Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

D'après la loi de la gravité, nous sommes tirés vers la terre, le monde physique. Pour nous élever, nous devons combattre la force d’attraction.
De même, pour nous hisser spirituellement, nous devons combattre le monde matériel et nos désirs qui nous tirent [naturellement] vers le bas.
[Pné Ména'hem]

L’attachement à D. est la clé qui ouvre tous les verrous.
Chaque juif, même le plus simple, a la capacité de s’attacher aux mots de la Torah et de la prière, atteignant ainsi les plus hauts degrés d’unité avec D.
[Baal Chem Tov]

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-> D. commanda à Noa'h d’ "entrer dans la tévah" (qui signifie littéralement "arche", mais également "mot").
Il faut pénétrer dans les lettres de la Torah et de la prière et s’y attacher. Cela protège la personne et l’ensemble de sa famille élargie, leur permettant de recevoir de D. tout ce dont ils ont besoin.
[Baal Chem Tov]

[de même que rentrer dans l'arche a permis de survivre au Déluge, de même en rentrant de tout notre cœur dans la Torah et la prière on se sauve (ainsi que ses proches) de toutes tempêtes de la vie, recevant à la place le meilleur.]

+ En célébrant [dans la difficulté] le fait que Hachem viendra [avec certitude] à notre secours, nous avons déjà fourni le remède.
[Baal Shem Tov - Kéter Chem Tov - Appendix 234]

+ Imaginez que le Créateur, dont la gloire remplit la terre, Lui et Sa présence sont continuellement avec vous. C'est la plus délicate de toutes les expériences.

Dites-vous : "Il est le Maître de tout ce qui se passe dans le monde. Il peut faire tout ce que je désire. Il n'y a donc aucun sens à ce que je mette ma confiance en autre chose qu'en Lui, qu'Il soit béni."

Réjouissez-vous constamment. Réfléchissez et croyez avec une foi totale que la Présence divine est [constamment] avec vous et vous protège ; que vous êtes lié au Créateur et que le Créateur est lié à vous, à chacun de vos membres et à chacune de vos facultés ; que votre attention est fixée sur le Créateur et que l'attention du Créateur est fixée sur vous.

Le Créateur peut faire ce qu'il veut. S'il le souhaitait, Il pourrait anéantir tous les mondes en un seul instant et les recréer tous en un seul instant. C'est en Lui que s'enracinent toute la bonté et tous les jugements sévères du monde. Car le courant de son énergie traverse chaque chose.

Et dites-vous : "Quant à moi, je ne m'appuie pas, ni je ne crains, quelqu'un ou quelque chose d'autre que Lui, béni soit-Il".
[Baal Chem Tov - Tsavaat haRivach 137]

Privilégier le fait d’être joyeux, à vouloir être trop stricte avec soi-même

+ Privilégier le fait d'être joyeux, à vouloir être trop stricte avec soi-même :

-> Ne vous laissez pas emporter par l'excès de détails dans tout ce que vous faites. C'est votre mauvaise impulsion qui travaille contre vous. Elle a l'intention de vous faire souffrir en insistant sur le fait que vous n'avez pas rempli vos obligations, juste pour vous rendre dépressif.
La dépression est une attitude répréhensible, le plus grand obstacle au service du Créateur, béni soit-Il.

Même si vous trébuchez dans la faute, ne vous complaisez pas dans la misère [morale]. Cela détruirait tout ce que vous avez accompli jusqu'à présent et ferait de vous une proie facile pour les mauvaises pulsions, puisque vous avez le sentiment d'être une cause perdue de toute façon. Votre service divin s'effondrerait.

Il suffit d'être attristé par la faute, d'avoir honte devant le Créateur et de l'implorer d'absoudre le mal que vous avez fait. Puis revenez à la joie du Créateur, puisque vous regrettez totalement ce que vous avez fait et que vous avez résolu dans votre esprit de ne plus jamais faire de bêtises de ce genre.

