Aux délices de la Torah

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Aimer son prochain comme soi-même = tous les juifs ne sont qu’une seule et même âme (2e partie)

+++ Aimer son prochain comme soi-même = tous les juifs ne sont qu'une seule et même âme (2e partie) :

+ Prier pour les autres :

-> Le 'Hatam Sofer cite la guémara (Béra'hot 12b), qui dit que quelqu'un qui pourrait prier pour les autres [juifs], mais ne le fait pas est considéré comme un fauteur.
Selon le 'Hatam Sofer, la guémara poursuit en disant qu'un talmid 'hacham doit se rendre malade en priant pour les autres. Il explique cette exigence de la manière suivante : Puisque le peuple juif tout entier est comme une seule âme et un seul corps, lorsqu'une personne souffre, l'autre doit également ressentir cette douleur ("se rendre malade").
Puisque les deux personnes souffrent maintenant, il est également capable de prier, car il n'est plus considéré qu'il prie pour quelqu'un d'autre, mais plutôt comme une personne priant avec sa bouche pour qu'il soit guéri de la douleur dans son doigt.
Ceci est vrai pour tout le monde, mais la guémara souligne qu'un talmid 'hakham devrait particulièrement le faire, parce que sa grandeur supplémentaire le rend semblable à la tête du corps, qui est plus importante et plus influente que les autres parties du corps et qui est donc plus apte à prier.

[ex : un conseil est de prendre quelques secondes pour imaginer et ressentir les douleurs du malade, la souffrance de sa famille, ... et alors on pourra prier avec davantage de cœur, et donc avoir une prière qui aura plus d'impact.
Juste quelques secondes où l'autre (pour lequel on prie) devient nous-même! (cela peut être valable également pour les bonnes nouvelles, l'essentiel étant de vivre ce qu'il vit autant que possible, même quelques secondes) ]

-> Cette idée nous conduit à la compréhension la plus simple du Arizal, qui écrit [dans sa courte prière que nous disons] avant de commencer chaque prière, il faut avoir à l'esprit d'accomplir la mitsva de "aimer son prochain comme soi-même". En effet, on ne peut vraiment prier pour un autre juif que lorsqu'on réalise que nous sommes tous une seule entité et que sa douleur est la mienne.
Nos prières sont très souvent à la forme plurielle car elles ont un impact et le pouvoir de sauver notre prochain juif de ses difficultés.
[de même, certains ont l'habitude de donner des pièces à la tsédaka avant de prier. On peut voir cela comme une façon de s'ouvrir concrètement à l'amour d'autrui, à la conscience que nous sommes liés. ]

-> Nombreux sont ceux qui s'inquiètent de ne pas voir leurs prières porter leurs fruits. Il leur semble qu'Hachem ne répond pas aux prières et souvent, par frustration, ils cessent de prier.
Pourtant, la tradition transmise par de nombreux grands tsadikim veut qu'Hachem réponde à chaque prière qu'un juif Lui adresse.

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles nous ne voyons pas nos prières exaucés, mais nous mentionnerons ici le principe expliqué par le Déguel Ma'hané Efraïm (Ki Tétsé).
Il écrit que parfois, Hachem prend une prière dite par quelqu'un dans une partie du monde et l'utilise pour aider un autre juif ailleurs. Un juif de Paris peut prier pour une aide financière et Hachem répondra à sa prière en permettant à un juif d'Australie d'avoir de l'aide pour avoir une bonne parnassa.

[il est intéressant de noter que tous les juifs sont liés peut importe l'espace (le lieu où ils se trouvent) et le temps, puisque par nos actions nous influençons les juifs décédés, ainsi que ceux à venir.]

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+ Etre jaloux? Pas de soi-même! :

-> Nos Sages (Sanhédrin 105b) nous disent que naturellement, un parent n'est pas jaloux de son enfant, ni un rabbi de son disciple. Ils estiment que leurs enfants ou leurs disciples sont des prolongements d'eux-mêmes et que la jalousie n'a donc pas sa place.
Il incombe à chacun de développer l'état d'esprit selon lequel il fait partie du grand corps du peuple juif, travaillant tous ensemble pour répandre l'honneur d'Hachem dans le monde.

-> Celui qui croit cela ne sera jamais jaloux de la position d'une autre personne dans la vie ou de ses succès dans la avodat Hachem. Au contraire, il sera ravi de voir d'autres personnes progresser dans la Torah et les mitsvot, car cela signifie que le peuple juif tout entier a accompli une plus grande partie de la volonté d'Hachem. Il lui importe peu de savoir si c'est lui qui a mérité de le faire ou quelqu'un d'autre, du moment que de la satisfaction a été apporté à Hachem.

[lorsque mon prochain juif va bien spirituellement, alors il impact la collectivité juive, et par ricochet il m'impact personnellement. Ainsi, en priant et me réjouissant pour la réussite d'autrui, en réalité c'est également pour moi que je le fais (en plus de le faire pour la grandeur d'Hachem, que le kidouch Hachem soit maximal).
De toute façon, Hachem peut donner l'infini à chaque juif, et Il aura encore l'infini à nous donner ... ainsi ce qu'autrui a ne me limite nullement, donc je ne dois pas m'inquiéter/être jaloux de cela (sinon j'ai une vision limitante de D.). ]

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+ Combattre dans l'armée d'Hachem :

-> Un jour, quelqu'un a demandé au 'Hafets 'Haïm : "Pourquoi devons-nous avoir autant de sortes de juifs différents? Il y a les 'hassidim, les séfarades, et tant d'autres. Certains mettent l'accent sur l'apprentissage, d'autres sur la prière, d'autres encore sur la danse et le chant. Qu'y aurait-il de mal à ce que tout le monde soit pareil, à ce que nous fassions tous la même prière et que nous fassions tout de la même façon?
Le 'Hafets 'Haïm a répondu : "Pourquoi ne posez-vous pas la même question au sujet du tsar de Russie? Pourquoi a-t-il autant de types de soldats? Il a des fantassins, de la cavalerie, des équipes d'artillerie, des pilotes et des sous-mariniers. Qu'y aurait-il de mal à ce qu'il n'ait qu'un seul type de soldat avec un seul type d'arme, sous la direction d'un seul général?
La réponse est que lorsque vous faites la guerre, vous devez utiliser toutes les tactiques possibles pour garantir la victoire. Un fantassin a l'avantage du combat au corps à corps. La cavalerie, quant à elle, peut effrayer l'ennemi et le faire fuir.
Les responsables des canons et des roquettes peuvent faire la guerre à distance.

Même les chanteurs et les musiciens participent à l'effort de guerre en maintenant le moral des soldats.
"Il en va de même pour la guerre contre le yétser ara. Tous les différents groupes de juifs, les 'hassidim et les non-'hassidim, se joignent aux soldats de l'armée d'Hachem pour combattre le yétser ara.
Certains luttent en apprenant la Torah, d'autres en faisant leur prière, d'autres en chantant et en louant, d'autres encore en soufflant dans le shofar. Tant que chacun garde à l'esprit qu'il le fait pour le Ciel"
['Hafets 'Haïm al HaTorah - Réé 14,1]

-> Le 'Hafets 'Haïm a dit un jour :
"Je ne sais qu'une chose. Lorsque quelqu'un décède et que son âme se rend dans l'autre monde, on ne lui demandera pas s'il appartenait à tel ou tel groupe. Tout ce qu'ils feront, c'est ouvrir un séfer Torah et lui demander : "As-tu respecté ce qui est écrit ici? As-tu accompli tout ce qui est dit dans l'ensemble de la Torah? S'il peut répondre par l'affirmative, il ira au Gan Eden, mais s'il répond par la négative, il finira dans les feux de Guéhinam".
["notre peuple n'est un peuple que par sa Torah" - rav Saadia Gaon]

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+ L'amour véritable :

-> Le Tanya (ch.32) pousse cette idée un peu plus loin. En vérité, la seule façon d'aimer vraiment quelqu'un d'autre est de l'aimer pour son âme.
L'amour véritable ne peut exister que dans quelque chose qui est une seule entité, où toutes les parties sont essentiellement une. Quelque chose composé de différentes parties qui ont été combinées aura toujours une séparation intrinsèque qui empêche le niveau ultime d'unité.
Au niveau de l'âme, nous sommes tous unis et entièrement connectés, et nous pouvons donc éprouver de véritables sentiments d'amour les uns pour les autres.
Dans le monde physique/matériel, cependant, nous sommes divisés en différents corps, avec des apparences, des idéaux et des possessions différents.
Par définition, notre physique nous différencie les uns des autres, et donc si j'aime quelqu'un pour tout ce qu'il a de physique, il est impossible qu'il s'agisse d'un véritable amour.

-> Le Baal HaTanya ajoute que c'est la raison pour laquelle Hillel a dit au non-juif que toute la Torah est basée sur "tu aimera ton prochain comme toi-même", même s'il semble qu'elle ne concerne que les mitsvot avec son prochain (ben adam la'havéro) mais pas avec D. (ben adam laMakom).
Pour vraiment aimer quelqu'un, il faut comprendre la grandeur de l'âme, et combien elle est plus significative et spéciale que le corps physique qui nous sépare. Dès que l'on contemple cela, on est automatiquement inspiré à suivre les désirs de l'âme d'accomplir les mitsvot et d'ignorer les tentations du yéter ara de s'adonner au plaisir physique.

-> L'Alter de Kelm (Chochmah U'Mussar 1) écrit :
"Il est impossible d'aimer son ami comme soi-même tant que l'on n'a pas éliminé toutes les traces de matérialité (gachmiout) le concernant et que l'on ne se retrouve pas dans une pureté dépourvue de barrières physiques.
Alors, les parties de l'âme peuvent se réunir pour ne faire qu'un, car dans la spiritualité (rou'hniyout), il n'y a pas de séparation ou de division, contrairement à la matérialité dans laquelle il n'y a pas de véritable unisson puisqu'elle est composée de différents matériaux."

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+ Donner, c'est aimer :

-> Le rav Eliyahou Dessler (Kountres ha'Hessed - ch.4)explique qu'il y a 2 types de personnes dans le monde, celles qui donnent et celles qui prennent. Naturellement, les gens sont des preneurs.
Le mot pour l'amour dans la Torah est ahava, dont la racine (hé et bét - הב) signifie "donner".
Contrairement à ce que les gens pensent, on aime quelqu'un à qui l'on donne, et non pas quelqu'un qui nous donne.
C'est la véritable raison pour laquelle les parents aiment leurs enfants plus que ces derniers ne les aiment. Les parents se donnent corps et âme pour tout donner à leurs enfants, et ces années de don constant génèrent un amour profond pour leurs enfants qui ne pourra jamais être égalé.
Le rav Dessler cite nos Sages : "Si tu veux développer l'amour pour ton ami, implique-toi dans des actions qui lui sont bénéfiques".
Pourquoi est-ce vrai

Le rav Dessler nous donne un aperçu de la psychologie humaine :
"Une personne aime les fruits de ses actions parce qu'elle y sent une partie d'elle-même. Qu'il s'agisse d'un enfant qu'il a mis au monde ou recueilli, d'un animal qu'il a élevé, d'un arbre qu'il a planté, ou même de quelque chose d'inanimé comme une maison qu'il a construite. Dans tous ces cas, il est lié par l'amour à l'œuvre de ses mains, car c'est en elle qu'il se retrouve.
En résumé, ce qu'une personne donne à une autre n'est jamais perdu, il s'agit plutôt d'une extension de son propre être. Il peut voir une partie de lui-même dans son prochain à qui il a donné. C'est à cet attachement entre l'homme et son semblable que l'on donne le nom d'amour".

Il est impossible d'aimer quelqu'un d'autre comme soi-même. Mais en donnant aux autres, on peut s'élargir et les intégrer comme une partie de soi.

-> Le rav Shimon Shkop (Intro à Chaaré Yosher) écrit :
"À première vue, l'amour de soi et l'amour des autres semblent être deux concepts différents. Mais nous devons aller plus loin et clarifier ce qu'est le véritable moi d'une personne, car c'est à cette aune que nous pouvons mesurer la grandeur de chacun.
Chez une personne humble et peu raffinée, son "moi" se limite à son moi physique et à son corps. Une personne plus élevée se rend compte qu'elle possède à la fois un corps et une âme.
Plus haut encore, une personne intègre dans son "moi" son foyer et sa famille. Une personne vivant selon la Torah inclut dans son "moi" l'ensemble du peuple juif, puisqu'en vérité chaque Juif est un membre du corps appelé le peuple juif.
Le véritable grand homme réalise que le monde entier fait partie de son "moi" et qu'il n'est qu'une petite partie de l'ensemble de la Création. Dans cet esprit, le sentiment d'amour de soi qu'il éprouve l'aidera à aimer chaque juif et le monde entier."

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+ L'amour véritable :

-> C'est la compréhension profonde du mot ahava. Hav (הב) signifie "donner". La lettre alef au début de ahavah signifie "je". L'amour véritable signifie que nous nous donnons entièrement à l'autre personne, que vous donnez et faites tout ce que vous pouvez pour son bien.

-> La même idée est mentionnée par le rav Shimshon Rafael Hirsch ('Horev - chap.9) à propos de l'amour d'Hachem :
"Aimer signifie ressentir son propre être uniquement à travers et dans l'être d'un autre. Aimer Hachem signifie donc sentir que sa propre existence et sa propre activité ne sont rendues possibles et n'acquièrent de valeur et de signification que par Hachem et en Hachem".

-> Lorsque quelqu'un se donne vraiment et de tout cœur à quelqu'un d'autre, cela crée le plus grand lien et la plus grande connexion possibles. En vous donnant, je m'agrandis et je vous incorpore en moi. Notre âme est absorbée et fusionnée avec la mienne. Le sentiment qui en résulte, celui d'une unité totale et d'un ensemble, celui de faire partie de l'autre et de vivre comme s'il s'agissait d'une seule et même personne, est cette émotion mystérieuse et indescriptible que l'on appelle l'amour.
L'amour est peut-être la plus profonde et la plus intense de toutes les émotions. Il est si puissant que "l'amour couvre toutes les offenses" (Michlé 10,12) et que "de nombreuses eaux ne peuvent éteindre l'amour, ni des rivières le laver" (Chir HaChirim 8,7).

-> Le monde occidental présente l'idéal du "coup de foudre".
Le "coup de foudre" est tout au plus un engouement. Il découle généralement de la convoitise, qui, dans en hébreu, est taava.
Le rav Hirsch (sur Béréchit 3,6) explique que la racine de la taava est d'essayer de prendre pour soi tout ce que l'on n'a pas. C'est l'antithèse exacte de la ahavah, où l'on se donne aux autres.

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+ "Mais je ne serai jamais le 'Hafets 'Haïm" :

-> Nous rencontrons de nombreuses personnes qui se sentent frustrées et désillusionnées par rapport à leur avodat Hachem. Elles éprouvent des regrets et se sentent coupables de choses qu'elles n'auraient pas dû faire, elles ont du mal à faire la prière et à accomplir les mitsvot, et elles se demandent quel bénéfice elles apportent au peuple juif et ce qu'Hachem pense vraiment d'elles.
Ce sentiment est amplifié lorsqu'elles lisent et entendent des récits sur la sainteté et la grandeur surhumaine de guédolim tels que le 'Hafets 'Haïm et le rav Moché Feinstein.

Un tel sentiment est une erreur tragique. Il s'agit d'un stratagème du yétser ara, qui veut nous faire sentir si inutiles que nous renonçons à essayer de nous améliorer. L'une des raisons de cette attitude peut maintenant être comprise à la lumière de ce que nous venons d'apprendre.

Il est vrai que nous ne serons peut-être jamais aussi grands que le 'Hafets 'Haïm ou le Gaon de Vilna. Cependant, nous faisons tous partie de ce grand corps qu'est le peuple juif.
Dans le corps humain, il y a certains membres dont la vie de la personne dépend, comme le cœur et les poumons. Sans eux, la personne meurt. La perte d'un pied ne met pas la vie en danger, mais une personne qui perd un pied est gravement handicapée. Cette personne peut encore fonctionner, nouer des relations et accomplir de nombreuses choses, mais elle éprouvera des difficultés à fonctionner.
Oui, le Gaon de Vilna était à des années-lumière de nous dans son avodat Hachem, mais chaque personne du 21e siècle fait tout autant partie du corps juif que le Gaon de Vilna, et doit faire sa part pour s'assurer que le corps est complet.

