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"Il repassa par ses étapes" (Lé'h Lé'ha 13,3)

-> Rachi et le midrach (Béréchit rabba 41,3) explique l'intention de ce verset : "À son retour de son séjour en Égypte, Avraham remboursa les dettes qu'il avait contractées à l'aller."
[Ils expliquent également que ce verset implique qu'Avraham a séjourné dans les mêmes auberges lors de son trajet de retour que lors de son trajet initial à l'aller. Lors de son premier voyage en Egypte, Avraham n'avait pas l'argent nécessaire pour payer sa chambre et sa pension, et il devait donc verser de l'argent aux aubergistes. Cependant, après son séjour de trois mois en Égypte, Avraham possédait de grandes richesses et était donc en mesure de rembourser toutes ses dettes lors de son voyage de retour vers la terre d'Israël. Le verset est donc interprété dans le sens suivant : "il reprit le même chemin que celui qu'il avait emprunté à l'origine". ]

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Lé'h Lé'ha 13,3) enseigne :
Le sens profond de ce commentaire est le suivant : lorsqu'un tsadik traverse un lieu, il fait une impression sur ce lieu en y introduisant un niveau supplémentaire de sainteté.
Cependant, cette impression, bien que présente, n'est pas palpable au départ. Mais lorsque le tsadik revient à cet endroit une seconde fois, il fait apparaître l'impression de sainteté qu'il a produite précédemment.

C'est l'explication mystique de l'explication du midrach ci-dessus : à son retour, c'est-à-dire lorsqu'Avraham visita une seconde fois les lieux qu'il avait traversés à l'origine, il paya, c'est-à-dire qu'il révéla, "ses dettes", c'est-à-dire la sainteté dont il avait entouré ces lieux et qu'il avait ainsi attachée à eux lors de sa première visite. La deuxième fois, il l'a révélée.

"Le riche ne donnera pas plus, et le pauvre pas moins, qu'un demi-Shékel" (Ki Tissa 30,15)

-> Le Noam Elimélé'h explique que le riche en Torah et mitsvot considérera ne s'être acquitté que de la moitié de son devoir, pour ne pas tomber dans l'orgueil et toujours poursuivre ses efforts. Tandis que le pauvre en Torah et mitsvots, considérera avoir déjà accompli la moitié de son devoir, pour ne pas se décourager et pour tirer courage de continuer ses efforts.

-> Quand il était enfant, le Rabbi de Loubavitch s'amusait avec des camarades à grimper au sommet d'une planche inclinée. Alors que ses amis ne réussirent pas à atteindre le sommet de la planche et tombèrent à mi chemin ; le Rabbi, lui, réussit!
Ses camarades lui demandèrent comment il s'y était pris pour monter jusqu'en haut sans tomber. Il répondit : "Les autres enfants ont pensé à leur exploit, quand ils avaient parcouru une certaine distance sur la planche. Ils ont regardé tout ce qu'ils avaient déjà accompli, impressionnés par leur exploit, et c'est ce qui les fit tomber. Contrairement à eux, moi je regardais sans cesse vers le haut, tout ce qui me restait encore à parcourir. Je ne cessais de me dire combien je suis petit, combien il me reste encore à faire, et c'est pour cela que j'ai réussi".

La force d’une bonne résolution, d’une pensée positive

+ La force d'une bonne résolution, d'une pensée positive :

"Et plus ils les persécutaient, plus ils se multipliaient et plus ils se renforçaient" (Chémot 1,12)

-> Rachi commente : "Dans tout ce qu'ils (les égyptiens) mettaient leur coeur à les opprimer (les Hébreux), Hachem mettait Son coeur à les faire se multiplier et à être plus forts."

