Aux délices de la Torah

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Provoquer la guéoula = un désir de davantage de spiritualité

+ Provoquer la guéoula = un désir de davantage de spiritualité :

"Je vous sortirai des fardeaux de l'Égypte... et je vous délivrerai" (Vaéra 6,6)

-> Le Sfat Emet cite le 'Hidouché haRim qui explique que la délivrance du peuple juif a été déclenchée par son incapacité à supporter plus longtemps l'impureté de l'Egypte.
C'est leur reconnaissance du fait que le fait d'être juif ne pouvait s'accommoder de l'immoralité omniprésente qui les a rendus dignes de la rédemption.

C'est pour cette raison que, pour parvenir à la rédemption, le peuple juif devait atteindre un état de détresse où son "manque de spiritualité" lui était plus insupportable que sa souffrance physique.

[c'est incroyable de se dire qu'entre la douleur liée à leur terrible esclavage en Egypte, et leur manque de spiritualité, c'est ce dernier qui lesfaisait le plus souffrir, le plus crier à Hachem. ]

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=> L'exil en Egypte comprend tous les autres exils. Ainsi, si nous voulons mériter la guéoula finale, notre plus grande souffrance doit être sur notre "manque de spiritualité".
Hachem dévoile toi pleinement, permets nous de plus de connaître, d'être plus proche de Toi, ...

La terre d’Israël

+ La terre d'Israël (par le rav Eibshitz) :

-> La terre d'Israël est unique, tant d'un point de vue matériel que spirituel.
La guémara (Kétoubot 112a) rapporte que certaines villes d'Israël avaient une population extrêmement nombreuse. Nos Sages s'interrogent en soulignant que la taille de ces villes était relativement petite et qu'ils se demandaient comment elles pouvaient accueillir un si grand nombre d'habitants.
La guémara répond que la terre d'Israël est appelée la terre des cerfs.
Quelle est la particularité du cerf pour qu'il soit comparé à la terre d'Israël?

Tout comme la peau du cerf s'étire au-delà de sa taille réelle pour s'adapter à son corps, il en va de même pour la terre d'Israël. Lorsque les juifs y vivaient, elle était spacieuse et pouvait accueillir un grand nombre de personnes, et lorsque nous avons été exilés, elle s'est contractée et sa nouvelle taille ne pouvait abriter qu'une population beaucoup plus réduite.
Physiquement, la Terre d'Israël est exceptionnelle en ce qu'elle est capable de s'étendre et de se contracter.

D'un point de vue spirituel, le caractère unique de la terre d'Israël réside dans le fait qu'en plus de la terre physique, matérielle (ce que nous voyons), il existe une terre d'Israël spirituelle, céleste.
Et lorsque la guémara parle d'un grand nombre de personnes vivant dans un espace très restreint, elle fait référence à la terre d'Israël au Ciel.
Ainsi, lorsque nous parlons de la terre d'Israël, nous parlons en réalité de deux terres : une terre physique et une terre spirituelle.
[ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonathan ]

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-> Tout être humain aspire à la perfection et à un sentiment de plénitude.
De nombreuses personnes ont l'impression d'être extrêmement accomplies et de vivre une vie complète.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que lorsqu'ils vivent dans la diaspora (dehors d'Israël), ils manquent de tout.
Ce n'est qu'en vivant en Terre sainte qu'un individu peut devenir vraiment entier. C'est grâce au mérite de vivre en Israël que nos ancêtres ont pu atteindre les sommets spirituels qu'ils ont connus.

L'un des grands rabbins du 17e siècle, le Chla Hakadoch, cite un verset qui parle de la terre d'Israël. Ce verset dit : "Mes yeux et mon cœur y seront en tout temps" (Méla'him I 9,3). Il écrit que l'on doit constamment aspirer à la terre d'Israël.

Ce désir de vivre en Israël a été perçu par Yossef, le fils de Yaakov.
Yossef avait été emprisonné en Egypte. Son seul désir d'être libéré de prison était de pouvoir retourner en Terre Sainte ; vivre en Israël l'aiderait à atteindre les sommets spirituels de ses ancêtres.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,15 ]

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-> Le Ramban, qui vivait au 13e siècle, raconte ce qu'il a vu en visitant la terre d'Israël. Il écrit que c'était une terre désolée et stérile.
Pourquoi en est-il ainsi ?

Chaque pays possède une constellation unique ou un flux d'énergie spirituelle qui lui confère son caractère spécifique.
Le flux d'énergie spirituelle de la Terre d'Israël était tel qu'elle aurait dû être une terre stérile impropre à l'établissement humain. Hachem a donné cette terre au peuple juif, et grâce à l'étude de la Torah, le désert s'est transformé en une terre où coulent le lait et le miel.

À la suite de nos fautes, nous avons été exilés du pays, qui est retourné à son état naturel de désert.
Notre comportement et notre conduite ont un impact direct sur la floraison ou l'aridité de la terre.
[ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonathan - Haazinou ]

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-> Chaque pays possède sa propre énergie spirituelle, connue sous le nom de mazal.
Le mazal est le conduit par lequel Hachem transfère son énergie spirituelle au monde physique.
Le mazal de la terre d'Israël était tel qu'il avait été désigné comme un désert inhabitable. Cependant, lorsque le peuple juif observe la Torah, la bénédiction d'Hachem l'emporte sur le statut préétabli de la terre, qui devient alors une terre où coulent le lait et le miel.
Par conséquent, lorsque le peuple juif transgresse, Hachem n'a pas besoin de punir la terre. Il retire simplement ses bénédictions et la terre retourne à son état naturel de désert stérile.
[ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonathan - Haazinou ]

"L'observance du Shabbat est un bouclier de protection qui entoure le peuple juif.

