+ La terre d'Israël = le lieu pour s'épanouir spirituellement :
-> Rabbi Yo'hanan dit : "Trois [personnes] font partie de ceux qui héritent du monde à venir. Ce sont : celui qui vit en terre d'Israël, celui qui élève ses enfants dans l'étude de la Torah et celui qui récite la Havdala avec du vin à la fin du shabbat. Qu'est-ce que cela signifie ? [Cela signifie qu'il laisse du vin entre le Kiddouch et la Havdala". (Rachbam : [Même si] il a une quantité limitée de vin, il se retient de le boire [le jour du Shabbat], pour le bien de la Havdala).
[guémara Pessa'him 113a ]
=> Qu'est-ce que ces trois catégories de personnes ont en commun?
Pour le rav Lichtman la réponse est cachée dans le commentaire du Rachbam. A la fin du Shabbat, lorsque tout le monde a pris 3 repas copieux, personne n'a vraiment envie de boire du vin. En revanche, au milieu de la journée, boire du vin est un plaisir particulier (surtout à l'époque où le vin était l'une des seules boissons savoureuses que l'on buvait). Quelqu'un qui renonce à ses préférences personnelles et à ses désirs physiques au profit d'une mitsva (la Havdala, dans le cas présent) montre qu'il a des priorités bien définies et qu'il mérite une part dans le monde à Venir.
De même, celui qui encourage ses enfants à se concentrer sur l'étude de la Torah, en sachant pertinemment qu'ils risquent d'avoir des difficultés financières en conséquence, montre qu'il sait ce qui est vraiment important dans la vie et, par conséquent, qu'il mérite une part dans le monde à Venir.
Enfin, celui qui choisit de vivre en terre d'Israël, afin d'être plus proche d'Hachem, même s'il pourrait vivre une vie plus facile ailleurs, prouve que la croissance spirituelle est plus importante pour lui que le confort physique. Il mérite donc une part dans le monde à Venir, qui est un lieu spirituel.
[le rav Lichtman note qu'à son avis c'est pourquoi il y a toujours au moins un endroit dans le monde où il est plus agréable de vivre qu'en terre d'Israël. Hachem veut que nous choisissions Sa terre pour les bonnes raisons, et non pas parce que c'est l'endroit le plus agréable et le plus riche de la planète. ]
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-> Une autre source indiquant que vivre en Israël est un moyen sûr d'accéder au monde à Venir, est la guémara (Yérouchalmi - Shékalim 3,3) :
"Il a été enseigné au nom de Rabbi Méïr : Quiconque réside en permanence en terre d'Israël, parle la "langue sainte" [c'est-à-dire l'hébreu], mange ses fruits dans un état de pureté et lit le Shéma le matin et le soir sera informé qu'il mérite le monde à Venir."
-> Un des principaux commentateurs du Yérouchalmi, le Korban haEida, explique :
"Quiconque réside en permanence ..." = c'est-à-dire qu'il habite en permanence en terre d'Israël, qui expie les péchés, comme il est dit : "Les gens qui y habitent sont pardonnés de leurs fautes" (Yéchayahou 33,24).
"mange ses fruits dans un état de pureté" = ce qui entraîne la pureté physique.
"parle la langue sainte" = qui est source de pureté spirituelle.
"lit le Shéma le matin et le soir" = accomplissant ainsi [le précepte de] "Tu y méditeras jour et nuit" (Yéhochoua 1,8), car la Torah est le principal [moyen de] purifier l'âme. Il peut être assuré qu'il mérite le monde à Venir, [c'est-à-dire] que même son corps sera purifié et qu'il aura le privilège de recevoir la vie éternelle, c'est-à-dire la vie dans le monde à Venir. Ou bien, il recevra [une part dans] le monde à Venir sans jugement ni souffrance.
