Aux délices de la Torah

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Béréchit – Trois cadeaux spéciaux = le yétser ara, la souffrance et la mort

+ Béréchit - Trois cadeaux spéciaux = le yétser ara, la souffrance et la mort :

Lorsque Hachem achève la création : "Il regarda tout ce qu'Il avait fait, et voici, c'était très bon" (Béréchit 1,31)".
=> Quel besoin y avait-il pour Hachem de déclarer Son œuvre "très bonne"? Etait-il nécessaire qu'Il se félicite Lui-même?
De plus, lorsque Hachem déclare qu'une chose est bonne, cela signifie certainement qu'elle est bonne dans un sens absolu. Si c'est le cas, quelle place y avait-il pour qu'Il ajoute que l'univers dans son ensemble était "très bon" (tov méod)? Qu'est-ce que le mot "très" ajoute ?

-> Le Ramban (Béréchit 1,31) répond que "très bon" est destiné à inclure même les choses qui nous paraissent mauvaises. En fait, ces "mauvaises" choses sont bonnes et nécessaires au monde.
Le Ramban cite le midrach (Béréchit rabba 9:7,8,10), qui propose 3 opinions sur ce à quoi le mot "très" (méod) fait référence, il s'agit : du mauvais penchant, de la souffrance et de la mort.

En effet, beaucoup d'entre nous peuvent trouver ce concept difficile à accepter. Comment une chose mauvaise peut-elle être bonne? Cela ressemble à une contradiction.
Nous allons aborder les points de ce midrach un par un.

1°/ le mauvais penchant (yétser ara) :
Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous pouvons probablement tous convenir que nous glisserions dans la complaisance sans le mauvais penchant. Après tout, qu'est-ce qui nous oblige à lutter et à faire quelque chose de nous-mêmes, si ce n'est le mauvais penchant?
En effet, nos Sages (Baba Batra 16a) enseignent que l'intention du mauvais penchant est pour le bien du Ciel. Il veut nous inciter à travailler plus dur et à ce que nous le vainquions.
Si nous ne devions pas travailler si dur pour surmonter les épreuves qu'il nous lance, nous n'atteindrions pas le niveau élevé que nos efforts nous ont permis d'acquérir.

Le rav Gamliel Rabinovitz disait : "Les gens viennent me voir pour se plaindre de la difficulté qu'ils ont à gérer leur mauvais penchant, et je leur dis : "Votre mauvais penchant est là pour vous forcer à le surmonter et à devenir grand! C'est vraiment un cadeau!"

Même dans l'étude de la Torah, le mauvais penchant joue un rôle important. Nos Sages (Pessa'him 50a) enseignent : "Il faut toujours apprendre la Torah chélo lichma (pour des intérêts personnels), car c'est ainsi que l'on arrivera à apprendre lichma (100% pour Hachem parce qu'il nous l'a demandé)".
Notre premier pas dans la Torah est probablement motivé par des raisons moins que pures, mais nos Sages nous enseignent que ce n'est pas grave.
Nous avons besoin de ce petit coup de pouce fourni par le mauvais penchant pour nous mettre sur la voie qui nous conduira finalement à apprendre pour des raisons pures. Ainsi, le mauvais penchant constitue une étape essentielle sur le chemin de l'étude de la Torah.

2°/ les souffrances :
Le midrach précise également que les mots "très bon" (tov méod) font allusion à la souffrance.
Apparemment, la souffrance n'est pas seulement bonne, elle est très bonne. Comment cela se fait-il?
Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2,3-4) propose 2 raisons pour lesquelles Hachem envoie la douleur et l'affliction. Tout d'abord, elles nous purifient de nos fautes et nous permettent de devenir purs. Cela nous permet finalement d'acquérir la récompense ultime : le monde à Venir (olam aba).
Deuxièmement, la souffrance peut être envoyée pour nous montrer que nous faisons quelque chose de mal et que nous devons cesser de le faire et nous repentir.

