Aux délices de la Torah

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Hachem écoute même une prière sans kavana

+ Hachem écoute même une prière sans kavana :

-> Dans la Amida, nous disons dans Chéma kolénou : "ki ata choméa téfilat kol pé" (car tu entends la prière de chaque bouche - שומע אתה כי פה כל תפלת).
Rabbi Ouri de Strelisk est interpellé par la formule : "chaque bouche" (kol pé - כל פה) plutôt "toute prière" (kol téfila - כל תפלה) pour indiquer qu’Hachem écoute chaque téflila (prière)?
Les mots "kol pé" (כל פה) se réfèrent à une prière formulée sans intention venant du coeur (kavanat halev), juste prononcé avec la bouche. Même une telle prière a minima comme celle-là, Hachem l’écoute.
[Mayana chel Torah - Vaét'hanan 3,23]

-> Le Maguid de Trisk (dans son Maguen Avraham), écrit au nom du Baal chem tov :
Même si l’on n’a pas de kavana particulière et ignorons le sens des mots de la prière, puisque nous prions Hachem parce qu’Il nous l’a enjoint, notre prière perce malgré tout les cieux et s’élève jusqu’au firmament. Et ceci parce que les paroles saintes de la prière (écrites notamment par les membres de la Grande Assemblée ), dites léchem chamayim, ont une sainteté intrinsèque.

-> Le Yessod haEmouna explique, au nom du Arizal (se basant sur le Téhilim 78,36-37), que la prière fonctionne dans les sphères supérieures, même sans kavana, car Hachem agrée notre prière même si c’est juste l’expression de notre bouche (בפיהם), sans y mettre notre cœur (עמו נכון לא ולבם). [Taamé haMinhaguim - p.38]

[plus on met de kavana dans notre prière, plus on lui donne de la force, mais cependant même sans kavana aucune de nos prières n'est vaine. Quelle chance nous avons. Merci papa Hachem! ]

Un juif = le plus grand des miracles

+ Un juif = le plus grand des miracles :

-> Si une personne veut voir un miracle de nos jours, tout ce qu’elle a à faire est de regarder un juif.
Un Juif vivant aujourd’hui est le plus grand miracle qu’une personne puisse jamais voir.
Comme l’écrit le Aroukh haChoulkhan (Ora'h 'Haïm 1:10) : "il n’y a pas de signe ou prodige plus grand que cela" (מזה גדול ומופת אות לך אין ).
Il y a plus de 3300 ans, nos ancêtres étaient en Egypte et 80% des hébreux périrent. Pourtant, Hachem a préservé les hébreux afin que nous puissions être ici aujourd’hui.
Au moment de la destruction du 1er Temple, le nombre de morts était énorme, mais Hachem voulait que nous soyons là aujourd’hui. Hachem s’est assuré que nous réussissions à surmonter la destruction du 1er Temple.
Le nombre de personnes mortes lors de la destruction du 2e Temple était aussi stupéfiant. Falvius-Josèphe écrit que le nombre de personnes décédées s’élevait 1,1 million. Puis les Romains ont traqué chaque juif, mais encore une fois, Hachem sauva nos ancêtres.

Des milliers de juifs ont été massacrés pendant les Croisades, mais Hachem nous a sauvegardé.
En l’an 1391, 200 000 juifs furent convertis de force en Espagne, mais Hachem a assuré notre pérennité.
300 000 Juifs ont été expulsés d’Espagne en 1492 et des dizaines de milliers ont été tués.
Hachem a sauvé nos ancêtres des pogroms de Chmielnicki afin que nous puissions être là aujourd’hui.
[pour ne citer que ces exemples de malheur national]

Nous sommes donc une infime minorité qui a survécu à toutes les persécutions du peuple juif.
Hachem veille sur nous depuis 3300 ans. Notre ancêtre a été sauvé de l’Holocauste (Shoa) afin que nous puissions être en vie aujourd’hui.
Qu’un Juif soit ici n’est pas statistiquement improbable, ou même hautement improbable, mais c’est a priori IMPOSSIBLE, c’est là le plus grand des miracles!

Voici les mots étonnants de Rav Yaakov Emden (Introduction à son Siddour Beit Yaakov) :
"Comment celui qui nie la Providence divine n’a-t-il pas honte? Il suffit d’analyser notre situation dans ce monde. Nous sommes un peuple exilé, et malgré tout ce qui nous est arrivé pendant des milliers d’années, nous sommes toujours là. Je m’émerveille de ce miracle qui est, à mes yeux, beaucoup plus grand que tous les miracles qu’Hachem a accomplis pour nos ancêtres en Egypte, dans le désert et en terre d'Israël."
[cela a été écrit il y a près de 300 ans. Que dirait-il aujourd’hui?]

