Aux délices de la Torah

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Tout ce qu’on peut faire pour réaliser une mitsva est énorme aux yeux d’Hachem

+ Tout ce qu'on peut faire pour réaliser une mitsva est énorme aux yeux d'Hachem :

-> Chaque acte accompli au service d'Hachem doit être considéré comme important.
Même une simple parole apparemment insignifiante, ou un simple regard sans importance, qui est lichma, dans le but de servir le Maître du monde, est considéré comme substantiel et digne d'intérêt pour Hachem.

Le 'Hovot HaLévavot ajoute : "[lorsque tu fais une mitsva] ce qui nous semble comme étant une petite chose, (en réalité) c'est important/énorme [aux yeux] d'Hachem" (ki améat mimé'ha rav étslo - chaar 'Hechbon haNéfech - chap.5).

Matérialité – spiritualité = apprendre des non juifs

+++ Matérialité - spiritualité = apprendre des non juifs :

-> Nous devons nous assurer que notre accomplissement des mitsvot est au moins au même niveau d'intensité et de sacrifice que les non juifs qui nous entourent réalisent les actes qui sont importants pour eux.
Nous devons faire preuve de la même ardeur et de la même détermination qu'eux, mais canaliser cette énergie vers les mitsvot.
[rav El'hanan Wasserman (Kovéts Héarot) - citant le 'Hafets 'Haïm]

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-> à l'image de Yaakov lorsqu'il a quitté Lavan (Vayichla'h 32,5) qui s'est reproché de ne pas avoir appris de Lavan le racha, pour s'améliorer dans la pratique des mitsvot, afin de les accomplir avec la même énergie, sacrifice, que lui pouvait le faire pour toutes ses arnaques et autres mauvais occupations. ]

-> Cela nous aide à comprendre ce qui est écrit dans le guémara (Avoda Zara 2b), qui relate ce qui se passera lorsque machia'h viendra :
Les Romains se présenteront devant Hachem pour être jugés. Hachem leur demandera comment ils ont occupé leur temps. Ils répondront : "Maître du monde, nous avons établi de nombreuses places de marché, nous avons construit de nombreux bains publics, et nous avons accumulé beaucoup d'argent et d'or. Nous avons fait tout cela uniquement pour le bien du peuple juif, afin qu'il soit libre de s'engager dans l'étude de la Torah".

Hachem répondra en les traitant d'insensés pour avoir essayé de le tromper.
Hachem leur dira qu'Il est parfaitement conscient qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont mentionné en ne pensant qu'à leurs propres intérêts. "Vous avez créé des places de marché pour qu'on y trouve des prostituées. Vous avez construit des bains pour votre propre plaisir. Quant à l'argent et à l'or que vous prétendez avoir augmentés, ils sont à Moi et non à vous".
Les Romains quitteront alors la Présence d'Hachem, abattus et sans espoir.

Les Perses seront la prochaine nation à être jugée, et Hachem leur posera la même question.
Ils répondront : "Maître du monde, nous avons construit de nombreux ponts, conquis de nombreuses villes et mené de nombreuses guerres. Nous avons fait tout cela uniquement pour le bien du peuple juif, pour qu'il s'adonne à l'étude de la Torah".

Une fois de plus, Hachem les confronte à la vérité. "Tout ce que vous avez fait, vous l'avez fait dans votre propre intérêt. Vous avez construit des ponts pour pouvoir prélever des impôts sur tous ceux qui les empruntent. Vous avez conquis des villes pour utiliser leurs habitants comme main-d'œuvre forcée. En ce qui concerne les guerres, ce n'est pas vous. Je fais la guerre, et votre succès vient de Moi."

=> Il est difficile de croire que les Romains et les Perses tenteront de mentir à Hachem. Comment peuvent-ils penser qu'Hachem les croira quand ils disent qu'ils ont tout fait pour les juifs et pour permettre l'étude de la Torah, alors qu'ils savent qu'Hachem sait qu'ils ne cherchaient que leurs propres intérêts?

-> Le Ktav Sofer explique qu'ils n'ont pas essayé de modifier les faits, la réalité.
Il est vrai que tout ce qu'ils faisaient, c'était pour eux-mêmes. Ils ne pensaient qu'à leurs propres intérêts. Cependant, disent-ils à Hachem, le temps, les efforts et l'enthousiasme avec lesquels ils ont abordé leurs activités ont servi de leçon au peuple juif sur la façon dont il devrait aborder la Torah et les mitsvot.
Les juifs ont pu apprendre d'eux comment diriger toute leur énergie et leurs ressources vers une activité qui leur tient à cœur.
Les nations du monde pouvaient dire : "Si nous sommes capables de déployer des efforts exceptionnels, avec enthousiasme, dans nos activités insignifiantes, à combien plus forte raison les juifs devraient-ils faire de même dans leur quête de la Torah et des mitsvot".
Les Romains et les Perses soutenaient que toutes leurs activités étaient une source d'inspiration pour l'amélioration de la avodat Hachem du peuple juif.

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+ Pourquoi la Torah sera-t-elle enseignée dans les théâtres et les colisées?

-> Dans la guémara (Méguilah 6a), nous apprenons que lorsque machia'h viendra, la Torah sera enseignée publiquement dans les théâtres et les colisées qui étaient auparavant réservés aux événements sportifs. La Torah sera enseignée dans les lieux mêmes où les gladiateurs se sont battus.

=> La question la plus évidente est la suivante : pourquoi devrions-nous étudier la Torah dans ces lieux spécifiques?
Lorsque le machia'h viendra et que le monde entier reconnaîtra enfin la souveraineté d'Hachem, n'y aura-t-il pas des lieux mieux adaptés à l'étude de la Torah qu'un stade ou un théâtre?
Ces lieux ont été utilisés pendant de nombreuses années pour accueillir des événements qui sont l'antithèse même des valeurs de la Torah. Pourquoi voudrions-nous enseigner la Torah dans ces lieux ?

-> Le Ktav Sofer explique que le peuple juif apprendra des fauteurs comment être zélé dans l'accomplissement des mitsvot.
Une vraie personne qui craint Hashem verra comment les non-juifs se conduisent, et il en tirera une leçon qui renforcera son avodat Hachem.
Il prendra note de la vitesse, de l'efficacité, du zèle et de la rapidité avec lesquels ils commettent des fautes flagrantes. Il verra le temps, l'énergie et les fonds qui sont facilement et volontairement dépensés pour de telles activités.

Il sera alors en mesure de faire un kal va'homer, un argument a fortiori. Si les actes pécheurs sont accomplis avec tant de zèle et d'énergie, au mépris total du coût et de la dépense, combien plus devons-nous faire de même pour l'accomplissement des mitsvot.

