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Réflexions sur la Providence Divine (3e partie) – l’approche de la ‘hassidout

+++ Réflexions sur la Providence Divine (3e partie) - l'approche de la 'hassidout :

-> Il faut une foi totale, c'est-à-dire croire pleinement en la providence Divine et qu'il n'y a personne d'autre que Lui. Il ne faut rien attribuer au hasard. Il faut simplement [croire] que le Créateur supervise toutes ses affaires, petites et grandes.
[Méor Enayim - Yisma'h Lev - Shabbath]

[dans ce passage, il dit que lorsque l'on fait face à des souffrances, les lettres de la Torah et de la prière qu'on va réciter vont nous connecter à la présence Divine qui y est contenue, et cela va nous aider d'éviter des souffrances. Mais il ajoute que l'efficacité dépend du fait que l'on croit en la hachga'hat pratit (intervention/providence Divine dans toute chose). ]

-> La émouna consiste à croire que toutes ses actions et tous ses succès dépendent d'Hachem.
Une personne ne doit pas dire : "J'ai fait telle ou telle chose avec ma propre sagesse et ma propre perspicacité", comme il est dit (Eikev 8,17-18) : "Et tu diras : c'est ma force et la puissance de ma main qui m'ont permis d'accumuler cette richesse ... car c'est Lui qui te donne la force d'accumuler des richesses..."
Ainsi, lorsqu'une personne croit cela, elle observera le Shabbath correctement. Et si elle perd l'un de ses biens, cela n'est pas considéré comme un problème pour elle, puisque Hachem est Celui qui lui a donné la force de s'enrichir. Au contraire, cela augmentera la protection de ses biens.
[Méor Enayim - Likoutim p.650]

-> Le point le plus important est qu'une personne sache que tout est soumis à la providence Divine, qui lui enseigne des leçons. C'est ce que nos Sages ont précisé (guémara Arakhin 16b) : "Dans quelle mesure la souffrance est-elle [dirigée par Hachem]? Même si l'on insère sa main [dans sa poche] pour en retirer une pièce [et que l'on en retire d'autres pièces] ...", pour montrer jusqu'où va la providence, et tout cela dans le but de nous enseigner des leçons par le biais de la providence.
Il saura ainsi que tout dans le monde est une révélation de Sa bonté, qu'il soit béni ..."
[Méor Enayim - Béchala'h p.276]

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-> Celui qui ne souhaite pas vraiment être humble et modeste sera incapable de croire que Hachem supervise toutes les directions et les affaires d'une personne et que même les questions triviales d'une personne ne se produisent pas sans la providence d'Hachem, qu'Il soit béni.
Il est dit au nom du Baal Chem Tov, qu'une personne doit croire que même la paille reposant sur le sol est due au décret d'Hachem, qui a décrété qu'elle devait être placée là avec les bords d'un côté et de l'autre.
[Péer liYécharim - 38]

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-> La base de la croyance en la providence Divine est que même si quelque chose de petit nous arrive, par exemple si notre vêtement est à l'envers, ou si on voulait une boisson chaude et qu'on nous verse une boisson froide, ou si on souhaitait prendre trois pièces [dans notre poche] et qu'on n'en trouve que deux ... on devrait croire et savoir que tout est soumis à la providence Divine, et on devrait immédiatement justifier le décret d'Hachem.

Même si on est humilié ou blessé par notre femme ou quelqu'un d'autre, on doit croire et savoir qu'on ne peut pas être humilié plus que ce qui a été décrété sur lui d'en haut.
Par exemple, si on épouse une femme et découvre par la suite qu'elle se met souvent en colère ou qu'elle est irritable, ou qu'elle nous domine, [on doit savoir que] le degré d'oppression qu'elle nous fera subir est décrété par le Ciel. Si on sait l'accepter avec amour et revenir en se repentant, alors tout se passera pour le mieux et dans la paix, comme je l'ai vu de mes propres yeux dans de nombreux cas de ce genre ...

Si quelqu'un s'entraîne à avoir foi en la hachga'ha pratit, alors il ne se mettra pas en colère contre quoi que ce soit et n'annulera rien, et il n'en viendra pas à éprouver de la haine ou à diviser les cœurs.
Il sera sauvé des transgressions et des interdictions sans limites, puisqu'il croit et sait que tout cela ne vient que d'Hachem Lui-même. C'est Lui qui est caché à l'intérieur et c'est Lui qui est à l'intérieur de l'épreuve.
Heureux celui qui se fortifie constamment dans cette foi, et Hachem lui montrera certainement toujours des miracles et des merveilles, les yeux dans les yeux, comme il est écrit : "Je suis D., je n'ai pas changé" (Méla'hi 3,6).

C'est pourquoi, mon frère bien-aimé, c'est là votre tâche permanente : Observer attentivement chaque détail qu'Hachem fait en sorte qu'il t'arrive, que ce soit pour le bien ou pour ce qui semble être un mal, bien qu'en vérité ce ne soit pas le mal, puisque "le bien et le mal ne sortent pas de celui qui est en haut" (Eikha 3,38).
Et ce qui est dit à propos du "bien" [qu'il ne vient pas d'Hachem], se réfère à la question du libre choix d'être juste ou racha, qui est donné aux gens [mais tout le reste du bien vient d'Hachem]...
[Chomer Emounim - maamar Hachga'ha pratit - chap.13]

-> Dans un passage ultérieur, le Shomer Emounim (maamar Hachga'ha Pratit - chap.14) recommande de réciter une prière spécifique lorsque l'on est confronté à des défis difficiles dans la vie. Il explique que l'on peut ainsi respecter 4 commandements bibliques en reconnaissant l'implication directe d'Hachem dans la création de la situation.
Le texte de la prière est le suivant :
"Je crois avec une foi parfaite que la douleur et la souffrance qui m'ont frappé est de la hachga'ha pratit d'Hachem, et je les accepte donc sur moi avec amour.
Tout cela m'arrive à cause de mes nombreuses fautes, et Hachem, Tu agis avec justice concernant tout ce qui m'arrive, parce que Tu as agi avec vérité et que j'ai fait le mal.

Puisses-Tu vouloir que cette souffrance serve d'expiation pour mes nombreuses fautes. Maintenant, selon la stricte lettre de la loi, je devrais spécifier et retourner et me confesser pour la faute et l'iniquité pour lesquelles cette souffrance m'est arrivée. Mais il est révélé et connu devant Toi que je n'en connais pas l'étendue.
Par conséquent, que Ta volonté, mon Père céleste, soit d'effacer et de déraciner la faute qui m'a causé cette souffrance, et que tous les jugements soient adoucis sur moi et sur tout Israël, et que toutes les souffrances se transforment en bien. Qu'Il nous apporte, à nous et à tout le peuple juif, le bien et les bontés révélées pour toujours, amen."

-> Le Shomer Emounim (maamar Hachga'ha Pratit - chap.16) illustre également comment la hachga'ha pratit s'étend même à la vie végétale et à la végétation. Il écrit :
"Il y eut un jour un incident avec le tsadik, notre maître Rabbi Tzvi de Ziditchov, l'auteur de l'Ateret Tzi, qui voyageait avec ses étudiants et vit un chariot rempli de paille et de foin. Pendant tout le voyage, une petite quantité de paille et de foin continuait à tomber du chariot. Il dit à ses élèves : "Sachez, mes fils, que la providence d'en haut est si grande que la paille et le foin sont également soumis à la providence d'en haut : lesquels tomberont sur le sol, comment ils tomberont et où ils tomberont"...

