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Peu importe que ce soit Moché Rabbénou qui prie ou bien nous-même, ce qui compte pour D. c’est le cœur qu’on y investit

+ Peu importe que ce soit Moché Rabbénou qui prie ou bien nous-même, ce qui compte pour D. c'est le cœur qu'on y investit :

-> Dans la paracha Vaét'hanan, Moché supplie Hachem de le laisser entrer en terre d'Israël.
Rachi note que le terme utilisé pour décrire la prière de Moshé : "vaét'hanan", est une forme de requête dans laquelle quelqu'un demande quelque chose indépendamment de ses mérites personnels.
Rachi explique que si les tsadikim ont le droit de réclamer une récompense pour leurs actions, ils choisissent néanmoins de se soumettre à Hachem avec humilité.
Moché est un exemple parfait de celui qui a appliqué cette approche dans la prière. Bien que Moshé ait pu avoir des mérites qui lui auraient permis d'entrer en terre d'Israël, il ne l'a pas demandé sur la base de ses propres mérites, mais a plutôt demandé à Hachem de le lui accorder par bonté (don gratuit - matnat 'hinam).

-> Le rabbi Mendel de Kotzk écrit qu'il est vrai que nous sommes redevables à Hachem et que nous ne pouvons pas légitimement prétendre à une récompense (que valent nos mérites par rapport aux constantes bontés que Hachem nous prodiguent).
Cependant, nous pouvons revendiquer le droit à des dons spirituels. Une personne qui a démontré qu'elle tire le meilleur parti de ses possibilités de croissance spirituelle peut prétendre à la priorité lorsque des dons spirituels sont accordés par le Ciel [pour être déversés sur le monde], car elle peut les utiliser mieux que d'autres.
Pour Moché, entrer en terre d'Israël lui aurait permis d'accomplir les mitsvot qui ne peuvent être accomplies que dans cette région. Sa demande était donc fondée. Cependant, il ne l'a demandé que comme un don gratuit et n'a pas invoqué ses mérites inégalés pour l'obtenir.

-> Moché nous enseigne que lorsqu'il s'agit d'une prière, il ne faut pas du tout se mentionner soi-même. Il faut plutôt implorer la miséricorde d'Hachem, en comprenant qu'Il ne nous doit rien.
La prière n'étant pas basée sur les mérites, la stature spirituelle n'affecte pas l'efficacité d'une prière par rapport à une autre.
Le midrach (Chémot rabba 21,4) dit explicitement qu'Hachem a écouté la prière de Moché Rabbénou comme celle de n'importe qui d'autre. Ce qui importe, c'est la sincérité avec laquelle une personne fait sa prière, et non son identité.

La guémara (Sanhedrin 44b) dit que toute personne qui s'efforce de prier, même si elle n'a pas de mérite, n'aura pas d'ennemis au Ciel.
Le rav Eliyahou Dessler explique que pour qu'une personne s'efforce de véritablement prier, elle doit vraiment sentir qu'elle implore quelque chose qu'elle ne mérite pas.
Avec cette prise de conscience, celui qui crie à la miséricorde d'Hachem élimine tous les anges poursuivants qui le menacent. Le fait de prier de cette manière le protège de toute allégation d'indignité que la Cour céleste pourrait faire, puisqu'il l'admet lui-même!

[plus notre prière exprime qu'on n'a pas de mérite personnel sur lequel se reposer, que notre aide ne peut venir que de dons/cadeaux gratuits d'Hachem, alors plus on permet aux bénédictions de nous parvenir (ex: puisqu'on aura ainsi rendu muets les anges Accusateurs au Ciel). ]

Trouver grâce auprès d’Hachem et autrui

+ Bénéficier de la faveur d'Hachem :

"Hachem était avec Yossef, Il lui attira la bienveillance et Il lui fit trouver grâce aux yeux du chef de la prison" (Vayéchev 39,21)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique qu'Hachem est la source de tous les plaisirs et de toutes les faveurs. Tout ce qui concerne Hachem est agréable et plaisant.
Si Hachem choisit de faire reposer Sa Ché'hina sur une personne, alors tout le monde appréciera la compagnie de cette personne parce qu'ils apprécient la Présence d'Hachem qui réside sur cette personne.
Il n'y a pas de don spécial de "faveur", dès que la Ché'hina d'Hachem repose sur une personne, le résultat automatique est qu'elle trouve grâce aux yeux des gens qui apprécient la Présence d'Hachem parmi eux.

-> Le 'Hafets 'Haïm affirme qu'avoir de bonnes midot est la clé de l'attachement avec Hachem.
Pour qu'une personne se connecte avec Hachem, elle doit imiter les midot d'Hachem, qui sont purement d'aider et de donner aux autres.
Les bonnes midot transforment une personne en un récipient capable d'accepter la sainteté de la Ché'hina d'Hachem. Le résultat naturel est que, béni par la présence d'Hachem, il trouvera grâce aux yeux de tous ceux qui le verront.

-> Ceci explique le v erset : "Hachem accorde sa faveur aux humbles" (Michlé 3,34).
L'humilité est la racine de tous les bonnes midot, et plus que toute autre chose, elle permet à une personne d'obtenir la faveur.
À l'inverse, une personne orgueilleuse est décrite comme une abomination pour Hachem (Michlé 16,5) et Hachem dit à propos d'une telle personne : "Elle et moi ne pouvons pas résider ensemble dans le monde" (Sotah 5a).
De plus, nos Sages disent que même la famille d'une personne orgueilleuse déteste sa présence. Il est à l'opposé d'une personne humble qui, grâce à ses bonnes midot, mérite d'être aimée de tous.

Ce concept explique également pourquoi l'étude de la Torah est une raison de gagner la faveur des autres. [voir le Gaon de Vilna sur Michlé 3,18]
En effet, l'étude de la Torah est la plus grande connexion possible avec Hachem, ce qui a pour conséquence naturelle que les autres apprécient la compagnie de cette personne en raison de la Ché'hina qui repose sur elle en vertu de son étude de la Torah.

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+ Trouver grâce aux yeux d'Hachem :

-> Bien que la Torah atteste que Noa'h était un tsadik, la guémara (Sanhédrin 108a) nous apprend qu'il était à l'origine inclus dans le décret d'anéantissement avec le reste de l'humanité dans le Déluge (Maboul). Cependant, il a été épargné parce qu'il "a trouvé grâce aux yeux d'Hachem".

-> La guémara ne mentionne pas ce qu'il a fait pour trouver grâce aux yeux d'Hachem. Cependant, le Séfer 'Harédim (66:75) révèle le secret.
La racine du mot Noa'h (נח), signifie "agréable" ou "calme". Telle était l'essence de Noa'h : il était agréable dans ses paroles et ses actions, et traitant les autres avec un degré remarquable d'amabilité et d'attention.
Le Séfer 'Harédim conclut que quelqu'un qui veut trouver grâce aux yeux d'Hachem doit faire de même.

