+ La prière d'Arvit :
-> La source qui affirme que Yaakov Avinou a établi la prière d'Arvit est la guémara (Béra'hot 26b) qui dit :
Les Patriarches (Avot) ont fixé les prières (quotidiennes) :
1°/ Avraham, celle de Cha'harit, comme il est dit : "Et Avraham se leva le matin à l'endroit où il se tiendrait" (Vayéra 19,27).
L'expression "se tenir debout" (amad - עָמַד) signifie se tenir debout pour prier, comme il est dit : "Et Pin'has se tint debout et pria".
2°/ Its'hak a accompli la prière de Min'ha, comme il est dit : Its'hak sortit pour parler (lassoua’h - לָשׂוחַּ) dans les champs à l'approche du soir" ('Hayé Sarah 24,63).
Le terme "Parler" (si'ha") signifie toujours prier, comme il est dit : Une prière pour le pauvre lorsqu'il s'enveloppe et que, devant Hachem, il s'épanche (si'ho).
b'h, au sujet de la prière de Min'ha : https://todahm.com/2022/02/08/la-priere-de-minha
3°/ Yaakov a promulgué la prière d'Arvit (Maariv), comme il est dit : "Et il arriva (vayifga) à l'endroit" (Vayétsé 28,11).
L'expression "arriver" (péguia) signifie toujours la prière, comme il est dit : "Et vous, ne priez pas au nom de ce peuple, n'élevez ni cri ni prière, et ne vous approchez pas (al tifga) de Moi".
-> Le rav Yissa'har Dov de Belz demande pourquoi les prières des Patriarches (Avot) sont décrites par 3 termes différents : Amida, si'ha et péguia.
Il répond qu'Avraham a décrété que si un juif se tient en prière devant Hachem, celui-ci entendra immédiatement la prière et l'acceptera. C'est pourquoi sa forme de prière est appelée "amida", debout.
Its'hak, cependant, a reconnu que la grandeur de la prière à Hachem, le Roi de tous les Rois, est quelque chose que tout le monde ne peut pas comprendre. C'est pourquoi il a dit que les gens devraient simplement parler à Hachem et Lui déverser leur cœur. Une fois qu'ils l'auront fait, Il acceptera leurs prières. C'est pourquoi sa forme de prière est appelée "si'ha", parler.
Yaakov a vu que les générations suivantes ne pourraient même pas attendre d'avoir fini de parler à Hachem pour voir une réponse à leurs prières. Elles auraient besoin que leurs demandes soient exaucées dès qu'elles commenceraient à prier.
C'est pourquoi sa prière (arvit) se présente sous la forme de "péguia", s'approcher d'Hachem, ce qui signifie que dès que l'on s'approche d'Hachem et que l'on commence à prier, on est immédiatement exaucé.
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+ Arvit est principalement pour le temps de l'exil :
-> Le Sifté Tsadik cite le 'Hidouché haRim qui explique que la prière d'Arvit, qui est dite la nuit, a été promulguée principalement pour le moment le plus obscure (spirituellement parlant) de l'exil.
Yaakov a créé cette prière afin que même lorsque le peuple juif est entouré de ténèbres, il puisse prier Hachem et que ses prières soient acceptées.
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+ Arvit - amener de la lumière sainte dans l'obscurité de l'exil :
-> "Il arriva à l'endroit et s'y installa, car le soleil s'était couché" (Vayétsé 28,11)
-> Rachi dit que le mot "vayifgach" (il arriva), fait référence à la prière. Cela nous enseigne que Yaakov a accompli prière d'Arvit.
Le rabbi de Tosh (séfer Avodat Avoda) demande pourquoi Yaakov a institué la prière d'Arvit spécifiquement à ce moment-là. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait auparavant?
Il répond qu'à ce moment-là, Yaakov était sur le point d'entreprendre une tâche très difficile. Il se dirigeait vers la maison de Lavan, avec pour mission de prendre les étincelles de sainteté cachées dans sa maison impure et de les élever. Il allait épouser les filles de Lavan et porter les 12 tribus d'Israël avec elles, et de cette façon, établir les fondations du peuple juif.
