Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Car qui est un grand peuple qui a un D. proche de lui" (Vaét'hanan 4,7)

-> Pourquoi est-il dit : "proche" (krovim - קְרֹבִים) sous une forme plurielle?

- Rabbi Yo'hanan a dit : Quand les anges du service se rassemblent devant Hachem pour dire : quand est Roch Hachana? Et quand est Yom Kippour?
Hachem leur répond : "C'est à Moi que vous le demandez? Moi et vous, allons au Tribunal terrestre!"

Il n'est pas écrit : "qui a une nation proche", mais "qui a un D. proche", Lui et toute Sa suite (d'où le pluriel) se rapprochent d'Israël.

- Rabbi Yo'hanan a enseigné : "Hachem a dit : avant que ce peuple devienne le Mien, c'étaient "les fêtes de Hachem", désormais ce sont les fêtes "que vous proclamerez".
Il ne faut pas lire : "otam" (elles, les fêtes), mais "atèm" (vous), les fêtes sont données entre les mains des juifs pour qu'ils les fixent."

[midrach Dévarim rabba]

"Dans ta détresse, quant toutes ces choses t'arriveront à la fin des jours, tu reviendras à Hachem, ton D." (Vaét'hanan 4,30)

-> Aujourd'hui, des changements qui auraient pris auparavant des centaines d'années se produisent en très peu de temps, et nous voyons que la roue du temps tourne avec une rapidité vertigineuse.
Qu'est-ce Hachem nous a fait, pourquoi les conditions ont-elles tellement changé?

Le 'Hafets 'Haïm répond :
Au ciel se sont accumulés depuis les premiers jours jusqu'à aujourd'hui des comptes innombrables.
Avant l'arrivée du machia'h, il faut régler ces comptes-là, parce que la délivrance annulera le mauvais penchant, si bien que toutes les affaires de ce monde, qui dépendent de la guerre contre le mauvais penchant, vont disparaître.

C'est pourquoi chacun doit régler ce qui lui reste à acquitter au Ciel, car les jours du machia'h sont très proches, et il est indispensable d'accélérer ce processus.

<----->

-> Le Maguid de Doubno explique cela par une parabole : Ceux qui vendent des fruits au marché ont un poids et un prix pour toutes les sortes de fruits et de légumes, mais vers le soir, quand il leur reste peu de chaque sorte et qu'ils veulent liquider ce qui reste, ils mélangent tout ensemble en un seul endroit et vendent le tout très bon marché.

Ainsi, le verset se lit : "Dans ta détresse, quant toutes ces choses t'arriveront à la fin des jours" = quand tu verras que les calamités viennent mélangées et ensemble, alors tu sauras que : "tu reviendras à Hachem, ton D.", car à la fin des jours Hachem vide pour ainsi dire tous les récipients.

[il ne faut donc pas désespérer de la situation, mais au contraire être plein d'optimisme, car l'arrivée du machia'h n'aura jamais été aussi imminente!]

"Consolez, consolez, Mon peuple, dit votre D." (Haftara de Vaét'hanan - Shabbath suivant le 9 Av)

-> Le fait que D. nous envoie des paroles de consolation et se déclare "votre D.", constitue la plus grande consolation qui soit dans notre exil.
[Maguid de Doubno]

-> Vous devez vous consoler ne fût-ce qu'en cela que vous êtes "Mon peuple".
Cette chose à elle seule comporte une très grande consolation.
[Bné Yissa'har]

[Le Zohar nous enseigne que : "La joie principale sur laquelle l’homme doit se réjouir, c’est la joie d’être un juif."
De plus, selon le Zohar, si nous avions conscience d’à quel point Hachem aime chaque juif (indépendamment de son comportement), nous rugirions comme des lions bondissant sur chaque opportunité de pouvoir faire Sa volonté.]

<--->

-> Le Sfat Emet explique que la consolation ne peut provenir que de la prise de conscience qu'Hachem est "votre D.", à savoir qu'Il dirige les événements du monde, y compris les épreuves et les exils.
Néanmoins, le prophète répète 2 fois l'injonction "consolez", car outre cette consolation que tout provient de Hachem, il en existe une autre : celle de savoir que tout est pour le bien.