... Après avoir quitté l'Egypte, le peuple juif a reçu un certain nombre de commandements avant le don de la Torah sur le mont Sinaï. L'une de ces lois était l'obligation d'observer le Shabbat.
Ce tout premier Shabbat, un juif l'a profané. Immédiatement après, nous lisons comment les Amalécites ont fait la guerre au peuple juif.
C'est l'inobservation du Shabbat qui a permis à Amalek de faire la guerre au peuple juif."
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,3 ]

La circoncision

+ La circoncision :

-> L'acte de circoncision comporte deux aspects : l'un externe et l'autre interne. L'ablation externe du prépuce et l'ablation interne de l'impureté spirituelle.
Les descendants d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov possèdent 3 qualités innées : ils sont miséricordieux (ra'hamim), bienfaiteurs (gomlé 'hassadim) et humbles/timides (baïchanim). [guémara Yébamot 79a]
Ces qualités [propres aux juifs] se révèlent après la circoncision. C'est pour cette raison que l'enfant reçoit son nom juif qu'après la circoncision, car c'est à ce moment-là que son essence intérieure est révélée.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,11 ]

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-> Avraham a fait sa circoncision, à 99 ans, et jusqu'à cet âge il n'était pas considéré comme ayant atteint le niveau de perfection. Par conséquent, chaque fois que la Torah parle d'Hachem conversant avec Avraham, ce n'est pas D. qui communique directement avec lui, mais D. parle à Abraham par l'intermédiaire d'un ange. L'ange était considéré comme un ange de stricte justice.
Cependant, une fois qu'Abraham a été circoncis et qu'il a atteint le niveau de complétude, Hachem a commencé à communiquer directement avec Avraham avec l'attribut de ra'hamim (compassion, miséricorde).
[ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonathan - Lé'h Lé'ha ]

[imaginons la grandeur énorme d'Avraham à 99 ans, à quel point il était un géant soutenant tout le monde, et bien malgré cela il manquait la circoncision (acte en apparence simple), pour pouvoir lui permettre de se brancher directement avec Hachem, et en plus sous l'aspect de Sa bonté infinie.
En tant que ses descendants, nous bénéficions rapidement après notre naissance, de cette ligne directe pour parler avec Hachem. ]

"Les vrais érudits en Torah ne se contentent pas d'écrire leurs propres idées.
Ils écrivent la connaissance de la Torah qui leur a été donnée par Hachem".

[rabbi Ména'hem Schneerson - citant le rav Yonathan Eibshitz (commentaire sur Tokfo Cohen - sect.124)]

Les mitsvot = condition pour rentrer dans la chambre intérieure d’Hachem, et pleurer nos souffrances avec Lui

+ Les mitsvot = condition pour rentrer dans la chambre intérieure d'Hachem, et pleurer nos souffrances avec Lui :

-> Imaginez une veuve, accablée par les difficultés de sa situation : une maison pleine d'enfants, un maigre salaire, une perte douloureuse et la solitude. Néanmoins, malgré l'obscurité et les difficultés, elle continue d'être une source de force pour ses enfants orphelins et un phare de lumière pour son foyer. Elle est bienveillante et réconfortante, malgré la douleur de son cœur, et arbore toujours un sourire.
Tard dans la nuit, lorsque les enfants sont endormis, elle s'isole dans une pièce du fond et pleure des larmes amères de douleur à cause de la vie qu'elle mène et de la douleur de ses enfants. Mais elle garde cette douleur pour elle. A l'extérieur, elle sourit.

Une nuit, un enfant se réveille et entend sa mère pleurer. Il entre dans la pièce du fond, la voit pleurer à chaudes larmes et se met à pleurer avec elle. Ils restent assis pendant des heures, pleurant l'un avec l'autre, partageant le mal qu'ils vivent.
Dans ces moments de larmes, ils se sentent très proches, connectés par la douleur qu'ils endurent. En pleurant ensemble, ils se rapprochent l'un de l'autre.

Hachem souffre. Le Temple est détruit et le monde est dans un état de délabrement spirituel. Néanmoins, malgré cette douleur, Hachem maintient ce monde et soutient l'humanité. Il remplit ce monde brisé de beauté et de plaisir, extérieurement, Hachem sourit.

La guémara ('Haguiga 5b) dit cependant qu'Hachem a une chambre intérieure. Il s'y cache et pleure des larmes amères à cause de la douleur que ce monde lui inflige. Mais il garde sa douleur privée, confinée dans cette pièce arrière, et lorsqu'il quitte cette pièce, il sourit.

Lorsque nous souffrons, le moyen de nous connecter à Hachem est de pleurer avec Lui dans Son arrière-boutique, d'apporter notre douleur dans la chambre intérieure d'Hachem et de souffrir avec Lui.
Dans ces moments de larmes, on se sent proche d'Hachem malgré la douleur que l'on traverse. Le fait de souffrir [dans l'intimité] avec Lui nous rapproche de lui, car nous partageons notre douleur l'un l'autre.

Alors, comment entrer dans Sa chambre intérieure?
Les mitsvot sont notre lien avec Hachem, et l'effort pour les accomplir malgré la difficulté nous fait entrer dans la chambre arrière d'Hachem et nous lie à Lui.
Plus nous pénétrons profondément dans cette chambre, plus nous partageons notre douleur avec Hachem, et plus nous nous rapprochons de Lui.

Les pleurs pour soi seul engendrent la solitude. Les pleurs avec Hachem engendrent l'unité avec Hachem. Mais nous devons entrer dans la pièce. Une fois qu'on l'a fait, on se rapproche ironiquement d'Hachem par la douleur, elle-même.
Les personnes qui pleurent ensemble se rapprochent les unes des autres. Lorsque les larmes de souffrance d'une personne sont avec Hachem, la douleur cesse d'être quelque chose qui empêche la croissance, et devient au contraire un moyen de croissance ...

Nous pouvons atteindre des sommets spirituels en nous connectant à Hachem à travers notre douleur. En faisant de notre mieux pour accomplir les mitsvot, nous entrons dans Sa chambre intérieure. Dans la mesure où nous entrons dans Sa chambre, nous pouvons nous rapprocher d'Hachem à travers la douleur même que nous vivons.
Pleurer avec Lui peut nous aider à nous sentir proches de Lui.

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Ha'hodech 5702 (1942) ]

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-> Le rabbi de Piaseczno (Aish Kodech) écrit :
Hachem se trouve dans la chambre intérieure et c'est là qu'Il pleure. Celui qui se pousse et se rapproche de Lui par la Torah (et les mitsvot), pleure alors avec Hachem, et étudie également la Torah avec Lui.
Telle est la différence : Les pleurs et la douleur qu'un homme [ressent] à cause de ses problèmes, lorsqu'il souffre tout seul, il est possible qu'il se brise et qu'il en tombe au point d'être incapable de faire quoi que ce soit.
Cependant, les pleurs qu'il pousse avec Hachem le renforcent. Il pleure et se renforce, [se sent] brisé et (ensuite) habilité , à étudier et à servir (Hachem)".