Comme l'a écrit le 'Hazon Ich (3, lettre 62) : "de la même manière que les membres d'une personne ont des fonctions différentes, les yeux voient, les oreilles entendent et les mains créent, de même le peuple juif est comme un corps avec de nombreuses parties individuelles, et il incombe donc à chaque personne de remplir son rôle".

De plus, le cœur est la source de vie du corps, mais il ne peut pas faire le travail des jambes ou des doigts. Je ne pourrai peut-être jamais faire ce que les géants des générations précédentes ont accompli, mais ils ne pouvaient pas non plus faire ce que je peux faire.
Hachem, dans Son infinie sagesse, nous a choisis pour vivre à l'époque actuelle et nous a donné les capacités que nous avons, avec une tâche à accomplir qu'aucune autre génération dans l'histoire n'a pu faire.
Notre travail n'est peut-être pas très prestigieux, mais la personne mûre se rend compte de l'énormité et de l'importance de sa contribution unique à l'histoire juive et se consacre avec joie à son corps et à son âme pour contribuer à la perfection de cette belle entité qu'est le peuple juif.
[dans tous les cas plutôt que de se plaindre, que de baisser les bras (si j'avais les capacités du Gaon de Vilna, si je comprendrais les raisons des mitsvot, ... alors je ferais ...), on doit accepter la réalité du contexte et des capacités dont Hachem nous a doté et faire notre mission dans ce monde du mieux que nous le pouvons. ]

En vérité, cette analogie des membres manquants n'est pas tout à fait exacte.
Dans le corps humain, un cœur absent provoque une mort instantanée, alors qu'un doigt manquant ne fait que nuire à la perfection de la personne.
Dans la spiritualité, cependant, ce n'est pas vrai. Comme l'écrit le Yaarot Dvavh, la Chékhina d'Hachem ne peut résider pleinement si le peuple juif est souillé. Si une personne ne fait pas sa part, cela limite la totalité de la présence divine dans le monde, ce qui entrave le but ultime du peuple juif et de la création du monde. Il s'agit d'une mort partielle en termes spirituels, dont les proportions ne nous sont pas vraiment compréhensibles (d'où la comparaison avec le corps humain).

D'un autre côté, nous devons contempler l'incroyable succès du travail et du renforcement de notre avodat Hachem, car en faisant cela, nous méritons d'aider le peuple juif tout entier à être béni par la présence d'Hachem parmi nous.
[d'après le rav A. Tabor]

Aimer son prochain comme soi-même = tous les juifs ne sont qu’une seule et même âme (1ere partie)

+++ Aimer son prochain comme soi-même = tous les juifs ne sont qu'une seule et même âme (1ere partie) :

-> Rachi (citant le midrach Tan'houma 15) enseigne que la façon d'accomplir le 'hessed est de se mettre à la place du pauvre et de sentir ce qu'il traverse afin de l'aider comme s'il s'agissait de son propre problème.
En réalité, il s'agit de l'explication la plus littérale du commandement monumental de la Torah : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (véaavta léréa'ha kamo'ha).
Comme l'écrit le Ram'hal (Messilat Yécharim - ch.11), la Torah "énonce ici une règle qui englobe tout. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Comme toi-même sans aucune différence, comme toi-même sans aucune distinction, sans aucune ruse ou machination à son égard, mais tu aimeras ton prochain exactement comme toi-même".

=> Comment est-il possible d'aimer une autre personne exactement comme je m'aime moi-même ?

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+ Qui suis-je ?

-> Avant d'expliquer comment aimer les autres comme nous-mêmes, nous devons comprendre ce qu'est un juif.
Nous disons tous les jours à Kédouch, lors de la répétition du Amida par le 'hazan : "Nous sanctifierons Ton Nom dans ce monde comme [les saints anges] le sanctifient dans les Cieux".

Le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - pt2, ch.10) note qu'il s'agit là d'une extraordinaire arrogance de notre part. Pouvons-nous vraiment nous comparer aux anges les plus saints du ciel, qui louent constamment Hachem?

Examinons ce qu'est réellement un juif.
Avant notre naissance, notre âme réside dans les mondes supérieurs avec les anges dont le travail consiste à servir et à louer Hachem en permanence.

Hachem désire également des âmes qui le serviront dans ce monde.
Il "choisit" certains âmes et les envoie dans ce monde en tant que Ses messagers pour accomplir Son service. Les anges et nous-mêmes sommes tous deux des serviteurs d'Hachem. Nous sommes tous deux chargés de sanctifier le nom d'Hachem.
Le lieu de service des anges est au Ciel et le nôtre est sur terre.

Un ambassadeur en Russie portera un manteau de fourrure russe épais et lourd ainsi qu'un chapeau pour se protéger du rude hiver russe, mais lorsqu'il retournera dans son pays d'origine, il l'enlèvera et s'habillera à nouveau comme la population locale.
De même, lorsque l'âme descend dans le monde physique, elle doit revêtir les "vêtements" de ce monde, un corps physique. Cependant, une fois son travail terminé, elle enlève le corps physique et retourne à sa place devant le Trône de Gloire d'Hachem.

Le juif fait partie des rares âme à avoir le mérite d'être un ambassadeur d'Hachem dans ce monde. Il est observé par Hachem et par toutes les milliards d'âme [des autres nations] et d'anges au Ciel pour voir comment il se comporte. S'il réussit, écrit le 'Hafets 'Haïm, "il reçoit beaucoup de faveurs d'Hachem et ses actes sont inscrits dans le livre spécial du souvenir d'Hachem.
Ses actes sont rendus publics devant tous les anges et il recevra un grand honneur et une grande gloire lorsqu'il atteindra le monde à Venir (olam haba) pour avoir mérité d'être un serviteur loyal du Roi des Rois."

C'est un honneur si prestigieux d'être choisi comme l'un des rares messagers à venir dans ce monde que n'importe quelle âme serait prête à renoncer à toute sa part dans le mhkonde à venir pour avoir cette opportunité!
[par exemple, la guémara (Kétoubot 103a) rapporte qu'après la mort de Rabbi Yéhouda haNassi (l'auteur/compilateur de la Michna), il retournait chez lui tous les vendredis soirs pour faire le Kiddouch pour sa famille. Il s'est arrêté que lorsque l'un des voisins le voyait et il ne voulait pas faire honte aux autres tsadikim du ciel qui n'avaient pas reçu la permission de faire de même.]

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-> Plus nous réalisons la grandeur et l'importance exceptionnelles que nous avons en tant qu'ambassadeur d'Hachem, trié sur le volet dans ce monde (moins de 0,2% de la population mondiale!) et que votre prochain juif l'est également, alors plus nous sentons à quel point tout juif mérite d'être aimé et respecté.

-> Le verset "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" se termine par les mots "Je suis Hachem" (ani Hachem). Pourquoi ces deux mots sont-ils ajoutés à cette mitsva particulière?

Le 'Hafets 'Haim (Chemirat haLachon - chaar Tévouna - ch.6) nous transmet l'idée suivante : Comment peut-on aimer tous les juifs? Ani Hashem!
Rappelez-vous qu'Hachem Lui-même aime cette personne (peu importe ce qu'elle a pu faire, uniquement parce qu'elle est Son enfant adoré [béni bé'hori]) et l'a choisie pour être Son messager/représentant sur terre et Son serviteur personnel. [on doit du respect aux importants serviteurs/ministres du roi, uniquement de par leur titre. A plus forte raison pour chaque juif qui est également le fils unique d'Hachem (double raison de l'honorer : représentant du Roi des rois dans ce monde, et en respectant le fils on respect le père (D.). ]
Cela signifie qu'il s'agit d'une personne extrêmement importante et spéciale, qui mérite le plus grand respect et le plus grand honneur, et c'est notre mérite de faire tout ce que nous pouvons pour aider une telle personne!

-> Le 'Hovot haLévavot (chaar Yy'houd haMaassé - ch.5) écrit :
"Comment puis-je détester quelqu'un qu'Hachem aime? Comment puis-je dédaigner quelqu'un qu'Hachem loue? Ce n'est pas ainsi que je peux m'acquitter de ma dette de gratitude envers Hachem.
Au contraire, je dois aimer ceux qu'Il aime, car c'est une façon d'aimer Hachem, et je dois honorer les personnes qu'Hachem honore, car c'est la façon dont je L'honore".

-> Le Ram'hal (Tomer Dévorah - ch.2) ajoute que lorsque le roi David étudia les merveilles des créations d'Hachem, il s'exclama : "Ma rabou maassé'ha!" (Téhilim 104,24).
Il explique que David n'a pas dit "Ma gadlou" (comme c'est grand), mais plutôt "Ma rabou", ce qui signifie : combien Tes créations sont importantes et significatives, Hachem.
Cela implique que dans chaque être humain et dans chaque partie de la création, on peut voir la sagesse et la bonté infinies qu'Hachem a investies dans Sa création.
Considérer une autre personne comme sans importance ou sans particularité est une insulte directe, non pas à la personne elle-même, mais plutôt au Maître Créateur qui l'a créée.
Faire l'éloge d'une personne, c'est aussi faire l'éloge d'Hachem.

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+ De quelle couleur sont les chaussettes du gadol hador?

-> Un jour, un spectateur a exprimé son étonnement face à l'immense affection et au respect que le Rav 'Haim Kanievsky témoignait à un soldat qui lui demandait une bénédiction. Le soldat venait d'un milieu complètement différent de celui de Rav 'Haim, ne partageait pas la même vision de la Torah et n'avait rien en commun.
Quelqu'un expliqua au spectateur ce qui suit : "Lorsque vous entrez dans la chambre d'un géant de la Torah comme le Rav 'Haim, vous êtes envahi par le sentiment d'être en présence d'une grande personne. Vous pouvez ressentir la crainte, le respect et l'admiration que tous ceux qui entrent ont pour lui.
Leurs yeux sont rivés sur chacun de ses mouvements, ils tendent l'oreille pour ne pas manquer un mot de ce qu'il dit, et ils éprouvent de l'admiration rien qu'en sa présence.
Que diriez-vous si, après avoir quitté la pièce, je vous demandais de quelle couleur étaient les chaussettes de Rav 'Haim Kanievsky? Vous penseriez que je suis fou! Au milieu de l'admiration et de la sainteté qui émanent de ce tsadik, vous ne remarquez pas ses chaussettes. Elles ne sont qu'une futilité pathétique, une non-entité dans la lumière aveuglante de sa personnalité rayonnante.

"Croyez-moi, il en va de même pour Rav 'Haim Kanievsky lorsqu'il voit un autre juif entrer dans la pièce. Il voit une âme juive (qui est une partie d'Hachem), un enfant bien-aimé d'Hachem, rayonnant de sainteté et de grandeur.
Dans la lumière aveuglante de la grandeur d'un juif, le choix de son couvre-chef et la couleur de sa chemise sont aussi insignifiants pour Rav 'Haïm que la couleur des chaussettes de Rav 'Haïm l'est pour vous!"

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+ Une seule âme :

-> Il y a un niveau beaucoup plus profond dans la compréhension de "kamocha" (comme toi-même).
Le Ram'hal (Tomer Dévorah - ch.1, trait 4) écrit :
"Une personne et son prochain, tous les juifs, sont une chair commune. Et c'est pourquoi chaque juif est responsable de l'autre, parce que chacun a littéralement une partie de chaque autre juif en lui.
Si un juif faute, il se fait du tort à lui-même et à la partie des autres qui est en lui ... C'est pourquoi il est normal qu'une personne désire le bien de son compagnon et soit heureuse que son prochain [juif] ait de bonnes choses, et son honneur doit être aussi précieux que son propre honneur, parce que cette personne est littéralement elle-même.
C'est pour cette raison qu'il nous a été ordonné : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

Le Ram'hal nous explique que : "toute personne [juive] est littéralement nous-même" = cette déclaration étonnante est le principe fondamental de tous les mitsvot envers autrui. Un autre juif n'est pas simplement une autre âme très spéciale et importante qui mérite d'être respectée.
Lui et nous sommes une seule et même âme. Il existe une grande entité appelée le peuple juif, et tout comme une personne possède de nombreux membres individuels qui, ensemble, constituent un corps, de même, le conglomérat des âmes de chaque juif individuel constitue le corps spirituel appelé le peuple juif.
En vérité, il est impossible d'aimer quelqu'un d'autre comme moi-même. Cependant, la Torah nous ordonne d'aimer les autres juifs comme moi, parce qu'ils ne sont pas quelqu'un d'autre!
Nous faisons tous deux partie de la même âme, et par conséquent, ses problèmes sont mes problèmes et son bonheur est mon bonheur. Il est moi.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon - chaar Tévouna - ch.6) cite une parabole du Yérouchalmi (guémara de Jérusalem) pour illustrer cette idée.
Le Yérouchalmi demande comment la Torah peut attendre de quelqu'un qu'il ne se venge pas d'une personne qui l'a blessé. Le Yérouchalmi répond que supposons que quelqu'un coupe un morceau de viande, que sa main glisse et qu'il se fasse une profonde blessure à l'autre main. Il ne lui vient pas à l'esprit de se venger de la main qui tient le couteau. Ses deux mains font partie de lui et on ne se venge pas contre soi-même!
De la même manière, tous les juifs sont une seule et même âme, de sorte que si quelqu'un vous blesse, vous venger ne reviendrait qu'à vous punir vous-même.

Le 'Hafets 'Haïm résume ce concept ainsi :
"Si quelqu'un ne vous a pas aidé, ou pire encore, s'il vous a blessé ou maudit, ne vous vengez pas contre lui. Car qui est-il et qui êtes-vous? Vous venez tous les deux de la même source ... car les âmes des juifs sont toutes une seule et même âme.
Mais chacun a aussi sa propre individualité. Tout comme chaque partie du corps humain est une seule et même personne, mais il existe des membres principaux, comme la tête et le cœur, et des membres secondaires, comme les mains et les jambes ...
Mais dans ce monde, étant donné que chaque âme est revêtue d'un corps physique différent, avec ses propres problèmes et circonstances, une personne s'imagine qu'elle est une personne privée qui n'a aucun lien avec un autre juif, mais en vérité, ce n'est pas le cas".

[le juifs ne sont qu'un, seule la matière laisse croire à une division. Tout notre travail de juif(ve) est de porter une vision juive sur le monde environnant, malgré le fait que l'on va souvent à contrecourant de la pensée populaire, de notre naturalité humaine, ...
Cela implique de constamment se renforcer dans ce domaine, de prendre du temps à l'imaginer dans son esprit, et surtout à le vivre sur chaque juif. Au début on peut le faire par des mots extérieurs, qui vont progressivement influencer notre intériorité à ressentir pleinement la vraie réalité des choses.
On doit également prier Hachem pour qu'Il nous aide à cela. ]

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-> Rabbi Akiva fait cette déclaration : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même ; c'est un grand principe de la Torah (vé'ahavta léré'akha kamo'ha ; zé klal gadol baTorah)".
Le disciple de Rabbi Akiva, Ben Azai, fait remarquer qu'il existe un autre verset qui constitue une règle encore plus importante dans la Torah : "Ce sont les descendants d'Adam [l'homme]" (zé toldot haadam -Beréchit 5,1).
Le Malbim (Kéochim 19,19) explique que Ben Azaï n'était pas en désaccord avec son maître. La grande règle de la Torah est d'aimer son prochain comme soi-même. Mais comment peut-on atteindre un tel niveau de réussite pour ressentir cela?

La réponse est "zé toldot haadam", c'est-à-dire réaliser que tous les individus font partie de l'âme unique qui unit tous le juifs.
C'est le même Ben Azaï qui a enseigné (Pirké Avot 4,3) : "Ne dépréciez personne" (al téhi vaz lékol adam), car chaque personne fait partie de la grande âme du peuple juif, et chaque partie du corps est importante, précieuse, et a une fonction spéciale à remplir.

