guerre contre notre yétser ara), c'est-à-dire que Hachem désire que l'on combatte le yétser ara, alors il est venu.
Il a compris que l'essentiel n'est pas de servir Hachem à la perfection (comme un ange), mais plutôt du mieux que l'on peut (du haut de nos forces et faiblesses!).
[Hachem désire davantage nos combats à nos succès]

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-> Le Sar Shalom de Belz enseigne :
Selon le midrach, après l'ouverture de la mer Rouge, Amalek a parcouru 400 parsot (environ 1700 km) sans s'arrêter pour rejoindre les juifs.
Pourquoi Amalek n'a-t-il pas fait une pause au milieu de ce très long trajet?

Après qu'ils aient entendu les énormes miracles que Hachem a accompli à la mer Rouge, ils devaient avancer sans réfléchir. En effet, s'ils auraient fait une pause durant leur trajet, ils auraient pu en venir à réfléchir et auraient pu en venir à faire demi-tour.
Ainsi, Amalek est allé vite, en investissant toutes ses forces, ne se permettant pas une seconde de penser aux miracles d'Hachem.

Lorsque Yitro a compris le plan d'Amalek (il est venu si vite!), il a réalisé qu'il devait également se hâter de rejoindre les juifs dans le désert.
En effet, s'il aurait attendu, alors l'impact de la mer Rouge sur lui aurait refroidi, et il n'aurait jamais rejoint la nation juive.

[on voit de là que la capacité de non réflexion peut être un plus et un moins.
D'un côté le yétser ara nous laisse tellement occupé pour que nous n'avons pas le temps de réfléchir au sens de notre vie. D'un autre côté, parfois il ne faut pas réfléchir pour ne pas laisser le yétser ara nous refroidir nos bonnes intentions.]

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"Yitro le prêtre de Midiane entendit" (Yitro 18,1)

-> Yitro était parfaitement conscient que s'il ne venait pas immédiatement rejoindre Moché et les Bné Israël, le Satan aurait affaibli son empressement, retardant son élan au lendemain puis à la semaine suivante jusqu'à lui faire perdre définitivement cette opportunité unique.
C'est la raison pour laquelle il abandonna tout, instantanément et ne donna aucune possibilité au mauvais penchant d'avoir une emprise sur lui.
Il en est ainsi pour chaque juif, qui par son éveil de repentir et de bonnes actions, désire ardemment revenir vers son Créateur. Dans la majorité des cas, cette personne se dit : avec l'aide de D., demain, car aujourd'hui c'est trop compliqué! C'est alors que le mauvais penchant intervint et le freine sans que cet homme n'y prête attention.
C'est à ce sujet que nos Maître nous ont enseigné : "Sors faire la guerre contre Amalek, demain". [Rachi - guémara Yoma 52b]

Le combat que le mauvais penchant, que l'on appelle Amalek, mène contre l'homme peut se résumer en un mot : "Demain!"
Ainsi, notre réponse doit être sans équivoque "Moi, c'est aujourd'hui!"
Et ce combat est sans fin, tout au long de la vie de l'homme.
Ceci corrobore le verset de notre paracha : "Tu les sacrifieras aujourd'hui et demain" (Yitro 19,10). En effet, le mauvais penchant argumente ainsi : "Ecoute-moi, seulement aujourd'hui, et demain tu pourras commencer à te sanctifier et suivre la voie d'Hachem".
L'homme devra répondre aux mauvais penchant : "Je me sanctifierai en accomplissant les mitsvot et en étudiant la Torah dès aujourd'hui ainsi que demain et chaque jour de ma vie".
[Tsor ha'Haïm - Yitro]

[d'une certaine façon on doit dire au yétser ara : "tu as raison je vais t'écouter, mais là je suis occupé, repasse demain!"]

-> à ce sujet, également : https://todahm.com/2019/07/01/11104-2

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-> "Yitro entendit tout ce que Elokim fit à Moché et à Israël son peuple, car Hachem sortit Israël d'Egypte" (Yitro 18,1)

=> On peut se demander pourquoi Yitro a-t-il reproché à Moché d'être assis alors que le peuple était debout devant lui? Finalement, Moché les jugeait, s'investissait pour eux, leur enseignait la Torah, les guidait dans leurs affaires. Il méritait pour cela le respect et la gratitude de l'élève pour son Maître qui se tient debout devant lui. Alors pourquoi lui a-t-il reproché d’être méprisant envers le peuple?

-> C'est à cette question que vient répondre la fin du verset : " ''Du matin jusqu'au soir'', pour dire que celui qui juge le peuple est considéré comme associé d'Hachem". C’est en permettant à Moché de les juger, que le peuple lui faisait accéder au mérite de devenir l'associé d'Hachem, mérite qui n'a pas d’égal.
Ainsi, par respect pour le peuple qui lui permettait cette élévation, Moché ne pouvait pas exprimer du mépris à leur endroit, assis comme un roi, alors qu'ils étaient eux, debout. Il en ressort que la deuxième partie de ce verset, apporte un éclairage sur la première partie du verset.
[Imré Shefer]

Hachem nous aime!

+ Hachem nous aime! (paracha Béchala'h) :

"Hachem allait devant eux le jour dans une colonne de nuée pour leur montrer le chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils puissent voyager de jour et de nuit." (Béchala'h 13,21)

-> Un roi jugeait son peuple, ses fils à ses côtés.
Alors qu'ils se rendait au palais, le roi saisit une torche et marcha devant ses fils pour les éclairer.
Ses ministres se proposèrent de lui tenir la torche en disant : "Nous voudrions marcher devant vos fils et les éclairer".
Le roi répondit : "Non. La raison pour laquelle je tiens moi-même la torche n'est pas que je manque de serviteurs. Je veux montrer à tous combien j'aime mes enfants. Lorsque les gens verront cela, ils honnoreront mes fils à leur tour."

=> De même, Hachem voulait montrer au monde entier Son amour pour les juifs. Il voulait que toutes les nations respectassent et honorassent Ses enfants. Il portait donc devant eux une "torche" : la colonne de nuée le jour, et la colonne de feu la nuit.
[...]

La colonne de feu n'avait pas l'apparence d'un grande torche dont la lumière n'est pas très puissante et n'éclaire que ceux qui se trouvent à proximité. Au contraire, elle offrait une lumière [pendant la nuit] aussi forte que celle du jour ...

Hachem envoya 7 Nuées de Gloire pour protéger Israël.
6 nuages entouraient les juifs des 4 côtés, au-dessus et au-dessous, les protégeant des intempéries ainsi que des serpents et des scorpions au sol.
Les nuages les transportaient jour et nuit tel un immense paquebot.
Le 7e nuage avançait à leur tête, aplanissant collines et vallées pour leur préparer une route lisse. Ce nuage précédait les juifs d'une distance de 3 jours de marche.
[le transport était ainsi le plus agréable possible, sans la moindre secousse!]