-> Le Chem miChmouël (Chémot - 5672) rapporte un enseignement à propos de ce verset concernant la force d’une bonne résolution :
les égyptiens eurent, en effet, à peine résolu d'opprimer les Bné Israël que cela leur fut compté comme s'ils l'avaient déjà accompli, car "chez les idolâtres, Hachem associe la (mauvaise) pensée à l'acte" (et la considère comme un acte avant même sa mise à exécution) comme l'enseigne la guémara Yérouchalmi (Péa 1,1).
C'est pourquoi, dès le début de leur conspiration, Hachem modifia les lois de la nature et conféra aux Bné Israël un nouveau corps afin qu'ils puissent donner naissance à des sextuplés, ce qui ne s'était jamais produit jusqu'alors.
C’est ce qui est écrit : "Plus ils les persécutaient et plus ils se multipliaient et plus ils se renforçaient."

A partir de là, conclut le Chem miChmouël, chacun fera, en ce qui le concerne, un raisonnement a fortiori : si pour une mauvaise pensée comme celle des Egyptiens, Hachem modifia la physiologie des juifs, à plus forte raison un juif deviendra un autre homme tant physiquement que spirituellement dès qu'il prendra une bonne résolution et qu'il décidera, ne fût-ce qu'en pensée, de s'adonner à l'étude de la Torah et de servir Hachem.

La valeur de la prière pendant nos moments difficiles de la vie

+ La valeur de la prière pendant nos moments difficiles de la vie :

"Les Bné Israël gémirent du sein de la servitude et se lamentèrent, et leur plainte monta vers D. du sein de la servitude" (Chémot 2,23)

-> Rabbénou Bé'hayé fait remarquer que le verset mentionne par 2 fois l'expression "du sein de la servitude".
Il écrit :
''Cela nous enseigne qu'il n'existe pas de prière aussi entière que celle d'un homme qui prie du sein des souffrances et des vicissitudes de l'existence, car celle-ci est bien plus accepté par Hachem, comme on trouve chez le prophète Yona (2,8) qui s'exprima en disant : "Quand mon âme, dans mon sein, allait défaillir, je me suis ressouvenu d'Hachem, et ma prière a monté vers Toi, vers ton saint Sanctuaire", en promettant ainsi que la prière prononcée du sein des souffrances et qui émane d'une âme contrite, est la prière qui mérite de pénétrer dans le saint Sanctuaire d'Hachem."

-> Le Ohr ha'haïm enseigne également à ce sujet :
"Tel est le sens du verset : "Du fond de ma détresse, j'ai invoqué Hachem ; et Il m'a répondu, Hachem, dans la largesse" (Téhilim 118,5) = car une des prières les plus acceptées est celle qui est exprimée du sein des malheurs.
C'est ainsi qu'il est dit : "Dans ma détresse j'ai invoqué Hachem" (Yona 2,3), car la prière dans laquelle un homme appelle Hachem du sein de son malheur et de tout son cœur, est celle qui monte immédiatement dans les hauteurs ...

La prière qui provient de la souffrance de l'homme n'est pas comme les autres prières qui ne montent vers Hachem et ne se présentent à Lui qu'à l'aide d'intermédiaires et des créatures ailées chargées de cette tâche (les anges), mais elle monte directement devant le Trône de Gloire sans aucun intermédiaire, et c'est ce qui est écrit : "leur plainte monta vers D. du sein de la servitude" pour suggérer que ce fut grâce au fait que leur plainte vers Hachem était du sein de la servitude qu'elle monta sur le champ devant le Maître du monde."

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-> sujet également abordé dans le divré Torah de Chémot : https://todahm.com/2018/04/21/6392-2

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-> Le 'Hafets 'Haïm disait :
''Pourquoi venez-vous à moi ... répandez votre cœur devant Hachem qui attend vos prières et ne demande qu'une chose : que vous insistiez auprès de Lui sans relâche : "Ceux qui invoquent Hachem, ne demeurez pas silencieux et ne Le laissez pas demeurer silencieux, ne vous taisez pas" (Yéchayahou 62,5-6) ...
Il n'est nul besoin de réciter des requêtes, seulement ce qui pèse sur le cœur.
Lorsqu'un enfant a soif ou faim, il ne cherche pas dans le recueil des requêtes, il pleure avec ses propres mots. Nous aussi, nous devons être comme "le nourrisson pendu au sein de sa mère" (Téhilim 131,2).
Doit-on rechercher des formules toutes faites? On déverse son cœur devant notre Père rempli de miséricorde".