De même, un arbre dont les feuilles tombent est également soumis à la providence d'En Haut pour ce qui est des feuilles qui tomberont en premier, du nombre de celles qui seront piétinées par les humains et de celles qui resteront à la fin.
Parfois, elles ont même des étincelles [spirituelles] et une âme, et c'est leur tikoun [rectification spirituelle], comme l'indiquent les paroles de notre maître le Arizal. Et l'ordre du tikoun, quels fruits le ver mangera, lesquels deviendront de la nourriture pour les humains ou les justes et ceux qui servent Hachem ... tout est sous la supervision détaillée d'en haut, puisque les yeux d'Hachem errent autour de la terre entière (Divré haYamim II 16,9), et qu'il est écrit (lyov 28,3) : "Il a mis fin aux ténèbres, et toute extrémité qu'Il sonde, une pierre de ténèbres et d'ombre de la mort" = comme Hachem calcule tout, y compris les étincelles qui existent dans la pierre des ténèbres et de l'ombre de la mort, tout sera rectifié, sélectionné et élevé."

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-> Si une personne s'accroche à sa croyance en la hachga'ha pratit et renforce son bita'hon dans le Créateur et Boss de l'Univers, elle verra certainement des merveilles étonnantes de ses propres yeux, en fonction de son niveau de bita'hon en Lui.
[Chomer Emounim - Bita'hon - vé'Hischazkout 4]

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-> Sachez que tous les types de douleur et de souffrance ne sont dus qu'à un manque de compréhension.
Celui qui a de la compréhension et qui sait que tout est soumis à la providence d'Hachem, qu'Il soit béni, ne souffre pas et n'éprouve pas de douleur puisqu'il comprend qu'Hachem donne et qu'Hachem reprend.

Bien qu'il y ait certainement une souffrance qu'une personne ressent, comme la souffrance qui vient de la combinaison [du corps et de l'âme] ... même ainsi, la souffrance est très légère et facile à accepter quand on sait avec clarté que tout est soumis à la providence d'Hachem, qu'Il soit béni ...

La raison principale de la souffrance d'Israël en exil est qu'ils sont "tombés" de [ce niveau de] compréhension et qu'ils relient tout [ce qui se passe] à la nature, au hasard et à la chance. [et non plus à Hachem, dans les moindres détails]
C'est pour cette raison qu'ils souffrent.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - siman 250]

-> Rabbi Na'hman écrit ailleurs (Likouté Moharan - Tinyana - fin siman 17) que, bien que la hachga'ha pratit existe certainement, nous ne pouvons pas comprendre totalement la différence entre la hachga'ha et la nature, puisque la nature implique également la haxhga'ha d'Hachem.
Dans ses mots : "En vérité, nous sommes incapables de comprendre ce que sont la nature et la providence. Car en vérité, même la nature fait partie de Sa providence d'Hachem. Mais il est impossible pour une personne de comprendre comment deux choses ne font qu'une, ce qui signifie que la nature est en fait Sa providence."

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-> La hachga'ha pratit existe sur toutes les créations, y compris celles qui sont inanimées et la végétation, car il n'y a rien qui ne soit pas supervisé d'en haut dans tous les détails.
Tout se produit avec une intention spécifique [d'Hachem], et c'est une information suffisante pour celui qui comprend.
[Divré Shmouël - haDrachot haBaal Chem Tov]

-> La providence d'Hachem s'exerce sur chaque aspect de la création et Il en supervise chaque détail.
C'est la base de la Torah de notre maître, le Baal Chem Tov ... que tout ce qui se trouve dans le monde est sous la providence Divine jusqu'au plus petit détail.
En outre, la hachga'ha pratit se trouve également dans les causes et les causes des causes. Par exemple, une feuille qui tombe d'un arbre et qui roule d'un endroit à l'autre est soumise à la hachga'ha pratit.
Même la manière dont elle roule, que ce soit sous l'effet du vent ou d'une personne, est également incluse dans les règles et règlements de hachga'ha pratit.

Le fondement de cette idée se trouve dans la guémara ('Houlin 63a) : Rabbi Yo'hanan dit que lorsqu'il observait le shelach [un oiseau], il s'exclamait : "Ton jugement se trouve même dans les profondeurs de la mer".
Rachi explique que cela signifie que Ton jugement s'étend même aux profondeurs de la mer ... Ainsi, la hachga'ha pratit s'applique aux moindres détails de chaque chose.
[Séfer haMaamarim - 5686]

-> Le Séfer Ha'Si'hot (5700 - p.3) reprend le même thème que le Séfer HaMaamarim, à savoir que selon le Baal Chem Tov, la hachga'ha pratit s'étend même à la vie végétale.
Le Baal Chem Tov a déclaré que même la feuille d'un arbre qui est poussée par le vent est sujette à la hachga'ha pratit selon la volonté spécifique d'Hachem.

Réflexions sur la Providence Divine (2e partie)

+++ Réflexions sur la Providence Divine (2e partie) :

-> Le fondement de la mitsva [de ne pas se venger] est que l'homme doit comprendre et prendre à cœur que tout ce qui se produit, que ce soit en bien ou en mal, est un événement qui provient d'Hachem.
Que ce soit de la main de telle personne ou d'une autre, rien ne peut se produire sans le désir [décret] d'Hachem.
Par conséquent, lorsque [autrui] lui fait mal ou le blesse, il doit savoir dans son âme que ses fautes en sont la cause, et qu'Hachem a décrété cela pour lui, et il ne doit pas envisager de se venger de lui, parce qu'il n'est pas la raison de son mal [qui lui arrive] ; c'est plutôt sa faute qui en est la cause.
[Séfer ha'Hinoukh - n°241]

-> Ces mots du Séfer ha'Hinoukh devraient aussi nous donner à une perspective totalement différente lorsque nous vivons des événements impliquant d'autres personnes qui nous font honte, nous insulte ou agissent contre nous d'une manière ou d'une autre.
Contempler qu'Hachem désire spécifiquement que nous vivions cet événement devrait nous faire réaliser que nous ne sommes pas seuls dans nos luttes de la vie, et devrait nous apporter un grand calme, une paix et une tranquillité, même si autour de nous il peut y avoir des tumultes et des événements chargés d'émotion.
Oui, je suis peiné, oui je me sens blessé, mais ce n'est pas le fruit du hasard ou sans but supérieur.
Au contraire, Hachem les provoque pour mon bien et comme méthode de rétribution pour mes fautes dans ce monde et pour m'éveiller au repentir, ainsi que comme un défi me permettant de développer ma force spirituelle et mentale en réagissant de manière appropriée.
[rav Efraïm Pinczower]

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chemirat haLachon - chaar haTévouna - chap.6) écrit :
"C'est pourquoi, mon frère, veillez à ne pas vous venger ou à ne pas garder rancune à votre prochain, comme vous vous vengez ou vous gardez rancune à vous-même. Mais pensez que tout cela a été causé par le Ciel à cause de vos fautes, alors qu'importe que cela ait été causé par cette personne ou par quelqu'un d'autre?
[Et une personne devrait déclarer] : Si j'accepte tout cela sur moi, alors mes fautes seront vraiment pardonnées."