-> Ceci est en accord avec Rabbénou Yona qui écrit (sur Michlé 3,4) que quelqu'un qui a des midot tovot trouvera grâce aux yeux d'Hachem.
L'histoire de Noa'h nous apprend qu'un tsadik peut être sauvé d'une condamnation à mort grâce à son excellence dans ses relations avec autrui (ben adam la'havéro).

-> Il faut ajouter que Rabbénou Yona et le Gaon de Vilna (sur Michlé 3,4) écrivent tous deux que la récompense pour l'accomplissement du 'hessed est de trouver grâce aux yeux d'Hachem.
Nos Sages nous parlent du 'hessed exceptionnel que Noa'h a accompli avec tous les animaux dans l'Arche pour l'année du Déluge. Il n'est pas étonnant que Noa'h, avec son comportement agréable et son 'hessed incessant, ait mérité la plus élevée des récompenses : la faveur et la grâce aux yeux d'Hachem, qui conduisent à la protection et au succès, même dans les pires moments.

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-> La prière de quelqu'un qui fait du 'hessed sera certainement et immédiatement exaucée.
Une telle personne, qui trouve grâce aux yeux d'Hachem et sur qui Hachem veut répandre toutes Ses bénédictions, a la garantie que si elle a besoin d'aide, elle peut compter sur Hachem pour lui donner rapidement tout ce qu'elle désire, en récompense du fait qu'elle est devenue un véritable baal 'hessed, marchant dans les voies d'Hachem.
['Hafets 'Haïm - Ahavat 'Hessed - pt.2, ch.6 - citant un midrach au nom de Rabbi Akiva ]

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+ Trouver grâce aux yeux d'autrui :

-> De la même manière, une personne peut trouver grâce aux yeux des autres.
Le verset de la Méguilat Esther (2,16) nous dit qu'Esther, l'héroïne de l'histoire de Pourim, a trouvé grâce aux yeux de tous ceux qu'elle a rencontrés.
Quel était son secret qui lui permettait d'être aimée de tous?

Le Méam Loez (sur Esther 2,16) explique :
"Esther aimait tous les gens comme s'ils étaient de son propre pays. Elle les aimait tellement que c'était comme si elle avait grandi dans leur maison. Même si elle était la reine, elle a agi avec une extrême humilité et leur a parlé comme si elle n'était pas la reine.
Elle s'informait du bien-être de chacun et se montrait amicale avec tous. Lorsque les gens voyaient son caractère exemplaire, elle trouvait grâce à leurs yeux".

-> Il est intéressant de noter que l'autre héros de l'histoire de Pourim, Mordé'hai, possédait également un caractère incroyablement attentionné. Le Méam Loez (sur Esther 2,16) écrit qu'il s'est élevé à la grandeur "parce qu'il aimait chaque juif et partageait leurs difficultés".
Lorsqu'Esther fut emmenée vivre dans le palais d'A'hachvéroch, Mordé'hai craignait qu'elle ne se sente seule et abandonnée. C'est pourquoi, pendant 5 années consécutives, il se rendit chaque jour au palais pour lui rendre visite, l'encourager et lui montrer qu'elle n'était pas seule.

Le dévouement de Mordé'haï au bien-être émotionnel d'Esther lui a permis de mériter d'être à l'origine du miracle de Pourim. En effet, la Méguilat Esther (10,3) se termine par les mots "Mordekhaï ... était grand parmi les juifs, recherchait le bien de son peuple et se préoccupait de toute sa postérité".
Le Gaon de Vilna explique qu'il s'agit d'une référence à la perfection dans les bonnes midot. Mordé'haï a reçu l'accolade de "grand parmi les juifs" parce qu'il a atteint la grandeur dans le midot et dans ses relations avec autrui (ben adam la'havéro).

Etre joyeux pendant Shabbath

+ Etre joyeux pendant Shabbath :

-> Le verset dit : "le jour de votre joie" (ouv'yom sim'hatkhkem - Béaaloét'ha 10,10).
Nos Sages (Sifri 19) disent que cela fait référence à Shabbath.

Nous devons être heureux chaque jour de l'année, comme il est dit : "Servez Hachem avec joie (ivdou ét Hachem bésim'ha - Téhilim 100,2), mais il est d'autant plus important d'être joyeux/heureux le jour du Shabbath, qui est : "le jour de votre joie".

[certes Shabbath a un aspect avec de nombreuses lois à respecter (faire/ne pas faire), mais il y a également un aspect aussi vital qui consiste à avoir un état d'esprit où l'on est rempli de joie.
Par exemple, on doit considérer tout notre travail de la semaine comme terminé, pour ne pas être pollué par de l'inquiétude. ]

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-> Le Midrach (Béchala'h 25) dit que lorsqu'une personne observe le Shabbath : "même si Hachem prend un décret, elle peut l'annuler".

Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Par le mérite d'observer Shabbath, les prières d'une personne sont exaucés, et elle peut annuler des décrets sévères.
C'est ce que suggère les mots : "Lorsque vous avez du oneg (plaisir) à Shabbath, Hachem répondra à vos prières et exaucera tous les désirs de votre cœur" (véit'anég al Hachem véyiten lé'ha mich'alot libé'ha - Téhilim 37,4)

-> Le Beit Aharon (sur "al pi paolo" d'un chant de Shabbath) enseigne :
Par le mérite du plaisir (oneg) et de la joie qu'on aura le Shabbath, Hachem nous accordera tout ce qu'on lui demandera.

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-> [Hachem nous dit que les malédictions viennent sur le peuple juif : ] "parce que (תַּחַת אֲשֶׁר) tu n'auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de cœur" (Ki Tavo 28,47)

Le Bné Yissa'har commente :
Le verset commence par : "ta’hat achèr" (תַּחַת אֲשֶׁר) , signifiant littéralement : sous "achèr".
Les lettres en-dessous, venant après celles du mot : "achèr" (אשר), permettent de former : "Shabbath" (שבת).
Ainsi, la Torah nous dit que la malédiction arrivera au peuple juif car ils n'ont pas servi Hachem avec joie à Shabbath.
[et à l'inverse, en étant joyeux en ce jour on s'attire de super bénédictions! ]

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-> Selon un concept kabbalistique, lorsqu'une personne accomplit une mitsva, elle peut mériter qu'un tsaddik du ciel, qui a excellé dans cette mitsva particulière au cours de sa vie, vienne vers elle et l'aide à accomplir la mitsva.

L'histoire suivante illustre ce principe :
Rabbi Shmouel Azida vint un jour trouver son maître le Arizal, qui se leva devant lui.
Rabbi 'Haïm Vital demanda au Arizal pourquoi il s'était levé devant son élève.
Le Arizal répondit : "Je ne me suis pas levé pour lui. Je me suis tenu debout par respect pour le Tana Rabbi Pin'has ben Yaïr, qui est entré avec lui. Rabbi Shmouel a fait une mitsva aujourd'hui et a mérité d'être lié à Rabbi Pin'has ben Yaïr".