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-> Yaakov arriva tout entier à la ville de Sechem, qui est dans le pays de Canaan, lorsqu'il arriva de Padan-Aram, et il campa devant la ville. [Il acheta aux fils de Chamor, père de Sichem, la portion de terre sur laquelle il avait dressé sa tente, pour cent kesitahs. (Vayichla'h 33,18-19)
-> Yaakov arriva à Salem, ville de Séchem, dans le pays de Canaan, à son retour du territoire de Padan-Aram ; et il se fixa à l’entrée de cette ville. Il acquit la portion de terrain ou il établit sa tente, de la main des enfants de 'Hamor, père de Séchem pour cent kessita.
[Vayichla'h 33,18-19]
-> Le Ibn Ezra commente :
La Torah mentionne cela pour démontrer que la terre d'Israël a de grandes qualités, et que celui qui y a une part est considéré comme [celui qui a] une part dans le monde à Venir.
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-> Rabbi Elazar dit : "Quiconque habite en terre d'Israël est exempt de faute ...
Rabbi Abahou dit : "Même une servante cananéenne en terre d'Israël peut être assurée qu'elle mérite le monde à Venir ...
Rabbi Yirmiya fils d'Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : "Quiconque marche quatre coudées en terre d'Israël peut être assuré qu'il mérite le monde à Venir."
[guémara Kétoubot 111a]
-> Le Magen Avraham (Ora'h'Haïm. 248:15) considère cette dernière déclaration comme une détermination halakhique, car il écrit : "Certains disent que [celui qui voyage en terre d'Israël] même avec l'intention de revenir [en 'houts laArets est en train d'accomplir une mitsva], car même marcher quatre coudées dans le pays est une mitsva".
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-> Selon le midrach (Michlé 17,1) :
Il est écrit : "Mieux vaut du pain sec, mangé en paix, qu'une maison pleine de festins, accompagnés de disputes" (Michlé 17,1) :
Rabbi Yo'hanan dit : "La première partie du verset se réfère à la terre d'Israël, car même celui qui mange [seulement] du pain avec du sel et qui habite là peut être assuré qu'il mérite le monde à Venir.
Qu'une maison remplie de festins accompagnés de disputes = cela fait référence à la 'houts laArets (dehors d'Israël), qui est plein de violence et de vol".
Rabbi Yo'hanan [ensuite] dit : "Quiconque marche quatre coudées en terre d'Israël peut être assuré qu'il mérite le Monde à Venir."
Rabbi Lévi dit : "Quiconque vit en terre d'Israël ne serait-ce qu'un instant et y meurt peut être certain de mériter le monde à Venir.
Pourquoi en est-il ainsi? [Le verset dit : "Sa terre expiera son peuple" (Haazinou 32,43), [ce sur quoi] Rabbi Né'hemya dit : "La terre d'Israël expie les fautes de ceux qui meurent en son sein".
-> Selon le midrach (Téhilim 85,2) :
"Tu as pardonné la faute de ton peuple" (Téhilim 85,3). Qui pardonne les fautes?
La terre [d'Israël] sur laquelle ils vivent, comme il est dit : "Le peuple qui y habite est pardonné de ses fautes" (Yéchayahou 33,24). Ainsi, [cela s'applique] aux vivants.
Comment savons-nous que cela s'applique également aux morts? Il est dit : "Sa terre expiera son peuple" (Haazinou 32,43). Qui expie pour son peuple? Sa terre.
Heureux les habitants de la terre d'Israël, car ils n'ont ni iniquité ni faute, qu'ils soient vivants ou morts.
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=> Que signifient donc toutes ces déclarations sur l'expiation des fautes? Elles ne peuvent pas signifier que, quel que soit le degré de faute des habitants de la terre d'Israël, ils seront automatiquement pardonnés, car si c'était le cas, les juifs n'auraient jamais été exilés de leur Terre.
-> Le midrach Talpiot (Anaf Eretz Israël) explique :
"Sachez que les âmes juives qui vivent en dehors de la terre d'Israël viennent du monde de Sandalfon, le monde des Ofanim [anges], que l'on appelle "Beit Yaakov" (la maison de Ya'akov) et "Eved Ivri" (עבד עברי - un esclave Hébreu), dont la valeur numérique est de 358, comme celle de נָחָשׁ (na'hach - un serpent).