-> "Le Monde à venir n’est pas comme celui-ci.
Ici-bas, nous disons pour une bonne nouvelle : "Béni est le Bon, qui fait le bien!" (Barou’h atov véamétiv), et pour une mauvaise : "Béni est le Juge de vérité!" (Barou’h dayan aémet).
Tandis que dans le Monde à venir, nous ne dirons plus que : "Béni est le bon, qui fait le bien!""
[Rabbi A'ha bar 'Hanina - guémara Pessa’him 50a]

[On peut éventuellement commenter que : Consolez = lorsque Hachem lève le voile, et que l'on se rend compte que cette obscurité n'était que pour le bien ; consolez = on ne comprend pas la raison de cette difficulté dans notre vie, mais : "Béni est le Juge de vérité!"]

=> Lorsque nous comprenons que même dans cet exil, notre sort (dans ses moindres détails) est placé entre les mains d'Hachem ("tout ce qu'Il fait est pour le bien") et qu'Il ne nos abandonnera jamais, alors cela console sur le plan collectif et individuel.

<-------------->

-> Selon le Abarbanel, le double emploi de : "consolez" (na'hamou) fait allusion aux 2 Temples.

-> Le 'Héchèv Sofer (rav Avraham Binyamin Sofer) affirme que c'est davantage que cela.
Le 1er "na'hamou" est destiné à nous réconforter en ce qui concerne les tragédies qui ont eu lieu au cours de la destruction du Temple.
Le 2e "na'hamou" est une consolation pour toutes les futures tragédies des juifs, qui vont suivre cet événement, et ce à chaque génération.

-> "Fauté, Jérusalem a fauté (‘hété ‘hétéa), aussi est-elle devenue impure" (Eikha 1,8)
-> "Consolez, consolez, Mon peuple" (na'hamou, na'hamou, ami)
=> A l'image de nos fautes amenant la destruction du Temple ("fauté, a fauté"), nous avons une double expression de réconfort ("consolez, consolez"), qui nous assure que même lorsque les choses deviennent difficiles et pratiquement insupportables, Hachem n'abandonnera jamais Sa nation, et ce quelque soit les fautes que nous puissions commettre.

==> Hachem nous garantie : Soyez réconfortés par la conscience que je vous aimerai toujours, car vous êtes Ma nation bien-aimée et choisie.

<--->

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz enseigne que le 9 Av est un moment où le peuple juif rencontre Son Père bien-aimé et ils discutent de la triste situation (nous sommes en exil, toute la magnificence de la Présence Divine est cachée, ...).

Nous avons besoin de comprendre comment nous avons pu en arriver là, et nous devons admettre que tous les soucis proviennent de notre comportement.
[en ce sens, l'essentiel n'est pas de crier à Hachem envoie nous le Temple, mais plutôt nous devons Lui crier nos engagements à s'améliorer dans notre vie, et en particulier avec autrui!]
Bien que cette rencontre soit douloureuse pour tout le monde, c'est une énorme opportunité pour améliorer notre situation, et se retrouver tous ensemble réunis dans le Temple, très bientôt b'h. Amen!

[ - "fauté, a fauté" = par amour, D. nous punit. Nous nous retrouvons ensemble pour constater les dégâts de notre comportement, et se rendre de ce qui ne va pas, de ce que nous devons améliorer.
- "Consolez, consolez, Mon peuple" = à la fin Hachem, nous prend dans "Ses bras" et nous rappelle qu'Il a pour nous un amour infini, et ce quelques soient les fautes que nous puissions commettre. ]

<---->

-> b'h, Autre divré Torah concernant ce verset : https://todahm.com/2019/10/03/10901

"Dans Sa droite [de Hachem], une Torah de feu, pour eux [les juifs]" (Vézot haBéra’ha 33,2)
[en hébreu : מִימִינוֹ אש דת לָמוֹ]