-> Selon le rabbi de Piaseczno, l'effort d'accomplir spirituellement et de mieux garder les mitsvot, même sans succès en soi, amènera quelqu'un dans la chambre intérieure d'Hachem. Une fois là, il sera naturellement davantage "sensible à Hachem", appréciera la douleur d'Hachem et sentira, automatiquement, que sa douleur est également ressentie par Hachem.
[Hachem promet à tout juif : "Je suis avec lui dans sa difficulté" (Téhilim 91,15) ]
Cela crée une relation. Cette relation de partage conduira finalement à une connexion avec Lui qui générera naturellement une croissance dans la Torah et les mitsvot, malgré la douleur que l'on traverse, ou, plus précisément, à cause de sa douleur, puisqu'elle est partagée avec Hachem.

Par conséquent, les efforts initiaux, peut-être infructueux, pour parvenir à la spiritualité seront désormais couronnés de succès puisqu'ils sont entrés dans la chambre.

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[le rabbi Piaseczno précise que la douleur peut rendre difficile au début le processus d'élévation dans la chambre intérieure d'Hachem, mais même si cela est dur, il fait continuer les efforts et persévérer. ]

Prendre note de l'implication d'Hachem dans notre vie (même les toutes petites choses routinières), peut nous aider à nous sentir plus proches de Lui.
Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hot Moussar - maamar 16) qualifie ces temps où l'on apprécie ces bontés notables, comme des "baisers" d'Hachem, l'idée étant que de telles occasions sont des moments particulièrement forts pour ressentir un lien de proximité avec Lui.

Garder la émouna pendant nos moments difficiles, permet d’en être sauvés

+ Garder la émouna pendant nos moments difficiles, permet d'en être sauvés :

-> Lorsque la vie nous fait souffrir, nous pouvons avoir des pensées désespérées et abandonner l'espoir que les choses s'améliorent.
Mais un juif doit vivre en réalisant qu'Hachem est au-dessus de ces calculs, qu'Il est au-dessus des limitations. Il n'y a rien qu'Il ne puisse faire ... même vous aider.
[Un juif doit toujours vivre avec la certitude qu'Hachem peut le sauver, même si cela semble impossible.
Hachem n'est pas limité par notre raisonnement limité. ]

De plus, le fait même que nous maintenions notre émouna malgré la douleur de nos circonstances est un mérite pour nous, et peut en réalité apporter le salut, la délivrance à notre problème, plus rapidement.
Ce sont précisément les circonstances les plus complexes et les plus difficiles qui portent en elles le plus grand potentiel d'émouna, et par conséquent, le plus grand potentiel de s'en sortir, d'en être délivrées (yéchoua).
Ironiquement, plus les circonstances sont désespérées, plus nous sommes capables d'apporter le salut grâce à la émouna que nous avons durant ces circonstances.

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Chéla'h 5700 (1940) ]

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-> Le rav Yaakov Kamenetsky (dans son Emet léYaakov - Chla'h 13,16) demande pourquoi Moché a prié pour que Yéhochoua ne succombe pas au mauvais conseil des explorateurs dans le désert (voir Rashi - Chéla'h 13,16) mais n'a pas prié pour Kalev.
Il répond que, peut-être, puisque Kalev était marié à Myriam (voir Sotah 11b ; Rachi - Béchala'h 17,2), l'incarnation d'une femme juive juste, il ne serait jamais pris dans les méfaits des explorateurs, et par conséquent, n'avait pas besoin de la prière spéciale de Moché.

Les paroles du rav Kamenetsky prennent une toute nouvelle profondeur à la lumière de ce que le rabbi de Piaseczno dit ici et de ce que Rachi écrit (Béchala'h 15,20).
Rachi écrit que Myriam a apporté des tambourins avec elle lorsqu'elle a quitté l'Egypte, car elle était persuadée qu'Hachem ferait des miracles et qu'elle danserait.
Il en découle que Moché savait que Kalev serait inspiré par sa femme, Myriam (Moché connaissant les qualités d'émouna de sa soeur), et qu'il n'aurait donc pas besoin de la prière spéciale.
En effet, garder une forte émouna dans un moment difficile a la capacité de nous sauver de bien des difficultés.

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[ nous devons garder à l'esprit que même si malgré notre émouna forte, Hachem ne nous sort pas vite de nos souffrances, c'est qu'Il a Ses raisons, et que notre attitude pleine de émouna va nous générer des mérites énormes, qui vont nous rapporter gros. (on aura pleinement conscience de cela qu'après notre mort, dans le monde de Vérité.)]

La terre d’Israël = le lieu pour s’épanouir spirituellement

+ La terre d'Israël = le lieu pour s'épanouir spirituellement :

-> Rabbi Yo'hanan dit : "Trois [personnes] font partie de ceux qui héritent du monde à venir. Ce sont : celui qui vit en terre d'Israël, celui qui élève ses enfants dans l'étude de la Torah et celui qui récite la Havdala avec du vin à la fin du shabbat. Qu'est-ce que cela signifie ? [Cela signifie qu'il laisse du vin entre le Kiddouch et la Havdala". (Rachbam : [Même si] il a une quantité limitée de vin, il se retient de le boire [le jour du Shabbat], pour le bien de la Havdala).
[guémara Pessa'him 113a ]

=> Qu'est-ce que ces trois catégories de personnes ont en commun?
Pour le rav Lichtman la réponse est cachée dans le commentaire du Rachbam. A la fin du Shabbat, lorsque tout le monde a pris 3 repas copieux, personne n'a vraiment envie de boire du vin. En revanche, au milieu de la journée, boire du vin est un plaisir particulier (surtout à l'époque où le vin était l'une des seules boissons savoureuses que l'on buvait). Quelqu'un qui renonce à ses préférences personnelles et à ses désirs physiques au profit d'une mitsva (la Havdala, dans le cas présent) montre qu'il a des priorités bien définies et qu'il mérite une part dans le monde à Venir.

De même, celui qui encourage ses enfants à se concentrer sur l'étude de la Torah, en sachant pertinemment qu'ils risquent d'avoir des difficultés financières en conséquence, montre qu'il sait ce qui est vraiment important dans la vie et, par conséquent, qu'il mérite une part dans le monde à Venir.