Les juifs qui vivent en terre d'Israël sont issus des 10 sphères de la création et sont appelés "Beit Israël" (la maison d'Israël). Ils sont également appelés "fils" et "fils du D. vivant".
Lorsqu'une personne juive se trouve en 'houtz laAretz (dehors d'Israël), elle possède une âme issue des Ofanim, mais lorsqu'elle mérite d'entrer en terre d'Israël, une âme issue d'une nouvelle création vient sur elle et s'accroche à son ancienne âme.
La première nuit où il s'endort en terre d'Israël, les deux âmes le quittent et montent [au Ciel], mais seule la nouvelle âme revient [au matin]. Il ne mérite donc pas d'être puni, car [sa nouvelle âme n'a jamais fauté].
C'est pourquoi nos Sages disent que tous les fautes de [celui qui habite en terre d'Israël] sont pardonnées.
De plus, quiconque vit en terre d'Israël est considéré comme un tsadik, même s'il ne semble pas être juste (tsadik). En effet, s'il n'était pas un tsadik, le pays le vomirait, comme il est dit : "Le pays a vomi ses habitants" (A'haré Mot 18,25). Puisque le pays ne le vomit pas, il doit être considéré comme un tsadik, même s'il est présumé racha ...
Vous devez également savoir que la terre d'Israël n'expie que les fautes qui y ont été commis involontairement. Les transgressions délibérées, cependant, ne sont pardonnées que par la souffrance, ou pour une personne qui néglige les méfaits [qui lui ont été faits].
Les fautes rebelles commises en terre d'Israël ne peuvent être pardonnés que par le biais de la téchouva. ('Hessed léAvraham - Nahar 12, Ein HaAretz)."
=> On a ainsi 3 réponses à notre interrogation initiale :
1°/ Nos Sages veulent dire que celui qui déménage en terre d'Israël, est pardonné de toutes ses fautes passés. En d'autres termes, il ou elle bénéficie d'une nouvelle ardoise, d'un nouveau départ.
2°/ Ce n'est pas que les fautes des habitants d'Israël soient pardonnés. C'est plutôt que leurs fautes ne sont pas aussi graves qu'elles en ont l'air. La preuve en est le fait même qu'ils vivent dans le pays et que D. ne les a pas expulsés.
3°/ La terre d'Israël n'expie que les actes accidentels, involontaires.
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-> Rabbi Yaakov Yéhochoua Falk (1680-1756), dans son Pné Yéhochoua (Kétouvot 111a) écrit sur ce sujet :
"Rabbi Elazar dit : "Quiconque habite en terre d'Israël est libre de toute faute".
Il me semble que cela se réfère uniquement à quelqu'un qui vit là pour la mitsva d'habiter en terre d'Israël, qui est un lieu saint, et pour que le mérite de la terre d'Israël le protège de la faute. Ainsi, même s'il lui arrive de fauter par inadvertance, ou même volontairement, parce que son mauvais penchant l'a emporté, on peut néanmoins supposer que le mérite de vivre en terre d'Israël l'a incité à ne pas s'endormir tout en continuant à "en s'accrochant" à [sa] faute.
En effet, après avoir fauté et s'être retrouvé dans un lieu saint (comme l'est la terre d'Israël), il a certainement regretté ses actions antérieures, s'est repenti et a été guéri [de sa tâche].
Il n'en est pas de même de celui qui y habite par hasard, ou parce qu'il y est né, ou parce qu'il y a des fruits dignes d'éloges, ou d'autres choses semblables.
Et ce n'est certainement pas le cas de celui qui se rebelle contre la terre et en diminue la sainteté en suivant ses mauvais penchants.
La Torah dit : "Tu es venu et tu as souillé ma terre et tu as fait de mon héritage une abomination" (Yirmiyahou 2,7). C'est pourquoi, lorsque les fautes de nos ancêtres se sont multipliés, nous avons été exilés de notre terre et l'emplacement de notre Temple sacré a été dévasté.