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-> "Un cœur brisé et écrasé ne sera pas méprisé par Elokim" (Téhilim 51,19).

-> Le rabbi de Ruzhin dit que cela signifie que lorsqu'une personne fait la prière avec un cœur brisé, même Elokim, qui indique la midda d'Hachem de jugement strict, ne travaillera pas contre elle.
Même les anges Accusateurs seront d'accord pour affirmer que ses prières doivent être entendues.

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-> "Les Bné Israël gémirent du sein de la servitude (min aavoda) et se lamentèrent, et leur plainte monta vers Elokim du sein de la servitude (min aavoda)" (Chémot 2,23)

Le Rav Barou'h de Kossov (séfer Yessod haTorah) interprète le verset comme signifiant qu'ils ont été exaucés parce que leurs cris venaient "au sein de la servitude" (min aavoda - litt. du travail).
Puisqu'ils ont crié vers Lui avec un cœur brisé, leurs prières ont été acceptées, car Hachem ne rejette jamais un cœur brisé et abattu (Tehillim 51,19).

Ce verset utilise le mot "Elokim", comme le verset de Téhilim, qui représente l'Attribut de jugement/rigueur strict d'Hachem.
Ainsi, il est dit que même Sa midat hadin accepte un cœur brisé et accueille de telles prières.

La preuve en est donnée par la guémara (Baba Métsia 59a) qui dit que l'on doit veiller à ne pas causer de détresse à sa femme, car une femme se laisse facilement aller à la détresse et aux larmes.
Nos Sages disent également qu'étant donné qu'Essav a pleuré amèrement (Toldot 27,34) et que son cœur était brisé par la perte des bénédictions, Hachem a entendu ses prières et cela a conduit à notre long et amer exil.

Nous trouvons également le verset qui dit (Réé15,9) que si quelqu'un cause de la détresse à un pauvre homme et qu'il crie à Hachem, celui qui a causé la douleur portera une faute. Dans ce verset, le nom d'Hachem "Havaya", qui représente Sa mida de miséricorde, est utilisé pour indiquer que même le trait divin de la compassion se transformera en midat hadin et punira celui qui a brisé le cœur d'un autre juif.

"Un juif ne pleure jamais de désespoir mais toujours d'espérance"
[Nétivot Shalom]

[d'un côté nous devons trouver la possibilité de décharger notre souffrance et de répandre son coeur en un flot de larmes sur nos tourments et ceux du peuple juif, en un temps défini de prières/discussions avec papa Hachem (qui peut tout).
Mais en même temps, on se renforça sachant que les bontés d'Hachem ne se tarissent jamais, et on retrouva ainsi courage. ]

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Lorsque la fille de Pharaon descendit au fleuve afin de s'y tremper, elle y trouva un berceau qui flottait sur l'eau ; "Elle l'ouvrit, vit l'enfant, et voici que le garçon pleurait. Elle fut prise de compassion pour lui et dit : "Celui-ci est un enfant des Hébreux"." (Chémot 2, 6)

=> Pourquoi n'est-il pas écrit : "Elle vit l'enfant et dit : "Celui-ci est un enfant des Hébreux".", mais plutôt : "Elle l'ouvrit, vit l'enfant, et voici que le garçon pleurait. Elle fut prise de compassion pour lui et dit : "Celui-ci est un enfant des Hébreux".", ce qui semble suggérer un lien entre le fait qu'elle reconnut qu'il était un enfant des Hébreux et ses pleurs?