-> Le 'Hafets 'Haïm explique ensuite que lorsque le roi David a été maudit, embarrassé et rabaissé par Shimi ben Guéra, plutôt que de se venger, le roi David a dit : "Hachem a voulu qu'il me maudisse".
Cette reconnaissance par le roi David que cette expérience douloureuse était le résultat d'un ordre d'Hachem a conduit la Cour céleste à nommer David comme la 4e roue de la merkava, le char céleste d'Hachem (les trois autres sont Avraham, Its'hak et Yaakov).

=> Nous voyons à quel point la récompense est élevée pour celui qui intériorise le fait que même les expériences les plus douloureuses et les plus embarrassantes de la vie sont gouvernées et commandées par Hachem.
Le roi David, qui a régné sur le peuple juif, composé les Téhilim et appris et enseigné la Torah du matin au soir, a reçu l'honneur d'être la 4e roue de la merkava non pas en raison de ces réalisations, qui sont impressionnantes en elles-mêmes. C'est plutôt parce qu'il a vu la main d'Hachem même lorsque la vie était sombre pour lui.
Même lorsqu'il fuyait son fils Avshalom qui essayait de le tuer, et lorsqu'il était maudit, embarrassé et humilié par quelqu'un dont il était autrefois très proche, à travers tout cela, il a vu la hachga'ha d'Hachem (Providence Divine).
[alors qu'il pouvait sûrement avoir toutes les raisons légitimes de réagir, comme : c'est l'honneur du roi d'Israël, d'Hachem, qui est en jeu. On voit donc l'importance d'attribuer à toute chose sa véritable origine : un décret dans les moindres détails d'Hachem, la personne ayant choisie de le mettre en pratique devra rendre des comptes à D. pour cela. ]
[rav Efraïm Pinczower]

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - chaar Chemirat Shabbath - chap.3) enseigne :
"Toutes les formes d'expériences douloureuses qui arrivent à une personne, comme lorsque quelqu'un l'embarrasse ou la rabaisse, viennent du Ciel en raison de ses fautes, et Hachem nous fait subir cela par l'intermédiaire de quelqu'un qui est également coupable ... et de même, si quelqu'un l'agresse, même intentionnellement, c'est également en raison d'une directive d'Hachem ... tout cela, Hachem le fait pour le bien d'une personne, pour expier ses fautes à travers l'embarras."

-> Comment doit-on donc réagir lorsqu'on est victime d'une agression verbale, dans laquelle on est rabaissé, avili ou embarrassé?
Le 'Hafets 'Haïm explique que la meilleure réponse est le silence. Il s'agit peut-être en fait de la réponse la plus difficile, car c'est une réaction humaine normale que de se protéger des insultes en y répondant activement. Cependant, le 'Hafets 'Haïm explique que, d'après la guémara (Shabbath 88b), le silence est vraiment d'or.
La guémara déclare : "Ceux qui sont insultés mais qui n'insultent pas en réponse, ceux qui entendent leur disgrâce mais qui ne répondent pas, ceux qui font la volonté d'Hachem par amour et qui sont heureux dans leur souffrance, c'est d'eux que parle le verset (Shoftim 5,31) qui dit que ceux qui aiment Hachem seront comme le soleil dans sa force."

Après avoir traité des cas d'agression verbale ou physique, le 'Hafets 'Haïm aborde des événements apparemment moins importants, comme le refus d'une personne de nous rendre service ou de faire des affaires avec nous. Il souligne que ces cas sont également régis par la hachga'hat pratit (providence Divine) et qu'il ne faut donc pas chercher à se venger d'une telle personne.

Le rav Efraïm Pinczower précise :
Il est important de noter qu'il est certainement permis d'amener une personne devant le Beit Din pour exiger une compensation pour tout dommage ou préjudice causé par une autre personne. Il est également permis de prendre des mesures positives afin d'éviter toute perte future (la Torah ne nous demande pas d'être "naïf", d'agir avec stupidité, car "qui est sage? Celui qui voit ce qui va arriver" - guémara Tamid 32a. Il y a une hichdalout à faire pour ne pas se faire avoir).
Cependant, il n'est pas permis de supposer que cet événement "s'est simplement produit" et qu'Hachem n'était qu'un observateur, mais qu'il n'a pas joué un rôle actif dans la survenue de cet événement.
En outre, le 'Hafets 'Haïm précise que la personne qui a commis l'agression verbale ou physique sera effectivement punie pour ses actes. Néanmoins, Hachem, dans Son infinie sagesse, a fait en sorte que cette situation se produise par l'intermédiaire d'une personne qui mérite elle aussi d'être punie.

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-> Le rav Shéour Zalman de Liadi, le Baal haTanya (Iguéret haKodech - chap.25) enseigne :
"Celui qui se met en colère est considéré comme s'il adorait l'idolâtrie (guémara Shabbath 105b), ...
Et la raison est comprise par ceux qui ont de la sagesse : [C'est] parce qu'au moment où il se met en colère, sa foi lui est retirée, car s'il croyait que cela émane d'Hachem, il ne se mettrait pas du tout en colère, et même si une personne, qui a le libre choix, le maudit ou le frappe ou endommage ses biens ... mais la partie lésée a déjà obtenu cela par un décret dans le Ciel ... même au moment précis où la personne la frappe ou la maudit, la force d'Hachem est habillée en elle ... et non pas comme les philosophes qui nient la hachga'hat pratit (providence/intervention Divine) ...
Il faut plutôt dire que la force de Hachem est constamment sur celui qui agit afin de le soutenir [rien ne peut se faire, exister, sans que Hachem en donne Son accord, Sa force] ... et c'est ce que le Arizal a dit que même dans les objets inanimés tels que les pierres, la terre et l'eau, il y a un élément d'une âme et d'une vie spirituelle ..."

-> Selon le Baal haTanya, la raison pour laquelle une personne qui se met en colère est considérée comme une personne qui adore l'idolâtrie est que sa colère indique qu'elle a temporairement oublié que ce qui lui est arrivé était dû à un décret spécifique d'Hachem, auquel cas elle ne devrait pas se mettre en colère du tout.
... Nous ne devons pas nous mettre en colère, mais plutôt nous rappeler que c'est le défi qu'Hachem nous lance, pour nous encourager à développer davantage notre bita'hon et ainsi élever notre niveau de connexion avec Lui.
[une épreuve est un baromètre de notre émouna en D., en le sens qu'elle va permettre d'exprimer dans la réalité notre amour, notre foi intellectuelle en Hachem.
Hachem ne nous envoie pas d'épreuve que nous ne pouvons pas surmonter, même si parfois cela est difficile, car c'est une occasion de décapsuler de sublimes potentialités que nous avions latentes en nous, de les rendre réelles pour encore plus être liés avec papa Hachem.]
[rav Efraïm Pinczower]

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-> L'idée du bita'hon est la croyance qu'il n'y a pas de mikré (hasard) dans le monde, et que tout ce qui se produit sous le soleil est une décision d'Hachem.
['Hazon Ich - Emouna ouBita'hon - chap.2]

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-> Hachem décide de tout ce qui se passe dans les mondes supérieurs et inférieurs, jusqu'au niveau le plus bas de toute la Création.
[Ram'hal - Daat Tévounot 26]

[Hachem, qui a créé la notion de temps, est en dehors de toute limitation temporaire. Il peut tout, et tout dépend de Son décret pour se dérouler, pour exister une seule de plus, ... ]

-> Le rav Yé'hiel Michel Gordon, Rosh Yéchiva de de Lomza, a posé la question suivante :
Pour qui aurai-je le plus de compassion : le voleur ou sa victime?
Je dirais le voleur. En effet, la victime doit faire face à un décret du Ciel [qui lui fait perdre son argent]. Le décret changera et la prochaine fois, il est fort probable qu'Hachem décrète qu'il gagnera une somme importante. Sa situation est temporaire.
Le voleur, quant à lui, est en mauvaise posture. Si cet argent ne lui appartient pas [par décret], alors il n'a rien gagné du vol, et il le perdra bientôt. En revanche, si l'argent lui appartient réellement, il l'aura reçu par un autre canal approprié du Ciel. En volant de l'argent qu'Hachem lui aurait donné de toute façon, il acquiert le Guéhinam pour lui-même sans raison.