Mais alors où se trouve la promesse "Le peuple qui y habite est pardonné de ses fautes" (Yéchayahou 33,24)?
Nous sommes obligés de dire que l'explication est celle que j'ai donnée. De plus, il est logique que [mon explication] soit correcte, car même si nous disons que la terre d'Israël expie complètement, ce n'est pas mieux que Yom Kippour (le jour de l'expiation), qui expie complètement.
Même ainsi, Yom Kippour n'expie pas pour celui qui dit : "Je vais fauter et Yom Kippour expiera [pour moi]".
Par conséquent, nous sommes obligés de dire que la déclaration de nos Sages : "Quiconque habite en terre d'Israël est exempt de faute" signifie que même si une personne a commis une faute sans prêter attention à la sainteté de la terre, lorsque son mauvais penchant [l'a attiré], le mérite de la terre d'Israël lui fera regretter la faute qu'il a commise. Cela me semble [correct]."
=> Ainsi, nous pouvons ajouter une 4e explication :
4°/ Vivre en terre d'Israël n'est pas une "pilule" magique qui nous débarrasse automatiquement de la faute.
Mais plutôt, la sainteté de la terre aide ses résidents (s'ils sont là pour les bonnes raisons) à regretter leurs fautes et, par conséquent, à se repentir.
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==> l'idée est qu'en venant en terre d'Israël on bénéficie de sa sainteté extraordinaire et de la proximité avec Hachem, ce qui fait que notre ressenti avec la spiritualité n'est pas du tout le même qu'en dehors d'Israël. [à l'image des Yom Tov, (Pessa'h, Souccot, Shavouot) où l'on venait de loin au Temple pour recevoir l'influence de la sainteté de Jérusalem et du Temple, et qui allait nous changer pour le mieux.
De même, en étant en terre d'Israël on s'assure une sensibilité accrue dans notre relation avec Hachem (on est dans le Palais du Roi), qui va nous pousser à faire téchouva et à agir avec davantage de spiritualité, nous assurons un meilleur monde à Venir, que si on résidait en dehors d'Israël.]
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-> Selon le Maharcha (guémara Nédarim 22a-b) :
"Le mauvais penchant domine davantage en 'houtz laAretz qu'en terre d'Israël ...
C'est le sens du verset "Car je connais son penchant [d'Israël], ce qu'il fait aujourd'hui, avant que je ne l'introduise dans le pays [sur lequel j'ai juré]" (Vayélé'h 31,21). En d'autres termes, puisque Hachem connait le mauvais penchant [du peuple juif], qui le domine, et qu'il commet [des fautes] aujourd'hui, dans le désert, [même] avant que je ne le fasse entrer [dans le pays], je ne devrais pas le punir aussi sévèrement. Cependant, lorsqu'ils entrent en terre d'Israël, s'ils continuent à faire de mauvaises actions comme celles-ci, ils méritent d'être punis plus sévèrement, parce que le mauvais penchant ne les domine pas autant en terre d'Israël."
=> En d'autres termes, vivre en Terre Sainte donne à une personne une longueur d'avance dans la bataille qu'elle mènera toute sa vie contre le Yétser hara (et tout le monde a besoin d'un peu d'aide dans ce domaine).
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-> Selon le Maharal (Déré'h 'Haïm 5,9) :
"Les Patriarches ont atteint leur grandeur absolue spécifiquement grâce à la terre d'Israël, car sans elle, ils n'auraient jamais atteint les sommets de la sainteté.
C'est pourquoi la terre les "élève". Cela démontre que la terre d'Israël est étroitement liée aux Patriarches et que les Patriarches sont liés à la terre d'Israël.
Par conséquent, lorsque [la Torah] mentionne le mérite des trois Patriarches, elle mentionne également la terre d'Israël, car ils ne font qu'un. (ex: Bé'houkotaï 26,42)
Lorsque les juifs ressemblent et imitent les Patriarches, à qui la Terre a été donnée et à qui la Terre appartient, alors la Terre leur appartient.