La souffrance est un signe qu'Hachem se soucie de nous. Il nous purifie de nos fautes passées et nous empêche même d'avoir besoin de cette purification en stoppant nos fautes dans leur élan et en nous permettant de nous amender.
[une souffrance dans ce monde équivaut à énormément de souffrances de purification dans le monde à Venir. ]
En effet, lorsque les gens s'adressaient au 'Hazon Ich pour obtenir de l'aide afin de faire face aux souffrances, le 'Hazon Ich leur conseillait souvent de considérer leurs souffrances comme des signes d'amour de la part d'Hachem. Il citait le verset : "Celui qu'Hachem aime, Il le châtie" (Michlé 3,12), et disait : "Considérez vos souffrances de cette manière".
[ex: on est souvent pris par notre train-train quotidien, et une souffrance est une occasion de se rappeler et de se tourner de tout coeur vers papa Hachem.]

3°/ La mort :
Enfin, le midrach mentionne la mort. Pour nous, la mort semble être la pire des choses.
Cependant, Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2:23) note que la mort est aussi une bonté, car elle nous oblige à faire usage de notre temps. Nous savons qu'il y aura une fin à notre vie et nous sommes donc motivés pour l'accomplir et ne pas la remettre à plus tard.
De plus, le fait de savoir que nous serons confrontés à un jugement final nous motive à nous abstenir de fauter et à améliorer nos actes.

Le Or'hot 'Haïm (32) conseille à une personne de passer du temps chaque jour à penser au jour de la mort et de préparer des provisions pour ce voyage.
Toute personne doit garder à l'esprit qu'elle sera finalement confrontée au tribunal Céleste, et toutes ses actions seront examinées à la loupe. Une personne qui vit de cette façon essaiera toujours de se perfectionner.
[le 'Hafets 'Haïm se désolait qu'on consacre tellement de temps et d'énergie à acquérir des choses dans notre monde éphémère, sans en consacrer à en acquérir pour notre éternité. On doit plus être préoccuper par préparer notre monde à Venir, que notre monde actuel. ]

C'est ainsi que vivaient les guédolé Israël. Ils pensaient toujours à leur jugement final dans l'autre monde et conseillaient aux autres : "Etudiez et accomplissez les mitsvot de la meilleure façon possible. C'est la seule façon de s'assurer que l'on recevra une bonne part dans le monde à Venir."

À la fin de sa vie, le rav Shach était plus âgé et plus faible. Pourtant, il s'efforçait, autant que possible, de poursuivre son programme exigeant d'étude de la Torah et d'enseignement des chiourim (cours). À un moment donné, il s'est senti si faible que sa famille a fait appel à un médecin, qui a effectué une série d'examens. Quelques jours plus tard, le médecin informa la famille que l'état de santé du rav Shach était bon et qu'il n'avait aucun problème médical.
Les proches du rav Shach se sont empressés de lui annoncer la bonne nouvelle, mais ils ont été surpris de voir que le rav Shach ne semblait pas satisfait du rapport du médecin.
"Jusqu'à présent, explique le rav Shach, même si je faisais de mon mieux pour étudier la Torah, je pensais que j'avais une excuse pour dire à la Cour céleste que je n'étais pas bien. Cependant, maintenant que le médecin a déterminé que je suis en bonne santé, que pourrai-je leur dire? S'ils me disent que je ne me suis pas assez appliqué dans l'étude, que pourrai-je dire?"

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=> Puissions-nous utiliser au mieux ces trois bons dons (mauvais penchant, souffrances, mort) pour nous rapprocher d'Hachem.

Béréchit – La faute devient impensable

+ Béréchit - La faute devient impensable :

-> Le Ramban (Béréchit 2,9) écrit que lorsque le monde a été créé, l'existence d'Adam HaRishon était similaire à celle des autres éléments de la création. Son seul désir était d'accomplir le dessein d'Hachem, de la même manière que toutes les espèces animales et végétales, le sol et l'espace existaient pour accomplir la volonté d'Hachem.
Aucun élément de désir physique n'était présent en lui. Le désir de fauter ne s'est éveillé qu'après qu'il eut mangé de l'Arbre de la Connaissance.

=> S'il est vrai qu'Adam n'avait aucun désir de fauter, comment aurait-il pu fauter en premier lieu? Après tout, il ne possédait même pas le mauvais penchant en lui.
De plus, le Ram'hal (Maamar haIkarim) enseigne que le but de la création était de donner à l'homme le pouvoir de choisir. Cela lui permet de se rapprocher d'Hachem ou, à D. ne plaise, de s'en éloigner. Dans ce cas, pourquoi Adam HaRishon a-t-il été créé sans le mauvais penchant, qui est un moyen de réaliser ce but?

