Aux délices de la Torah

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La Chékhina réside avec les juifs dans toutes les situations

"Car Je suis Hachem, celui qui réside parmi les Bné Israël." (Massé 35,34)

-> Rachi écrit : "vous ne devez pas me faire résider au milieu de son impureté. "Car je suis Hachem qui réside parmi les Bné Israël" : Même lorsqu'ils sont impurs, la Chékhina réside parmi eux."

-> Les kabalistes expliquent que le terme "Chékhina" vient du mot "chakhen" (résider).
Hachem fait résider Sa présence dans ce monde en contractant (tsimtsoum) Sa Lumière brillante et infinie, afin que nous, qui ne sommes que chair et sang, puissions accueillir Sa Lumière dans ce monde.

Cela ressort clairement de nombreux versets ; par exemple, il est écrit : "Je résiderai parmi eux" (vécha'hanti béto'ham - Térouma 25,8), et "Je résiderai parmi les Bné Israël et
je serai leur D." (vécha'hanti béto'h Bné Israël, véayiti laém l'Elokim - Tétsavé 29,45), ainsi que : "Vous ne souillerez pas le pays où vous habitez, dans lequel Je réside, car Je suis Hachem qui réside parmi les Bné Israël" (ki ani Hachem chokhen béto'h Bné Israël - Massé 35,34).

-> Le Baal HaTanya (Iguéret HaKodech 23) écrit que la Chékhina, qui vient des hauteurs et dont la crainte "les cieux et les cieux des cieux ne peuvent contenir", réside et se manifeste parmi les Bné Israël, comme il est écrit : "Car moi, Hashem, je réside parmi les Bné Israël".

Et Baal HaTanya ajoute : "comme je l’ai entendu de mes rabanim, si un ange se tenait en présence d’un rassemblement de dix juifs, même s’ils ne discutent pas de Torah, néanmoins, puisque la Chékhina repose sur tout rassemblement de dix juifs, cet ange serait saisi d’une terreur et d’une crainte sans limites en raison de la Chékhina qui réside parmi eux, jusqu’à ce qu’il en soit totalement anéanti. "

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+ La Chékhina réside parmi l’individu et la collectivité :

-> Cet aspect de la présence d'Hachem qui fait résider Sa Chékhina dans ce monde s’applique tant à l’individu qu’à la collectivité : pour la collectivité, il s’agit de la Lumière d'Hachem qu’Il a contractée et fait descendre d'en-Haut, afin de donner la vie et de soutenir le monde entier.
Et pour l’individu, c’est ce qu'Hachem a insufflé de Lui-même, pour ainsi dire, dans les néchamot (âmes) d'Israël qui se trouvent dans le corps de la personne, comme il est écrit : "Hachem forma l’homme de la poussière de la terre, et insuffla dans ses narines un souffle de vie ; et l’homme devint une âme vivante (nichmat 'haïm)" (Béréchit 2,7).
Par conséquent, en chaque juif repose une partie d'Hashem, qui est la néchama.
Et toutes les néchamot d’Israël réunies sont appelées "Chékhina", qui est la Lumière qu'Hashem a fait resplendir pour faire résider Sa Chékhina en Israël.

Lorsque les néchamot d’ici-bas s’unissent à Hachem en étudiant la Torah et en accomplissant les mitsvot, Hachem s’unit à son tour à ces néchamot pour les combler de bonté.
Et tel est le véritable yi'houd d'Hachem et Sa Chékhina (koudcha béri'h ou ouchékhinaté), lorsque Hachem s’unit à la Chékhina qui est la racine des néchamot d’Israël.

C’est par cette introduction que le Baal HaTanya (Likouté Amarim 41) explique :
"Nos Sages (Béra'hot 49b) disent : "une personne ne doit jamais se séparer de la communauté" (léolam al yotsé adam atsmo min aklal) ; par conséquent, une personne doit avoir à l’esprit de s’unir avec Hachem et de s’attacher à Lui.
Hachem est la source de son âme divine et la source des âmes de tout Israël, et cette source est le souffle de vie, que l’on appelle "Chékhina" car elle réside (chokhénet) et se revêt de tous les mondes, les animant et les soutenant.
C’est la Chékhina qui lui confère le pouvoir de la parole pour prononcer des divré Torah ou accomplir des mitsvot, et cette union de la néchama avec Hachem est atteinte lorsque la Lumière du Ein Sof est attirée vers le bas par l’étude de la Torah et les mitsvot, dans lesquelles la Lumière du Ein Sof se revêt.

On doit avoir à l’esprit d’attirer la Lumière bénie de Hachem sur la source de sa neshamah, ainsi que sur les néchamot de tout Israël, afin de les unir à Lui.
Tel est donc le sens des mots : "Pour l’union d'Hachem avec Sa Chékhina ... au nom de tout Israël" (léchem yi'houd koudcha béri'h ou ouchékhinété ... béchem kol Israël)."

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+ Hachem réside au sein du peuple juif, à condition qu’il ne soit pas orgueilleux :

-> Les séfarim posent une condition fondamentale pour que la Shekhina réside en nous, comme l’écrit le Imré Yossef (Béhar) : il existe de nombreuses façons de servir Hachem, mais le point de départ essentiel, sans lequel une personne ne peut entamer son avoda, est la véritable humilité, reconnaître sincèrement à quel point on est insignifiant. Si une personne est orgueilleuse, elle est sous l’emprise de son yétser ara et ne peut même pas commencer à servir Hachem.

-> De même, le rav Shmelke de Nikolsburg (Ora'h lé'Haïm - Tsav) enseigne que quiconque souhaite de l’aide pour vaincre le yétser ara, qu’il tire enseignement des paroles de nos Sages (Kidouchin 30b) : "Le yétser ara de l’homme prend le dessus sur lui chaque jour et cherche cherche à le tuer, et sans l’aide d'Hachem, il ne pourrait pas le vaincre."
Nous voyons ici qu’il est impossible de vaincre le puissant yétser ara sans l’aide d'Hachem.
Mais nos Sages (Sotah 5a) nous disent à propos d’une personne orgueilleuse : "Hachem a dit : “Lui et moi, nous ne pouvons cohabiter dans le monde"."
Si tel est le cas, une personne orgueilleuse qui n’est pas avec Hachem et qui, par conséquent, ne peut être aidée par Hachem, est certainement dominée par le yétser ara.

Et bien que le verset dise : "Car Je suis Hachem qui réside au milieu des Bné Israël" et que Rachi commente : "Même lorsqu’ils sont impurs, la Chékhina est parmi eux", cela vaut également à condition qu’ils ne soient pas orgueilleux, car l'orgueil repousse la Chékhina.

-> Le Imré Yossef poursuit : Les talmidim du Baal Shem Tov demandèrent à ce dernier qui ils devaient choisir comme Rabbi après sa mort. Il leur répondit qu’ils devaient demander conseil à la personne qu’ils souhaitaient comme pour Rabbi afin de se prémunir contre l’orgueil. S’il leur donnait des conseils, c’était le signe qu’il n’était pas leur Rabbi.
Ce n’est que s’il leur dit qu’il n’y a pas d’autre moyen que de prier en demandant miséricorde à Hachem pour être préservés de ce trait de caractère qu’ils sauront qu’il est un véritable tsadik et digne d’être leur Rabbi.

La seule façon d’être sauvé de l'orgueil est de prier Hachem, et c’est ainsi que le roi David a prié : "Ne laisse pas l'orgueil s’emparer de moi" (Téhilim 36,12), car il n’y a pas d’autre moyen de vaincre l'orgueil que de prier Hachem pour qu’Il fasse preuve de miséricorde.

[rabbi David Abou'hatséra ]

Les effets positifs de la kavana

+ Avoir de la kavana créé de puissants anges qui nous défendent :

-> Lorsqu’une personne veille à faire preuve de kavana en accomplissant les mitsvot, ces mêmes mitsvot serviront de force protectrice, d'une grande protection spirituelle, à celui qui les a accomplies.
[grâce à la kavana on bâtit son armée céleste qui nous défend au Ciel.]

-> Le 'Hafets 'Haïm (al haTorah - Ekev) enseigne :
"Nos Sages nous enseignent que la descendance d’un tsadik correspond à ses bonnes actions. Chaque mitsva qu’une personne accomplit crée un ange qui sert de défenseur à celui qui l’a réalisée.
Si un enfant naît avec un cœur faible, cela causera beaucoup d’angoisse à ses parents, même si le reste de son corps fonctionne correctement. En effet, un cœur faible affecte l’ensemble du corps.
Il en est de même, si l’on accomplit une mitsva sans y mettre tout son "cœur", c’est-à-dire sans kavana, pour l’accomplir car Hachem nous le demande (lechem Hachem), l’ange protecteur créé par cette mitsva n’aura pas de cœur. Les capacités de protection d’un tel ange sont alors très limitées.

Si, en revanche, nous accomplissons les mitsvot de tout notre cœur et de toute notre âme (bé'hol libo ounafcho), c’est-à-dire avec une kavana pure, alors l’ange protecteur ainsi créé sera fort et puissant, doté de grandes capacités pour nous défendre.
C’est pourquoi nous implorons Hachem de relier nos cœurs à Ses mitsvot. Nous cherchons à pouvoir accomplir les mitsvot de tout notre cœur, afin que les anges que nous créons soient complets et en bonne santé.
Ainsi, dans le monde à Venir, nous ne serons pas contraints de subir la honte de constater que nos mitsvot ont créé des anges fragiles."

