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"Ce fut comme ce jour-ci, Yossef vint pour faire son travail et il n’y avait aucun homme de la maison" (Vayéchev 39,11)

-> Selon Rachi :
- ce jour-ci : Lorsqu’il arriva un jour particulier, un jour de fête païenne où ils allaient tous adorer leurs idoles, elle s’est dit : "Aucun jour n’est plus propice que celui-ci pour me rapprocher de Yossef". Elle a prétexté qu’elle était malade pour ne pas y aller.
- faire son travail : Rav et Chmouel sont en désaccord. L'un dit : pour faire son travail, au sens littéral. Quant à l'autre, il enseigne : pour satisfaire ses "besoins" [c’est-à-dire : pour avoir des rapports avec elle]. Mais l’image de son père lui est apparue.

-> L'Admour de Riminov enseigne que nous trouvons une allusion à cela dans les mots : "il n'y avait personne" (vé'en ich - וְאֵין אִישׁ - v.39,11), dont les lettres forment les initiales des mots : "Védémout Aviv Yaakov Nira El Yossef Cham" ("Et le visage de son père Yaakov a apparu à Yossef là-bas).

=> Pourquoi est-ce que c’est précisément le visage de son père qui lui est apparu pour le sauver?

-> Le Yalkout Réouvéni explique que la valeur numérique de Yossef (יוסף) est de 156, alors que celle de Yaakov (יעקב) est de 182, c’est-à-dire 26 de plus.
Lorsque Yossef devait surmonter cette épreuve avec la femme de Potiphar, Hachem lui accorda Son aide. Or, le Nom de Hachem a justement la valeur numérique de 26.
Ainsi, Yossef (156) aidé par Hachem (26), parvint à la valeur numérique de Yaakov (182). C’est cela que signifie qu’il vit l’image de son père.
[Il est dit plus haut : "D. était avec Yossef" (verset 2) = le nom de D. (Havaya - יהוה) était avec Yossef. Si l’on ajoute la valeur numérique du nom Havaya [26] הויה à celle de Yossef 156 ,יוסף nous obtenons celle de Yaakov 182 יעקב .
A présent, lorsque Yossef a dominé son penchant grâce au nom Divin Havaya qu’il gardait toujours à l’esprit (chiviti Hachem lénegdi tamid), il a vu "l’image" de son père, car en ajoutant la valeur numérique du nom Havaya à celle de Yossef, on obtient celle de Yaakov. ]

-> Le Ohr ha'Haïm apprend de là que lorsqu’un homme est en proie à son mauvais penchant qui le hante par des pensées de faute, il est bon qu’il se représente mentalement l’image de son père, cela l’aidera pour vaincre son penchant, à l’instar de Yossef.

-> Le Pardess Yossef enseigne :
En Egypte, Yaakov n’avait rien changé à son costume juif traditionnel et ne s’habillait pas selon la mode de son époque. Le style de Yossef était différent: il cherchait à cacher son intégrité intérieure en s’embellissant extérieurement, comme le dit Rachi : "Il s’arrangeait les cheveux et les yeux afin de paraître beau" (Vayéchev 37,2).
La femme de Potifar trouva donc un chemin vers lui car elle pensait, d’après sa conduite extérieure, qu’il ne refuserait pas ses avances. Le Zohar explique sur le verset : "Elle l’attrapa par son vêtement" (verset 12), qu’elle ne pouvait l’attraper qu’à cause de son "aspect extérieur", à cause de ses beaux vêtements à la mode.
En voyant jusqu’où le menait sa conduite, Yossef se rendit compte que la voie de son père était meilleure car elle ne conduisait pas à des épreuves et éloignait le mauvais penchant.
"L’image de son père lui est apparue" = à présent, l’aspect physique ("l’image") de son père, c’est-à-dire sa voie juive traditionnelle dans l’habillement et la conduite, plut à Yossef.

-> Selon le Mayana chel Torah :
Ces paroles de Rachi sont évoquées par allusion dans le verset : "Il s’enfuit et sortit au-dehors" (vayétsé a'houtsa - וַיֵּצֵא הַחוּצָה).
Les lettres du mot Vayétsé (וַיֵּצֵא) forment les initiales de l’expression : וירא יוסף צורת אביו (vayéra Yossef tsourat aviv - Yossef vit l’apparence de son père). C’est la raison pour laquelle il s’enfuit.
Pour quelle raison Yossef fut-il mis dans une épreuve semblable?
Etant donné qu’il allait devenir vice-roi d’Egypte, un pays plongé dans l’impureté et l’immoralité, il était nécessaire de le tester afin qu’il surmonte l’épreuve et devienne un Juste que l’impureté d’Egypte ne pourra contaminer. Ainsi pourra-t-il devenir gouverneur

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-> Nos Sages (guémara Baba Batra 58a) enseignent que le visage de Yaakov ressemblait à celui d’Adam.
La raison est que Yaakov termina quasiment le processus de réparation du péché d’Adam, lequel processus qui avait été engagé par Avraham et Its’hak, et qui sera achevé prochainement par le machia'h.
Conscient de la chose, lorsqu’il vit le visage de son père Yaakov, Yossef se rappela que la vocation d’un juif est de réparer la faute du premier homme. A ce titre, nos fautes individuelles ne regardent pas que nous, auquel cas elles pourraient trouver des justifications atténuantes : elles affectent en fait l’équilibre spirituel de la Création entière.
Lorsque nous affrontons la tentation, il peut être commode de nous convaincre que personne n’en saura rien, que la chose peut se justifier par les circonstances, qu’y succomber n’est que revers temporaire dont nous pouvons nous repentir plus tard, et ainsi de suite.
=> C’est pourquoi qu’en de telles circonstances, nous devons également "visionner notre père Yaakov", c’est-à-dire nous souvenir que nos actes ne demeurent pas des actes individuels accomplis en des lieux et des moments isolés.
Nos actes possèdent des implications cosmiques; ils peuvent servir ou desservir le monde entier.
[d'après le Collel de Sarcelles]

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-> Rabbi Tsadok haCohen se base sur un enseignement de nos Sages qui dit que la femme de Potiphar avait une bonne intention, puisqu'elle vit dans les astres qu’elle devait avoir un enfant avec Yossef. Pour elle, il relevait d’une nécessité d’ordre spirituelle d’avoir un enfant avec lui.

Yossef également avait vu la même chose que la femme de Potiphar, par une vision éclairée, et c’est en cela que l’épreuve était difficile. Yossef ne savait pas quoi faire.

D'un côté, cela paraissait comme une grave faute d’adultère. D'autre part, cela était peut-être la volonté Divine, qui souhaitait exceptionnellement, cette union. Yossef résidait dans un doute infernal et ne savait pas quoi faire, la Vérité lui étant occultée.

Quand il faillit céder, c’est-à-dire qu’il allait trancher qu’il devait avoir cette union, le visage de son père lui apparut. En effet, son père Yaakov incarne la Vérité, comme il est dit : "Tu donne la Vérité à Yaakov" (titèn émet léYaakov - Mi'ha 7,20).

Et c’est en voyant son père que la Vérité sur cette affaire put s’éclaircir : il comprit qu’en réalité cette union était une faute. En effet, comme l’expliquent nos Sages, la volonté Divine n’était non pas que Yossef s’unisse à la femme de Potiphar, mais plutôt à sa fille Osnat, qui s’est effectivement mariée avec Yossef plus tard (Mikets 41,45).

=> Telle était la Vérité des choses, et c’est en voyant l’image de son père incarnant la Vérité, que Yossef put être sauvé.

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-> Rabbi Méïr de Prémichlan explique que le terme "lui est apparu" ne signifie pas qu’il vit avec ses yeux le visage de son père, mais signifie que l’image de son père lui parut bonne.