-> Lorsque Napoléon a envahi la Russie, son armée comptait de nombreux soldats juifs.
Après la défaite de Napoléon, nombre de ces soldats sont restés en Russie et ont épousé des femmes juives qui y vivaient.
Le rav 'Haïm de Volozhin fait remarquer qu'il est possible que le but de la guerre ait été de permettre à ces soldats de se rendre en Russie et d'épouser ces femmes.

Joie & mitsvot

"Celui qui accomplit les mitsvot dans la joie sera 1 000 fois plus récompensé que celui pour qui les mitsvot sont un fardeau."
[Or'hot Tsadikim - Sha'ar haSim'ha]

-> Le rav Efraïm Pinczower prend l'exemple de la prière :
Il est donc clair qu'il y a des années-lumière de différence dans le compte céleste entre celui qui considère la prière quotidienne de la Amida comme une occasion joyeuse de parler à son Père céleste, et celui qui récite exactement les mêmes mots, mais dans un état d'esprit où il s'agit simplement d'accomplir les gestes (bouger les lèvres) et de partir au travail.
Notre tâche consiste à développer notre attitude pour ressembler au premier en appréciant l'incroyable privilège que nous avons de parler à Hachem chaque jour, sachant qu'Il a la capacité d'exaucer toutes nos demandes. Plus nous y parviendrons, plus cette expérience nous procurera de la joie et plus nous aurons de liens avec Lui.

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-> Cette idée de la joie est une mitsva de la Torah qu'une personne est tenue d'accomplir, car il s'agit d'un aspect à part entière du service d'Hachem, plus important que l'accomplissement de la mitsva elle-même, puisque la joie est la manière complète de servir Hachem.
[Rabbénou Bé'hayé - Kad haKéma'h - sim'ha]

=> l'état d'esprit dans lequel nous nous trouvons lorsque nous accomplissons une mitsva est plus important que l'accomplissement de la mitsva elle-même.

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-> La joie que l'on doit éprouver en accomplissant une mitsva et en aimant Hachem qui les a ordonnées est un grand type de service.
Et quiconque s'abstient de cette joie doit être puni, comme il est dit : "Parce que tu n'as pas servi Hachem, ton D., avec joie et de bon coeur".
[Rambam - Hilkhot Loulav 8:15]

=> Bien que le Rambam rédige cette halacha dans le contexte des lois de Souccos, où il existe une mitsva unique de se réjouir (voir Dévarim 16,14), l'applicabilité de la notion générale de joie concernant l'accomplissement de toutes les mitsvot est clairement évidente d'après le langage qu'il utilise ainsi que la preuve qu'il apporte à partir du verset.
Nous voyons donc que même dans le domaine halakhique, la joie est une composante très importante de notre service à Hachem.
[rav Efraïm Pinczower]

-> De son côté le Maggid Michné, dans son commentaire sur le Rambam, ajoute :
"L'essentiel est qu'une personne ne doit pas accomplir les mitsvot par simple sentiment d'obligation, parce qu'elle est forcée de les faire, même contre sa volonté.
Au contraire, il doit [réaliser les mitsvot sur ordre d'Hachem, et on doit] se réjouir de leur accomplissement ...
On doit faire abstraction des difficultés rencontrées et comprendre que c'est dans ce but qu'on a été créé : pour servir le Créateur. Lorsqu'une personne remplit la mission pour laquelle elle a été créée, elle doit assurément se réjouir.
Toutes les autres formes de joie dépendent de choses insignifiantes qui ne durent pas, mais la joie que procurent les mitsvot, l'étude de la Torah et la sagesse est la vraie joie".

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-> Le Arizal (Séfer Sha'ar haKavanot) explique que le fait d'être dans un état de joie est de la plus haute importance lors de l'accomplissement des mitsvot, et si l'on réalise des mitsvot ou si l'on fait la prière alors que l'on se sent abattu ou déprimé, la mitsva devient dégoûtante pour Hachem.
Dans les mots du Arizal : "il est interdit de prier lorsqu'on est triste/déprimé ... il faut le faire avec autant de joie que possible ... cela est comparable à un serviteur qui sert son maître avec une grande joie, et si quelqu'un sert dans un état de tristesse, ce service est considéré comme répugnant pour le maître."

-> Le Arizal (Chaar haKavanot - drouché Birkot haChakhar) écrit :
"Une personne doit se comporter devant Hachem avec un grand sens de la soumission, de l'admiration et de la crainte. En même temps, elle doit être aussi joyeuse que possible.
Cela est comparable à un serviteur qui doit servir son maître avec joie. S'il sert avec tristesse, son service est répugnant devant son maître.

On pourrait presque dire que l'élévation principale, la perfection et la compréhension du roua'h hakodech dépendent de la (joie) pendant la prière ou l'accomplissement de toute autre mitsva.
La guémara (Béra'hot 30a) rapporte l'histoire d'une personne qui était particulièrement joyeuse et qui expliquait que c'était parce qu'elle portait des tefillin.
Ne prenez pas ce sujet à la légère, car il y a une grande récompense pour cela".

Vézot haBéra’ha – Danser de joie pour la Torah

+ Vézot haBéra'ha - Danser de joie pour la Torah :

-> "Torah tsiva lanou Moché, moracha kéhilat Yaakov" (la Torah que Moché nous a prescrite est un héritage pour l'assemblée de Yaakov" - Vézot haBéra'ha 33,4).

La Torah n'est pas réservée aux personnes brillantes et douées. Elle est l'héritage de chaque juif, accessible à chacun d'entre nous.
Le Rambam (Hilkhot Talmud Torah 3:1) écrit : "La couronne de la Torah a été placée [pour être] à la disposition de tout Israël ... Quiconque le souhaite peut venir la prendre".
Cette idée est tellement centrale dans le judaïsme que ce verset est l'une des premières choses que nous enseignons à nos enfants.

Cependant, la michna (Pirké Avot 2,12) semble dire le contraire : "Préparez-vous à étudier la Torah, car ce n'est pas votre héritage (chééna yéroucha la'h)".
=> Comment résoudre cette contradiction ?

-> Le Sfat Emet (dans son commentaire sur les Pirké Avot) répond que si la Torah est effectivement l'héritage de chaque juif, elle ne nous vient pas automatiquement. Elle est notre héritage potentiel, mais nous devons faire des efforts dans notre étude pour la recevoir réellement.