-> Le 'Hatam Sofer explique que les mots : "dat lamo" ("une Torah ... pour eux" - דָּת לָמוֹ) sont formés des mêmes lettres que : "Talmud" (תלמוד), tandis que : "dans Sa droite ... de feu" (miméno éch - מִימִינוֹ אֵשׁ), signifie que lorsque le juif étudie la sainte Torah, le Char sacré l'entoure.
En effet, il est écrit dans le Séfer ha’Haïm (du frère du Maharal de Prague) : "Les lettres du terme : guémara (גמרא), renvoient à : Gavriel, Michaël, Raphaël et Ouriel.
Lorsque nous étudions la guémara, ces anges nous entourent et nous observent : Gavriel (גבריאל) à gauche ; Michaël (מיכאל) à droite ; Raphaël (רפאל) à l’arrière ; et Ouriel (אוריאל) devant nous." [et au-dessus de notre tête la Présence Divine]

Le 'Hatam Sofer enseigne également que dans la Torah Orale :
- la guémara se termine par la lettre "tav" (hala'hot), et commence par la lettre "tav" (tana) ;
- les michnaïyot se terminent par le mot "Shalom", qui se finit par la lettre "mém", et commencent par la lettre "mém (méémataï).

=> Les lettres : "tav - tav - mém - mém", forment : "תתמם" (tétamém) = rendent intègre, ce qu'on mérite par l'étude de la michna et de la guémara, ainsi qu'il est écrit : "Sois intègre envers Hachem ton D;" (tamim tiyé im Hachem Eloké'ha).

<--->

[l'Admour d'Erloï (descendant du 'Hatam Sofer) ajoute que le Talmud commence et se termine par la lettre "tav", renvoyant à la "téfila" (prière) et à la "téchouva".
En effet, pour réussir dans la Torah, il est indispensable de demander sans cesse à Hachem de nous éclairer nos yeux par la Torah, qu'on puisse s'attacher à Lui, L'aimer et Le craindre.]

<------------------------->

-> La "droite" (yémine) de Hachem symbolise la miséricorde Divine, et le feu (éch) symmbolise l'Attribut de justice Divine rigoureuse.
Le monde fonctionne suivant ces 2 principes qui guident à l'âme sa conduite sur terre.
[Zohar]

<------------------------->

+ "Dans Sa droite [de Hachem], une Torah de feu, pour eux [les juifs]"

-> Les lettres des mots : דת למו (dat lamo = une religion pour eux) sont les mêmes que celles de : תלמוד (Talmud).

Le Méam Loez commente :
Cela nous enseigne que dans le Talmud, les divergences d'opinion sont sacrées et proviennent d'une intention pure.
Le "feu des divergences d'opinions" est un feu sacré.
[...]
Nos Sages commentent : "La Torah est semblable au feu. Si l'on s'en approche trop, on se brûle et si on s'en éloigne, on se refroidit".
Il ne faut pas s'écarter de la Torah qui est notre vie, ni trop s'en approcher pour sonder ses secrets.

<----------------------------------------->

+ Il est enseigné au nom de rabbi Méïr : "Pourquoi est-ce aux Bné Israël que la Torah a été donnée?" C'est parce qu'ils sont impétueux/fougueux (azin).
De même, dans la maison d'étude de rabbi Ichmaël, on explique ainsi le verset : "A sa droite, une Loi de feu pour eux" (Vézot haBéra’ha 33,2) : Hachem dit : "Il convient qu'une Torah de feu soit donnée aux Bné Israël".
Selon d'autres sages, leur comportement est comparable au feu : si la Torah n'avait pas été donnée à Israël, aucune nation ni aucune créature n'aurait pu leur résister (tant ils sont fougueux).
C'est également l'opinion de Rech Lakich qui dit : 3 être sont particulièrement impétueux (et audacieux) : le peuple d'Israël parmi les nations, le chien parmi les animaux et le coq parmi les oiseaux.
Certains ajoutent la chèvre (qui se dit : éz, dérivant du mot : az) parmi le bétail et d'autre ajoutent le câprier parmi les arbres.
[guémara Beitsa 25b]