Intrigué, lorsque Rabbi Shmouel Azida sortit, rabbi 'Haïm Vital sortit après lui et lui demanda quelle mitsva spéciale il avait accomplie ce jour-là pour mériter cet honneur.
Il lui répondit que tôt ce matin-là, alors qu'il se rendait à la synagogue pour cha'harit, il entendit des cris provenant d'une maison. À l'intérieur de la maison, il trouva une famille désemparée qui avait été cambriolée cette nuit-là. Les voleurs ont dérobé leur argent et leurs vêtements.
"J'ai donné mes vêtements au chef de famille pour qu'il ait quelque chose à se mettre. C'est la raison pour laquelle vous me voyez vêtu de mes vêtements de Shabbath. J'ai donné mes vêtements de semaine à cette pauvre famille".

Rabbi 'Haïm Vital retourna voir le Arizal et lui raconta ce qu'il avait entendu.
Le Arizal confirma que c'était la raison pour laquelle Rabbi Pin'has ben Yaïr était venu le voir.
Le Arizal expliqua : "Rabbi Pin'has ben Yaïr excellait dans l'aide aux pauvres. Par conséquent, lorsque Rav Shmouel a aidé cette famille pauvre, Rav Pin'has ben Yaïr est descendu du ciel pour l'aider à accomplir la mitsva de la meilleure façon possible.

Les sefarim de la Kabbale expliquent que cette connexion des âmes est au bénéfice de la personne qui accomplit la mitsva et de l'âme venant du ciel. La personne qui accomplit la mitsva bénéficie de cette connexion/attachement car elle l'aide à accomplir la mitsva de la meilleure façon possible.
Le tsadik venant du ciel en bénéficie également, car il a l'occasion d'accomplir une autre mitsva dans ce monde.
Après la mort on ne peut plus réaliser la moindre mitsva. L'endroit où l'on accomplit les mitsvot est ce monde ; c'est pourquoi les tsadikim du ciel désirent ardemment aider un juif à accomplir une mitsva.
[c'est le concept de 'hibour néchama : une âme du ciel vient se lier avec une âme d'un juif sur terre, et tous les 2 sont gagnants de cette association. ]

=> Sur la base de ces idées, le 'Hidouché haRim enseigne ce qui suit :
Hachem garde le Shabbath comme il est dit : ouvayom achévi'i Shabbath vayinafach (le 7ème jour Il s’est reposé - Ki Tissa 31,17).
Lorsqu'une personne observe une mitsva, elle peut peut recevoir un attachement avec l'âme d'un tsaddik qui est décédé et qui a excellé dans cette mitsva.
Hachem garde le Shabbath. Ainsi, lorsqu'un un juif garde le Shabbath, il peut mériter que Hachem Lui-même l'aidera à garder le Shabbath correctement!

[on a vu qu'il y a 2 aspects clés dans Shabbath : respecter la loi juive, et ainsi qu'y ressentir de la joie, du bonheur.
Ainsi, lorsque l'on s'efforce d'être joyeux pendant Shabbath, on réalise cette mitsva de la meilleure manière, et donc on peut mériter que Hachem vienne davantage s'attacher, se lier à nous, nous aidant à encore mieux accomplir le Shabbath.
Or ce jour est la "mékor habéra'ha" (source des bénédictions), et on mérite ainsi d'obtenir un maximum de bénédictions, grâce à notre joie, grâce à notre lien accru avec Hachem, grâce à notre meilleure réalisation du Shabbath.]

La grandeur du Shabbath pendant l’exil

+ La grandeur du Shabbath en exil :

-> Le verset (Bé'houkotaï 26,34) peut être traduit : "Alors, la terre sera apaisée en ce qui concerne son Shabbath pendant tous les jours où elle reste désolée".

Le Tiféret Shlomo dit que cela fait référence à la grandeur du Shabbath lorsque nous sommes en exil.

Le Tiféret Shlomo écrit :
"Il est expliqué dans les écrits du Arizal qu'à notre époque, bien que le Temple ait été détruit et que nous n'ayons pas la avoda (service) et les korbanot, néanmoins, rien ne manque le jour du Shabbath.
Shabbath nous ramène à l'époque d'Adam gaRishon avant sa faute.
C'est la signification du verset : "Vous garderez Mon Shabbath et craindrez Mon Mikdash" (Béhar 26,2) = cela nous dit que lorsque vous faites Shabbath, c'est comme si vous étiez dans le Temple reconstruit.
Le Shabbath en exil est encore plus grand [que le Shabbath à l'époque du Temple] ... L'amour est plus parfait ...
Lorsque nous acceptons le Shabbath correctement et avec joie, cela sera considéré comme si nous avions assisté à la reconstruction de Jérusalem.

Dans l'exil, les Shabbath sont plus grands que lorsque le Temple était debout.
C'est l'intention du verset (Bé'houkotaï 26,34) :
"az" (אז) = dans l'exil ;
"tirtsé aarets ét shabétotéa" = les Shabbath seront désirés ;
"kol yémé hachana" = tous les jours où nous serons dans la désolation de l'exil".

[ nous le disons dans le birkat hamazon : "il n'y aura pas d'angoisse ni de soucis le jour de notre repos [à Shabbath]. Hachem nous montrera la construction de Jérusalem [le Temple]" (chélo téé tsara véyagon vaana'ha béyom ménou'haténou, our'énou Hachem Elokénou béné'hamat tsion).
Le Tiféret Shlomo explique que cela signifie que lorsque nous célébrons Shabbath avec joie, c'est comme si nous avions vu la reconstruction du Temple, en ce jour.]

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
L'explication est que lorsque le Temple se dressait, et que tous les jours de la semaine étaient bons, nous n'appréciions pas Shabbath autant que lorsque nous sommes dans l'exil. [le Temple était dans l'espace ce que le Shabbath est dans le temps, et ainsi sans le Temple nous sommes dans l'obscurité et l'on apprécie davantage la lumière spirituelle du Shabbath. ]
De plus, aux yeux d'Hachem, la joie des Shabbath en exil est plus grande que celle des Shabbath lors qu'il y avait le Temple.

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-> Et cela s'applique tout particulièrement pendant les Shabbath des 3 semaines (du 17 tamouz au 9 av), qui sont des moments très élevés et joyeux.
Le Tiféret Shlomo (Dévarim - Shabbath 'Hazon) écrit qu'il y est fait allusion dans les mots du chant de Shabbath "lé'ha dodi" : "rav la'h chévét béémék aba'ha" (רב לך שבת בעמק הבכא - qui peut se traduire par : "Combien grand est le Shabbath dans la vallée des pleurs)

Le Tiféret Shlomo écrit :
"Les jours de la période de bein hamétsarim entre le 17 Tamouz et 9 Av, sont les 'émék aba'ha, (la Vallée des pleurs [moment où l'on se désole particulièrement sur la destruction du Temple]), et c'est alors que רב לך שבת, =que les shabbath (שבת) sont si élevés.