Rachi commente (v.39,6) : "Yossef s'est mis ... à se soigner les cheveux. Hachem a alors dit : "Ton père est en deuil [te pensant mort], et toi tu te soignes les cheveux! Je vais te lancer un "ours" à tes trousses!" Et aussitôt (verset suivant v.7) : "Il arriva après ces faits que la femme de Potiphar jeta les yeux sur Yossef. Elle lui dit : "Viens reposer près de moi" "

C’est que Yossef pensait qu’il faut cacher sa profondeur de sainteté par une extériorité "profane".
Pour lui, il ne faut pas montrer sa spiritualité, il faut plutôt la dissimuler.
En revanche Yaakov pensait que l’homme doit même montrer sa sainteté. Il ne faut pas la cacher.

=> Yossef remarqua que sa positon lui entraîna l’épreuve avec la femme de Potiphar. En effet, quand elle le vit élégant, bien coiffé et bien vêtu, elle s’intéressa à lui. C'est ainsi que la Torah dit qu’"elle l’attrapa par son vêtement" (v.32,12), c’est-à-dire par son extériorité.
C’est parce qu’il revêtait une apparence profane qu’elle voulait "l’attraper".

==> Ainsi, à ce moment critique, Yossef vit que l’image de son père, qui tenait qu’il fallait montrer même en apparence sa profondeur, était bonne, car elle lui aurait évité cette lourde épreuve avec la femme de Potiphar.

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-> Le rabbi de Loubavitch rapporte un enseignement de nos Sages qui disent que la beauté de Yaakov était comparable à la beauté de Adam, le premier homme. Cela signifie que par ses actions, Yaakov finit de réparer, à son échelle personnelle, la faute originelle d’Adam.

Lorsque Yossef vit son père, il se rappela de la grandeur de son père qui répara la faute originelle. C’est ce qui le sauva, car il ne voulait pas, par sa transgression, porter atteinte à la réparation de cette faute.

En voyant la réparation, il se garda de la faute, pour ne pas porter atteinte au travail extraordinaire de son père.
Ainsi lorsqu’un homme voit l’ampleur du désastre causé par une faute, cela peut lui donner la force de surmonter l’épreuve.

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-> Le Bné Yissa'har explique que Yossef pensait qu’avant le don de la Torah, les juifs avaient un statut de Ben Noa’h (fils de Noa’h, tels que les non-juifs) et non d’Israël (juifs).
Or un Ben Noa’h ne doit pas se laisser tuer pour ne pas commettre l’adultère, contrairement à un Israël.
Ainsi, Yossef comprit qu’à force de refuser de s’unir à la femme de Potiphar, il prenait un risque pour sa vie, puisqu'étant la femme du 1er ministre de l’Egypte, elle pouvait attenter à sa vie si Yossef se refuse à elle.

C’est pour cela que Yossef décida de lui céder, car en tant que Ben Noa’h, il n’a pas le droit de mettre sa vie en péril, même s’il doit pour cela commettre l’adultère.
Et c’est là que Yossef vit le visage de son père Yaakov, qui lui, pensait que les juifs avaient un statut d’Israël même avant le don de la Torah.

=> En voyant son père, Yossef décida de lui donner raison, à savoir qu’il avait un statut d’Israël et non de Ben Noa’h, et en tant que tel, il doit être prêt à se laisser tuer plutôt que de transgresser l’adultère. C’est ainsi qu’il résista et ne fauta pas, malgré le danger.

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-> "Mais il arriva, comme en ce jour, il était venu dans la maison pour faire sa besogne et qu’aucun des gens de la maison ne s’y trouvait" (Vayéchev 39,11).
La guémara (Sota 36b) enseigne : "A ce moment, l’image de son père lui est apparue à la fenêtre".

=> Pourquoi l’image de Yaakov est apparue à Yossef (afin de l’aider à vaincre son yétser ara) précisément dans une fenêtre et non à l’intérieur de la maison?

-> La guémara (Bérakhot 34b) enseigne : "Un homme ne doit prier que dans une maison pourvue de fenêtre, comme il est dit : 'II avait, dans sa chambre supérieure, des fenêtres ouvertes dans la direction de Jérusalem’ (Daniel 6,11)".
Le Léket Imrei Kodech [Vayéchev 194a] explique que nous comprenons de là que Yossef choisit, lorsqu’il priait dans la maison de son maître, une fenêtre unique, dirigée vers Jérusalem, vers le Temple, vers le Saint des Saints (comme le stipule la Halakha [Choul’han Aroukh Orakh ‘Haïm 90,4]).
C’est ainsi que l’image de son père lui est apparue dans la fenêtre même où il priait constamment.

-> Le Imré Noam nous révèle que l’épreuve de Yossef eut lieu le 8e jour de ‘Hanoucca.
C'est pourquoi, explique-t-il, pouvons-nous y voir un certain nombre d’allusions dans notre verset : "Il était venu dans la maison (HaBayita - הַבַּיְתָה) pour faire (Laassot - לַעֲשוׂתֹ) sa besogne (Melakhto - מְלַאכְתּוֹ)" :
- Le mot Bayit (maison - בית) a la valeur numérique [412] de Notser ‘Hessed (נצר חסד - il conserve sa faveur) = le huitième des 13 attributs de la Miséricorde divine, qui fait allusion au 8e jour de ‘Hanoucca.
- Le mot Laassot (pour faire - לַעֲשוׂתֹ) a la valeur numérique [808] de Chémène Zayit (Huile d’olive - שמן זית) [avec le kollel + 1].
- Le mot Mélakhto (sa besogne - מְלַאכְתּוֹ) a la valeur numérique [497] de Zot ‘Hanoucca (C’est ‘Hanoucca [זאת חנוכה] = l’appellation du 8e jour de ‘Hanouka).

Au vu de ce commentaire, le verset : "Il était venu dans la maison pour faire sa besogne" se comprend ainsi : "Yossef est venu pour allumer les 8 Lumières du 8e jour de ‘Hanouka". Ainsi, par le mérite de l’accomplissement de l’allumage des Lumières de ‘Hanouka, il a mérité d’être protégé et de ne pas trébucher, comme précisé : "Celui qui exécute Son ordre n’éprouvera rien de fâcheux" (Kohélet 8,5).

Nous pouvons maintenant comprendre la raison pour laquelle l’image de son père lui est apparue à la fenêtre, selon un enseignement de la guémara (Shabbath 21b) : "Nos Sages enseignent : La Mitsva de la Lumière de ‘Hanoucca est de la poser au seuil de sa maison à l’extérieur. S’il habite en étage, il la disposera à la fenêtre attenante au domaine public".
Aussi, nous semble-t-il évident que Yossef, dans la maison de son maître, en Egypte, n’ait point allumé les Lumières de ‘Hanoucca à l’extérieur mais bien dans sa chambre, devant la fenêtre située face à Jérusalem.
[on peut noter que le mot 'halon (fenêtre - חלון) se décompose en נ״ח ל״ו ל״ו נרות חנוכה (soit : 36 Lumières de ‘Hanoucca (le 1er jour : 1 ; le 2e : 2 ; 3 ... 8 = 36]).