Les théâtres, les colisées et autres lieux de divertissement ont été construits sans tenir compte des dépenses. Des édifices gigantesques ont été érigés uniquement pour le divertissement et sont utilisés pendant des heures. Sans se soucier de l'heure, les clients s'assoient et boivent jusqu'à des heures avancées de la nuit. Ils trouvent des moyens de rester éveillés, ne voulant pas manquer un seul instant du divertissement. [combien ils chantent, tapent des mains, restent attentifs à chaque minute du show, ... ]

Ce phénomène devrait susciter au sein du peuple juif le désir d'exploiter ces mêmes qualités pour étudier la Torah et mieux servir Hachem. Nous devrions nous aussi être prêts à renoncer au confort et à la commodité et à faire des sacrifices pour l'accomplissement des mitsvot. Nous devrions au moins nous efforcer d'accomplir les mitsvot autant qu'ils le font pour se divertir.

Nos Sages nous disent : "éno domé chmiya léré'iya", que l'on ne peut pas comparer quelque chose que l'on voit de ses propres yeux à quelque chose dont on entend simplement parler. C'est pourquoi nous étudierons la Torah dans ces mêmes lieux. Nous pourrons alors constater de nos propres yeux les efforts et l'argent considérables qui ont été consacrés à leur fabrication ; nous nous souviendrons de l'énergie et de l'enthousiasme que les fêtards y ont déployés, et nous pourrons nous engager à faire de même pour notre avodat Hachem.

Nous devons tirer des leçons du monde qui nous entoure, même si la source est improbable. Voir comment les fautes sont accomplis peut être une source de motivation exceptionnellement puissante pour s'améliorer spirituellement.
[et en plus, on doit être fier d'être dans le émet, de pouvoir agir selon ce que Hachem nous conseille de faire, et non dans du vide, éphémère. ]

Shéma Israël = déclarer que tous les juifs sont unis

+ Shéma Israël = déclarer que tous les juifs sont unis :

-> "Écoute, Israël" (Shéma Israël).

-> Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou - Béréchit 2,4) explique :
Nous ne disons pas aux gens : "Écoutez ! Il n'y a qu'un seul D.!"

Lorsque le roi Shaoul voulut rassembler les troupes et les galvaniser pour combattre Amalek, le verset déclare : "vayéchama (וַיְשַׁמַּע) Shaoul ét a'am" (Shaoul convoqua le peuple - I Shmouel 15,4).
Shaoul rassemblait le peuple juif, l'exhortant à s'unir et à faire la guerre à Amalek, et le mot utilisé pour exprimer cette idée est : "וַיְשַׁמַּע" (en lien avec שמע - Shéma).

Lorsque nous récitons le Shéma Israël, nous disons en réalité que nous nous rassemblons et que nous nous unissons à tous les autres juifs du monde.
Puisque le fait de dire le Shéma Israël va provoquer que le peuple juif s'est rassemblé comme un seul homme, alors la conséquence est dans ce qui suit : "Hachem Elokénou Hachem E'had" (Hachem est notre D., Hachem est Un!).

Le Shéma Yisrael n'est pas simplement une déclaration concernant l'unicité d'Hachem. Les actes sont plus éloquents que les mots, et notre prononciation du Shéma est une démonstration active de l'unicité du peuple juif.
Lorsque nous sommes unis, le message évident est qu'Hachem est également un.

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[d'une certaine façon, chaque juif a en lui une partie Divine (qui reste pure quoiqu'on puisse faire de mal), et ainsi lorsque l'on unit tous les juifs alors on complète toutes ces parties, les déclarants comme Une, comme un seul D. (Hachem).
En ce sens, on se cache les yeux en déclarant "Shéma Israël", car bien qu'extérieurement dans la matérialité tous les juifs semblent différents, en réalité à leur source première spirituelle ils ne forment qu'Un (tout provenant du d'Hachem).

Lors du Shéma, chaque juif doit alors aussi être fier d'avoir une âme qui est beaucoup plus élevée que les non-juifs, que nos actes ont un impact Divin, que nous sommes beaucoup plus aimés et proches de papa Hachem (que les non-juifs), et qu'ainsi on doit être heureux d'agir en responsabilité en déclarant par nos actes que Hachem est Un. ]

Hachem attend de nous que nous accomplissions les mitsvot et que nous nous engagions dans l'étude de la Torah avec [au moins] le même enthousiasme et le même zèle que nous accordons à nos besoins matériels.
Il est écrit : "la souhaiter comme de l'argent, la rechercher comme des trésors" (Michlé 2,4). Cela signifie que si quelqu'un recherche la Torah et les mitsvot de la même manière qu'il recherche l'argent et d'autres biens matériels, il méritera la suite : "tu auras le sens de la crainte d'Hachem et tu atteindras la connaissance de D." (Michlé 2,5).

Une génération qui intensifie sa quête de matérialisme, qui déploie plus d'efforts que d'habitude pour atteindre la richesse matérielle, devrait avoir une approche plus intense de la Torah et des mitsvot.

Lorsque les gens recherchent activement et énergiquement la matérialité, on attend d'eux qu'ils fassent preuve d'un niveau inhabituel de zèle dans l'accomplissement de leur mitsva.
Et si l'on ne le fait pas, cela peut engendrer une accusation contre eux.
[d'après le rav Moché Feinstein - Darach Moché - Balak]

"Ki bésim'ha tétsé'ou" (Yéchayahou 55,12) = une personne peut être libérée de tous ses problèmes en atteignant un certain niveau de joie.
Grâce à la joie, une personne peut se libérer de l'inquiétude, de la douleur, des problèmes et de l'anxiété.
[Baal Chem Tov]

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=> "ki bésim'ha" = en raison du fait d'être dans la joie, alors "tétsé'ou" = on mérite (que Hachem nous) sorte, nous libère (de mauvaises décrets qui sont sur nous).

Venue du machia’h & grandeur de chaque juif

+ Venue du machia'h & grandeur de chaque juif :

-> Selon le 'Hatam Sofer, lorsque nous serons bénis d'avoir un Temple à travers lequel nous pourrions nous connecter avec Hachem, cela n'est pas l'état idyllique du peuple juif.
Le but ultime est qu'Hachem se connecte à nous sans aucun intermédiaire.

=> Pourquoi, alors, aurions-nous besoin d'un Temple lorsque le machia'h viendra?