[de même qu'aucun organe humain n'est inutile, de même chaque juif a son utilité unique. Chaque personne est jugé sur l'effort et l'exploitation de ses potentialités. ]

-> La guémara (Yébamot 61a) dit que seul le peuple juif est appelé : adam.
[ en hébreu, il existe 4 termes pour désigner un homme : ich, énoch, guéver et adam. De tous ces termes, adam est le seul qui n'ait pas de forme plurielle. C'est pourquoi seuls les juifs sont appelés adam, car dans leur essence, tous les juifs ne forment qu'une seule personne.
Les non-juifs sont des personnes importantes mais ne possèdent pas cet attribut unique d'être tous une seule âme.]

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-> Un exemple de ce sentiment se trouve dans une lettre que le géant de sa génération le 'Hazon Ich a écrite à un jeune étudiant de yéchiva qu'il ne connaissait pas personnellement :
"Il existe un concept de "génération", qui est un corps composé de parties. Chaque personne est un membre du corps, vivant une vie commune avec une âme commune...
Puisque je suis l'un des membres de ce corps, je suis peiné par tout mal qui arrive à d'autres membres du corps qui vivent avec nous. C'est dans cette perspective que je me tourne vers toi pour te dire, mon cher ami, que même si je ne t'ai jamais rencontré, mon âme est liée à la tienne.
J'ai entendu dire qu'auparavant tu apprenais avec beaucoup de joie et de compréhension, rempli de sainteté et sans interruption. Mon cœur souffre beaucoup d'apprendre que des personnes vides ont jeté de la terre sur votre chemin et peut-être même sur vos yeux. Je n'ai pas le droit d'exiger de vous que vous fassiez cesser ma douleur, mais je me sentirais coupable de ne pas vous l'exprimer.
En raison de l'amour profond que je vous porte, j'aurai beaucoup de plaisir à vous entendre. Je vous bénis avec beaucoup de paix et j'attends votre estimée réponse."

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+ Affecter l'ensemble du corps :

-> Selon le Ram'hal (Tomer Dévora), chaque membre du peuple juif est responsable de tous les autres membres. Les actions de chaque individu n'affectent pas que lui-même, mais ont des ramifications sur l'ensemble du peuple juif.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon - chaar Tévouna - ch. 6) cite un midrach qui fait l'analogie avec une personne assise dans un bateau et qui perce un trou sous son siège. Ses compagnons de voyage remarquent ce qu'il fait et lui crient d'arrêter, car il met en danger tout le monde dans le bateau. Il lève la tête d'un air perplexe et répond : "Quel est le problème? C'est mon siège et je ne fais que percer le trou en dessous et nulle part ailleurs". Il n'y a rien de tel que de faire ses propres affaires.
Nous ne faisons qu'un et, que nous le voulions ou non, nos actions affectent tout le monde.

[notre égo naturel d'humain nous pousse à proclamer : "Je fais ce que JE veux!", mais la réalité est que chacune de mes actions a un impact sur chaque juif individuellement et collectivement.
Cela est motivant car je ne suis jamais seul (ex: d'autres juifs me donnent des forces spirituelles!), et également responsabilisant (j'aimerai me la couler douce mais d'autres comptent sur moi [sur le flux de spiritualité que mes actes peuvent générer, pour eux avoir l'énergie, les moyens d'agir à leur tour (effet domino qui peut revenir sur moi!)] ).
Le Arizal prononçait les ta'hanounim avec beaucoup de kavana, même s'il n'avait réalisé quasiment aucune des fautes avouées, car tous les juifs étant liés, j'ai indirectement une responsabilité sur ce qu'autrui a pu faire.
Nos Sages rapportent également qu'en priant pour une amélioration spirituelle d'autrui, j'ai le pouvoir d'impacter son libre arbitre positivement, car nous sommes liés. ]

-> C'est pourquoi le Ram'hal (Messilat Yécharim - ch.13) écrit qu'une personne pieuse qui se rapproche d'Hachem mérite que tous les autres membres du peuple juif aient également plus d'amour pour Hachem. Comme nous formons tous un seul corps, si une partie du corps se rapproche d'Hachem, le reste du corps doit en faire autant.
Pour la même raison, si quelqu'un commet une faute, même en privé, cela a des répercussions sur l'ensemble de la nation.
[à chaque instant lorsque je m'élève j'élève le monde entier (dont peut être un autre juif à l'autre bout du monde), et à l'inverse lorsque je chute spirituellement (faute) je vais chuter le monde entier. ]

-> C'est pourquoi le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach), dans son commentaire sur la Amida, écrit qu'il est fondamental de prier pour que même une personne totalement racha qui est malade se rétablisse, "car si elle meurt sans se repentir, il manquera un membre à tout le corps du peuple juif, et la Chékhina d'Hachem ne peut résider que lorsque le corps est complet et sans tache".
[rapporté par le rav Wolbe (Alé Chour - vol.1)]

-> De même, le Ram'hal (Tomer Dévorah ch.2) enseigne :
"Une personne devrait s'entraîner à aimer chaque personne, même le racha, comme s'il était son frère et même plus que cela, jusqu'à ce qu'elle solidifie dans son cœur l'amour de tous les gens.
Dans son cœur, il doit aimer même les réchaïm et se dire : "Si seulement ces gens se repentaient, devenaient des tsadikim et étaient de grandes personnes qui trouveraient grâce aux yeux d'Hachem".

[ néanmoins, nous disons toujours dans Amida la bénédiction de Vélamalchinim, dans laquelle nous demandons à Hachem de détruire rapidement les calomniateurs et les pécheurs gratuits.
Parfois, une partie du corps est tellement infectée qu'il n'y a pas le temps de la traiter avec les médicaments habituels, et une amputation d'urgence doit être faite avant qu'elle ne mette en danger le corps tout entier. La méchanceté des calomniateurs et autres est tellement dangereuse et empoisonnée pour la nation entière que 3 fois par jour dans la bénédiction, nous demandons à Hachem de provoquer rapidement leur chute.
Mais, en général, nous pouvons toujours prier pour que les réchaïm se rétablissent et fassent complètement téchouva. ]

-> Certaines mitsvot ne peuvent être accomplies par tout le monde. Par exemple, seul un Cohen peut travailler dans le Temple, seuls les hommes sont tenus d'accomplir les mitvot qui sont limitées dans le temps, et ainsi de suite.
Cependant, le Sefer 'Harédim (ch.61) écrit que, puisque nous sommes tous considérés comme une seule âme, si une personne aide quelqu'un d'autre à accomplir une mitsva que lui seul peut faire, c'est comme si elle avait fait la mitsva elle-même. C'est ainsi qu'une personne peut accomplir les 613 mitsvot.

[cela s'applique également au niveau qualitatif. Par exemple, un des avantage des prières en minyan est qu'on va prendre les meilleurs moments des prières de chaque participant pour en offrir une belle à Hachem. En ce sens, chaque juif avec sa sensibilité, son unicité, a la possibilité de sublimité la prière collective, et donc d'amener de meilleures bénédictions.]

La Présence d’Hachem dans notre génération

+ La Présence d'Hachem dans notre génération :

-> La Torah nous dit que "Hachem était avec Yossef" (Vayéchev 39,23).
Le midrash (Béréchit rabba סי' 86) explique que cela implique que la présence d'Hachem en Egypte, avec Yossef, était plus forte qu'elle ne l'était avec ses frères dans la maison de leur père.

Le midrash explique que les frères de Yossef étaient plus âgés et plus développés spirituellement ; de plus, ils étaient en sécurité dans l'environnement inspirant de la maison de leur père (Yaakov Avinou).
Pour cette raison, ils n'avaient pas besoin d'un niveau plus élevé d’attention et de protection de la part d'Hachem.
Yossef, en revanche, était un adolescent tout seul en Egypte, et la Ché'hina est donc descendue en Egypte (à ce moment là référence mondiale de l’immoralité) pour le protéger de la chute. Sans cela, Yossef aurait été perdu!

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-> Il n'y a aucune injustice. Chaque génération doit faire face selon ses capacités du moment à un yétser ara personnalisé.
Le fait de constater la baisse du niveau de spiritualité et la facilité de fauter (surtout dans le domaine de la sainteté), doit nous remonter le moral car à l'image de Yossef en Egypte cela implique que Hachem est davantage présent à nos côtés pour nous soutenir, pour nous aider.

Au lieu de nous décourager, nous devons nous renforcer en sachant qu'Hachem est tout proche, qu'il nous aide à chaque étape du chemin. Comme Yossef, nous sommes de "jeunes" hommes qui peuvent se sentir seuls et vulnérables.
Mais nous aussi, nous ne luttons pas seuls! Nous avons la chance de bénéficier d'une Provdience Divine (hachga'ha) permanente qui peut nous aider à surmonter tous les défis qui peuvent se présenter.
Hachem nous aime et se soucie de notre réussite d'une manière qui dépasse vraiment notre entendement.

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-> Nos Sages (midrach Vayikra rabba 32,5) nous disent que c'est en évitant les arayot (relations interdites) que les Bné Israël ont mérité d'être libérés d'Egypte.
La guéoula finale ressemblera à celle d'Egypte, et en tant que génération pré-messianique, nous sommes particulièrement mis à l'épreuve dans ce domaine. En restant fort à l'image de Yossef, nous provoquerons la Délivrance, très rapidement b'h.

Peu importe que ce soit Moché Rabbénou qui prie ou bien nous-même, ce qui compte pour D. c’est le cœur qu’on y investit

+ Peu importe que ce soit Moché Rabbénou qui prie ou bien nous-même, ce qui compte pour D. c'est le cœur qu'on y investit :

-> Dans la paracha Vaét'hanan, Moché supplie Hachem de le laisser entrer en terre d'Israël.
Rachi note que le terme utilisé pour décrire la prière de Moshé : "vaét'hanan", est une forme de requête dans laquelle quelqu'un demande quelque chose indépendamment de ses mérites personnels.
Rachi explique que si les tsadikim ont le droit de réclamer une récompense pour leurs actions, ils choisissent néanmoins de se soumettre à Hachem avec humilité.
Moché est un exemple parfait de celui qui a appliqué cette approche dans la prière. Bien que Moshé ait pu avoir des mérites qui lui auraient permis d'entrer en terre d'Israël, il ne l'a pas demandé sur la base de ses propres mérites, mais a plutôt demandé à Hachem de le lui accorder par bonté (don gratuit - matnat 'hinam).

-> Le rabbi Mendel de Kotzk écrit qu'il est vrai que nous sommes redevables à Hachem et que nous ne pouvons pas légitimement prétendre à une récompense (que valent nos mérites par rapport aux constantes bontés que Hachem nous prodiguent).
Cependant, nous pouvons revendiquer le droit à des dons spirituels. Une personne qui a démontré qu'elle tire le meilleur parti de ses possibilités de croissance spirituelle peut prétendre à la priorité lorsque des dons spirituels sont accordés par le Ciel [pour être déversés sur le monde], car elle peut les utiliser mieux que d'autres.
Pour Moché, entrer en terre d'Israël lui aurait permis d'accomplir les mitsvot qui ne peuvent être accomplies que dans cette région. Sa demande était donc fondée. Cependant, il ne l'a demandé que comme un don gratuit et n'a pas invoqué ses mérites inégalés pour l'obtenir.

-> Moché nous enseigne que lorsqu'il s'agit d'une prière, il ne faut pas du tout se mentionner soi-même. Il faut plutôt implorer la miséricorde d'Hachem, en comprenant qu'Il ne nous doit rien.
La prière n'étant pas basée sur les mérites, la stature spirituelle n'affecte pas l'efficacité d'une prière par rapport à une autre.
Le midrach (Chémot rabba 21,4) dit explicitement qu'Hachem a écouté la prière de Moché Rabbénou comme celle de n'importe qui d'autre. Ce qui importe, c'est la sincérité avec laquelle une personne fait sa prière, et non son identité.

La guémara (Sanhedrin 44b) dit que toute personne qui s'efforce de prier, même si elle n'a pas de mérite, n'aura pas d'ennemis au Ciel.
Le rav Eliyahou Dessler explique que pour qu'une personne s'efforce de véritablement prier, elle doit vraiment sentir qu'elle implore quelque chose qu'elle ne mérite pas.
Avec cette prise de conscience, celui qui crie à la miséricorde d'Hachem élimine tous les anges poursuivants qui le menacent. Le fait de prier de cette manière le protège de toute allégation d'indignité que la Cour céleste pourrait faire, puisqu'il l'admet lui-même!

[plus notre prière exprime qu'on n'a pas de mérite personnel sur lequel se reposer, que notre aide ne peut venir que de dons/cadeaux gratuits d'Hachem, alors plus on permet aux bénédictions de nous parvenir (ex: puisqu'on aura ainsi rendu muets les anges Accusateurs au Ciel). ]

Témoigner du ‘hessed à autrui = une question de vie et de mort!

+++ Témoigner du 'hessed à autrui = une question de vie et de mort!

-> "Si quelqu'un donne une prouta [une petite pièce de monnaie] à un pauvre, il reçoit 6 bénédictions ; s'il le console, même s'il ne lui a pas donné d'argent, il reçoit 11 bénédictions".
[guémara Baba Batra 9b]

[ le Maharcha note que si on a de l'argent à donner, on est certainement tenu de le faire. La guémara veut seulement dire que si on n'a pas d'argent, on recevra tout de même 11 bénédictions si on parvient à le consoler. Si on donne de l'argent et qu'on le console, on recevra 17 bénédictions. ]

-> Le simple fait de donner de l'argent à un pauvre est un acte de tsédaka et mérite une bénédiction. Il peut s'agir de donner froidement un euro à quelqu'un qui en a demandé un.
En revanche, consoler une personne exige de sortir de sa zone de confort personnelle. Cela implique de se mettre à la place de l'autre personne pour ressentir sa douleur et sa honte d'avoir à demander de l'aide.
Nos Sages enseignent que "les mots qui sortent du cœur entrent dans le cœur". Une personne n'est consolée que si elle entend une préoccupation sincère dans les paroles de celui qui parle.
Si elle entend que la personne qui lui parle ressent vraiment sa douleur et voit que le langage corporel de la personne qui lui parle exprime une préoccupation et une attention réelles, alors elle sera réconfortée et consolée.
S'il repart réconforté, c'est le signe que le donateur a atteint le niveau élevé de 'hessed dans lequel "il met son cœur et son esprit à trouver ce qui est le mieux pour la personne pauvre" (Rachi - guémara Soucca 49b). Et pour cela, il mérite beaucoup plus de bénédictions que quelqu'un qui n'a donné que de la tsédaka.

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-> Imaginez que vous êtes dehors par une journée caniculaire, assoiffé, lorsque vous voyez soudain quelqu'un marcher dans la rue et distribuer des gobelets de lait glacé à tous les passants. Vous seriez impressionné par sa générosité et sa sollicitude à l'égard de ceux qui souffrent de la chaleur.
Pourtant, la guémara (Kétoubot 111b) affirme que sourire à quelqu'un est encore plus important que de lui donner une tasse de lait.

[ le rav Shimshon Pinkous explique que la guémara a utilisé l'exemple d'une tasse de lait, car non seulement elle étanche la soif comme l'eau, mais elle contient également des nutriments qui renforcent et nourrissent le buveur.
(ainsi le fait de sourire va encore davantage donner des forces et des aliments au moral d'autrui)]

-> La michna (Pirké Avot 1,15) enseigne que nous devons saluer quelqu'un "avec un visage bienveillant" (bé'séver panim yafot).
Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.5) souligne qu'il ne s'agit pas d'un niveau élevé réservé uniquement aux grands tsaddikim. L'auteur de cette michna est le sage Chamaï. Tout au long de Talmud (du Shass), Chamaï est connu pour suivre strictement la halakha (sans ajout personnel).
Si Shamaï nous dit que nous devons saluer tout le monde de manière bienveillante/amicale, cela signifie qu'il s'agit d'une exigence fondamentale absolue de la loi de la Torah, et non d'un supplément facultatif.