-> Un homme fougueux (az) n'est pas prêt dans sa nature à se soumettre à qui que ce soit.
L'étude approfondie de la Torah a le pouvoir d'affaiblir les forces et l'impétuosité des Bné Israël à un tel tempérament, et ainsi de soumettre leur cœur à la pratique des mitsvot.
[Rachi]

-> La guémara (Sanhédrin 26b) dit : "Parce que la Torah affaiblit les forces de l'homme qui se consacre à son étude et à l'acquisition de la Sagesse Divine."
[de même dès que Rech Lakich a pris sur lui l'engagement de se conformer à la Torah, avant même la mise en pratique de cette décision, il a perdu ses forces prodigieuses, selon le principe que l'étude de la Torah affaiblit.]
Le Toldot explique que les juifs devaient prendre sur eux de force de respecter la Torah, afin de s'affaiblir au niveau de leur impétuosité, et de pouvoir ainsi soumettre leur cœur aux mitsvot.

-> "Sois impétueux (az) comme léopard ... afin de faire la volonté de ton Père Céleste" (Pirké Avot 5,20)
Le Pné Yéhochoua enseigne que les autres nations, moins impétueuses (que les juifs), auraient abandonné tôt ou tard devant la difficulté [que demande une étude de la Torah en profondeur => faut une fougue à toute épreuve!] ; et c'est pourquoi Hachem ne les a pas contraintes après leur refus d'accepter la Torah.

<--->

-> Les juifs se distinguent par 3 qualités : ils sont miséricordieux (ra'hamim), bienfaiteurs (gomlé 'hassadim) et humbles/timides (baïchanim).
[guémara Yébamot 79a]

=> Comment la guémara (Beitsa 25b) peut-elle affirmer que les juifs "sont impétueux/fougueux" (azin)? Cela semble contradictoire?

-> Le Maharal (Nétivot Olam - Haboucha chap.1) enseigne :
Malgré la puissance du feu (éch) qui brûle et se propage, ce feu "se plie" devant l'eau dont il reconnaît la supériorité par son pouvoir de l'affaiblir et de l'éteindre.
De même, Israël, malgré son impétuosité et son surplus d'énergie sur terre, est prompt à reconnaître la supériorité d'Hachem et des grands Sages.
Ainsi, l'impétuosité/fougue des juifs se transforme aussitôt en honte et humilité (baïchanout) devant les Grands.

-> Le Maharcha (guémara Yébamot79a) écrit :
L'impétuosité/fougue est un tempérament naturel des juifs, mais lorsqu'ils approfondissent l'étude de la Torah, leurs forces et leur fougue s'affaiblissent. Ils sont alors prêts à soumettre leur cœur et à développer la modestie (baïchanout) qui est le trait de caractère d'un juif digne de ce nom.
Seule la Torah a le pouvoir d'opérer cette transformation.
[...]
Les juifs sont tellement attachés à Hachem qu'ils n'ont pas peur et ne reculent pas devant ceux, même plus puissants et forts physiquement, qui voudraient les détacher de leur Créateur.
Ils demeurent fermes dans leur conviction ; c'est en cela qu'ils sont impétueux. (azim).

<--->

=> Pourquoi Israël est-il digne de recevoir la Torah (Loi de feu)?

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Il convenait que la Torah soit donnée à ce peuple, issu de Yaakov (יעקב) et de ses 2 épouses : Léa (לאה) et Ra'hél (רחל), désigné Israël (ישראל), dont les lettres : ל ר י sont les initiales de : Yaakov, Ra'hél et Léa.
Il reste alors les 2 autres lettres : ש et א qui forment le mot : אש (feu - éch).
Il y a donc, dans le nom "Israël" de ce peuple, une allusion au fait que ce peuple, issu de cette source de sainteté : Yaakov, Ra'hél et Léa, mérite cette Torah (Loi de feu).

"Voici les paroles que Moché adressa à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch interprète ce verset allusivement.
"Voici les paroles que Moché adressa" = Moché n'a jamais tenu de paroles vaines, et tous ses propos concernaient uniquement la Torah et étaient empreints de sainteté, en accord avec l'affirmation de nos Sages (guémara Yoma 19b) selon laquelle : "Quiconque entretient une conversation profane transgresse une mitsva positive, comme il est écrit : "Et tu en parles" (védibarta bam) = tu parleras [de Torah] et non pas de paroles vaines, inutiles (dévarim bétélim).