Le 'Hatam Sofer (drouchim véAggadot 'Hatam Sofer - p.187) écrit qu'à l'avenir, lorsque le machia'h viendra, nous n'aurons pas besoin du Temple comme lieu de résidence de la Présence Divine (Chékhinah).
Nous n'en aurons besoin que pour offrir des sacrifices (korbanot). La Chékhina résidera directement sur chaque juif.

-> Le Sforno (Chémini 11,2) va dans le même sens en soulignant qu'avant la faute du Veau d'or, la Torah ne fait aucune mention du Michkan. Il n'y avait pas non plus de commandement pour restreindre notre alimentation à la nourriture cachère.
Avant que le peuple juif ne commette la faute du Veau d'or, chaque juif était digne d'avoir son propre lien personnel avec Hachem. La Présence d'Hachem (Chékhina) reposait sur chaque juif et il n'y avait pas besoin d'intermédiaire : un Michkan ou d'un Mikdach.

C'est le sens de : "Partout où Je permettrai que Mon Nom soit mentionné, Je viendrai à vous et Je vous bénirai" (Yitro 20,21) = où que puisse se trouver (spirituellement comme physiquement) un juif, la Présence d'Hachem reposera sur lui.
"Ils me feront un sanctuaire (mikdach), afin que je puisse résider au milieu d'eux (béto'ham)" (Térouma 25,8) = Le Mikdash existait "béto'ham", à l'intérieur de chaque membre de juif. Par conséquent, à ce moment élevé de l'histoire, il n'y avait tout simplement pas besoin d'un conduit ou d'un intermédiaire pour combler le fossé entre un juif et D., car ils étaient directement connectés ; Hachem était intimement lié avec chaque juif, sans aucune nécessité d'intermédiaire.

A ce moment de notre histoire, alors que chaque juif se trouvait dans un niveau si élevé, nous n'avions pas besoin du stimulant spirituel qu'offre le fait de manger strictement casher. Nous étions donc autorisés à consommer tous les aliments. Après la faute du Veau d'or, la Chékhina est partie et Hachem n'a pas permis à Sa Présence de demeurer sur le peuple juif. Le corps du juif n'était plus digne de servir de lieu de repos à la Chékhina.

Moché pria, et finalement Hachem acquiesça, permettant à Sa Chékhina de reposer sur le peuple juif une fois de plus. Cependant, elle ne serait plus présente que par l'intermédiaire du Michkan ou Mikdach.
Hachem n'autorisait plus Sa Chékhina à reposer sur chaque juif.
De plus, le peuple juif est contraint de ne manger que de la nourriture casher. Le peuple juif était tombé dans un niveau dans laquel la Chékhina ne pouvait pas reposer directement sur leurs entités physiques, et avait besoin du soutien spirituel des aliments casher purifiés.
Selon le Sforno, le concept de manger uniquement de la nourriture cachère n'aurait jamais vu le jour sans la faute du Veau d'or.

Le Sforno conclut sur l'idée que lorsque machia'h viendra, les choses redeviendront ce qu'elles étaient auparavant. Hachem fera à nouveau reposer Sa Chékhina sur tout le peuple d'Israël sans aucun support, sans le Michkan ou le Temple. Nous pourrons à nouveau nous connecter personnellement avec le Hachem, sans intermédiaire.

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=> On voit ici la grandeur de tout juif. Notre but n'est pas simplement d'avoir une relation avec Hachem par le biais du 3e Temple, mais notre ambition c'est d'avoir une connexion personnelle/unique avec papa Hachem qui est direct et totale, sans aucun intermédiaire.

Il faut être tellement confiant dans son bita'hon, qu'on doit avoir l'impression qu'Hachem nous a promis qu'Il s'occuperait de notre besoin particulier.
[Rabbénou Bé'hayé - Kad haKéma'h - Bita'hon ]

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-> L'existence de D. est évidente pour l'esprit rationnel, mais les passions du cœur empêchent l'homme de voir cette vérité.
[rabbi El'hanan Wasserman ]

La magie (3e partie)

+++ La magie (3e partie) :

-> Amalek avait une grande armée avec de nombreux magiciens et sorciers.
En effet, Amalek était persuadé que la force de Moché provenait de la sorcellerie, et qu'il a été uniquement plus fort que les magiciens égyptiens.
Dans le combat contre le peuple juif, il y avait aussi des sorcières, dont la propre femme d'Amalek, afin de multiplier les forces surnaturelles.
Moché par la puissance de la prière a réduit à néant ces forces de la sorcellerie, inversant par exemple les horaires du soleil, de la lune et des autres astres.

-> Amalek, l'ennemi juré des juifs, était un sorcier, et la nation amalécite utilisait la sorcellerie dans ses combats. (voir Yérouchalmi - Roch Hachana 3:8)
Lorsque le roi Saül reçut l'ordre de détruire la nation amalécite, il lui fut demandé de tuer également tous les animaux, car les Amalécites savaient se déguiser en animaux grâce à la sorcellerie. (voir Chmouël I avec Rachi)

-> De même, les femmes moabites utilisaient également la sorcellerie pour attirer les hommes juifs dans l'adoration de l'idole Baal Péor. (voir Zohar 'hadach vol.2, Ruth 37a)

-> Concernant Amalek, il est écrit : "Tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous le Ciel" (Ki Tétsé 25,19).
Concernant la génération du Déluge, il est écrit : "Je vais effacer l'homme que J'ai créé de la surface de la terre" (Béréchit 6,7).

=> Quelle est la différence entre ces 2 expressions : "de dessous le Ciel" et "de la surface de la terre"?

Le rav 'Haïm Kanievsky (Taima dékra - Béchala'h) cite Rachi (Chmouël I 15,3), qui écrit que les Amalecites étaient très compétents dans les domaines de la magie et de la sorcellerie.

Concernant les pouvoirs des magiciens/sorciers, Rachi (Matot 31,6) commente par exemple : "Bil'am était avec eux et il faisait planer, par des sortilèges, les rois de Midiyan au-dessus d'eux et lui même planait avec eux."

La Torah nous ordonne de tuer tout être vivant appartenant à Amalek : "de dessous le Ciel", c'est-à-dire même ceux qui voleraient alors dans les airs.

Il n'y avait pas besoin d'une telle précision en ce qui concerne la génération du Déluge.
En effet, la guémara (Sanhédrin 67b) enseigne que les sorciers ne peuvent pas réaliser leur magie lorsqu'ils sont en contact avec l'eau (l'eau empêchant tout effet de la sorcellerie).
Ainsi, en raison du Déluge, ils leur étaient impossible de voler dans les airs, d'où l'utilisation du : "de la surface de la terre".