Tout ceci se conjugue admirablement avec ce qu’écrit le Mégalé Amoukot (Vaét’hanan 252) : "‘Antiochus’ (אנטיכוס) et 'Mélekh Yavan' (Roi de Grèce - מלך יון) ont la même valeur numérique [156] que Yossef (יוסף)" : la Lumière du tsaddik étant l’antithèse de l’obscurité des Grecs.
En effet, explique le Zéra Kodech, les Grecs ont décrété l’abolition de la circoncision (mila) ainsi qu’un droit de cuissage sur les vierges d’Israël avant leur mariage (les deux allant de pair), tout ceci afin d’accroître "l’écorce du Mal" de la débauche. Or Yossef, de par l’Attribut qu’il incarne : Yessod (Fondement), est intrinsèquement lié à la mistva de la Mila. Aussi, pouvait-il s’opposer à la débauche incitée par la femme de Potiphar, grâce à l’intervention de son père.
Ainsi, le dernier jour de ‘Hanoucca, lorsque Yossef allumait les Lumières, le visage de son père lui est apparu à la fenêtre, afin de projeter sur lui la sainteté du 8e jour de ‘Hanoucca, correspondant au 8e jour de la Mila, Commandement ayant la faculté d’affaiblir le penchant du désir.

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-> "Il vint dans la maison pour faire son travail" (Vayéchev 39,11)

-> Le Likouté Halakhot enseigne :
C'est à cette occasion qu'il dut surmonter l'épreuve avec la femme de Potifar qui tenta de le faire fauter.
On peut dire que c'est à cela que la Torah se réfère quand elle dit que Yossef est venu ''faire son travail''. En effet, tout le travail et la mission de l'homme dans ce monde est de combattre son penchant et de surmonter les épreuves.
Ainsi, quand Yossef vint dans la maison et se confronta aux tentations du penchant avec la femme de Potifar et surmonta cette épreuve, c'est cela que la Torah fait référence en disant qu'il est venu "pour faire son travail", à savoir le véritable travail du juif qui est de maîtriser le mauvais penchant.

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-> Rabbi Yé'hiel Mamouch rapporta une fois les paroles du midrach (Béréchit rabba 87,10) : "La femme de Potifar menaça Yossef en lui disant : "Je te couperai les vivres si tu ne m'obéis pas!""
De même, dit-il, chacun doit faire face au cours de son existence à ce genre d'épreuve, à savoir que son yétser ara tente de le séduire ou de lui faire peur à l’aide de toutes sortes d'arguments fallacieux.
Et lorsqu'il parvient à la surmonter, l'homme s'aperçoit alors que tout cela n'est que vaine chimère.

"Yéhouda dit à ses frères : Quels avantages si nous tuons notre frère et dissimulons son sang? Allons, vendons-le aux Ismaélites"(Vayéchev 37,26-27)

-> La guémara (Shabbath 10b) nous enseigne que le traitement de faveur que Yossef à reçu de son père Yaakov, a entraîné que ses frères deviennent jaloux de lui, ce qui les a mené à le vendre comme esclave, causant finalement la descente des juifs en Egypte et le fait qu'ils y deviennent esclaves.

-> Selon Rabbénou Bé'hayé, bien que Hachem avait déjà promis à Avraham que ses descendants seront des esclaves dans une terre étrangère, c'est uniquement au moment de la vente de Yossef qu'il a été fixé les modalités : le lieu et à quel point sera difficile l'esclavage, comme punition pour la haine des frères envers Yossef.

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-> Rachi (Vaéra 6,16) : "La durée de la vie de Lévi fut de 137 ans" commente : L’esclavage d’Egypte n’a pas commencé aussi longtemps qu’est resté en vie l’un des chefs de tribus ... or, Lévi a survécu à tous ses frères.

Le Gour Aryé (Chémot 13,6) explique ce calcul de la façon suivante : Yaakov avait 84 ans lorsqu'il s'est marié à Léa (Rachi Vayétsé 29,21), et 2 années plus tard elle a donné naissance à Lévi, Yaakov ayant 86 ans (le Séder Olam écrit que chacun de ses enfants est né au 7e mois).

Selon la Torah (Vayigach 47,9), Yaakov est descendu en Egypte à l'âge de 130 ans, faisant que Lévi avait alors 44 ans.
=> Puisque Lévi est mort à 137 ans, il a vécu 93 années en Egypte.

Rachi (Bo 12,40) écrit que les juifs sont restés 210 ans en Egypte, ce qui permet d'affirmer que la durée de l'esclavage égyptien, qui a débuté à la mort de Lévi, est de : 117 années (210-93).

=> Pourquoi ont-ils été puni particulièrement par 117 ans d'esclavage pour la faute d'avoir vendu Yossef?

-> Rabbi Méïr Yé’hiel haLévi (l’Ostrovtzer Rebbe) apporte la réponse suivante :
Il n'y avait que 9 des 11 frères qui ont participé à la faute de le vendre en tant qu'esclave, puisque Binyamin et Réouven n'étaient pas présent au moment de la vente.

Yossef avait 17 ans lorsqu'il a été vendu (Vayéchev 37,2), et il avait 30 ans lorsqu'il a été libéré de la prison et nommé vice-roi d'Egypte (Mikets 41,46), ce qui fait que la décision de ses frères a entraîné qu'il soit emprisonné pendant 13 ans.

Lorsque l'on multiplie ce chiffre par les 9 frères qui l'ont vendu, on arrive à : 117, qui est la durée exacte du difficile esclavage en Egypte, que leurs descendants ont dû faire en punition pour leur action.

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-> "Quel intérêt de tuer notre frère et cacher son sang?" (Vayéchev 37,26)

=> On peut s'interroger. Au départ, Yehouda également était d'accord de tuer Yossef, pourquoi par la suite, ce dernier changea-t-il d'avis et proposa de le sortir du puits où il risquait de mourir et le vendre aux Yichmaëlim?

-> Le rabbi Mendel de Kotsk explique qu'évidemment, quand au départ les frères voulaient tuer Yossef, il ne s'agissait pas de verser un sang innocent. Comme nous l'enseignent nos Maîtres, Yossef qui rapportait du mal de ses frères à leur père et se prenait aussi pour leur roi (à travers ses rêves) avait un comportement tellement répréhensible pour ses frères qu'ils constituèrent un tribunal, le jugèrent et le condamnèrent à mort après un jugement objectif et bien réfléchi.
Pour eux, Yossef méritait la peine capital et ce n'était pas qu'une simple jalousie ou haine qui motivèrent leur décision de le mettre à mort. Seulement, s'il en est ainsi, ils doivent assumer leur acte jusqu'au bout et prendre sur eux toute la responsabilité de ce meurtre. S'ils pensent vraiment agir comme il se doit et ne rien avoir à se reprocher, ils doivent être prêts à aller jusqu'au bout et ne rien craindre, même pas la réaction de leur père. Car si vraiment c'est la loi et la justice véritable qui impose de le tuer, quand ils expliqueront le tout à Yaakov, l'homme de vérité par excellence, il comprendra et rien de fâcheux ne devrait leur arriver, puisque c'est cela que la loi impose.

Mais quand par la suite, Yehouda entendit que les frères se préparaient à dire à leur père qu'une bête féroce a tué Yossef, et qu'ils allaient cacher le fait qu'en vérité c'est eux qui l'ont tué, alors Yehouda en déduisit qu'ils ne sont pas prêts à assumer leur acte jusqu'au bout. C'est que forcément, ils ne sont pas eux-mêmes sûrs et certains de l'authenticité de leur jugement et craignait que Yaakov y trouve une faille.
Dès qu'il perçut cela, Yehouda se rétracta et déclara qu'ils ne peuvent plus le laisser mourir. Il convient donc uniquement de l'éloigner d'eux pour ne plus qu'ils récidivent ses mauvais comportements envers eux. Aussi, il décida qu'il fallait le vendre.