-> Rabbi Mordé'hai 'Haïm de Slonim explique qu'il existe une grande différence et une énorme distance entre les pleurs d'un goy et celui d'un juif : un goy pleure par découragement et par tristesse sur ce qui lui manque, et par désespoir sur ce qu'on lui a pris et qui ne reviendra jamais, alors qu'un juif pleure en ayant l'espoir que son Père céleste ne l'abandonnera pas.
Ce fut ce que la fille de Pharaon perçut dans les pleurs de l'enfant : l'espérance et non le désespoir, d’où le fait qu’elle s’exclama : "Celui-ci est un enfant des Hébreux."

Hachem parla ainsi à Moché : "Va, réunis les anciens d'Israël, et dis-leur : "Hachem, le D. de vos pères m'est apparu, le D. d'Avraham, Its'hak et Yaakov, en disant 'Je me suis souvenu de vous' ...'' ; et ils écouterons ta voix" (Chémot 3,16-18)

-> Rachi explique : "Ils écouteront ta voix", d'eux-mêmes, du moment que tu leur parleras ce langage (פקד פקדתי - pakod pakadti - "Je me suis souvenu"), ils écouteront ta voix, car c'est un signe qui leur a été transmis déjà depuis Yaakov et Yossef, que ce serait par ces mots qu'ils seraient délivrés.

=> Pourquoi précisément ce langage de פקד devait-il être annonciateur de la délivrance et pas un autre?
De plus, pourquoi ce mot est-il écrit dans le verset sans Vav, פקד au lieu de פקוד (bien qu'il se prononce "Pakod" comme si le Vav était écrit)?

-> Le Chla'h haKadoch (§22) explique :
La réponse est basée sur l'enseignement de la guémara (Méguila 13b) : "Hachem fait précéder toujours le mal de son remède."
Suivant ce principe, les lettres du mot פקד précèdent celles du mot צרה [tsara - le malheur] (la lettre צ précède la lettre פ dans l'alphabet, de même pour le ק et le ר), afin de suggérer que le remède précéda le mal.
En d'autres termes, le fondement de la délivrance consiste à reconnaître et à être convaincu qu'un malheur n’en est pas un, mais est une préparation à la délivrance.

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-> b'h, autres commentaires sur cette expression : pakod pakadti : https://todahm.com/2020/03/23/12855-2

"Ceci est Mon Nom pour toujours, et ceci est Ma Mention pour les générations" (Chémot 3,15)

-> Quand on accomplit toutes les mitsvot de la Torah, on unifie et on recompose le Nom d'Hachem (יהוה) dans sa totalité, qui est appelé Mon Nom et Ma Mention.
En effet, le verset dit : "Ceci est Mon Nom" (chémi - שמי) pour toujours". Le terme שמי (de valeur numérique 350) ajouté aux 2 premières lettres du Saint Nom יה de valeur numérique 15), donne la valeur numérique de 365, correspondant aux interdits de la Torah.
Et "ceci est Ma Mention" (zir'hi - זכרי) pour les générations". Le terme זכרי (de valeur numérique 237) ajouté aux 2 dernières lettres du Saint Nom וה (de valeur numérique 11), donne la valeur numérique de 248, correspondant aux commandements positifs.

Ainsi, grâce à l'accomplissement de toutes les mitsvot, on unifie le Nom Divin et on dévoile Sa Présence dans le monde.
[d'après les Tikounim]

Ne pas se décourager, toujours continuer à espérer en Hachem

+ Ne pas se décourager, toujours continuer à espérer en Hachem :

"Dan jugera son peuple ... En Ta délivrance j'ai espéré, Hachem" (Vayé'hi 49,16-18)

-> "Du fait que Yaakov vit Chimchon (qui est de la tribu de Dan), et qu'il pensa qu'il était le Machia'h, lorsqu'il le vit mourir, il s'écria : 'Quoi, lui aussi mourra ?’ En Ta délivrance j'ai espéré, Hachem!"
[midrach Béréchit rabba 98,14]