Même si vous savez avec certitude que vous n'avez pas rempli vos obligations dans certains domaines en raison de nombreux obstacles, ne vous laissez pas abattre. Considérez que le Créateur, examine tous les cœurs et toutes les entrailles. Il sait que vous avez voulu faire les choses le mieux possible, mais que vous n'avez pas pu.
Et puis, fortifie-toi dans la joie du Créateur, qu'Il soit béni.
[Baal Chem Tov - Tsavaat haRivach 46]

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-> Parfois, l'impulsion au mal (yétser ara) vous trompe, vous reprochant une transgression majeure alors qu'en réalité vous n'avez fait que négliger un détail supplémentaire, voire n'avez commis aucune transgression du tout. Son intention?
Vous rendre malheureux, et dans votre malheur, vous renoncerez à servir votre Créateur.

Méfiez-vous de cette ruse.
Répondez à cette impulsion et dites : "Je ne vais pas prêter attention à ce détail supplémentaire dont tu parles. Je connais ton intention : m'empêcher de servir mon Créateur, béni soit-Il. Je sais que tu dis des mensonges. Même s'il y a un peu de faute ici, mon Créateur a plus de plaisir si je ne fais pas attention à un détail technique (négatif que j'ai pu faire), par lequel tu essaies de me manipuler pour me faire servir dans la tristesse, et si je le sers au contraire avec joie."

"Après tout, je ne fais pas cela pour mon propre bénéfice, mais pour Lui apporter du plaisir. Ainsi, si j'ignore ce détail, mon Créateur n'y verra pas d'inconvénient, puisque je l'ignore uniquement pour pouvoir continuer à Le servir! Comment pourrais-je perdre ne serait-ce qu'un instant de Son service ?!"

Il s'agit là d'un premier principe pour servir le Créateur : se méfier le plus possible de la tristesse.
[Baal Chem Tov - Tsavaat haRivach 44]

"Vous ne mangerez pas sur le sang" (Kédochim 19,26)

-> La guémara explique que ce verset signifie qu'il est interdit de manger avant de prier sur son sang, c'est à dire que le matin, on ne mangera pas avant d'avoir prié.

La raison profonde de cet interdit est que lorsqu'un homme mange un aliment matériel, il ingère en lui de la matérialité. L'objectif est d'élever et de réparer cette matérialité, en l'utilisant dans l'objectif de prendre des forces pour servir Hachem.
Mais cet objectif ne peut être accompli que par la force de la néchama, l'âme Divine qui est en chaque juif, et dont la mission sur terre est justement de réparer et d'élever la matérialité du monde et du corps.
Néanmoins, la néchama se retire du corps pendant le sommeil, la nuit, et bien qu'elle revienne en lui au réveil, elle ne récupère toute sa force et ne se dévoile comme il se doit dans le corps qu'après la prière du matin.
Avant la prière, la Nechama étant encore faible, elle n'a pas la force d'élever la matérialité de la nourriture.
C'est pourquoi, il sera alors interdit de manger, car si la néchama ne peut élever la nourriture, l'alimentation aura comme effet de renforcer la matérialité et la grossièreté du corps. Car une matérialité non élevée, entraîne au contraire un renforcement de la grossièreté de l'homme.
[Séfarim]

La Torah

+ La Torah (selon le Sfat Emet) :

-> En théorie, la Torah n'est pas le domaine exclusif du peuple juif.
En effet, on nous dit (Yalkout - Zot Habéra'ha) qu'avant de donner la Torah à Israël, Hachem a offert à toutes les autres nations la possibilité de l'accepter et qu'elles l'ont toutes refusée.
Il est très probable que si la Torah avait été donnée à l'une des autres nations, elle aurait été présentée sous une forme plus simple et plus basse que la forme actuelle. La Torah est suffisamment polyvalente pour avoir une signification pour tous les peuples.