-> Le rav Eliyahou Dessler répond à ces questions en se basant sur les paroles du rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm (1,6).
Il explique que lorsque Adam HaRishon a été créé, le mauvais penchant était présent dans le monde. Cependant, il n'était pas présent à l'intérieur d'Adam.
Il est vrai que la nature même d'Adam était d'accomplir la volonté d'Hachem. Néanmoins, il était vulnérable aux influences extérieures. Le mauvais penchant était capable de l'approcher de l'extérieur, et il le fit sous la forme d'un serpent. Face à cette épreuve extérieure, Adam avait la capacité de choisir le bien plutôt que le mal.

Malheureusement, Adam a cédé à la faute. À ce moment-là, le mauvais penchant est devenu une partie de lui. Il avait désormais en lui des forces qui le poussaient à adopter un comportement contraire à la volonté d'Hachem.
Les désirs corporels faisaient désormais partie de sa nature. Il s'agissait d'un changement fondamental dans son identité.
Avant la faute, le corps d'Adam n'était qu'un manteau pour son âme. Désormais, son être était fragmenté, partagé entre des désirs opposés qui étaient tous deux de véritables aspects de sa personnalité.

Depuis l'époque d'Adam, toute l'humanité possède cet état. Le mauvais penchant existe en nous. Nous sommes en perpétuel état de guerre, constamment confrontés à des désirs contradictoires qui nous tirent simultanément vers la sainteté et vers la faute.

Le Ram'hal (Daat Tévounot 126, tel qu'expliqué par le rav 'Haïm Friedlander) affirme que notre tâche est de réparer la faute d'Adam. Nous devons nous efforcer de rapprocher notre propre nature de celle d'Adam dans son état originel, à savoir un désir unique d'accomplir la volonté d'Hachem.

=> Nous avons déjà en nous le mauvais penchant. Comment est-il possible d'éliminer les désirs négatifs?

-> Le rav Eliyahou Dessler explique que chacun d'entre nous vit déjà à un niveau de choix tel que certaines fautes ne représentent plus un défi pour nous.
Prenons l'exemple d'un juif pratiquant qui apprend la Torah autant qu'il le peut, qui prie avec une profonde intention et qui accomplit de nombreux actes de bonté. Pour un tel individu, profaner délibérément le Shabbath n'est pas quelque chose qu'il choisit de ne pas faire. C'est tout à fait impensable et cela ne lui viendrait jamais à l'esprit.
Ainsi, en ce qui concerne la profanation du Chabbath, nous pouvons dire que cet homme est comme Adam HaRishon avant la faute. Il n'a pas de mauvais penchant qui le pousse à faire cela.

En revanche, lorsqu'il s'agit de se laisser aller à des bavardages futiles tout en étudiant la Torah, cet homme est confronté à un défi. En effet, il ne réussit pas toujours à surmonter l'épreuve qui consiste à rester concentré.
Selon le rav Dessler, c'est ce que le Ram'hal voulait dire : un tel homme doit s'efforcer de rendre la notion même de bavardage au milieu d'un séder d'étude aussi impensable pour lui que la notion de profanation du Shabbath. C'est ce qu'on appelle "nous ramener à l'état d'Adam HaRishon avant la faute".

-> Le rav Eliyahou Lopian ajoute une idée importante : si un juif met toute son énergie dans l'étude de la Torah, cela le protège lui-même de la faute, comme le disent nos Sages (Kidouchin 30b) : "J'ai créé le mauvais penchant, et j'ai créé la Torah pour qu'elle lui serve d'épice (Torah tavlin)".
Tout comme une épice fait ressortir le bon goût d'un aliment, l'étude de la Torah met en valeur les bonnes qualités d'un homme, et ce faisant, affaiblit son penchant naturel pour la faute. Même si une certaine faute le tente, le fait de se consacrer à l'étude de la Torah peut faire en sorte que cette faute perde son attrait.
Lentement mais sûrement, l'étude de la Torah affaiblit les fautes au point qu'ils deviennent "impensables" pour nous. Cela nous permet de revenir à l'état d'Adam HaRichon avant la première faute (voir Avot déRabbi Nathan 27:23, comme expliqué par le 'Hida [dans Kissé haRa'hamim]).