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-> "Il vit de là les dernières lignes du peuple" (Balak 22,41)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch enseigne :
Or les Sages ont dit (guémara Taanit 9a) que les nuées recouvraient Israël, si bien qu’on ne pouvait pas le voir.
Quand Aharon est mort et que les nuées ont disparu, alors Israël est apparu aux yeux, et les Cananéens ont su où il se trouvait et l’ont attaqué. Ensuite les nuées sont revenues par le mérite de Moché, comme l’ont dit les Sages, donc les bnei Israël étaient recouverts par elles.
=> Alors comment le verset peut-il dire : "il vit de là les dernières lignes du peuple"? Au contraire, Hachem aurait dû redoubler de protection envers eux contre le mauvais œil de Bilam!

Mais il est évident qu’il a pu le voir par sorcellerie, par un certain oiseau qui les révélait.
La sorcellerie a ce pouvoir, comme le disent les Sages (guémara Sanhédrin 67b), que les sorcières révélaient ce qui est caché aux yeux. Et le verset nous informe que c’est seulement les dernières lignes qui se sont trouvées découvertes, et non le coin des tsaddikim et des grands.

-> Rabbi Yonathan Eibschutz (Tiféret Yonathan) écrit que Bilaam essaya toutes sortes de sorcelleries pour faire retourner le peuple d'Israël en Égypte. Toutefois, sa magie noire dépendait du soleil et de son ange et lorsque le soleil était recouvert de nuages, aucune magie n'avait d'emprise.
Les Bné Israël étant recouverts des nuées de gloire, la sorcellerie n'avait pas d'emprise sur eux.

-> La magie est constituée essentiellement d'actes tandis que les incantations ont pour fondement la parole. Il y a plusieurs sortes de magie : rassembler des démons; faire descendre des influences à partir des étoiles et des signes astrologiques en créant une effigie à des moments précis qui correspondent à la domination de l'Etoile ; attirer un esprit d'impureté provenant directement de la klipa du serpent originel.
Balak était expert en sorcellerie et Bilaam la maîtrisait mais pas autant que Balak. Par contre, il était un expert en incantations et c'est la raison pour laquelle le Zohar (Bé'houkotaï 112b) le compare au serpent dont la force provient essentiellement de la bouche. (:3'p "mpna am) Ainsi, ils s'associèrent pour unir leurs forces.

Il est rapporté dans le Zohar ('hadach Balak 54) qu'il n'y a pas un seul jour depuis le début de la création où Israël a autant eu besoin d'Hachem qu'au moment où Bilaam voulut exterminer le peuple d'Israël par ses malédictions.

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-> "Il n'y a pas de divination en Yaakov, pas de sortilège en Israël" (Balak 23,23)

-> Rachi : Ils méritent d’être bénis car ils n’y a chez eux ni devins ni sorciers ... le message leur en est transmis par la bouche de leurs prophètes.

-> Le midrach nous rapporte que Bilam a vu que la raison pour laquelle les juifs ont mérité la protection Divine était qu'ils étaient assis devant Hachem comme un élève face à son professeur, et ils examinent et clarifient chaque section de la Torah pour déterminer Ses intentions.
Même les anges n'ont pas accès à ces connaissances et ils doivent demander aux juifs ce que Hachem leur a enseigné.
=> Telle est la force de la Torah, faisant que nous sommes véritablement méritant des bénédictions Divines.

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-> Onkélos ... neveu de Titus par sa sœur, voulut se convertir (au judaïsme).
Il fit remonter Titus (son oncle) du séjour des morts par la magie.
Onkelos lui demanda : "Qui est important dans le monde futur?"
Titus répondit : "Israël!"
[...]
Puis Onkélos fit remonter Bil'am (du séjour des morts) par la magie.
Il demanda : "Qui est important dans le monde futur?"
Bil'am répondit : "Israël!"
[...]
Enfin, Onkélos fit remonter un pêcheur juif (du séjour des morts) par la magie.
Il lui demanda : "Qui est important dans le monde futur?", et il répondit : "Israël!"
[guémara Guittin 56b-57a]

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+ Mordé'haï et Esther :

-> "Chaque jour Mordé'haï déambulait devant la cour de la maison des femmes, pour s'informer du bien-être d'Esther et de ce qui advenait d'elle" (Esther 2,11)

-> Selon le midrach (Esther rabba 6,8), Mordé'haï venait quotidiennement afin de répondre aux questions de Esther, qui voulait savoir si elle était Nidda.

Ce même midrach donne une autre raison : Mordé'haï voulait s'assurer que Esther n'était pas victime de sorcellerie de la part des autres femmes de la maison du roi, qui pouvaient désespérer de devenir un jour reine à la place d'Esther.

Le Ibn Ezra et le Gaon de Vilna disent que Mordé'haï venait quotidiennement pour la guérir, car il avait atteint un tel niveau spirituel qu'il pouvait tout guérir, même les maux issus de la sorcellerie.

-> Une des raisons de se déguiser à Pourim est donnée par le rav Nevenzahl, qui enseigne que les costumes sont un souvenir d'Amalek, qui a une force énorme de magie noire.
En effet, ils ont la capacité de se transformer en des animaux et d'autres formes, mais Hachem nous sauvera toujours d'eux.
En se déguisant, on se rappelle de ce pouvoir d'Amalek, et du fait que nous avons toujours D. pour nous défendre.

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-> "Mordé'haï passa (vayavor), il agit selon tout ce qu'Esther lui avait ordonné" (méguilat Esther 4,17)

-> Rav enseigne : "Mordé'haï passa outre au 1er jour de Pessa'h en jeûnant"
Chmouël affirme : "Il passa [dans le sens de traverser] le cours d'eau."
[guémara Méguila 15a]

=> Pourquoi est-il si important de relater que Mordé'haï a traversé un cours d'eau?

-> Le Zohar (III,276a) pose la question : "Comment un méchant comme A'hachvéroch a-t-il pu se trouver attaché à la vertueuse Esther, la prophétesse?

Et de répondre qu'en réalité, c'était une "démone" ayant l'apparence d'Esther qui se montrait à lui.

-> C'est ainsi, lorsque Mordé'haï lut le message provenant d'Esther demandant de passer outre le 1er jour de Pessa'h par le jeûne, et de déroger ainsi à l'obligation de manger de la matsa, il craignit qu'il s'agît là d'un acte n'émanant pas d'Esther, mais de la "démone" ayant son apparence.
Peut-être cette créature voulait inciter le peuple à la faute en l'écartant de la mitsva de matsa.

-> Selon nos Sages (Sanhédrin 67b), un élément relevant de la sorcellerie qui entre en contact avec l'eau, vient à disparaître.