À l'inverse, le midrash (Sifri - Zot Habéra'ha) raconte que les anges ne voulaient pas renoncer au contrôle de la Torah et tentèrent d'empêcher Moché de la transmettre aux juifs.
Nous pouvons supposer que s'ils avaient réussi à conserver la Torah pour eux-mêmes, elle aurait été sous une forme plus élevée, plus rare. Cependant, comme elle n'a été donnée ni au monde non-juif ni aux anges, mais au peuple juif, la meilleure situation possible s'est produite.
Non seulement les juifs ont reçu la Torah sous la forme la plus appropriée à leurs besoins, mais ils ont également reçu toutes les autres configurations possibles de la Torah, depuis les aspects spirituels les plus élevés concernant les anges jusqu'aux niveaux les plus simples destinés au monde non juif.

Il est significatif que la Torah fasse allusion au fait qu'Hachem a pris la forme de la Torah sous la forme la plus appropriée à leurs besoins.

Hachem a pris la Torah des anges pour la donner juifs, en utilisant une expression araméenne : "véata mérivévot kodech" (et elle est venue des myriades de sainteté - וְאָתָה מֵרִבְבֹת קֹדֶשׁ - Vézot haBéra'ha 33,2).
Étant donné que les anges ne comprennent pas l'araméen, cette déclaration n'est pas de nature à susciter leur jalousie. Même si les anges se situent à un niveau spirituel bien plus élevé que les humains, les mortels, et les juifs en particulier, ont la possibilité d'utiliser la Torah pour s'élever à un niveau supérieur à celui des anges.
[Sfat Emet - Shavouot 5636]

-> Nos Sages (guémara (Shabbath 88b) racontent que des épices aromatiques ont saturé le monde lorsque chacun des 10 Commandements a été donné.
Ces "épices" symbolisent, entre autres, ces fragments de Torah qui se sont accrochés aux autres nations du monde. Le fait qu'Hachem ait donné la Torah en 70 langues montre clairement que Hachem voulait que toutes les nations en aient une partie, et pas seulement les Juifs.
[Sfat Emet - Shavouot 5631]

-> Le rôle des juifs en tant qu'entonnoir de la Torah pour les autres nations est analogue au rôle de la terre d'Israël dans l'apport de moyens de subsistance au reste du monde.
La terre d'Israël est décrite comme une "terre que Hachem, votre D., scrute continuellement" afin de pourvoir à ses besoins. En son honneur, le monde entier est béni à son tour par la pluie et la subsistance.
[Sfat Emet - Shavouot 5646, 5653, 5655]

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-> Plus encore que de donner forme et direction au monde naturel, la Torah est également le fondement de l'existence continue de la nature.
Nous disons chaque matin dans Pessouké déZimra : "Béni soit Celui qui parle et qui agit". Cette phrase fait référence à la création du monde par le biais des "10 Paroles [créatrices]" (voir Pirké Avot 5,1).
La prière se poursuit par "Béni soit Celui qui décrète et maintient" = en décrétant la Torah à son peuple à travers les 10 Commandements, Hachem maintient l'univers tout entier.
[Sfat Emet - Shavouot 5633]

-> L'impact de la Torah s'est fait ressentir sur l'ensemble de la nature, mais la Torah est plus grande que la nature.
Les secrets que la nature n'est pas disposée à révéler peuvent être acquis en se plongeant dans la Torah. C'est pourquoi le monde a été créé avec la lettre beit (dans le mot Béréchit), qui est fermée sur trois côtés et ouverte d'un seul côté, pour indiquer que nous ne devons pas réfléchir trop profondément à ce qui est au-dessus de nous ou aux secrets intérieurs cachés du monde naturel.
La Torah a cependant été donnée en commençant par la lettre alef (ano'hi Hachem Eloké'ha), qui est ouverte des quatre côtés, car la Torah a précédé le monde. Ainsi, le peuple juif peut reconnaître qu'Hachem a créé le monde, directement à travers la Torah, sans avoir à s'appuyer sur les preuves du monde naturel.
[Sfat Emet - Shavouot 5663]

-> Le mot Torah peut être rapproché du mot : "orah"(אורה - une lumière).
La Torah est une lumière à travers laquelle nous pouvons percevoir la présence d'Hachem dans tous les aspects de la vie.
Les premiers mots des 10 Commandements suggèrent cette signification : "et D. dit toutes ces choses en disant, Je suis Hachem, Ton D." (Yitro 20,1-2) = grâce à la Torah, on peut percevoir Hachem (Je suis Hachem, ton D.) dans toutes les facettes du monde (toutes ces choses).
La véritable crainte d'Hachem ne vient que de l'utilisation de la lumière de la Torah pour apprécier la sainteté présente dans toute la vie et pour reconnaître que toute l'existence n'est soutenue que par Hachem.