-> Le rav 'Haïm Brim conseillait aux gens de se rapprocher le plus possible des tsadikim. Il disait que la Torah qu'ils possèdent peut élever les gens autour d'eux.
Le rav Brim fonde ce concept sur la déclaration des Sages (Yoma 38b) : "Hachem a vu qu'il y aurait très peu de tsadikim. C'est pourquoi Il les a plantés dans chaque génération".
Chaque époque a des tsadikim qui servent d'exemple et nous aident à nous libérer de l'envie de fauter.

Le rav Brim raconte : "Lorsque j'étais en présence du 'Hazon Ich, j'ai vu un être humain qui se comportait comme un ange. Il était clair que les désirs du monde n'avaient aucune prise sur lui. De plus, en présence du 'Hazon Ich, je n'ai pas ressenti le moindre désir de fauter".

Parfois, le simple fait de regarder le visage d'un tsadik fait une profonde impression sur une personne, même si elle est embourbée dans la faute.
Le rav Yé'hezkel Lévenstein se rendit un jour à Tel Aviv. Pendant son séjour, il se fit voler son portefeuille. Un peu plus tard, un homme vint le trouver et lui dit : "Rabbi, je veux vous rendre votre portefeuille. Vous devez savoir que j'avais l'intention de le voler, mais quand j'ai vu la photo sur votre carte d'identité, je n'ai pas pu me résoudre à faire une telle chose."

"Essayez de rendre votre émouna plus réelle et plus vivante.
Lorsque vous parlez de la sortie d'Égypte, imaginez l'esclavage. Efforcez-vous d'avoir une image mentale claire de chacune des plaies, et imaginez l'ouverture de la mer Rouge.
En ce qui concerne le don de la Torah, imaginez le feu, le son du shofar et la voix d'Hachem émanant du Ciel.
Faites cela régulièrement et la foi deviendra plus réelle et fera davantage partie de vous."
[rav Yé'hezkel Levenstein]

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-> Le 'Hovot haLévavot (chaar haBé'hina) suggère d'étudier les merveilles de la Création comme un autre moyen de renforcer notre émouna.
La myriade de détails de la création et la sagesse du Créateur qui les sous-tend peuvent faire des merveilles pour notre émouna.

-> Le rav Avigdor Miller travaillait constamment sur ce sujet. Il trouvait toujours de nouvelles façons de s'émerveiller du plan et de la conception inhérents à la création, et de les rendre réels pour lui et ses élèves.
On peut citer :
"Regardez le fruit, puis l'arbre dont il est issu Le bois de l'arbre n'a aucune saveur. D'où vient le fruit? Et regardez à l'intérieur! Il contient des graines qui donneront un autre fruit. Supposez que vous trouviez une pièce de monnaie cachée au fond d'une pomme, ne seriez-vous pas étonné? Si vous mettez cette pièce dans le sol, c'est un objet mort. Mais si vous mettez une graine dans le sol, elle devient un arbre!
Pouvez-vous faire cela? Quelqu'un d'autre que le Créateur peut-il faire cela?"

Guéoula – La grande réjouissance du peuple juif

+ Guéoula - La grande réjouissance du peuple juif :

-> L'ère du machia'h sera une ère de profonde joie pour le peuple juif, comme le dit le prophète Yirmiyahou (31,12) : "Alors la jeune fille se réjouira dans la danse circulaire avec la musique, les jeunes et les vieux ensemble, et je transformerai leur deuil en joie, je les réconforterai et je les ferai se réjouir de leur chagrin."

-> Le rav Nathan Wachtfogel (Léket Réchimot -Tsipita liyechoua) a fait une observation sur ce verset : "Ces mots représentent une grande et merveilleuse garantie quant à la guéoula des juifs.
Hachem n'a pas oublié les cris des humbles ; chaque goutte de sang juif qui a été versée et chaque souffrance et détresse infligées au peuple juif pendant toutes les années de son exil seront transformées en bonheur et en joie.
En fait, chaque once de douleur ressentie par chaque juif pendant toute la durée de l'exil sera transformée en joie!"