[Méam Loez (Béchala'h 13,21 ; chap.5)]

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+ "Vers la fin de la nuit, Hachem baissa le regard vers le camp égyptien par la colonne de feu et de nuée. Il jeta la confusion dans le camp égyptien." (Béchala'h 14,24)

-> A ce moment les anges voulurent chanter leur louange, mais Hachem dit : "Mes armées en bas souffrent. Comment pouvez-vous chanter?"

Hachem parlait des juifs terrorisés à la vue des égyptiens chargeant à leur poursuite. Ils étaient pris au piège dans la mer, serrés entre 2 murs d'eau et poursuivis par leurs ennemis mortels.D'un instant à l'autre, les égyptiens allaient les rattraper.
A cause de la terreur des juifs, Hachem empêcha les anges de chanter.

=> Ceci nous montre à quel point Hachem aime Son peuple. Pendant leur souffrance, Il ne voulait pas entendre la louange des anges.
Hachem dit : "Je suis avec [Israël] dans sa souffrance" (Téhilim 91,15) ...

Par ailleurs, D. ne désire pas la mort des réchaïm mais leur perfectionnement. Il les préfère forts et en bonne santé pour Le servir ...
[Cependant,] lorsqu'un peuple fait du mal aux juifs, Hachem le punit même avant son temps [avant que le moment qui leur est accordé pour se repentir a pris fin].

C'est pourquoi Hachem noya les égyptiens qui poursuivaient les juifs.
Quiconque attaque Israël peut être puni même avant son temps.
Dans ce cas, il y a une grande tristesse devant Hachem.
Mais lorsque la mesure des réchaïm est atteinte et que leur temps est passé, leur châtiment Lui cause de la joie.

[Hachem ne laissa pas chanter les anges, pour attendre l'aube où le monde entier constaterait la puissance de D., et on célébrerait alors la sanctification de Son nom.]

[Méam Loez - Béchala'h 14,23-24]

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+ "Les eaux reflueront sur l'Egypte, leurs chars et leur cavalerie" (Béchala'h 14,26)

-> La Torah dit littéralement : "les eaux reviendront sur l'Egypte"
Leur plan d'extermination des juifs par l'eau revint à présent contre eux : ce fut eux qui se noyèrent.

Il y avait une autre raison pour laquelle les égyptiens méritaient de mourir noyés : la peine encourue pour l'adultère est la strangulation.
Israël étant la fiancée de D., l'asservissement que lui fit subir l'Egypte constituait un acte d'adultère. Or la noyade est un des aspects de la strangulation.

[Méam Loez - Béchala'h 14,26]

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-> b'h, un dvar Torah sur la traversée de la mer Rouge : https://todahm.com/2018/02/20/la-traversee-de-la-mer-rouge

-> Le Méam Loez (Béchala'h - chap.5) rapporte la liste des 50 miracles qui se sont produits à la mer Rouge.

Voici une compilation personnelle, de quelques incroyables miracles que D. a fait pour nous, et qui nous aide à développer notre confiance et notre amour en Hachem :

-> 1°/ La mer méritait d'être punie pour avoir à l'origine refusé de s'ouvrir sur l'ordre de Moché, et ce même après qu'il lui eût montré le bâton portant le Nom Divin.
Son châtiment consista à être d'abord solidifiée, puis fendue comme un morceau de bois dur.

Deuxièmement, D. ne voulait pas que l'on pût croire à un phénomène naturel. Par conséquent, la mer se solidifia avant de se fendre.
Par conséquent, la mer se solidifia avant de se fendre.
Lorsque les égyptiens avancèrent sur le lit de la mer, l'eau reprit sa forme liquide et les y noya.

Il y eut un double miracle : la mer se solidifia comme des montagnes des 2 côtés des juifs, mais cette mer solide et salée leur offrit de l'eau fraîche et potable, alors que la chaleur faisait souffrir les égyptiens de soif.
Il est écrit en allusion : "Il transforme un étang en rocher ; [puis] une pierre dure en fontaine d'eau" (Téhilim 144,8) ...

Tous les juifs avaient de l'eau potable pour eux, et pour leur bétail.
Ils pouvaient trouer de leurs doigts les murs d'eau séparant les tribus et faire couler comme des fontaines des ruisseaux d'eau fraîche ...
Dès qu'ils avaient terminé de boire d'une fontaine coulant des murs qui les entouraient, l'eau se solidifiait.

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-> 2°/ En ce 7e jour de Pessa'h, toutes les eaux du monde s'ouvrirent.
La Torah ne dit donc pas : "la mer fut divisée", mais "l'eau fut divisée" (Béchala'h 14,21).

Ce miracle s'étendit aux rivières, aux citernes et aux puits, ainsi qu'à l'eau recueillie dans les carafes, les tonneaux et les bouteilles.
En voyant toutes les eaux se fendre en 12 percées, les peuples du monde entier furent effrayés.
Les nations du Moyen-Orient vinrent trouver Bil'am pour lui demander la signification de cet étranger phénomène.
[...]

Lorsque l'eau dans les carafes, les tonneaux et les bouteilles se fendit, elle le fit jusqu'au fond du récipient. L'eau déplacée remonta sur les côtés.

Le seul cours d'eau qui ne se divisa pas de cette façon était le Jourdain, qui inversa son cours pour laisser le lit du fleuve sec.
Telle est la signification du verset : "le Jourdain retourna en arrière" (Téhilim 114,3).
Par contre tous les autres fleuves se fendirent dans la longueur.

L'eau coulait sur les côtés, laissant un passage sec au milieu. Ensuite, les fleuves se solidifièrent comme et se dressèrent comme un mur le long de leur courant.

Le grondement de la mer Rouge résonna à travers le monde entier, comme il est écrit : "les nations entendirent et tremblèrent" (Béchala'h 15,14).

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-> 3°/ La mer formait comme une tente qui couvrait les juifs de tous côtés ... Hachem perça la mer par le bâton de Moché, formant une grotte dans laquelle, protégée de toutes parts, marchèrent les juifs ...

Ce phénomène constituait la récompense des juifs pour avoir placé le sang du sacrifice de Pessa'h sur les 2 montants et le linteau de leur porte. Comme le sang entourait la porte, ainsi la mer formait-elle un tunnel au cours de leur traversée.

De plus, un si grand nombre de juifs furent circoncis la nuit avant la sortie d'Egypte que le sol fut recouvert de leur sang figé. A présent, Hachem figea la mer en leur honneur.
Comme toujours, la récompense correspondait à l'acte.