-> Le Gaon de Vilna (Péninim miChoulhan haGra - Vayéra) explique que chaque mitsva crée un ange qui protège la personne. La force et la capacité de cet ange seront proportionnelles à l’amour, au zèle, à la crainte et à la kavana de la personne pour accomplir la volonté de Hachem.

=> plus nous réalisons les mitsvot avec vie (joie, fierté, ...), plus nous donnons de la vie à nos anges défenseurs.

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+ La kavana protège de la faute et de la souffrance :

-> Il est écrit (Likouté Halakhot - Sotah - chap.3, p.21) :
"Il semble y avoir des opinions contradictoires dans la guémara quant à la capacité d’une mitsva à protéger une personne de la souffrance et de la faute.
La guémara (Sotah 21a) dit que celui qui étudie la Torah sera toujours protégé de la faute et de la souffrance, même lorsqu’il n’est pas en train d’étudier. Les autres mitsvot, en revanche, ne servent de protection que pendant qu’elles sont accomplies.
Plus loin, cependant, la guémara précise que la Torah ne protégera une personne que pendant qu’elle l’étudie, tandis que les autres mitsvot ne la protégeront pas du tout.

Pour concilier ces passages contradictoires de la guémara, le 'Hafets 'Haïm explique que la Torah étudiée "léchem Hachem" (pour faire Sa volonté) protégera toujours une personne, tandis que les mitsvot accomplies "léchem Hachem" ne la protégeront que pendant qu’elle réalise la mitsva.
En revanche, si la Torah n’est pas étudiée lichma, alors même si cette étude servira à le protéger pendant qu’elle l’étudie, elle ne la protégera pas le reste du temps. Et une mitsva qui n’est pas accomplie léchem Hachem ne protégera pas du tout une personne de la faute."

[on peut accomplir en permanence une mitsva (ex: marcher pour prendre soin de sa santé, travailler pour l'éducation des enfants, réjouir sa femme, avoir les moyens pour faire des mitsvot, ...
On peut donc être protégé en permanence, mais cela nécessite de clairement avoir la kavana de faire car Hachem nous l'ordonne.)]

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+ Avoir un sceau laissez-passer diplomatique :

-> En plus de protéger une personne de la faute et de la souffrance, la "kavana bé'mitzvot" peut permettre que les mitsvot soient acceptées au Ciel, même si elles sont imparfaites.

Le 'Hafets 'Haïm disait, au nom du Maguid de Vilna, que lorsque des personnes entrent dans un autre pays, les gardes-frontières fouillent leurs effets personnels pour déterminer quels objets sont autorisés et lesquels sont interdits.
Ils décident également du montant à payer pour faire entrer des marchandises soumises à des droits de douane.
Il existe toutefois une exception : les courriers diplomatiques, dont les bagages portent le sceau diplomatique et ne sont pas fouillés, ne sont pas tenus de payer les droits de douane.

À ce sujet, le 'Hafets 'Haïm explique :
"Il en va de même pour nos actions. Lorsque nous montons au Ciel, nos actions sont soigneusement "fouillées". Certaines seront écartées et d’autres seront partiellement acceptées.
Cependant, les actions qui portent le "sceau du Roi", c'est-à-dire celles qui sont dans la catégorie de "kol maassé'ha yiyou léchem chamayim" (toutes tes actions doivent être accomplies en l'honneur du Ciel -Pirké Avot 2,12), seront acceptées avec bienveillance même si elles sont imparfaites.

C’est là le sens du verset : "Mon cœur a acquis une bonne chose ; je dis : "Mes actes sont pour le roi" (maassaï léMélé'h)" (Téhilim 45,2).
En effet, il est formidable d’accomplir toutes ses actions pour l’amour du Ciel ; elles seront alors acceptées favorablement devant le Maître du Monde, même si elles ne sont pas parfaites."

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+ La kavana dans les mitsvot nous distingue des autres nations :

-> La kavana est ce qui nous distingue des autres nations, dont les mérites reposent sur un service extérieur. La kavana peut donc nous valoir la protection des nations sur les terres desquelles nous vivons.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach - drouch 3, pour le 7 Adar) fait le développement suivant.
Il explique qu’Haman avait un mérite particulier grâce à son ancêtre, Essav. Essav excellait dans la mitsva de kiboud av (respect de son père). Cela lui a servi de mérite, même s’il ne s’agissait que d’un acte extérieur destiné à tromper son père et accompli sans aucune intention léchem mitsva.

Nos Sages nous enseignent que lorsque les juifs ont accepté la Torah, c’était "bépé" (avec la bouche), sans engagement sincère du cœur.
Cela s’appuie sur le verset : "mais ils cherchaient à le tromper par leur bouche et à le duper par leur langue" (Téhilim 78,36).
C’est pourquoi Essav, qui disposait lui aussi d’un mérite extérieur, a pu "rivaliser" avec le peuple juif.

Lorsque Haman s’est dressé comme une menace contre nous, le peuple juif avait besoin d’un mérite qui l’emporterait sur celui de la mitsva non sincère d’Essav.
Pour vaincre Amalek, les juifs devaient réaccepter la Torah, cette fois-ci de tout leur cœur, avec la bonne intention. Lorsqu’ils l’ont fait, leur mérite a pris le dessus sur le kiboud av d’Essav, qui n’avait été accompli que de manière extérieure et sans aucune kavana.

Le rav Eibshitz écrit :
"Un juif doit toujours servir Hachem de tout son cœur et avec la kavana appropriée, "léchem mitsva" ; cela ne doit pas être fait machinalement, en se contentant d’accomplir ce qu’on lui a enseigné, sans concentration ni émotion."

-> Le rav Eibshitz ajoute que la prière, en particulier, doit être récitée avec une grande concentration et en ayant conscience que l’on s’adresse au Créateur de l’Univers, plutôt que de laisser "les lèvres et la langue bouger d’elles-mêmes sans aucune pensée consciente pour les guider".
Il conseille qu’au lieu de chercher des chapitres supplémentaires du Téhllim à réciter (la quantité), une personne s’efforce de réciter ce qu’elle récite déjà avec la concentration requise (la qualité).

-> Le rav Eibshitz poursuit :
"Malheur à nous au jour du jugement si un homme a traversé toute sa vie en n’emportant avec lui que 2 ou 3 prières récitées avec la kavana requise, le cœur humble et brisé, conscient de se tenir devant le Roi, sans qu’aucune pensée étrangère ne vienne s’y mêler.
Et il peut en être de même avec la lecture du Shéma : toute la vie d’une personne peut s’écouler sans qu’elle n’ait récité les trois parachiot (composant le Shéma) avec kavana que quelques fois seulement."

-> Le rav Eibshitz conclut :
"Malheur à nous, car cela donne à nos ennemis du pouvoir sur nous.
Nous sommes actuellement en exil (galout), dans la "maison d’Essav", dont le mérite est extérieur. Si nous servons Hachem avec kavana ba'lev (une kavana qui vient du cœur), alors Essav n’aura aucun mérite à faire valoir sur nous.
Mais si la majorité des juifs ne servent Hachem qu’en paroles, sans kavana, alors le mérite d’Essav continuera de prévaloir."

=> Ainsi, nous voyons donc que le fait d’avoir de la kavana en accomplissant les mitsvot peut nous protéger contre les nations qui nous entourent.

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-> "La majorité de l'exil résulte du fait que nous n'avons pas accompli les mitsvot avec joie"
[le Arizal - rapporté par le rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,5 ]

-> b'h, la suite : Le machia'h viendra grâce à notre joie dans les mitsvot : https://todahm.com/2025/06/06/le-machiah-viendra-grace-a-notre-joie-dans-les-mitsvot

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+ La kavana dans les mitsvot peut nous éveiller une passion pour servir Hachem :

-> Beaucoup de gens ont du mal à se sentir enthousiastes dans leur avodat Hachem. Ils manquent d’enthousiasme, étudient la Torah et accomplissent les mitsvot de manière mécanique et sans émotion. Les parents, eux aussi, peuvent se demander comment susciter davantage d’enthousiasme chez leurs enfants pour leur identité juive.

Le rav Shalom Schwadron (dans son Lev Shalom - paracgat Zakhor) explique :
"La Michna Béroura stipule qu’une soucca construite "léchem 'hag" (en l'honneur de la fête) est sanctifiée pendant huit jours et ne peut être utilisée à aucune autre fin.
Si, en revanche, un berger a construit une cabane pour s’abriter du soleil, celle-ci peut servir à y prendre ses repas pendant Souccot (fête des cabanes), mais le fait d’y manger ne sanctifie pas la cabane et n’en interdit en aucun cas l’usage.

On voit ici tout le pouvoir de la kavana. La cabane du berger est tout à fait casher ; on peut s’en servir pour accomplir toutes les mitsvot de la soucca, comme manger et dormir, comme n’importe quelle autre soucca. Mais comme elle n’a pas été construite avec la kavana de "léchem mitsva soucca", elle ne devient pas sanctifiée du tout ; elle reste 'houlin (ordinaire, non élevée spirituellement).

C’est une leçon que nous pouvons appliquer aux personnes. Même dans les situations où l’on a accompli la mitsva sans kavana [bedieved], la personne elle-même reste 'houlin, comme elle l’était auparavant. Une telle personne ne s’élèvera pas dans son niveau de crainte du Ciel (yirat Hachem). Elle ne se rapprochera pas non plus d'Hachem par le biais d’une telle mitsva.

En revanche, si une personne fait preuve de kavana lorsqu’elle accomplit une mitsva, comme l’exige le Choulhan Aroukh, alors elle sera bel et bien imprégnée de yirat Hachem.
Une telle personne s’élèvera et deviendra un "feu".
C’est un merveilleux conseil sur la manière de lutter contre le manque de sensibilité en matière de yirat Chamayim."