-> Dans la suite, le rav Wachtfogel décrit plus en détail la joie singulière qui accompagnera notre délivrance ultime :
Nous ne pouvons que nous fier aux paroles de nos prophètes et à la demande du roi David lorsqu'il dit : "Fais que nous nous réjouissions selon les jours où tu nous as affligés, les années où nous avons été témoins du mal".
Chaque moment de souffrance produira de la joie, comme le dit le prophète Yirmiyahou (31,12) : "Je transformerai leur deuil en joie, Je les consolerai et Je les ferai se réjouir de leur chagrin".
Le sang juif qui a coulé comme de l'eau vivra encore, revitalisé devant Hachem. Le sang des martyrs juifs crie encore comme il l'a fait dans leurs derniers instants.
Toutes ces souffrances et toutes ces âmes attendent ce grand réconfort, cette grande joie et la vengeance qu'Hachem exercera sur les nations tourmentées.

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-> Le Rambam (Hilkhot Méla'him 12,5) écrit :
"Et à cette époque (suite à la venue du machia'h), il n'y aura ni famine ni guerre, ni envie ni concurrence. Le bien coulera en abondance, tous les plaisirs seront disponibles comme de la poussière, et le monde entier sera uniquement occupé à connaître Hachem".

-> Selon le prophète Yéchayahou (11,9) : "Car [après la guéoula] la terre sera remplie de la connaissance d'Hachem comme l'eau recouvre le fond de la mer."

-> Avec la guéoula nous bénéficierons d'une incroyable proximité avec Hachem, dont le prophète Yéchayahou (62,5) en donne une analogie : "Et comme la joie d'un fiancé pour une fiancée, votre D. se réjouira pour vous."

Le pouvoir de protection du bita’hon

+ Le pouvoir de protection du bita'hon :

-> "Sachez aussi que le bita'hon ne dépend pas des mérites de chacun, car même si quelqu'un n'est pas une personne droite/honnête, mais que son bita'hon en Hachem est fort, le pouvoir de son bita'hon le protégera, et Hachem fera preuve d'une grande bonté à son égard.
C'est ce qu'écrit le Gaon de Vilna, et j'ai entendu dire que le midrash (Yalkout Chimoni - Téhilim, fin du remez 719) le dit aussi."
[ 'Hafets 'Haïm - Chem Olam - Kountres Néfoutsot Israël - chap.8]

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-> "Celui dont le cœur est plein de bita'hon [c'est-à-dire qui a une grande quantité de bita'hon], même s'il transgresse des interdictions très sévères, est meilleur que celui qui manque de bita'hon car il en vient ainsi à la jalousie et à la haine, même s'il s'engage dans la Torah et dans des actes de bonté, car cela ne peut être que pour se donner une bonne réputation."
[Gaon de Vilna - Even Chéléma - chap.3]

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-> Cette approche du Gaon de Vilna et du 'Hafets 'Haïm semble également être soutenue par le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béréchit 4,5).
Le Ohr ha'Haïm haKadoch écrit qu'après que Kayin ait vu que son offrande n'a pas été acceptée, il a d'abord pensé que l'étendue de l'implication d'Hachem dans la vie de l'homme après les 6 premiers jours de la création était limitée.
Il a supposé "que le Créateur était dégoûté de Ses créations et ne les surveillait pas".

Cependant, lorsque Kayin vit que son offrande avait été rejetée alors que celle de son frère avait été acceptée, il reconnut que le rejet de son offrande n'était pas dû à une déficience dans la hachga'ha d'Hachem (providence Divine), mais plutôt à une déficience au sein de Kayin lui-même.
Bien que Kayin n'ait pas laissé cette reconnaissance affecter ses actions et qu'il a tué son frère, le Ohr ha'Haïm (Béréchit 4,15) note que Kayin a néanmoins trouvé grâce auprès d'Hachem et a reçu une protection spéciale de Sa part sous la forme d'un signe protecteur placé sur lui pour sept générations.

=> Quel mérite Kayin aurait-il pu avoir pour qu'Hachem accomplisse un tel miracle en sa faveur?
Le Ohr ha'Haïm explique que Kayin a reconnu après sa faute que sans l'aide d'Hachem, il ne pourrait pas vivre en sécurité et serait tué. Ce faible niveau de bita'hon qu'il était dépendant d'Hachem était suffisant pour qu'Hachem justifie de lui accorder une protection spéciale.