La guémara (Béra'hot 6b) va jusqu'à dire que si quelqu'un souhaite le shalom à un passant et que celui-ci ne répond pas, ce passant est qualifié de voleur (guézel shalom).
Le rav Dessler prouve ici que je "possède" le droit d'être salué par vous, et que si vous ne me saluez pas, vous me volez quelque chose que je mérite légitimement.

[le fait de saluer agréablement autrui est une chose tellement vitale, indispensable, à la vie d'autrui que la loi juive e base nous impose de le faire. ]

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+ Etre honorer (kavod) = le plus grand besoin de toute personne :

-> L'importance de la manière dont nous nous traitons les uns les autres est résumée par nos Sages (Avot déRabbi Nathan 13,4) dans les mots suivants :
"Celui qui offre à son ami tous les meilleurs cadeaux du monde, mais qui le fait avec une expression amère sur le visage, la Torah considère que c'est comme s'il ne lui avait rien donné.
Mais celui qui salue son ami avec une expression agréable, même s'il ne lui a rien donné, la Torah considère que c'est comme s'il lui avait donné tous les meilleurs cadeaux du monde!"

[ le Shach (Yoré Déa 249,3) cite le Smag selon lequel il transgresse également le commandement négatif de "Ton cœur ne doit pas se sentir mal lorsque tu lui donnes" (Réé 15,10).
La guémara ('Haguiga 5a) dit que Rav Yanaï a enseigné que si quelqu'un embarrasse publiquement un pauvre en lui donnant de l'argent, il vaut mieux ne pas lui donner du tout. ]

=> Pourquoi la Torah accorde-t-elle une telle importance au sourire et aux salutations amicales? Pourquoi le fait de donner avec une expression amère est-il considéré comme ne rien donner?

-> Le plus grand besoin émotionnel d'une personne est d'être validée, respectée et appréciée. C'est le besoin et le désir d'honneur (kavod), que les maîtres du moussar enseignent comme étant le plus grand et le plus puissant de tous les désirs humains.

Qu'est-ce que le kavod?
Tout ce qui existe dans ce monde a la valeur que nous lui donnons, qui est généralement mesurée par la somme d'argent que nous sommes prêts à payer pour l'acquérir.
Le prix élevé d'un diamant rare montre qu'il a de la valeur aux yeux des gens.

Le rav Shimshon Hirsch (Yitro 20,12) dit : "le kavod est l'expression de la valeur spirituelle et morale d'un être".
Par exemple, en nous comportant avec le plus grand respect dans une synagogue, nous montrons qu'il s'agit d'un lieu d'une extrême importance. En se levant devant un séfer Torah, on montre qu'on le respecte en tant qu'objet le plus important dans la vie d'un juif.

De même, le fait de montrer du respect et de l'honneur à une personne indique à quel point nous l'estimons. Plus je l'honore, plus je lui montre ce qu'il "vaut" en tant que personne.
La nourriture et l'argent peuvent être des nécessités pour vivre, mais l'honneur d'une personne touche à l'essence de ce qu'elle est.
Nos Sages (Béra'hot 6b) nous disent que chaque fois qu'une personne est forcée d'accepter la charité, c'est comme si elle était condamnée à être punie par le feu et l'eau.
Si ce sentiment s'accompagne de la pensée que "personne ne se soucie de moi, que je suis sans importance ou indésirable", il s'agit du sentiment le plus douloureux, le plus déprimant et le plus dangereux qu'une personne puisse éprouver.
Il peut atteindre un stade où il a l'impression (même inconsciente) qu'il n'a aucune raison de vivre et où il brûle de ressentiment et de haine envers lui-même et le monde.
Les conséquences sont trop souvent douloureuses et tragiques.

Servir de la nourriture à quelqu'un avec une mine mécontente ou une attitude colérique envoie le message suivant : "Je n'aime pas te donner et je suis contrarié de devoir le faire. Tu n'es qu'une nuisance".
Ce message peut causer une énorme douleur émotionnelle à la personne qui le reçoit. Elle est rabaissée, humiliée et se sent indésirable. Elle a l'impression qu'elle est ennuyeuse à côtoyer.
Tout avantage matériel qu'elle reçoit de la nourriture qu'elle mange est insignifiant comparé à la terrible douleur qu'elle ressent en même temps.
C'est pourquoi nos Sages nous disent que c'est comme si le donneur ne lui avait rien donné.

En revanche, sourire à quelqu'un, c'est lui dire que l'on est heureux de le voir.
Cela lui dit que vous pensez qu'il mérite de l'attention et de la reconnaissance et qu'il est désiré et aimé.
Vous lui montrez qu'il a quelque chose à offrir aux autres et que sa présence vous rend heureux.
Il n'y a presque rien qui puisse exprimer votre reconnaissance et votre validation d'une personne autant que de lui offrir un sourire sincère. Sourire à quelqu'un est infiniment plus puissant que de lui donner une tasse de lait nutritif, car le sourire nourrit son âme.

[ex: La guémara (Guittin 62a) stipule qu'il est interdit de se rendre dans la maison d'un adorateur d'idoles le jour de sa fête. Rachi explique que nous avons peur que le non-juif se sente tellement excité par le fait que le juif le considère comme important et digne de respect, qu'il courra louer et remercier son idole. (on voit à quel point un acte de valorisation donne de la force à autrui!)]

Par conséquent, si vous accueillez votre ami avec une expression agréable, même si vous ne lui apportez aucun avantage physique, nos Sages considèrent que c'est comme si vous lui offriez tous les meilleurs cadeaux du monde.

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-> Si toute trace de kavod était retirée à une personne, elle en mourrait.
[l'Alter de Slabodka - rapporté par le rav Wolbe - Alé Shour - vol.2)

[dans notre génération grâce à D. nous avons généralement des moyens pour subvenir à nos besoins nécessaires, mais par contre nous sommes tous très pauvres dans le kavod.
Ainsi, en souriant à autrui, en lui donnant de l'écoute, des mots positifs/d'appréciation, alors nous évitons qu'il soit trop affamé (donc mal dans son intériorité), nous évitons qu'il soit un mort vivant car sans une alimentation en kavod (le risque est qu'il perde sa vie à rechercher sa dose de kavod dans le regard des autres, en vendant ses valeurs pour cela).]

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+ L'exemple de la mitsva d'hospitalité :

-> Ce concept est illustré dans une halakha importante.
Le Rambam (Hilkhot Avel 14,1) énumère de nombreux types de 'hessed qu'une personne doit accomplir : visiter les malades, réconforter les personnes en deuil, accompagner les morts, subvenir aux besoins d'une mariée, raccompagner les invités, s'occuper de tous les détails de l'enterrement, rendre heureux les mariés et subvenir à leurs besoins.
De cette liste, quelle mitsva mérite la plus grande récompense?

Le Rambam écrit que le fait de raccompagner un invité après l'avoir accueilli reçoit la plus grande récompense de toutes, et que ce 'hessed unique a été institué par le pilier du 'hessed, Avraham Avinou.

Cela demande une explication. A priori, la partie essentielle de la mitsva est certainement de prendre soin de l'invité et de répondre à tous ses besoins (lorsque nous le recevons chez nous).
Mais le Rambam souligne que l'accompagnement de l'invité est plus important que l'accueil proprement dit.

-> "La récompense pour raccompagner une personne est sans limite"
[guémara Sotah 46b]
[nos Sages rapportent que même des non-juifs racha qui ont raccompagné les juifs (même 2-3-4 pas) ont reçu une grande récompense pour cela.]

-> Le Sma'h ('Hochen Michpat) enseigne que de nos jours nous devons accompagner notre invité jusqu'à la porte ou au moins sur une distance de 2 mètres.

-> Le Rambam (Hilkhot Avélout - chap.14,2) écrit : "La mitsva d'accompagner est supérieure à toute, c'est la loi qu'a érigée Avraham, l'hospitalité est plus grande que l'accueil de la Présence Divine, et il est plus important de raccompagner les invités que de les recevoir ...
Toute personne qui ne raccompagne un invité, c'est comme s'il avait fait couler son sang"

-> Rabbi Yits'hak Berkovits explique ces propos :
"La mitsva de recevoir des invités l'est essentiellement afin de leur garantir : nourriture et hébergement.
Cependant, accompagner un invité est considéré comme étant plus important que cela, car on lui témoigne de l'honneur, ce qui va développer sa confiance en lui, et qui l'aidera ainsi à faire face à la suite de sa vie."

-> Le Saba de Kelm donne l'explication remarquable suivante :
"Nos Sages nous ont révélé ce qui se trouve dans le subconscient profond de l'invité.
Il est assis dans la maison de son hôte, appréciant la délicieuse nourriture, mais de temps en temps, l'idée lui vient que l'hôte veut peut-être qu'il parte déjà.
Même après que l'hôte l'a nourri, lui a donné à boire, lui a fourni un endroit pour dormir et l'a traité comme un roi, l'invité est toujours tourmenté par le soupçon que l'hôte serait peut-être plus heureux s'il n'était plus là. Il en aura la preuve dès que je partirai ... il fermera immédiatement la porte derrière moi et poussera certainement un soupir de soulagement en se libérant enfin de moi (ex: enfin, bon débarras!).
Si l'invité quitte la maison avec le sentiment que son hôte est heureux qu'il parte enfin, l'hôte est considéré comme un meurtrier. L'invité se lamente dans son cœur d'avoir été un invité indésirable dont l'hôte ne demandait qu'à se débarrasser. Si l'invité se sent ainsi, c'est comme si son sang avait coulé!
En revanche, si l'hôte accompagne l'invité, ne serait-ce que 4 amot (2 mètres), l'invité aura le sentiment que l'hôte a apprécié sa compagnie et qu'il était heureux de l'accueillir.

De cette façon, il repart avec une joie qu'il était un invité désiré, et que l'hôte était heureux qu'il soit là. Le Saba de Kelm conclut : "Insuffler ce sentiment à un invité et lui faire sentir qu'il est heureux et désiré est le principe fondamental de la mitsva d'accueillir des invités".

Nous parlons d'un hôte qui a donné à son invité tout ce dont il avait besoin et qui l'a fait de manière agréable sans exprimer le moindre signe de contrariété ou d'insatisfaction. Pourtant, s'il n'a pas raccompagné l'invité, il n'a pas pu éliminer le sentiment fugace (jamais exprimé et peut-être même pas remarqué, totalement inconscient) de l'invité de se sentir indésirable. Provoquer un tel chagrin d'amour à quelqu'un équivaut à le tuer!
L'hôte n'accomplit pleinement la mitsva d'hospitalité que si l'invité repart en se sentant apprécié.

Accompagner l'invité prouve que toute la nourriture, la boisson, le logement et la compagnie fournis à l'invité l'ont été dans le même état d'esprit et dans le même but, transformant tout ce qui a été fait en un 'hessed parfait, comme l'exige la Torah.

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-> Selon la guémara (Sotah 46b), en raccompagnant son invité, on s'assure qu'il ne subisse pas de mal.

Le Maharcha (Sotah 45b) explique qu'en raccompagnant son invité, on permet aux "anges gardiens" de pouvoir accompagner notre invité après notre départ, le protégeant alors de tout danger jusqu'à sa destination.

Le Méam Loez (Vayéra 18,16) enseigne qu'il est extrêmement bénéfique de raccompagner son visiteur, car ainsi la Présence Divine l'accompagne et le protège sur la route du retour.

[on peut éventuellement dire qu'en faisant l'effort de raccompagner un invité, lui témoignant amour et considération, par cela on montre à Hachem qu'on aime sincèrement notre frère juif, et ainsi Hachem est tellement heureux qu'Il se joint à nous, et par conséquence l'invité est protégé sur son chemin.
On voit là l'importance de faire du 'hessed pour faire plaisir à papa Hachem, et pour amener sur nous Sa Présence et les plus belles bénédictions.]

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-> Nos Sages (Béra'hot 6b) nous disent que chaque fois qu'une personne est forcée d'accepter la charité, c'est comme si elle était condamnée à être punie par l'eau et le feu.
Elle brûle de la honte d'être un preneur et d'être considérée comme infructueuse. Cependant, si l'hôte fait sentir à son invité qu'il était heureux de l'avoir et de le servir, et qu'il a apprécié sa compagnie, il transforme son invité en donneur plutôt qu'en preneur.
Non seulement il élimine toute honte d'être un preneur, mais il transforme l'invité en donneur, en tant que personne qui a procuré du plaisir et du bonheur à son hôte.
Il y a un renversement complet des rôles. [en le raccompagnant, on lui fait comprendre qu'on a été honoré de profiter de sa présence, qu'il est quelqu'un de si bien et agréable, qu'on en a tiré beaucoup de joie. Certes cela nous a demandé des efforts de le recevoir, mais en comparaison de ce que sa présence nous a apporté ... ]

Faire ressentir à celui que l'on reçoit qu'il est vraiment celui qui donne le plus, est la vraie grandeur et la perfection ultime du 'hessed.

-> La guémara (Soucca 49b) nous enseigne que "Rabbi Elazar a dit : 'La tsédaka n'est récompensée qu'en fonction du 'hessed qu'elle implique'".
Rachi explique que le don d'argent proprement dit est appelé : tsédaka.
Il ajoute que la notion de : " 'héssed" signifie : "chénoten libo védaato létovato chél ani" = il met son cœur et son esprit à trouver ce qui est le mieux pour le pauvre.
Dans notre scénario, la tédaka est l'accueil de l'invité, la nourriture et le confort fournis. Et le 'hessed de la mitsva est de s'assurer que l'invité reçoive le meilleur, c'est-à-dire le sentiment qu'il n'est pas un preneur mais un donneur.

=> Ce concept ne s'applique pas uniquement à l'accueil d'invités. Nous devons apprendre à l'appliquer à toutes nos interactions avec d'autres personnes, quelles qu'elles soient.
Si la personne avec laquelle nous avons interagi a le sentiment d'avoir été une gêne et un fardeau pour nous, ou que nous la considérons comme un raté/boulet de la société, alors nous avons échoué dans notre ben adam la'havéro (relation avec autrui).
Si elle repart avec le sentiment chaleureux que nous avons apprécié de passer du temps avec elle et que nous la respectons en tant que personne, alors nous avons réussi dans le domaine de la Torah et nous marchons dans les voies d'Hachem.

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[Hachem également nous donne tellement de chose à chaque instant, et pour nous épargner le "pain de la honte", Il va nous demander un petit service (qu'Il n'a pas besoin car étant parfait), et cela va effacer tout sentiment de honte (certes Hachem me donne beaucoup, mais j'ai la sensation d'agir également pour Lui, donc je n'ai pas une dette de redevabilité). ]
[naturellement une personne n'aime pas être en situation de redevabilité envers une autre, et c'est donc un grand 'hessed de permettre à autrui de perdre ce sentiment d'infériorité, d'être lié à nous retourner une faveur. ]

Une Torah de ‘hessed

+++ Une Torah de 'hessed :

-> La Torah commence par de la guémilout 'hassadim et se termine par des guémilout 'hassadim.
Son début est un accomplissement de bonté, comme il est écrit : "Et Hachem fit pour Adam et sa femme des vêtements de peau et les habilla". Et sa fin est un accomplissement de bonté, comme il est écrit : Hachem l'enterra à Gaï".
[guémara Sotah 14a]

-> Selon le 'Hafets 'Haïm (préface à son Ahavat 'Hessed), cela nous apprend l'importance considérable que la Torah accorde au 'hessed. Si la Torah commence et se termine par le sujet du 'hessed, cela signifie que le thème central de toute la Torah doit être le 'hessed.

Le 'Hafets 'Haïm commence alors à énumérer tous les endroits où l'on trouve des exemples de 'hessed dans le 'houmach. Après plusieurs pages, il cite un exemple tiré de la paracha Michpatim, puis il écrit :
"Je ne vais plus énumérer en détail tous les endroits où la Torah a parlé de 'hessed. La personne avisée réfléchira à ce que j'ai écrit et se rendra compte que le caractère de 'hessed est si saint que toute la Torah en est remplie et qu'une personne doit s'efforcer de le pratiquer toute sa vie".