Mais lorsqu'ils s'écartent des attributs des Patriarches, au point de s'en distinguer, alors les juifs ne [méritent] pas la Terre et ils en sont exilés."
=> Tout comme la terre d'Israël a aidé à élever nos Patriarches aux niveaux élevés qu'ils ont atteints, elle peut également aider à élever tout juif au niveau spirituel le plus élevé qu'il ou elle est capable d'atteindre.
[résider en terre d'Israël, c'est permettre à notre être de pleinement s'épanouir spirituellement, à l'image de nos Patriarches qui ont pu devenir ce qu'ils ont été par l'impact de la terre d'Israël. ]
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-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.3) :
1°/ Les outils de la terre d'Israël :
Certains outils sont destinés à des travaux rudes et lourds, tandis que d'autres sont conçus pour des travaux fins et délicats. Par exemple, il est impossible de saisir les petits rouages d'une montre avec des pinces faites pour saisir des charbons.
Il en va de même dans le domaine spirituel. Une personne reçoit une aide du Ciel, c'est-à-dire des "outils", en fonction de ce dont elle a besoin pour son service [d'Hachem]. Ainsi, le degré d'ascension d'une personne dépend des outils qu'elle a le privilège de recevoir.
Cela explique ce que nous trouvons concernant Yaakov. Pendant son séjour en dehors d'Israël, il a atteint les plus hauts niveaux de perfection que l'on puisse atteindre là-bas, et [Hachem] lui a fourni des anges pour l'escorter dans son voyage de retour. Cependant, lorsqu'il atteignit la terre d'Israël, il dut s'élever au niveau de perfection de la terre d'Israël. Il avait donc besoin de nouveaux anges, des anges de la terre d'Israël. [les anges ont monté l'échelle, et d'autres adaptés à Israël sont descendus, car on rendre dans une autre réalité spirituelle. ]
[Cela enseigne que] même des aides telles que les anges de dehors d'Israël ('houts laArets) ne sont pas dignes d'être utilisées pour aider une personne à atteindre la perfection au niveau de la terre d'Israël.
Rachi (Vayé'hi 50,5) écrit que Yaakov fit une pile de toutes les possessions qu'il avait acquises en dehors d'Israël et dit à Essav : "Prends-les".
Le midrach ajoute [qu'il a dit] : "Les possessions de 'houts laArets n'ont pas de valeur pour moi."
Réfléchissons à cela. Yaakov a certainement acquis toutes ses possessions de la manière la plus "casher" et la plus sainte qui soit. Ils étaient comme un rouleau de la Torah à partir duquel on pouvait apprendre la perfection dans les questions monétaires. C'est la raison pour laquelle il est retourné [sur la rivière] pour récupérer de petites jarres (Vayichla'h 32,25) : il chérissait simplement des récipients de sainteté. Néanmoins, [ces biens] n'étaient pas assez saints à ses yeux pour être utilisés comme une aide dans l'[atmosphère] sainte de la terre d'Israël ...
La règle est la suivante : nous méritons un outil uniquement en fonction de la nature de notre éveil personnel, et grâce à cet outil, nous méritons une aide pour nous élever plus haut dans la même catégorie que la source de notre aspiration.
Cependant, cela ne nous permet pas encore de disposer d'outils pour une catégorie d'aspiration différente. Ce n'est que si nous changeons nos aspirations que nous mériterons de recevoir des outils plus appropriés.
Nous devons également réaliser que le service divin en terre d'Israël est complètement différent [de celui du 'houtz laAretz]. Les objectifs sont différents, la persévérance [requise] est différente, et le potentiel de croissance spirituelle est complètement différent.
C'est pourquoi il ne faut pas penser à tort que les outils conçus pour la terre d'Israël peuvent être utiles au service divin en terre d'Israël. Nous devons nous débarrasser des vieux outils qui sont limités à des [tâches] grossières, qui conviennent au niveau de 'houtz laAretz, et anticiper une nouvelle aide divine qui convient aux nouvelles opportunités spirituelles [disponibles en Terre Sainte].