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-> L’exemple ci-dessus de la sainteté de la soucca, cité par le rav Schwadron, nous montre l’impact considérable que peut avoir même une très brève déclaration d’intention (kavana). Le simple fait de dire "léchem mitsvat soucca" avant Souccot modifie complètement le statut de la soucca, l’élevant du statut de " 'hol" (profane) à celui de "kodech" (saint).

C’est une idée extrêmement précieuse, car elle illustre la puissance de la plus petite kavana (qui peut surement se dire en 5 secondes intenses).
De la même manière, une personne qui commence sa journée de travail en déclarant son intention d’accomplir les mitsvot de hichtadlout et de 'hessed (pour sa famille, ses clients, et parfois, ses employés) peut totalement élever l’ensemble de sa journée de travail du statut d’ordinaire à celui de sacré, transformant chaque instant en une précieuse mitsva.

-> Le rav Shimshon Pinkous (dans son Shéarim B'Téfila) évoque le pouvoir transformateur de la kavana avant de commencer la journée de travail :
"Il existe de nombreux gestes simples et ordinaires qu’une personne peut transformer en mitsvot élevées et sacrées en les accomplissant avec kavana.
Un exemple en est le moyen de subsistance des gens. Beaucoup de personnes accomplissent de nombreux actes de bonté dans le cadre de leur travail. L’un distribue du pain et du lait depuis son magasin, et l’autre vend des vêtements.
Mais si elles ne le font que dans le but de gagner leur vie, cela n’est pas considéré comme l’accomplissement d’une mitsvah, et ces actions ont peu de valeur [spirituelle].
Si, en revanche, elles y ajoutaient de la kavana et changeaient d’état d’esprit pour se concentrer sur la bonté qu’elles manifestent envers leurs clients, elles se transformeraient en personnes accomplissant constamment des mitsvot.
Le fait qu’elles perçoivent une rémunération pour leur travail est une nécessité pour subvenir aux besoins de leur famille. Leur objectif principal et leur désir, cependant, est de faire du 'hessed (bonté) envers les autres. Et ils se réjouissent d’avoir l’occasion de fournir de la nourriture, des friandises et des vêtements à leurs voisins, les enfants bien-aimés de Hachem.
Avec ces kavanot, on peut transformer de simples gestes en merveilleux actes de bonté. Il existe de très nombreuses occasions où la kavana peut transformer la terre et les cailloux en argent et en or."

-> Chaque jour, avant d’ouvrir sa boutique, le tsadik rav Moshe Ben-Tov (le tsadik des mézouzot) récitait la prière suivante :
"Léchem yi'houd Koudcha Bérich Hou ... J’ouvre par la présente cette boutique afin de subvenir aux besoins de mes enfants pour qu’ils puissent étudier la Torah et pour que je puisse moi-même étudier et enseigner la Torah, ainsi que pour accomplir les mitsvot de tsédaka et de 'hessed.
Que la volonté de Hachem soit faite afin que la bénédiction repose sur le fruit de mes mains."

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+ Les avantages immédiats de la kavana :

Voici plusieurs façons dont la kavana nous influence de manière immédiate et positive :

1°/ Nous pensons constamment à Hachem.
Nos Sages (Béra'hot 28a) enseigne : "Lorsque tu pries, sache devant Qui tu te tiens".
Même en dehors de la synagogue, dans notre vie quotidienne, nous suivons les traces du roi David qui a dit : "Je place Hachem devant moi en tout temps" (chiviti Hachem lénégdi tamid - Téhilim16,8).
Le Choulhan Aroukh (Ora'h 'Haïm 1,1) cite ce verset comme source pour rester conscient de la présence d'Hachem dans chacun de nos moindres actes.
[Rabbénou Yona (Michlé 2,5) écrit (sur ce verset) que c'est le niveau ultime de crainte d'Hachem. ]
Il va sans dire que lorsque nous accomplissons une mitsva, nous devons savoir que Hachem observe la manière dont nous l’accomplissons. Il voit nos actions et connaît notre kavana.
Lorsque nous agissons avec kavana avant d’accomplir les mitsvot tout au long de la journée, nous prenons conscience qu'Hachem est notre public (rien ne lui échappe, et ainsi Il prête attention à chacun de nos pensées).
Cela renforce notre conscience et notre reconnaissance de Hachem et Le fait entrer dans notre vie.

2°/ La kavana renforce notre lien avec Hachem.
En méditant sur le fait qu'on accomplit une mitsva pour satisfaire la volonté de Hachem, une personne se connecte et se lie à Hachem. Grâce à la kavana, elle se souvient de sa foi en Hachem, de Son unicité et de Sa grandeur, ainsi que de la prise de conscience qu'Hachem désire notre proximité et notre service.
Le fait d’avoir de la kavana encore et encore permet à ces idées de pénétrer notre conscience et renforce notre lien avec Hachem.

3°/ Nous réalisons la mitsva de "véatsénéa lé'hét im Elokékha" (marcher discrètement avec Hachem - Mikha 6,8) :
Grâce à la kavana bé'mitzvot, une personne accomplit la mitsva de "atsénéa lé'hét", qui constitue un niveau élevé et exalté dans l’avodat Hachem.
En effet, la kavana est une affaire privée, et non publique. Lorsqu’on accomplit une mitsva avec kavana, les personnes qui nous entourent ne savent pas ce que l’on pense. Ce service est donc exclusivement entre la personne et Hachem, créant ainsi un lien extrêmement fort entre eux.

Le rav Avigdor Miller nous enseigne que même lorsqu’on accomplit un acte de vertu en public, comme assister à des funérailles ou à un mariage, entouré d’une multitude de spectateurs, on peut marcher secrètement avec Hachem, si l’on pense à Lui à ce moment-là et si l’on agit uniquement à Son service.

4°/ La kavana nous empêche d’accomplir les mitsvot sans y penser.
Accomplir les mitsvot de manière mécanique constitue un grave défaut dans l’avodat Hachem et provoque le mécontentement d'Hachem.
La kavana aide une personne à rester concentrée et consciente qu’elle accomplit la volonté de Hachem (le Roi des rois). Cela l’empêchera d’agir de manière mécanique en se contentant de reproduire ce qu’elle a appris à faire dans sa jeunesse.

Le rav Avigdor Miller enseigne que les mitsvot accomplies par habitude montrent qu’une personne a cessé de progresser dans son avodat Hashem. Même si une telle personne peut rester un juif inébranlable pour le reste de sa vie, elle ne progresse plus.
C’est comme enfoncer un poteau en bois dans le sol : il peut être solide et même durer éternellement. Mais ce poteau ne produira aucune branche, ni aucun fruit ni aucune graine.
Le but de notre vie est d’être une racine vivante qui produit constamment de nouvelles choses et progresse dans la vie.
La vie nous est donnée dans le but de nous améliorer. Tant que nous sommes en vie, on attend de nous que nous progressions. La kavanah nous permet d’y parvenir.

Le 'Hatam Sofer (Térouma 26,30) explique que c'est pour cette raison que nos Sages ont instauré un "tirage au sort" quotidien au Temple afin de déterminer quel prêtre (Cohen) aurait le privilège d'accomplir le service. Cela visait à garantir que le Cohen qui remportait la chance d'accomplir l'un des services le considère comme une occasion en or et non comme une corvée quotidienne.

5°/ La kavana nous encourage à accomplir les mitsvot de manière plus parfaite.
Celui qui prend conscience que les mitsvot sont le moyen d’obtenir une récompense éternelle ne voudra pas lésiner sur les détails, ni se contenter d’une exécution médiocre. Une telle personne voudra accomplir ses mitsvot à la perfection, de la meilleure manière qui soit.
Avoir de la kavana nous rend conscients de l’importance des mitsvot et nous encourage à les accomplir de manière complète.

6°/ La kavana facilite l’accomplissement des mitsvot.
Lorsqu’une personne s’habitue à avoir de la kavana, elle trouvera plus facile d’accomplir les mitsvot qui se présentent à elle. Une telle personne sera capable de prendre conscience de la grande valeur de la mitsva qu’elle peut accomplir et, reconnaissant alors cette formidable opportunité, elle l’accomplira avec joie.
Si, en revanche, elle a l’habitude d’accomplir les mitsvot sans y réfléchir, elle ne pourra pas surmonter aussi facilement les arguments du yetzer hara.

Par exemple, si une mère débordée doit aider son enfant à faire ses devoirs, elle sera beaucoup plus heureuse et disposée à le faire si elle a conscience qu’en agissant ainsi, elle accomplit les mitsvot d’enseignement de la Torah et de 'hessed. [ou bien la mitsva d'élever, d'éduquer ses enfants]
En s’entraînant à la kavana dans l’accomplissement des mitsvot, elle adoptera un état d’esprit bien plus positif face aux tâches difficiles.

De plus, le séfer Tamid L’Yéhoudah (rav David Berney) explique que lorsqu’on fait preuve de kavana avant d’accomplir une mitsva, la prise de conscience claire de la mitsva que l’on accomplit nous incitera à accomplir davantage de mitsvot.
Lorsqu’une personne réfléchit, avec clarté et conscience, à la manière dont elle accomplit une mitsva, elle s’habitue à accomplir des mitsvot, ce qui lui donne envie d’en accomplir davantage.