Les Shabbath de bein hamétsarim sont plus importants que les autres Shabbat de toute l'année.
C'est parce qu'il y a beaucoup de douleur/souffrance pendant les jours de ces semaines, de sorte que le Shabbath, il y a beaucoup plus de joie dans le ciel ...
Le souffrance des gens devrait être que la Ché'hina est en exil. Cependant, le Shabbat, la Ché'hina est heureuse, et nous devons donc l'être aussi. Et lorsque nous sommes heureux/joyeux le Shabbath, cela provoque une joie encore plus grande pour Hachem".
[d'une certaine façon, pendant ces semaines on rendre dans les détails d'à quel point c'est triste d'être en exil, de ne plus avoir le Temple, d'avoir Hachem qui souffre de nos souffrances d'être sans domicile fixe, ... et alors forcément vu que cela ne s'applique plus à Shabbath alors on est encore plus heureux que de normal, l'appréciant davantage la réalité de ce jour. Et de même que Hachem est avec nous dans la souffrance, Il est avec nous dans notre réjouissance à Son sujet. ]

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-> Le point culminant de Shabbath se situe dans l'après-midi, à l'heure de la 3e séouda.
En effet, l'après-midi est généralement un moment de din (jugement sévère), et le Shabbath transforme ce moment en ra'hamim (miséricorde).
Chaque fois que le din se transforme en ra'hamim, il s'agit d'un moment exceptionnel.
[rav Elimélé'h Biderman]

-> Rabbi Bounim de Pschisha enseigne que pendant les 3 semaines, les 24 heures de la journée sont un moment de din, et le Shabbath transforme le din en rachamim.
[en temp normal, c'est dans l'après-midi qu'il a beaucoup de din et de rigueur, et le Shabbath transforme le din en ra'hamim. ]
C'est pourquoi, pendant les 3 semaines, tout le Shabbath est un moment spécial et sacré, semblable au temps de la 3e séouda de Shabbath.
[en cette période il y a davantage de din sur le peuple juif, et donc à Shabbath cela se transforme en davantage de miséricorde d'Hachem, et c'est donc des Shabbath particulièrement élevés pour nous!
Dans la rigueur, papa Hachem cache de grandes miséricordes (les forces du mal ne s'y opposant pas car elles ont aussi reçu beaucoup de rigueur), alors tâchons d'en profiter (au point même qu'on peut provoquer plus facilement la venue du machia'h, avec la reconstruction du Temple!).]

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-> Le rabbi de Bobov conseillait d'accepter le Shabbath plus tôt à Shabbath 'Hazon, et ce afin de transformer le deuil/rigueur supplémentaire de cette période en un temps de joie plus fort que d'habitude.

"Et sachez de votre faute, qu'elle vous trouvera" (Matot 32,23)

-> Le rav Eliyahou Dessler donne une explication très forte : "Après la mort, nous nous trouverons comme au milieu de notre passé."

Si, lors de notre séjour dans ce monde du libre arbitre et de l'action, nous sommes restés attachés à la Torah et aux mitsvot, notre être se maintiendra alors fermement lié à elles et à Celui qui nous en a fait dont [D.].
Cet état subsistera non pas comme ayant appartenu au passé révolu, mais il demeurera au présent.

Il en sera de même pour nos fautes : Nous aurons alors le sentiment de les perpétrer activement, tout en sachant le plus clairement possible ce que sont les mitsvot et les transgressions.
Il n'y a pas de châtiment plus terrible que celui-ci, et il n'existe pas de repentir plus douloureux.

Voilà ce que signifie : "Et sachez de votre faute qu'il vous trouvera."

Kora’h – la place de la bonté & la rigueur dans le monde

+++ Kora'h - la place de la bonté & la rigueur dans le monde :

+ "Il prit Kora'h, fils de Ytsar, fils de Kéhat, fils de Levi et Datan et Aviram ... Ils se rassemblèrent contre Moché et Aharon" (Kora'h 16,1-3)

-> Le Zohar (Kora'h 178b) enseigne : "Viens et constate qu'Aharon haCohen est du côté droit, et les Léviim sont du côté gauche. Kora'h voulait intervertir la droite et la gauche et c'est la raison pour laquelle il fut puni."

-> Le Amoudé Chiv'a commente :
Comme nous le savons, les Cohanim sont du côté du 'hessed qui est l'attribut de bonté et c'est la raison pour laquelle ils dépendent pour ainsi dire de la droite de Hachem, qui est l'attribut de la bonté.
Les Léviim sont du côté de la rigueur et dépendent pour ainsi dire de la gauche de Hachem, qui est l'attribut du din.

Les Sages nous ont enseigné à propos du premier verset de la Torah, qu'au commencement. le Maître de l'univers pensait créer le monde avec l'attribut de rigueur et lorsqu'Il vit que le monde ne pouvait se maintenir ainsi, Il associa l'attribut de bonté à celui de la rigueur car c'était la seule issue pour que le monde puisse se maintenir.
Ainsi, le côté de la bonté doit impérativement dominer le côté de la rigueur pour que le monde se maintienne.
Hachem dirige Sa création avec ces deux attributs (bonté et rigueur).

Kora'h voulait devenir Cohen Gadol à la place d'Aharon. Il voulait, dans l'absolu, renforcer le pouvoir des Léviim, dont la racine est celle de la rigueur, sur les Cohanim dont la racine est celle de la bonté. C'est ainsi qu'il voulut inverser la droite et la gauche amenant inéluctablement à la destruction le monde, car ce dernier ne peut se maintenir que lorsque la bonté domine la rigueur.

=> Comment comprendre que Kora'h ignorait le fait que le monde ne pouvait se maintenir si la bonté ne dominait pas la rigueur?

-> Le Imré Yossef répond à cette question en s'appuyant sur les explications du Arizal :
à l'avenir, lorsque le Machia'h viendra et annulera le mauvais penchant, l'attribut de bonté ne sera plus nécessaire dans le monde. La création incarnera la première pensée du Créateur et l'attribut de rigueur dominera l'attribut de bonté et c'est la raison pour laquelle, à l'avenir, la loi suivra l'avis de Chamaï qui tranchait la loi de façon plus rigoureuse et dont sa racine provient de la rigueur.
En effet, à partir du moment où le mauvais penchant sera annulé, l'attribut de bonté ne jouera plus aucun rôle puisque tout le monde profitera des bontés d'Hachem par l'intermédiaire du seul attribut de rigueur.