=> La leçon pour nous est que si on cherche à cacher ou a enrobé une certaine action que l'on trouve devoir faire et qu'on revendique qu'il faille la faire, c'est peut-être qu'au fond, on ne la trouve pas complètement valable et qu'on ne puisse pas l'assumer jusqu'au bout. Cela doit donc nous faire réfléchir s'il convient quand même de la réaliser malgré tout, ou bien s'il est préférable de se rétracter, du fait de ce doute et de cette difficulté à assumer.

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-> Juste après que la vente a été faite : "Réouven revint vers ses frères et il dit : "Le garçon (Yossef) n'est plus là!" (ayéléd énéou - הַיֶּלֶד אֵינֶנּוּ) " (Vayéchev 37,30)

Le rabbi Ronen Sharabany commente que la guématria du mot : "énénou" (n'est plus là - אֵינֶנּוּ) est de 117, puisque Réouven faisait allusion à ses frères qu'en conséquence de leur action d'avoir fait disparaître Yossef, leurs descendants seront alors punis par 117 années d'esclavage.

"Sauve-moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main d'Essav" (Vayichla'h 32,12)

-> Le Rokéa'h rapporte un midrach selon lequel, lorsque Yaakov fuyant Essav, partit à 'Haran, Essav eut un fils qu'il appela "mon frère", afin de de ne pas oublier ce que Yaakov lui avait fait.
Quand cet enfant grandit, il lui ordonna de tuer son oncle Yaakov, en tout lieu où il le trouverait.

=> D'où la double prière de notre Patriarche : "Sauve-moi, de grâce, de la main de "mon frère", de la main d'Essav".

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-> A ce sujet, on peut rapporter le Méam Loez (Vayichla'h 32,4) :
La Torah nous indique qu'Essav vivait dans le pays de Séir, à Sdé Edom
Ceci nous apprend combien Essav était rancunier. Il n'oublia jamais ce que Yaakov lui avait fait.
- [Séir signifie, en hébreu, chèvre]. Essav voulait garder constamment à l'esprit que Yaakov s'était couvert de peau de chevreaux afin que ses bras semblent velus, quand il trompa Its'hak pour recevoir la bénédiction.
Ainsi [le nom de cette région] lui rappelait sans cesse l'usurpation de la bénédiction.
- Il nomma sa ville Sdé Edom [car Edom signifie "rouge"]. Cette couleur était celle du plat de lentilles contre lequel il avait vendu son droit d'aînesse (v.25,30).
Cela aussi, il ne l'oublia pas.

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-> "Sauve moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main d'Essav" (Vayichla'h 32,12)
Essav représente le yétser ara.
Les termes : "de grâce, de la main de mon frère" (na miyad a'hi - נָא מִיַּד אָחִי) ont les dernières lettres qui forment אמן (amen).
Le Divré Shmouël explique que le fait de répondre amen, a la capacité de nous sauver de notre yétser ara.

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-> "Sauve moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main d'Essav" (Vayichla'h 32,12)

Rabbi Yossef Solovetchik de Brisk disait à ce sujet :
- "de la main d'Essav" = sauve-moi de ceux qui me détestent de façon visible et qui installent la peur et la crainte sur le peuple juif ;
- mais sauve-moi également "de la main de mon frère" = de ceux qui tendent la main avec chaleur pour nous rapprocher et qui prétendent que nous sommes de la même famille et que nous avons la même Torah.
Dans le premier cas, le danger est physique ; tandis que dans le second, le danger est spirituel, ce qui est bien plus dangereux.

"Pourtant, Tu as dit : "Je te comblerai de faveurs"." (Vayichla'h 32,13)

-> Le rabbi Yé'hezkel de Kozmir commente ainsi ce verset :

Lorsque l'homme est empli de reconnaissance à l'égard de Hachem, ressentant qu'Il le comble de bienfaits et s'assure toujours que sa situation soit la meilleure possible, en retour, Hachem lui démontre combien il a raison, en déversant sur lui encore plus de bénédictions.

Cette idée peut se lire en filigrane à travers les mots de notre verset :
"Pourtant, Tu as dit : "Je te comblerai de faveurs (étév étiv ima'h - הֵיטֵב אֵיטִיב עִמָּךְ)"."
En d'autres termes, si l'homme affirme que D. ne lui fait que du bien (hétév), alors Hachem le lui confirmera en le comblant d'autant plus (étiv).
Par contre, si l'homme se plaint de la médiocrité de sa situation, alors Hachem réagira en l'aggravant davantage, afin de lui signifier qu'auparavant, elle n'était pas si mauvaise qu'il le prétendait.

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-> b'h, également sur ce sujet : https://todahm.com/2017/04/26/5179

"Si Essav attaque l'un des camps et le met en pièces" (Vayichla'h 32,9)

-> Le mot : "véhikahou" (וְהִכָּהוּ - et le met en pièces) peut se lire dans les 2 sens.
C'est une allusion au fait qu'à chaque fois que les non-juifs frapperont le peuple juif, ils seront eux-mêmes frappés en retour.

"Yaakov eut très peur et fut angoissé" (Vayichla'h 32,8)

-> Rachi de commenter : Il s’est effrayé à l’idée d’être tué, et il a été angoissé à celle de devoir tuer des autres.

Il existe le principe suivant : "Si quelqu’un veut te tuer, tue le en premier".
Ainsi Yaakov n’aurait pas dû être tourmenté de tuer Essav qui venait pour le tuer.
=> Pourquoi une telle réaction de sa part?

-> Le Gour Aryé explique qu'en réalité Yaakov ne craignait pas de tuer Essav, en soi.
Cependant, il avait peur que si son père apprend qu’il a tué Essav, il en vienne à le maudire, lui qui aimait particulièrement Essav.
Yaackov craignait surtout cette malédiction.

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-> Le Malbim explique qu'en réalité Yaakov a eu purement et simplement peur de Essav qui venait vers lui avec 400 hommes.

C'est ainsi que le verset dit : "Yaakov eu très peur", et lorsque le verset poursuit et dit : "et il fut tourmenté", cela signifie qu'ensuite il fut tourmenté du fait d’avoir eu peur, de sorte qu'on peut lire le verset ainsi : "Yaakov a eu très peur et il en fut tourmenté".
Il regretta amèrement d’avoir eu peur et d’avoir ainsi manqué de confiance en Hachem qui le sauvera et qui lui a même fait des promesses.

En effet, un homme vraiment pieux ne doit rien craindre du tout, hormis Hachem et c’est cela qui tourmenta Yaakov.
D'ailleurs, on peut ajouter que Yaakov a ensuite craint que ce soit cette faute d’avoir eu peur qui lui cause préjudice devant Essav.

-> "Ôte ma honte, que je craignais" (aaver 'herpati achèr yagorti - Téhilim 119,39).
Cela signifie qu'il est honteux de craindre ou de s'inquiéter d'une force autre que celle d'Hachem.
[Maguid de Zlotchov]

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-> Le Kli Yakar apporte 3 raisons pour lesquelles Yaakov pouvait être tourmenté.

1°/ La 1ere est que dans la guémara (Shabbath 32a), on apprend que quand Hachem réalise des miracles pour sauver quelqu’un cela lui enlève de ses mérites.
Ainsi Yaakov fut tourmenté du fait que peut-être Hachem lui enlèvera de ses mérites pour le sauver miraculeusement de Essav.

2°/ La 2e chose qui tourmentait Yaakov, c’était que Essav avait dit 20 ans auparavant, quand Yaakov lui avait pris les bénédiction, qu’il attendait la mort de son père pour se venger et allait tuer Yaakov.
Ainsi, quand ce dernier vit que Essav, accompagné de 400 hommes, se dirigeait vers lui pour lui faire la guerre, il en conclut que peut-être que son père était mort. C’est aussi cela qui le tourmentait.