Enfin, celui qui choisit de vivre en terre d'Israël, afin d'être plus proche d'Hachem, même s'il pourrait vivre une vie plus facile ailleurs, prouve que la croissance spirituelle est plus importante pour lui que le confort physique. Il mérite donc une part dans le monde à Venir, qui est un lieu spirituel.
[le rav Lichtman note qu'à son avis c'est pourquoi il y a toujours au moins un endroit dans le monde où il est plus agréable de vivre qu'en terre d'Israël. Hachem veut que nous choisissions Sa terre pour les bonnes raisons, et non pas parce que c'est l'endroit le plus agréable et le plus riche de la planète. ]

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-> Une autre source indiquant que vivre en Israël est un moyen sûr d'accéder au monde à Venir, est la guémara (Yérouchalmi - Shékalim 3,3) :
"Il a été enseigné au nom de Rabbi Méïr : Quiconque réside en permanence en terre d'Israël, parle la "langue sainte" [c'est-à-dire l'hébreu], mange ses fruits dans un état de pureté et lit le Shéma le matin et le soir sera informé qu'il mérite le monde à Venir."

-> Un des principaux commentateurs du Yérouchalmi, le Korban haEida, explique :
"Quiconque réside en permanence ..." = c'est-à-dire qu'il habite en permanence en terre d'Israël, qui expie les péchés, comme il est dit : "Les gens qui y habitent sont pardonnés de leurs fautes" (Yéchayahou 33,24).
"mange ses fruits dans un état de pureté" = ce qui entraîne la pureté physique.
"parle la langue sainte" = qui est source de pureté spirituelle.
"lit le Shéma le matin et le soir" = accomplissant ainsi [le précepte de] "Tu y méditeras jour et nuit" (Yéhochoua 1,8), car la Torah est le principal [moyen de] purifier l'âme. Il peut être assuré qu'il mérite le monde à Venir, [c'est-à-dire] que même son corps sera purifié et qu'il aura le privilège de recevoir la vie éternelle, c'est-à-dire la vie dans le monde à Venir. Ou bien, il recevra [une part dans] le monde à Venir sans jugement ni souffrance.

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-> Yaakov arriva tout entier à la ville de Sechem, qui est dans le pays de Canaan, lorsqu'il arriva de Padan-Aram, et il campa devant la ville. [Il acheta aux fils de Chamor, père de Sichem, la portion de terre sur laquelle il avait dressé sa tente, pour cent kesitahs. (Vayichla'h 33,18-19)

-> Yaakov arriva à Salem, ville de Séchem, dans le pays de Canaan, à son retour du territoire de Padan-Aram ; et il se fixa à l’entrée de cette ville. Il acquit la portion de terrain ou il établit sa tente, de la main des enfants de 'Hamor, père de Séchem pour cent kessita.
[Vayichla'h 33,18-19]

-> Le Ibn Ezra commente :
La Torah mentionne cela pour démontrer que la terre d'Israël a de grandes qualités, et que celui qui y a une part est considéré comme [celui qui a] une part dans le monde à Venir.

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-> Rabbi Elazar dit : "Quiconque habite en terre d'Israël est exempt de faute ...
Rabbi Abahou dit : "Même une servante cananéenne en terre d'Israël peut être assurée qu'elle mérite le monde à Venir ...
Rabbi Yirmiya fils d'Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : "Quiconque marche quatre coudées en terre d'Israël peut être assuré qu'il mérite le monde à Venir."
[guémara Kétoubot 111a]

-> Le Magen Avraham (Ora'h'Haïm. 248:15) considère cette dernière déclaration comme une détermination halakhique, car il écrit : "Certains disent que [celui qui voyage en terre d'Israël] même avec l'intention de revenir [en 'houts laArets est en train d'accomplir une mitsva], car même marcher quatre coudées dans le pays est une mitsva".

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-> Selon le midrach (Michlé 17,1) :
Il est écrit : "Mieux vaut du pain sec, mangé en paix, qu'une maison pleine de festins, accompagnés de disputes" (Michlé 17,1) :
Rabbi Yo'hanan dit : "La première partie du verset se réfère à la terre d'Israël, car même celui qui mange [seulement] du pain avec du sel et qui habite là peut être assuré qu'il mérite le monde à Venir.
Qu'une maison remplie de festins accompagnés de disputes = cela fait référence à la 'houts laArets (dehors d'Israël), qui est plein de violence et de vol".
Rabbi Yo'hanan [ensuite] dit : "Quiconque marche quatre coudées en terre d'Israël peut être assuré qu'il mérite le Monde à Venir."
Rabbi Lévi dit : "Quiconque vit en terre d'Israël ne serait-ce qu'un instant et y meurt peut être certain de mériter le monde à Venir.
Pourquoi en est-il ainsi? [Le verset dit : "Sa terre expiera son peuple" (Haazinou 32,43), [ce sur quoi] Rabbi Né'hemya dit : "La terre d'Israël expie les fautes de ceux qui meurent en son sein".

-> Selon le midrach (Téhilim 85,2) :
"Tu as pardonné la faute de ton peuple" (Téhilim 85,3). Qui pardonne les fautes?
La terre [d'Israël] sur laquelle ils vivent, comme il est dit : "Le peuple qui y habite est pardonné de ses fautes" (Yéchayahou 33,24). Ainsi, [cela s'applique] aux vivants.
Comment savons-nous que cela s'applique également aux morts? Il est dit : "Sa terre expiera son peuple" (Haazinou 32,43). Qui expie pour son peuple? Sa terre.
Heureux les habitants de la terre d'Israël, car ils n'ont ni iniquité ni faute, qu'ils soient vivants ou morts.

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=> Que signifient donc toutes ces déclarations sur l'expiation des fautes? Elles ne peuvent pas signifier que, quel que soit le degré de faute des habitants de la terre d'Israël, ils seront automatiquement pardonnés, car si c'était le cas, les juifs n'auraient jamais été exilés de leur Terre.

-> Le midrach Talpiot (Anaf Eretz Israël) explique :
"Sachez que les âmes juives qui vivent en dehors de la terre d'Israël viennent du monde de Sandalfon, le monde des Ofanim [anges], que l'on appelle "Beit Yaakov" (la maison de Ya'akov) et "Eved Ivri" (עבד עברי - un esclave Hébreu), dont la valeur numérique est de 358, comme celle de נָחָשׁ (na'hach - un serpent).

Les juifs qui vivent en terre d'Israël sont issus des 10 sphères de la création et sont appelés "Beit Israël" (la maison d'Israël). Ils sont également appelés "fils" et "fils du D. vivant".