Ainsi le Imré Yossef explique qu'il s'agissait de l'erreur principale de Kora'h : il pensait qu'après la sortie d'Égypte, la réparation du monde était achevée et par conséquent, l'attribut de rigueur devait dominer l'attribut de bonté.
S'il en était ainsi, c'est Kora'h le Lévi qui provenait de la rigueur qui devait effectivement devenir Cohen Gadol, et Aharon qui provenait de la bonté devait redevenir Lévi.
Mais Kora'h se trompa puisque le temps de la réparation du monde n'était pas encore arrivé

L’épisode du rocher

+ L'épisode du rocher (selon le rabbi de Berditchev):

-> Dans la paracha 'Houkat, nous rencontrons l'épisode douloureux de Moché frappant le rocher et se voyant par la suite refuser l'entrée en terre d'Israël.
Contexte : tout au long du voyage du peuple juif dans le désert, un rocher les accompagnait dans toutes leurs pérégrinations et leur fournissait de l'eau fraîche. Comme ce rocher était là par le mérite de Myriam (d'où son appellation de : "puits de Miriam"), l'eau cessa de couler miraculeusement lorsqu'elle mourut.
Le peuple se plaignit alors à Moché qu'il mourait de soif et Hachem lui ordonna de parler au rocher pour que l'eau recommence à couler. Au lieu de cela, après avoir sévèrement réprimandé la nation, Moché prit son bâton et frappa deux fois le rocher.
Bien que cette action ait fait jaillir l'eau, Hachem était extrêmement mécontent, et à la suite de cet incident, Moché perdit le privilège d'accompagner la nation en terre d'Israël.

=> La conséquence tragique de cet événement est d'autant plus douloureuse qu'il nous est difficile de la comprendre pleinement. Pourquoi le fait que Moché ait frappé le rocher a-t-il été une catastrophe telle qu'elle l'a empêché de réaliser le rêve de sa vie, à savoir fouler le sol de la Terre promise?

Rachi enseigne que la faute de Moché a consisté à frapper le rocher au lieu de lui parler comme Hachem l'avait ordonné.
Ramban n'est pas d'accord avec cette approche. Il est d'avis que l'erreur de Moshé n'est pas d'avoir frappé le rocher, mais plutôt de s'être mis en colère contre le peuple juif, le qualifiant de "rebelle".

-> Nous allons développer l'explication de rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi).
Il explique que ces deux grandes sommités ne sont en fait pas du tout en désaccord. Au contraire, il enseigne qu'ils ne font qu'exprimer deux facettes d'une même opinion, les deux faces d'une même pièce.

Au tout début de Béréchit, Rachi affirme que le monde a été créé pour le peuple juif et pour la Torah, afin que cette nation exaltée puisse utiliser les lois et les concepts de la Torah pour servir Hachem et révéler ainsi Sa présence dans le monde physique.
Rabbi Na'hman de Breslev développe ce concept en enseignant que la force de vie spirituelle présente dans chaque particule de la création découle de ce but supérieur, le but ultime d'aider le peuple juif dans sa quête d'avodat Hachem (servir D.).
Cela signifie qu'à un niveau très profond, chaque fleur, chaque flamme et chaque particule de sable sur la plage est animée d'une énergie qui découle des mots : "bichvil Israël" ([j'existe] dans le but du peuple juif).
Ainsi, chaque cellule de la nature, l'existence même de toute chose, fait partie du monde créé pour abriter le peuple juif, afin qu'il puisse accomplir la Torah de la meilleure façon possible.
[en ce sens, s'il cesse dans le monde l'étude de la Torah l'espace d'un seul instant, alors le monde se détruit immédiatement. ]

Lorsque notre nation est à la hauteur de son objectif ultime et sert Hachem au plus haut niveau, la nature remplit son objectif ultime, qui est de nous aider dans cette quête.
Si nous sommes forts dans notre identité de "royaume de prêtres et de nation sainte" (Yitro 19,6), alors, chaque fois que nous sommes dans le besoin, la nature se plie à nos exigences et les miracles fantastiques abondent.
Nous sommes en mesure, en accomplissant notre mission, d'aider le monde et tout ce qu'il contient à accomplir également la sienne.

Il y a 2 façons de réprimander un autre juif.
1°/ par la voie qui découle du trait divin de Guévoura et qui se manifeste par une réprimande sévère avec de nombreuses paroles fortes et terribles de feu et de soufre.
2°/ il y a la réprimande qui provient du trait divin de 'Hessed, de douces paroles d'encouragement qui sont formulées dans des discours gentils et calmes qui enseignent au juif égaré son énorme importance/valeur aux yeux d'Hachem et le grand impact que chacune de ses actions a sur l'ensemble de la création.
[comment quelqu'un de si grand/élevé que toi, peut-il en arriver à faire cela?]

Le rabbi de Berditchev enseigne qu'Hachem préfère que nous réprimandions notre prochain juif en utilisant la 2e voie. Mais il ajoute ensuite une distinction étonnante entre ces deux manières de faire.
Dans ses mots :
"La différence entre ces deux manières de réprimander est que celui qui réprimande le peuple juif (kla Israël) avec gentillesse s'efforce d'élever l'âme collective du peuple juif à de grandes hauteurs.
Il parle ainsi constamment de la droiture et de l'importance inhérentes du klal Israël et de la grandeur de son pouvoir. Il est apte à servir en tant que chef du peuple d'Israël.
Cependant, celui qui réprimande avec des mots durs n'est pas inclus dans cet aspect.
Lorsque celui qui réprimande gentiment parle de l'importance considérable et de la droiture du klal Israël, toutes les créations dans le monde sont alors tenues d'accomplir la volonté de peuple juif et le font de leur propre chef, car c'est pour cette raison qu'elles ont été créées.
Cependant, lorsqu'une personne n'active pas, par son discours, l'aspect de la droiture inhérente au klal Israël, alors les créations du monde doivent être forcées à faire la volonté du peuple juif."

=> Cela signifie que le simple fait de parler de l'incroyable grandeur du peuple juif a un effet réel sur le monde physique dans son ensemble!
Lorsque la création qui nous entoure "entend" nos paroles, elle se rappelle à quel point notre nation est absolument sainte, et que à un niveau très profond, la seule aspiration de notre âme collective est de servir Hachem. Immédiatement, le but ultime du monde surgit en lui, amenant toute la nature à se lier à l'accomplissement de notre volonté et à l'assistance au klal Israël.

-> En utilisant ces idées, le rabbi de Berditchev explique l'épisode de Moché frappant le rocher d'une manière nouvelle.

Nous avons vu précédemment 2 avis sur la faute de Moché. Rachi a enseigné que l'erreur de Moché consistait à frapper le rocher plutôt que de lui parler, tandis que le Ramban a estimé que Moché n'aurait pas dû se mettre en colère et qualifier le peuple juif de "rebelles".
Selon le rabbi de Berditchev, ces deux opinions sont identiques. Ce n'est que parce que Moché a crié sur le klal Israël et les a réprimandés avec des mots durs qu'il a eu besoin de frapper le rocher.