3°/ La 3e chose se base sur un enseignement de nos Sages qui dit que : "quiconque flatte un racha finira par tomber entre ses mains".
Or, Yaakov a flatté Essav, au début de la paracha, en lui envoyant un message où il disait : "à mon Maître Essav" (ladoni léEssav) ou encore "ton serviteur Yaakov" (avdé'ha Yaakov).
=> C’est cette faute que Yaakov craignait.

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-> Le Zohar explique que Yaakov a eu peur à cause du mérite du respect des parents que pouvait réaliser Essav et que lui ne pouvait pas pratiquer, car étant éloignés de ses parents.

De plus, Yaakov craignait que le fait qu’il ait épousé 2 sœurs, chose que la Torah interdira plus tard, lui soit compté comme faute et soit en défaveur pour lui devant Essav.

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-> Le Méam Loez (Vayichla'h 32,8) rapporte 2 avantages spirituels d'Essav sur lui :
1°/ Essav avait vécu en terre d'Israël, tandis que Yaakov en avait été absent pendant 20 ans.

[le rabbi Chmouël Mohaliver dit qu'on apprend d'ici que la mitsva unique d'habiter sur la terre d'Israël, même si elle est accomplie par un racha qui transgresse de nombreuses fautes tel Essav, peut être comparée à un grand nombre de mitsvot accomplies par un tsadik de la dimension de Yaakov.
Le rabbi de Mohaliver poursuit : à plus forte raison de nos jours, lorsqu'un juif habite sur la terre d'Israël, même s'il a une pratique légère des mitsvot, combien est-il précieux devant Hachem.
Le Yalkout Chimoni (Eikha 3) rapporte : "Hachem dit : Si seulement les fils de Mon peuple pouvaient résider sur la terre d'Israël, même s'ils l'impurifiaient".
(les mitsvot faites en Israël ont plus de valeur car elles sont accomplies dans le palais du roi, mais cela est aussi inversement applicable pour les fautes. C'est pourquoi la terre "vomit" ses habitants.)]

2°/ Essav observait la mitsva d'honorer son père à la perfection. Même lorsqu'il brûlait d'envie de se venger de Yaakov, il attendit la mort de son père, pour tuer son frère.
Ainsi, au plus fort de sa colère, il ne voulait pas assassiner Yaakov du vivant de son père.

Yaakov, lui, n'avait pas honoré ses parents durant 20 ans. Il est vrai qu'il avait quitté la Terre sainte avec la bénédiction de D. (cf. paracha Vayétsé).
De plus, ses parents lui avaient enjoint d'aller chez Lavan (Toldot : v.27,43 ; 28,2), mais à condition qu'il y reste 7 ans, et pas plus.
Puisqu'il demeura si longtemps à l'étranger, il risquait d'être puni.

Durant cette période, Yaakov n'avait pas non plus étudié la Torah, car il devait conduire le bétail de Lavan.
Sa spiritualité aurait [également] pu aussi s'amoindrir du fait qu'il avait épousé 2 sœurs.

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-> Les grands rabbanim de la 'hassidout ont expliqué que Yaakov "fut angoissé", parce qu'il avait "divisé son monde". La division et la séparation régnaient sur son peuple, et de plein gré.
Or, Yaakov savait que tant que les juifs resteraient unifiés, la main d'Essav n'aurait aucune prise sur eux, mais que s'ils se divisaient en plusieurs camps, il y avait lieu de le craindre.

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-> "Yaakov eut peur et fut perturbé" (Vayichl'ah 32,8)

Rachi explique qu'il eut peur d'être tué et fut perturbé de risquer d'en venir à tuer d'autres personnes.
=> Mais on peut s'interroger. Puisque Essav voulait tuer Yaakov, ce dernier se devait de sauver sa vie, et même s'il fallait le tuer. Puisque c'est ce que la Thora lui recommande de faire, pourquoi en fut-il tant perturbé?

En fait, Rivka dit, dans la paracha de Toldot : "Pourquoi vous perdrai-je tous les deux le même jour", et nos Sages d'expliquer qu'elle prophétisa que Yaakov et Essav sont destinés à mourir le même jour.
Ainsi, de même que "Yaakov eut peur" d'être tué (directement) par Essav, de même il "fut perturbé" de tuer Essav car alors cela entraînerait indirectement sa propre mort, puisqu'il est établi qu'il mourra le même jour que Essav.
[rav Moché Sternbuch - Taam véDaat]

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-> La guémara (Béra'hot 4a) explique que Yaakov avait peur qu’à cause d’une faute qu’il aurait commise, il perde le bénéfice de la promesse et donc que Essav puisse lui faire du mal.

Mais les commentateurs se demandent malgré tout pourquoi avait-il peur de la faute. En effet, le Rambam enseigne qu’une prophétie positive ne peut jamais être annulée même à cause de fautes commises.

-> Le Chem miChmouël explique que cet enseignement du Rambam est valable pour une prophétie prononcée par un prophète, pour ne pas que l’on discrédite le prophète.
Mais là, la promesse de protection faite à Yaakov n’a pas été dite par un prophète mais par Hachem Lui-même, impliquant que le principe du Rambam ne s’applique pas.

=> Cela entraîne que Yaakov pouvait malgré tout avoir peur qu’une faute disqualifie la promesse.

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-> Le ‘Hidouché haRim explique la crainte de Yaakov malgré la promesse, d’une autre façon.
Il dit que Yaakov savait que dans les générations futures, ses descendants vont encore se trouver dans des moments de détresse, particulièrement à cause des descendants de Essav.
C’est pourquoi il voulait que son action soit profitable et ouvre une porte de secours pour les générations futures.
Or, dans l’avenir, les enfants d’Israël ne vont pas forcément bénéficier d’une promesse Divine leur assurant la victoire. Ainsi, ils seront dans une grande détresse et ressentiront réellement de la peur.

C’est pourquoi, bien que Yaakov avait une totale confiance en la promesse de Hachem, malgré tout, il décida de faire abstraction de cette promesse pour le profit de ses descendants qui n’auront pas cette même promesse.
=> Ainsi, il a eu peur, comme auront peur ses descendants, et pour leur montrer la voie, il s’est mis à prier, car c’est surtout cela que devront faire ses descendants.
Yaakov voulait nous montrer que c’est la prière qui nous sauvera.

-> Le 'Hidouché haRim écrit que Yaakov avait reçu la promesse d'Hachem qu'Il ne l'abandonnerait jamais, et qu'il l'avait pleinement acceptée, comme l'indique le midrach (Béréchit rabba 68,2) qui déclare que lorsque Yaakov a quitté Béer Shéva pour 'Haran, il a dit : "Mon aide vient d'Hachem, qui a créé les cieux et la terre. Aucun homme ne peut me faire du mal."
Malgré tout, il vit avec le roua'h hakodech qu'il était bon pour lui d'être angoissé et d'implorer la miséricorde d'Hachem, comme s'il n'avait aucune garantie pour sa sécurité. La raison en est qu'il devait créer des mérites pour les générations futures afin que, lorsqu'elles se trouveraient dans des situations périlleuses, elles puissent également bénéficier de cette miséricorde Divine.

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-> Yaakov est présenté tout au long de la Torah comme un homme ayant un grand courage physique. Et le voilà soudain prenant peur, à la veille de sa rencontre avec son frère Essav : "Yaakov fut fort effrayé et plein d'anxiété" (Vayichla'h 32,7).

Yéchayahou Leibowitz explique : "En vérité, ce qui rendait Yaakov fragile, ce n'était pas la perspective de mesurer ses forces à celles de son frère Essav, mais ses problèmes de conscience. Il n'est pas sûr d'avoir bien agi naguère, dans la maison familiale, à l'égard de son frère. Eprouverait-il des remords? Il a d'abord et avant tout besoin du pardon d'Essav!"