Lorsqu’un chariot rempli de foin roule et qu’un seul brin de paille tombe de son chargement, le Ciel a déjà décidé où exactement il va atterrir.
De même, lorsqu’une feuille tombe d’un arbre, le moment et le lieu précis de sa chute sont prédéterminés pour chacune d’entre elles.
[Baal Chem Tov - chaar HaOtiot - Hachgakha Pratit - n°3 ]

Le Nom Divin אלהים (Elokim) nous indique que si une personne respecte correctement sa brit, alors le Nom אלהים l’aidera à se venger de ses ennemis, car le Nom אלהים contient les lettres מילה (mila - qui fait référence à la brit) et la lettre א, qui est la première lettre du mot אות (ot - signe).
Ainsi, le Nom d'Hachem (אלהים) représente le "signe de la brit" (ot brit).
Lorsqu’une personne préserve le "signe de la brit", elle rectifie le Nom d'Hachem (אלהים), et alors Hachem se vengera de ses ennemis.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Matot 31,1-6 ]

Regretter des opportunités spirituelles manquées

+ Regretter des opportunités spirituelles manquées :

-> La guémara (Kétoubot 103b) rapporte que lorsque Rabbi Yéhouda HaNassi est décédé, une "bat kol" (une voix céleste) a annoncé que toute personne ayant assisté aux funérailles était destinée à la vie dans le monde à Venir (Olam Haba).
Le jour des funérailles, un certain blanchisseur, qui avait pour habitude de rendre visite à Rabbi Yéhouda HaNassi chaque jour, était absent. Lorsque cet homme eut vent de la bat kol, il se jeta du haut d’un toit et mourut.
À cet instant, une autre bat kol se fit entendre, déclarant que cet homme, lui aussi, était destiné au monde à Venir.

=> Cela mérite une explication. Ce blanchisseur n’était pas présent aux funérailles de Rabbi, alors comment a-t-il mérité de recevoir la même grande récompense que ceux qui y avaient assisté?

Le rav Avigdor Miller (Shaaré Orah - vol.1) explique :
"Il [le blanchisseur] éprouvait tant de douleur et de souffrance de ne pas avoir mérité la "perfection" (chélémout) de ceux qui avaient assisté aux funérailles de Rabbi qu’il a littéralement perdu la raison et s’est jeté du toit. Et c’est pour cette raison [c’est-à-dire le fait qu’il était souffert d’avoir manqué cette perfection] qu’il a mérité que la voix d’en Haut (bat kol) annonce qu’il était lui aussi prêt pour le monde à Venir ...

Nous tirons de là un principe majeur et indispensable : que l’aspiration à la spiritualité et le désir de perfection (spirituel), même après que l’occasion soit passée, sont des choses d’une importance immense.
Par conséquent, lorsqu’une personne éprouve de la souffrance à cause d’une occasion spirituelle manquée, par exemple, sa jeunesse, durant laquelle elle aurait pu étudier davantage la Torah, qui est déjà derrière elle, c’est en soi une chose d’une immense importance."

Etudier la Torah qui fait vibrer notre âme

+ Etudier la Torah qui fait vibrer notre âme (par le rav Kook) :

Beaucoup de gens ont quitté la religion (juive) parce que, dans leur étude et leur perfectionnement spirituel, ils ont trahi leur personnalité unique.
Par exemple, quelqu'un peut avoir un talent naturel pour les questions d’ "aggadah" et ne pas être fait pour une immersion constante dans les questions de halakha.
[Ici "aggadah" désigne tout sujet non juridique, ce qui inclut les questions de philosophie, de mysticisme et de développement personnel (c’est-à-dire le mousar).
Et "halakha" désigne tout type d’étude qui se concentre strictement sur les lois et les détails pratiques. Cela peut inclure les aspects juridiques de la Michna et de la Guémara ainsi que leurs commentaires.]

Pourtant, comme il ne reconnaît pas ses talents uniques, elle se consacre à l’étude de la Guémara et de ses commentaires, car elle constate que c’est la coutume dans le monde religieux d’aujourd’hui. Mais au plus profond de son âme, il éprouve de la haine envers la matière qu’il étudie, car s’y consacrer sans relâche ne correspond pas à ses dons naturels uniques.

Cependant, s’il venait à trouver le type spécifique de Torah qui correspond à ses talents uniques et s’y plongeait, il reconnaîtrait alors immédiatement que le sentiment de nausée qu’il éprouvait lorsqu’il s’occupait de questions de halakha ne provenait pas d’un quelconque défaut de ce type d’étude sacré et important. C’était plutôt son âme qui exprimait son désir de se plonger dans un autre type de Torah. Cette personne resterait alors véritablement fidèle à la Torah et deviendrait un expert dans le type de Torah qui lui est propre. En fait, il serait même capable d’aider ceux qui sont plus doués en halakha en leur faisant découvrir la paix intérieure de l’aggada, de la poésie et des émotions.

Malheureusement, comme cette personne ne reconnaît pas la véritable raison de son sentiment de nausée face à la "halakha" (ex: michna, guémara), elle ignore de force sa nature. Et dès qu’une voie de vie éloignée de la Torah s’ouvre à elle, elle s’en échappe, puis en vient à haïr la Torah et la religion, dont elle devient l’ennemie. Elle passera d’une faute à l’autre.
C’est de ce genre de personnes que se nourrissent ceux qui haïssent notre peuple. Ils tentent de proclamer une nouvelle vision et d’aveugler les yeux du monde.

[...]
D’une manière générale, toute cette question dépend de l’âme unique de chaque personne.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Miktav Yad Kodcho 1, Pinkas A'haron b'Koisk 52 ; aussi dans Orot haTorah 9,6 (version non censurée)]

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-> Un homme dit un jour au rav Kook : "Mon fils n’est pas motivé pour étudier la Torah."
Le rav Kook répondit : "Quand j’étais jeune, moi non plus je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’étudier la "halakha" (ex: guémara, michna). Mon cœur était attiré par la aggadah.
Cependant, c’est en étudiant la aggadah que j’en suis venu à étudier la halakha. Je vous suggère d’enseigner la aggadah à votre fils ; ainsi, il en viendra lui aussi à étudier la halakha."
[Shivché HaRéiya - p.180 ]

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+ Ne mentez pas à votre âme :

-> Il ne faut pas mentir à son âme ; il ne faut pas nier ses émotions intérieures sous l’effet du tourbillon de l’approbation extérieure. Si l’on se sent inspiré et en communion avec le sacré dans un domaine particulier de l’étude, alors il faut sans cesse se nourrir de ce plaisir profond que désire notre cœur.
Quant à moi personnellement, je suis envahi par un puissant sentiment de satisfaction divine lorsque j’étudie la Torah mystique. Même si je sais que cette forme d’étude est abstraite, je dois rester fort intérieurement et ne pas m’en détourner.
Évidemment, il faut également consacrer du temps aux besoins pratiques, qu’il s’agisse d’actions concrètes ou des aspects pratiques de la Torah et de la sagesse.
[Shmoné Kévatsim 8,24 ]

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+ Trouver son propre régime spirituel :

-> Il existe un principe bien connu selon lequel une personne ne devrait pas s’aventurer dans le pardès (les domaines kabbalistiques et philosophiques) avant d’avoir d’abord rempli son estomac de viande et de vin (Tanakh, Guemara, halakha, ...). Peut-être cela fait-il référence à une personne qui ne souhaite que remplir l’obligation fondamentale selon la lettre de la loi.
Cependant, pour celui qui ressent au fond de son cœur une forte passion pour l’étude d’idées profondes, le principe correct pourrait être le suivant : "On doit toujours étudier la Torah dans le domaine que son cœur désire" (guémara Avodah Zara 19a).

Le fait même de posséder un talent particulier pour les sujets philosophiques ou mystiques est en soi une preuve que la volonté d'Hachem est que cette personne se plonge dans des idées profondes.
De plus, toute idée devenue essentielle à sa quête d'Hachem, et sans laquelle on ressentirait un manque profond, devient pour une telle personne la viande et le vin.

Cela n’est pas en contradiction avec le principe interdisant de s’aventurer dans le pardès, car celui-ci ne concerne que les sujets qui dépassent les besoins essentiels d’une personne.
Par conséquent, celui ou celle qui ressent un profond attrait intellectuel et émotionnel pour la compréhension d'Hachem doit avoir confiance en sa voie et être sûr(e) de réussir.
Bien sûr, il ne fait aucun doute qu’il faut consacrer suffisamment de temps à l'étude des fondements de la Torah et de ses lois de manière appropriée. Néanmoins, l’essentiel de l’étude doit porter sur le sujet qui passionne le plus le cœur de chacun.

Et si l’on observe autour de soi et que l’on constate que la plupart des gens ne se comportent pas ainsi, il faut comprendre que pour ces personnes, il n’est pas approprié d’entrer dans le monde des pensées profondes avant de s’être d’abord développées progressivement.
De plus, il faut veiller à ne pas devenir orgueilleux, car tout cela dépend en réalité des différences naturelles entre les âmes. On peut même aller plus loin en affirmant que celui qui éprouve le besoin naturel de connaître toutes ces idées profondes sous une forme claire et structurée ne pourra pas véritablement se connecter à Hachem sans emprunter cette voie spécifique.
Cela peut être comparé à suivre un régime alimentaire inadapté à son type de constitution. Certes, celui qui agit ainsi se sentira naturellement faible et fatigué, alors qu’un autre pourrait être en parfaite santé avec ce même régime. Par conséquent, il faut veiller à ne pas comparer le régime d’une personne à celui d’une autre.