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-> 4°/ Au cours de la traversée, lorsque les enfants se mirent à pleurer, Hachem produisit pour les calmer, des fruits et des friandises qui sortirent des murs du tunnel ...

D. donna aux juifs de la nourriture et des friandises lors de la traversée de la mer Rouge. Ils y eurent autant de fruits que dans un verger.
De plus, Hachem parfuma le chemin des juifs des arômes les agréables.
Il est dit à ce sujet : "Il rendit la mer comme une parfumerie" (Iyov 41,23) ...
Les vents exhalèrent les odeurs du gan Eden dans la mer qui coulait comme du parfum.

Des plantes poussèrent dans le lit de la mer pour nourrir les animaux des juifs.

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-> 5°/ Malgré la présence de profonds abîmes et de crevasses dans le lit de la mer, les juifs marchèrent sur un terrain lisse. Dans les zones profondes, l'eau resta en place et se solidifia, permettant aux juifs de marcher sur l'eau durcie.
Il est écrit : "Les profondeurs durcirent au cour de la mer" (Béchala'h 15,8).

Bien que le lit de la mer fût dur comme la pierre pour les juifs, la colonne de nuée le transforma en boue lors de la traversée des égyptiens.
Puisqu'ils avaient forcé les juifs à passer leurs journées dans la boue, ils y furent eux aussi embourbés jusqu'aux genoux.
En plus de cela, la colonne de feu rendit cette boue si brûlante que les chevaux en perdirent leurs sabots.

Bien que boueux, le sol était aussi dur que la pierre quand les égyptiens tombaient et ils s'y brisèrent les os. De même, l'eau qui s'abattait sur eux des 2 côtés était aussi dure que de la pierre.
L'eau devint si dure qu'elle fracassa la tête des égyptiens.

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-> Le rabbi Shmelke de Nikolsbourg enseigne que c'est la première fois de l'histoire qu'un chariot va diriger des chevaux. C'était un miracle énorme!
En effet, les chariots sont des objets inanimés, et les chevaux des animaux vivants.
Normalement c'est le vivant qui guide l'inanimé.
Mais à la mer Rouge, les chariots ont comme pris vie et ils ont tirés les chevaux vers la mer, alors que les chevaux apeurés voulaient fuir dans le sens opposé.

Le rabbi Shmelke de Nikolsbourg ajoute que cette scène particulière se produit constamment chez les humains.
L'âme (néchama) est vivante, tandis que le corps est inanimé, une masse d'os et de chair.
[d'ailleurs lorsque l'âme quitte le corps, le corps ne peut plus bouger, ce qui prouve que le corps est inanimé et qu'il tire sa vitalité de l'âme.]

=> Ainsi, normalement c'est à notre âme de diriger le corps. Lorsque l'âme désire prier, étudier la Torah, observer les mitsvot, ... le corps doit lui obéir.
Mais chez la majorité des personnes, c'est le contraire qui se produit. Lorsque le corps désire un plaisir de ce monde, il force l'âme à l'écouter et à lui obéir.

On trouve une allusion à cela dans le verset (Chir haChirim 1,9) :
- "A une cavale, attelée aux chars de Pharaon" (léssoussati bérir'hvé Phar'o) = lorsque les chariots inanimés ont mené les chevaux vivants ;
- "c'est ainsi que se comporte Ma [nation] bien-aimée" (dimiti'h rayati) = car majoritairement c'est vos âmes qui suivent ce que le corps dicte de faire, à la place d'avoir l'âme qui tire et dirige le corps.

Nous avons donc l'obligation d'aller contre cette tendance naturelle là, et faire de notre âme le maître sur nous même.
Ce n'est pas chose facile, mais c'est notre Grande Guerre contre le yétser ara.

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne à ce sujet :
Le corps et l'âme ont chacun des fonctions spécifiques.
Le corps gère le fait de manger, de boire, ... et l'âme l'aspect spirituel comme la Torah et la prière.
Si le corps et l'âme changent de place, c'est catastrophique pour les deux.
Par exemple, si c'est le corps qui étudie et récite les prières, et non l'âme (c'est-à-dire qu'il n'y a que les lèvres qui bougent, mais pas le cœur ou l'âme), et inversement (c'est-à-dire manger de toute son âme = mettre tout son cœur, toute son énergie dedans), c'est également problématique.
[C'est en utilisant au mieux l'un l'autre, chacun à sa place, que nous pouvons donner le meilleur de nous-même!]

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-> 6°/ Les flèches et missiles que les égyptiens lançaient contre les juifs se retournaient contre eux.
De plus, des pierres, de la grêle et des braises ardentes s'abattaient du ciel sur les égyptiens.

-> 7°/ L'eau poursuivit et noya les égyptiens qui réussirent à regagner le rivage.
Certains utilisèrent leurs pouvoirs occultes pour échapper aux eaux, mais l'ange gardien de la mer les poursuivit sans merci.

Par exemple, 2 des sorciers les plus renommés d'Egypte : Yohni et Mamré, utilisèrent leurs pouvoirs pour s'élever dans l'espace au moment où les eaux se refermèrent.
L'ange Mikhaël les saisit par leur chevelure sacrée et les précipita au fond de la mer.

Pharaon emmena avec lui 600 chars transportant les plus grands sorciers d'Egypte.
Soudain, une main immense, sur laquelle étaient inscrits tous les symboles magiques du monde, apparut dans le ciel. Tous les sorts que les magiciens égyptiens tentaient de lancer étaient renversés par cette main
La Torah dit à ce sujet : "Israël vit la grande Main avec laquelle Hachem avait agi contre l'Egypte" (Béchala'h 14,31).

-> Pharaon se fit accompagner par les plus grands sorciers de son pays lorsqu'il partit à la poursuite des Bné Israël. Il prit également avec lui toutes les forces d'impureté, les démons des mondes supérieurs, ainsi que l'ange directeur de la nation d'Egypte.
Ainsi, les 600 chars étaient composés de forces terrestres mais également de forces célestes.
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou]

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-> 8°/ Hachem souleva le pays d'Egypte afin que les survivants, restés chez eux, assistassent à la débâcle de leur armée.
En effet, le verset dit : "L'Egypte dit : Fuyons devant Israël! D. combat en leur faveur en Egypte" (Béchala'h 14,25).
Bien que l'Egypte se trouvât à plusieurs journées de marche de la mer, les égyptiens restés au pays virent jusqu'aux visages des soldats noyés.

Hachem "combattait en leur faveur en Egypte" = d'une autre façon également : la mer souleva d'immenses montagnes d'eau qui gagnèrent l'Egypte et noyèrent un bon nombre d'égyptiens restés chez eux.
Quant aux soldats, ils virent depuis la mer leur pays en flammes.