Afin d'avoir la force de relever un défi aussi difficile et de résister aux épreuves spirituelles qui abondent dans un tel endroit, il a dû créer une lumière nouvelle et éclatante avant de commencer.
Il devait créer une source de sainteté qui n'existait pas encore dans le monde.
Lorsqu'Avraham a édicté les prière de Cha'harit, il a apporté au monde la lumière d'Hachem dans les heures du matin, le moment où la présence d'Hachem est la plus évidente et brille le plus intensément.
Lorsque Its'hak a mis en œuvre la prière de Min'ha, il a apporté à ce monde la lumière d'Hachem dans les heures de l'après-midi, le moment où les défis sont plus évidents et où les forces obscures commencent à avoir du pouvoir.
Yaakov a réussi à apporter une nouvelle lumière au monde. Il a éclairé les heures de la nuit, illuminant le moment où les défis sont les plus importants. Il avait besoin de cette lumière pour combattre l'impureté de la maison de Lavan et établir le peuple juif dans cet endroit sombre (spirituellement parlant).
Nous pouvons en tirer la leçon que Arvit est grand et puissant. C'est une lumière vraiment grande qui peut vaincre les forces des ténèbres d'une manière que les autres prières ne peuvent pas.
[en faisant la prière d'Arvit, on utilise dans l'incroyable chemin spirituel qu'a créé Yaakov, qui génère à chaque fois une lumière impactante dans l'obscurité. ]
-> En ce sens, le rav Elimélé'h de Lizhensk dit à son élève le rav Naftali de Ropshitz : "La lumière de la prière d'Arvit est plus grande que la lumière des autres prières".
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-> Le rabbi de Tosh enseigne également :
Bien que les mots de la Amida d'Arvit soient les mêmes que ceux de Cha'harit et Min'ha, les "tsiroufim" et les "kavanot" qui sont accomplis à travers eux sont différents.
Même si la plupart des gens ne connaissent pas du tout ces kavanot, le fait même qu'ils récitent ces prières avec enthousiasme et dévotion permet d'obtenir le résultat escompté, comme si la personne était consciente de tout ce qu'elle fait.
La prière évoque la "dvékout", l'attachement à Hachem. Grâce à la prière, on peut s'attacher automatiquement à la grande sainteté contenue dans les mots.
La grande lumière et la sainteté de la prière d'Arvit sert de protection à la personne qui les récite correctement et la protègent des forces néfastes. Cette protection permet à la personne de passer le reste de la nuit immergée dans la sainteté et la pureté.
-> Le rabbi de Tosh conclut :
Tout le monde veut élever des générations justes (dorot yécharim). Chacun déploie de nombreux efforts pour éduquer correctement ses enfants. Tout le monde cherche des ségoulot pour dorot yécharim. En particulier à notre époque sombre, il n'est pas facile d'élever de bons enfants.
Le meilleur conseil que l'on puisse donner aux parents est de faire attention à la prière d'Arvit.
Si l'on fait Arvit avec dévotion, on a une ségoula extraordinaire pour avoir des enfants bons et saints.
Tout comme Yaakov, qui a promulgué Arvit, a mérité 12 fils saints, toute personne qui fait Arvit correctement méritera d'avoir de bons enfants.
[en instituant Arvit, Yaakov a créé un chemin spirituel qui permet par les mots de cette prière d'amener des lumières de sainteté particulièrement efficace pour contrecarrer l'obscurité de notre exil, les périodes sombres de la vie. En un sens, en faisant Arvit avec kavana, on apporte une lumière pour éclairer pour le meilleur nos proches, et le peuple juif. ]
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+ Arvit - Obtenir des délivrances miraculeuses :
-> Le rav Avraham Shalom de Stropkov (séfer Divré Shalom) cite le Divré Yé'hezkel de Shineva qui dit : "Pendant la prière d'Arvit, nous pouvons demander tout ce que nous voulons, même du lait de pigeon."