Alors qu'en réprimandant le peuple juif avec des mots gentils d'encouragement, le monde physique se soumet à notre volonté, une réprimande sévère produit l'effet inverse.
Ainsi, lorsque toute la création, y compris le rocher, a entendu les mots de Moché : "Écoutez ici, rebelles", elle a supposé que le peuple juif n'avait pas maintenu sa sainteté et sa volonté d'avodat Hachem.
Ainsi, ne ressentant pas le besoin de se lier à la volonté du klal Israël d'avoir de l'eau à boire, le rocher devait être frappé et forcé à donner cette eau.
Nous comprenons maintenant que les paroles dures de Moché et le fait qu'il ait frappé le rocher n'étaient pas deux événements isolés, mais qu'ils étaient au contraire intimement liés, comme une cause et un effet.
En fin de compte, Rachi et le Ramban sont tous deux d'accord : la grande erreur de Moché (à son niveau) a été l'approche qu'il a utilisée dans sa réprimande. C'est cette décision qui lui a coûté l'accès à la terre bien-aimée d'érets Israël.

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-> Avant d'ouvrir la bouche, nous devons réfléchir : quels mots choisissons-nous d'utiliser? Sur quel ton seront-ils prononcés?
Il est également important de réfléchir à la manière dont nos paroles seront reçues. La personne visée par notre réprimande sortira-t-elle de cette conversation remplie d'espoir, d'encouragement et d'un esprit entièrement nouveau, ou sera-t-elle encore plus amère et pleine de ressentiment?

Si cette considération a toujours été de mise, elle est encore plus nécessaire dans notre génération actuelle, où il est rare de trouver quel que soit l'âge ou l'étape de la vie, une âme qui réagisse favorablement à des mots durs, à des menaces ou à l'expression de la frustration et de la colère. [même si c'est pour leur bien]
Lorsque nous nous déchargeons sur notre prochain juif, non seulement nous n'obtenons pas la réponse souhaitée, mais le monde naturel qui nous entoure cesse de se lier au peuple juif, ce qui rend les choses plus difficiles pour l'ensemble de notre nation.

Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan Tinyana 8) discute des deux manières différentes de faire des reproches. Il explique qu'il existe un type de personne qui, par ses paroles, fait ressortir l'odeur nauséabonde de l'âme de son ami, réveillant la puanteur de ses mauvaises actions et de ses mauvais traits de caractère.
Mais il y a aussi le genre de personne dont les paroles de reproche produisent l'effet inverse. Lorsqu'il parle, ses douces paroles d'encouragement exhalent l'odeur du gan Eden de l'intérieur de son prochain, révélant ses qualités et la sainteté qu'il porte encore dans son âme.
Comme l'enseigne ailleurs Rabbi Na'hman (Likouté Moharan 282), lorsque nous rencontrons une personne mauvaise et que nous la jugeons favorablement, en nous efforçant de trouver ses points innés de sainteté et de lumière cachés au plus profond de l'obscurité de sa vulgarité, nous pouvons aider cette personne à faire complètement téchouva.

-> Le rav Yaakov Klein enseigne :
Phrase par phrase, conversation par conversation et personne par personne, nous pouvons tous essayer de nous assurer que nous ne parlons que de la grandeur et de la sainteté de nos frères juifs, quelles que soient les grandes et nombreuses différences qui nous séparent.
Lorsque nous ferons cela, un changement se produira, non seulement dans notre attitude générale à l'égard des autres juifs, mais à une échelle beaucoup plus grande, car nos douces paroles de lumière commenceront lentement à affecter l'ensemble de la création, contribuant à la réalisation d'immenses miracles et à notre salut ultime.
Si les mots durs de Moché l'ont empêché d'accéder à la terre d'Israël, peut-être que ce seront nos mots aimables d'amour, de respect et d'encouragement qui annonceront le grand retour de toute notre nation dans la Jérusalem reconstruite, rapidement et de nos jours. Amen!

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+ En résumé :

-> Que nous fassions des reproches ou que nous discutions avec d'autres de notre prochain juif, il est extrêmement important de se concentrer uniquement sur les points forts de chaque individu et sur la sainteté inhérente à chacun des membres de notre nation, sans exception.
Lorsque nous agissons ainsi, la création dans son ensemble se soumet à notre volonté collective, ce qui donne lieu à d'incroyables miracles et au plus grand des sauvetages.

Ils dirent à Moché : "Parle-nous, toi, et nous entendrons ; et que D. ne nous parle pas de peur que nous mourrions" (Yitro 20,16)

-> Ayant vu et entendu la voix d'Hachem énonçant les 2 premiers des 10 Commandements, le peuple juif a craint et a demandé à Moché de leur transmettre lui-même le restant de la Torah.
[ex: lorsque les juifs ont entendu le premier Commandement provenant directement de la bouche d'Hachem, leur âme a quitté leur corps. Hachem les a alors ramenés à la vie avec la rosée qui sera utilisée au moment de la résurrection des morts (té'hiyat amétim) - guémara Shabbath 88b]

-> Nous pouvons dire que les juifs n'étaient pas préoccupés par la mort physique, mais plutôt par la stagnation spirituelle.
S'ils avaient reçu toute la Torah directement d'Hachem, ils auraient eu une obligation beaucoup plus grande de rester au même niveau spirituel que celui qu'ils avaient atteint au mont Sinaï.
Ils ne se sentaient pas capables de répondre à une telle attente. Si la Torah avait été donnée par l'intermédiaire de Moché (l'homme), alors même si, comme ils pouvaient s'y attendre, les générations suivantes s'affaibliraient progressivement dans leur engagement envers la Torah, leurs manquements seraient mieux tolérés.

Dans cette optique, le verset : "La Torah que nous a prescrite Moché est le patrimoine de la communauté de Yaakov" (Torah tsiva lanou Moché, moracha kéhilat Yaakov - Vézot haBéra'ha 33,4), prend une nouvelle signification.
La Torah ne peut être transmise d'une génération à l'autre que parce qu'elle a été donnée à l'origine par l'intermédiaire de Moché. Si elle était venue directement d'Hachem, ses exigences auraient été si grandes que ni nous ni nos enfants n'aurions eu la force d'y répondre.