-> La guémara (Pessa'him 49b) affirme que la Torah n'est pas seulement notre héritage - nous sommes "fiancée" avec elle.
Le Maharcha explique que les fiançailles sont la première étape d'un mariage. Après les fiançailles, il faut encore amener sa kalla sous la 'houppa (pour finaliser le mariage) et l'emmener dans sa maison.
De même, nous devons comprendre que notre étude est censée nous conduire à une relation avec la Torah. C'est à nous de faire en sorte que la Torah devienne vraiment la nôtre.

=> Comment pouvons-nous développer notre relation avec la Torah?
Rachi (Vézot haBéra'ha 33,4) nous conseille de réaliser que la Torah est une chose à laquelle il faut constamment s'accrocher. La mitsva d'étudier la Torah ne cesse jamais ; chaque seconde où nous sommes capables d'étudier est extrêmement précieuse.
Nous devons nous rappeler la gravité du bitoul Torah (gaspillage du temps où l'on aurait pu étudier). La guémara(Yérouchalmi Béra'hot 9:5) affirme que lorsqu'elle est négligée, la Torah elle-même répond à l'insulte en disant : "Si tu m'abandonne un jour, je t'abandonnerais deux jours!".
Si nous voulons grandir comme le font ceux qui étudient la Torah, nous devons apprécier la nature de la relation. Une véritable relation avec la Torah implique de ne jamais la lâcher.
[ex: si rien n'est plus cher à nos yeux que notre chère Torah, alors pourquoi aller voir ailleurs d'autres occupations?]

-> De plus, l'étude de la Torah doit nous passionner et nous donner du plaisir.
Dans la bénédiction prononcée avant l'étude, nous prions Hachem de faire en sorte que les mots de la Torah soient "doux dans notre bouche".
Le rav Yossef Shalom Eliyachiv souligne que nous devrions constamment chercher de nouvelles façons d'"adoucir" notre étude de la Torah. Nous devons étudier d'une manière qui nous apporte de la joie, car c'est ainsi que cela doit être.
Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Ki Tavo 26,11) commente qu'une fois qu'une personne a vraiment goûté à la douceur de la Torah, elle abandonnera tout le reste du monde pour elle.

-> La guémara (Shabbath 88a) raconte que lorsque Rava étudiait, il s'asseyait sur ses doigts, le sang s'écoulait du bout de ses doigts à cause de la pression exercée par son corps. Pourtant, Rava ne le remarquait même pas.
Nos Sages nous disent que "l'amour transcende la raison", et c'est le genre d'amour que Rava avait pour la Torah. Nous ne sommes peut-être pas capables de faire autant d'efforts que Rava, mais nous pouvons certainement nous efforcer de cultiver le grand amour de la Torah que possédaient tant de grands personnages avant nous. Nous devons chérir notre précieux héritage et développer notre amour de la Torah.

-> Un jour, un homme demanda conseil à son rav. Il n'avait jamais reçu d'éducation formelle à la yéchiva et avait travaillé pendant la majeure partie de sa vie. Il voulait maintenant étudier la Torah, mais il ne connaissait personne qui aurait la patience de lui enseigner.
Avant de le conseiller, le rav lui sourit largement et lui dit : "Tout d'abord, célébrons le fait que tu veuilles étudier! Nous devrions même danser pour cela!"
Sur ce, ils se sont donné la main et ont commencé à danser.

Le rav Moché Krieger ajoute :
Pour moi, c'est ce que représente la fête de Sim'hat Torah. Il est vrai que nous devons faire des efforts pour étudier la Torah et trouver la partie qui nous convient le mieux. Cependant, l'objectif de Sim'hat Torah n'est pas l'étude elle-même. Il s'agit de développer la joie dans l'étude de la Torah.
Nous célébrons le fait que nous avons encore une année d'étude devant nous. En chantant et en dansant sur le caractère précieux de l'étude, nous exprimons notre joie et nous y ajoutons même.
Sim'hat Torah peut même renforcer notre appréciation du cadeau qu'Hachem nous a fait, en nous poussant à nous efforcer d'étudier la Torah l'année à venir.
Lorsque nous dansons, nous devrions mettre toute notre énergie à montrer à Hachem et à nous-mêmes à quel point nous aimons Sa Torah.
[le message de Sim'hat Torah est que la base de notre étude de la Torah doit être la sim'ha, la joie et la fierté de pouvoir l'étudier! Merci Hachem de nous permettre ainsi de Te connaître, de nous lier davantage avec Toi pour l'éternité! ]

Haazinou – La force de la gratitude

+ Haazinou - La force de la gratitude :

-> Dans la paracha Haazinou, Hachem ordonne à Moché (Haazinou 32,48-50) de monter au sommet du Har Nevo, d'où il pourra voir tout le pays de Canaan. Il a également informé Moché qu'il mourrait là-haut. La Torah rapporte qu'Hachem a donné à Moché cet ordre "au milieu même de ce jour" (bétsem hayom hazé).
Rachi note que cette phrase apparaît 3 fois dans la Torah : lorsque Noa'h est entré dans l'Arche, "bétsem hayom hazé" signifiait en plein jour, sous le regard de tous les réchaïm qui avaient juré de le tuer s'il essayait d'entrer. Cela apparaît également dans la sortie d'Egypte, bien que les égyptiens aient voulu empêcher les juifs de partir, Hachem les a protégés et ils ont pu partir sains et saufs en plein jour.
Rachi (ibid., verset 48) note que le terme apparaît ici dans le même contexte : malgré les protestations du peuple juif, qui ne voulait pas perdre Moché, la volonté d'Hachem a été accomplie en plein jour.

Mais il y a là quelque chose de troublant. L'épisode de Haazinou est très différent des deux précédents. Les réchaïm à l'époque de Noa'h et les géyptiens au moment de la sortie d'Egypte représentaient une menace physique réelle contre Noa'h et la nation juive. Cette menace était si forte qu'Hachem a dû y mettre fin par des moyens miraculeux.
Quelle menace le peuple juif aurait-il pu représenter face à la détermination d'Hachem qu'il était temps pour Moché de mourir?

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz répond que les juifs auraient pu empêcher Hachem de leur enlever Moché. Ils possédaient un secret qui aurait pu maintenir Moché en vie.
[la femme de Chounamit a accueilli comme invité le prophète Elicha, et par le mérite de cette mitsva de hakhnassat or'him, elle a eu un enfant (Méla'him II 4,17).]
Un midrach (Chémot rabba 4:2) souligne l'incroyable pouvoir de la gratitude dans l'épisode où le prophète Elicha a ressuscité un garçon mort (voir Melachim II 4,8-37). Après la mort tragique de ce garçon, Elicha a lancé un cri rhétorique à Hachem : "La veuve qui m'a donné la vie (voir versets 8-11) est celle que tu vas punir?"
A travers la prière d'Elicha, issue de la dette de gratitude qu'il ressentait envers cette femme, Hachem a donné à Elicha la clé de la vie et de la mort elle-même.
Le rav 'Haïm Chmoulévitz dit que le même principe s'applique dans ce cas avec Moché. La gratitude que le peuple juif a ressentie à l'égard de Moché après son service pendant plus de 40 ans [dans le désert] l'a doté d'une force qui aurait pu empêcher Moché de mourir, selon les lois normales de la justice Divine.
Ils auraient pu prétendre que Moché méritait d'entrer en terre d'Israël en vertu de ce qu'ils lui devaient, et Hachem aurait été "forcé" d'accepter.
Cette possibilité était si réelle qu'Hachem a dû accomplir un miracle pour s'assurer que le peuple juif n'empêcherait pas Moché de mourir.