-> Le Tiférét Chlomo s'étonne : Moché était âgé de 80 ans avant le don de la Torah, et selon l'enseignement de nos Maîtres, il était roi en Ethiopie (après avoir fui l'Egypte).
=> Comment dire qu'il a tenu durant toute sa vie des propos de Torah, et qu'il n'a jamais discuté d'autre chose?

En réalité, lorsque nous tendons et aspirons à servir D., même le reste de nos préoccupations concernant nos besoins matériels entrent dans le cadre de la "Torah".
=> Si nous sommes animés uniquement par le désir d'accomplir la volonté de D., tous nos gestes quotidiens (même le plus banal!) entrent alors dans une catégorie des paroles de la Torah.

"Ce qui sera trop difficile pour vous, approchez-le de moi et je l'écouterai" (Dévarim 1,17)

-> Le 'Hatam Sofer dit que dans ce passage se cache une allusion aux paroles de la guémara (Taanit 7a) : "J'ai appris beaucoup de mes maîtres, de mes collègues plus que de mes maîtres, et de mes élèves plus que tous".
Rachi explique : "De mes élèves plus que tous" = parce que les élèves soulèvent des objections et posent des questions.

Au début, la vérité est cachée même aux yeux du maître, mais quand il donne des explications à l'élève, celui-ci trouve matière à interroger et objecter, et par ce processus le maître se rapproche de la vérité, qui lui était cachée auparavant.

C'est ce que dit le verset : "ce qui sera trop difficile pour vous", au moyen des difficultés que vous objecterez, "approchez-le de moi", la chose se rapprochera de moi, "et je l'écouterai" dans ma tête pour le comprendre parfaitement.

<------------------>

+ "Ce qui sera trop difficile pour vous, approchez-le de moi et je l'écouterai" (Dévarim 1,17)

-> A ce sujet, le Ramban donne l'explication suivante :
Voici le principe en ce qui concerne toute chose dont on ne sait pas si elle est permise et convenable ou non : nous pourrons l'analyser en nous éloignant du plaisir que cette chose procure. Alors, nous envisagerons le sujet de manière juste et saurons si telle est la volonté de D.

C'est la signification du verset :
- "Ce qui sera trop difficile pour vous" = une chose dont vous ignorez si elle est autorisée,
- "approchez-le de moi" = afin que toutes vos actions et vos considérations soient uniquement pour le Nom Divin.

"Il y a 11 journées depuis le 'Horév" (Dévarim 1,2)

La majorité des commentateurs sont d'avis que le mont 'Horév est un autre nom pour le mont Sinaï.

-> Le Kli Yakar trouve une allusion dans ces 11 jours : ils sont à mettre en parallèle avec les 11 jours de l'année où nous prenons le deuil pour la destruction du Temple.
Il s'agit des 9 jours du mois de Av, du 17 Tamouz, et du 10 Tévét.

[sans le Temple, nous ne pouvons pas accomplir la totalité des mitsvot de la Torah. Ainsi, ces 11 jours de destruction du Temple, symbolisent notre éloignement avec la Torah entière comme reçue au mont Sinaï.]

"Voici les paroles (élé aDévarim) adressées par Moché à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Le Sfat Emet disait : le livre de Dévarim est comme les "téfilin chél yad" (téfilin du bras), dont toutes les parachiot sont rassemblées dans un seul boitier, alors que les 4 autres livres de la Torah sont comme les "téfilin chél roch" (téfilin de la tête), où les 4 parachiot sont disposées dans 4 boîtiers.

Le 5e livre de la Torah s'appelle : "Dévarim" (paroles), parce qu'en son début et à sa fin on trouve beaucoup de paroles de remontrance, dont le but est de rapprocher et d'attacher les cœurs des juifs à la Torah, comme les téfilin du bras, avec lesquels nous accomplissons : "vous les attacherez" en face du cœur.