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-> De même qu'Hachem frappa les égyptiens à la mer Rouge, de même Il frappa tous les égyptiens qui restèrent en Egypte.
Ainsi, aucun égyptien ne resta, et lorsqu'on dit que le roi Shlomo s'est marié avec la fille de Pharaon, c'est parce qu'elle n'était pas vraiment égyptienne (puisqu'ayant survécu).
Selon le Radak, elle descendait d'une autre nation, qui s'est établit en Egypte par la suite.

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-> 9°/ Chaque juif reconnut sur le rivage son maître d'autrefois, maintenant totalement impuissants (mourants).

A ce moment là, les juifs virent également l'ange gardien de l'Egypte mort.
Ainsi, la Torah dit :"Israël vit l'Egypte (au singulier) mort sur le rivage" (Béchala'h 14,30).
La Torah n'emploie pas le mot "mort" au pluriel (métim), mais bien au singulier (mét), car elle fait référence l'ange gardien de l'Egypte.

Le fait que les juifs aient pu voir de leurs yeux une entité spirituelle constituait un grand miracle.

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-> 10°/ Lorsque Pharaon poursuivit Israël, il emmena avec lui de nombreux soldats étrangers.
Bien que ceux-ci fussent également balayés par la mer, ils ne se noyèrent pas. La mer choisit uniquement les égyptiens.

En effet, la Torah dit : "Pas un ne survécut parmi eux" (Béchala'h 14,28). L'emploi "parmi eux" (bahèm) plutôt que "d'entre eux" (méhem), vient nous apprendre qu'aucun égyptien ne survécut parmi les soldats étrangers.

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-> 11°/ Bien que Pharaon eût mené ses troupes au combat, il fut épargné afin de pouvoir relater au monde entier la puissance de D.

De plus, Pharaon se repentit en voyant la mer approcher vers lui pour l'engloutir.
Alors qu'il avait dit : "Qui est D. que je doive écouter Sa voix?" (Chémot 5,2), il s'exclama à présent : "Qui est comme Toi, ô D., parmi les puissants?" (Béchala'h 15,11).

Au lieu de rentrer en Egypte, Pharaon s'établit à Ninvé où il devint un important gouverneur.
Après avoir perdu toute l'armée égyptienne, il eut honte de retourner dans son pays.
Sous son influence, Ninvé allait devenir, à l'époque de Yona, le modèle du repentir.

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-> 12°/ Aucun juif ne perdit même un seul de ses bagages dans la mer.

De plus, la mer rejeta sur le rivage, en plus des soldats égyptiens, tous les trésors royaux qu'ils avaient emportés avec eux au combat. [Pharaon les ayant distribuait aux soldats pour les motiver à partir en guerre.]

Les juifs s'emparèrent alors d'un butin encore plus abondant que les richesses privées emportées à leur sortie d'Egypte ...
[le midrach Chir haCharim (1,11) comparent la différence entre ces 2 butin à : des "paillettes d'argent" face à des "chaînons d'or" (le trésor royal).]

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-> 13°/ L'ange de la mer comme celui de la terre refusaient de garder les égyptiens.
Lorsque la mer rejeta les égyptiens sur la plage, la terre les renvoya dans l'eau.
Ceci se produisit à plusieurs reprises, si bien que les égyptiens furent rejetés de la terre à la mer comme des ballons.

[Finalement,] Hachem accorde aux égyptiens un enterrement honorable car :
- toute l'Egypte accompagna Yaakov avec de grands honneurs (Béréchit 50,7), lorsque celui-ci fût amené pour être enterrée en Canaan.
Hachem récompensa les égyptiens en leur accordant d'être enterrés ;
- D. récompensa Pharaon d'avoir admis : "D. est juste" ;
- Hachem avait accompli tous ces miracles et fait connaître Sa grandeur au monde entier à cause des égyptiens. Ils méritaient donc une récompense pour avoir servi d'instrument au dévoilement de D.

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-> 14°/ Hachem ramena Yaakov à la vie ...
En effet, au moment de la traversée de la mer Rouge, D. réveilla Yaakov et lui dit : "Lève-toi. Vois tes enfants quitter l'Egypte. Vois les miracles que J'accomplis pour eux".

Conduisant Yaakov à la mer Rouge, D. lui montra les égyptiens morts.
La Torah y fait allusion dans le verset : "Israël (Yaakov) vit les égyptiens morts sur le rivage" (Béchala'h 14,30).

Les juifs virent aussi Yaakov, et dans leur cantique, dirent : "C'est mon D. et je Le glofierai, le D. de mon père (Yaakov) et je L'exalterai" (Béchala'h 15,2).

Il est également écrit : "Sous les yeux de leurs pères, Il fit des prodiges" (Téhilim 78,12).
Hachem accomplit le miracle de la mer Rouge sous les yeux de Yaakov.

Ceci explique également la structure du verset : "Israël (Yaakov) vit la grande Main avec laquelle D. avait agi contre l'Egypte et le peuple craignit D." (Béchala'h 14,31). La Torah mentionne d'abord "Israël" puis "le peuple".

Selon une autre opinion, Hachem ressuscita les 3 Patriarches : Avraham, Its'hak et Yaakov, et les posta sur la rive de la mer Rouge pour qu'ils assistent au miracle.
Les juifs chantèrent donc : "Je chanterai à D. car Il est haut (gaa)" (Béchala'h 15,1). Le mot : gaa (גָּאָה) est un acronyme des mots : guimél avot haolam (les 3 Pères du monde = les Patriarches).

[De plus, ]Les juifs portaient les 12 fils de Yaakov pour les enterrer en Terre Sainte. Tous furent ressuscités pour assister au miracle de la mer Rouge.

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-> Le midrach (Sechel Tov 31) nous enseigne sur le verset : "Israël vit Mitsraïm" (Vayar Israël ét mitsraïm) :
il s'agit Mitsraïm, fils de 'Ham et petit-fils de Noa'h. Celui-ci est le père fondateur de toute la nation égyptienne et était déjà mort à ce moment-là.
Hachem le fit sortir de sa tombe afin de le faire assister à la punition de ses descendants et c'est là le sens du verset : "Israël vit Mitsraïm".

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-> 15°/ Avec le Cantique de la mer Rouge, chanté mot à mot avec Moché, même les enfants et les personnes les plus simples parvinrent au niveau spirituel de prophètes expérimentés.
La preuve est que tous les juifs ont récité le cantique comme une seule personne, sans répétition, uniquement parce qu'ils connaissaient les mots par inspiration prophétique.

