+ Mah Nichtana :
-> Lorsque le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev, arriva au Mah Nichtana, il entra dans un état méditatif et posa sa tête entre ses mains pendant ce qui sembla être une éternité. Se redressant enfin, les yeux remplis de larmes, il s’écria : "Maître du monde! Quatre questions? J’en ai bien plus que de simples "quatre questions" (du mah nichtana)! Maître du monde, pourquoi y a-t-il tant de souffrance et de désolation? Pourquoi y a-t-il tant de luttes, de maladies et de pauvreté dans le monde? Comment as-Tu pu permettre qu’une telle souffrance et une telle persécution s’abattent sur Ton peuple? Quand ce terrible exil prendra-t-il fin? Il y a bien plus que de simples quatre questions!"
Puis, il poussa un profond soupir et acquiesça, en disant : "Mais ici, il est écrit : "kan ha'ben cho'el", ici, le fils demande ... Je sais donc que Toi, notre Père attentif et aimant, Tu écoutes! Et nous sommes Tes enfants bien-aimés!"
[ => le Mah Nichtana est un moment fort, surtout avec les jeunes enfants qui lisent ce passage avec la fierté et l'intention de tous. De même, chaque juif est un jeune enfant adoré de papa Hachem, et quelque soit les interrogations dans notre vie nous devons savoir qu'Il est présent, qu'Il est fier, qu'Il nous aime à la folie (peu importe les bêtises qu'on a pu faire), ...]
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-> Il y a tant de choses qui méritent une explication. Et c’est peut-être pour cela que nous avons tendance à répondre à nos questions par encore plus de questions, comme le disait rabbi Shlomo Carlebach :
"Mes chers amis, y a-t-il quelque chose de plus doux que les questions des enfants?
La nuit du Seder commence par les enfants qui nous posent les questions les plus profondes. Et nous n’y répondons pas complètement ; nous ne faisons que rendre ces questions encore plus profondes. Nous ne faisons que dire aux enfants que nous nous posons les mêmes questions tout au long de notre vie.
Le plus terrible, c’est que nous continuons à faire croire à nos enfants que nous connaissons les réponses. Lors de la nuit du Seder, nous admettons : "Je ne sais pas non plus". Nous pourrions penser que "[Eliyahou Ha] Tichbi répondra à toutes nos questions" (Tichbi yitaréts kouchiyot ou baayot).
Mais non, il ne répondra pas à toutes nos questions ; au contraire, en sa sainte présence, toutes nos questions disparaîtront!
Nos enfants posent les questions les plus profondes, et la vérité, c’est que nous n’avons pas les réponses. On peut lire toute la Haggada, mais les questions restent des questions.
Quand quelqu’un me pose une question et que je réponds, notre interaction est en quelque sorte terminée. Mais si quelqu’un me pose une question et que je dis : "Tu sais, je me pose la même question, approfondissons-la encore", alors nous nous rapprochons énormément l’un de l’autre.
J'ai le sentiment que quand Eliyahou Hanavi viendra, il ne dira rien. Il entrera dans un Séder, et il ne dira rien. Il ne répondra pas aux questions, car elles sont si profondes qu'elles n'ont pas besoin de réponses.
Nous risquons de perdre nos enfants spirituellement si nous leur disons que nous avons les réponses à tout. Nos enfants savent que ce n’est pas vrai, et ils ne veulent pas nous parler.
Le soir du Seder, je dis à mes enfants : "j’ai quelques années de plus que vous. Pensez-vous que j’en sais plus? Peut-être que je connais l’histoire depuis un peu plus longtemps, mais je ne connais pas la réponse, je ne connais pas la réponse".
Alors nos enfants se sentiront si proches de nous, si proches."
[en admettant que l'on ne comprend pas tout, on atteste que la réalité des choses est au-delà de notre compréhension car il y a Hachem derrière tout (rien ne peut se passer sans un décret divin).
Les questions du Mah Nichtana, ne sont pas là pour témoigner de notre supériorité à nos enfants (notre égo de je comprends, je maîtrise tout), mais plutôt pour renforcer la émouna qu'on fait confiance à Hachem, qui gère tout pour le meilleur (notre ignore de l'ensemble des choses vient témoigner de leur racine divine, et donc renforce le fait de compter et d'avoir confiance à 100% en Hachem). ]