-> Le Yichma'h Israël explique :
"Car Yaakov vit par esprit prophétique ce qui allait arriver à l'avenir, et il perçut ainsi tous les malheurs, les souffrances et les tribulations qui s'abattraient sur ses enfants. Cependant, lorsqu'il vit Chimchon le valeureux, il se consola en se disant : "Voici le Machia'h, celui qui délivrera les Bné Israël de tous leurs malheurs et de toutes les difficultés qu'ils traversent, à D. ne plaise !"
Mais, lorsqu'il le vit mourir, et qu'il s'avéra que la fin des temps et l'heure de la délivrance n'étaient pas encore arrivés, il ne perdit pas espoir, mais il s'écria : "Je crois d'une foi parfaite que Hachem recherche le bien de Son peuple et que l'heure de la grâce Divine n'a pas encore sonné. J'ai pourtant encore confiance en Ta délivrance, Hachem, j'attends encore que, dans Ta grande miséricorde, Tu les délivres!

La conduite de Yaakov nous donne une leçon de morale et nous enseigne la voie à suivre dans le service d'Hachem et l'attente du salut. En effet, lorsque Yaakov eut connaissance des épreuves qui allaient s'abattre sur ses enfants, et sut qu'elles ne cesseraient de se multiplier avec le temps, la vision de Chimchon l'apaisa, car il pensa qu'il était le Machia'h et qu'Hachem avait mis un terme aux ténèbres.
Pourtant, lorsqu'il le vit mourir, il s'écria : "En Ta délivrance j'ai espéré, Hachem et je ne me découragerai pas !" Et il se renforça constamment avec cette phrase.

Il en est de même pour chacun de nous en période de rigueur Divine, lorsque les malheurs deviennent insupportables et menacent de nous anéantir. Si alors, nous pensons que la délivrance est certainement proche et, qu’à notre grande déception, les malheurs ne font que s'amplifier, il nous incombe de ne pas céder au découragement, de ne pas émettre de grief.
Au contraire, il nous faudra continuer à espérer en pensant de toutes nos forces que la bonté d'Hachem n'arrive jamais à son terme."

-> Puis, le Yisma'h Israël explique, grâce à ce qui précède, la suite du midrach : "Tout est sujet d'espérance, les souffrances sont un sujet d'espérance".
Cela signifie que, même si un homme était persuadé qu’en raison des nombreux malheurs qui le frappent, une aide Divine lui serait envoyée, et que son espérance est ensuite déçue, sa situation n s’améliorant pas, il raffermira ses sentiments et espérera en Hachem, comme l'enseigne la guémara (Béra'hot 32b) : "Espère, et espère encore!"

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-> "Celui qui place sa confiance en Hachem, la bonté l'enveloppera" (Téhilim 32,10)
Le Maguid de Mézéritch enseigne qu'il n'y a dans ce verset ni remède magique, ni bénédiction, ni promesse. C'est purement et simplement une conséquence "naturelle" des choses. Celui qui place sa confiance en Hachem se voit entouré de 'Hessed (bonté).

-> "Je plein de foi quand je parle, si pauvre que j'aie pu être" (éémanti ki adabér, ani aniti méod - האמנתי כי אדבר אני עניתי מאוד - Téhilim 116,10).
Le rav de Kobrin explique :
Un juif doit être plein de foi (éémanti - האמנתי) [il doit avoir confiance] que viendra un temps (meilleur), "où il parlera" (ki adaber - כי אדבר) du passé en se rappelant combien il était pauvre alors (אני עניתי מאוד) .Car au temps de la détresse, il incombe à l'homme d'être confiant que des jours meilleurs viendront où il pourra raconter que les épreuves qu'il subit aujourd'hui font désormais partie du passé, et qu'il pourra ainsi rendre grâce d'en être sorti.

-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne que lorsque le Tribunal céleste demandera à chaque homme (quand il quittera ce monde) : "As-tu espéré la délivrance?", cela ne concernera pas simplement la délivrance collective ("as-tu espéré la délivrance du peuple d'Israël" [la guéoula]). Mais, on demandera également à chacun sur les sujets qui le concernent en particulier : "As-tu fait preuve d'une totale confiance en ton Créateur, et dans chaque moment de détresse, as-tu espéré être délivré ?"