Ainsi, lorsque les juifs disaient : "de peur que nous mourrions", ils faisaient référence à la mort spirituelle qu'entraînent une telle frustration et un tel manque de confiance.
[Sfat Emet - Shavouot 5636]

[Le Sfat Emet y explique qu'ils ont constaté d'Adam que le fait de fauter n'est pas compatible avec le fait d'être à des très hauts niveaux de sainteté, comme en témoigne son exclusion du Gan Eden.
Ainsi, nos ancêtres ont choisi de ne pas recevoir la Torah, qui est comparable à l'arbre de vie, directement d'Hachem, par crainte d'un péché potentiel. ]

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-> Une autre explication de la crainte du peuple d'entendre [les Commandements/la Torah] directement d'Hachem, réside dans leur grande humilité.
Avant que la Torah ne soit donnée, les juifs ne se rendaient pas compte de l'importance du rôle qu'ils devaient jouer pour justifier l'existence du monde, par leur acceptation de la Torah.
Cependant, lorsque Hachem a commencé à leur parler et qu'ils ont vu le lien entre les racines de leur âme et la Torah, ils ont pris conscience de leur importance vitale dans le plan d'Hachem pour le monde.
S'ils venaient à disparaître, le monde n'aurait plus de raison d'être et cesserait d'exister. (voir Rachi - Bérechit 1,31).
[Sfat Emet - Shavouot 5638]

-> Il est également possible que le peuple ait craint que sa mort massive et prématurée ne donne au monde une impression défavorable de la Torah. Si tout le peuple juif était mort immédiatement après avoir reçu la Torah, les nations auraient considéré la Torah comme un poison mortel, plutôt que comme la source de vie qu'elle est en réalité.
[Sfat Emet - Shavouot 5633]

-> Une autre possibilité est que l'inquiétude des juifs concernant le fait de mourir n'était pas liée à une mort physique, ni même à une détérioration spirituelle, comme nous l'avons suggéré plus haut.
Ils craignaient plutôt, à juste titre, que le sentiment enivrant de percevoir Hachem "face à face" n'affecte négativement leur personnalité. Nos Sages ont mis en garde contre ce danger : "celui dont la sagesse excède les [bonnes] actions, sa sagesse ne se maintient pas" (Pirké Avot 3,12).
Ainsi, les juifs craignaient également qu'une trop grande exposition à la parole d'Hachem ne les amène à un niveau de sagesse si élevé que leur caractère en souffrirait.
[Sfat Emet - Shavouot 5651]

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-> "Approche, toi-même, et écoute tout ce que dire Hachem, notre D. ; et c'est toi qui nous diras tout ce que Hachem, notre D. te dira : nous écouterons et nous ferons" (Vaét'hanan 5,24).
Au mont Sinaï, les juifs ont répondu à leur peur de mourir en demandant à Moché d'aller voir Hachem et d'accepter la Torah en leur nom

Comment comprendre les mots : "approche toi-même"? Apparemment, Moché est resté au même endroit sur la montagne, tandis que les juifs se sont tenus éloignés, à distance (Yitro 20,15).
Dans quel sens, alors, disaient-ils à Moché de "s'approcher" ?

On peut dire qu'il s'agit d'une proximité spirituelle et non d'une proximité physique.
Auparavant, Moché n'avait agi qu'en son nom propre, puisque les juifs avaient également entendu les deux premiers commandements directement de la bouche d'Hachem.
En le désignant comme leur émissaire, ils l'élèvent à un statut bien plus élevé. Un dirigeant agissant au nom de son peuple atteint un niveau que personne ne peut atteindre par son seul mérite (voir Pirké Avot 2,2).
[Sfat Emet - Shavouot 5635]

-> Le Yalkout (Yitro 301) suggère que Moché était réticent à s'approcher et que les anges ont dû l'y contraindre.
Il est possible que les juifs aient eu l'impression que tant qu'ils se tenaient debout et entendaient la voix d'Hachem avec en même temps celle de Moché, Hachem ne leur donnerait que le niveau de Torah dont ils étaient dignes et qu'ils étaient capables d'accepter.
Si Moché était seul, Hachem lui donnerait une forme de Torah beaucoup plus élevée.
Ainsi, la raison pour laquelle le peuple ne voulait pas entendre Hachem directement était que Moché pouvait s'approcher encore plus près.
["Approche, toi-même" = va prendre pour nous la Torah sous une forme la plus élevée que tu puisses! ]

Le don de la Torah

+++ Le don de la Torah (par le Sfat Emet) :

+ "Tout le peuple a vu le tonnerre [les voix] et les flammes, le son du shofar et la montagne fumante ; le peuple a vu et a tremblé et s'est tenu de loin" (Yitro 20,15)

-> Ce verset décrit le tremblement du peuple après avoir vu les voix du mont Sinaï.
Chaque mot de ce verset a une signification. Tout d'abord, la Torah souligne que le peuple tout entier a vu la voix, ce qui implique que chaque membre et chaque nerf de chaque individu a vu la lumière de la Torah. Il est bien connu que chaque membre du corps correspond à l'un des 248 commandements positifs, qui sont comparés à des étincelles émanant d'une source de lumière, la Torah.
Ainsi, à l'époque où la Torah a été donnée, chaque membre et chaque nerf du corps juif dans son ensemble a non seulement ressenti l'aura des mitsvot, mais a également été imprégné de la lumière de la Torah.

L'expression "les voix" (ét akolot), fait également allusion au même phénomène. Le mot "ét" (את) indique généralement la présence d'une dimension supplémentaire au-delà de la signification superficielle des mots. Ici aussi, nous pouvons déduire que l'expression "ét akolot" (אֶת הַקּוֹלֹת - les voix), fait allusion à la pénétration de la lumière de la Torah et des mitsvot dans chaque fibre de la personnalité juive.
[Sfat Emet - Shavouot 5640]

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-> Il est intéressant de noter que, malgré l'élément supplémentaire de l'audition, notre verset décrit cette expérience comme une expérience de la vue. Cela peut s'expliquer par le fait que, lorsque la Torah a été donnée, le peuple tout entier a atteint le même niveau de communication avec Hachem que celui dont les Patriarches avaient bénéficié, comme le dit Hachem (Vaéra 6,3) : "Je suis apparu à Avraham, à Its'hak et à Yaakov.
[Sfat Emet - Shavouot 5636]

-> Un autre objectif du miracle de la double perception (entendre, voir) peut avoir été de souligner le fait que la Torah est bien au-delà de tout un phénomène physique, y compris les sens.
Dans le cours normal de la nature, les sons sont perçus par les oreilles et la vue par les yeux ; dans le domaine de la Torah, cependant, cela peut être inversé.
[Sfat Emet - Shavouot 5631]

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-> Lorsque Hachem a commencé à prononcer les 10 Commandements. Les mots : "Je suis Hachem, ton D.", que le peuple a non seulement entendus mais aussi ressentis avec tous ses sens, pénétrant dans chaque fibre de son corps, ont laissé une marque indélébile dans la psyché juive.
... cette impression éternelle que Son nom a laissée sur le peuple dans son ensemble [ne pourra jamais être effacé].

Ainsi, l'expression "voir les sons" (ro'im ét akolot), fait référence à ce moment où un lien émotionnel inséparable a été forgé avec le Créateur, un lien qui ne permettra jamais à l'une des parties d'abandonner l'autre.
À ce moment-là, les juifs ont compris qu'Hachem était la source de leur âme, et donc de leur existence même.
La plupart du temps, la nature matérielle de notre existence obscurcit ce fait, mais ceux qui ont eu le privilège de se tenir au mont Sinaï ont pu voir que leur âme était enracinée dans Hachem.

Le 2e commandement : "Tu n'auras pas d'autres dieux en Ma présence" (lo yiyé lé'ha élokim a'hérim al panaï), n'est pas seulement une interdiction, mais aussi une promesse que rien ne mettra jamais en péril cette relation unique entre Hachem et Son peuple.
[...]