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+ Ce n'est pas un mensonge :

-> Si votre ami a acheté un nouveau vêtement et vous demande si vous le trouvez beau, la halakha dit que vous devez en faire l'éloge, même si vous ne l'aimez pas du tout.
Cela nécessite une explication, car cela semble contredire le commandement de la Torah "il faut rester loin du mensonge" (Michpatim 23,7).
La guémara (Kétoubot 17a) répond que nous apprenons ici que : "il faut toujours s'efforcer de s'entendre avec les gens".
=> Cependant c'est difficile à comprendre : le fait de vouloir être amical et de n'offenser personne nous autorise-t-il à mentir?

Nos Sages nous enseignent quelque chose de très profond sur la psychologie humaine.
Rachi explique que la guémara nous enseigne qu'il est permis de "faire pour chacun ce qu'il veut".

Le rav Kalonymus Kalman Shapira of Piaseczna ('Hovat haTalmidim - p.64) explique plus en détail :
Si une personne vous demande ce qu'elle pense de son nouveau costume, elle n'est pas intéressée par votre opinion sur le fait qu'il soit beau ou non. Une personne ne supporte pas de perdre son amour-propre en s'entendant dire qu'elle a acheté quelque chose de mauvaise qualité ou de mauvais goût.
S'il pensait que vous pourriez dire que ce n'est pas bon ou qu'il ne vaut pas ce qu'il a payé, il ne vous l'aurait jamais demandé!
En vous demandant votre avis, il vous dit en réalité : "S'il vous plaît, faites-moi un compliment!
Le fait que vous disiez à quel point vous l'aimez n'est rien d'autre que le fait d'accéder à sa demande.

C'est ce que Rachi entend par "tu peux faire pour lui ce qu'il veut".
Ce n'est pas un mensonge, puisqu'il ne vous a jamais demandé de donner votre véritable avis.
C'est ainsi que la Torah attend d'une personne qu'elle se comporte avec les autres. Elle exige de voir les autres à travers la lentille d'un baal 'hessed, de voir, de sentir et d'entendre ce qu'ils veulent vraiment et de faire ensuite tout ce qui est en votre pouvoir pour le leur fournir.

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=> Que se passerait-il si quelqu'un ignorait le conseil de nos Sages et exprimait sa véritable opinion sur le vêtement?

Le Roch (Or'hot 'Haïm lehaRoch 91), écrit que cela causera à la personne un 'halichat hadaat, littéralement une "faiblesse de l'esprit". Elle se sentira inadéquate et embarrassée par sa propre stupidité d'avoir acheté un tel objet.
Le Roch qualifie un tel commentaire [de notre part sous couvert de dire la vérité] d'"acte d'imbécile".
Aux yeux de la Torah, seul un imbécile peut faire sentir à quelqu'un d'autre qu'il ne vaut rien et qu'il n'a pas réussi. L'homme sage est celui qui aide les gens à se sentir bien dans leur peau, dans toutes les situations.

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+ Le 'hessed dans un couple :

-> Le verset (Michpatim 21,3) écrit qu'à la fin de ses 7 années d'esclavage, l'esclave hébreu (l'éved ivri) est libéré et sa femme l'est également. ["s'il était marié, sa femme sortira avec lui" ]
Cela laisse perplexe, car sa femme n'a jamais été esclave.

Le rav Yonathan Eibshitz (Tiféret Yonathan) donne l'explication suivante :
"La Torah nous enseigne qu'un mari et sa femme sont comme une seule et même personne, et que s'il souffre, elle ressentira également cette douleur. Même si elle n'a pas été vendue et n'a pas servi d'esclave, néanmoins, puisqu'ils sont comme une seule personne, et qu'il souffre d'être esclave, c'est comme si elle était également esclave avec lui.
C'est pourquoi la Torah écrit que sa femme est libérée avec lui, parce qu'elle était aussi esclave"

-> L'expression ultime du 'hessed, qui est le fait de ressentir les sentiments d'une autre personne comme s'il s'agissait des siens, est pleinement possible dans le cadre du mariage. La Torah considère comme acquis qu'une femme est si profondément en contact avec les émotions et les expériences de son mari qu'elle les reflétera exactement et les vivra elle-même.
C'est le modèle que la Torah attend pour toutes les relations ben adam la'havéro (une personne avec son prochain).

-> Un jour, alors que sa femme avait mal à la jambe, le rav Arié Lévine répondit au médecin demandant la raison de leur visite : "Nous avons mal à la jambe".

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+ Le lachon ara

-> La Torah interdit de dire du lachon ara.
Le 'Hafets 'Haïm consacre plusieurs livres à la gravité et à l'énormité de cette faute, que nos Sages assimilent aux 3 péchés capitaux réunis que sont l'idolâtrie, le meurtre et les relations illicites.

Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhma ouMoussar - vol.2) en donne l'explication suivante :
"Le fait que les gens parlent de lachon ara et d'autres paroles blessantes similaires est uniquement dû à l'énorme fossé qui existe entre elles et l'autre personne (sur laquelle elle parle). Ce fossé est si grand qu'elles ne ressentent pas [leur prochain] et ne le connaissent même pas. [n'essayant nullement d'être à sa place pour comprendre/expliquer son comportement, ... ]
En vérité, comment est-il possible pour quelqu'un de dire quelque chose de mal à propos d'une autre personne s'il dépensait ne serait-ce qu'une petite quantité de pensée pour cette personne. S'il entendait son cri, lorsqu'il supplie : "Ayez pitié de moi et ne me mettez pas dans l'embarras" ... "

=> Parler du lachon ara doit être considéré comme l'un des actes les plus cruels, les plus barbares et les plus honteux que l'on puisse imaginer. En effet, la Torah pousse une personne à être un baal 'hessed, à se concentrer sur les besoins et les sentiments de son prochain juif, grimaçant à l'idée de la douleur et de la honte ressenties par l'autre personne.
Il est impossible de ressentir cela et de lui causer froidement une blessure aussi insupportable.
[le lachon ara est tellement contraire au but de la Torah ('hessed = se mettre à la place d'autrui), qu'il est aussi grave que le cumul des 3 fautes très graves, qu'il y a autant d'avertissements de nos Sages sur la gravité d'en dire. ]

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-> Nos Sages nous enseignent qu'il est préférable d'être jeté dans une fournaise ardente plutôt que d'embarrasser une autre personne en public. [guémara Baba Métsia 59a]

-> La gravité d'embarrasser quelqu'un est évidente dans la halakha du motsi chem ra.
La Torah (Dévarim 22) parle d'un homme qui a faussement accusé sa fiancée d'adultère. Il est puni en devant payer une lourde amende "car il a répandu une mauvaise réputation sur une jeune fille juive".
Cela laisse perplexe : s'il avait réussi à l'accuser, elle aurait été mise à mort. Ne devrait-il pas être puni pour le crime bien plus grave d'avoir tenté de faire tuer une femme innocente?

Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,111) répond que la Torah nous enseigne que c'est une plus grande faute d'embarrasser une personne que de la faire tuer, "car la douleur de l'humiliation est pire que la mort".

La michna (Pirké Avot 3,11) ajoute que celui qui embarrasse une personne en public "n'a pas de part dans le monde à Venir".
[le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon 2,17) se basant sur le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,14), précise que cela n'est vrai uniquement pour celui qui agit ainsi de manière habituelle, et non si cela n'a lieu qu'une fois (très occasionnellement).]
Nos maîtres du moussar expliquent qu'il ne s'agit pas d'une punition, mais qu'une telle personne n'a aucun lien avec le monde à Venir (olam haba). Son essence est l'exact opposé des personnes qui méritent le monde à venir.
Quelqu'un qui se soucie si peu des sentiments d'une autre personne qu'il peut l'humilier publiquement est si éloigné de ce que désire Hachem qu'il n'aura rien avoir à faire avec Hachem dans le Monde à venir.

-> La guémara (Sotah 42a) nous dit que les personnes qui disent du lachon hara font partie de celles qui sont incapables de rencontrer la Ché'hina.

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-> Un autre exemple de la mitsva visant à éviter l'embarras d'autrui, est celui des soldats renvoyés du service militaire.
La Torah décrit de nombreuses catégories d'hommes qui ne sont pas autorisés à participer à une guerre et qui sont renvoyés chez eux depuis le front. Il s'agit notamment de ceux qui ont construit une nouvelle maison mais ne l'ont pas inaugurée, de ceux qui ont planté une vigne mais n'en a pas encore acquis la jouissance, de quelqu'un qui a promis mariage à une femme et ne l'a pas encore épousée, et également de ceux qui ont peur et dont le cœur est lâche (Choftim 20,5-8).

Dans la michna (Sotah 44a), Rabbi Yossé haGalili explique que le dernier type est celui d'une personne qui a peur d'aller au combat à cause des fautes qu'elle a commises.
Rachi explique que les trois premiers sont exemptés de la bataille parce que s'ils devaient aller à la guerre, chacun souffrirait d'une grande détresse à l'idée que quelqu'un d'autre inaugurerait peut-être leur maison, rachèterait leur vigne ou épouserait leur fiancée. Pour leur épargner ces stress, la Torah leur permet de rentrer chez eux.
Ce faisant, la Torah nous enseigne jusqu'où nous devons aller pour éviter de causer du stress à quelqu'un d'autre.

Rabbi Yossé ajoute une raison plus profonde à leur exemption du service militaire.
Le 4e type de personne a peur d'aller à la guerre parce qu'il a commis des fautes. En effet, en période de danger, une personne est susceptible d'être examinée par le tribunal céleste pour voir si elle mérite d'être sauvée et les fautes d'une personne peuvent l'empêcher de recevoir la miséricorde du Ciel.
Cependant, s'il était la seule personne exemptée d'aller à la guerre, alors il souffrirait d'un énorme embarras car les gens penseraient qu'il est forcément un fauteur.
C'est pourquoi, afin d'épargner une telle honte à un fauteur, la Torah ordonne que tous les autres groupes rentrent également chez eux. Le fauteur peut rentrer chez lui en toute sécurité, sachant que personne ne connaît la véritable raison de son départ.

=> La Torah considère qu'il vaut la peine de priver l'armée de nombreux bons combattants si, ce faisant, nous préservons le respect d'une seule personne, même d'un seul fauteur.

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-> Lorsqu'elle apportait un korban (sacrifice), une personne avait toujours le choix d'apporter soit un animal, soit un oiseau.
Les animaux étaient tués par ché'hita (trancher le cou avec un couteau), tandis que les oiseaux étaient tués par mélikah (le Cohen brise le cou avec son ongle).

Le Séfer ha'Hinoukh (124) suggère la raison suivante pour expliquer cette différence :
en général, seule une personne pauvre apportait un oiseau, car elle n'avait pas les moyens d'acheter un animal. La Torah nous enseigne que lorsqu'on a affaire à une telle personne, il faut être particulièrement attentif à l'aider le plus rapidement possible.
Le Séfer ha'Hinoukh explique que c'est pour ne pas faire perdre de temps au pauvre. C'est aussi pour qu'il n'ait pas l'impression que son korban est considéré comme moins important que celui, plus cher, de la personne riche.

Pour faire la ché'hita, il faut acquérir un couteau et s'assurer que la lame est aiguisée comme un rasoir, sans le moindre défaut. Pour éviter tout retard, la Torah ordonne au Cohen de tuer l'oiseau avec son ongle, afin que le korban soit apporté le plus rapidement possible. De cette manière, le temps et le respect du pauvre sont préservés.

Les dangers possibles de la lecture de biographies de nos tsadikim

+ Les dangers possibles de la lecture de biographies de nos tsadikim :

-> Le rav Its'hak Hutner écrit :
"C'est une terrible maladie que nous avons : lorsque nous parlons de la grandeur de nos guédolim, nous ne parlons que des niveaux élevés qu'ils ont atteints à la fin de leur vie. Nous décrivons leur perfection phénoménale, mais nous ne mentionnons absolument pas les énormes luttes intérieures qu'ils ont traversées. Cela donne l'impression que ces personnes sont nées pleinement développées et déjà parfaites.

Tout le monde parle de la pureté de parole du 'Hafets 'Haïm, mais qui connaît ne serait-ce qu'un infime pourcentage des combats, des luttes, des échecs et des chutes qu'il a connus dans sa guerre contre le yétser ara?
Il en résulte que lorsqu'un jeune homme plein d'aspirations et d'énergie est confronté à des défis et à des échecs, il a l'impression de ne pas réussir dans le beit midrach, car il s'imagine que réussir signifie être assis calmement et satisfait, sans que le yétser ara ne le défie, comme un tsadik dans le Gan Eden jouissant de la félicité de l'autre monde ...

Mais mon cher ami, tu dois savoir que le but de ton âme n'est pas la tranquillité du yetser tov, mais plutôt les difficultés auxquelles tu devras faire face. Tu vas certainement tomber et échouer et tu continueras à le faire dans le futur, mais je te garantis qu'à la fin de tout, tu sortiras vainqueur de la guerre ...
Je vous demande, s'il vous plaît, de ne pas vous comparer aux grands guédolim qui contrôlent leur yétser. Imaginez plutôt leur grandeur dans l'élan de leur terrible guerre contre tous leurs désirs et toutes leurs pulsions.
Lorsque vous ressentez en vous les affres d'une lutte contre le yétser ara, vous devez réaliser qu'à ce moment-là, vous ressemblez beaucoup plus aux guédolim que lorsque tout se passe bien, comme vous le souhaiteriez."

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=> Les biographies des guédolim/tsadikim sont destinées à nous inspirer sur la grandeur que la Torah peut insuffler à une personne et sur la manière dont la Torah doit être exprimée dans la vie quotidienne.
Mais elles ne sont pas destinées à nous écraser et à nous déprimer en nous faisant croire que nous ne serons jamais comme les guédolim et en nous amenant à nous considérer comme des ratés.
Chaque personne doit faire de son mieux en fonction des capacités qu'Hachem lui a données, et rien de plus.
[si un grand tsadik a fait 100% de ce que Hachem attendait de lui, et nous faisons 100% de ce que Hachem attend de nous à notre tout petit niveau (selon nos capacités), et bien c'est identique!
Il faut connaître et accepter les potentialités que nous avons, et les exploiter de notre mieux, car telle est la volonté de D. pour le mieux. ]

Qu’est-ce que le ‘hessed?

+++ Qu'est-ce que le 'hessed? ;

-> Dès sa naissance, l'homme est par nature égoïste. Il prend soin de lui et fait tout ce qu'il peut pour s'assurer qu'il est à l'aise et en sécurité et que tous ses besoins sont satisfaits.
[en ce sens, un enfant va dire : c'est MOI qui fait, Moi je veux, ... ]
Il voit le monde et tous ses événements à travers le prisme de sa place dans le monde et de la manière dont ils l'affecteront. Toutes ses actions et tous ses processus de pensée sont fondés sur l'effort subconscient qu'il déploie pour s'avantager et améliorer sa propre situation.
Comme l'a dit le prophète : "ani vé'afsi od" = "il y a moi, et en dehors de moi, il n'y a rien" (Yéchayahou 47,8).

-> Le rav 'Haïm de Volozhin était le plus proche disciple du Gaon de Vilna, et dans l'introduction de son Néfech ha'Haïm, son fils écrit que son père avait l'habitude de les exhorter constamment : "C'est là tout l'objectif de l'homme. Il n'a pas été créé pour son propre bénéfice. Il a été créé dans le seul but d'aider les autres au maximum de ses capacités".

=> On est face à un paradoxe : l'homme a une tendance naturelle à ne penser qu'à son intérêt, son égo, et d'un autre côté la vision juive de la vie réside dans le fait de donner, d'être utile à autrui.

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+ Qu'est-ce que la notion de 'hessed?