Nous pouvons également établir un lien entre les mots Torah et "yirah" (יראה - la crainte), ce qui suggère que la véritable crainte d'Hachem découle d'une étude approfondie de la Torah.
Le Téhilim (111,10) fait allusion à cela : "Le commencement de la sagesse est la crainte d'Hachem."

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-> La Torah a un impact non seulement sur la nation juive dans son ensemble, mais aussi sur les individus. Ce n'est que par la Torah qu'un individu peut grandir et se rapprocher d'Hachem.
Alors que les anges partent d'un niveau plus élevé que les mortels, puisqu’ils sont dispensés de toute préoccupation matérielle, la Torah donne aux humains le pouvoir de s'élever au-dessus des anges.

La Torah n'aide pas seulement le juif à vivre dans ce monde, elle le prépare également à la vie dans le monde à Venir.
La bénédiction que nous récitons après une lecture publique de la Torah, "Qui a implanté en nous la vie éternelle", fait en réalité référence au monde à Venir, la vie perpétuelle que l'on acquiert par l'étude de la Torah.
[Sfat Emet - Shavouot 5636]

-> Même dans ce monde, cependant, un juif ne peut atteindre son plein potentiel que par la Torah, comme nous le disons chaque jour dans la prière Ouva léTsion : "Qu'Il ouvre notre cœur par Sa Torah" = la Torah ouvre le cœur du juif à la crainte du Ciel (yirat Chamayim).
Le guémara (Shabbath 31b) compare la crainte du Ciel à une maison, en ce sens qu'elle est le point central de la vie juive. La Torah est décrite comme la porte par laquelle un juif peut entrer dans cette "maison" et être capable de s'élever jusqu'au royaume élevé de yirat Chamayim.
[Sfat Emet - Shavouot 5636, 5639, 5640]

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-> La Torah que nous connaissons n'est que la surface extérieure d'un phénomène beaucoup plus profond.
Nos Sages (Pessikta Béra'ha) ont fait allusion à la profondeur de la Torah en la qualifiant de feu noir écrit sur une toile de fond de feu blanc. Alors qu'une grande partie de la Torah peut nous paraître mystérieuse, comme une boule opaque de feu noir, c'est toujours juste sous cette surface que se trouve la véritable signification de la Torah, avec toute la clarté du feu blanc.
[Sfat Emet - Shavouot 5638]

-> La Torah est comparée au feu, non seulement en raison du pouvoir destructeur du feu, mais aussi pour suggérer la permanence et la vigueur du peuple juif. Le feu de l'amour perpétuel d'Hachem pour nous brûle comme une flamme éternelle.
Comme l'écrit le roi Salomon : "Beaucoup d'eau ne peut éteindre l'amour" (Chir haChirim 8,1).
Tous les forces du monde ne peuvent éteindre l'amour qui brûle comme un feu entre Hachem et nous.
[même si un déluge d'eau s'abat, le feu d'amour d'Hachem pour les juifs (individuellement et collectivement) ne s'éteint pas. ]
[Sfat Emet - Shavouot 5660]

Dire du lachon ara = le contraire de remercier Hachem

+ Dire du lachon ara = le contraire de remercier Hachem :

-> Le rav Weinfeld (Kountres ouvéYom Sim'hatkhem p.52) explique que la racine du lachon ara étant la négativité, son opposé est la positivité.
Seule une personne ayant une attitude positive peut remercier Hachem pour toutes les choses extraordinaires qu'Il lui donne.