=> Ainsi, Hachem a accompli pour nous le plus grand miracle de l’Histoire. Tout au long de l’Histoire, il n’y a rien dans lequel Hachem s’est autant investi plus que dans l’existence de chaque juif!
Et ce parce qu’Il nous aime, attend nos prières, apprécie notre Torah et nos mitsvot.
[rav Yéhochoua Alt]

Juger favorablement autrui = avoir Hachem pour avocat

+ Juger favorablement autrui = avoir Hachem pour avocat :

-> Rabbi Yo'hanan (guémara Sanhédrin 44 b) dit : "On demandera toujours grâce, pour être encouragés et pour que nous n'ayons pas d'ennuis venus d'en-Haut."
Rachi explique : "Qu'il soit assisté par les anges de service pour demander grâce, et qu'il n'y ait pas d'accusateur en-Haut."

-> Rabbi Yaacov Galinski (Lehaguid) écrit à ce sujet :
"Il est arrivé que les anges de service soient les accusateurs, et que D. défende la cause de quelqu'un pour le sauver (Rachi sur la guémara Roch Hachana 16 b dans le midrach), et il est même arrivé que des anges ferment les portes des Cieux, pour empêcher la prière de monter, et que D. fasse tout Son possible dans les Cieux pour la recevoir (guémara Sanhédrin 103a)".

-> La guémara (Shabbath 127b) écrit : "De même que tu m'as jugé favorablement, D. te jugera favorablement."

-> Le rav Yaakov Israël Pozen (Adéraba) enseigne :
Le 'Hafets Haïm (Chmirat Halachon) sur cette guémara commente : "qu'il faut juger son prochain favorablement, même quand la justification est très hypothétique".
Si l'on se conduit ainsi, D. nous jugera favorablement.

On peut se demander comment il est possible de comparer un homme qui juge favorablement à D.
En effet, nous ne pouvons pas deviner ce qui se cache dans le cœur de notre prochain, c'est ce qui rend nécessaire ce principe d'à priori positif, mais D. sait ce qu'il y a dans notre cœur et dans nos reins. Il connaît la vérité ! Si nos intentions sont bonnes, le mérite ne sera pas retiré, et si elles sont mauvaises, comment les considérer en contredisant la vérité?
Le Hafets Haïm explique que l'homme est jaugé en fonction de la majorité de ses actes. Si la plupart sont des mitsvot, il est considéré comme juste, et dans le cas contraire, comme mauvais.

Or nous savons que si D. se conduisait avec nous selon l'attribut de justice, il ne resterait presque rien de nos mérites, car la plupart ont été acquis de façon imparfaite. Quant à ceux qui sont entiers, il se peut qu'ils n'aient pas été acquis dans l'amour, la crainte et la joie, qui conviennent à l'accomplissement de chaque mitsva.
C'est pourquoi c'est seulement si D. se conduit avec nous selon l'attribut de bonté et qu'Il cherche nos mérites, qu'il nous en restera. De même, nos fautes seront moins nombreuses, car D. trouvera toutes sortes d'excuses à nos fautes, qui n'étaient peut-être pas intentionnelles.

=> Qu'est-ce qui influencera le comportement divin à notre égard?
C'est le comportement que l'on adopte nous-mêmes à l'égard des autres. Si l'on a l'habitude de juger les autres favorablement, on est jugé favorablement ; mais si l'on a l'habitude de critiquer et de blâmer, les anges de service diront du mal de nous.

C'est aussi ce que dit le Baal Chem Tov au sujet de la michna : "Juge tout homme favorablement " (Pirké Avot 1,6) = l'homme est considéré comme un juge, car il se juge lui-même en fonction du regard qu'il porte sur l'autre.
Le principe de "mesure pour mesure" n'a pas été annulé après la création, tandis que tous les autres attributs l'ont été (midrach Beréchit rabba 9,11), de sorte que même le principe selon lequel D. "voile Sa face", où Il voit sans qu'on puisse Le distinguer, peut être appréhendé comme un dérivé de "mesure pour mesure".

Nos Sages nous ont ainsi enseigné que le comportement de D. envers nous est influencé par notre comportement envers notre prochain : "c'est avec la mesure que l'homme prend pour mesurer, qu'on le mesure" (guémara Sota 8b), ou encore : "Tout homme qui a pitié des créatures, recevra la pitié du Ciel" (guémara Shabbat 151b).
De même, D. promet (Réchit 'Hokhma - chaar anava) que "tant qu'Israël se conduit devant Lui en accord avec les 13 Attributs de miséricorde, Il leur pardonne". 'Devant Lui' signifie comme Lui, c'est-à-dire "de même qu'Il est miséricordieux, sois miséricordieux".