Les juifs eurent une vision des anges et de toute l'Assemblée Céleste. Ils virent également Jérusalem et le Temple céleste.
Ils atteignirent un degré de prophétie supérieur à celui d'Ekhezkiel ...

D'après la guémara, même les embryons se trouvant dans le ventre de leur mère pouvaient chanter, la matrice se transformant en une sorte de chambre spacieuse et éclairée.
Rabbi Lévi dit qu'à la fin du cantique, les embryons retournèrent à leur état normal dans le ventre de leur mère, et les nourrissons, ayant fini de chanter reprirent le sein.

-> "Hachem allait devant eux, le jour, dans une colonne de nuée pour les diriger sur la route et la nuit, dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils puissent marcher jour et nuit" (Béchala'h 13,21)

-> On remarque que 2 parachiot plus tard, il est écrit : "Voici, J'envoie devant toi un ange pour te garder sur le chemin et pour te conduire au lieu que J'ai préparé pour toi" (Michpatim 23,20).

-> Les juif, face à la mer, furent saisis de frayeur devant les égyptiens qui les poursuivaient : ils placèrent alors toute leur confiance en Hachem.
C'est pourquoi, ils bénéficièrent de la conduite de Hachem ("Hachem allait devant eux").

Cependant quand leur confiance s'amoindrit, même s'ils savaient pertinemment que le puits, la manne et les nuées venaient de Lui, ils ne se sentirent plus en danger comme au moment de la traversée de la mer Rouge.
Ainsi, l'assistance Divine s'estompa, et ce ne fut qu'un ange qui les conduisit.

=> Le rav 'Haïm Friedlander conclut que la conduite de Hachem dépend de la confiance que l'homme Lui accorde. En effet, l'aide Divine que nous recevons est proportionnelle à l'intensité de notre reconnaissance que tout vient de Hachem, à notre confiance en Lui.

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[par nature l'homme n'aime pas avoir des dettes de gratitude envers autrui. Cela est valable envers Hachem, avec qui nous oublions tellement facilement à quel point Il nous donne à chaque moment.
De plus, la routine et les préoccupations de notre vie, nous empêchent de se poser quelques instants pour développer en nous des sentiments d'appréciation pour ce que Hachem fait pour nous.
=> Ainsi, nous devons constamment travailler pour reconnaître et apprécier ce que D. fait pour nous, et de là développer une confiance pour la suite!
Plus nous allons dans cette direction, plus Hachem ira dans la nôtre, se rapprochant alors de nous! Quel kiff ultime!!!
Plus nous apprécions ce que D. fait pour nous, plus Il nous enverra davantage de belles choses dans la vie, pour que nous ayons encore davantage d'occasions de le remercier!]

"Ce fut (vayéhi) lorsque Pharaon eut renvoyé le peuple" (Béchala'h 13,17)

-> Nos Sages (guémara Méguila 10b) expliquent que lorsque la Torah emploie ce terme, elle veut exprimer la souffrance.

Ainsi, ici il s'agit de la souffrance matérielle ressentie par Pharaon suite à la libération des juifs et de leur départ d'Egypte, car ils étaient pour lui une main-d'œuvre abondante et gratuite.

Cependant, le midrach (Chémot rabba 20,7) nous enseigne d'une autre manière la douleur de Pharaon.
Il s'est dit : "Lorsque les juifs se trouvaient en Egypte et que Hachem Lui-même avait besoin de moi, il m'envoyait Moché pour me demander de les libérer. J'étais alors important devant Lui et j'étais honoré!"
Ainsi, c'est cet honneur perdu qui le fit souffrir.

Le rav David Povarsky explique que l'âme de Pharaon ressentait une certaine souffrance de son éloignement de Hachem, car comme tout homme, Pharaon était formé d'un corps et d'une âme, et dans sa souffrance matérielle se mêlait une souffrance spirituelle.

Le rav Povarsky conclut que dans toutes nos actions le corps et l'âme interviennent.
Le but de la vie est que l'âme (néchama) prenne le dessus, et finisse par purifier au maximum l'intention des mitsvot, afin qu'elles soient toujours faites en l'honneur de Hachem.

[en s'épanouissant spirituellement, on en vient à être heureux de ce que l'on a, ce qui apporte une paix intérieure totale.
A l'inverse, en cherchant en priorité l'épanouissement matériel, on ne peut jamais être vraiment satisfait, car par nature nous désirons toujours davantage (nous souhaitons ce que nous n'avons pas, au lieu de profiter de ce que l'on a!), et en venons à négliger notre âme, entraînant une souffrance interne!
Si même Pharaon souffrait de son éloignement avec Hachem, alors à combien plus forte raison cela est-il vrai pour nous!!]

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-> "Il arriva (vayéhi) quand Pharaon renvoya le peuple" (13,17).

Selon la guémara (Méguila 10b) : Partout où il est dit "Vayéhi", c’est une expression de tristesse.
Il est dit ici "vayéhi béchala’h", ce qui nous enseigne que Paro souffrait d’être devenu faible aux yeux des rois.
Le mot "béchala’h" (בְּשַׁלַּח) comporte les lettres du mot "‘halach" (faible).
[rav David Pinto]

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-> "Ce fut, quand Pharaon renvoya le peuple, Hachem ne les a pas guidés sur le chemin du pays de Pélichtim" (Béchala'h 13,17)

-> Nos Sages expliquent que les termes "Pharaon renvoya" signifie qu'il raccompagna le peuple.
Or, celui qui raccompagne un invité accomplit une mitsva qui lui permet de mériter une grande récompense. Mais pour accomplir cette mitsva, il faut le raccompagner sur une distance d'au moins 4 coudées en dehors de la ville sur la direction qu'il va emprunter. Or, comme le chemin le plus proche était celui du pays de Pélichtim, comme le dit justement la suite de ce verset, ainsi Pharaon pensait que c'est ce chemin que les Hébreux emprunteraient et il les raccompagna donc vers cette direction. Mais, pour ne pas que Pharaon ait le mérite et la récompense de cette mitsva, alors "quand Pharaon renvoya (et raccompagna) le peuple, Hachem ne les a pas guidés sur le chemin du pays de Pélichtim qui était proche", de sorte qu'en réalité, il ne les a pas raccompagné sur le bon chemin.
Hachem a fait cela et a changé ensuite l'itinéraire, pour ne pas faire bénéficier Pharaon de la mitsva de raccompagner les invités et de sa récompense.