Dans les mots du Ohr HaChaim :
"Parce que [Kayin] a reconnu et compris que si Hachem ne le protégeait pas, quiconque le trouverait le tuerait, et c'est à grâce à cette 'mitsva' [de confiance en D.], que Hachem a eu pitié de lui."

Ceci est très similaire aux mots de Téhilim 127 :
"Un chant d'ascension pour Shlomo. Si Hachem ne construit pas une maison, ses bâtisseurs ont travaillé en vain ; si Hachem ne protège pas une ville, le gardien a veillé en vain."
Le message de ces versets est que même avec tous nos efforts et notre hichtadlout, si Hachem ne nous assiste pas, nos efforts n'ont pas de sens.
Kayin comprenait également ce message. C'était un homme désespéré qui venait de tuer son frère en le poignardant à plusieurs reprises, et qui craignait que d'autres ne se vengent de lui.
Il ne s'agit pas d'une reconnaissance d'Hachem par un sentiment d'aspiration à se rapprocher de Lui par l'amour, ni même d'une reconnaissance par la peur. Elle semble plutôt motivée par l'intérêt personnel de Kayin, semblable à l'"athée dans un trou de renard" classique qui se tourne vers D. lorsque l'ennemi tire de tous les côtés.
En dépit du fait que Kayin était un meurtrier, Hachem récompense ce petit niveau de reconnaissance de la providence divine par un miracle, une protection spéciale qui reste en vigueur non seulement pendant un ou deux jours, mais pendant sept générations ... quel exemple extraordinaire du bonté d'Hachem lorsque nous nous tournons vers Lui avec bita'hon.

Kayin est bien sûr puni plus tard pour le crime qu'il a commis, mais il a reçu un sursis extraordinaire (temporaire) parce qu'il a reconnu sa dépendance à l'égard d'Hachem.
Kayin est un autre exemple du principe expliqué par le Gaon de Vilna et le 'Hafets 'Haïm, selon lequel même un fauteur (à l'image de Kayin qui a tué son frère et décimé des milliards de potentiels êtres humains) peut récolter les bénéfices de la protection accordée par Hachem s'il reconnaît simplement le contrôle d'Hachem sur sa vie. [à plus forte raison pour chacun d'entre nous peu importe les fautes que nous avons pu faire, peu importe nos mérites, uniquement car c'est un règle : tu as du bita'hon en D., alors Hachem t'aide et de protège grâce à cela! ]

Bien qu'il ne faille pas s'attendre à des miracles flagrants ou s'y fier, Hachem a de nombreux moyens et de nombreux messagers pour protéger ceux qui se tournent vers Lui avec bita'hon.
[nous pourrons en avoir pleinement conscience que dans le monde à Venir de Vérité, et combien nous pleurerons de ne pas avoir eu plus de bita'hon de notre vivant, car on aurait pu avoir facilement tellement d'aide Divine! ]

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-> "Celui qui place sa confiance en Hachem, la bonté l'enveloppera" (Téhilim 32,10)

-> Selon le Maguid de Mézéritch : il ne s’agit ni d’une recette miracle, ni d’une bénédiction, ni d’une promesse. C’est purement une réalité et une loi naturelle : celui qui place sa confiance en Hachem est enveloppé de bonté.

-> "Même si c'est un racha et qu'il a confiance en Hachem, alors il sera entouré de la bonté [d'Hachem]."
[midrach Yalkout Chimoni 719 - afilou racha oubotéa'h b'Hachem, 'hessed yéssovévénou]

-> De même, selon le midrach (Téhilim 32,12) : "Rabbi Eléazar dit au nom de Rabbi Aba : même un racha qui place sa confiance en Hachem sera enveloppé de bonté".

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-> On a vu qu'une personne qui a du bita'hon recevra la protection d'Hachem qui l'accompagnent, même si c'est un fauteur.
Nous devons cependant noter que Rabbénou Bé'hayé ('Hovot haLévavot - cha'ar haBita'hon - chap.3 - 4e introduction) n'est apparemment pas d'accord, puisqu'il déclare :
"Celui qui viole les règles et les mitsvot d'Hachem ... [même s'il] a du bita'hon en Lui, ses espoirs seront déçus lorsqu'il se rebellera [contre Lui] et il ne sera pas digne d'être appelé quelqu'un qui a du bita'hon en Hachem."