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-> Le Péninim Yékarim rapporte la guémara (Guittin 56a) qui enseigne que le général romain Néron, s'est converti, et que Rabbi Méir est l'un de ses descendants.

Les romains sont associés à Edom, qui sont les descendants de Essav, ce qui entraîne que Rabbi Méir est un descendant de Essav.

La guémara (Horayot 13b) rapporte que la halakha n'est pas citée au nom de Rabbi Meir, mais par : "a'hérim omrim" (d'autres disent - אחרים אומרים), ni au nom de Rabbi Nathan mais par : "yech omrim" (certains disent).

On a vu ci-dessus que selon Rachi : "Yaakov a été angoissé à celle [l'idée] de devoir tuer des autres (ét a'hérim - אֶת אֲחֵרִים).

=> Ainsi, Yaakov craignait qu'en tuant Essav, il supprime aussi "d'autres" (אחרים), c'est-à-dire Rabbi Méir, qui allait sortir d'Essav.

[Concernant Rabbi Méir : Il est le 3e Sage le plus mentionné dans la michna.
Il avait pour maître Rabbi Akiva, et son élève Rabbi Yéhouda haNassi, va être celui qui va compiler toutes les michnayot.
Sa femme Brouria est une des rares femmes citées dans la guémara.
=> On comprend mieux la crainte de Yaakov!]

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-> Rachi : Fut très effrayé : d'être tué, et plein d'anxiété, il craignait de tuer.

Comment comprendre sa réaction puisqu'il existe ne halakha touchant à la légitime défense?

Toute la raison pour laquelle Yaakov a acquis le droit d'aînesse d'Essav n'était qu'à cause du service du Temple, qui était réservé aux aînés.
Or, c'est une halakha qu'un Cohen qui a tué n'a pas le droit de faire la "birkat Cohanim".

Toute la haine d'Essav envers Yaakov n'était qu'à cause du droit d'aînesse, or si Yaakov tuait Essav, cela entraînerait qu'il serait désormais inapte à assurer le culte dans le Temple, et que donc il n'aurait rien gagné à avoir acquis le droit d'aînesse.
=> C'est pourquoi Yaakov redoutait terriblement de tuer.

[Maharel Tsints]

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-> b"h, à ce sujet voir également : https://todahm.com/2018/12/09/7701

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-> Le rav David Touitou dit que Yaakov a eut très peur car du Ciel on lui a révélé l'étendue et la gravité des fautes que son frère Essav a pu réaliser. Il a vu les anges effrayant qu'il a créé par cela, et il a eut donc très peur.
[l'idée est que l'origine de toutes nos peurs se trouve dans les fautes que l'on a pu commettre, et qui créées des mauvais anges qui viennent nous causer des peurs.
Le rav Touitou fait remarquer qu'à l'issue de Yom Kipour on se sent serein, car Hachem vient de nous laver de nos fautes en ce jour.]

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+ "Comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi le cœur de l'homme répond au cœur" (Michlé 27,19)

Le rav 'Haïm Zonnenfeld fait un commentaire en lien avec notre paracha :

-> Au moment où les messagers revinrent auprès de Yaakov, ils lui déclarèrent : "Nous sommes allés trouver ton frère Essav" (v.32,7) : la répétition signifiant selon Rachi : "Celui que tu prenais pour "ton frère" se comporte encore comme "Essav le méchant", animé d'une haine toujours aussi intense."
Or, si Essav haïssait Yaakov, il est par ailleurs certain que Yaakov entretenait pour son frère des sentiments identiques, fidèle au principe : "Ceux qui détestent D., je les déteste" (Téhilim 139,21).

-> Par la suite, lorsque le danger fut imminent : "Levant les yeux, Yaakov aperçut Essav qui venait, accompagné de 400 hommes", Yaakov adopta alors une conduite plus clémente : "Il se prosterna contre terre 7 fois avant d'aborder son frère" = c'est-à-dire qu'il eut des pensées bienveillantes avant d'aborder celui qu'il voulait considérer comme "son frère".

Rachi commente : "Il (Essav) a été pris de pitié en le voyant se prosterner tant de fois ... Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : C'est un fait établi que Essav hait Yaakov, mais à cet instant, son amour pour lui jaillit et il l'embrassa de tout son cœur!"

=> On voit clairement que la bienveillance de Yaakov envers son frère ravivèrent des sentiments d'amour chez Essav, et les conséquences ne se firent pas attendre

C'est l'application du verset de Michlé : développer des pensées d'amour dans son cœur, va entraîner que va éclore de l'amour en autrui, même si c'est Essav en face de nous!

[ ==> si ton prochain ne t'aime pas, alors aime le davantage!!]

"Tout ce que Tu me donneras, je T'en prélèverai le dixième" (Vayétsé 28,22)

-> Rabbi Moché Sternbuch (Taam vaDaat) fait remarquer que le devoir de prélever le maasser ne s'applique pas seulement à l'argent, mais à tout ce que Hachem donne à l'homme.
Ainsi, même la sagesse qu'Il donne, il faut en prélever le maasser, et en récompense on reçoit la bénédiction et la réussite.

-> Rabbi Moché Feinstein souligne qu’il convient de prélever la dîme non seulement sur les biens qu’on possède mais également sur le temps dont on dispose afin de le consacrer à de nobles causes.

-> Le rabbi Shimon Schkop enseigne : "De même que prélever le maasser de l'argent est un moyen de s'enrichir en s'élevant dans la spiritualité, quand il s'agit des dons et de la connaissance, si on en prélève le maasser, on s'enrichira plusieurs fois en spiritualité."

[on est obligé de donner de sa sagesse, et on n'y perdra jamais, au contraire!]

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-> Le Nétivot Shalom dit qu'on doit prendre le maasser non seulement de son argent et de ses gains, mais également de tout ce dont on jouit en ce monde, de la plus petite mesure de plaisir, on est obligé d'en offrir le dixième à Hachem, c'est-à-dire de sanctifier son plaisir et d'en élever une odeur agréable à D.

[donner le maasser est similaire au fait de compter son troupeau d'animaux, et à chaque dizaine, nous mettons l'animal de côté pour Hachem. En agissant ainsi, on se rend compte d'à quel point D. nous comble du meilleur, ne reprenant que le 10e (nous laissant donc 90%! Quelle super affaire!!).
De même, dans la vie nous devons convertir une partie de nos satisfactions, en joie envers Hachem, le remerciant d'autant nous combler. En effet, D. n'a besoin de rien, et notre gratitude (merci! J'apprécie ce que tu me fais!) est un magnifique cadeau (notre maasser) que nous pouvons lui retourner!]

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-> "Tout ce que Tu me donneras, je le dîmerai (j'en donnerai la dîme) pour Toi"
La Torah vient nous enseigner que le véritable gain et la vraie possession d'un homme ce n'est pas l'argent qu'il a entre les mains, mais c'est l'argent qu'il a donné à la tsédaka.
De la sorte : "Tout ce que Tu me donneras" = tout ce qui sera vraiment à moi, c'est que ce que "je dîmerai pour Toi".
Tous les autres biens et tout l'argent que je n'aurai pas investi à la dîme et à la charité, n'est pas vraiment moi, malgré les apparences.
[Kométs haMin'ha]

"Il dressa sa tente" (Lé'h Lé'ha 12,8)

1° / La Torah écrit : "Ohalo" (sa tente - אָהֳלֹה) avec la lettre "hé" à la fin [au lieu de ohalo avec la lettre "vav". Ce mot peut se lire : "ohala" signifiant : "sa tente à elle".]