Ainsi, celui qui est naturellement attiré par les idées profondes et complexes ne doit pas se laisser intimider par ceux qui ne le sont pas. Au contraire, il doit prendre conscience qu’il s’agit là de son devoir personnel.
Bien sûr, il va sans dire que malgré tout cela, les types d'études de base (le fondamental, indispensable) ne doivent pas être complètement abandonnés. Néanmoins, il faut savoir que l’on ne sera jamais satisfait tant qu’on n’accordera pas une attention particulière à ce que l’âme exige. Ce n’est qu’alors que l’on réussira à servir Hachem avec un sentiment de bonheur véritablement profond.
[Orot haTorah 9,12 ]

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-> En fin de compte (concernant ce qui nous attire dans l'étude de la Torah), il s’agit d’un don personnel, et il convient de se réjouir de son talent unique.
[Orot haTorah 10,4 ]

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-> b'h, voir également : Nécessité de personnaliser sa vie juive : https://todahm.com/2023/05/30/necessite-de-personnaliser-sa-vie-juive

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+ Trouver un sens spirituel dans la Halakha

-> Il arrive parfois qu’une personne dotée d’une âme capable d’atteindre les plus hauts sommets spirituels se sente déprimée et attristée lorsqu’elle se plonge dans les moindres détails de la Halakha.
Une telle personne peut se sentir emprisonnée, presque comme si elle était enchaînée au sein même de la loi.
Néanmoins, la solution n’est pas d’abandonner la Halakha. Il faut plutôt s’entraîner à rechercher la valeur de chaque détail jusqu’à ce que l’on trouve sa source spirituelle et sa signification.
[rav Avraham Kook - Orot haTorah 9,8 ]

-> Le degré de clarté dont on dispose en matière de halakha (loi juive) déterminera le degré de bonheur que l'on éprouve à la mettre en pratique. Un manque de clarté et de compréhension engendre un sentiment de lourdeur.
Certains vont même jusqu’à éprouver une paranoïa épuisante qui engendre un ressentiment envers la Torah, à D. ne plaise.
À l’inverse, ceux qui jouissent d’une grande clarté ne sont nullement tourmentés par les détails. Bien au contraire : le souci du détail est un signe d’expertise, tout comme le souci de la grammaire témoigne de la qualité de ses propos.
[rav Avraham Kook - Orot haTorah 9,4 ]

-> Tout comme il y a des lois dans la poésie, il y a de la poésie dans les lois.
[rav Avraham Kook - Otsrot Haréiya 2 - p.393 ]

Kavana & comprendre le rôle des mitsvot

+ Kavana & comprendre le rôle des mitsvot :

1°/ Pourquoi accomplisons-nous les mitsvot :

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - début chap.1) écrit :
"L’humanité n’a été créée que pour se réjouir en Hachem et trouver du plaisir dans l’éclat de Sa Chékhina (présence Divine), car c’est là la véritable joie et le plus grand plaisir possible.
Le véritable lieu de ce plaisir se trouve dans le monde à Venir ... Lorsque vous examinez ce sujet, vous constaterez que la véritable perfection n’est rien d’autre que le fait de s'unir avec Hachem (dvékout)."

-> Le but de la création de l’homme est donc de nouer un lien avec Hachem.
Le plaisir que procure ce lien est si grand que : "Une heure de vie dans le monde à Venir est plus belle qu'une vie entière dans ce monde" (Pirké Avot 4,17)
Nos Sages expliquent : si l'on réunissait tous les plaisirs terrestres (matériels) que l'être humain a connus et connaîtra jamais, depuis la création du monde jusqu'à la fin des temps, cela ne pourrait pas égaler un seul instant du plaisir que l'âme éprouve dans l'autre monde.

La guémara (Béra'hot 17a) dit que les tsadikim, dans le monde à Venir, sont assis, couronnés, et jouissent de la gloire rayonnante de la Chékhina.
=> La plus grande forme de plaisir et de joie possible (dans ce monde éphémère et cela éternel à Venir) réside dans le lien de proximité que nous construisons dans ce monde avec papa Hachem.

-> Alors, comment une personne peut-elle accomplir le but de sa vie et nouer un lien avec Hachem?
Le Ram'hal (Messilat Yécharim) poursuit en nous disant :
"Les moyens d’atteindre cet objectif sont les mitsvot qu'Hachem, nous a prescrites. Et le lieu où accomplir ces mitsvot n’est que ce monde-ci."
[les mitsvot ne sont pas une corvée (Hachem a besoin que je Lui fasse certaines choses), mais plutôt une déclaration d'amour : j'ai envie que toi (juif) soit au plus proche de Moi, c'est pourquoi Je te donne des instructions pour y parvenir (les mitsvot - léfi'hakh irba laém Torah ou'misvot).
Le yétser ara est là pour qu'on en fasse le moins possible, et c'est à nous de faire les efforts, du mieux que nous pouvons, pour parvenir à un monde à Venir où nous sommes le plus liés, le plus proche de papa Hachem. ]

-> Le Ram'hal nous enseigne que le moyen de nouer un lien avec Hachem passe par les mitsvot qu’Il nous a données. Il est impossible de se rapprocher de Lui autrement qu’en accomplissant Ses commandements.

-> Le Rambam (Moré Névou'him 3,51) explique que le but de toute notre avoda (servir Hachem - la prière, la Kriat HaTorah et toutes les autres mitsvot), est de nous aider à nous détacher des activités matérielles de ce monde et de nous rapprocher de Hachem.

-> Le Zohar (Yitro 82b) nous dit que les 613 mitsvot sont en réalité 613 "étsot", c’est-à-dire des conseils. Ce sont 613 chemins permettant de relier une personne à Hachem.

-> Bien que toutes les mitsvot soient différentes les unes des autres, il existe un fil conducteur qui les relie toutes : chaque mitsva est un moyen d’établir un lien, de nous aider à atteindre un attachement (dvékout) avec Hachem. [rapporté à la fin du séfer véDabék Libénou]
[pour aborder cela, on doit retirer notre vision, notre compréhension humaine (on est dans une réalité qui nous dépasse car Divine). Une même action peut être réalisée selon la volonté d'Hachem, ou bien sans cela, et pourtant la conséquence est totalement différente. Le fait d'être un ordre d'Hachem octroie un pouvoir d'unification avec Lui. ]

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - début chap.1) poursuit :
"cela signifie qu’il faut s’efforcer de se rapprocher d'Hachem, grâce à la puissance d'actions qui mènent à ce résultat (dvékout b'Hachem), et ces actions sont les mitsvot."

-> Bien sûr, il est vrai que celui qui réalise les mitsvot sera grandement récompensé dans le monde à Venir ; c’est ce qu’on nous enseigne dès le plus jeune âge. Mais nous apprenons ici que les mitsvot jouent un rôle bien plus profond que celui d’un simple moyen d’obtenir une récompense.
Les mitsvot sont en réalité des actes de sainteté (kédoucha) qui lient une personne à son Créateur tant dans ce monde que dans celui à Venir.
Et cette proximité dans le monde à Venir est le plus grand bien qu’une personne puisse atteindre.
[d'après une adaptation du Messilat Yécharim]

-> Nos Sages ont écrit dans le Zohar que le mot mitsva (מצוה) se compose des lettres du nom de D. (יהוה), en appliquant le système At-Bach.
[ le système de guématria At-Bach (א"ת ב"ש) permet d'échanger les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alef) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), … ]
Ainsi en l'appliquant au 2 premières lettres de mitsva (מצוה) : le mém se transforme en youd (י), et le tsadik en hé (ה). En l'ajoutant à l'autre moitié des lettres (וה), on obtient : יהוה.
Car lorsque nous réalisons une mitsva ... alors nous prenons sur nous quelque chose de très grand et de très puissant : Hachem notre D., notre Roi.
[à chaque mitsva nous nous attachons, nous recevons davantage de liens avec Hachem. ]
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> Le Zohar (III, 71a) enseigne que Hachem, la Torah et Israël (les juifs) ne sont qu'un.

=> Les mitsvot nous permettent de se purifier et de se lier toujours plus avec Hachem, que se soit directement avec Hachem, ou indirectement en nous permettant de davantage comprendre la Torah, qui est un avec Hachem.

-> Le Chlah HaKadoch (Chné Lou'hot haBrit - Massékhet Yoma - Déré'h 'Haïm To'hékhot Moussar 163) explique que le mot "mitsva lui-même nous révèle sa finalité. Ce mot provient du mot "tsavta", qui signifie "lien". Cela indique que, par le biais des mitsvot, un lien se tisse entre l’homme, qui accomplit les mitsvot, et Hachem, qui les a données.
Le Chlah HaKadoch rapporte ensuite le lien vu précédemment (avec le Ohr ha'Haïm) entre mitsva et le nom Divin.
Il conclut que cela signifie qu’en accomplissant une mitsva, nous nous connectons à Hachem.

-> "La récompense d'une mitsva est une mitsva" (chékhar mitsva, mitsva - Pirké Avot 4,2)
Le séfer Avodat Israël (paracha Béaaloté'ha) explique que le mot "mitsva" est lié au mot "tsavta" (un lien).
Hachem nous a donné les mitsvot afin que nous puissions nous relier à Lui à travers elles.
La "récompense" d’une mitsva est d’atteindre ce lien, cette union avec le divin, et il n’y a pas de plus grande récompense que celle-là.

-> [dans les bénédictions nous disons : "qui nous a sanctifié par Ses mitsvot" (acher kidéchanou bémitsvotav) = à chaque mitsva nous recevons de la sainteté, c'est-à-dire]

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2°/ Savoir apprécier la valeur des mitsvot :

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - début chap.1) explique qu’une fois que nous savons que le but de l’homme est de se rapprocher dHachem et que les mitsvot sont le moyen d’y parvenir, nous pouvons immédiatement comprendre la signification des mitsvot, car nous ne pouvons atteindre notre but [dans la vie] sans elles.