Son intention était que l'on peut même demander des choses qu'il est presque impossible d'acquérir par des moyens naturels et qui nous seront accordées grâce au pouvoir incroyable d'Arvit.
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-> Le Sifté Tsadik explique que Yaakov a édicté que même en période d'exil et d'obscurité, chaque juif, à quelque niveau que ce soit, peut s'adresser directement à Hachem et voir ses demandes exaucées.
C'est ce qui ressort du pasouk où Yaakov dit : "Si Hachem est avec moi et qu'Il me protège" (Vayétsé 28,20). Le midrach (Béréchit rabba 70,4) dit que Yaakov demandait à être protégé des quatre péchés cardinaux : le lachon ara, l’immoralité, l’idolâtrie et le meurtre.
Il est évident qu'il ne priait pas pour lui-même, car il était loin de ces fautes graves. Il priait plutôt pour ses descendants (chaque juif) qui vivraient dans des générations avec un niveau spirituel très bas, et il demandait qu'ils bénéficient de cette protection et qu'ils puissent trouver leur propre endroit pour parler à Hachem dans la prière.
C'est ce que suggère le fait qu'il est dit que Yaakov est arrivé à "l'endroit", comme si l'endroit était célèbre. Il est connu qu'Hachem a pris la place de Har Hamoria et l'a apportée à Yaakov, et c'est "l'endroit" dont il est question dans le verset.
Cela symbolise donc le fait que lorsque l'on fait appel à Hachem, on trouve un lieu de sainteté.
[derrière le fait que Yaakov a établi avec Hachem la prière du soir (arvit), en réalité il y a l'idée que lorsqu'un juif est dans une période obscure de sa vie, qu'il lui arrive des choses dures (ex: c'est injuste, Hachem m'aime pas) ou bien qu'il a fait les pires choses (ex: c'est fichu, trop tard, je suis descendu trop bas), en réalité il y a toujours de l'espoir de pouvoir tant renverser pour le bien. Grâce à Yaakov lorsque l'on se tourne sincèrement en prière à Hachem, alors automatiquement on bénéficie d'une grande proximité et sainteté avec Hachem. ]
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-> Avraham a établi le principal canal de la prière en accomplissant la prière de Sha'harit le matin, alors que la lumière du jour grandit et que la bonté d'Hachem se révèle.
Puis, Its'hak est allé plus loin en accomplissant la prière de Min'ha l’après-midi, alors que la lumière du jour s’estompe (un aspect du jugement, rigueur Divin).
Cependant, Yaakov fut le premier à accomplir la prière d'Arvit au cœur de l’obscurité de la nuit. Ce faisant, Yaakov a ouvert la voie pour que nous puissions tous trouver la force d’ouvrir la bouche et de prier Hachem, même pendant la "nuit" de la vie, lorsque nous sommes fatigués, épuisés et vides.
C’est grâce à ces prières que nous méritons la plus grande révélation de la Présence d'Hachem, comme le dit la Torah : "Et voici, Hachem se tenait au-dessus de lui!" (Vayétsé 28,13).
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Min'ha 7,85 ]
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-> Tout comme dans la vie de la personne, on peut distinguer des périodes de "Nuit" et de "Jour", chaque journée a ses "Jours et ses Nuits", si l'on peut dire, ses moments de Lumière et d'Obscurité.
Ces concepts sont d'autant plus clairs si on se réfère à la série de prières quotidiennes que le juif récite pendant le cycle de 24 heures.
Ce furent les Patriarches qui instituèrent les trois prières quotidiennes : Avraham institua la prière du matin, Its'hak celle de l'après-midi et Yaakov celle du soir (Béra'hot 26b).
Nos Sages enseignent que les prières du matin et de l'après-midi sont obligatoires, et celle du soir facultative (Béra'hot 27b). De nos jours, même cette dernière est devenue obligatoire (Ora'h 'Haïm 237:1).