-> La guémara (Soucca 49b) nous enseigne que "Rabbi Elazar a dit : 'La tsédaka n'est récompensée qu'en fonction du 'hessed qu'elle implique'".
Rachi explique que le don d'argent proprement dit est appelé : tsédaka.
Il ajoute que la notion de : " 'héssed" signifie : "chénoten libo védaato létovato chél ani" = il met son cœur et son esprit à trouver ce qui est le mieux pour le pauvre.
C'est-à-dire qu'il consacre du temps et des efforts à examiner la situation du pauvre (matériel, émotionnel) et à juger ce qui sera le mieux pour lui, et ce n'est qu'ensuite qu'il lui donne la tsédaka.

=> Rachi nous donne un éclairage sur ce qu'est le 'hessed = c'est exactement le contraire de "ani vé'afsi od" (il y a moi, et en dehors de moi, il n'y a rien). Au lieu de voir la situation à travers mes yeux, je m'efforce de la voir spécifiquement du point de vue de l'autre personne.
Je mets de côté mes désirs et je me concentre uniquement sur l'autre personne. Il s'agit d'un don pur pour le bien de l'autre, et non pour moi-même.

-> "Porter le fardeau de son ami" (nossé bé'ol im 'havéro - Pirké Avot 6,6).
En apparence, cela signifie que si votre ami a un problème, vous essayez de l'aider à le résoudre. Toutefois, cela ne suffit pas, car votre ami a toujours un problème.
Porter le fardeau de son ami = l'accepter sur nous de manière à ce qu'il devienne votre propre difficulté. Cela implique d'abord de reconnaître qu'il a un vrai problème qui le perturbe, puis d'essayer d'en comprendre la cause et la manière dont il l'affecte. [à mes yeux cela n'est pas une difficulté, mais je dois me mettre à sa place, voir avec ses yeux, son ressenti. (chaque personne est unique face aux choses de la vie)]
Nous devons essayer de ressentir ses émotions, d'imaginer sa douleur, ses craintes et ses doutes. Nous devons nous mettre, du mieux que nous pouvons à sa place, pour vivre ce qu'il vit.
Ce n'est qu'à ce moment-là que nous pourrons commencer à le réconforter et à l'encourager d'une manière véritable et significative, et l'aider à trouver une solution.
[souvent en permettant à autrui de décharger en paroles son fardeau moral, alors il va beaucoup mieux, il se sent plus léger pour repartir de l'avant dans sa vie. ]

Il est à préciser : si une personne vient nous voir, affolée et sanglotant de manière incontrôlable, cela ne l'aidera pas si nous reflétons ce comportement. Au contraire, elle a besoin de quelqu'un de fort sur qui s'appuyer et qui la calme.
L'analogie est celle d'un maître-nageur qui sauve un homme en train de se noyer. Il doit se trouver dans la même situation que l'homme qui se noie, mais rester suffisamment calme pour pouvoir le sauver.
De même, l'aidant doit essayer sincèrement de ressentir l'état d'esprit et les sentiments de la personne afin de pouvoir faire preuve d'empathie, tout en gardant suffisamment de distance pour pouvoir apporter l'aide nécessaire.

-> Selon le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour - vol. 1) : faire du 'hesed, où l'on ne s'intéresse qu'à l'autre personne (sans motifs purement intéressés), n'est possible qu'après avoir acquis l'amour du 'hessed.
Pour cela, il faut apprendre à apprécier à quel point il est important que les autres soient heureux et qu'on doit s'occuper d'eux, et à ressentir du bonheur lorsque les autres sont dans une bonne situation.

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-> Le mot gadol (גדל - grand) peut être divisé en deux parties, ג et דל (dal).
La lettre guimel s'écrit גימל, qui vient de la racine : guémilout 'hassadim (faire du 'hessed).
Dal (דל) signifie une personne pauvre.
Dans la Torah, un gadol est quelqu'un qui est gomel dal = il fait du 'hessed avec les personnes dans le besoin.

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-> Le Ramban (Mikets 42,21) explique que la principale faute des frères de Yossef en le vendant en Egypte n'était pas la vente elle-même, mais plutôt le fait qu'ils n'aient pas prêté attention à sa demande de pitié.
La cruauté d'être si insensible à la douleur d'une autre personne est le plus grand péché de ben adam la'havéro.

-> La tribu de Lévi a été épargnée par le terrible esclavage d'Egypte. Cependant, le midrach écrit qu'Hachem les a tenus pour responsables parce qu'ils n'ont pas ressenti la douleur de leurs frères au degré attendu d'eux. En conséquence, ils n'ont pas reçu leur propre terre en Eret Israel et ont toujours dû compter sur l'aide des autres. [cité dans le midrach Haggadah - p.32]

-> "L'enfant devint grand (vayigdal) ... Moché grandit (vayigdal)" (Chémot 2,10-11).
Rachi explique : "Il concentra ses yeux et son cœur (notèn énav vélibo) pour s'attrister à leur sujet".
Moché pouvait rester confortablement dans le palais de Pharaon, il n'avait pas à s'impliquer dans ce qui arrivait aux juifs. Tout juif qui aurait pu échapper à ce terrible esclavage aurait sauté sur l'occasion. [face aux horreurs et douleurs de l'esclavage égyptien]

Moché était grand, et alors que les petites personnes vivent pour elles-mêmes, les grandes personnes vivent pour les autres.
"notèn énav vélibo" = Moché a consacré du temps et des efforts à remarquer ce que vivaient les juifs et il a ressenti leur douleur, leur peur et leur lutte.
Le midrach dit que Moché a même enlevé le lourd fardeau du dos d'un juif brisé et l'a porté lui-même. Il s'est mis à leur place pour ressentir directement ce qu'ils vivaient. Ce faisant, il a été en mesure de leur apporter un soutien émotionnel en ces temps difficiles.
[ainsi la répétition de "vayigdal" nous apprend que si Moché est devenu ce si grand personnage de l'histoire juive (on a la Torah grâce à Lui!, il est inégalable en humilité ...), c'est parce qu'il a grandi autrui (ses frères juifs, fils adoré d'Hachem) en se mettant à sa place, et en conséquent mesure pour mesure, Hachem l'a grandi. ]

-> Nous trouvons un autre exemple de l'attention et du souci de Moché pour les autres lorsque Yéhochoua mena les juifs dans la bataille contre leur ennemi juré, Amalek.
Moché gravit la montagne et se tint là, les bras levés en prière pour leur succès. La Torah (Béchala'h 17,12) rapporte que ses bras devinrent lourds et qu'il s'assit sur un rocher. (tant que ses mains étaient levés ils gagnaient le combat).
En tant que chef du peuple, il aurait certainement été plus approprié de lui fournir un endroit respectable et confortable pour s'asseoir. La guémara (Taanit 11a) explique que Moché a refusé une telle option ; si le peuple juif était en détresse, il devait partager cette détresse.
La guemara apprend ainsi que nous devons ressentir la douleur des autres, que "celui qui souffre avec la communauté méritera et sera témoin de la consolation de la communauté".

-> Au buisson ardent, Rachi (Chémot 4,14) rapporte que Moché craignait que son frère aîné, Aharon, ne soit blessé par le fait que Moché ait eu l'honneur d'être le chef et le rédempteur. Le privilège d'être le chef n'en valait pas la peine pour Moché s'il devait causer de la peine et de la déception à Aharon.
Moché discuta donc avec Hachem : oui, fais sortir les juifs dès que possible (pas une seconde de souffrance en plus pour eux!), mais fais-le de manière à ce qu'Aharon ne ressente pas la moindre peine ou humiliation.
Ce n'est que lorsque Hachem assura à Moché qu'Aharon ne se sentirait pas du tout blessé, mais qu'au contraire, il serait heureux que Moché soit le chef, que Moché accepta.
Notre maître Moché, avec sa sensibilité à l'égard des autres, nous enseigne la leçon fondamentale selon laquelle la grandeur ne peut être atteinte au détriment des sentiments d'autrui.

Connaître notre grandeur (2e partie)

+++ Connaître notre grandeur (2e partie) :

-> Le verset de Chir haChirim (1,9) compare les juifs aux chevaux des égyptiens qui se sont noyés dans la mer Rouge et Hachem au cavalier. [léssoussati béri'hvé Par'o, dimiti'h rayati]

Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,9) explique que, normalement, le cavalier dirige le cheval. Cependant, lors de l'ouverture de la mer Rouge, nos Sages nous disent que les cavaliers ont essayé de diriger les chevaux loin de l'eau, mais les chevaux les ont maîtrisés et ont foncé directement dans les eaux déchaînées.
Hachem se décrit comme ces cavaliers. Le peuple juif, d'une certaine manière, contrôle Hachem!
Nous décidons de la manière dont Il interagit avec le monde. Si nous nous comportons correctement, Il nous comblera de Ses bénédictions.
Dans le cas contraire, Il devra nous infliger une punition.
[nous devons régulièrement prendre du temps pour réfléchir à cette réalité énorme. En effet, notre yétser ara essaie de nous insuffler une fausse modestie, mais en vrai Hachem a mis en nous tellement de puissance qu'Il est d'une certaine façon dépendant de nos actions. Alors faisons honneur à cela et agissons avec une grandeur adéquate! ]

-> Est-ce qu'Hachem se soucie de la façon dont vous faites vos lacets (la loi juive régissant même cela)? Oui!
Chaque action de chaque juif (même la plus banale) est d'une importance inouïe qui peut affecter le monde entier ainsi que d'infinis domaines spirituels.
Chaque juif a constamment l'occasion précieuse d'apporter la bénédiction et la bonté dans le monde. Mais cela s'accompagne d'une énorme responsabilité, car Hachem crée le monde entier uniquement pour lui, en fonction de la façon dont il agit!

-> La guémara (Béra'hot 3a) décrit comment Rabbi Yossé est entré dans un bâtiment délabré et a entendu la Présence Divine (Che'hina) gémir : "Malheur aux fils à cause des fautes desquelles j'ai détruit Ma maison et brûlé le Temple et les ai exilés parmi les nations".
Il rencontra alors Eliyahou HaNavi, qui lui dit : "Je jure sur ta vie et sur la vie de ta tête ('hayé roché'ha) que ce n'est pas seulement en ce moment que cela se produit, mais qu'Hachem le crie 3 fois par jour, et plus encore, chaque fois que les juifs vont à la synagogue et disent : 'yéhé chémé rabba" (que le grand nom d'Hachem soit béni) [dans le Kaddich], Hachem secoue la tête et dit : 'Heureux le roi qui est loué de cette façon dans sa maison. Que gagne le père qui a exilé ses enfants? Malheur aux enfants qui ont été exilés de la table de leur père".

Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) explique que le serment "sur la vie de ta tête ('hayé roché'ha)" signifie qu'il a juré au nom de la Ché'hina.
Pourquoi avait-il besoin d'un second serment (sur ta vie et sur celle de D.) et pourquoi devait-il faire un serment aussi sévère avant de révéler à Rabbi Yossé ce qu'Hachem dit chaque jour?

Le rav Mordé'hai Potach (dans Niflaot haKaddich - p.11), explique que le prophète Eliyahou était préoccupé par le fait que pour nous, il est presque inconcevable qu'Hachem réagisse ainsi chaque fois qu'un juif répond au Kaddich. En effet, combien de millions de millions de fois cela s'est-il produit au cours de l'histoire juive? [comment comprendren que Hachem réagisse ainsi même pour le juif le plus simple, le juif avec les pires fautes, ... ]
C'est pourquoi il a fait le plus sérieux de tous les serments, afin que Rabbi Yossé se rende compte qu'il n'y avait absolument aucune exagération dans ce qu'il allait lui dire.

=> La même idée s'applique dans notre contexte de connaître la grandeur d'un juif. Il n'y a pas d'exagération dans l'amour et l'enthousiasme d'Hachem pour chaque juif et pour chacun de ses actes d'avodat Hachem.

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+ La prière :

-> Le juif dispose également d'une arme pouvant changer le monde : la prière.
Lorsque nous nous levons pour prier, nous nous tenons plus près d'Hachem que tous les âme au Ciel et que les anges les plus saints.

Nous décrivons Hachem comme le "Shoméa téfila" (Celui qui répond aux prières).
Un juif se tient debout dans la prière, confiant dans le fait qu'Hachem attend de répondre à nos demandes et de recréer le monde en fonction de ce que nous Lui demandons.
Nos Sages enseignent qu'il n'y a pas de miracle si Hachem répond à notre prière et accomplit des miracles pour nous aider. En effet, Hachem a créé le monde de manière à ce que nous priions et qu'Il nous réponde. C'est la manière "naturelle" du monde.
À tel point que le midrach écrit que si une personne réalise qui elle prie (le Roi des rois) et ce qu'elle est capable d'accomplir avec sa prière, alors elle serait remplie d'une joie intense à l'idée de faire la prière.

-> La prière est une source de frustration et de déception pour beaucoup.
Nous avons beaucoup de mal à nous concentrer et encore plus à ressentir une véritable émotion. Même dans un moment de réelle tristesse, lorsque nous savons à quel point il est crucial de bien prier, et que nous commençons avec la détermination ardente que cette fois-ci sera différente, notre prière finit généralement comme toutes les autres, nous laissant découragés et souvent gênés de prier à nouveau.
[notre yétser ara nous pousse à penser : je prie mal => ma prière a peu d'impact, d'importance auprès d'Hachem, alors pourquoi continuer ... ]

Pourtant, le Baal HaTanya (chap.28) nous explique ce qui se passe pendant notre prière :
"Même si l'on commence à avoir des pensées de convoitise ou d'autres pensées sans rapport avec le sujet pendant qu'on étudie [la Torah] ou qu'on fait la prière, on ne doit pas du tout y prêter attention.
On ne doit pas se sentir déprimé ou humilié pendant la prière, car il faut être rempli de joie.
Au contraire, on doit se renforcer et travailler encore plus dur pour se concentrer sur les mots avec une grande joie, parce qu'on doit réaliser que ces pensées nous viennent du yétser ara, qui fait la guerre à notre âme.
Lorsque 2 combattants s'affrontent et que l'un d'eux commence à prendre le dessus, l'autre utilise toutes ses forces pour riposter.
Ainsi, si l'âme s'efforce de bien prier, le yétser ara se renforce lui aussi et fait tout ce qu'il peut pour la distraire et lui faire penser à autre chose...

On pourrait conclure du fait qu'on a pensé à d'autres choses pendant qu'on priait, alors notre prière est sans valeur, tandis que si on avait prié correctement, on n'aurait jamais eu de telles pensées.
Cela serait vrai si on n'avait prié qu'avec sa bonne âme et que notre esprit avait dérivé vers d'autres pensées.
Mais la vérité est qu'il y a 2 âmes qui se font la guerre dans sa tête pendant qu'on prie. Chacune d'entre elles veut prendre le dessus et être la seule à contrôler la situation.
Lorsqu'une personne commence à prier, c'est comme si un racha adorateur d'idoles se tenait devant elle et commençait à lui parler pour la distraire. La seule chose qu'on puisse faire est de ne pas répondre et de faire comme si on était sourd ... et de se forcer à détourner son esprit de ces pensées et à se concentrer sur les mots de la prière.
Et si on n'y parvient pas, on doit supplier et implorer Hachem d'avoir pitié de nous, comme un père de son fils ..."

[ ne cédons jamais à notre yétser ara! Chaque échec prouve que nous sommes des ambassadeurs loyaux d'Hachem qui n'abandonneront pas le combat! Notre neshamah est toujours prête à faire la volonté d'Hachem, que nous le sentions ou non.
Nous devons prier Hachem de nous aider à nous connecter à Lui et à ne pas être désillusionnés par l'écran de fumée que le yéter ara place devant nos yeux. (qui nous pousse principalement à dévaloriser l'impact de nos prières, de nos actions, et la valeur de tout juif! )]

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-> Chaque juif est grand en tant qu'ambassadeur bien-aimé et choisi d'Hachem dans ce monde.
Mais il est aussi essentiel que chaque personne soit consciente de ses talents et de ses forces, uniques et personnels, ainsi que de ses faiblesses. Les maîtres du moussar disent : "Malheur à celui qui ne connaît pas ses faiblesses. Elle ne pourra jamais réparer ce qu'elle a fait de mal. Mais il y a pire : celui qui ne connaît pas ses points forts. Elle risque de rater tout son travail dans ce monde [puisque ne les utilisant pas]."