=> Telle est la raison pour laquelle Mordé'haï traversa un cours d'eau, et soumit cette lettre à une telle authentification : émanait-elle réellement d'Esther, ou bien s'agissait-il d'un acte de sorcellerie?

La magie (2e partie)

+++ La magie (2e partie) :

+ L'Egypte :

-> La guémara (Ména'hot 85a avec Rachi) explique que l'Égypte était remplie de magiciens et de sorciers.
La guémara (Kidouchin 49b) raconte que sur les 10 mesures de magie qui sont descendues dans le monde, 9 ont été données à l'Égypte.

Selon la guémara (Kidouchin 49b), chaque pays a des midot ou des tendances qui lui sont propres : "en Israël la sagesse, à Bavél l'orgueil, en Perse le courage, en Egypte la sorcellerie, en Arabie la débauche, à Michane l'effronterie".
Le Beit haLévi commente : "C'est une chose qui ne peut pas être expliquée par les principes de la logique ou de l'intellect mais que l'on ressent très bien lorsqu'on arrive dans un pays qui a telle tendance ou une telle mida pour le bien comme pour le mal ; on se sent naturellement attiré par cette tendance, beaucoup plus que lorsqu'on habitait dans un pays voisin.

-> Les égyptiens protégeaient leurs secrets de sorcellerie et ne laissaient personne quitter le pays avec des formules magiques écrites ou des procédures magiques.
[ le Talmud mentionne cependant un individu qui a écrit les formules sur sa chair et qui était capable de réaliser ces secrets et d'accomplir des prodiges - voir guémara Shabbath 104b). ]

-> Le Ibn Ezra commente que les égyptiens, la nation la plus puissante en magie, avaient jeté un sort à leurs frontières de telle façon que personne ne pouvait en sortir librement.

Le midrach (Yalkout Réouvéni - Arachim Kelev 10) explique que les magiciens égyptiens utilisaient la sorcellerie pour garder les frontières de l'Égypte en formant des portes à partir d'images d'animaux tels qu'un cheval ou un chien, et si quelqu'un essayait de s'échapper, l'animal ensorcelé à la porte brairait ou aboierait (selon l'animal), déclenchant ainsi l'appel de tous les animaux de son espèce à travers tout le pays. De cette manière, les égyptiens savaient non seulement que quelqu'un s'était échappé, mais aussi par quelle porte. Il leur était donc facile de retrouver le fugitif.

Le midrach (Mékhilta - Yitro 1) raconte que jusqu'à ce que le peuple juif sorte au complet, aucun esclave n'avait réussi à s'échapper d'Égypte.

-> "Hachem dit à Moché : Va vers Pharaon" - Bo 10,1)
Le Ohr ha'Haïm haKadoch enseigne sur "Va vers Pharaon" :
En utilisant "Va" (bo), contrairement aux autres plaies, la Torah souhaite indiquer que Pharaon s'était caché dans l'une de ses chambres fortes secrètes qu'il avait ensorcelées de toute part afin de ne pas être retrouvé.
Il avait prononcé des incantations et sollicité des démons pour que sa cachette soit invisible et que personne ne puisse le retrouver ; comme s'il n'était plus de ce monde.
Hachem savait que si Moché le cherchait, il ne le trouverait pas.
Hachem dit donc à Moché : "Va vers Pharaon" = autrement dit : "Je te montrerai où il se trouve".
Moché s'exécuta et parvint à retrouver Pharaon sans la moindre difficulté.
Lorsque Pharaon aperçut Moché, il fut extrêmement surpris. Il lui demanda : "Comment es-tu entré? Comment as-tu fait pour trouver cet endroit?"
Moché lui répondit : "J'ai emprunté la même porte par laquelle tu es entré?"

-> Le rav Yissa'har Chmouëli Beniahou écrit :
La surprise de Pharaon était si grande qu'il se dit : "Les plus grands sorciers d'Egypte ne peuvent entrer dans cette pièce, car j'ai mis en place une garde surnaturelle autour de ce lieu ..."
En effet, par ses forces d'impureté, Pharaon y plaça des meutes de chiens noirs de très grande taille. Ils n'étaient autres que des démons capables de nuire à tout celui qui tenterait d'y pénétrer.
Alors que Moché certifia être entré par la même porte que lui, Pharaon comprit que Moché bénéficiait de la protection d'un Gardien unique. Malgré tout, son cœur s'endurcit et il ne délivra pas Israël, c'est la raison pour laquelle Hachem demanda à Moché d'aller à sa rencontre.

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-> Le midrach Séfer HaYachar (Chémot 4,19) décrit les débuts de Bilam en tant que serviteur d'un roi africain nommé Augias. À l'âge de 15 ans, il était déjà réputé pour ses capacités extraordinaires en matière de magie et de divination. Travaillant d'abord avec l'armée du roi contre l'Égypte, Bilam finit par s'enfuir en Égypte où il fut accueilli avec beaucoup d'honneur en raison des nombreux égyptiens qui souhaitaient apprendre ses talents.
Bilam, le grand magicien et ennemi du peuple juif, était l'un des conseillers les plus respectés de Pharaon et était complice du plan visant à débarrasser l'Égypte de la nation juive (guémara Sotah 11a).

-> "Pharaon ordonna à tout son peuple en disant : Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve!" (Chémot 1,22)

Le Kéhilat Its'hak apporte une autre explication.
Selon la Torah, il est clair que l'Egypte de l'époque était la capitale mondiale de la sorcellerie, de la magie noire et de l'illusion.
En souhaitant la mort des nouveaux nés, Pharaon avait peur que les juifs créent de faux bébés par la magie, qu'ils tueraient en les faisant passer pour des vrais.

Selon nos Sages (Sanhédrin 67b), une chose réalisée à partir de la magie retourne à son état d'origine, lorsqu'elle est placée dans de l'eau ou sur un plan d'eau.

La guémara rapporte l'histoire de rabbi Zééri, se déroulant 1700 années après notre esclavage en Egypte.
Il a acheté un âne dans la ville égyptienne d'Alexandrie, sans savoir qu'il avait été créé par le biais de la magie.
Lorsqu'il est arrivé à un point d'eau, afin de donner de l'eau à boire à son âne, celui-ci est redevenu une planche de bois sur laquelle avait été jetée un sort pour la transformer en un animal.

=> On comprend mieux le choix de Pharaon, dirigeant de la capitale mondiale de la sorcellerie, qui voulait être sûr à 100% de la mort des nouveaux-nés juifs.