Nous avons tous du mal à naturellement rester optimistes. Avec très peu d'efforts, nous pouvons remarquer toutes les bonnes choses que nous avons dans la vie. Pourtant, nous perdons facilement notre concentration et commençons à pinailler, voire à interpréter à tort un élément positif comme étant négatif (ex: disant du lachon ara).
C'est à nous de choisir la bonne perspective.

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3,217) compare la personne qui parle du lachon ara à une mouche.
Bien qu'elle puisse atterrir n'importe où sur un immense et magnifique comptoir en marbre, la mouche se dirige directement vers la petite tâche sale où de la nourriture s'est renversée.
De la même manière, il y a tant de bonnes choses sur lesquelles se concentrer dans n'importe quelle situation, mais certaines personnes se focalisent sur les mauvaises.

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si’hot Moussar 5731:22) enseigne que la faute des explorateurs dans le désert n'était pas leur mauvaise parole, mais plutôt leur mauvais œil, la perspective négative qui les poussait à parler de manière négative.
Ce sont les 40 jours passés à recueillir toutes les informations négatives possibles qui ont scellé leur destin.
Par exemple, les meraglim ont décrit la terre d'Israël comme étant "une terre qui consume ses habitants" (Chéla'h Lé'ha 13,32). Rachi explique que partout où ils se sont tournés, ils ont vu des gens enterrer leurs morts. Hachem a délibérément préoccupé les habitants avec des funérailles, poursuit Rachi, afin que personne ne remarque la mission d'espionnage.
Pourtant, la perspective négative des explorateurs les a conduits à transformer ces événements, qui étaient à leur avantage, en un dénigrement de la terre d'Israël.

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[ainsi, exprimer notre gratitude à Hachem revient à reconnaître que tout n'est grâce à Lui, que nous Lui sommes dépendants, et nous avons donc une "dette de redevabilité" Or l'être humain préfère trouver un petit défaut, se plaindre, voir dire du lachon ara, et ainsi évacuer/diminuer cette "dette" (puisque tout n'est pas parfait à nos yeux!).]

-> Voir le positif et remercier Hachem peut même prolonger la vie. Comme le demande le roi David de manière rhétorique : "Quel intérêt y a-t-il à ce que je meure? ... La poussière Te reconnaîtra-t-elle?" (Téhilim 30,11) = reconnaître Hachem justifie la poursuite de notre vie!

+ Venez voir qui a contribué à rapprocher les gens de leur Père céleste, qui l'emporte sur les forces du mal (sitra a'hra), qui élève le nom d'Hachem, qui soutient ce monde et l'autre... dans le monde à venir, les 12 portes du Gan Eden lui sont ouvertes afin qu'il puisse se réjouir avec ceux qui y habitent.

Si les gens savaient combien de bénéfices et de mérites sont accordés à celui qui rapproche les juifs de Hachem, ils poursuivraient les juifs afin de leur donner du mérite, tout comme on poursuit la vie.
Celui qui fait la charité aux pauvres mérite beaucoup de choses, mais celui qui apporte du mérite aux juifs et qui se rapproche de ceux qui sont éloignés mérite beaucoup plus parce qu'il répare l'âme et provoque la soumission des forces du mal (sitra a'hra) dans le monde.
[Zohar - Terumah 128-129]

Donner du spirituel à autrui = perte de temps ou gains énormes?

+++ Donner du spirituel à autrui = perte de temps ou gains énormes?

+ "Avram prit Saraï son épouse et Loth, le fils de son frère, et toutes leurs possessions qu'ils avaient acquises et les âmes qu'ils avaient faites (véét anéfech acher assou = litt. et l'âme qu'ils avaient faites) à 'Haran" (Lé'h Lé'ha 12,5)

=> Ce verset fait référence aux personnes qu'Avraham a amenées à croire en Hachem. Pourquoi les multitudes de convertis sont-elles appelées au singulier "néfech", littéralement une seule âme? De très nombreuses personnes/âmes n'ont-elles pas été influencées par Avraham?