-> Si les gens n’accordent pas d’importance aux mitsvot d'Hachem (ex: les faisant machinalement), c’est parce qu’ils ignorent quelle est la raison d’être de l’homme.
Dans les générations précédentes, les juifs avaient généralement une juste appréciation de la valeur du monde à Venir. Ils chérissaient donc grandement les mitsvot, reconnaissant qu’elles constituent le canal permettant d’établir notre lien éternel avec Hachem.
En revanche, les générations suivantes accordent beaucoup moins d’importance au monde à Venir, s’étant laissées distraire et accaparer par les détails matériels de ce monde. Par conséquent, leur attachement aux mitsvot s’est lui aussi considérablement affaibli.
[selon le B'Messila Naalé - sur le Messalit Yécharim - p.77]

-> A titre d’exemple, la guémara (Béra'hot 35b) décrit comment les générations précédentes, dans leur empressement à accomplir les mitsvot, faisaient entrer leurs récoltes dans leurs maisons par la porte d’entrée. De cette manière, la récolte était soumise à la mitsva du maaser (la dîme).
A l’inverse, les générations suivantes étaient réticentes à se soumettre à l’obligation du maaser. Elles cherchaient à se soustraire à cette mitsva en exploitant des failles halakhiques, en faisant entrer leurs récoltes dans leurs maisons par le toit ou d’autres entrées inhabituelles. Cette pratique permettait d'empêcher les récoltes d’être soumises à la mitsva.

Nous voyons ainsi le contraste entre ceux qui chérissent les mitsvot, reconnaissant qu’elles constituent de précieuses occasions, et ceux qui n’en apprécient pas pleinement la valeur (toute occasion pour s'en dispenser est bonne).

=> Nous devons donc prendre des moments pour nous renforcer sur le pourquoi nous faisons les mitsvot, et l'incroyable valeur de ce qu'on en retire (davantage d'union, de proximité, avec le Divin).

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+ Des pierres précieuses :

-> L’un des premiers A'haronim, le mékoubal rav Israël Najara (qui était un élève du Arizal), a rédigé un magnifique Ténaïm, un contrat de mariage entre Hachem et le peuple juif.
Dans ce Ténaïm, le rav Najara écrit qu'Hachem, le 'hatan, a offert 613 pierres précieuses au peuple juif, Sa kalla.

C’est ainsi qu’un juif devrait considérer les mitsvot : comme des pierres précieuses inestimables, dont chacune est d’une valeur inestimable.
Les précieuses mitsvot qu'Hachem nous a données sont notre moyen de nous connecter à Lui.
Si nous avions la bonne perspective, nous courrions tous après les mitsvot, en essayant toujours de les accomplir afin de renforcer et de consolider notre lien avec Hachem, notre 'hatan.

-> "Une personne au cœur sage saisit les mitsvot" ('hakham lév yika'h mitsvot - Michlé 10,8).
Qui est une personne au cœur sage? Celle qui comprend la valeur des mitsvot. Une telle personne est sage, car elle comprend la grande valeur des mitsvot, et par conséquent, les saisit de la même manière que l’on saisirait une occasion d’acquérir des richesses matérielles.

[ -> La guémara (Sota 3a) déclare : "Une personne ne commet une transgression que si l’esprit de folie (roua'h chetout) s’empare d’elle".
Le roi David affirme : "Je fixe constamment mon regard vers Hachem (chiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8).
Il en découle que si nous avions la valeur incroyable de chaque mitsvot (faire ou ne pas faire quelque chose), que nous avions la réalité d'avoir Hachem en face de nous (puisque chaque mitsva nous permet de nous lier, unir avec Lui), alors nous n'aurions pas fauté.
Ainsi, fauter est vraiment un acte de folie pure (on préfère un petit plaisir éphémère au détriment d'un plaisir infini et éternel - davantage de proximité avec papa Hachem). ]

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3°/ L'importance d'y ajouter de la kavana :

-> Puisque les mitsvot sont le moyen par lequel nous forgeons un lien avec Hachem, nous pouvons comprendre la nécessité de les accomplir avec kavana (intention, conscience de ce que l'on fait).
La kavana consiste à mettre notre esprit au service de la mitsva, à prendre d’abord le temps (même quelques petites secondes) de réfléchir : "Je fais cela car ..."

Le séfer Natan BéLibo donne une explication de la raison pour laquelle accomplir une mitsva avec l’intention que "Je fais ce que Hachem a ordonné", cela relie une personne à Hachem.
Il écrit :
"En faisant preuve de kavana, une personne procure beaucoup plus de satisfaction/plaisir à Hachem, qui recherche avant tout l’intention de la personne.
Avec la kavana, une personne s’unit véritablement à Hachem, et le but même des mitsvot est de nous relier à Hachem, puisque le mot "mitsva" vient du mot "tsavta", qui signifie "lien".
Or, avec l’aide d'Hachem, nous pouvons expliquer pourquoi "les mitsvot tsri'hot kavana" (elles exigent de la kavana). Les mitsvot ont besoin de kavana par définition.
Un "mitsva" signifie connexion, et par définition, la kavana est nécessaire pour établir une connexion.
Une personne doit avoir de la kavana pour se connecter à Hachem."

-> Cette idée transparaît dans la parabole suivante :
Réouven avait un vieil ami, Shimon, qu’il n’avait pas vu depuis de nombreuses années. Réouven souhaitait vraiment renouer avec Shimon, il l’invita donc chez lui.
Alors que Réouven entamait la conversation, Shimon sortit son téléphone portable et passa le reste de la visite à envoyer des SMS à diverses connaissances.
Bien que Shimon fût physiquement présent à la rencontre, mentalement, il n’y était tout simplement pas. Quel genre de lien peut-on établir avec une personne qui n’est pas mentalement présente? Bien sûr, aucun lien n’est possible.

Il en va de même lorsqu’il s’agit d’établir un lien avec Hachem. Si une personne souhaite se rapprocher d'Hachem, elle doit être mentalement présente, c’est-à-dire avoir de la kavana.
Puisque les mitsvot sont les moyens par lesquels nous nous rapprochons de Hachem, il est évident qu’elles doivent être accomplies avec l’intention appropriée : celle de réaliser la mitsva parce qu'Hachem l’a ordonné.
Celui qui ne pense pas à Hachem avant d’accomplir une mitsva n’est tout simplement pas "là". Physiquement, cet homme agite peut-être un loulav ou met des tefilines, mais mentalement, il est complètement absent.

-> Ce point est également souligné par le rav Avigdor Miller (Shaaré Ora) :
Si une personne accomplit les mitsvot par habitude, elle ne valorisera plus ni les mitsvot ni leur raison d’être ; la conscience que les mitsvot sont le moyen par lequel nous nous rapprochons de Hachem grâce au service de notre esprit lui échappe totalement.

-> En se concentrant sur Hachem avant d’accomplir une mitsva, on remplit son esprit de la pensée d'Hachem ; à ce moment-là, la personne est véritablement "attachée à Hachem" (davék b’Hachem).

Le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm 6,1) écrit qu’avant d’étudier la Torah ou d’accomplir une mitsva, il faut avoir à l’esprit que l’on s'unit à Hashem.
Il écrit :
"Lorsqu’une personne accomplit une mitsva, elle doit se trouver dans un état de très grande connexion, l’accomplissant uniquement parce que c’est le commandement d'Hachem, comme il est écrit : « … comme Hachem, mon Dieu, me l’a ordonné." "

-> Le rav 'Haïm Friedlander, machguia'h de la yéchiva de Poniovitch, gardait à l’esprit la pensée suivante avant d’accomplir une mitsva (en plus d’avoir la kavanah habituelle de je fais la volonté d'Hachem) :
"Par cette mitsva, grâce à la sainteté qui découle de cet acte, je m'unis avec Hachem."

=> On voit qu'Hachem ne demande pas l'impossible (des tonnes de kavanot très élaborées).
On doit être sensible à ce qu'implique d'accomplir une mitsva, la grandeur phénoménale que devient une simple action. On doit aussi avoir à l'esprit : par cela, je fais la volonté d'Hachem + idéalement ajouter que grâce à cela on s'attache encore plus avec la divinité, et ce pour l'éternité, et qu'il n'y a pas de plus meilleure chose que cela!

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-> Les mitsvot peuvent être différentes les unes des autres, mais elles se ressemblent toutes sur un point : la kavana qui les précède. La même intention est commune à toutes les mitsvot, et c’est cela qui développe la dvékout d’une personne avec Hachem.
En effet, on remplit son esprit de la pensée d'Hachem. À ce moment-là, on est lié/attaché avec Hachem.
Lorsque nous reconnaissons que toutes les mitsvot mènent au même endroit, alors toutes nos mitsvot se complètent, renforçant ainsi notre relation avec Hachem.
En conséquence, notre avodat Hachem nous procurera un grand sentiment d’élévation, qui nous exaltera et nous remplira d’un puissant sentiment de sens et de sainteté (à chaque action, petite comme grande, j'agis "comme l'a ordonné le Maître du monde", et ma relation avec Lui est sans cesse plus forte).

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-> "Je suis Hachem, qui recherche le lev (c’est-à-dire le plus intime de notre être) et examine les kélayot (c’est-à-dire nos motivations profondes)" (ani Hachem 'hoker lév, bo'hen kélayot - Yirmiyahou 17,10)
Hachem connaît les pensées intimes de l’homme ; Il voit si une personne a agi avec kavana ou non, et Il la récompense en fonction de l’intensité de cette kavana. L’absence de kavana se fait fortement ressentir dans les mondes célestes d’en-Haut.