=> C'est donc ce comportement qui nous sauvera le jour du Jugement : si l'on se fait les accusateurs de notre prochain, D. lui aussi se fera accusateur.
Si l'on juge tous les hommes favorablement, quitte à construire des hypothèses très fragiles, nous sauverons notre personne et notre âme.

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-> "Juge chaque homme favorablement" (évé dan ét kol haadam lékaf zékhout - הֱוֵי דָן אֶת כָּל הָאָדָם לְכַף זְכוּת - Pirké Avot 1,6), dont les initiales forment les mots : HaDA KéHaLaZ, qui signifient : "ceci comme cela".
Ce comportement, que tu as observé chez Untel, correspond à cela; autrement dit, il est conforme à son caractère et à ses qualités. De même que, lorsqu'on rencontre une personne ayant un handicap mental, on n'est pas étonné par ses comportements absurdes, ainsi, lorsqu'on voit son prochain dire ou faire des choses incohérentes, il convient d'imaginer qu'il a un handicap dans son entendement vis-à-vis de ce point, et ne pas se précipiter à le juger sévèrement.

-> Pourquoi est-il écrit qu'il faut juger "tout homme" favorablement, et pas simplement "les hommes"?
Rabbi Yé'hezkel de Kozmir explique : c'est que lorsqu'on considère l'autre superficiellement, on repère rapidement ses défauts, personne n'étant exempt de défaillances. Or la michna nous invite à envisager "tout homme", que l'on peut lire "tout l'homme", et donc à voir aussi ses bons côtés, ce qui change totalement la perspective. L'autre n'aura plus l'air si mauvais, et l'on pourra prendre en compte ses qualités au regard de ses défauts.

-> Le Pné Ména'hem commente la michna : "Juge ton prochain favorablement", de façon littérale : le plateau/la cuillère du mérite (kaf zé'hout).
Quelle est cette cuillère (kaf) du mérite (zé'hout)?
Il l'explique par la métaphore suivante : dans une marmite de Tchoulent, on se sert avec une grande cuillère (kaf). Et que fait-on avec? On cherche [par exemple] un bon morceau de viande, on remue le fond de la marmite et on cherche.
"Juge ton prochain avec la cuiller du mérite", c'est-à-dire cherche en lui, avec ta cuillère, quelque morceau de mérite. Et si tu cherches, tu trouveras à coup sûr.

"Kaf", c'est aussi un chausse-pied. Lorsqu'on achète une paire de chaussures neuves, et qu'on a des difficultés pour y introduire le pied, on utilise un chausse-pied. Qu'a fait le chausse-pied? A-t-il raccourci le pied? Agrandi la chaussure?
Ni l'un ni l'autre. Il a simplement aidé à faciliter l'entrée du pied à l'intérieur de la chaussure.
Il en est de même pour le Kaf Zé'hout, le chausse-pied du mérite si tu pousses bien, cela rentrera, si tu fais l'effort de trouver un quelconque mérite, tu le trouveras.

Chaque juif est important!

+ Chaque juif est important :

-> Le Rabbi de Sassov avait pour habitude, chaque Shabbat, avant de réciter le Kiddouch, d'évoquer en pensée un mérite du peuple d'Israël. Tant qu'il n'avait pas trouvé un mérite, il ne commençait pas le Kiddouch.
Or il advint qu'un Shabbat se trouva à sa table un juif qui avait abandonné les mitsvot. On voyait bien qu'il venait de se raser, à son aspect et à l'odeur d'après-rasage qui émanait de lui, et qu'il l'avait fait après l'entrée du Shabbat.

Le Rabbi ferma les yeux un long moment, concentré sur ses pensées, et finit par réciter le Kiddouch.
Après la fin du repas, lorsque cet invité s'en alla, les 'Hassidim vinrent à lui et lui demandèrent : "Quel mérite avez-vous bien pu trouver à cet homme?"
Le Rabbi leur répondit :
-Nos Sages ont dit, dans la guémara, que lorsque le machia'h se dévoilerait, chaque non-juif lui apporterait un juif en cadeau, en disant : 'Lui aussi est juif', comme il est écrit : 'Ils mèneront des cadeaux au Redoutable' (Téhilim 76,12).
Je me suis demandé s'il était possible que cette guémara fasse référence, par exemple, à moi. Cela n'est pas plausible : il n'y aurait nul besoin de me mener au machia'h, j'irais par moi-même, avec joie.
Peut-on imaginer que mes 'Hassidim aient besoin que des non-juifs les mènent de force au machia'h? Impossible!
Je pense plutôt que cette guémara concerne une personne non religieuse, comme cet homme, qui n'a pas l'aspect d'un juif. Lorsque le machia'h se dévoilera, le non-juif l'entraînera avec lui, et lui dira : 'Voyons tu es juif, viens avec moi auprès du machia'h'.
Cependant, la guémara le désigne par le mot 'cadeau' : d'une certaine manière, cet homme est important.
C'est à tout cela que j'ai pensé, et ensuite j'ai pu réciter Kiddouch!"