Lorsqu'une personne juive se trouve en 'houtz laAretz (dehors d'Israël), elle possède une âme issue des Ofanim, mais lorsqu'elle mérite d'entrer en terre d'Israël, une âme issue d'une nouvelle création vient sur elle et s'accroche à son ancienne âme.
La première nuit où il s'endort en terre d'Israël, les deux âmes le quittent et montent [au Ciel], mais seule la nouvelle âme revient [au matin]. Il ne mérite donc pas d'être puni, car [sa nouvelle âme n'a jamais fauté].

C'est pourquoi nos Sages disent que tous les fautes de [celui qui habite en terre d'Israël] sont pardonnées.
De plus, quiconque vit en terre d'Israël est considéré comme un tsadik, même s'il ne semble pas être juste (tsadik). En effet, s'il n'était pas un tsadik, le pays le vomirait, comme il est dit : "Le pays a vomi ses habitants" (A'haré Mot 18,25). Puisque le pays ne le vomit pas, il doit être considéré comme un tsadik, même s'il est présumé racha ...

Vous devez également savoir que la terre d'Israël n'expie que les fautes qui y ont été commis involontairement. Les transgressions délibérées, cependant, ne sont pardonnées que par la souffrance, ou pour une personne qui néglige les méfaits [qui lui ont été faits].
Les fautes rebelles commises en terre d'Israël ne peuvent être pardonnés que par le biais de la téchouva. ('Hessed léAvraham - Nahar 12, Ein HaAretz)."

=> On a ainsi 3 réponses à notre interrogation initiale :
1°/ Nos Sages veulent dire que celui qui déménage en terre d'Israël, est pardonné de toutes ses fautes passés. En d'autres termes, il ou elle bénéficie d'une nouvelle ardoise, d'un nouveau départ.
2°/ Ce n'est pas que les fautes des habitants d'Israël soient pardonnés. C'est plutôt que leurs fautes ne sont pas aussi graves qu'elles en ont l'air. La preuve en est le fait même qu'ils vivent dans le pays et que D. ne les a pas expulsés.
3°/ La terre d'Israël n'expie que les actes accidentels, involontaires.

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-> Rabbi Yaakov Yéhochoua Falk (1680-1756), dans son Pné Yéhochoua (Kétouvot 111a) écrit sur ce sujet :
"Rabbi Elazar dit : "Quiconque habite en terre d'Israël est libre de toute faute".
Il me semble que cela se réfère uniquement à quelqu'un qui vit là pour la mitsva d'habiter en terre d'Israël, qui est un lieu saint, et pour que le mérite de la terre d'Israël le protège de la faute. Ainsi, même s'il lui arrive de fauter par inadvertance, ou même volontairement, parce que son mauvais penchant l'a emporté, on peut néanmoins supposer que le mérite de vivre en terre d'Israël l'a incité à ne pas s'endormir tout en continuant à "en s'accrochant" à [sa] faute.
En effet, après avoir fauté et s'être retrouvé dans un lieu saint (comme l'est la terre d'Israël), il a certainement regretté ses actions antérieures, s'est repenti et a été guéri [de sa tâche].
Il n'en est pas de même de celui qui y habite par hasard, ou parce qu'il y est né, ou parce qu'il y a des fruits dignes d'éloges, ou d'autres choses semblables.
Et ce n'est certainement pas le cas de celui qui se rebelle contre la terre et en diminue la sainteté en suivant ses mauvais penchants.

La Torah dit : "Tu es venu et tu as souillé ma terre et tu as fait de mon héritage une abomination" (Yirmiyahou 2,7). C'est pourquoi, lorsque les fautes de nos ancêtres se sont multipliés, nous avons été exilés de notre terre et l'emplacement de notre Temple sacré a été dévasté.
Mais alors où se trouve la promesse "Le peuple qui y habite est pardonné de ses fautes" (Yéchayahou 33,24)?
Nous sommes obligés de dire que l'explication est celle que j'ai donnée. De plus, il est logique que [mon explication] soit correcte, car même si nous disons que la terre d'Israël expie complètement, ce n'est pas mieux que Yom Kippour (le jour de l'expiation), qui expie complètement.
Même ainsi, Yom Kippour n'expie pas pour celui qui dit : "Je vais fauter et Yom Kippour expiera [pour moi]".
Par conséquent, nous sommes obligés de dire que la déclaration de nos Sages : "Quiconque habite en terre d'Israël est exempt de faute" signifie que même si une personne a commis une faute sans prêter attention à la sainteté de la terre, lorsque son mauvais penchant [l'a attiré], le mérite de la terre d'Israël lui fera regretter la faute qu'il a commise. Cela me semble [correct]."

=> Ainsi, nous pouvons ajouter une 4e explication :
4°/ Vivre en terre d'Israël n'est pas une "pilule" magique qui nous débarrasse automatiquement de la faute.
Mais plutôt, la sainteté de la terre aide ses résidents (s'ils sont là pour les bonnes raisons) à regretter leurs fautes et, par conséquent, à se repentir.

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==> l'idée est qu'en venant en terre d'Israël on bénéficie de sa sainteté extraordinaire et de la proximité avec Hachem, ce qui fait que notre ressenti avec la spiritualité n'est pas du tout le même qu'en dehors d'Israël. [à l'image des Yom Tov, (Pessa'h, Souccot, Shavouot) où l'on venait de loin au Temple pour recevoir l'influence de la sainteté de Jérusalem et du Temple, et qui allait nous changer pour le mieux.
De même, en étant en terre d'Israël on s'assure une sensibilité accrue dans notre relation avec Hachem (on est dans le Palais du Roi), qui va nous pousser à faire téchouva et à agir avec davantage de spiritualité, nous assurons un meilleur monde à Venir, que si on résidait en dehors d'Israël.]

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-> Selon le Maharcha (guémara Nédarim 22a-b) :
"Le mauvais penchant domine davantage en 'houtz laAretz qu'en terre d'Israël ...

C'est le sens du verset "Car je connais son penchant [d'Israël], ce qu'il fait aujourd'hui, avant que je ne l'introduise dans le pays [sur lequel j'ai juré]" (Vayélé'h 31,21). En d'autres termes, puisque Hachem connait le mauvais penchant [du peuple juif], qui le domine, et qu'il commet [des fautes] aujourd'hui, dans le désert, [même] avant que je ne le fasse entrer [dans le pays], je ne devrais pas le punir aussi sévèrement. Cependant, lorsqu'ils entrent en terre d'Israël, s'ils continuent à faire de mauvaises actions comme celles-ci, ils méritent d'être punis plus sévèrement, parce que le mauvais penchant ne les domine pas autant en terre d'Israël."