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-> Selon le midrach, lorsque D. a demandé à Aharon de jeter le bâton de Moché au sol, il s'est transformé en serpent.
Nullement impressionné par ce tour, Pharaon a demandé à ses sorciers, à sa femme et même à des enfants de 4-5 ans de jeter leur bâton au sol, et tous les bâtons se sont aussi transformés en serpent.

-> Les sorciers ne parvenaient à transformer en sang que le contenu de petites bouteilles d'eau.
Le fait qu'ils y parvinrent convainquit Pharaon que Moché et Aharon n'avaient rien accompli de plus qu'un habile tour de magie.
Selon certains, la seule eau utilisable était l'eau salée de la mer méditerranée.
[Méam Loez - Vaéra 7,21 & 22]

-> Le Zohar (rapporté dans le Méam Loez (Vaéra 7,20)), nous enseigne :
L’approvisionnement en eau d'une nation peut avoir un effet profond sur son peuple.
C'est ainsi qu'en raison de la composition chimique de l'eau, ainsi que des créatures qui y vivent, une certaine sorte d'eau peut être thérapeutique ou une autre développer l'intelligence.
Les eaux du Nil étaient particulièrement efficaces pour donner à ceux qui en buvaient des pouvoirs mystiques et occultes.
Mais après sa transformation en sang et la mort de toute vie aquatique, le fleuve cessa de posséder ces propriétés.

-> Les sorciers égyptiens furent eux aussi capables de produire des grenouilles en maîtrisant des démons.
Ils pensèrent que Moché avait lui aussi fait venir les grenouilles par la sorcellerie.
[Méam Loez - Vaéra 8,3]

Sur : "Il dit : Demain" (Vaéra 8,6), le Tossefot haShalim explique :
Pharaon espérait que ses sorciers puissent trouver un moyen de retirer les grenouilles pendant cette journée, et il a donc demandé à Moché de ne prier que le jour suivant.

-> Cependant, les sorciers égyptiens n'ont par réussi à reproduire la 3e plaie, celle des poux, car :
1°/ ils n'ont de pouvoir que sur ce qui a une taille supérieure à celle d'un grain d'orge (guémara Sanhédrin 67).
Bien que les poux en étaient beaucoup plus grand durant la plaie, ce n'est pas le cas en temps normal, où ils sont plus petits qu'un grain d'orge.
2°/ la magie ne peut se faire que lorsque l'on est sur un sol solide, ce qui était alors impossible puisqu'un lit de poux le recouvrait (d'une épaisseur de 60cm à 3m!).
[le Shach]

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-> Selon une version, le cercueil de Yossef était gardé au parlais, dans une chambre funèbre protégée par des statues conçues de façon à aboyer à l'approche d'intrus . Moché a réduit ces statues à l'impuissance.
[midrach Chémot rabba 20,19]

-> Pharaon se fit accompagner par les plus grands sorciers de son pays lorsqu'il partit à la poursuite des Bné Israël. Il prit également avec lui toutes les forces d'impureté, les démons des mondes supérieurs, ainsi que l'ange directeur de la nation d'Egypte.
Ainsi, les 600 chars étaient composés de forces terrestres mais également de forces célestes.
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou]

-> Lorsque l'armée égyptienne était à la poursuite des juifs dans la mer Rouge ouverte, alors boyant qu'il est absolument impossible de s'échapper par des moyens naturelles, les égyptiens ont fait appel à de la magie noire et à de la sorcellerie.
Certains s'élèvent très haut dans les airs grâce à des procédés de lévitation.
Mais immédiatement, une vague géante happe ces fuyards suspendus dans les airs, et les fait retomber dans la mer.
[midrach Yalkout Chimoni 235]

-> Selon le Méam Loez (Béchala'h) :
Lorsque les égyptiens était à la mer Rouge ouverte, l'eau poursuivit et noya les égyptiens qui réussirent à regagner le rivage.
Certains utilisèrent leurs pouvoirs occultes pour échapper aux eaux, mais l'ange gardien de la mer les poursuivit sans merci.
Par exemple, 2 des sorciers les plus renommés d'Egypte : Yohni et Mamré, utilisèrent leurs pouvoirs pour s'élever dans l'espace au moment où les eaux se refermèrent.
L'ange Mikhaël les saisit par leur chevelure sacrée et les précipita au fond de la mer.

Pharaon emmena avec lui 600 chars transportant les plus grands sorciers d'Egypte.
Soudain, une main immense, sur laquelle étaient inscrits tous les symboles magiques du monde, apparut dans le ciel. Tous les sorts que les magiciens égyptiens tentaient de lancer étaient renversés par cette main
La Torah dit à ce sujet : "Israël vit la grande Main avec laquelle Hachem avait agi contre l'Egypte" (Béchala'h 14,31).

-> De même, le rav Yissa'har Chmouëli Beniahou enseigne :
Pharaon se fit accompagner par les plus grands sorciers de son pays lorsqu'il partit à la poursuite des Bné Israël. Il prit également avec lui toutes les forces d'impureté, les démons des mondes supérieurs, ainsi que l'ange directeur de la nation d'Egypte.
Ainsi, les 600 chars étaient composés de forces terrestres mais également de forces célestes.

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-> Le érev rav (ces égyptiens qui se sont joints au peuple juif à la sortie d'Egypte) ont été les initiateurs du Veau d'or, qui connaissaient de nombreux tours de sorcellerie, ainsi que les moments de la journée où la magie est particulièrement efficace. [Méam Loez - Ki Tissa 32,4]
La fabrication d'un veau, plutôt que n'importe quelle autre image, a surtout été le fait de 2 anciens sorciers égyptiens (Ianous et Iambrous), qui ont rejoint le peuple d'Israël avec le érev rav
Au moment le plus propice pour leurs tours de sorcellerie, ils se sont mis à l'oeuvre et ont prononcé des incantations (lui jetant un sort) puis, prenant l'or avec précaution, ils l'ont mis entre les mains d'Aharon qui, ne se doutant de rien, l'a lancé dans le feu, et un Veau d'or est apparu.

La magie (1ere partie)

+++ La magie (1ere partie) :

-> D'un point de vue juif, il existe des forces de sainteté et des forces d'impureté.
Hachem a créé un monde dans lequel le côté de la sainteté et le côté de l'impureté sont toujours sur un pied d'égalité (Kohélet 7,14).
[par exemple, il existe 50 niveaux d'impureté, et en parallèle 50 niveaux de pureté. ]

C'est ainsi que la prophétie et l'inspiration Divine, dans le domaine de la sainteté, sont mises en parallèle, dans le domaine de l'impureté, avec divers pouvoirs magiques ou divinatoires.
Le mystique juif et le magicien païen peuvent accomplir des exploits similaires et sembler avoir des pouvoirs similaires, mais les sources de ces pouvoirs sont totalement opposées.