"Voici les paroles que Moché a adressé à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Rachi (v.1,1) : "Etant donné que ce qui va suivre est constitué par des remontrances, et que le texte énumère ici tous les lieux où ils ont irrité Hachem, il les dissimule et ne les cite que par allusions, afin de ménager l'honneur d’Israël."

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berdichev enseigne que devant le peuple juif ("à tout Israël"), Moché a fait des remontrances de façon allusive et en toute intimité.
Cependant, lorsqu'il parlait avec Hachem, Moché ne mentionnait pas les fautes du peuple.
Au contraire, il faisait des éloges et parlait beaucoup de leurs traits de caractère élevés, afin de susciter la miséricorde de D. sur Sa nation.

-> Ainsi, Moché nous apprend que la meilleure façon de faire des remontrances consiste en des allusions, amenées avec respect et en lui préservant son honneur.
A ce moment-là, elles peuvent avoir une influence sur la personne à qui l'on s'adresse.

Le mot "remontrances" (tokhé'ha) provient de la racine : "tokh" (intérieur), car son rôle est de faire pénétrer les paroles à l'intérieur du cœur de l'homme.
[l'essentiel n'est pas : "c'est bon j'ai fait ma part en le lui disant", mais plutôt l'essentiel est de faire le maximum pour que cela ait des chances de pénétrer en cette personne!]

Le Gaon de Vilna (michlé 9,8) compare la remontrance à un miroir, qui reflète le visage de l'homme et au moyen duquel il peut distinguer toutes les tâches et tous les soupçons de saleté présents sur son visage, et ainsi s'en débarrasser.
[on doit mettre la personne à l'aise, afin qu'elle soit dans de telles conditions qu'elle n'aura pas honte à se voir imparfaite dans le miroir. Le but est qu'elle soit encore plus magnifique, et non pas de lui causer publiquement de la honte!]

La remontrance est si importante que nos Sages l'ont comptée parmi les 48 qualités par lesquels on acquiert la Torah ("Celui qui aime les remontrances" - Pirké Avot 6,6).
Malgré son niveau incroyablement élevé, le Gaon de Vilna n'a pas hésité à demander et 0 payer son ami le Maguid de Doubno, pour qu'il lui fasse des réprimandes, lui adressant constamment des critiques sur ce qu'il devait corriger.
C'est uniquement ainsi qu'un homme peut se construire spirituellement, et ajouter de la perfection à sa perfection.
En effet, comme l'homme ne se voit à lui-même aucune imperfection, il a besoin d'entendre les paroles de critique d'autres personnes, qui seules peuvent distinguer ses défauts (que l'on peut même en venir à considérer comme des qualités!).

-> La guémara (Shabbath 119) affirme qu'une des raisons qui a provoqué la destruction du Temple, est que les gens ne se réprimandaient pas mutuellement.
On a l'habitude de lire la paracha Dévarim juste avant le 9 Av, pour nous apprendre qu'on peut construire Jérusalem par la mitsva de la remontrance, qui doit se manifester avec la plus grande douceur et gentillesse.

<--->

-> "Ne réprimande pas le railleur, car il te haïrait ; fais des remontrances au sage, et il t'en aimera davantage" (Michlé 9,8)

Le Chla haKadoch (sur le verset v.1,13 : "des hommes distingués, sages, doués de discernement") rapporte que le roi Chlomo veut dire : "Ne réprimandez pas une personne en se référant à lui comme à un railleur ; mais plutôt, réprimande-le d'une telle façon qu'il puisse penser qu'on le considère comme une personne intelligente, sage, et que c'est indigne de son haut rang d'agir ainsi.
De cette façon, il va t'aimer et accepter tes mots.

=> Faire de l'autre une personne importante, c'est l'encourager à agir en adéquation avec cela.

-> Par exemple, le rabbi Avraham Twerski rapporte que trop souvent les parents crient sur leurs enfants : "Tu n'es qu'un bon à rien! Comment peux-tu être aussi bête et paresseux?"