=> En d'autres termes, vivre en Terre Sainte donne à une personne une longueur d'avance dans la bataille qu'elle mènera toute sa vie contre le Yétser hara (et tout le monde a besoin d'un peu d'aide dans ce domaine).

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-> Selon le Maharal (Déré'h 'Haïm 5,9) :
"Les Patriarches ont atteint leur grandeur absolue spécifiquement grâce à la terre d'Israël, car sans elle, ils n'auraient jamais atteint les sommets de la sainteté.
C'est pourquoi la terre les "élève". Cela démontre que la terre d'Israël est étroitement liée aux Patriarches et que les Patriarches sont liés à la terre d'Israël.
Par conséquent, lorsque [la Torah] mentionne le mérite des trois Patriarches, elle mentionne également la terre d'Israël, car ils ne font qu'un. (ex: Bé'houkotaï 26,42)
Lorsque les juifs ressemblent et imitent les Patriarches, à qui la Terre a été donnée et à qui la Terre appartient, alors la Terre leur appartient.
Mais lorsqu'ils s'écartent des attributs des Patriarches, au point de s'en distinguer, alors les juifs ne [méritent] pas la Terre et ils en sont exilés."

=> Tout comme la terre d'Israël a aidé à élever nos Patriarches aux niveaux élevés qu'ils ont atteints, elle peut également aider à élever tout juif au niveau spirituel le plus élevé qu'il ou elle est capable d'atteindre.
[résider en terre d'Israël, c'est permettre à notre être de pleinement s'épanouir spirituellement, à l'image de nos Patriarches qui ont pu devenir ce qu'ils ont été par l'impact de la terre d'Israël. ]

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-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.3) :
1°/ Les outils de la terre d'Israël :
Certains outils sont destinés à des travaux rudes et lourds, tandis que d'autres sont conçus pour des travaux fins et délicats. Par exemple, il est impossible de saisir les petits rouages d'une montre avec des pinces faites pour saisir des charbons.
Il en va de même dans le domaine spirituel. Une personne reçoit une aide du Ciel, c'est-à-dire des "outils", en fonction de ce dont elle a besoin pour son service [d'Hachem]. Ainsi, le degré d'ascension d'une personne dépend des outils qu'elle a le privilège de recevoir.

Cela explique ce que nous trouvons concernant Yaakov. Pendant son séjour en dehors d'Israël, il a atteint les plus hauts niveaux de perfection que l'on puisse atteindre là-bas, et [Hachem] lui a fourni des anges pour l'escorter dans son voyage de retour. Cependant, lorsqu'il atteignit la terre d'Israël, il dut s'élever au niveau de perfection de la terre d'Israël. Il avait donc besoin de nouveaux anges, des anges de la terre d'Israël. [les anges ont monté l'échelle, et d'autres adaptés à Israël sont descendus, car on rendre dans une autre réalité spirituelle. ]
[Cela enseigne que] même des aides telles que les anges de dehors d'Israël ('houts laArets) ne sont pas dignes d'être utilisées pour aider une personne à atteindre la perfection au niveau de la terre d'Israël.

Rachi (Vayé'hi 50,5) écrit que Yaakov fit une pile de toutes les possessions qu'il avait acquises en dehors d'Israël et dit à Essav : "Prends-les".
Le midrach ajoute [qu'il a dit] : "Les possessions de 'houts laArets n'ont pas de valeur pour moi."
Réfléchissons à cela. Yaakov a certainement acquis toutes ses possessions de la manière la plus "casher" et la plus sainte qui soit. Ils étaient comme un rouleau de la Torah à partir duquel on pouvait apprendre la perfection dans les questions monétaires. C'est la raison pour laquelle il est retourné [sur la rivière] pour récupérer de petites jarres (Vayichla'h 32,25) : il chérissait simplement des récipients de sainteté. Néanmoins, [ces biens] n'étaient pas assez saints à ses yeux pour être utilisés comme une aide dans l'[atmosphère] sainte de la terre d'Israël ...

La règle est la suivante : nous méritons un outil uniquement en fonction de la nature de notre éveil personnel, et grâce à cet outil, nous méritons une aide pour nous élever plus haut dans la même catégorie que la source de notre aspiration.
Cependant, cela ne nous permet pas encore de disposer d'outils pour une catégorie d'aspiration différente. Ce n'est que si nous changeons nos aspirations que nous mériterons de recevoir des outils plus appropriés.
Nous devons également réaliser que le service divin en terre d'Israël est complètement différent [de celui du 'houtz laAretz]. Les objectifs sont différents, la persévérance [requise] est différente, et le potentiel de croissance spirituelle est complètement différent.
C'est pourquoi il ne faut pas penser à tort que les outils conçus pour la terre d'Israël peuvent être utiles au service divin en terre d'Israël. Nous devons nous débarrasser des vieux outils qui sont limités à des [tâches] grossières, qui conviennent au niveau de 'houtz laAretz, et anticiper une nouvelle aide divine qui convient aux nouvelles opportunités spirituelles [disponibles en Terre Sainte].

2°/ L'influence de la sainteté de la terre d'Israël selon les différents niveaux :
La terre d'Israël n'est pas seulement un endroit sur la carte du monde, c'est un niveau de sainteté. Une personne qui s'est purifiée en s'attachant à la spiritualité recevra une influence spéciale de sainteté lorsqu'elle viendra en terre d'Israël, ce qui l'élèvera à des niveaux [spirituels] élevés.

La sainteté de la terre affecte tous les niveaux à un certain degré.
Même après la mort, une personne qui y est enterrée reçoit son influence. Cependant, le degré d'influence sacrée, qu'elle soit faible et à peine détectable ou qu'elle élève une personne au point que ses fautes sont complètement pardonnés, dépend du niveau de la personne.
Même nous, aussi insignifiants que nous soyons, pouvons ressentir l'influence sacrée de la terre d'Israël, car nous observons que l'étude du moussar affecte davantage nos cœurs ici.
Lorsque je viens en Terre sainte, je sens clairement qu'il est plus facile d'apprendre le moussar et d'éveiller mon cœur. De plus, on ressent ici l'aide Divine dans l'étude de la Torah.

3°/ L'expiation en terre d'Israël :
"Qui pardonne leurs fautes? La terre sur laquelle ils vivent ... Heureux les habitants de la terre d'Israël, car ils n'ont ni iniquité ni faute, qu'ils soient vivants ou morts" (Yalkout Shimoni 2,833).