-> Le rav Zev Leff suggère qu'il s'agit peut-être d'une allusion au fait que celui qui est mékarev (rapproche autrui de D.) avec les autres s'élève et se complète lui-même également.
Le "néfech" (âme) à laquelle le verset fait allusion est l'âme d'Avraham, qui était mékarev avec les autres.

-> Le rav Moché Feinstein (Dibrot Moché - Kidouchin, Daf 29, héara 9) écrit que celui qui consacre du temps de son propre temps d'étude pour élever spirituellement d'autres personnes ne perdra rien du fait de ses efforts en faveur des autres.

C'est peut-être ce que le Meïri veut dire lorsqu'il affirme que cette démarche est "la perfection ultime de la sagesse" ("tachlit hachlémout - Séfer haMidot).

-> Le Tana déBé Eliyahou (13, et Tana déBé Eliyahou Rabba 27) écrit :
"Celui qui comprend la Torah devrait donner sa Torah à d'autres ... afin que sa propre connaissance s'accroisse. Tout comme Aharon haCohen est allé enseigner la lecture du Shéma ... de même, quiconque le fait mérite : "déa, bina, véhackel" (la sagesse, la perspicacité et la compréhension - bénédiction de la Amida de Ata 'honen)."

-> La guémara (Kétoubot 50a) cite le verset : "La richesse et les biens sont dans sa maison, et sa charité dure toujours" (Téhilim 112,3).
La guémara pose la question suivante : comment la richesse et les biens d'une personne peuvent-elles rester dans sa maison alors que sa charité est éternelle?
Rav Houna et Rav 'Hisda ont débattu de cette question. L'un d'eux a dit : "Il s'agit de quelqu'un qui étudie la Torah et l'enseigne. Il ne perd rien de ce qu'il possède, alors que sa charité envers les autres perdurera."

-> Le 'Hatam Sofer (Pitiu'hé 'Hotam) dit que lorsqu'une personne donne de son temps pour aider les autres dans leur spiritualité, Hachem l'aidera à atteindre les plus hauts niveaux de spiritualité.
Avec seulement un peu de temps, celui qui donne sera capable d'atteindre des sommets jamais atteints auparavant.
Dans un autre endroit, le 'Hatam Sofer (Ki Tavo) dit que si une personne fait des efforts pour les autres, elle méritera plus d'années de vie pour être en mesure d'aider les autres.

-> Le Steipler (Karyana déIgarta - vol.2, lettre 63) affirme que les personnes occupées à apporter du mérite aux autres mériteront l'aide Divine pour accomplir plus que ce que leurs talents naturels leur permettraient normalement d'accomplir.
Il écrit qu'une telle personne s'accomplira certainement dans son étude [de Torah] même si elle passe du temps à aider les autres par son action.

Dans une autre lettre, le Steipler (Karyana déIgarta, vol.2, p.72) écrit qu'en consacrant seulement quelques heures par semaine à renforcer autrui dans la religion, on peut mérite l'aide Divine dans son étude de la Torah, plus que ce que son intellect est capable d'accomplir.

-> De même, le Ktav Sofer (Bé'houkotaï 26,3) écrit que quelqu'un qui enseigne à des 'élèves' sera capable d'accomplir en une heure ce que d'autres mettent de nombreuses heures à accomplir. C'est parce qu'il a le mérite du public.

-> Selon le Sefer Zikaron (Hilkhot Talmud Torah), en enseignant aux autres, "sa Torah sera gardée et sera comme un "maayan hamitgaber" (une source puissante), se déversant continuellement, et elle créera des fruits qui produiront d'autres fruits".

-> Le rav Guerchon Edelstein explique que celui qui enseigne la Torah aux autres ne reçoit pas seulement une récompense pour ses propres actions ; il reçoit également l'aide du Ciel pour mériter de comprendre la vérité de la Torah, même si ses capacités d'analyse ne sont pas au plus haut niveau.
Le rav Edelstein dit qu'il s'agit d'une récompense mesure pour mesure, car si quelqu'un fait comprendre la Torah à quelqu'un d'autre, il reçoit en retour une meilleure compréhension de la Torah lui-même.