Nous apprenons ainsi qu'à chaque déplacement, Avraham dressait en premier lieu la tente de Sarah, et seulement ensuite la sienne.
Ceci nous enseigne qu'un homme doit honorer son épouse, et lui procurer les meilleurs vêtements possibles.

Bien entendu, l'épouse ne doit pas exagérer et ne pas demander des choses qui dépassent les moyens de son mari.

[Méam Loez]

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2°/ Selon le midrach, Avraham plantait d'abord la tente de Sarah, et seulement ensuite la sienne.

Le rabbi Zalman Sorotskin fait remarquer qu'Avraham nous transmet l'enseignement suivant :

Mieux vaut "la tente de Sarah" = pour convertir les femmes, que la "tente d'Avraham" = pour convertir les hommes.

La "tente de Sarah" a la priorité sur la "tente d'Avraham", parce que nous savons que les femmes sont davantage portées vers la foi que les hommes, et celui qui commence par implanter la foi dans le cœur des femmes, pour ensuite aller vers les hommes, va du plus facile au plus difficile, ce qui est la démarche admise dans l'enseignement.
Ensuite, les femmes influencent les hommes par leur foi.

C'est aussi ce que Hachem a dit à Moché (Chémot 19,3) : "Voici comment tu parleras à la maison de Yaakov" = ce sont les femmes, "et ce que tu diras aux bnei Israël" = ce sont les hommes, au moment où il s'est agi de préparer les juifs à recevoir la Torah.

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-> "Quand un homme meurt dans la tente" ('Houkat 19,14)

Nos Sages (guémara Béra'hot 63b ; Shabbath 83b) explique que les les paroles de la Torah ne se maintiennent que chez celui qui se tue pour elles.
[au moment où l'on étudie, il faut faire le mort, dans le sens où rien d'autre n'existe pour venir nous déconcentrer]

La tente fait allusion au fait que de même qu'elle ne comporte pas de porte ni de clef, et qu'elle est ouverte à quiconque veut y entrer, ainsi la Torah est placée dans un coin et quiconque veut l'étudier peut venir le faire (cf. guémara Kidouchin 66a)

Le mot : "Ohél" (tente - אוהל) a une valeur numérique de 42, ce qui correspond à "tu parleras d'eux" (bam)", où le mot "bam" (בם) a aussi une guématria de 42.

Les lettres dé : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית – Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי – michna Béra’hot).

[il faut se considérer comme de passage dans ce monde éphémère (à l'image d'une tente), et se consacrer de toutes ses capacités à la Torah, qui est l'essentiel, puisque chaque lettre que nous y étudierons nous accompagnera et nous servira d'habitat pour l'éternité.]

La bataille pour libérer Loth

+ La bataille pour libérer Loth :

-> Og, le roi de Bachan fit une bonne action en prévenant Avraham que son neveu Loth avait été capturé.
Og fut récompensé en ce monde en vivant longtemps, puisqu'il connut le Déluge [en l'an 1656 de la Création], et également la sortie des juifs d'Egypte (environ 800 ans plus tard!).
Cependant, son intention était mauvaise, puisqu'il désirait la mort d'Avraham [dans la guerre contre les 4 rois pour libérer Loth], c'est pourquoi les descendants d'Avraham le tuèrent (cf.Dévarim 1,4).

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-> Avraham résidait à 'Hébron, tandis que les 4 rois se trouvaient dans ce qui est aujourd'hui la Syrie ...

Hachem accorda des pouvoirs prodigieux à Avraham.
1°/ Les 10 jours de voyage qui séparaient 'Hebron à la Syrie [où se trouvaient les 4 rois] lui furent aussi aisés à franchir que la distance séparant 2 maisons voisines.

2°/ D. donna également à Avraham une poudre spéciale lui permettant de combattre. Lui et ses hommes n'eurent ni besoin d'épées, ni de toute autre arme pour se battre.

Ils prirent une petite quantité de cette poudre, la mélangèrent avec de la paille et la lancèrent sur leurs adversaires.
La poudre était plus efficace que des glaives, et les gerbes de pailles, telles des flèches fauchaient l'ennemi ...
Inversement, les flèches et les javelots tirés par ces rois contre Avraham se changeaient en poussière.

[à l'image de Na'houm Ich Gamzou qui apportant au roi un présent de grande valeur de la part des juifs, s'arrêta sur son chemin dormir dans une auberge.
L'aubergiste vida ce coffre rempli de pierres précieuses, et le remplit de sable. Par la suite, lorsque le roi ouvrit le coffre, il voulu tuer Na'houm Ich Gamzou pour cet affront de lui offrir en cadeau du simple sable.
Eliyahou haNavi se déguisa en courtisan du roi, et affirma au roi que ce sable était la poudre spéciale utilisée par Avraham contre Nimrod.
Le roi décida de l'employer contre des guerriers très puissants qu'il n'arrivait pas à vaincre depuis longtemps. Le sable détruisit toute l'armée ennemie.
Le roi libéra Na'houm et ordonna qu'on remplisse son coffre d'argent et d'or, et on l'accompagna d'une escorte royale.

L'aubergiste apprenant l'histoire de Na'houm, a ensuite amené au roi du même sable qu'il avait mis précédemment dans le coffre de Na'houm à la place des pierres précieuses.
Comme il est resté du simple sable, le roi le tua.
- récit rapporté dans la guémara Ta'anit 21a]

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=> Pourquoi cela?

1°/ Puisqu'Avraham dans son immense modestie se considérait comme de la poussière et de la cendre (Béréchit 18,27), il mérita de vaincre ses ennemis avec un peu de poussière.
Par contre Nimrod qui affichait une arrogance sans limite, vit ses armes devenir aussi inefficaces que la poussière, et il fut détruit.

-> Les juifs sont comparés à la poussière/sable.
On apprend des armes de Nimrod se transformant en poussière/sable, que nous devons être humbles comme la poussière de la terre.
En effet :
- Hachem a dit à Israël : "Je vous aime, car même lorsque Je vous accorde de la grandeur, vous minimisez votre valeur devant Moi". (guémara ‘Houlin 89a) ;
- Le roi David nous enseigne : "[Hachem] glorifie les humbles" (Téhilim 149,4 – yéfaér anavim)

=> On observe que lorsque nous nous considérons comme petit, à la hauteur de la poussière (par rapport à la grandeur de D.), c'est alors que nous sommes en réalité aux yeux de Hachem comme des personnes redoutables!
A l'inverse, ceux qui pensent qu'ils sont très forts par eux même, dotés des armes les plus puissantes du moment, en réalité aux yeux de D., ils ne sont rien d'autres que de la poussière.

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2°/ Les réchaïm transforment l'attribut de miséricorde en attribut de justice.
A l'inverse, pour les tsadikim l'attribut de justice devient l'attribut de miséricorde.
Ainsi, lorsque les cieux leur envoient des épreuves, elles se transforment en bien, chacun étant récompensé selon ses actes.

C'est pourquoi chez Avraham, sa sainteté le protégea des flèches et des lances. Pour lui ces armes n'étaient rien de plus que du sable.
Par contre, du fait de leur impiété, Nimrod était à la merci d'Avraham, car il pouvait les tuer simplement en leur jetant un peu de poudre/sable.

[combien nous devons nous focaliser à suivre les traces d'Avraham, en faisant la volonté de D., car alors nous n'avons rien à craindre! Quelques soient les armes de nos ennemis, cela ne sera pour nous que du simple sable!

Ce qui est considéré comme de la poussière (sans importance) dans ce monde, est au-dessus/supérieur à tout, dans le monde de réalité. Et inversement!
(en effet, ce monde est rempli de mensonges apparents, diffusés par le yétser ara dans le cadre de l'existence d'un libre arbitre crédible!)]