De même, le roi David a exhorté son fils Shlomo en disant : "Car Hachem sonde tous les esprits et comprend toute inclination de la pensée" (ki kol lévavot dorech Hachem, vékol yétser ma'hachavot mévin - Divré haYamim I 28,9).
Hachem sonde nos pensées pour voir si nous pensons à Lui et sait si nous accomplissons Ses mitsvot avec la bonne kavana.

[Hachem désire notre coeur. Ainsi, l'acte (de la mitsva) est un moyen au service de l'essentiel : que notre coeur vibre pour Lui (kavana). ]

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+ Une force spirituelle :

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) explique que les makhchavot (les pensées) d’une personne trouvent leur origine dans l'âme (la néchama), le niveau le plus élevé de l’âme humaine.
La néchama elle-même provient de l’esprit céleste d'Hachem, comme il est écrit : "[Hachem] insuffla dans les narines [de l’homme] une âme vivante" (Béréchit 2,7). L’âme d’une personne est donc un souffle de Hashem, une partie de Son essence, pour ainsi dire.
Par conséquent, la faculté de penser est la capacité spirituelle la plus puissante de l’humanité. En effet, la pensée est capable de transformer un acte banal en une mitsva sacrée et d’élever l’accomplissement mécanique d’une mitsva au rang d’acte sacré.

Comme nous l’avons dit, l'âme d’une personne provient d'Hachem. C’est pourquoi la nature de l’âme est sainte, à l’image de sa source divine.
L’âme trouve son origine sous le Trône de Gloire. (selon le Zohar - Vayikra 29b)
Elle provient directement du Créateur (on a une partie de D. en nous!), pour ainsi dire, et elle lui ressemble spirituellement.
Selon le Ram'hal (Daat Tévounot 24) : Tout comme un aimant qui est attiré par d’autres aimants, l’âme cherche elle aussi à retourner à sa Source, et elle ne trouve pas de repos tant qu’elle n’y est pas parvenue.

En d’autres termes, nos pensées proviennent de notre âme, qui est elle-même enracinée en Hachem Lui-même et cherche constamment à retourner vers Lui.
Par conséquent, nos pensées ont le pouvoir de nous relier à Lui.

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+ La kavana est l'âme d'une mitsva :

-> Nos Sages nous enseignent qu’une mitsva comporte deux parties : un "corps", qui est l’acte physique de la mitsva, et une "âme", qui est la kavana.
C'est pourquoi une mitsva réalisée sans kavana est "comme un corps sans âme" (kégouf bélo néchama).
[Béér Moché sur Ekev 8,1 - citant le Arizal - Likouté Torah]

Notre âme donne vie et énergie à notre corps et le maintient actif. De même, la kavana donne "vie" à nos actions et à nos paroles.

Le fait que la kavana soit l’âme d’une mitsva signifie que nos pensées constituent une force spirituelle puissante.
[Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Avoda Zara 3a) écrit que c’est pour cette raison que lorsqu’une personne incapable d’accomplir une mitsva en étudie les lois, cela est considéré comme si elle l’avait effectivement accomplie. ]
Hachem souhaite que nous imprégnions nos actions de cette force spirituelle. Lorsque nous avons de la kavana, nous utilisons notre esprit pour transformer un acte ordinaire en une mitsva et élever le statut de cette mitsva à quelque chose de saint et d’éternel.
Le Aroukh HaChoul'han (Ora'h 'Haïm 60,8) écrit que la sainteté d'une mitsva est spécifiquement engendrée par la kavana, et non par le mouvement des membres.

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-> Il est évident que si une personne souhaite établir un lien avec Hachem à travers les mitsvot, elle doit les accomplir comme il le faut. L'une des conditions fondamentales pour accomplir toute mitsva est de la précéder de la kavana suivante : "J'accomplis cette mitsva parce que Hachem l'a ordonné."

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.1) explique que la kavana qui accompagne une mitsva détermine la récompense qu'Hachem accordera.
Le rav Dessler écrit :
"La récompense future d’un tsadik, qui consiste à se délecter de l’éclat de la Chékhina d'Hachem, signifie qu’il s’unira à Hachem par un lien extrêmement fort.
Par conséquent, si les mitsvot d’une personne ont été accomplies "léchem mitsva", avec le désir de se lier (s'unir) avec Hachem, alors elle sera récompensée par un niveau d'attachement avec Hachem qui sera plusieurs milliers de fois supérieur.
Si, en revanche, la mitsva d’une personne manquait de kavana "lechem chamayim" et n’a pas été accomplie dans le but de se lier à Hachem, alors sa récompense sera elle aussi dépourvue d'attachement avec Hachem.
La récompense d’une mitsva dépend de la qualité de son accomplissement."

=> On parle "d'un niveau d'attachement avec Hachem qui sera plusieurs milliers de fois supérieur". Comment de pas prendre au sérieux la kavana pour bénéficier éternellement d'une énorme proximité avec Hachem (Source de toutes les bénédictions, de toutes les joies possibles, ...).

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+ La qualité plutôt qu'une quantité de mitsvot :

-> Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur la kavana de base nécessaire pour accomplir une mitsva. Cependant, il n’y a pas de limite aux émotions et aux intentions que l’on peut avoir en accomplissant une mitsva. Plus une personne purifie son intention lorsqu’elle accomplit une mitsva, plus elle sera impactée par cette mitsva, et plus son lien avec Hachem qui en résultera sera grand.
De plus, plus une personne remplit son esprit de pensées concernant Hachem, plus elle sera "davouk" (liées) à Hachem.

->C’est pourquoi le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel - vol.3 - émouna) déclare que :
Celui qui œuvre et s’efforce d’accomplir sa raison d’être et de se rapprocher d'Hachem devrait chercher à privilégier la qualité de ses mitsvot plutôt que leur quantité.
Une personne doit se demander si son service envers Hachem est véritablement intérieur et s’il la rapproche réellement d'Hachem.
Plus une personne se rapproche d'Hachem dans ce monde, plus elle sera proche d'Hachem dans le monde à Venir.

-> "Rabbi (Yéhouda haNassi) dit : "sois méticuleux [en accomplissant] une mitsvah [apparemment] mineure, comme pour une mitsvah conséquente, car tu ne connais pas la rétribution accordée pour les mitsvot" (Pirké Avot 2,1).
Sur la base de ce qui précède, nous pouvons suggérer une raison à l’enseignement de Rabbi.
Le but des mitsvot est de nous relier à Hachem, et chaque mitsva est capable d’atteindre ce but. C’est pourquoi nous devons accorder de l’importance à chaque mitsva que nous sommes en mesure d’accomplir, même celles qui ne semblent pas si significatives.

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+ En résumé :

-> Le désir le plus profond de la néchama est de se rapprocher d'Hachem. En effet, la néchama, le niveau le plus élevé de l’âme humaine, provient de Lui.
Hachem nous a donné les mitsvot comme moyen de nous rapprocher de Lui, rendant ainsi chaque mitsva extrêmement précieuse.
Nos pensées trouvent leur origine dans la néchama. Par conséquent, nos pensées ont le pouvoir de nous relier à Hachem.

Ainsi, la première étape pour mettre correctement en œuvre les mitsvot consiste à mobiliser nos pensées en formulant au préalable la kavana suivante : "J’accomplis cette mitsva comme Hachem l’a ordonné".
De cette manière, la néchama se rapprochera d'Hachem.

Une personne qui apprécie l’opportunité que chaque mitsva lui offre voudra avoir la kavana, afin de mériter ce lien avec Hachem et d’accomplir sa raison d’être dans ce monde.

Chaque fois qu’une telle personne réalise une mitsva, ce qui arrive très souvent, la kavana qu’elle a formulée au préalable lui rappellera Hachem et la reliera à Lui. Et chaque mitsva supplémentaire accomplie avec kavanah renforcera encore davantage ce lien.
De plus, en prenant l’habitude d’avoir de la kavana avant chaque mitsva, une personne méritera une récompense incommensurable dans le monde à Venir.
[on obtient "un niveau d'attachement avec Hachem qui sera plusieurs milliers de fois supérieur" sans kavana. ]

Par ailleurs, même dans ce monde-ci, accomplir les mitsvot avec kavana donne un sens à la vie d’une personne ; une telle personne agit de manière proactive pour atteindre le but pour lequel elle a été créée : établir un lien avec Hachem.

De nos jours, il y a tant de distractions dans nos vies qu’il est extrêmement facile d’oublier ce que nous sommes censés accomplir dans ce monde. Nous sommes tellement absorbés par la routine banale de la vie quotidienne qu’il est facile d’oublier le rôle de Hachem dans nos vies.
[les moyens modernes de communication nous causent des distractions fréquentes, et nous avons du mal à rester focaliser sur l'essentiel de notre but dans ce monde. ]

Or, c’est exactement le contraire de la raison pour laquelle nous sommes ici ; Hachem est censé être au centre de nos vies. Cela devrait être la norme : faire entrer Hachem dans tout ce que nous faisons et dans chaque conversation que nous avons, et non pas simplement nous souvenir de Lui lorsque nous entrons à la synagogue.
[n'oublions pas que : "Plus une personne se rapproche (s'unit, se lie) avec Hachem dans ce monde, plus elle sera proche avec Hachem dans le monde à Venir." ]

La manière de faire d'Hachem le centre de nos vies et de développer notre lien avec Lui consiste à agir avec kavana lorsque nous accomplissons Ses mitsvot.