L'ambiance dramatique (éclairs, tonnerres, ...) entourant le don de la Torah était plus nécessaire au reste de l'humanité qu'aux juifs. C'est eux qui avaient besoin d'une preuve irréfutable qu'Hachem dominait le monde. Les juifs, cependant, ont une propension innée à voir la présence d'Hachem dans le monde, et une fois que D. leur a annoncé Sa volonté, ils l'ont acceptée immédiatement.

Il était normal que les juifs soient choisis pour témoigner de l'existence d'Hachem, comme le dit le prophète Yéchayahou : "vous êtes Mes témoins, dit Hachem" (atèm édaï néoum Hachem - v.43,10).
En tant que nation, nous avons une conviction innée de l'existence d'Hachem qui nous rend dignes d'en témoigner.
Une croyance qui repose sur des miracles spectaculaires peut être facilement érodée par les doutes et les épreuves ; chaque miracle a ses détracteurs. La croyance intuitive en Hachem, en revanche, ne peut jamais être réfutée.

Cette conviction innée, bien qu'elle existe en permanence, est particulièrement convaincante le Shabbath. La néchama yétéra (le "supplément d'âme" donné à tout juif à Shabbath) perçoit la Présence d'Hachem avec plus d'acuité que pendant la semaine.

Il convient de noter que la Torah dit que le peuple voit (kol a'am ro'im), au présent, plutôt qu'ils ont vu, au passé. Cela suggère que non seulement ceux qui étaient présents à ce moment-là, mais aussi toutes les générations futures ont cette capacité de "voir" une partie de la lumière du Sinaï.
En particulier, les prophètes de toutes les générations tirent leur inspiration des sources de la Torah qui ont jailli pour la première fois à ce moment spectaculaire.

L'utilisation au présent de 'voir' (ro'im), fait également allusion à la néchama (l'âme), une "partie" d'Hachem qui réside en chaque juif.
De la même manière qu'Hachem perçoit le passé et l'avenir aussi clairement que le présent, nos âmes résident à un niveau spirituel si élevé qu'elles peuvent "voir" des choses qui, normalement, ne sont qu'entendues.

Que voient donc nos âmes au quotidien?
Elles voient la même chose que ce qu'elles ont vu au mont Sinaï, les mots "ano'hi Hachem Eloké'ha" (Je suis Hachem, ton D.), aussi clairement qu'elles les ont vus la première fois.
Nous disons chaque jour dans le Shéma : "que je vous ordonne aujourd'hui" (achèr ano'hi métsavé'ha ayom), chaque jour Hachem nous ordonne de croire en Lui aussi clairement qu'Il l'a fait au mont Sinaï.
[et de cela notre âme en a clairement conscience au quotidien! ]
[Sfat Emet - Shavouot 5661 ; paracha Yitro 5661]

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-> "Tout le peuple a vu le tonnerre [les voix] et les flammes, le son du shofar et la montagne fumante ; le peuple a vu et a tremblé et s'est tenu de loin" (Yitro 20,14)

-> Pourquoi ce verset nous dit-il 2 fois que le peuple a vu ?
Peut-être que la 2e utilisation du mot "voir" indique une autre vision ; ils ont vu les générations futures qui seraient également censées accepter et observer la Torah.
Si c'est le cas, leur tremblement peut être dû à la crainte pour leurs descendants, qui devraient respecter la Torah sans avoir reçu le même esprit que celui qu'ils avaient reçu au mont Sinaï.
[Sfat Emet - Shavouot 5640]

-> Il est également possible qu'ils aient vu leur propre potentiel de croissance dans la Torah et qu'ils aient tremblé de peur de ne pas être assez forts pour réaliser leur potentiel.
Le début de notre verset fait également allusion à cette reconnaissance du potentiel : le peuple tout entier a vu les voix (kolot signifie voix et son, c'est-à-dire ici le tonnerre).
Le peuple ne s'est pas contenté de croire, il a vu la voix d'Hachem qui disait "Je suis Hachem, ton D." (ano'hi Hachem Eloké'ha) ; à ce moment-là, comme nous l'avons dit plus haut, il a pu voir et sentir les racines de son âme, c'est-à-dire son potentiel à servir Hachem.

Moché décrivit plus tard le don de la Torah par la phrase : "face à face, Hachem t'a parlé" (panim bépanim dibér Hachem ima'hem - Vaét'hnan 5,4).
Cette image (face à face) fait également allusion à la capacité de la Torah à montrer à chaque individu son potentiel. Cela repose sur l'idée que [la Torah est comme] un miroir dans lequel chaque personne se voit.
De la même manière qu'une personne regarde la Torah, la Torah lui renvoie son image. Plus une personne est disposée à exposer son moi intérieur à la Torah et à se laisser emporter par le désir de comprendre les profondeurs de la Torah, plus elle méritera de comprendre sa part unique dans la Torah, cette partie de la Torah qui parle à la racine de son âme.

Comme on le sait, nos Sages Sages ont souvent comparé la Torah à de l'eau : "les mots de la Torah sont comparés à de l'eau" (nimchélou divré Torah lamayim - guémara Taanis 7a). [de même : "l’eau ne fait référence qu’à la Torah" - guémara Avoda Zara 5b - én mayim ella Torah]
Peut-être nos Sages font référence à ces qualités de miroir de la Torah, à sa capacité à montrer à quelqu'un son véritable potentiel.
En outre, plus on s'efforce d'atteindre ses capacités en matière de Torah, plus la Torah reflète sa lumière sur ceux qui l'étudient.
[Sfat Emet - Shavouot 5639]

-> Notre verset se conclut par : "vayaamédou méra'hok" (ils se sont tenus [debout] à distance).
Dans son sens simple, ce verset suggère que le peuple s'est éloigné de la montagne, peut-être par crainte de l'obligation que sa proximité imposait sur eux ou imposera sur les générations futures.
D'un point de vue homilétique, cette phrase peut également être interprétée à la lumière du dicton de nos Sages (guémara Béra'hot 26b) : "én amida éla téfila" = le mot "debout" dans la Torah fait toujours référence à la prière.
Peut-être étaient-ils "debout" pour prier afin que leurs générations futures (évoquées dans le mot "ra'hot" - loin) soient dignes de la Torah donnée au mont Sinaï.
[Sfat Emet]

"Souviens-toi du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,8)

-> Ce verset [qui est le 4e Commandement] peut être interprété littéralement.
Lorsqu'un juif observe le Shabbath, il renforce la sainteté de ce jour très saint. En même temps, le Shabbath nourrit et renforce la sainteté inhérente à chaque juif.
Ainsi, il existe une interdépendance entre la sainteté du Shabbath et celle de la nation juive : lorsqu'ils observent le Shabbath "pour le rendre saint", ils font à leur tour fleurir l'aura de sainteté qui leur est inhérente.
[Sfat Emet - Shavouot 5637, 5638]