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+ Plus grand au fil des générations :

=> On a tendance à se dire : ok, les juifs d'antan avaient sûrement beaucoup de valeur auprès d'Hachem, mais moi, qui suis tellement loin de ce qu'ils faisaient, je dois avoir forcément beaucoup moins de valeur auprès d'Hachem.

-> Le Arizal a dit à son disciple, le rav 'Haïm Vital, qu'il (rav 'Haïm) avait une âme extrêmement sainte.
Rav 'Haïm lui demanda comment il pouvait dire une telle chose puisqu'il n'approchait même pas la piété et la sainteté du moindre des Richonim.
Le Arizal répondit : "Vous devez savoir que la grandeur d'une personne ne dépend pas de ses actions. Elle dépend plutôt de l'époque et de la génération dans laquelle il vit. Une toute petite action dans la génération actuelle vaut de nombreuses mitsvot accomplies dans les générations précédentes, car de nos jours, l'impureté s'est considérablement développée."
Il poursuit en disant à rav 'Haïm que, pour cette raison, son âme est plus grande que celle de certains Amora'im et même Tana'im de l'époque de la Michna.

-> Un concept similaire est développé par le 'Hafet 'Haim (Tsipita l'Yéchoua - chap.1), où il note que la source de cette idée est le célèbre dicton de nos Sages "Une fois avec difficulté vaut cent fois sans"(Avot déRabi Nathan - chap.3).

-> Si le Arizal a écrit une telle chose au sujet de la ville sainte de Tsfat au 16e siècle, que peut-on dire de l'époque actuelle?
Au regard de l'obscurité et de l'impureté de l'époque actuelle, même notre plus petite action peut valoir un million de fois plus que dans les générations précédentes.
Se rendre à la synagogue aujourd'hui peut représenter un plus grand défi pour la protection de nos yeux que nos grands-parents n'en ont eu au cours de leur vie.

-> b'h, également : L'incroyable grandeur de chaque juif à notre génération : https://todahm.com/2022/02/08/la-grandeur-de-chaque-juif-a-notre-generation

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+ La bête sauvage qui est en vous :

-> Le 6e jour de la création, Hachem a dit : "Faisons l'homme". Ces mots sont difficiles à comprendre. Nous savons qu'Hachem a tout créé par lui-même, alors que voulait-il dire en utilisant le pluriel "nous" (de "faisons") ?

Le rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim - essai "Yirat Chamayim") cite le Zohar qui explique qu'Hachem s'adressait à toutes les créatures du monde. Chaque animal, chaque oiseau et même chaque ange a contribué, par ses caractéristiques uniques, à la constitution de l'être humain.
Le rav El'hanan écrit : "Chaque personne est un monde en soi, composé de toutes les caractéristiques de chaque créature, à la fois du monde physique et du monde spirituel. Cela signifie que les caractéristiques de chaque animal sauvage se retrouvent chez l'homme. Il n'y a pas de bête plus sauvage que l'être humain!"

Il arrive que l'on soit pris d'une envie irrésistible de fauter ou de se comporter d'une manière tout à fait inappropriée, ou que l'on découvre un terrible trait de caractère dont on n'était pas conscient. On est choqué : comment a-t-on pu penser à faire une telle chose? On est consterné de posséder un tel trait de caractère. Et on arrive souvent à la conclusion qu'on est une personne méchante et basse, à des années-lumière du tsadik qu'on rêverait d'être.
Mais ce n'est pas vrai! On est en partie constitué d'une bête sauvage! Il est normal et naturel d'avoir des pensées et des sentiments de faute et de bassesse, et cela ne doit pas être déprimant ou frustrant.
Au contraire, dit le Baal haTanya (ch.27), on devrait se sentir joyeux d'avoir l'occasion de lutter contre le yétser ara.

Le rav El'hanan nous assure que, tout comme un chien sauvage peut être contrôlé en étant enchaîné, nous avons nous aussi la capacité de restreindre cette tendance sauvage qui est en nous afin qu'elle ne s'exprime pas. La chaîne est : la yirat Chamayim (crainte d'Hachem).
Nous avons une yirat Chamayim innée parce que nous avons une âme qui vient de devant le Trône de Gloire d'Hachem. Notre âme pure et sainte peut dominer le côté humble qui est en nous. C'est le combat de notre vie entre notre âme et notre corps.

[on comprend mieux que notre yétser ara cherche à nous identifier comme étant un animal (regarde comment tu te comportes!), pour mieux nous désespérer d'exploiter notre spiritualité.
Mais en réalité cette partie là est en nous pour agir selon la volonté d'Hachem, et ainsi s'attacher éternellement avec Lui.
Ce que nous sommes véritablement est notre âme (une partie de Divinité), qui reste pure et sublime peut importe ce qu'on peut faire dans notre vie. ]

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+ La téchouva :

-> Le 'Hafets 'Haïm a dit à rav Barou'h Leibowitz : "Si [vous avez fait téchouva alors] vous n'avez pas besoin d'être brisé. La faute est effacée, et c'est comme si vous ne l'aviez jamais commise!"

=> Nous devons toujours nous rappeler que, quels que soient l'endroit où nous nous trouvons et ce que nous avons fait, un juif n'est jamais perdu. Nous pouvons toujours retourner auprès de notre Père céleste aimant et recommencer à le servir loyalement.
L'âme reste aussi pure et sainte qu'elle l'a toujours été et Hachem est heureux de nous accepter comme si rien ne s'était passé.

-> Rabbénou Yona (Yesod haTéchouva) écrit :
"Le jour où l'on décide de faire téchouva et de revenir à Hachem, on doit se défaire de toutes les fautes qu'on a commises et faire comme si on venait de naître, sans mérites ni fautes. C'est aujourd'hui que commence notre action. Aujourd'hui, on doit veiller à ne pas s'écarter du droit chemin.
C'est ainsi qu'on pourra se repentir pleinement en se débarrassant du lourd fardeau de ses fautes.
[le yétser ara désire davantage l'état de culpabilité, de désespoir qui résulte d'une faute, que la faute en elle-même! ]
On ne doit pas être découragé par des pensées qui nous hantent et nous empêchent de faire téchouva parce qu'on se sent gêné par nos fautes, et qu'on se dit : "Comment puis-je avoir l'audace de me repentir? J'ai commis toutes sortes de fautes, même délibérées, et je les ai répétées encore et encore, un nombre incalculable de fois. Je suis gêné de me tenir devant Hachem comme un voleur pris en flagrant délit. Comment puis-je entrer dans le Heichal d'Hachem? Comment puis-je garder Ses mitsvot?"

Ne pensez pas ainsi ! C'est un stratagème du yétser ara, qui est assis comme une mouche dans les chambres du cœur, se renouvelant chaque jour.
Le yétser ara guette et attend de faire trébucher. Il faut plutôt penser : "C'est la mida d'Hachem, Sa main est [toujours] tendue pour accepter ceux qui se repentent."

La meilleure chose que l'on puisse faire est de se débarrasser de toutes ses fautes et de se faire un nouveau cœur."

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,6-7) enseigne :
"La téchouva est si grande qu'elle rapproche une personne d'Hachem ... Hier, il était détesté, dégoûtant et éloigné d'Hachem, mais aujourd'hui, il est aimé, chéri, proche et meilleur ami ...
Hier, il était séparé d'Hachem ... il faisait la prière mais n'était pas exaucé ... aujourd'hui [suite à sa téchouva], il est attaché à Hachem, il fait la prière et est exaucé immédiatement ... Hachem accepte ses mitsvot avec joie et désire qu'il les accomplisse".

=> Quel que soit l'endroit où elle se trouvait, un juif peut revenir pour devenir proche d'Hachem, aimée et chérie à Ses yeux. Quelle chance!!

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Le sujet de la téchouva est très vaste, mais on peut rapporter en guise de réflexion :

-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Kédochim 12) enseigne :
"Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales, comme le Zohar (vol.II,184a) nous l'apprend : "la lumière la plus lumineuse est celle qui brille dans l'obscurité ... Au final, il sera révélé que toutes les âmes d'Israël, Ta nation, sont des tsadikim [cf. "Ton peuple : tous sont tsadikim" (Yéchayahou 60,21)] ... même quelqu'un qui a fauté dans ce sujet [de la sainteté].

C'est parce qu'en réalité notre désir est de faire Ta volonté, mais "la levure dans la pâte" (le yétser ara) nous en empêche ...
Grâce à la téchouva tout peut être réparé ... et davantage de lumière peut briller du milieu des ténèbres."

=> Lorsque nous tombons dans la faute, au lieu de désespérer (je ne vaux rien! je suis nul), il faut avoir conscience que : "Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales".
[ce n'est pas parce qu'actuellement je suis sale (sans l'avoir fait exprès!) que je ne vaux rien, au contraire!]
De plus, en faisant téchouva, nous avons la possibilité d'allumer dans l'obscurité de ce monde/notre vie, une lumière d'une intensité très élevée.

-> "Même une personne qui faute durant toute sa vie, elle peut quand même être considérée comme un tsadik, tant qu'elle n'abandonne jamais et qu'elle continue à se battre [pour vaincre son yétser ara]."
[Séfer Ménou'ha véKédoucha - écrit par un élève du rav 'Haïm de Volozhin]

-> "Rien ne peut s'opposer à la téchouva.
Même si quelqu'un a pu commettre toutes les fautes du monde, il pourra faire téchouva sur chacune d'elles"
[Chla haKadoch - Roch Hachana - Dérékh 'Haïm To'ha'hat Moussar 114]

[Précision: une personne qui faute volontairement, pensant qu'elle pourra ensuite faire téchouva, il lui sera alors extrêmement difficile de le faire car ce qui l'a poussé à fauter est cette capacité à se faire pardonner]

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+ L'orgueil de la sainteté (gaava diKédoucha) :

-> Tous les livres de moussar discutent longuement que l'orgueil est le pire trait de caractère.
Mais souvent nous avons une mauvaise compréhension de ce qu'est l'orgueil (gaava).
Le Ram'hal (Messilat Yesharim (ch. 11) explique : connaître ses points forts et sa valeur personnelle n'est pas de l'orgueil en soi.
Il définit l'orgueil comme le sentiment que l'on mérite d'être loué pour ce que l'on est ou ce que l'on a fait. La personne orgueilleuse estime qu'elle est responsable de son succès, de son apparence, de sa sécurité financière, et ainsi de suite, et pense qu'elle devrait être félicitée pour ces choses.
[on peut être orgueilleux de ne rien être, comme on peut l'être de qualités, de ressources, dont nous sommes dotées.]

Cependant, le juif de la Torah sait que tout ce qu'il possède lui a été donné par Hachem. Il sait qu'il est le messager d'Hachem et qu'il a donc reçu tout ce dont il a besoin pour remplir sa mission.
Son apparence, son intelligence, ses bonnes midot, sa femme, sa famille, ses finances et tout le reste lui ont été donnés afin de lui permettre de mener à bien sa tâche unique.

Si l'on prend conscience de cette vérité, il devrait être impossible de devenir orgueilleux.
On ne peut pas s'enorgueillir de quelque chose que l'on a emprunté temporairement (personne n'étant immortel à part D.!) et que l'on doit rendre à son véritable propriétaire (Hachem).
Si une personne pauvre s'est vu prêter un costume très cher pour le mariage de son fils, elle peut se sentir bien de porter un si beau costume, mais elle ne peut pas en être fière. Il serait stupide de le faire, car il ne lui appartient pas.

-> Cependant, le 'Hafet 'Haïm (Chem Olam - chap.7) écrit qu'il y a une chose dont nous pouvons et devons être fiers/orgueilleux.
Nos Sages (guémara Béra'hot 33b) enseignent que "tout provient à une personne depuis le Ciel, sauf la yirat Chamayim".
La seule chose qui reste à une personne est de choisir de faire la volonté d'Hachem (de parler à Hachem, de croire en Lui, d'accomplir Ses mitsvot et d'étudier Sa Torah).
Le choix de mener une vie dévouée à Hachem est le choix individuel de chaque personne.

C'est pourquoi le prophète Yirmiyahou (9,22-23) dit : "Un sage ne doit pas s'enorgueillir de sa sagesse, ni un guerrier fort de sa force, ni un homme riche de sa richesse. Mais de quoi doit-on s'enorgueillir? D'avoir appris et d'avoir pris conscience de Moi [Hachem]."

En effet, la yirat Chamayim d'une personne est la seule chose qu'elle a réalisée elle-même grâce à son travail acharné. Elle mérite donc d'être félicité pour cet accomplissement.

Comme l'écrit le 'Hafets 'Haim : "lorsqu'on atteint ce niveau, qu'on reconnaît et comprend qu'Hachem contrôle tout dans le monde, on peut être fier de nous-même et personne ne doit mépriser cette fierté, car ce n'est pas de l'orgueil, cela fait plutôt partie de la joie sur les mitsvot ... et c'est quelque chose pour lequel il est digne de féliciter une personne."

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1,15) mentionne également cette idée :
"C'est l'orgueil désiré : se souvenir constamment de son honneur et de ses qualités et agir en conséquence, comme il convient de se sentir bien à propos de sa valeur élevée."

-> Le 'Hovot haLévavot (Chaar haAnava - chap.9) écrit qu'il existe une forme d'orgueil permis et même nécessaire : la joie et la fierté qu'une personne éprouve à l'égard de la Torah et des mitvot qu'elle a eu le mérite d'accomplir.
Loin de rendre quelqu'un vaniteux, un tel sentiment : "l'incitera à travailler encore plus dur dans sa avodat Hachem et à s'humilier devant son entourage. Il se sentira heureux à l'égard de ses amis et se souciera de leur honneur, cachera leurs erreurs, ne parlera qu'en leur faveur, les aimera tous, se portera garant d'eux et sera très attentif à leur honneur."

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-> également à ce sujet : Confiance en soi & l'orgueil de la sainteté : https://todahm.com/2021/12/12/confiance-en-soi-lorgueil-de-la-saintete

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-> Selon le Ben Ich 'Haï (Bénayahou - guémara Béra'hot 62b) :
Dans tous les traits de caractère, choisissez la voie du milieu ...
L'exception à la règle est l'orgueil ... il faut aller à l'extrême opposé.

[au préalable, il faut avoir une bonne définition de ce qu'est l'humilité (et donc l'orgueil).
Par exemple, on pense que c'est : "je ne suis rien, je ne vaux rien" (ce qui est faux!), et du coup on en vient à s'enorgueillir de n'être rien.
A l'inverse, par moment on doit s'enorgueillir d'être un serviteur, un enfant d'Hachem. (notre yétser ara nous pousse à nous dévaloriser sous couvert d'humilité pour réduire notre ambition spirituelle (pour qui tu te prends! tu n'es pas Baba Salé!), et donc nous faire moins exploiter notre potentiel.
Par moment, on doit être arrogant/orgueilleux face à notre yétser ara (le monde a été créé pour moi), en augmentant notre joie et fierté de vivre, en appréciant d'avoir une partie d'Hachem en nous! (donc je ne suis pas un rien que rien, et mes actions/mitsvot ont un impact éternel!)

A ce sujet, on peut citer :
-> Selon le rav Ben Tsion Abba Chaoul :
- concernant le futur = nous devons être plein d'orgueil, du fait de pouvoir réaliser la volonté de Hachem.
[Ce sentiment de fierté est sain, productif, et il témoigne de notre amour pour D., de notre joie de nous consacrer à son service. Par exemple, nous devons répondre avec plein d'orgueil à notre yétser ara qui nous pousse à la faute : "Tu sais qui je suis : un prince, un fils du Roi des rois! Alors comment oses-tu me déranger pour une chose si minable, honteuse pour quelqu'un de mon rang!"]
- concernant le passé = nous devons rester humble, car "Tout cœur hautain est en horreur à Hachem" (Michlé 16,5).
[ainsi, nous devons s'enorgueillir d'avoir la chance de pouvoir servir Hachem pour dynamiser nos actions futures, mais pas d'en venir à se reposer sur nos lauriers et se vanter à outrance de notre passé.
(à petite dose cela peut servir à se valoriser pour mieux aller de l'avant, mais pas pour se vanter pour se vanter).
De même dans le domaine de la prière (il y a nécessité d'avoir de la fierté [d'être juif] qui nous pousse à nous surpasser, à donner le meilleur de nous même, et il y a orgueil [d'être juif] qui ne pousse qu'à développer notre "moi je, moi je" [or, la prière c'est laisser de la place pour Hachem dans notre vie!].)]