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Lorsque nous prions de tout cœur à Hachem, c'est un signe que nous dépendons totalement de son aide, que nous nous remettons à Lui.
En ce sens :
-> Hachem dit : "Je suis miséricordieux et J’écoute les demandes de chaque personne, même si elle n’est pas méritante".
[Ramban – Michpatim 22,26]

-> Le Séfer ha’Hinoukh (533) écrit :
"Le Créateur désire donner des bontés aux gens … ainsi, Il leur a appris le moyen par lequel ils peuvent recevoir toutes formes de bontés.
Ce moyen consiste à prier à Hachem, car Il a les capacités, et Il répond aux prières de tous ceux qui l’appellent avec sincérité [qu’ils soient méritants ou pas]."

[par exemple : nos Sages enseignent qu’un voleur qui demande de tout cœur à Hachem de l’aider à réussir son cambriolage, et bien Hachem va l’aider!
En effet, c’est une loi de la nature : si nous prions à Hachem de tout notre cœur, alors forcément nous avons de forte probabilité de l’obtenir!]

Chaque page de guémara ou de michna qu'une personne apprend dans une période difficile a plus de valeur que 100 pages apprises dans une période plus confortable, comme le dit Avot déRabbi Nathan (3,6) qu'une fois dans la souffrance a plus de valeur que cent fois sans souffrance ...
['Hafets 'Haïm - Chem Olam - fin du Chaar Hachzkarat haTorah]

=> Le 'Hafets 'Haïm y écrit que chaque mitsva accomplie dans la souffrance est considérée par Hachem comme plus précieuse que 100 mitsvot accomplies dans une atmosphère calme et détendue.
[combien nous devons autant que possible profiter de ces moments, qui bien que désagréables, nous offrent des capacités d'évolution spirituelle énormes.]

La émouna transforme ce qui semble mauvais en bien

+ La émouna transforme ce qui semble mauvais en bien :

-> Au moment de l'événement, il faut placer sa confiance et ses pensées en Hachem pour qu'il nous aide dans tout ce que nous avons besoin de faire ...
Rabbi Akiva dit : "Tout ce que le Miséricordieux a fait est pour le bien" ... et grâce à son bita'hon en Lui, cela est devenu pour le bien, à partir de quelque chose qui semblait être mauvais ...
Combien grand est le trait de bita'hon, où les gens placent leur foi en Hachem de tout leur cœur, au point que tout ce qui leur arrive est pour le mieux.
[Maharal - Nétivot Olam - Nétiv haBita'hon]

-> Le rav Yossef Bloch (Iguéret al haBita'hon) note que ce pouvoir de transformation que le bita'hon peut avoir sur des expériences apparemment douloureuses ou difficiles, selon le Maharal, semble avoir été accepté par le Ramchal (Daat Tévounot - siman 36) également.
Le Ram'hal affirme qu'il existe 2 voies par lesquelles Hachem dirige le monde, l'une par le biais de la récompense et de la punition (sha'har véonéch), et l'autre par le biais de la révélation de l'unité d'Hachem (gilouï hayi'houd).
Le Ram'hal affirme que si l'on s'adresse à Hachem avec une confiance totale dans le contrôle qu'Il exerce sur les événements du monde, alors Hachem ne nous jugera pas en fonction de nos actions ou de nos mérites ; au contraire, Hachem nous sauvera certainement :
"Car Il ne nous tiendra pas pour responsables de nos actions et n'attendra pas nos mérites ... Il nous sauvera certainement, puisqu'Il est le maître de tout et qu'Il peut faire ce qu'Il veut."

=> Le fait d'avoir du bita'hon approprié peut non seulement renforcer notre moral lorsque nous faisons face à des défis dans la vie, mais aussi aboutir à avoir un résultat favorable. Quelle extraordinaire bénédiction de la part d'Hachem! [on peut tout transformer par notre émouna concrète dans la difficulté! ]

"Lorsque, dans l'avenir, le monde entendra ces deux mots : "Je suis Hachem", toutes les questions qui tourmentent les gens à propos du monde trouveront une réponse et les mystères qui les bloquaient seront effacés ; tous les sujets seront clarifiés et illuminés et toute l'humanité verra comme un seul homme comment Hachem a tout fait pour notre bénéfice."
[ 'Hafets 'Haïm - al HaTorah - Vayigach ]