Lorsqu’une personne prend conscience que le Divin imprègne toute la terre, et que chaque geste et chaque pensée proviennent de Lui, alors, grâce à cette prise de conscience, toutes les forces négatives s’évanouissent, et l’on se rend compte qu’il n’existe absolument aucune barrière entre le Divin et l’être humain.
[Baal Chem Tov - Heikhal HaBrakha - Vayigach ]

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-> Rien de mauvais ne vient d’en-Haut.
Tout est bon. Le défi (l'épreuve en ce monde) consiste à le percevoir comme tel.
[rav Shnéour Zalman de Liadi - Tanya - Iguéret HaKodech - chap.11 ]

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-> "Nul ne peut toucher à ce qu'Hachem a préparé pour un autre (én adam noguéa bamou'han la'havéro) ; chacun reçoit ce qui lui est destiné."
[guémara Yoma 38b]
[sans un décret du Ciel rien n'est possible ici-bas.
Bien qu'une personne soit l'envoyé du Ciel pour réaliser une chose, si elle accomplie un acte contraire à la halakha (ex: vol), elle devra en rendre des comptes. ]

-> Une personne ne se blesse au doigt ici-bas, sur terre, que si, là-haut, il a été décrété qu'elle devait être blessée.
[rabbi 'Hanina - guémara 'Houlin 7b ]
[én adam nokéf étsbao milémata, éla im kén ma'hrizin alav milémala]

-> "Si cela t'est destiné, cela ne t'échappera pas."
[guémara Moed Katan 18b ]
[hi 'hazya la'h, la azla mina'h]

Quelques rôles d’un converti

+ Il multiplie les forces de sainteté :

-> Lorsqu’un nouveau venu s’ajoute à une communauté de juifs, par exemple, lorsqu’un certain nombre de juifs prient et qu’une âme supplémentaire vient s’ajouter à eux, toute la maison de prière (synagogue) s’en trouve rehaussée au-delà de toute mesure.
Les forces de sainteté se multiplient et des édifices entièrement nouveaux sont construits dans les sphères les plus élevées de la sainteté. Une joie immense se répand dans les mondes supérieurs. La bouche ne peut l’exprimer, ni le cœur le concevoir. La faute est pardonnée et la guérison vient sur le monde.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Eitsot - Téfila n°84)]

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+ Il élève l'honneur d'Hachem dans le monde :

-> Le plus grand honneur pour Hachem, c’est lorsque les personnes les plus éloignées de Lui se rapprochent de Lui. Car à ce moment-là, "Hachem est exalté et honoré en-Haut et ici bas" (Zohar II,69a), et l’honneur d'Hachem dans le monde s’en trouve grandement accru.
C’est pourquoi chacun doit s’efforcer de tout son cœur de rapprocher d'Hachem ceux qui en sont éloignés.

De plus, une personne ne doit jamais dire : "Comment puis-je me rapprocher d'Hachem alors que je suis si éloigné de Lui à cause de mes nombreuses mauvaises actions?" Car la vérité est tout le contraire : plus une personne est éloignée, plus l’honneur d'Hachem sera magnifié lorsqu’elle tentera de revenir et de se rapprocher de Lui, car c’est là le plus grand honneur d'Hachem.

Lorsque des personnes qui sont en dehors de la sainteté se rapprochent et entrent dans la sainteté, qu’il s’agisse de convertis (guérim) ou de juifs autrefois éloignés qui reviennent à la foi, cela constitue le plus grand honneur pour Hachem et "le Nom du Saint, béni soit-Il, est exalté et honoré en-Haut et ci-bas".
L’honneur est élevé à sa racine, qui est la crainte sacrée, et cela, à son tour, apporte la paix au monde.

Grâce à la Torah, il est possible de rapprocher les convertis et ceux qui reviennent à la foi, et de leur indiquer la voie à suivre. En étudiant la Torah dans la sainteté, une personne incite les juifs fauteurs et les convertis à se repentir. La seule façon d’y parvenir est de faire preuve de la plus grande humilité et de la plus grande modestie d’esprit.
Fort de ces qualités, on mérite une véritable étude de la Torah, jusqu’à ce que l’on soit capable, par cette étude, d’illuminer et d’éveiller les racines des âmes du peuple juif, même celles qui se trouvent à des milliers de kilomètres.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likoutey Moharan I,14 ]

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+ Il révèle l'unicité d'Hachem

-> À travers les convertis et les baalé téchouva, l’Unicité d'Hachem se révèle à travers la multiplicité même de la création. Puisqu’eux aussi viennent au monde afin d’être intégrés à Son Unicité absolue, cela est des plus précieux aux yeux d'Hachem.
C’est pourquoi la Torah insiste sur le fait qu’il faut aimer et encourager le converti.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Prika Outé'ina 4,3 ]

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+ Il élève la réputation et la renommée du Divin :

-> La réputation et la renommée d’un royaume sont davantage rehaussées par les personnes qui viennent de loin pour s’y installer que par celles qui y résident déjà.
[rabbi Shlomo haCohen Rabinowitz - (1803-1866) - Tiféret Shlomo - Likoutim - Shoftim - 17,8 ]

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+ Il apporte la lumière des nations :

-> La qualité par excellence des convertis est qu’ils apportent avec eux la lumière des nations du monde.
[Sfat Emet - Likoutim - paracha Lé'h Lé'ha ]

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+ Il développe la vrai connaissance :

-> Lorsque les convertis achèvent leur conversion, ils contribuent à accroître la vraie connaissance dans le monde.
[rabbi Na'hman de Breslev - séfer HaMidot - Daat - Beit n°12 ]

Les 42 déplacements de chaque juif au cours de sa vie

"Voici les déplacements des Bné Israël lorsqu’ils quittèrent l’Égypte ... selon l’ordre d'Hachem" (Massé 33,1-2)

-> Le Baal Shem Tov disait que les 42 déplacements des Bné Israël (les lieux où ils ont campé dans le désert), de l’Égypte à la Terre Promise, se rejouent dans la vie de chaque juif, que son âme parcourt jusqu’à son retour dans le Monde Supérieur.
Et tout au long de ces périples, une personne doit se souvenir que "al pi Hachem ya'hanou" (sur l'ordre d'Hachem ils partaient) et "al pi Hachem yissé'ou" (sur l'ordre d'Hachem ils s'arrêtaient) (Béaaloté'ha 9,18), tout est ordonné par Hachem et tout s’accomplit sous la Hachga'ha pratit Providence Divine).

[quoiqu'il puisse nous arriver dans la vie, on doit être serein car dans les moindres détails c'est "al pi Hachem" (selon le désir d'Hachem), et donc forcément pour notre bien ultime.
Chaque juif a un trajet dans le chemin de sa vie, qui est personnalisé par papa Hachem, selon ce qui est nécessaire pour réussir au mieux sa mission dans ce monde. ]

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+ Les déplacements ont pour but d’élever les étincelles de sainteté (kédoucha) en ces lieux :

-> Le monde matériel regorge d’étincelles sacrées (nitsotsot) en chaque lieu, et le Baal Shem Tov enseignait à ses talmidim que leur avoda consistait à élever la sainteté présente partout où ils se trouvaient.
Tout ce qui a été créé dans ce monde l’a été pour honorer Hachem, et c’est pourquoi même les activités matérielles doivent être accomplies afin d’accroître l’honneur d'Hachem, d’élever les étincelles sacrées vers leur source d’en-Haut, ce qui est le but de tout notre service divin (avoda), que tout soit fait léchem chamayim.

-> Le Méor Enayim (Matot) développe cette idée en expliquant que c’est la raison pour laquelle les gens doivent se déplacer d’un endroit à l’autre, car Hachem sait que les nitsotsot liés à leur néchama se trouvent à cet endroit.
Ces nitsotsot sont dissimulées dans la nourriture, la boisson ou une activité quelconque ; c’est pourquoi Hachem amène une personne à se rendre là-bas pour une raison ou une autre, mais la véritable raison pour laquelle Hachem a provoqué cela est qu’elle y mange et y boive, ou qu’elle s’y consacre à ses affaires, et qu’en accomplissant ces actions selon la Torah et léchem chamayim, elle élève ces nitsotsot.

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+ Élever les nitsotsot tout en s’occupant des affaires matérielles :

-> Même lorsqu'on est chez nous, les nitsotsot sacrées attendent qu'on les élève.
Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayéchev) dit que lorsqu’une personne mange et boit léchem chamayim, afin d’être en bonne santé pour servir Hachem, et que, même lorsqu’elle s’occupe d’autres affaires matérielles, son intention est léchem chamayim (pour agir en accord avec la volonté d'Hachem), elle élève les nitsotsot vers leur source dans les hauteurs.
En effet, toute chose matériel ne peut exister qu'en raison d'étincelles sacrées qui sont tombées de leur niveau élevé.
Lorsqu’une personne mange et boit avec la bonne intention, elle élève le désir matériel au rang de désir spirituel, et ce faisant, les nitsotsot sacrées sont rectifiées et renvoyées à leur place légitime là-Haut.

-> Tout au long de notre parcours dans la vie, une personne doit se rappeler dans quel but elle est ici, dans ce monde. Car le monde est plein de distractions qui détournent l’esprit de sa mission principale ici-bas, et nous devons donc nous mobiliser à tout moment, afin de ne pas relâcher notre avoda.
En nous rappelant notre raison d’être dans la vie, nous puisons la force d’intensifier notre avodat Hachem et de progresser dans la spiritualité.