=> Il est clair que la gratitude a un pouvoir énorme. Si nous cultivons ce trait de caractère, nous pouvons atteindre des sommets spirituels incroyables.
De plus, si la gratitude envers d'autres personnes peut nous aider à ce point, imaginez où la gratitude envers Hachem peut nous mener.
Lorsqu'une personne éprouve de la gratitude envers quelqu'un qui l'a aidée, la réponse naturelle à cette gratitude est que le donateur fasse tout ce qu'il peut pour offrir encore plus de services.
Le midrach (cité plus haut) va même jusqu'à dire que nous devons notre âme à celui qui nous accueille en tant qu'invité. Imaginez donc la gratitude que nous devons avoir envers Hachem! Si nous étions vraiment conscients de cette obligation, notre service à Hachem serait amélioré et inspiré.

-> Pourquoi Hachem a-t-il accordé à la gratitude une influence aussi étonnante sur la création? Peut-être parce qu'il s'agit déjà d'un élément essentiel de la vie elle-même.
Le 'Hovot haLévavot affirme que notre service d'Hachem devrait découler d'un sentiment de gratitude pour tout ce qu'Il fait pour nous.
Si l'essence du service d'Hachem est la gratitude, il n'est pas étonnant qu'il soit si puissant.

Malheureusement, la plupart d'entre nous ne ressent pas de gratitude. En fait, nous pensons souvent que nous faisons une faveur à Hachem en accomplissant les mitsvot.
Nous pouvons même nous plaindre qu'Hachem ne nous couvre pas de suffisamment de bénédictions.
Une telle attitude nous amène à considérer les mitsvot comme des fardeaux et des inconvénients. Cependant, si nous étions désireux de rendre la pareille à quelques-unes des innombrables bontés d'Hachem à notre égard, nous accomplirions les mitsvot avec amour et empressement.

C'est ce qui explique l'interprétation du Ramban (Haazinou 32,6) sur la raison pour laquelle Moché a qualifié la nation juive de peuple méprisable (am naval).
Le Ramban souligne que le terme hébreu "naval" fait référence à une personne qui ne peut plus être considérée comme humaine. Dans le contexte de notre verset, il nous est dit que celui qui manque de gratitude manque d'un trait humain fondamental, et la Torah le considère comme manquant d'humanité.
Il faut y penser la prochaine fois que nous serons tentés de fauter. Nous devons nous rappeler que la rébellion contre Hachem détruit une partie de notre humanité.

"Aucun membre de la nation [juive] ne devrait jamais dire : "Que suis-je et quel est mon pouvoir pour que je puisse avoir un impact sur un aspect quelconque de l'univers?"
Nous devrions tous comprendre et intérioriser la grandeur et la puissance de nos actions, de sorte que chacune d'entre elles s'élève et ait un impact sur les plus hauts sommets des mondes suprêmes."
[rav 'Haïm de Volozhin - Néféch ha'Haim - chaar 1, chap.4 ]

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-> Selon le Néfech ha'Haïm (chaar 1, chap.3), l'être humain a été créé "bétsélem Elokim" (à l'image de D.), en ce sens que nous avons le pouvoir, par nos pensées, nos actions et nos paroles, d'influencer toute la création, en bien comme en mal.
Hachem appelle la nation juive "béni bé'hori Israël" (mon premier-né - Chémot 4,23). Ce titre n'est pas destiné à gonfler notre égo collectif ; il exprime plutôt la profonde responsabilité que notre Créateur nous a confiée. Tout comme un premier-né est censé donner l'exemple aux frères et sœurs qui le suivent, nous sommes ici pour donner l'exemple au monde, et sanctifier le nom d'Hachem par la même occasion.
[rav Naftali Horowitz]

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-> Notre néchama vient d'un endroit encore plus élevé que celui des anges, comme l'affirme le Tanya (Ch. 2), après avoir décrit le néfech habéhémit (l'âme animale) :
"La seconde âme, spécifiquement juive, est véritablement une émanation de D., comme il est écrit : "Il [Hachem] souffla dans ses narines une âme de vie" et [nous le disons dans nos prières] : "Tu as soufflé [cette âme] en moi".
Et il est écrit dans le Zohar : "Celui qui souffle, souffle de l'intérieur", c'est-à-dire de son intérieur et de son être le plus profond.."

Le Baal Ha Tanya (Iguéret HaTéchouva - chap.4) développe ce point :
"Même si Hachem ne possède pas de forme physique, la Torah parle néanmoins dans le langage des gens ordinaires ... et l'analogie ici est que, contrairement aux anges qui sont décrits comme venant du "souffle de Sa bouche", la néchama (âme) d'un juif vient d'un "endroit" plus profond."

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-> La guémara (Béra'hot 10a) souligne les aspects entre la néchama et sa nature Divine :
"Tout comme Hachem remplit le monde entier, l'âme remplit également tout le corps physique. Tout comme Hachem voit mais n'est pas vu, l'âme voit mais n'est pas vue. Tout comme Hachem soutient le monde entier, l'âme soutient le corps entier.
Tout comme Hachem est pur, l'âme est pure. Tout comme Hachem réside dans un sanctuaire intérieur [secret], l'âme réside également dans un sanctuaire intérieur [secret]."

Communiquer avec les morts par nos prières

+ La guémara (Béra'hot 18b) cite des opinions divergentes sur la question de savoir si les âmes de ceux qui sont décédés sont conscientes de ce qui se passe dans notre monde physique.

Néanmoins, les Tossafot (16b) écrit que toutes les opinions s'accordent sur le fait que, par la prière de ceux qui sont encore parmi les vivants, les âmes défuntes peuvent être informées des événements qui se déroulent dans le monde des vivants.

Les désirs sont illimités, alors que les choses nécessaires sont peu nombreuses et restreintes dans certaines limites. Une personne a besoin de nourriture, de vêtements et d'un logement.
Le superflu, en revanche, est sans fin. Ceux qui sont ignorants dans leur pensée souffrent constamment parce qu'ils ne peuvent pas obtenir les nombreuses choses superflues que d'autres possèdent.
Les vertueux et les sages, en revanche, connaissent leur but dans ce monde et ne recherchent que ce qui est nécessaire.
[Rambam - Moré Névou'him 3,12]

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-> Le midrach (Kohélet 1,34) nous dit que celui qui a un en veut deux, celui qui en a deux en veut quatre, et ainsi de suite à l'infini. Ceux qui courent après la richesse ne sont jamais satisfaits.
Comme le dit le midrach : "une personne quittera ce monde en ayant satisfait moins de la moitié de ses désirs". En effet, jusqu'à la fin, il voudra le double de ce qu'il possède.

Le Panim Yafot (Réé 14,22) demande pourquoi le midrach parle d'une progression de un à deux, de deux à quatre? Pourquoi n'a-t-il pas simplement dit : "Celui qui a 1 euro veut 200 000 000 000 euros?"