2°/ L'influence de la sainteté de la terre d'Israël selon les différents niveaux :
La terre d'Israël n'est pas seulement un endroit sur la carte du monde, c'est un niveau de sainteté. Une personne qui s'est purifiée en s'attachant à la spiritualité recevra une influence spéciale de sainteté lorsqu'elle viendra en terre d'Israël, ce qui l'élèvera à des niveaux [spirituels] élevés.
La sainteté de la terre affecte tous les niveaux à un certain degré.
Même après la mort, une personne qui y est enterrée reçoit son influence. Cependant, le degré d'influence sacrée, qu'elle soit faible et à peine détectable ou qu'elle élève une personne au point que ses fautes sont complètement pardonnés, dépend du niveau de la personne.
Même nous, aussi insignifiants que nous soyons, pouvons ressentir l'influence sacrée de la terre d'Israël, car nous observons que l'étude du moussar affecte davantage nos cœurs ici.
Lorsque je viens en Terre sainte, je sens clairement qu'il est plus facile d'apprendre le moussar et d'éveiller mon cœur. De plus, on ressent ici l'aide Divine dans l'étude de la Torah.
3°/ L'expiation en terre d'Israël :
"Qui pardonne leurs fautes? La terre sur laquelle ils vivent ... Heureux les habitants de la terre d'Israël, car ils n'ont ni iniquité ni faute, qu'ils soient vivants ou morts" (Yalkout Shimoni 2,833).
Il ne fait aucun doute que les paroles de nos Sages concernant le pardon des fautes pour quelqu'un qui vit en terre d'Israël se réfèrent à quelqu'un qui a atteint un niveau auquel le fait de vivre en Terre sainte peut l'amener à s'éveiller à lui-même, et par conséquent, à se repentir.
... Cependant, celui qui n'apprend pas à se repentir lorsque les circonstances de sa vie changent commet une grande faute. Il refuse obstinément de se repentir, même après que D. lui a présenté une occasion inspirante.
Nos Sages déclarent : "Quiconque habite en dehors du pays est comme un adorateur d'idoles" (guémara Kétoubot 110b). L'explication [est la suivante] : Une déficience mineure dans la reconnaissance de l'unicité de D., qui est considérée comme de l'idolâtrie [pour quelqu'un] à un niveau élevé, n'est pas du tout considérée comme de l'idolâtrie [pour quelqu'un] au niveau inférieur ...
Comparé au potentiel de proximité avec Hachem et à la reconnaissance de Sa providence spéciale que la sainte influence de la terre d'Israël fournit, vivre en 'houtz laAretz est considérée comme un aspect de l'idolâtrie.
4°/ Sérénité dans le pays :
"Lorsque Oula monta en terre d'Israël, deux hommes de Mé'hoza l'accompagnèrent. L'un d'eux se leva et tua son compagnon ... Rabbi Yo'hanan fut stupéfait. Le verset dit : "Hachem te donnera là un cœur en colère" (Ki Tavo 28,65), c'est-à-dire en Babylonie. Oula répondit : "A cette époque, nous n'avions pas encore traversé le Jourdain (et donc quittés Israël)"" (guémara Nédarim 22a).
Cet homme de Mé'hoza venait d'un mauvais environnement, comme le disent nos Sages : [les habitants de Mé'hoza] étaient des malfaiteurs. Il se mit tellement en colère qu'il commit un meurtre, comme ils avaient l'habitude de le faire.
Pourtant, Rabbi Yo'hanan était stupéfait, car de telles choses ne se produisent généralement pas en terre d'Israël, même de la main d'un racha Mé'hozien. Cela nécessite une enquête.
Après tout, à notre époque, il existe malheureusement une colère qui conduit au meurtre, même en terre d'Israël.
Ici aussi, l'explication est que telles déclarations ont été dites en référence à des niveaux [différents]. Dans la génération de Rabbi Yo'hanan, même les meurtriers étaient à un niveau tel que lorsqu'ils entraient en terre d'Israël, leur capacité de colère était limitée et ne pouvait pas conduire au meurtre.