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-> Nous disons dans le Shéma : "Hachem Elokénou, Hachem é'had" (Vaét'hanan 6,4).
Hachem Elokénou = Hachem est notre D. maintenant, mais pas le D. des autres nations.
Il est destiné à être "Hachem é'had" = le D. unique, comme il est dit : "car alors je changerai les nations en une langue pure, afin qu'elles puissent toutes invoquer le Nom d'Hachem" (Tséfania 3,9), et comme il est dit : "ce jour-là, Hachem sera un et Son Nom sera un" (Zé'haria 14,19)."
[rav Aryeh Gibber]

[ainsi le Shéma doit être un grand moment de renforcement.
On ferme les yeux pour s'imaginer l'obscurité de notre exil, de nos soucis, et là d'un côté on se réjouit d'avoir la chance d'être juif(ve) d'être unique dans la Vérité (Hachem Elokénou), et ensuite d'un autre côté, on prend conscience de la finalité prochaine de toute chose : la guéoula, avec le dévoilement au monde entier d'Hachem (Hachem é'had). Tous nos soucis n'en sont plus vraiment car l'arrivée du machia'h est imminente, notre situation dans ce monde n'est que temporaire face à l'éternité de bonheur absolu qui arrive. ]

Le miracle de la survie juive

+ Le miracle de la survie juive :

-> Pour démontrer qu'Hachem continue de diriger le monde de manière surnaturelle, même aujourd'hui, il faut se rappeler l'existence même et la survie du peuple juif après des milliers d'années d'exil parmi les nations.

-> Le miracle de la survie des juifs parmi les nations est un plus grand miracle que ceux qu'Hachem a accomplis pour le peuple juif en Egypte, dans le désert et en terre d'Israël.
[rav Yaakov Emden - intro de son siddour]

-> Déjà au 11e siècle, Rabbénou Bé'hayé ('Hovot haLévavot - chaar 'Hechbon haNéfech - chap.5) affirme que le miracle de la survie juive s'apparente aux miracles de l'ouverture de la Mer Rouge et du mont Sinaï.
Le 'Hafets 'Haïm (Nid'hé Israël 44) écrit longuement sur la réalité totalement miraculeuse de la survie du peuple juif.

-> "Sans la puissance de Hachem, comment une nation (c'est-à-dire Israël) pourrait-elle survivre parmi toutes les nations?"
[les Sages de la Grande Assemblée - guémara Yoma 69b]

-> Cela est au cœur du Séder de Pessa'h (véhi chéamda) :
"Car ce n'est pas qu'un seul [ennemi] qui s'est levé contre nous pour nous détruire mais, dans chaque génération, ils se lèvent contre nous pour nous détruire ; et Hachem nous sauve de leur main!"

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-> Selon le rav Aharon Kotler, le lien vibrant et durable entre le peuple juif et la Torah à travers des milliers d'années est un miracle encore plus grand que celui de la survie improbable de notre nation à travers ces mêmes millénaires.

-> Le rav Aharon Kotler (michnat Rav Aharon IV - p.227) dit:
"À une époque comme la nôtre (les années suivant la Shoa), de nombreuses questions sont soulevées et beaucoup de consternation se fait jour. Nombreux sont ceux qui voient leur émouna s'affaiblir et vaciller. Mais cela se produit chez ceux qui n'ont pas la Torah.
Au contraire, lorsque l'on voit clairement la réalisation de la garantie de la Torah, "qui n'est pas oubliée par notre descendance" (chélo chi'hékha mipi zar'o), cela renforce notre émouna dans la nature Divine de la Torah.
Après tout, il ne peut y avoir de plus grande preuve que les propres mots de la Torah :"Ce chant parlera devant eux comme un témoin, car il ne sera pas oublié de la bouche de leurs descendants" (Vayélé'h 31,21).
L'éternité même de ce chant témoigne de son origine. Il y a des milliers d'années, la Torah nous a assuré qu'à chaque génération et à chaque période d'obscurité et de destruction, il resterait intact, inséparable des juifs. Tout a été prédit dès le début! Les prédictions de troubles et de détresse, d'une part, et les assurances de survie et de salut, d'autre part, tout cela a trouvé son expression à notre époque."

"La émouna c'est : Hachem m'aime en toute circonstance, et Il ne me prodigue que du bien, encore plus de bien ..."
[rav Shalom Arouch]