Il ne fait aucun doute que les paroles de nos Sages concernant le pardon des fautes pour quelqu'un qui vit en terre d'Israël se réfèrent à quelqu'un qui a atteint un niveau auquel le fait de vivre en Terre sainte peut l'amener à s'éveiller à lui-même, et par conséquent, à se repentir.
... Cependant, celui qui n'apprend pas à se repentir lorsque les circonstances de sa vie changent commet une grande faute. Il refuse obstinément de se repentir, même après que D. lui a présenté une occasion inspirante.

Nos Sages déclarent : "Quiconque habite en dehors du pays est comme un adorateur d'idoles" (guémara Kétoubot 110b). L'explication [est la suivante] : Une déficience mineure dans la reconnaissance de l'unicité de D., qui est considérée comme de l'idolâtrie [pour quelqu'un] à un niveau élevé, n'est pas du tout considérée comme de l'idolâtrie [pour quelqu'un] au niveau inférieur ...
Comparé au potentiel de proximité avec Hachem et à la reconnaissance de Sa providence spéciale que la sainte influence de la terre d'Israël fournit, vivre en 'houtz laAretz est considérée comme un aspect de l'idolâtrie.

4°/ Sérénité dans le pays :
"Lorsque Oula monta en terre d'Israël, deux hommes de Mé'hoza l'accompagnèrent. L'un d'eux se leva et tua son compagnon ... Rabbi Yo'hanan fut stupéfait. Le verset dit : "Hachem te donnera là un cœur en colère" (Ki Tavo 28,65), c'est-à-dire en Babylonie. Oula répondit : "A cette époque, nous n'avions pas encore traversé le Jourdain (et donc quittés Israël)"" (guémara Nédarim 22a).
Cet homme de Mé'hoza venait d'un mauvais environnement, comme le disent nos Sages : [les habitants de Mé'hoza] étaient des malfaiteurs. Il se mit tellement en colère qu'il commit un meurtre, comme ils avaient l'habitude de le faire.
Pourtant, Rabbi Yo'hanan était stupéfait, car de telles choses ne se produisent généralement pas en terre d'Israël, même de la main d'un racha Mé'hozien. Cela nécessite une enquête.
Après tout, à notre époque, il existe malheureusement une colère qui conduit au meurtre, même en terre d'Israël.

Ici aussi, l'explication est que telles déclarations ont été dites en référence à des niveaux [différents]. Dans la génération de Rabbi Yo'hanan, même les meurtriers étaient à un niveau tel que lorsqu'ils entraient en terre d'Israël, leur capacité de colère était limitée et ne pouvait pas conduire au meurtre.
Cela n'est plus vrai dans notre génération, où les "cœurs" [c'est-à-dire les esprits ou les âmes] des gens sont descendus au niveau le plus bas, celui des "pas de Machia'h" (ikvot déméchikha).

En vérité, dans notre génération également, nous constatons que les gens se sentent plus calmes et plus en sécurité sur le plan émotionnel en terre d'Israël que partout ailleurs dans le monde.
Ces dernières années, nous avons vu de nos propres yeux comment les habitants d'autres pays sont saisis de peur face à l'éventualité d'une nouvelle guerre mondiale, que D. nous en préserve, ce qui les pousse à fuir d'un pays à l'autre, là où cela semble plus sûr.
En revanche, les seuls qui ont quitté la terre d'Israël sont ceux qui chérissent les plaisirs de ce monde et qui les recherchent ailleurs. Personne, cependant, n'a fui par peur de la guerre ; la peur ne régnait tout simplement pas en terre d'Israël.
C'est assez surprenant, si l'on considère qu'il y a apparemment beaucoup plus de raisons de s'inquiéter [de l'éclatement d'une guerre] en terre d'Israël que n'importe où ailleurs.

Nous constatons un autre phénomène étonnant. Les habitants de la terre d'Israël s'en remettent aux miracles, confiants dans notre capacité à résister à nos nombreux ennemis. Et [je parle] même de ceux qui n'ont pas eu le privilège de [se voir inculquer] la lumière de la foi, [c'est-à-dire] ceux qui ont des croyances aberrantes.
Quelle est donc la source de cette confiance? Il ne peut s'agir que de l'une des bénédictions que Hachem a accordées au pays.

Nos Sages (Sifré - début Ekev) affirment qu' "il n'y a pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël".
Ils disent également que : "L'air de la terre d'Israël rend sage" (Baba Batra 158b).
La logique qui sous-tend ce concept est également basée sur l'idée citée ci-dessus. Celui qui étudie la Torah en terre d'Israël reçoit une grande quantité d'aide Divine et une influence particulière [positive d'Hachem].
L'atmosphère de sécurité en toutes circonstances y contribue également.
Dans notre génération, nous voyons de nos propres yeux comment les jeunes qui étudient la Torah s'épanouissent en terre d'Israël. Ils progressent dans leurs études, réussissent à acquérir des connaissances dans tout le Shas (le Talmud) et obtiennent bien plus que d'autres dans leur éducation à la Torah dans d'autres pays.

En Israël, Hachem nous accorde une abondance d'aides et d'outils. Préparons-nous à en être dignes et, à D. ne plaise, ne sous-estimons pas leur valeur. Au contraire, profitons-en pleinement en nous élevant [de plus en plus haut] dans la Torah et la crainte de D.

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+ Une dernière histoire :

-> Le grand en Torah, rabbi Eizel 'Harif (rabbi Yéhochoua Its'hak Shapiro, 1801-1873) respectait chaque juif ayant immigré en terre d'Israël, le considérant comme un tsaddik parfait.
Un jour, certains de ses proches adhérents vinrent lui rendre visite et le trouvèrent debout, la tête penchée sous les mains d'un simple ujif. Ils étaient abasourdis. Lorsque l'homme quitta la présence de Rabbi Eizel, les fidèles du rabbin le suivirent.
Ils lui demandèrent : "Que s'est-il passé entre toi et le rabbi?"
L'homme répondit : "L'histoire est la suivante : je suis sur le point d'immigrer en terre d'Israël, et je suis donc venu voir le rabbi pour recevoir une bénédiction. Mais lorsqu'il a appris que je faisais mon alya, il a dit : "Avant de me demander une bénédiction, je veux une bénédiction de votre part".
Il s'est ensuite levé et a posé mes deux mains sur sa tête..."