Un enfant qui va grandir en entendant de façon répétée de telles remarques, va petit à petit les absorber jusqu'à être persuadé d'être un sot et un paresseux, et va donc prendre des décisions dans sa vie qui reflète la faible image qu'il a de lui.
Il pourra même devenir totalement dépendant aux marques d'honneur, de respect, que l'environnement pourra lui témoigner, pour dépasser ce manque d'estime de soi.
[il vit alors pour le regard des autres, et plus pour lui-même!]

A l'opposé de cela, le père de rabbi Twerski lui disait : "Ce que tu as fais n'est pas approprié pour quelqu'un d'aussi formidable et extraordinaire que toi."
Le message était : qu'il est un enfant incroyable avec un énorme potentiel, qui doit juste se concentrer à utiliser son énergie comme il le faut.

<--->

-> Un jour le rav Eliyahou Lopian a dit à l'un de ses élèves qui arrivaient souvent en retard à la prière :
"Cela me fait tellement de peine de voir ton manque d'enthousiasme envers la prière. Si seulement tu pouvais savoir combien je t'aime et à quel point je m'inquiète pour toi, alors je t'aurai puni.
Mais je vois que tu es inconscients de mon amour et de ma préoccupation pour toi, donc je ne me sens pas à l'aise de te punir".

<--->

-> b'h, Nous allons voir un développement du rabbi Yérou'ham Lébovitch ('Hokkhma ouMoussar).

A de nombreuses reprises, Moché a réprimandé le peuple d'Israël, mais à chaque fois il a terminé ses propos par une bénédiction.
En effet, celui qui rappelle aux gens leurs fautes ne doit pas les désespérer en les accablant et en les enfermant dans leurs péchés.

L’objectif de la réprimande est de les aider à se corriger et à se repentir. Il faut que tout le reproche soit orienté dans l'esprit de s'améliorer, mais jamais de ne montrer que le mal et la faute.
Il est fondamental d’ouvrir la porte au repentir.
L’issu doit être positive et lumineuse.

[par la téchouva tu peux effacer tout le "mal", et vu que tu es quelqu'un d'exceptionnel, il ne restera alors que de l'exceptionnel.]

<--->

-> Il est écrit : "Réprimande ton prochain et ne fais pas porter la faute sur lui" (Kédochim 19,17).
=> Que signifie : "Ne fais pas porter la faute sur lui"?

Comme on vient de le voir, toute la réprimande doit être dirigée vers le repentir et l’amélioration du fauteur.
Le but est qu’il finisse par prendre le dessus sur sa faute et s’en dégager.

[il est quelqu'un d'exceptionnel, c'est uniquement sa faute qui est détestable, qui fait tâche, et il doit s'en s'en débarrasser, faire téchouva.]

Jamais une réprimande ne doit accabler et désespérer une personne.
Certes, tu dois réprimander ton prochain, mais surtout : "ne fais pas porter la faute sur lui", c'est-à-dire : ne lui suggère jamais que la faute est au-dessus de lui, qu’elle est trop lourde pour lui et que finalement, il ne s’en dégagera jamais.

=> Montre que c’est lui qui est au dessus de la faute, et qu’il pourra la maîtriser et s’en dégager.
C’est cela l’objectif de toute réprimande.

<-------------------->

+ "Voici les paroles que Moché a adressé à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> "Cela nous enseigne qu'ils étaient capables de supporter les réprimandes"
[midrach Yalkout Chimoni sur le v.1,1]

-> Rachi (v.1,3) : "Yaakov n'a adressé des remontrances à ses fils qu'à l'approche de sa mort. Il a dit : "Reouven, mon fils! Je vais te dire pourquoi je ne t'ai pas adressé de remontrances pendant toutes ces années : C’est pour que tu ne me quittes pas pour aller t'attacher à mon frère Essav". "

=> Nous devons beaucoup nous inspirer de ce Rachi.
Avec nos proches, et en particulier nos enfants, nous avons certes un devoir de réprimander ce qui ne va pas, mais nous devons savoir nous tempérer et ne pas être trop dur.
En effet, parfois pour se soulager la conscience nous "vidons notre sac" (c'est bon, je le lui ai dis, je ne peux pas faire plus!).
Mais cependant, si nous voulons réellement le bien de l'autre, ce n'est pas toujours la meilleure stratégie à adopter.