L'explication en est la suivante :
L'espérance dont il s'agit ici n'est pas un simple souhait sans être certain que cela se produira, mais il s'agit d'une attente en étant persuadé que cela arrivera.
Tel est le sens profond des paroles du 'Hafets 'Haïm : "As- tu fait preuve d'une totale confiance en ton Créateur", à savoir que l'on exige de l'homme que son bita'ho soit total, sans l'ombre du moindre doute.

-> "Mon âme âme espère en Hachem plus que les guetteurs le matin" (נפשי לה' משומרים לבוקר שומרים לבוקר - Téhilim 130,6)
Le Malbim commente :
"Car un homme qui guette la venue de quelqu'un qui doit le sauver n'est pas certain de sa venue, puisqu'il se pourrait que son "sauveur" meure ou tombe malade et qu'il ne vienne pas. En revanche, celui qui guette l’arrivée du matin est certain qu'il surviendra à l'heure.
Néanmoins, "mon âme qui espère en Hachem" espère encore plus "que les guetteurs du matin". Cela signifie qu'un homme doit espérer en Hachem avec une certitude totale que la délivrance viendra, plus encore qu'il est certain que le jour poindra, le matin venu.

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-> Le Divré Israël (Vayé'hi) enseigne au sujet de l'ordre des 3 dernières parachiot de Béréchit :
Nos Sages enseignent (Sanhédrine 97b) que "tous les limites (kétsin - קיצין [singulier : kéts - limite]) de la délivrance) ont été dépassés et la chose ne dépend plus que de la téchouva (le repentir) du peuple juif".
D'après cela, le Divré Israël écrit qu'on peut dire par allusion que lorsqu'un homme se trouve dans ''Mikèts'' (מקץ - après la limite), lorsque toutes les limites de la délivrance ont été dépassées, son salut se trouve dans "Vayigach" (qu'il "s'approche") d'Hachem et revienne à Lui, et grâce à cela, il accomplira sur lui "Vayé'hi" ("il revivra").

La puissance d’espérer en Hachem

+ La puissance d'espérer en Hachem (selon le Ram'hal) :

-> Le Ram'hal (drouch bé'inyan hakivouï) enseigne :
''Celui qui espère en Hachem, même s'il pénétrait au Guéhinam, en ressortirait.
On le déduit du verset : "Et ceux qui espèrent en Hachem seront revigorés, ils s'élèveront de leurs ailes comme les aigles" (Yéchayahou 40,31) [ce qui signifie que grâce à leur confiance en D., on les fera monter du Guéhinam] et nombre d'anges célestes font remonter celui qui continue à espérer et s'élèvent avec lui En-Haut (c'est-à-dire dans un lieu plus élevé que le Guéhinam) et son espérance est sa purification, (elle est) un véritable Mikvé pour Israël, [le Ram'hal associe le mot Mikvé au mot Tikva, l'espérance], car il est dans un lieu élevé où il ne peut être endommagé''.