Donc, il se trouve que ce qui a entrainé que les enfants d'Israël ne sont pas rentrés en terre d'Israël immédiatement par un court chemin, en raison du fait que Pharaon a voulut les accompagner.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

Les causes de l’exil en Egypte

+ Les causes de l'exil en Egypte (par le Méam Loez (Chémot 6,1)) :

-> 1ere raison = les juifs n'auraient jamais pu recevoir la Torah sans avoir connu de souffrances ...
En effet, ils auraient été occupés à manger, à boire et à satisfaire toutes leurs mauvais habitudes et auraient considéré tout changement de mode de vie comme pratiquement impossible.
Or si les juifs n'avaient pas accepté la Torah, le monde n'aurait pu se maintenir en existence, l'univers entier n'existant que par le mérite de la Torah.

Lorsque Hachem les fit échapper à ces tourments, ils en furent si reconnaissants qu'ils acceptèrent joyeusement la Torah, de tout leur cœur et de toute leur âme.
Bien que la Torah fût difficile à observer et que la compréhension et l'accomplissement des mitsvot demandaient un grand effort, cela leur serait très facile comparé à la vie pénible qu'ils menaient en Egypte.

Grâce à leur labeur en Egypte, les juifs furent également prêts aux sacrifices que nécessite la véritable étude de la Torah. Ils avaient subsisté avec de l'eau et du pain dur, dormi là où ils le pouvaient et n'avaient jamais eu le temps ni la force pour des plaisirs physiques.
Une vie de dévouement total à la Torah leur serait donc, comparativement plus facile.
[...]

Avant de pousser, une graine doit être enterrée. De même, les juifs durent-ils être enterrés en Egypte avant de pouvoir grandir dans leur foi.

De plus, sans l'exil en Egypte, les juifs n'auraient pas été spirituellement préparés à comprendre la grandeur de D. ou la réelle signification de la Torah.
Leur asservissement en Egypte avait purifié leur corps, éveillé leur personne physique et les avait rendus extrêmement humbles.
Pendant la sortie d'Egypte, c'est comme s'ils étaient nés à nouveau.
Ils se rendirent compte qu'ils n'auraient jamais reçu la Torah sans cette purification du corps et l'abandon total du péché.

Telle était la signification de la promesse de D. à Avraham : "Après cela [les 400 ans d'exil], ils partiront avec de grandes richesses" (Béréchit 15,14).
Or, il ne peut s'agir ici de richesses matérielles.
[...]

Hachem dit à Avraham que ses descendants partiraient avec "de grandes richesses" (ré'houch gadol), plutôt que "beaucoup de richesses" (ré'houch rav). L'expression hébraïque indique que la richesse est évaluée en qualité, mais non en quantité ...

La grande richesse que D. promit à Avraham ne consistait pas en or, en argent ou en diamants, qui en vérité n'ont aucune valeur.
En réalité, Hachem voulait expliquer à Avraham la raison de l'exil de ses descendants en Egypte : l'asservissement qu'ils endureraient en Egypte allait les préparer à accepter la Torah et reconnaître la grandeur de D.
C'est cela que représentait la "grande richesse".

[Le Méam Loez (Bo 11,1-2) enseigne de nouveau que la promesse de grandes richesses désigne une richesse spirituelle plutôt que matérielle ...
Toutefois, du fait que pris littéralement les termes de "grandes richesses" désignent la richesse matérielle, Hachem dit aux juifs de réclamer de l'or et de l'argent afin qu'Avraham n'ait plus la moindre doléance ...
Les juifs allaient effectivement s'approprier toute la richesse de l'Egypte à la Mer Rouge, mais puisqu'au moment de la sortie d'Egypte, Avraham ne le savait pas encore, il aurait pu en être contrarié.
Hachem ne voulait pas que même pour quelques jours Avraham ait l'impression que la promesse Divine n'était pas tenue, et Il ordonna donc au peuple de demander aux égyptiens leur or et leur argent.]

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-> 2e raison = purifier les juifs de la souillure de l'idolâtrie

Depuis l'époque d'Enoch, on commença à adorer des idoles ...
La majorité des hommes pensait que tout était soumis aux lois de la nature, que D. ne s'intéressait pas aux simples mortels ... L'idée même des miracles leur semblait saugrenue.
[...]

Avraham fut le 1er à se couper de ces cultes et à rendre public le fait que le monde est dirigé par un D. invisible et omnipotent ...

Après la mort des fils de Yaakov, les juifs commencèrent à s'assimiler aux égyptiens et à d'autres peuples environnants. Ils se mirent à adopter les pratiques idolâtres acceptées partout à cette époque.
Bientôt, les juifs furent totalement plongés dans l'idolâtrie.

Cependant, comme il étaient les descendants d'Avraham, Its'hak et de Yaakov, Hachem par bonté et plutôt que de les anéantir, les fit être asservis.
Les rudes travaux les purifièrent des dernières traces d’idolâtrie.
[...]

Ceci explique la réaction d'Avraham lorsque Hachem lui dit clairement : "Ta descendance sera étrangère dans un pays qui ne sera pas le sien, ils les asserviront et les opprimeront pendant 400 ans" (Béréchit 15,13).

Or, Avraham accepta calmement ce décret, et nous n'avons pas de preuves qu'il fît la moindre prière pour que D. l'annule.
Ceci est d'autant plus difficile à comprendre, que lorsque D. avait annoncé à Avraham la destruction imminente de Sodome, Avraham avait passé une journée entière en prière, suppliant D. d'épargner cette ville perverse.

Or ici, alors que ses propres descendants doivent être sujets à d'affreuses souffrances, il ne dit pas un mot.
Nous nous attendrions à ce qu'il verse des larmes de sang, qu'il jeûne et prie pendant des semaines pour faire annuler le décret.
Pour des étrangers [pervers], il pria du matin au soir, alors que pour ses propres descendants, il ne fit rien.

En réalité, Avraham avait une bonne raison de rester silencieux.
Il savait que, sans la servitude, les juifs n'auraient jamais été dignes de la Torah.
Ils devraient être raffinés comme l'argent par leur longue période d'esclavage.
Avraham comprit que l'asservissement n'était pas envisagée comme une revanche, mais comme un processus de purification dû à la bonté de D., par le mérite des Patriarches.

Bien que nombreux seraient les blessés et les morts, la nation entière en serait purifiée, et elle serait alors prête à croire totalement en Hachem.

C'est pour cette raison que [dans Chir haChirim (4,11-15)], l'Egypte est appelée le Liban (lévanon), littéralement ce qui blanchit (lavan) et purifie.
C'est leur expérience en Egypte qui lava les juifs de leurs péchés et les purifia spirituellement.
Il est d'ailleurs écrit : "Si tes péchés sont comme l'écarlate [rouge vif], ils deviendront blancs comme la neige" (Yéchayahou 1,18).