La réponse est que si une personne réalisait d'emblée qu'elle ne serait jamais heureuse, quelle que soit la quantité de richesse qu'elle possède, elle serait repoussée par la poursuite et passerait sa vie à rechercher quelque chose de plus accessible, de plus significatif et de plus satisfaisant à la place.
Elle s'arrêterait et penserait : "Si je ne suis pas heureux même avec 200 milliards d'euros, à quoi bon essayer? Autant faire quelque chose de valable de mon temps."
La dernière chose que le yétser ara veut, c'est que nous nous rendions compte de la futilité de la poursuite, et c'est pourquoi il essaie une autre tactique : il nous trompe. Il nous fait croire que la raison pour laquelle nous ne nous sentons pas satisfaits est que nous n'en avons pas encore assez, mais qu'une fois que nous aurons atteint 2, nous serons satisfaits. Nous pourrons alors cesser de courir après les choses et poursuivre l'idée qui nous tient à cœur.
Cependant, une fois que nous avons atteint 2, il dit : "Oups, nous avons fait une erreur. Deux n'était pas suffisant, mais c'est seulement à cause de l'inflation. Sans aucun doute, 4 fera l'affaire."
Et ainsi de suite jusqu'à la fin. Comme l'a dit un jour un sage : "les gens n'ont jamais assez de choses dont ils n'ont pas besoin".

Noa’h – La faute du vol

+ Noa'h - La faute du vol :

-> "Le monde s'est corrompu devant D., et le monde s'est rempli de vols" (Noa'h 6,11)
Rachi écrit que le mot "corrompu" fait référence à l'idolâtrie et à l'immoralité.
Ainsi, le verset donne 3 raisons qui ont conduit au décret du Déluge (maboul) : le vol, l'idolâtrie et à l'immoralité.
Cependant, lorsque la cause du déluge est répétée plus tard, seul le crime du vol est mentionné (Noa'h 6,13). Rachi cite la guémara (Sanhédrin 108a) qui déclare : "Bien qu'ils aient transgressé toutes les fautes, leur destin n'a été scellé que par le crime du vol".

=> Cette affirmation laisse perplexe. Il est vrai que le vol est une faute, mais sa punition est beaucoup moins sévère que celle de l'idolâtrie ou de l'immoralité. Le vol n'entraîne pas la peine capitale (pour les juifs) et ne fait pas partie des 3 péchés capitaux qu'un juif doit être prêt à sacrifier sa vie plutôt que de les transgresser. Dans ce cas, pourquoi le vol a-t-il été le catalyseur du Déluge, et non l'idolâtrie et l'immoralité?

-> Le Ramban (Noa'h 6,13) répond que tout être humain comprend que le vol est mauvais et doit être interdit. En revanche, les fautes d'idolâtrie et d'immoralité ne sont pas comprises par tous [ex: ça va je ne fais rien de mal, on peut profiter de la vie! ] (du moins sans comprendre la logique de la Torah à leur égard).
Le vol s'était répandu dans la génération précédant le Déluge, il avait "rempli le monde", comme le dit le verset (ibid). Si une justice aussi élémentaire avait été négligée par un si grand nombre de personnes, il était clair que la société dans son ensemble était devenue totalement corrompue. Ce fut le catalyseur du Déluge.

-> Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,24) explique différemment le catalyseur du vol.
Il écrit que le vol génère un tollé (dans le monde spirituel) qui provoque un châtiment rapide, encore plus rapide que celui de l'idolâtrie et de l'immoralité.
Le vol a toujours une victime, et ce qu'Hachem déclare à propos des veuves et des orphelins lésés s'applique à tous les cas de victimisation : "Lorsqu'ils crieront vers moi, j'entendrai (et je punirai leurs oppresseurs)" (Michpatim 22,22). [face à la douleur de la personne volée, Hachem lui répond forcément. ]

-> Les A'haronim expliquent cette idée comme suit : Le tribunal Céleste fonctionne de la même manière que les tribunaux du monde. La victime d'un vol porte plainte auprès de la police et porte son affaire devant le tribunal.
Dans le tribunal Céleste également, le vol éveille les anges Accusateurs, ce qui entraîne une punition beaucoup plus rapide.
Les crimes d'idolâtrie et d'immoralité peuvent être pires, mais parce qu'ils n'éveillent pas les anges Accusateurs de la même manière que le vol, la punition n'arrive pas aussi rapidement. C'est pourquoi le vol a scellé le destin de la génération du Déluge.

-> Le rav Guédalia Schorr (sur la base du Réchit 'Hokhma 2) note que le vol est techniquement à la racine de toute faute. Hachem a créé l'homme pour qu'il accomplisse Sa volonté, et Il l'a doté de dons (tels que le corps, l'esprit, les talents et les ressources) à cette fin.
Si tel est le cas, utiliser les capacités données par D. pour commettre une faute constitue un vol. En effet, ce concept est explicitement énoncé par nos Sages (guémara Béra'hot 35b : "Celui qui tire profit de ce monde sans faire de bénédiction au préalable vole Hachem et l'assemblée d'Israël".
Si le fait d'oublier de faire une bénédiction est considéré comme un vol, alors utiliser activement les dons d'Hachem pour défier Sa volonté est assurément un vol.
Ainsi, lorsque le verset désigne le vol comme la cause du Déluge, il fait également allusion à toutes les fautes.

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-> Nos Sages (guémara Nida 16b) enseignent qu'avant qu'un fœtus ne soit conçu, un ange déclare quel type de personne se développera à partir de lui, quelle sera sa force, sa sagesse ou sa richesse. Chaque personne est dotée d'un ensemble unique de capacités. Certains sont plus brillants, tandis que d'autres sont plus riches.
Nos Sages (Nida 30b) affirment également qu'avant de naître, une personne doit faire le serment "d'être un tsaddik et non un rasha".
Le rav Eliyahou Dessler explique que ce serment exige de chaque personne qu'elle mette ses capacités uniques au service d'Hachem. Être un tsaddik signifie utiliser les capacités que D. nous a données avec droiture. Il ne doit pas les canaliser vers des objectifs égoïstes, et il ne doit certainement pas les gaspiller ou les ignorer.
Ainsi, une personne dotée d'une grande intelligence doit l'utiliser pour rechercher la grandeur dans la Torah. Une personne riche doit utiliser sa richesse pour aider les autres.

C'est cette qualité qui a rendu Noa'h digne de survivre au Déluge (maboul). La Torah le qualifie de tsadik. Il a utilisé les capacités qu'Hachem lui a données uniquement pour Le servir avec droiture.
Il s'agit là d'une leçon importante. Il existe de nombreuses personnes talentueuses qui se considèrent comme des juifs honnêtes. Ils accomplissent correctement les mitsvot.
Pourtant, utilisent-ils vraiment toutes les capacités qu'Hachem leur a données pour Le servir? Si une personne brillante consacre un certain temps à l'étude de la Torah mais consacre la majeure partie de son intelligence et de sa créativité à son gagne-pain ou à la recherche du plaisir, il se peut qu'elle viole le serment qu'elle a fait à sa naissance. Elle est peut-être coupable de vol. [utiliser au mieux les capacités que Hachem m'a donné.]