Cela n'est plus vrai dans notre génération, où les "cœurs" [c'est-à-dire les esprits ou les âmes] des gens sont descendus au niveau le plus bas, celui des "pas de Machia'h" (ikvot déméchikha).
En vérité, dans notre génération également, nous constatons que les gens se sentent plus calmes et plus en sécurité sur le plan émotionnel en terre d'Israël que partout ailleurs dans le monde.
Ces dernières années, nous avons vu de nos propres yeux comment les habitants d'autres pays sont saisis de peur face à l'éventualité d'une nouvelle guerre mondiale, que D. nous en préserve, ce qui les pousse à fuir d'un pays à l'autre, là où cela semble plus sûr.
En revanche, les seuls qui ont quitté la terre d'Israël sont ceux qui chérissent les plaisirs de ce monde et qui les recherchent ailleurs. Personne, cependant, n'a fui par peur de la guerre ; la peur ne régnait tout simplement pas en terre d'Israël.
C'est assez surprenant, si l'on considère qu'il y a apparemment beaucoup plus de raisons de s'inquiéter [de l'éclatement d'une guerre] en terre d'Israël que n'importe où ailleurs.
Nous constatons un autre phénomène étonnant. Les habitants de la terre d'Israël s'en remettent aux miracles, confiants dans notre capacité à résister à nos nombreux ennemis. Et [je parle] même de ceux qui n'ont pas eu le privilège de [se voir inculquer] la lumière de la foi, [c'est-à-dire] ceux qui ont des croyances aberrantes.
Quelle est donc la source de cette confiance? Il ne peut s'agir que de l'une des bénédictions que Hachem a accordées au pays.
Nos Sages (Sifré - début Ekev) affirment qu' "il n'y a pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël".
Ils disent également que : "L'air de la terre d'Israël rend sage" (Baba Batra 158b).
La logique qui sous-tend ce concept est également basée sur l'idée citée ci-dessus. Celui qui étudie la Torah en terre d'Israël reçoit une grande quantité d'aide Divine et une influence particulière [positive d'Hachem].
L'atmosphère de sécurité en toutes circonstances y contribue également.
Dans notre génération, nous voyons de nos propres yeux comment les jeunes qui étudient la Torah s'épanouissent en terre d'Israël. Ils progressent dans leurs études, réussissent à acquérir des connaissances dans tout le Shas (le Talmud) et obtiennent bien plus que d'autres dans leur éducation à la Torah dans d'autres pays.
En Israël, Hachem nous accorde une abondance d'aides et d'outils. Préparons-nous à en être dignes et, à D. ne plaise, ne sous-estimons pas leur valeur. Au contraire, profitons-en pleinement en nous élevant [de plus en plus haut] dans la Torah et la crainte de D.
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+ Une dernière histoire :
-> Le grand en Torah, rabbi Eizel 'Harif (rabbi Yéhochoua Its'hak Shapiro, 1801-1873) respectait chaque juif ayant immigré en terre d'Israël, le considérant comme un tsaddik parfait.
Un jour, certains de ses proches adhérents vinrent lui rendre visite et le trouvèrent debout, la tête penchée sous les mains d'un simple ujif. Ils étaient abasourdis. Lorsque l'homme quitta la présence de Rabbi Eizel, les fidèles du rabbin le suivirent.
Ils lui demandèrent : "Que s'est-il passé entre toi et le rabbi?"
L'homme répondit : "L'histoire est la suivante : je suis sur le point d'immigrer en terre d'Israël, et je suis donc venu voir le rabbi pour recevoir une bénédiction. Mais lorsqu'il a appris que je faisais mon alya, il a dit : "Avant de me demander une bénédiction, je veux une bénédiction de votre part".
Il s'est ensuite levé et a posé mes deux mains sur sa tête..."
[Sipouré Tsadikim - par Sim'ha Raz - Kol Mevasser, p.75-76 ]