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-> 3e raison = en Egypte, les juifs avaient abandonné le rite de la circoncision ordonné à Avraham, et par cela ils montraient clairement qu'ils ne désiraient plus être soumis à Hachem ...
D. les punit mesure pour mesure : s'ils ne voulaient pas être les esclaves de D. (abandonnant le signe de l'alliance), ils deviendraient donc les esclaves de Pharaon.

De plus, de nombreux juifs refusaient la circoncision parce qu'elle réduit le plaisir sexuel.
C'est d'ailleurs là une des raisons du commandement (affaiblir ce désir pour rester kadoch). Leur punition fut donc d'être si éreintés par leur travail que leur désir sexuel en serait totalement affaibli.
C'est pour cette raison que la tribu de Lévi ne fut jamais asservies, car ce fut la seule tribu où chacun de ses membres avait gardé la brit mila.
[...]

Bien entendu, ce n'était pas tous les juifs qui négligeaient la brit mila. Il y avait beaucoup de pieuses personnes qui l'accomplissaient en courant de grands risques pour leur personne ...
D'ailleurs ces juifs répondaient aux égyptiens : "Commençons par circoncire nos enfants [même si vous allez les jeter à l'eau ou au feu]. Pour ce qui est de la suite, leur destin sera entre les mains de D."

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-> 4e raison = l'ange du mal Samaël dénonça Yaakov pour avoir recouru à la ruse lorsqu'il voulut obtenir la bénédiction que Its'hak destinait à Essav.
Par leurs rudes travaux en Egypte, les juifs allaient mériter la bénédiction. [d'après le Yalkout Réouvéni]

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-> 5e raison = l'ange gardien de l'Egypte : Amon de No, avait saisi un chevreau en main et dénoncé les fils de Yaakov d'avoir vendu Yossef et trempé son manteau dans du sang de chèvre pour leurrer leur père (Béréchit 37,31).
En conséquence, il fut décrété que 10 des plus grands sages seraient brutalement assassinés par les romains.

Une 2e conséquence de cet incident fut le décret d'asservissement brutal des juifs en Egypte ... Toutefois l'esclavage ne commença pas pendant la vie des fils de Yaakov car leur mérite suffisait à les protéger, eux et leurs enfants ...

Nos Sages enseignent que le réel asservissement des juifs débuta à la naissance de Myriam et dura 83 ans et 4 mois.
Car les 12 tribus sont mises en parallèle avec les 12 heures de la journée.
Or, un jour de D. représente 1000 ans (Téhilim 90,4), et une heure de Hachem, 83 ans et 4 mois.
Puisque les fils de Yaakov voulaient détruire l'une des 12 tribus qui représente l'une des 12 heures du jour, il fut décrété, selon le principe de mesure pour mesure, que leurs descendants seraient asservis pendant une heure de D., soit 83 ans et 4 mois.

D'autres autorités affirment que les juifs durent asservis pendant 86 ans.
En mille ans, le mois d'Adar est doublé 368 fois. Il y a donc 1030 années de 12 mois lunaires, plus 8 mois.
Si l'on divise ce chiffre par 12, on obtient 86 ans moins 40 jours.

Benjamin n'avait pas participé à la vente de Yossef, mais puisque les égyptiens avaient reçu d'en-Haut la permission d'asservir les juifs, ils ne firent pas de différence entre les coupables et les innocents.
Nos Sages (Baba Kama 60a) enseignent la règle suivante : "Lorsque le destructeur reçoit autorité, il ne distingue pas entre le coupable et l'innocent".

La tribu de Yossef fut asservie elle aussi, car Yossef avait sa part de responsabilité dans ces événements, car par sa calomnie, il avait provoqué la haine de ses frères (cf. Béréchit 37,2).
[Pourtant, si l'une des tribus avait observé la brit mila, ce mérite aurait suffi à la protéger de l'asservissement, et c'est pour cela que la tribu de Lévi fut épargnée.]

Le châtiment correspondait bien à la faute puisque ses frères avaient vendu Yossef comme esclave, alors leurs enfants devinrent des esclaves.
Du fait qu'ils l'avaient jeté dans un puits, les égyptiens, en retour, jetèrent leurs enfants dans le Nil.

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-> 6e raison = les fils de Yaakov avaient fait souffrir leur père.
Yaakov porta le deuil de son fils pendant 22 ans : depuis la vente de Yossef jusqu'à ce qu'il ait appris qu'il était vivant.

10 frères (en excluant Yossef et Binyamin) étaient responsables de ce crime.
Les juifs méritaient un exil de 22 ans pour chacun des frères, soit 220 ans au total. Mais puisque les 10 frères moururent hors de la terre Sainte, cette punition réduisait leur sentence d'un an pour chacun.
Les juifs demeurèrent donc en Egypte pendant 210 ans.
[...]

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Par ailleurs, dans le Zohar, rabbi Its'hak enseigne que si les juifs n'avaient jamais mangé la nourriture des égyptiens ni tiré profit d'eux, ils n'auraient jamais été asservis et les égyptiens n'auraient eu aucun pouvoir sur eux.
Mais dès que les juifs eurent mangé le pain des égyptiens, ils tombèrent sous leur domination.
[...]

Le fait que la souffrance des juifs s'aggravât après la visite de Moché à Pharaon était pour le bien d'Israël ...
En effet, constatant qu'ils étaient persécutés au lieu d'être libérés, ils n'avaient pas d'autre espoir que de se tourner de tout leur cœur vers Hachem, et d'implorer Son pardon pour toutes leurs fautes.

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-> "Maintenant tu verras ce que Je ferai à Pharaon" (Chémot 6,1)

=> Comment comprendre le terme "maintenant"?

En fait, certes le peuple d'Israël souffrait terriblement en Egypte. Mais il pouvait toujours exister des accusateurs au Ciel qui empêcheraient la délivrance.
Cependant, quand Moché s'est rendu chez Pharaon pour lui commander, au Nom d'Hachem, de libérer le peuple, Pharaon répondit : "Qui est Hachem pour que j'écoute Sa Voix?" = Ainsi, désormais, l'exil constituait une profanation du Nom d'Hachem. Et en tant que tel, plus aucun ange ne pourrait émettre des accusations pour empêcher la délivrance, en sachant qu'il en va de l'Honneur d'Hachem.

C'est ce que dit le verset : "Maintenant" que l'exil devient aussi une atteinte à l'Honneur d'Hachem, suite aux propos de Pharaon, "tu verras ce que je ferai à Pharaon". Et il ne pourra plus y avoir d'empêchements.
[Chem miChmouel]

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=> Quelles sont les causes de l’Exil d’Egypte?