L'inverse est également vrai. De nombreuses personnes en concluent qu'elles n'ont pas de capacités exceptionnelles et qu'elles sont donc dispensées de s'efforcer d'accomplir quoi que ce soit au service d'Hachem. Ce problème est particulièrement fréquent en ce qui concerne l'étude de la Torah. Combien d'étudiants en Torah se sentent justifiés d'abandonner leur étude parce qu'ils ne sont pas "faits" pour cela?
Ces personnes devraient se rendre compte que le serment qu'elles ont prêté à la naissance inclut toutes les capacités qui leur ont été données, même si elles semblent être petites. Hachem leur a donné ces "petites" capacités pour les utiliser à Son service, et on attend d'eux qu'ils fassent l'effort de les développer autant que possible.
S'ils s'appliquent (et consultent un rav compétent pour obtenir des conseils sur la manière de procéder), Hachem les aidera certainement à atteindre leur potentiel.
[ce qui compte est le ration : qu'est-ce que j'ai fait/qu'est-ce que je pourrais faire]

-> Lorsque les yéchivot européennes ont commencé à se réinstaller en terre d'Israël, rabbi Shlomo Lorincz a approché le 'Hazon Ich. En Europe, dit-il, il y avait plusieurs écoles de pensée concernant ce qu'une yeshiva devait offrir. En Hongrie, les yéchivot permettent aux prodiges de devenir de grands rabbanim. Elles permettent également aux ba'hourim moins doués de se familiariser avec les halakhot dont ils auront besoin dans la vie et d'atteindre un niveau d'apprentissage de base. Ainsi, ils continuaient à étudier par eux-mêmes, même après avoir gagné leur vie.
En Lituanie, cependant, les yéchivot avaient pour objectif de faire ressortir la grandeur de la Torah.

"Peut-être serait-il idéal d'avoir les deux types de yéchivot en terre d'Israeë, suggéra-t-il, et nous pourrions diriger les ba'hourim les plus talentueux vers les yéchivot lituaniennes, et les ba'hourim moins talentueux vers les yéchivot hongroises?"
Le 'Hazon Ich s'oppose catégoriquement à cette idée. "Nous devons donner à chaque ba'hour la possibilité de devenir un gadol", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas le droit de les priver de cette chance. Même si un ba'hour semble faible dans ses capacités, il n'y a pratiquement aucune limite à la grandeur qu'il peut atteindre s'il s'applique vraiment."

Noa’h – Le secret de la fondation du monde

+ Noa'h - Le secret de la fondation du monde :

-> Le midrach (Shocher Tov 37) rapporte un curieux échange entre Avraham et Chem, le fils de Noa'h.
Avraham demanda : "Comment as-tu pu quitter l'arche [après le Déluge] ?
Chem répondit : "C'était grâce au mérite de la tsédaka que nous avons faite à l'intérieur".
"Quelle tsédaka était nécessaire ? demanda Avraham. "Il n'y avait pas de pauvres dans l'arche, seulement Noa'h et sa famille. Pour qui avez-vous fait la tsédaka?"
Chem lui répondit : "Nous avons fait du 'hessed (bonté) pour les animaux et les oiseaux. Nous n'avons pas dormi. Au contraire, nous sommes allés d'un animal à l'autre pendant toute la nuit, en mettant de la nourriture devant chacun d'eux."

En se basant sur la réponse de Chem, il semblerait qu'Avraham demandait comment Chem avait pu survivre au Déluge. Chem répondit que le mérite d'avoir fait du 'hessed avec les animaux pendant le Déluge fut ce qui sauva Noa'h et sa famille.

La Torah déclare d'emblée que Noa'h était un tsadik parfait.
Dans ce cas, pourquoi a-t-il eu besoin de mérites particuliers pour survivre au Déluge (maboul)?
Le rav 'Haïm Friedlander explique qu'Avraham posait en réalité une question tout à fait différente. Il voulait savoir comment il était possible de quitter l'Arche et de reconstruire le monde.
Le monde avait été détruit à cause de la faute. Dans ce cas, quel mérite existait-il pour permettre de le reconstruire?

Chem répondit qu'Hachem les avait placés dans une situation qui exigeait du 'hessed ininterrompu pendant une année entière. Cette situation a été créée pour que leurs actes surhumains de 'hessed puissent restaurer le droit du monde à exister.
En effet, Hachem aurait certainement pu sauver Noa'h d'une autre manière. Certains disent que la terre d'Israël n'a pas été affectée par le Déluge (midrach Béréchit rabba 33,6) ; Hachem aurait pu y envoyer Noa'h et sa famille. Cependant, cela n'aurait pas engendré le 'hessed nécessaire à la reconstruction du monde.

Le rav Friedlander souligne que la réponse de Chem est reflétée dans Téhilim (89,3) : "Olam 'hessed yibané" (le monde est construit par le 'hessed). Si l'on comprend ce verset, une société qui fonctionne bien a besoin de gens qui se soucient les uns des autres et qui s'entraident.
Cependant, le rav Friedlander met en évidence le sens profond du verset : Le 'hessed est le mérite qui donne au monde le droit d'exister.

-> Dans les Pirké Avot (1-2), les Sages déclarent : "Le monde repose sur 3 choses : la Torah, la avoda (le service d'Hachem par la prière) et la guémilout 'hassadim (faire des actes de bonté)."
Or, dans la génération de Noa'h, la Torah et la avoda étaient absentes. À cette époque, le 'hessed était certainement le pilier sur lequel reposait le monde entier.

-> Le midrach (Béréchit rabba 33,3) cite Hachem qui dit : "Si le peuple juif, qui dépend du 'hessed, s'engage dans le 'hessed les uns avec les autres, alors Moi, qui suis pur 'hessed, je dois certainement faire du 'hessed pour eux".
Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hessed 2,5) explique ce midrach. Lorsque nous faisons du 'hessed, cela permet aux 'hassadim (bontés) d'Hachem d'être introduits dans le monde.
Le 'Hafets 'Haïm ajoute que cela est particulièrement vrai à une époque comme aujourd'hui, où une midat hadin intense (Attribut de rigueur) est présent et où notre nation a désespérément besoin de salut (à la fois sur le plan individuel et sur le plan national). Aujourd'hui, le 'hessed est certainement la clé pour mériter la miséricorde d'Hachem.
Cette idée fait écho à la guémara (Yérouchalmi Sanhédrin 10) : "Si vous voyez que le mérite des Patriarches a disparu et que celui des Matriarches s'est effrité, allez vous accrocher au 'hessed."

-> Le Chlah haKadoch [à la fin de son commentaire sur masse'hét Pessa'him] écrit que le 'hessed est extrêmement vital. Sur la base du verset (Téhilim 52,3), "Le 'hessed d'Hachem dure toute la journée", il affirme que l'on ne devrait pas laisser passer un seul jour sans trouver un moyen de s'engager dans du 'hessed.

-> Le rav Avraham Pam encourageait ses élèves à rechercher des occasions de faire du 'hessed.
Et même lorsqu'il semble qu'aucun 'hessed n'est nécessaire, un mot gentil ou un simple "bonjour!" peut réjouir une personne (ex: si on me salue c'est que je compte aux d'autrui, donc c'est que je suis quelqu'un de bien!), et même lui donner le moral pour toute la journée.
Le rav Pam disait : "De petites actions comme celles-ci sont en fait de grandes opportunités de 'hessed".
Pam.