[Sipouré Tsadikim - par Sim'ha Raz - Kol Mevasser, p.75-76 ]

Accepter notre souffrance pour permettre d’amener des délivrances

+ Accepter notre souffrance pour permettre d'amener des délivrances :

La souffrance (morale, physique) peut être omniprésente. Parfois, la douleur est si intense qu'il semble impossible de penser à autre chose. Plus la situation est douloureuse, plus on se replie sur soi. Le fait de penser à sa douleur toute la journée signifie que l'on pense à soi toute la journée.
Si c'est le cas, la douleur accomplit en fait le contraire de son objectif. Alors que toutes les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons sont censées nous aider à nous rapprocher d'Hachem, ces circonstances accomplissent le contraire, l'accent dans notre vie est mis sur nous, et non sur Lui.
Cela rend les choses encore plus douloureuses. Tout ce qu'Hachem fait est pour le bien, mais quel peut être le bien d'être éloignés d'Hachem?

C'est en fait la profondeur du commentaire de Rabbi Eliezer HaKapar (Nazir 19a) selon lequel le fait pour un nazir de s'abstenir de boire du vin fait de lui un "fauteur". Puisque son abstinence est une cause d'inconfort, il risque de se replier sur lui-même, puisque cela cause une forme de souffrance (en raison de son manque).

Cependant, nos séfarim hakédochim (comme Ramban Lé'h Lé'ha 12,6) expliquent que les flux d'énergie divine provenant du Ciel nécessitent un récipient terrestre dans lequel s'écouler. Sans ce récipient, l'énergie n'entre pas dans ce monde, reste bloquée dans les sphères célestes et attend qu'un récipient soit généré pour la contenir.
Le flux de miséricorde d'Hachem peut lui aussi rester bloqué au Ciel s'il n'a pas de récipient dans lequel se déverser.
Une délivrance peut être décrété au Ciel mais ne pas descendre sur Terre, puisqu'il n'y a rien sur ce monde pour la contenir.

Une personne qui souffre peut devenir ce récipient. En souffrant personnellement, elle peut devenir plus sensible au fait que la vie peut être très douloureuse. À ce moment-là, son désir de délivrance et de miséricorde commence à s'étendre naturellement, passant d'une approche égocentrique à une appréciation profonde du besoin de miséricorde divine au niveau universel.
Bien qu'il n'y ait pas deux personnes qui souffrent de la même façon, quelqu'un qui souffre peut sincèrement s'identifier à la douleur des autres.
Lorsqu'une personne reconnaît profondément le besoin de la Miséricorde divine universelle, elle devient un réceptacle pour le flux de cette Miséricorde divine provenant du monde spirituel, facilitant en fait l'entrée même de la Miséricorde divine dans le monde, mettant fin à la souffrance à la fois sur un plan personnel et universel.

Si c'est le cas, le fait de ressentir sa propre douleur et de reconnaître que les choses font mal est en fait une méthode pour mettre fin à la souffrance dans le monde.
Plus quelqu'un se permet d'être vrai à propos de la souffrance qu'il traverse, en respectant le fait qu'il a mal plutôt qu'en le niant, plus il aura de l'empathie pour ceux qui souffrent et deviendra un réceptacle pour la Miséricorde Divine qui mettra fin à toutes les souffrances.

La clé est de reconnaître sa douleur. Bien que cela puisse donner l'impression d'être égocentrique, c'est le contraire qui est vrai : on aide le monde.
S'autoriser à ressentir sa douleur, reconnaître qu'on souffre, c'est se rendre compte qu'on a besoin d'aide, tout comme le reste du monde. L'attention qu'on porte à sa douleur le transforme ironiquement en un instrument de délivrance, malgré la distraction qu'elle provoque.

La douleur peut être omniprésente. Mais c'est dans cette douleur globale que se trouvent les racines d'une délivrance, d'un salut. Le fait de réaliser que l'on facilite l'entrée de la Miséricorde divine dans le monde peut transformer le sentiment d'éloignement d'Hachem en un sentiment unique de proximité, car l'on devient le réceptacle de Sa miséricorde.
[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - 'Houkat 5701 (1941) ]

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-> Le rabbi de Piaseczno (Aish Kodech) enseigne :
"Et voici, afin de susciter la miséricorde envers les juifs dans les mondes supérieurs et d'adoucir le jugement strict, nous devons en conséquence susciter en nous-mêmes la miséricorde envers les juifs, non seulement pour donner tout ce que nous pouvons pour les [aider], mais aussi la miséricorde même que nous suscitons en nous, envers les juifs, a un impact sur les mondes supérieurs.
Nous ne pouvons pas nous habituer à la douleur du peuple juif. En d'autres termes, les nombreux problèmes ne peuvent pas brouiller en nous, ou affaiblir, notre miséricorde envers les juifs. C'est exactement le contraire.
Le cœur doit être virtuellement saturé, à D. ne plaise, de ces nombreux troubles amers ... car il est connu dans les livres saints qu'il y a des moments où un salut (délivrance) a déjà été décrété dans le monde supérieur sur Israël (les juifs), mais qu'il est retardé (dans le monde supérieur) pour venir (en bas) parce qu'il est en haut [c'est-à-dire essentiellement spirituel] et ne peut pas descendre dans ce monde et être encastré dans des choses physiques, matériellle.
Par conséquent, lorsqu'une personne ne sait pas seulement dans son esprit qu'elle doit soutenir les autres, mais dans son essence même, elle le sait ... (elle) aide à apporter le salut à ce monde ... puisque, avec son moi même, ses traits de caractère et son coeur, qui font partie de son corps (physique), elle a de la miséricorde et sert de pont pour canaliser la miséricorde d'Hachem vers ce monde physique!"

-> Le rabbi de Piaseczno dit également que le mécanisme ultime pour devenir ce récipient est de permettre à sa douleur de s'exprimer par des prières de salut, de délivrance, pour nous-même et pour tout le peuple juif.
Voici ce qu'il dit ici : "Nos prières au nom d'Israël devraient être faites avec plus de cœur et d'âme".
Le rabbi de Piaseczno explique que plus une personne canalise sa douleur, sa souffrance personnelle, dans sa prière, plus son désir de salut personnel et universel devient un récipient qui le facilite.
Sa prière tire la Miséricorde divine vers le bas en devenant un objet qui incarne le besoin et le désir de la Miséricorde divine.

-> Le rabbi de Piaseczno (Aish Kodech - Vayichla'h) dit que les mots que l'on prononce dans la prière créent un récipient pour contenir le bonté d'Hachem.