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-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm 1,1) écrit qu'il y a 2 façons de mériter l'assistance divine : "hévou métounim badin" et "haamidou talmidim harbé" (Pirké Avos 1,1).
"hévou métounim badin" = signifie apprendre avec beaucoup d'attention, ce qui permet de comprendre la Torah avec une grande précision.
"haamidou talmidim harbé" = se réfère à quelqu'un qui enseigne aux autres, garantissant que la Torah ne sera pas oubliée par le peuple juif et qu'elle sera, en fait, augmentée et renforcée. Cela apporte l'aide du Ciel dans son propre apprentissage/étude.

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-> "Le cœur de son mari compte sur elle, et il ne manquera pas de fortune" (bata'h ba lev baala, véchalal lo yé'hsar - Michlé 31,11).
Le Séfer haMakné (Introduction) écrit que ce verset fait référence à ceux qui donnent de leur temps pour le bien des autres et leur enseignent la Torah.
Ces personnes ne perdront pas leur propre quête spirituelle en donnant de leur temps aux autres.

-> "Quiconque apporte du mérite à la communauté ne commettra pas de faute" (Priké Avot 5,18)
Nous pourrions penser que celui qui apporte du mérite aux autres est spirituellement perdant en raison du temps et de l'énergie qu'il leur consacre, ce qui l'empêche d'apprendre la Torah et de se concentrer sur ses propres réalisations spirituelles.
Le Yisma'h Moche explique que le mot pour "faute" ('hét) peut signifier "vide" ou "manque".
La michna nous enseigne que celui qui amène les autres à la droiture, "in 'hét ba al yado" = il ne sera pas spirituellement lésé par ses efforts.

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+ L'exemple d'Avraham :

-> Le 'Hatam Sofer (Pitou'hé 'Hotam) enseigne que nous devons consacrer de notre temps à la réussite spirituelle des autres, même si cela doit se faire au détriment de notre propre ascension spirituelle.
Avraham nous a enseigné qu'il est bon pour l'homme de minimiser sa propre perfection afin d'apporter plus d'honneur à Hachem, en diminuant ceux qui vont à l'encontre de Sa volonté et en augmentant le nombre de Ses serviteurs et de ceux qui Le connaissent.

Avraham Avinou n'a jamais atteint le niveau de prophétie de Yéhayahou, Yirmiyahou et Yé'hezkel. C'est parce qu'il n'a pas eu le temps de s'isoler dans ses pensées et de s'attacher aux niveaux de prophétie, en raison de son emploi du temps chargé d'enseigner aux autres ce qu'est Hachem.
Le 'Hatam Sofer dit que si les élèves d'Avraham avaient été d'un niveau élevé, ses efforts pour leur enseigner la vérité n'auraient pas entravé sa méditation spirituelle, mais comme il leur enseignait des concepts de base, cela l'a empêché de se concentrer et de canaliser ses pensées pour l'amener au plus haut niveau de la prophétie.
Néanmoins, Avraham passait son temps à rapprocher les autres d'Hachem, sans se soucier des conséquences que cela pouvait avoir sur son ascension spirituelle personnelle.

Le 'Hatam Sofer (Pitou'hé 'Hotam) écrit aussi que ous constatons qu'Hachem a par la suite béni Avraham en lui accordant les niveaux spirituels les plus élevés, comme il est dit : "Vais-je cacher quelque chose à Avraham?" (ama'hassé ani méAvraham - Vayéra 18,17). Hachem dit qu'Avraham, dont l'amour pour Hachem l'a poussé à tendre la main aux autres et à renoncer à l'élévation de sa propre spiritualité, ne mérite pas de voir ses niveaux spirituels compromis. Par conséquent, son niveau de prophétie ne l'empêchera pas de voir Hachem : "Vais-je cacher quelque chose à Avraham?"