-> Le principal point de distinction entre la magie et la mystique est la perspective. La magie subordonne les besoins d'un monde passif aux caprices personnels du magicien, alors que la mystique juive met l'accent sur notre subordination à une puissance supérieure (Hachem).

-> La michna déclare qu'une personne "qui utilise la couronne périra" (voir Pirké Avot 1,13).
Rabbi Ovadia de Barténoura dit que "la couronne" se réfère à quelqu'un qui utilise le Nom ineffable de D. pour son bénéfice matériel.
Hachem dit : "De même que Je crée les mondes et que Je les détruis, de même Mon Nom crée et détruit les mondes" (Pessikta Rabbati 21). D. a donné du pouvoir à Ses Noms afin que les pieux et les prophètes puissent accomplir des actes par leur intermédiaire et qu'ils démontrent ainsi la "grandeur et la puissance" de D. [voir Sach - Yoré Déa 246:70]
Ces pouvoirs ne peuvent être utilisés que par des personnes ayant un niveau de sainteté et de pureté exceptionnellement élevé, ce qui n'existe pratiquement pas dans notre génération actuelle.

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+ La racine de la sorcellerie :

-> La littérature juive est confrontée à la distinction entre la magie noire et la magie blanche, pouvoirs interdits et pouvoirs potentiellement autorisés.
Le terme "sorcier" (mé'hassef - מְכַשֵׁף) est une contraction des mots hébreux signifiant "affaiblir les agents célestes de D." (ma'hich pamalya chel mala'h).
Il existe un ordre métaphysique des anges et des pouvoirs mis en place par D. qui facilite l'ordre naturel du monde. Toute tentative de modifier cet ordre est considérée comme de la sorcellerie et est interdite.
Ces anges et ces puissances ne sont que des intermédiaires qui transmettent l'effusion Divine dans les domaines physiques.

Le sorcier s'efforce de forcer les forces spirituelles à faire ce qu'il veut.
L'erreur de la magie est de penser que les forces surnaturelles peuvent être indépendantes de D., ou que le magicien est mieux équipé que D. pour répartir cette influence Divine.
Rabbi Yéhoudah haLévi (Kouzari 1:79) écrit que la différence entre la magie païenne et les actes de mystique juif est comparable à celle qui existe entre le médecin sage et le fou qui dispense des médicaments au hasard.

-> La croyance en de nombreuses forces et puissances contredit l'unicité de Dieu et constitue une forme d'idolâtrie. C'est pour cette raison que les interdictions contre la magie dans la Torah sont regroupées avec l'idolâtrie. [voir Rambam - Moré Névou'him 3,37]
La pratique de la sorcellerie affaiblit également la confiance en D., car la personne en vient à se fier à la manipulation magique plutôt qu'à la souveraineté de D. [selon le Yessod Yossef - chap.25]
De plus, lorsqu'on cherche à obtenir quelque chose par des moyens magiques, on se place sous la providence de l'impureté au lieu de s'adresser directement au Divin.

-> Le judaïsme est totalement opposé à la sorcellerie. La Torah interdit explicitement toute forme de sorcellerie, de magie pratique et de pratiques occultes.
[voir Chémot 22,17 ; Vayikra 20,27 ; Dévarim 18,9-13]

Le Rambam (intro Hilkhot Avodat Ko'havim) énumère 11 commandements négatifs relatifs à la sorcellerie. Les détails de ces interdictions sont énumérés dans la guémara (Sanhedrin 65a-b) et dans Rambam (Hilkhot Avodat Kochavim - ch.11).

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-> Est-ce réel?
Il existe 2 approches :
Selon le Rambam (Hilkhot Avodat Kochavim 11,16), les pouvoirs que les sorciers prétendent détenir n'existent même pas. Tous les prodiges qu'ils accomplissent impliquent une forme de tromperie. Selon lui, il est interdit de s'adonner à la magie, car elle n'est que stupidité.
L'autre point de vue, qui est majoritaire, est que de tels pouvoirs magiques existent dans le monde, mais que la Torah interdit d'y participer. [Ramban - Dévarim 18,13 ; Drachot haRan n°4 ; Gaon de Vilna]

Selon toutes les autorités halakhiques, il est interdit de consulter des sorciers en raison du verset de la Torah qui dit : "Intègre tu seras avec Hachem" (tamim tiyé im Hachem - Choftim 18,13) , ce qui signifie qu'une personne doit s'en remettre à D. et ne pas essayer d'obtenir des informations en dehors des paramètres naturels autorisés.

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+ Transmission de la magie selon la Torah :

-> Origine et développement de la magie :
La Torah commence avec Adam et 'Hava dans le jardin d'Eden et parle de "l'Arbre de Vie" et de "l'Arbre de la Connaissance".
L'Arbre de Vie représente la communion avec Hachem, tandis que l'Arbre de la Connaissance représente l'expérience de la conscience de soi.
Hachem dit à Adam qu'il peut manger de tous les arbres du jardin, à l'exception de l'Arbre de la Connaissance (Béréchit 2,9 & ensuite).
D'un point de vue kabbalistique, tous les arbres du jardin d'Eden avaient le potentiel d'être des Arbres de Vie, une expérience du Divin, ou des Arbres de Connaissance, une conscience de soi. [rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik Béréchit 8]
Les séquelles du choix d'Adam pour l'expérience égoïste de l'Arbre de la Connaissance ont ouvert la voie aux générations futures qui devaient choisir entre se connecter à D. ou utiliser les pouvoirs de l'occulte. [Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Sanhédrin 67b]

-> Après avoir mangé de l'Arbre de la Connaissance, la Torah dit qu'Adam et 'Hava prirent conscience de leur nudité et se couvrirent de feuilles de figuier. (Béréchit 3,7)
Les kabbalistes juifs expliquent cet événement d'un point de vue ésotérique. L'acte de manger de l'arbre était un acte d'égoïsme qui a lancé les forces de l'impureté dans la réalité. Le monde n'était plus une pure extension d'une réalité spirituelle, mais une existence polluée par la grossièreté/impureté.
Adam et 'Hava ont reconnu que la présence de D. avait été retirée, et ils se sont sentis "nus" et vulnérables à ces forces impures. [voir Zohar]

-> Les fruits représentent la fonction première d'un arbre. Les feuilles représentent une partie plus externe et secondaire de l'arbre. Pour les kabbalistes, le fait de se couvrir de feuilles signifiait qu'ils essayaient de protéger leur moi spirituellement nu et vulnérable en utilisant des forces étrangères à la création. (voir Rékanti)
Le Zohar (Béréchit 36b & 53b) dit que se protéger des forces étrangères à la création signifiait apprendre les arts occultes, et qu'en conséquence, le niveau spirituel d'Adam, autrefois élevé, a été diminué.