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[pour réussir sa vie dans ce monde, tout juif a besoin de moments où il va développer un orgueil sur la grandeur d'être juif.
Dans le Alénou léChabéa'h (et les bénédictions avant/après l'étude de la Torah), nous affirmons notre chance et fierté d'être dans les chemins d'Hachem (le Vrai) tandis que les non-juifs vont dans des chemins totalement vides et inutiles (servant des idoles mortes!). [ché'en mista'havim laévél varik, oumitmaléllim lélo yochia ...]
Le Tiféret Israël demande : on comprend la nécessité de louer nos actions, mais pourquoi déprécier ouvertement celles des non-juifs? C'est pas respectueux pour eux!
Il répond car nous avons besoin au quotidien de les dévaloriser pour mieux être orgueilleux en prenant pleinement conscience de notre chance d'être juif, de pouvoir servir Hachem.
=> La Torah étant d'ordinaire si respectueuse de l'honneur d'autrui, on en déduit que le caractère vital de constamment renforcer notre grandeur à nos yeux, pour pouvoir vivre avec un très haut niveau de responsabilité et de spiritualité. ]

Connaître notre grandeur (1ere partie)

+++ Connaître notre grandeur (1ere partie) :

-> Nous observons souvent des personnes qui recherchent les honneurs ou l'attention.
Le rav Chlomo Wolbe (Alé Shour, vol.2) explique que la racine de ce comportement est un manque de respect de soi, et le besoin de quelqu'un pour combler ce vide et apporter de l'honneur.

[on a tous besoin d'honneur. Si je n'ai pas d'honneur pour moi, alors je deviens dépendant de celui que pourrait m'accorder autrui (nous seulement nous sommes dépendant de la réaction d'autrui, mais cela va nous prendre beaucoup de temps et d'énergie, nous empêchant de nous réaliser, d'être nous-même.) ]

-> Qui respectons-nous lorsque nos témoignons de l'honneur à quelqu'un?
Le commandement de la Torah de se lever par respect pour une personne âgée ou un talmid 'hakham (sage en Torah) est formulé ainsi : "véhadarta pné zaken" (Kédochim 19,32).
Le Yessod véChorech haAvoda explique que le mot "pné", littéralement "visage", est le même mot que panim, "intérieur". Lorsque nous nous levons devant quelqu'un, nous le faisons par respect pour son intériorité, ou plus exactement pour l'âme qui est en lui.

En montrant du respect à une autre personne, je reconnais qu'elle a été créée "bétsélem Elokim" (Béréchit 1,27), avec une âme (néchama) qui lui a été donnée par Hachem provenant de devant Son Trône de Gloire. (à la différence d'un non-juif, un juif a une âme provenant de l'intériorité de D.)
Le respect que je porte à autrui est dû à l'étincelle d'Hachem qui est en elle. Il s'ensuit que je dois également me respecter moi-même, en raison de l'âme que j'ai en moi.

En effet, le roi David s'est exhorté lui-même : "Réveille-toi, mon kavod" (oura kévodi - Téhilim 57,9).
Le Métsoudat David explique qu'il se disait à lui-même : "Mon âme, réveille-toi et loue Hachem".
Il a appelé son âme (néchama) "kavod" parce que la néchama est la source de l'honneur (kavod) d'une personne.

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+ Nécessité d'avoir conscience de sa propre grandeur :

-> Rabbénou Yona est surtout connu pour son ouvrage le Shaaré Téchouva, le classique guide de la téchouva. Cependant, Rabbénu Yona a écrit un autre ouvrage extrêmement important : Shaaré Avoda.

Dans les remarques préliminaires, il définit le début du voyage vers la grandeur dans notre service Divin (avodat Hachem) :
"Le premier pas [vers l'avodat Hachem] consiste à connaître sa propre valeur et à reconnaître ses qualités et celles de ses ancêtres, ainsi que leur grandeur et leur importance aux yeux d'Hachem".

-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour, vol.2) explique qu'avant même d'apprendre ses défauts et d'essayer de les corriger, la première étape du moussar est d'apprendre ses qualités et l'importance qu'a tout juif.

Il cite ensuite le 'Hovot haLevavot (Shaar haKeniah - ch.2) qui écrit que :
"[la véritable humilité ne peut exister] qu'après avoir réalisé la noblesse de la néchama et l'avoir élevée au-dessus de tout trait de caractère animal et de toute similitude avec le comportement des gens de basse condition, en raison de la supériorité de son intellect et de la préciosité de sa néchama, et de la compréhension claire des bons et des mauvais traits de caractère.
Accompagnée de cet état d'esprit, l'humilité est un trait louable, mais sans elle, elle n'est pas considérée comme un trait favorable ou une qualité de l'âme."

-> Pour accomplir quoi que ce soit en matière d'avodat Hachem, il est absolument nécessaire de savoir qui nous sommes et à quel point nous sommes grands et importants dans le monde d'Hachem.
Cette idée est reprise par le rav Tsadok haCohen (Tsidkat haTsadik 154) : "De la même manière que l'on doit croire en Hachem, on doit croire en soi-même ... que sa néchama vient d'Hachem et qu'Hachem éprouve du plaisir et de la joie lorsque nous faisons Sa volonté".
[il est facile d'appréhender le fait qu'il est important de croire en D., mais ]

-> Le Alter de Slabodka (Ohr haTsafoun, pt.1) développe longuement cette idée :
"Reconnaître sa propre valeur est une partie intrinsèque de la vie et constitue le chemin de la croissance pour chaque personne. Prendre conscience et connaître la valeur d'une personne selon la valeur que la Torah lui attribue est la grande tâche fondamentale et l'une des parties essentielles de notre vie ...
La michna (Pirké Avot 3,14) nous dit : "L'homme est aimé car il a été créé à l'image d'Hachem, comme il est dit : "Il a créé l'homme à l'image d'Elokim" (Béréchit 1,27).
La conscience de cet amour doit être comme une empreinte sur notre cœur que nous ne perdons jamais de vue, ne serait-ce qu'un instant. Nous devons nous fortifier de toutes nos forces pour nous inspirer à nous aimer nous-mêmes avec le même amour débordant qu'Hachem nous aime, qui dépasse de loin l'amour de tout ce qu'Hachem a créé dans le monde. [Hachem étant le créateur du sentiment d'amour et n'étant pas limité, Il aime chaque juif d'un amour véritablement infini, et lorsque l'on compare cela à celui des parents pour leurs enfants cela est très limitant (à défaut de mieux). ]
De toutes nos forces, nous devons constamment tendre vers la perfection et apparaître comme la véritablement personne, extérieurement et intérieurement, en concrétisant tout le potentiel que nous avons en nous, en reproduisant toujours les voies d'Hachem, jusqu'à ce que nous devenions celui au sujet duquel Hachem dit : "Voyez la création que J'ai créée dans Mon monde, dont l'image est comme la Mienne"."

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-> Si les juifs savaient à quel point ils sont chéris et à quel point Hachem les aime, ils rugiraient comme des lions pour courir après Hachem.
[Zohar]

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-> La Torah nous dit qu'Hachem a créé l'homme "à l'image d'Elokim" (Béréchit 1,27).

Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,3) explique qu'Hachem a infusé en nous une capacité similaire à celle d'Elokim.
Hachem lui-même, en tant que "Elokim", recrée le monde entier et tout ce qu'il contient à chaque seconde.
Hachem nous a également donné la capacité de construire des mondes par nos actions.
Les mitsvot que nous accomplissons ont d'énormes ramifications dans les royaumes spirituels. Elles créent d'innombrables mondes spirituels et provoquent l'ouverture de nombreuses fenêtres/canaux de la bienveillance d'Hachem qui se déversent sur ce monde.

À l'inverse, toute faute a des effets néfastes, détruit des mondes spirituels et empêche les bénédictions d'Hachem d'atteindre ce monde.
Le Néfech ha'Haïm écrit que l'effet d'une seule faute est pire que celui de Titus, qui a détruit le Temple, car Titus n'a affecté que le monde physique, alors qu'une faute affecte les sphères supérieures, spirituelles.

Ce concept est discuté à plusieurs reprises par le 'Hafets 'Haim qui cite le Zohar affirmant : "Les effets qui se produisent dans le Ciel dépendent des stimuli des gens, que ce soit pour le bien ou pour le mal".

-> A ce sujet, voici les paroles du Baal Shem Tov (citées dans Shomer Emounim - Tsahali véRoni chap.13) :
"Parfois, l'humilité excessive d'une personne peut la faire chuter dans sa avodat Hachem, car elle ne croit pas que sa prière et son apprentissage de la Torah génèrent d'abondantes bénédictions de la part d'Hachem dans tous les mondes spirituels et que même les anges obtiennent leur subsistance grâce à elles.
Si une personne croyait cela, elle servirait Hachem avec une immense joie et crainte du Ciel (yirat chamayim) et serait très attentive à prononcer chaque mot correctement ...
Une personne doit comprendre qu'elle se tient dans ce monde mais qu'elle atteint les Cieux et que chaque mouvement, parole, action et interaction fait un impact dans les Cieux, et c'est ainsi qu'elle s'assurera que toutes ses actions sont faites pour l'amour du Ciel.
Contrairement à la personne qui agit à sa guise en pensant : "Qui suis-je pour que mes actions fassent une différence ou soient remarquées dans les Cieux? Mais c'est une erreur, car par ses actions, une personne est reliée à Hachem et si elle est miséricordieuse, cela signifie qu'Hachem agira lui aussi avec miséricorde".

-> La Torah contient une mitsva : "marcher dans les voies d'Hachem" (Ki Tavo 28,9).
Nos Sages nous enseignent que cela signifie suivre les middos d'Hachem, et ils nous donnent la célèbre directive suivante : "Tout comme Il est miséricordieux, vous devez être miséricordieux ; tout comme Il est compatissant, vous devez être compatissants" (guémara Shabbath 133b).

Rabbénou Yona (Shaarei Avoda - ch.16) a ajouté une ligne supplémentaire dans son texte qui n'apparaît pas dans la guémara : "Tout comme Hachem crée le monde et lui permet de continuer à exister, vous devriez faire de même."
C'est une idée incroyable. Chaque mitsva que nous accomplissons s'accompagne d'une mitsva supplémentaire, celle de marcher dans les voies d'Hachem, car avec chaque mitsva, nous donnons au monde la subsistance nécessaire pour continuer à aller de l'avant!

[il est écrit : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35)
d'une certaine façon, Hachem a tellement confiance en nous qu'Il nous donne une partie de Lui en nous, faisant, si l'on peut dire, qu'Il est dépendant de nous. Par nos bonnes actions, nous Lui donnons alors de la force de pouvoir agir. ]

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+ Fauter ou ne pas fauter? = cela dépend d'à quel point tu es grand à tes yeux :

-> Se souvenir de notre grandeur est l'outil nécessaire pour résister à la tentation de la faute.
La Michna (Sanhedrin 37a) enseigne que chaque être humain a été créé individuellement et qu'il doit donc se dire : "Le monde a été créé pour moi".

Rachi explique que nos Sages nous enseignent que pour s'empêcher de fauter, une personne doit se dire : "Je suis aussi important que le monde entier, je ne dois donc pas me détruire du monde en commettant ne serait-ce qu'un seul péché."

-> De même, Rabbénou Yona (Shaaré Avoda), après avoir écrit qu'il faut connaître ses propres qualités, poursuit : "S'il est tenté ou si l'idée d'agir de manière inappropriée lui vient à l'esprit, il doit être embarrassé pour lui-même et ses ancêtres et se dire : "Une personne aussi grande et importante que moi, qui possède tant de grandes et hautes qualités, et je suis le fils d'un grand peuple et du Roi Eternel ; comment pourrais-je commettre un mal aussi terrible, et ce faisant fauter devant Hachem?"

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1,15) enseigne :
"Il est obligatoire de se rappeler à chaque seconde que nous sommes les enfants du Roi puissant et redoutable, et qu'il n'est pas convenable que nous nous comportions comme de modestes paysans.
La source de nos problèmes est que nous oublions que notre âme (néchama) vient d'un endroit terriblement élevé.
Dans ce contexte, nous agissons avec humilité, mais nous ne nous soucions pas de notre propre honneur et de l'honneur de notre néchama, et au lieu de cela, nous nous roulons dans la boue comme un humble paysan.
Il serait préférable d'être fier, de se comporter mieux que les autres et de dire : "Nous sommes les fils du Roi de tous les rois, et il est inapproprié que quelqu'un d'aussi honorable que nous se comporte comme un non-juif de bas étage.
Nous devons plutôt nous comporter comme il convient à l'endroit d'où nous venons (sous le Trône de Gloire). Nous devons nous comporter comme de grandes personnes, nettement plus grandes et différentes des personnes ordinaires, afin que tout le monde voie que nous ne sommes pas des personnes ordinaires ...
Si l'on se souvient de l'immense grandeur de chaque juif, du fait qu'il est plus élevé que les anges, il lui sera impossible de sombrer dans les frivolités et les mondanités de ce monde ou d'être attiré par la luxure (tout désir interdit par la Torah)".

-> La michna (Pirké Avot 2,13) enseigne : "Ne sois pas un fauteur à tes propres yeux".
Le Rambam explique que si une personne se sent un fauteur, elle agira comme tel.
Si elle est étiquetée comme une personne racha (ex: par rapport au tsadik comme je suis un racha, quelqu'un de "nul"), elle peut penser qu'elle peut tout aussi bien s'amuser et faire ce qu'elle veut. [ex: perdu pour perdu spirituellement, alors autant se lâcher, profiter! Si j'ai peu de valeur spirituelle, alors qu'est-ce que cela peut faire à D. si je n'agis pas beaucoup dans ce domaine!? ]

C'est une règle de base de toute éducation. Si un parent ou un enseignant traite un enfant de paresseux, l'enfant croit que c'est vrai et agira en conséquence.
Au lieu de cela, il faut dire à l'enfant que normalement tu es si fiable, mais que tout à l'heure tu as agi paresseusement.
De même, la michna nous enseigne que, même si vous avez fauté, ne vous considérez pas comme un fauteur ; mais plutôt rappelez-vous que vous êtes en réalité une âme sainte qui s'efforce d'être un tsadik, mais qui a dérapé une fois et a commis une faute.
De cette manière, vous tenterez toujours de préserver votre réputation et de vous abstenir de fauter.

[Hachem ne m'a pas fait ange, c'est normal que je faute, et il y a la téchouva pour tout réparer. L'essentiel est de se relever, de repartir vers l'avant en faisant de notre mieux pour exprimer nos sublimes potentialités intérieures.
A l'inverse, notre yétser ara pousse à nous dévaloriser, à nous voir comme ayant peu de valeur spirituelle, alors pourquoi faire les efforts de se relever, d'avoir de grandes ambitions spirituelles pour nous ... (plus on a d'estime de soi, plus on a d'ambition et de désir d'y parvenir).
Ainsi, mon cher yétser ara c'est très tentant, très agréable, ce que tu me proposes, mais cela ne me convient pas au regard de ma grandeur dans ce monde (je suis l'enfant adoré du Roi des rois, l'aidant à parfaire ce monde, à amener la guéoula!).
Et oui, cher yétser ara, ton patron (qui t'égorgera avec la venue du machia'h), celui qui te donne la vie à chaque instant, et bien sache qu'Il m'aime infiniment, Il a même mis une partie de Lui en moi, et ainsi j'ai un pouvoir Divin d'impacter le monde pour le bien ... ]