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+ L'exemple de Moché :

-> Rachi (sur Béaaloté'ha 11,17) cite le Sifri qui dit que Moché est comparé à une lumière qui se trouve au sommet de la Ménorah et toutes les lumières de la Ménorah sont allumées à partir d'elle. Cette lumière ne perd rien de sa puissance en partageant son feu avec les autres bougies.
Moché était la quintessence du "don de son temps" pour le bien d'autrui. Il a enseigné la Torah à tout le peuple juif, et ce faisant, il s'est apparemment mis dans une situation où il a sacrifié sa propre ascension [spirituelle].
Le Sifri nous enseigne qu'il n'a pas perdu en agissant de la sorte, car enseigner la Torah à d'autres n'entraîne aucune perte pour la puissance spirituelle de la personne.
[chacun devra prendre conseil auprès de son rav pour employer son temps d'étude au mieux. ]

-> Le Tana déBé Eliyahou rabba dit que Moché a passé toute sa vie à défendre l'honneur du peuple juif, en veillant à ce qu'il y ait la paix entre eux et Hachem.

Selon le Tiféret Shlomo (Ki Tissa), toute son étude de la Torah était également pour le bien de la génération.
Le rav Yossef Shalom Eliyachiv (Divré Aggada - Yitro) souligne que cela s'est fait au détriment de sa propre étude et de son ascension spirituelle.

-> Le Tiféret Shlomo apporte une explication tirée du Noam Elimelech (Haazinou 32,2).
La Torah dit : "Que mon enseignement tombe comme la pluie, que ma parole coule comme la rosée" (Yaarof kamatar hi, tizal katal imrati).
La rosée et la pluie saturent la terre, tout en s'ignorant elles-mêmes. En effet, après leur descente, elles deviennent boueuses et sales en se mélangeant à la terre. Néanmoins, elles s'acquittent consciencieusement de leur tâche, car leur but est d'arroser la terre, lui permettant ainsi de produire de la nourriture pour la création.
Il en va de même pour notre Torah.
[ainsi nous devons apprendre de Moché Rabbénou (qui tout en étant pour lui [Moché] pensait également beaucoup aux autres [rabbénou - notre maître]), et utiliser la Torah comme véhicule pour donner de la nourriture spirituelle aux autres, même si en apparence cela nous fait stagner spirituellement. ]

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-> Le 'Hafets 'Haïm et le rav Meir Dan Plotzky voyageaient un jour ensemble dans un train. Le train s'arrêta dans une ville particulière où de nombreuses personnes attendaient avec impatience de rencontrer le grand 'Hafets 'Haïm.
Ne voulant pas descendre du train pour être honoré, le 'Hafets 'Haïm expliqua au rav Plotzky que l'honneur que l'on reçoit dans ce monde réduit l'honneur que l'on aura dans le monde à venir.
Le rav Plotzky répondit qu'il pensait que le 'Hafets 'Haïm devait sortir pour saluer les gens pour 2 raisons : la première étant qu'il vaut la peine de renoncer à son Olam haBa (monde à Venir) pour donner du mérite au peuple juif (mézaké klal Israël).

Avant même que le rav Plotzky ne puisse commencer à exposer sa 2e raison, le 'Hafets 'Haïm a déclaré qu'il sortirait parce qu'il avait raison!
Le 'Hafets 'Haïm était prêt à renoncer à son Olam haBa pour amener les autres à la droiture!

-> Le 'Hafets 'Haïm cite le Ramban, qui dit que lorsque la Torah écrit que l'on doit aimer Hachem "bé'hol mé'odékha" (avec toutes ses ressources), cela signifie que l'on doit aimer Hachem avec tout ce que l'on considère comme le plus précieux. Si l'argent est le plus important pour quelqu'un, il doit y renoncer pour atteindre l'amour d'Hachem.
De même, ajoute le 'Hafets 'Haïm, si quelqu'un accorde plus d'importance à l'étude de la Torah qu'à toute autre chose, il est tenu de renoncer à sa propre étude afin d'aimer Hachem et d'accroître la sanctification de Son nom.
Donner de son temps destiné à sa propre ascension spirituelle personnelle en enseignant aux personnes 'non instruites' fait partie de l'amour d'Hachem "bé'hol mé'odékha".