[On peut également l'expliquer par le fait qu'à chaque fois qu'un homme fait une bonne action, un ange est créé. Ainsi, nos véritables armes protectrices sont nos Anges protecteurs générés par nos mitsvot, et qui nous défendent en permanence.
A l'inverse, nos fautes créent des Anges Accusateurs, souhaitant nous faire mordre la poussière.
=> Lorsque j'ai réduis à la poussière mon égo pour faire la volonté de D., alors il en découle des armes redoutables (anges protecteurs).
Et inversement, lorsque j'agis en me croyant plus malin, plus fort que tout, alors il en découle des anges Accusateurs qui me font mordre la poussière! ]

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3°/ Une autre explication est que cette poudre n'eut qu'un effet purement psychologique.
Hachem provoqua la panique parmi les 4 rois et leurs armées.
C'est le pouvoir de l'imagination!

Nimrod et ses alliés virent que tout ce qu'ils faisaient contre Avraham restait sans aucun effet : leurs armes étant totalement inutiles contre lui.
C'est pourquoi lorsqu'ils le virent jeter de la poudre sur eux, ils crurent qu'il s'agissait d'une substance extrêmement toxique entraînant la mort.
La panique que D. mit dans leurs cœurs, les fit fuit et mourir.

[b'h, compilation personnelle basée sur le Méam Loez (Lé'h Lé'ha 14,14)]

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-> On ne doit pas se mettre en danger et compter sur un miracle.
C'est pourquoi l'intention première d'Avraham n'était pas de s'opposer à ces rois.
Il pensait plutôt payer une rançon pour délivrer Loth. Mais dès qu'il fut en route, il vit à ses côtés des anges qui lui insufflèrent le courage nécessaire pour livrer bataille.
[Zohar - rapporté dans le Méam Loez (Lé'h Lé'ha 14,22-24)]

La circoncision

+ La circoncision :

-> Tout homme se doit de circoncire ses fils. Le judaïsme repose tout entier sur cette mitsva fondamentale de la Torah.
[...]

La récompense relative à ce précepte est immense.
On nous enseigne que des anges prennent le sang [de la circoncision] et le conservent dans un endroit spécial.
Lorsque D. se met en colère contre son peuple, Il contemple ce sang et son courroux s'apaise.
[...]

Le midrach rapporte que Hachem promit à Avraham d'épargner du Guéhinam (purgatoire) tous ses descendants circoncis.
Avraham veille [dans le monde à venir] à ce qu'aucun de ses descendants portant le signe de l'alliance (brit mila) ne soit frappé par ce châtiment Divin.

Cependant, quand un individu donne libre cours à ses penchants, pèche et meurt sans se repentir, des anges viennent et lui remettent un prépuce.
Il est alors à nouveau incirconcis et conduit au Guéhinam.
Avraham ne lui vient pas en aide puisqu'il n'est plus circoncis.
[...]

Bien que D. créa l'homme circoncis, Il le façonna avec un prépuce qui doit être retiré.
C'est pourquoi l'homme vient au monde avec un défaut, et dès qu'il l'efface de son corps, il peut modifier les défauts de son âme.
[Grâce à la circoncision,] L'homme est libre de choisir le bien et de ne pas pécher. [Séfer ha'Hinoukh]
[...]

Les commandements (mitsvot) révèlent l'amour que D. porte à Israël.
S'il nous avait demandé de circoncire nos enfants à l'âge de 3 ans ou à 13 ans lors de leur bar mitsva, le père et le fils auraient souffert.
Mais D. promulgua ses mitsvot pour notre bien afin de nous permettre d'accéder au monde à venir.
Les dispositions Divines sont telles que la douleur est infime, et la récompense immense. [Ralbag - Tazria]
[...]

Le fait d'être Sandak (celui qui tient l'enfant pendant la circoncision) est extrêmement important ...
Sous bien des aspects, le Sandak est plus important que le Mohel.
Les genoux du Sandak sont comparés à un autel et l'acte de tenir l'enfant représente l'offrande des encens à Hachem.
[...]

Hachem envoie sa bénédiction à Israël uniquement grâce au mérite de la circoncision. (d'après le Zohar)

Dès que le père porte son fils à la circoncision, D. réunit les anges et dit : "Voyez quel peuple loyal j'ai sur la terre."
Alors le prophète Eliyahou, en 4 battements d'ailes majestueux, vient assister à la cérémonie.
C'est pourquoi, on lui prépare une chaise en son honneur, et après y avoir placé le bébé, on annonce : "Voici le trône du prophète Eliyahou, ange de l'alliance, d'heureuse mémoire" (zé akissé chél Eliyahou haNavi, mal'akh abérit za'hour latov).
Si on omet cette phrase, Eliyahou haNavi n'assiste pas à la cérémonie.

La raison de la présence d'Eliyahou haNavi à chaque circoncision repose sur le fait qu'il parla contre les juifs, et dit : "Les enfants d'Israël ont abandonner Ton alliance" (Mala'him I 19,10).
Hachem pour le punir, l'oblige depuis lors, à assister à chaque circoncision, afin qu'il constate avec qu'elle joie les juifs accomplissent ce précepte.

S'il en est ainsi, comment peut-on affirmer que le prophète Eliyahou n'y assiste pas si l'annonce appropriée n'est pas prononcée?
En réalité, Eliyahou haNavi n'est pas tenu de s'associer à chaque circoncision.
Il lui suffit d'en être le témoin et de se tenir à l'écart.
Mais quiconque désire sa présence dans sa maison, doit dire : "Voici le trône du prophète Eliyahou", et alors il vient et s'assoie sur sa chaise.

[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 17,9-14]

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+ Qui effectua la circoncision d'Avraham?

-> A l'aube du 10 Tichri 2040 (de la Création), Avraham âgé de 99 ans fut circoncis.

Il y a différents avis :
1°/ Il effectua lui-même l'opération et souffrit extrêmement du fait de son grand âge. Hachem l'assista afin que sa récompense soit double.

2°/ Selon une autre opinion, Avraham et Ichmaël furent circoncis par Chèm, le fils de Noa'h.

3°/ D'autres affirment qu'Avraham se saisit du couteau pour se circoncire, mais comme ses mains tremblaient, il renonça.
Alors Hachem se saisit du couteau et acheva l'opération.
C'est pourquoi, il est écrit : "[D.] trancha l'alliance avec lui" (Né'hémia 9,8).

[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 23,24]

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+ "En ce même jour fut circoncis Avraham, ainsi qu'Ichmaël son fils, et tous les gens de sa maison, nés chez lui ou achetés à prix d'argent, furent circoncis en même temps" (Lé'h Lé'ha 17,25-27)

-> Avraham commença par circoncire tous les hommes, puis seulement après, il le fit sur lui-même.
S'il avait fait l'inverse, il aurait été trop faible pour mener à terme cette tâche.

Ces prépuces furent laissés au soleil, se décomposèrent et dégagèrent une odeur nauséabonde.
Pour D., ces effluves étaient pareils au plus précieux des encens.
Hachem promis à Avraham : "Chaque fois que tes descendants pécheront, je me souviendrai de ces prépuces et je leurs pardonnerai".

[Avraham se trouvait à Jérusalem lorsqu'il effectua ces circoncisions,] et le grand autel fut érigé exactement à l'emplacement où furent déposés ces prépuces.

[Cet événement eut lieu un Yom Kippour.] C'est pourquoi à chaque Yom Kippour, D. contemple le sang de ces circoncisions et quand les juifs se repentent sincèrement, il pardonne leurs péchés.

[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 17,25-27]