On peut rapporter :

1°/ Le Alchikh haKadoch nous explique que la raison du décret divin de les exiler en Egypte était de les faire souffrir en vue «d’écumer l’humidité de la morsure du Serpent originel», de même que l’on polit de ses scories et déchets l’argent dans un four, afin de leur donner le mérite du Don de la Torah.
Ainsi, les hébreux furent comme de l’argent pur lors de la Sortie d’Egypte, les scories quant à elles moururent durant la Plaie de l’Obscurité (les 4/5e du peuple qui refusèrent la Délivrance).
Le Alchikh apporte comme preuve, le verset de : "Mais vous, Hachem vous a adoptés, Il vous a arrachés de ce creuset de fer, l’Egypte, pour que vous fussiez un Peuple Lui appartenant, comme vous l’êtes aujourd’hui" (Dévarim 4,20). L’exégète poursuit son développement et explique que c’est le sens de la promesse faite à Avraham :
- "Sache que ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée, durant 410 ans" = afin qu’ils fassent disparaître la "morsure du Serpent" marquant chaque être ;
- "Mais Je jugerai aussi la Nation à laquelle tes descendants seront asservis ; et ensuite ils sortiront avec de grandes richesses" = l’intention là est la richesse de la Loi Ecrite et la Loi Orale qu’ils mériteront de recevoir grâce à la purification de l’Exil égyptien.

2°/ Avraham quitta à tort la terre d’Israël pour descendre en Egypte à cause de la famine (mettant ainsi sa femme Sarah en danger). En effet, le Ramban explique qu’il aurait dû mettre sa confiance en D., certain qu’Hachem pourvoirait à ses besoins.
Ainsi, la conséquence de ce "faux pas" d’Avraham fut-il qu’Hachem décréta que sa descendance finirait par être exilée en Egypte
[Ramban - Lé'h Lé'ha 12,10].

3°/ La guémara (Nédarim 32a) enseigne : "Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Éleazar : De quoi notre ancêtre Avraham fut-il puni, pour que sa descendance ait été ainsi réduite en esclavage pendant 210 ans?
[La guémara rapporte 3 réponses: ] a) D’avoir enrôlé de force les disciples des Sages [dans l’armée] : ‘Il arma des enseignants, enfants de sa maison, 318, et suivit la trace des ennemis jusqu’à Dan’ (Lé'h Lé'ha 14,14).
b) Selon Rabbi Samuel Ben Na’hmani, il fut puni parce qu’il mit à l’épreuve sans mesure la Bonté du Saint, béni soit- Il: ‘Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai?’ (Lé'h Lé'ha 15,8) demanda-t-il.
c) Selon Rabbi Yo’hanan, c’est parce qu’il empêcha des êtres humains de venir sous l’aile de la Chékhina (se convertir): ‘Donne-moi les personnes, et prends pour toi les richesses’ (Lé'h Lé'ha 14,21)."

4°/ L’Exil et l’esclavage en Egypte sont la conséquence fâcheuse de la vente de Yossef par ses frères [guémara Méguila 16b].
D. punit les frères (et leurs descendants) en Egypte selon la mesure de leur hostilité envers Yossef [Abravanel sur Lé'h Lé'ha 15,13]

5°/ L’Exil d’Egypte est un décret du Ciel, dont seule la Sagesse divine connait la raison, comme le sous-entend le midrach (Chémot Rabba 5,22). [Séfer haSi’hot]

"Ils marchèrent pendant 3 jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau" (Béchala'h 15,22)

-> La guémara (Ta’anit 7a) affirme : "l'eau, c’est la Torah".

Nos Sages (Mékhilta) en déduisent que les juifs ont négligé l'étude de la Torah (l'eau) pendant 3 jours, et qu'en conséquence, ils ont chuté jusqu'à la rébellion.
=> C'est à cause de cet épisode que les prophètes ont institué la lecture de la Torah le Shabbath, le lundi et le jeudi, pour éviter de laisser passer 3 jours sans Torah.

-> Le Kli Yakar explique que le peuple, occupé à amasser du butin sur le rivage au point d'en négliger l'étude de la Torah, comparée à l'eau, a commis une faute pour laquelle ils ont été punis par un manque physique/réel d'eau.

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-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - guémara Baba Kama 82a) nous enseigne :
Les jours du lundi et jeudi, durant lesquels nous devons lire la Torah, ont été choisis afin de rappeler aux juifs que le but de ce monde est la Torah.

Il y a 2 témoins : le ciel et la terre, attestant que le monde a été créé grâce à la Torah, que le peuple juif étudiera et pratiquera.
En effet, il est écrit : "Je prends aujourd'hui le ciel et la terre à témoin contre vous" (Nitsavim 30,19).

- Le lundi = le 2e jour de la semaine = c'est le 2e jour de la Création que sont apparus le ciel et de la terre.
- Le jeudi = le 5e jour de la semaine = le 5e jour de la Création ont été créés les poissons. De même que les poissons ont besoin d'eau pour survivre, de même un juif a besoin de Torah a tout moment pour survivre.

Les jours de la semaine où l'on ne lit pas la Torah sont : le dimanche (1er jour), le mardi (3e jour), le mercredi (4e jour) et le vendredi (6e jour de la semaine).
En les cumulant : 1+3+4+6, on obtient : 14, qui est la guématria du mot : préoccupez-vous! (daagou - דאגו).
Ainsi, les jours où nous n'avons pas de lecture de la Torah, nous devons [particulièrement] nous préoccuper que le yétser ara risque d'infiltrer notre âme, nous poussant à la faute.

La guémara (Nidda 13b) nous enseigne la façon de procéder du yétser ara : le 1er jour, il nous dit de faire un chose ; le jour suivant il nous demande une autre chose ; et le jour suivant, il nous demande de se prosterner devant une avoda zara (idolâtrie).
Ainsi, il en ressort que cela lui prend 3 jours, et c'est pour cela que nous ne devons jamais laisser passer 3 jours de suite sans Torah, pour nous protéger du yétser ara.
En effet, Hachem nous enseigne (guémara Kiddoushin 30b) : "J’ai créé le yétser ara et J’ai créé la Torah comme antidote".

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+ "Si tu écoutes avec attention la voix de Hachem ton D. ..." (Béchala'h 15,26)

-> Le Shach (rabbi Shabtaï HaKohen) dit que ce verset commence par la lettre vav (ו) et se termine par la lettre kaf (כ), ce qui fait une guématria de 26, renvoyant au Nom Divin.
Cela nous enseigne que par le mérite de la Torah, Hachem a témoigné de la miséricorde au peuple juif.

De plus, il y a 27 mots dans ce verset, qui est une allusion aux 27 lettres de l'alphabet hébraïque, avec lesquelles la Torah a été écrite.

=> Ce verset exprime que c'est grâce au mérite de l'étude de la Torah, que Hachem veille sur nous.