-> Le cycle des 24 heures d'un juif commence la nuit. La Nuit représente la confusion et les difficultés, ce que la terminologie de la Kabalah appelle jugements (rigueur) ou dinim (opposés au Jour, la grâce (bonté), le 'hessed).
La prière du soir, qui est la première des prières quotidiennes, est par conséquent récitée avant l'assaut des dinim. Quand abondent ces dinim, à la tombée de la nuit, nous devons être capables de voir au-delà de la Nuit, au-delà des difficultés et de la confusion qui nous assaillent"
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Arvith 4,1-2 ]
Arvit est ainsi la prière nous guide "à travers la nuit (l'Obscurité)".
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-> Rabbi Nathan (Likouté Halakhot - Min'ha 7,89) écrit également :
"Puisque la prière du soir n'est pas obligatoire, et que celui qui la récite le fait comme une offrande, par désir profond, et pas par obligation, pourquoi Yaakov devait-il l'instituer? Quelqu'un aurait-il supposé qu'il est interdit de prier la nuit, pour que Yaakov eût à établir un précédent pour montrer que c'est permis? Quelle est, en outre, la valeur d'une coutume ou d'une dévotion facultatives?
C'est que Yaakov prévit les exils du Peuple d'Israël, les longues Nuits et les obstacles à la dévotion divine, sans cesse grandissants. Il anticipa la prolongation des ténèbres, créées par les forces contraires à la spiritualité.
Il établit donc la prière du soir, pour montrer qu'au milieu des ténèbres, il existe un sentier par lequel nous pouvons toujours retourner vers Hachem.
Il prévit aussi que par suite des ténèbres épaisses engendrées par le long exil, il serait impossible de forcer les gens à prier. L'exil amer, la Nuit, est un concept de silence.
C'est comme une personne, intimidée par son entourage, asservie à une longue souffrance muette dont elle ne voit pas l'issue, qui ne peut pas élever la voix pour se plaindre de sa situation.
En vérité, sans les grands Tsadikim de toutes les générations, dont les prévisions et la force spirituelle nous guidèrent à travers la longue nuit de l'exil, nous n'aurions jamais pu résister aux pressions et à l'oppression des exils et nous aurions depuis longtemps perdu tout espoir d'adresser nos prières à Hachem et revenir vers Lui.
"Ainsi, Yaakov arriva à l'endroit ... et y passa la nuit... Il fit un rêve où il vit une échelle qui était dressée sur la terre, et dont le sommet atteignait le ciel" (Vayétsé 28,11-12).
En y passant la nuit, et en descendant là où il descendit, pour s'élever par la suite jusqu'au Ciel, Yaakov établit le précédent que même dans les ténèbres les plus épaisses de la Nuit la plus longue, nous devons nous éveiller avec l'ardent désir d'adresser nos prières à Dieu et de retourner vers Lui.
C'est cela la prière du soir : ne jamais désespérer!
Mais si la prière du soir est d'une telle importance, pourquoi alors fut-elle déclarée facultative à l'origine?
La première prière liturgique quotidienne fut instituée pour aider ceux qui ne pouvaient pas implorer Hachem sans un rite formel pour présenter leurs prières.
La prière la plus complète et la plus efficace est cependant celle que l'on prononce spontanément, du fond du cœur, cette prière faite en toute intimité avec Hachem, dans un endroit isolé, connue sous le nom de hithbodédout.
C'est ce que Yaakov avait à l'esprit : une prière spontanée que l'on peut toujours offrir, où que l'on soit et quoi qu'on ait fait dans le passé. C'est la prière facultative instituée par Yaakov et connue sous le nom de Maariv (Arvit).
Son intention était de nous donner le courage de ne jamais désespérer, jamais, même dans les moments les plus sombres."
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-> b'h, également : Arvit - une ségoula pour avoir de bons enfants : https://todahm.com/2024/11/08/43871