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+ La génération du déluge :

-> Adam et 'Hava ont abandonné ces pratiques lorsqu'ils ont quitté le jardin d'Eden, mais plus tard, dans la génération d'Énoch et dans celle du Déluge (maboul), ces arts magiques se sont à nouveau répandus, au point que même les enfants les connaissaient.
L'une des raisons pour lesquelles la génération du déluge n'a pas écouté l'appel de Noa'h à changer ses habitudes est qu'elle pensait pouvoir utiliser sa sagesse occulte pour se protéger. [Zohar Béréchit 56a-b]

-> Lorsque la Torah décrit la génération d'Enoch, elle dit : "En ce temps-là, le nom de D. était invoqué de façon profane" - Béréchit 4,26. Les gens de cette époque utilisaient les noms divins pour manipuler la nature. (ainsi, Noa'h on n'a pas peur de ta prédiction de Déluge, car on pourra utiliser les noms Divin, la magie, pour contrecarrer cela.

Le Méam Loez (Noa'h 5,9-11) écrit : "Lors de la période d'Enoch, la magie noire et les sciences occultes se sont développées au point où même les jeunes enfants connaissaient de telles pratiques. Clamant qu'ils ne craignaient rien, les hommes prétendirent détenir des sortilèges avec lesquels ils contrôlaient même les anges préposées au feu et à l'eau, desquels ils couraient donc aucun danger. "

-> D'ailleurs, même le nom de Noa'h n'était qu'une façade pour le protéger, comme l'enseigne le Méam Loez (Béréchit 5,28-31) sur : "Lémé'h ... engendra un fils, il l'appela du nom de Noa'h" :
Mathusalem, dont la sagesse était immense, avertit Lémé'h de ne pas nommer son fils dès sa naissance.
En effet, en ce temps, les maîtres de la magie noire étaient nombreux, et Mathusalem craignait qu'ils usent de leurs pouvoirs contre l'enfant s'ils connaissaient sa destinée.
Son vrai nom fut tenu secret.
C'est ainsi, aux yeux de tous, ils l'appelèrent Noa'h, mais ses proches savaient que son véritable nom était : Ména'hem [signifiant : "celui qui soulage"], indiquant que si les hommes se repentaient, leur vie serait alors plus douce.

-> La génération de la tour de Bavél pensait neutraliser le Divin par leur magie et leur sorcellerie.
Selon Rabbénou Bé'hayé (Noa'h 11,4), ils pensaient que la tour leur permettrait d'atteindre les sphères supérieures, et l'immortalité des êtres célestes.

-> Par ailleurs,selon la guémara (Kidouchin 49b), 10 mesures de sorcellerie ont été données au monde, et 9 d'entre elles furent prises par l'Egypte
D'une certaine façon, lorsque Pharaon dira qu'il ne connait pas notre D., il voulait signifier que l'Egypte étant la capitale de la magie/sorcellerie, ils étaient tellement forts que D. était comme inexistant en comparaison. )

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+ A l'époque d'Avraham :

-> À l'époque d'Avraham, après le décès de sa femme Sarah, il donna naissance à des enfants avec Kétoura. La Torah ('Hayé Sarah 25,1-6) précise que les enfants qu'il a eus avec elle ont reçu des "cadeaux" et ont été envoyés en Orient.
La guémara (Sanhédrin 91a) enseigne que ces "cadeaux" qu'Avraham leur a offerts étaient des noms divins impurs.
En d'autres termes, il leur a donné des secrets spirituels qui ne nécessitaient pas de pureté rituelle et qui décrivaient la manipulation de l'énergie dans la nature.
Ces noms et secrets leur ont été donnés pour les défendre contre les attaques spirituelles nuisibles. (voir Maharal - Gour Aryé Béréchit 25,6)

Il existe également d'autres explications. Le Panéa'h Raza explique que l'objectif d'Avraham était d'éviter qu'ils ne succombent à l'interdiction beaucoup plus sévère de l'idolâtrie et de leur donner à la place une méthode beaucoup plus bénigne pour découvrir l'avenir.
D'autres soutiennent que l'instruction d'Abraham était purement éducative, qu'ils devaient savoir ce qu'il fallait éviter. (voir Maasé Hashem, haKtav véhaKabbala)

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-> Le Méam Loez ('Hayé Sarah 24,30) enseigne :
La lévitation s'accomplissant également par l'intermédiaire de la magie noire, Eliézer s'éleva au-dessus de l'eau [du puits] afin que Lavan ne pense pas qu'il était un sorcier. En effet, ceux qui pratiquent les sciences occultes voient leurs pouvoirs s'amoindrir au contact de l'eau.
[la guémara (Sanhédrin 67b) enseigne que les sorciers ne peuvent pas réaliser leur magie lorsqu’ils sont en contact avec l’eau (l’eau empêchant tout effet de la sorcellerie).]

-> Lavan savait comment utiliser ces idoles [pour obtenir des pouvoirs extrasensoriels]. Ra'hél les lui vola afin qu'il ne puisse découvrir leur destination. [Méam Loez - Vayétsé 31,19]

-> D'après une opinion (Zohar - Vayichla'h), Lavan ne poursuivit pas Yaakov (lorsqu'il le quitta) pour le combattre physiquement. Yaakov disposait de plus d'hommes que Lavan. Ce dernier désirait tuer Yaakov par des paroles : à l'aide d'incantations magiques ...
Lavan voulait "déraciner" Yaakov de ce monde en usant de la sorcellerie.
[Méam Loez - Vayétsé 31,24]

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-> Selon une opinion, lorsque Yossef vit que la femme de Potiphar essayait de le séduire, il réalisa un double de lui-même sous la forme d'un golem.
Il comptait laisser cet androïde dormir avec la femme de Potiphar, se débarrassant ainsi d'elle.
Sarah avait agi de même avec Pharaon, et Esther eut recours à ce subterfuge avec A'hachvéroch.

Cependant, la femme de Potiphar, elle, connaissait suffisamment la magie pour déjouer cette supercherie.
C'est pourquoi la Torah dit : "Elle le saisit par son vêtement" (Vayéchev 39,12). En hébreu, le mot "béguéd" désigne un vêtement, dont la racine "bagad" signifie : "tromper".
Ainsi, elle "saisit" la tromperie de Yossef, et comprit par quel moyen il tentait de l'abuser.
[Méam Loez - Vayéchev 39,11]