Le silence peut être plus bénéfique que la parole.
Beaucoup d'amour, beaucoup de valorisation de l'enfant, font beaucoup plus dans notre génération qu'une multitude de réprimandes.

-> Un midrach rapproche le terme "Dévarim" (les paroles de réprimande), du terme "dévorim" (דבורים), signifiant : "des abeilles".
=> Nous devons faire en sorte que la piqûre inévitable dans une réprimande soit la moins douloureuse possible (on pique là où ça fait mal chez l'autre, sur son mauvais comportement).

Nous devons également nous assurer que de notre démarche, il n'en ressorte que du miel, et pas de l'aigreur (voir pire).

<--->

-> "Que Hachem, le D. de vos pères, vous ajoute comme vous un millier de fois" (Dévarim)

-> Le rav Leibele Eiger de Lublin (petit-fils de rabbi Akiva Eiger) explique ce verset : Quand Moché a vu que le cœur des juifs se brisait à cause de ses remontrances, il a eu peur qu'ils tombent dans la tristesse, c'est pourquoi il leur a immédiatement dit : "Que Hachem vous ajoute comme vous un millier de fois", c'est-à-dire bien que je vous ai réprimandés, je voudrais qu'il y en ait beaucoup comme vous, des juifs droits, pendant toutes les générations ..."

<----------------------->

-> Au sujet de la réprimande, b'h, voir aussi : https://todahm.com/2019/07/07/9477

"J’ai ordonné à vos juges, en ce temps là, en leur disant : "Ecoutez vos frères et jugez équitablement"." (Dévarim 1,16)

-> Le Kédouchat Lévi explique l'emploi des termes "en ce temps là" (baét ha'i), de la façon suivante :

Dans nos générations, avant la venue du machia'h, un juge doit bien écouter les arguments des plaignants pour rendre la justice.
Mais, dans les temps futurs, nos Sages enseignent que le machia'h ne jugera pas en écoutant les différents arguments, mais il jugera par l’odorat.
Il sentira la justice et la vérité.

Ainsi, c'est seulement "en ce temps là" : c’est-à-dire dans nos générations avant le machia’h, que Moché donna ordre aux juges d’écouter pour juger.
Cependant, dans le futur, le machia’h ne jugera pas en entendant, mais en sentant.

<---------------------->

+ "Ecoutez vos frères et jugez équitablement" (Dévarim 1,16)

-> De ce verset, nos Sages (guémara Sanhédrin 7b) tirent qu'un juge ne doit pas entendre le témoignage d'une des parties avant que l'autre ne soit arrivée.
Un jugement ne doit pas se faire à la hâte, et aucune préférence ne doit être accordée à l'une des partie.

-> "Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui"
[guémara Sotah 3a]

-> "La stupidité (ou la folie) de l’homme fausse (ou déforme) sa voie, et contre Hachem, son cœur s’emporte" (Michlé 19,3)

Rabbénou Yona d’expliquer :
"L’homme stupide ne réfléchit pas avant d’agir, ne surveille pas les voies qu’il emprunte, et qui peuvent l’amener à fauter.
Il n'a pas l’habitude de faire un examen de conscience de ses actions et n’examine pas ses voies, ce qui empêche tout repentir.
De plus, lorsqu’il est sanctionné, il critique Hachem pour les malheurs qui le frappent, car il pense n’avoir aucune faute à se reprocher."

=> Nous devons éviter d'agir sur un coup de tête, sur un vent de folie.
"Jugez équitablement" = Nous devons attendre que les 2 parties : le yétser ara et le yétser atov soient là, et pouvoir choisir ce qu'il convient de faire en fonction de la question : "Qu'est-ce que D. attend de moi? Qu'est-ce que je gagne, qu'est-ce que je perds en agissant de la sorte?"

Le yétser ara est là depuis notre naissance, le yétser atov arrive à nos 13 ans (bar mitsva).
De plus, le yétser ara propose des choses en apparence très intéressantes sur le moment, mais aux conséquences dramatiques pour notre futur.