-> Le Ram'hal ajoute une explication à ce qui précède en écrivant :
''Car celui qui garde sa confiance et espère dans la délivrance d'Hachem revient à sa source, à l'exemple de celui qui fait téchouva, au sujet duquel il est écrit : "Reviens Israël jusqu'à Hachem ton D." (Hochéa 14,2), et comme ce dernier qui parvient véritablement jusqu'à Hachem, de même celui qui espère, "perce" grâce au fuseau de son espérance (c'est-à-dire grâce à sa foi et son espoir) [le Ram'hal associe ici le mot Tikva (l'espérance - תקוה), au terme Kav (une ligne droite - קו) ], et il parvient ainsi à pratiquer un orifice et une fente jusqu'au Trône de Gloire, c'est ce qui est suggéré dans le verset "לישועתך קויתי יהוה" (lichouaté'ha kiviti Hachem - J'ai espéré en Ta délivrance, Hachem - Vayé'hi 49,18), car grâce à sa émouna il mérite de se rapprocher et de s'attacher à Hachem.
Et non seulement cela, mais également, de même qu'il aura espéré durant sa vie ici-bas, même après sa mort, lorsque les anges accusateurs se liguent contre lui, son espoir lui donne la force de se rapprocher d'Hachem et de s'attacher à Lui et parvient à se dégager ... si bien qu'après leur mort, ceux qui auront espéré ne subiront pas la honte''.
[le Ram'hal y écrit : "tout comme cette personne espère en Hachem pendant sa vie, elle le fera après sa mort. Lorsqu'elle sera jugée, sa foi en Hachem sera renforcée et elle sera reliée à Lui. C'est ce qui ressort des mots "lichouaté'ha kiviti Hachem". Si quelqu'un espère en Hachem, sa foi le protégera même après sa mort." ]

-> Par la suite, le Ram'hal explique qu'il en est de même au sujet de la prière : ''car le
Hachem descend (si on peut dire) écouter la prière de celui qui espère. C'est le sens profond du verset "J'ai espéré en Hachem, et Il s'est penché vers moi et Il a écouté ma complainte" (Téhilim 40,2) et c'est aussi la signification du verset "לישועתך קויתי יהוה" (J'ai espéré en ta délivrance, Hachem) = ce en quoi j'ai espéré, je l'ai accompli (grâce à cette espérance).
Et (Hachem dit à celui qui a espéré en Lui) : ta délivrance sera prompte à venir grâce à cela, sans qu'elle soit entravée par les anges accusateurs''!"

"Vous avez pensé me faire du mal, mais Hachem a pensé pour le bien" (Vayé'hi 50,20)

-> Quand ses frères s'inquiètent que Yossef ne cherche à se venger du mal qu'il a subit, il les rassure. Il leur dit qu'il ne pourrait se permettre de leur rendre du mal puisque même s'ils ont cherché à lui faire du mal, malgré tout, finalement, ils lui ont fait du bien. Pourquoi?
Parce qu'il en est ressorti vice-roi d'Egypte et cela lui a permis de sauver sa famille de la famine qui sévissait dans le monde. En effet, si un homme cherche à faire du mal à son prochain, si finalement il lui fait du bien, même contre son intention première, il n'y aura pas lieu de se venger, car au bout du compte, c'est son bien qui en est ressorti.

Le Rabbi de Loubavitch apprend de là qu'en réalité, il est totalement injustifié de se venger, peu importe la situation. Car en réalité, au bout du compte, toute personne qui fait du mal à son prochain se retrouve exactement dans la même situation que les frères de Yossef.
En effet, tout ce que Hachem fait, c'est pour le bien. Hachem envoie chaque situation à chaque individu pour son bien. Ainsi, même quand un homme fait du mal à son prochain, en réalité seule son intention est mauvaise. Mais l'action en elle-même lui est envoyée par Hachem, par l'intermédiaire de cette personne. Et tout ce qu'Hachem envoie c'est pour son bien.
Ainsi, même s'il ne le voit pas ni ne le comprend pas encore, la réalité est que cet homme lui prépare du bien, même s'il a une mauvaise intention. Certes, dans un premier temps, il pourra en souffrir, comme Yossef a souffert au départ, mais en fin de compte, c'est le bien qui va ressortir. Ainsi, pourquoi se vengerait-il? Pour sa mauvaise intention? Mais convient-il de rendre le mal pour un bien, uniquement parce que l'intention est mauvaise? Mais on ne se venge pas par un acte pour une mauvaise intention!

=> Aussi, celui qui se venge témoigne par là son manque de foi en Hachem. Il pense que cet homme lui fait du mal, comme s'il faisait quelque chose par lui-même ... En renforçant notre foi, nous enlevons la haine et la vengeance de notre coeur.