"Celui qui s'est fatigué la veille de Shabbat aura de quoi se nourrir pendant Shabbat" (Avoda Zara 3a)

-> Le Beit Avraham enseigne :
Elloul est le 6e mois d'après le compte de la Torah (qui débute en Nissan). Il est donc à mettre en parallèle avec le 6e jour de la semaine, la veille de Shabbat. Ainsi, celui qui s'est fatigué la veille de Shabbat, en Elloul, aura de quoi se nourrir pendant Shabbat (le 7e jour qui représente le 7e mois de Tichri) lorsque son jugement sera tranché favorablement pour une nouvelle année remplie de bénédictions, de délivrance et de salut.

Le Beit Avraham (Nitsavim) ajoute à ce qui précède que puisque Elloul représente la veille de Shabbat et Tichri, le Shabbat, et qu'il est rapporté dans les Livres Saints que toute l'influence bénéfique du Shabbat sur les jours de la semaine descend d'En-Haut par l'intermédiaire de la ''Tosséfet Shabbat'' (ce qu'un juif rajoute de sainteté du Shabbat sur le jour profane, la veille de Shabbat, en faisant entrer le Shabbat plus tôt car la sainteté du Shabbat elle-même est trop élevée pour descendre directement dans notre monde matériel), il s'ensuit que l'abondance et la bénédiction de toute l'année proviennent de ce que chacun ajoute de ELloul sur Tichri en repentir et en bonnes actions.

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-> "Mes chers frères juifs bien-aimés, ne vous fourvoyez pas en attendant Roch Hachana. En ce jour de jugement, des anges accusateurs en veulent au peuple d'Israël. Hâtez-vous de rencontrer le Roi face à face pendant le mois d'Elloul avant qu'Il ne siège sur son Trône de Justice, implorez ainsi Sa miséricorde afin qu'Il nous accorde une bonne et douce année!"
[ Yétev Lev]

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-> b'h, également : le mois d'Elloul comme préparation à Roch Hachana : https://todahm.com/2022/07/13/36905

Elloul = l’obligation de se repentir dans cette période

+ Elloul = l’obligation de se repentir dans cette période :

-> Le Sfat Emet (Ki Tétsé 5642) écrit :
"De même, en ces jours d’Elloul qui sont des jours de repentir ..., les portes de la miséricorde sont ouvertes dans le Ciel et Sa main est tendue afin de recevoir les repentants. Aussi, chaque homme doit-il s’éveiller à la téchouva.
Nos Sages (guémara Béra'hot 6b) commentent le verset concernant la prière : "Pourquoi suis-Je venu et il n’y a point d’homme" (Yéchayahou 50,2) ainsi : de même, en ces jours où Hachem ouvre Sa main à tous ceux qui viennent se repentir, chacun doit dès à présent frapper à Sa porte, comme il est dit : "Car Hachem ton D. marche au centre de ton camp." (Ki Tétsé 23,15).
Nous devons être persuadés qu’Hachem (si l’on peut dire) anticipe notre venue afin d’être prêt à venir en aide à ceux qui veulent se purifier.
J’ai déjà écrit à ce sujet à un autre endroit que (ce verset se termine par les mots ) : "afin de te délivrer et de livrer tes ennemis dans ta main" (להצליך ולתת לפניך איבך), dont les premières lettres forment le mot אלול (Elloul)".

-> Cela signifie que ces jours-ci renferment une immense ‘Siyata Dichmaya’ (aide du Ciel) pour notre retour vers Hachem, Lui-même faisant le premier pas pour venir purifier les fauteurs qui désirent revenir vers Lui.
Le Sfat Emet (Ki Tavo 5661) écrit également à propos du verset : "Heureux l’homme qui m’écoute en accourant à mes portes jour après jour" (Michlé 8, 34) :
"Puisqu’il est écrit ‘jour après jour’, cela suggère que chaque jour (de l’année) ces portes sont ouvertes. Elles sont au nombre de deux : une pour les tsadikim et une pour les repentants ... parce que Hachem ouvre toujours une issue pour les repentants.
Or, puisqu’il est écrit en outre dans la suite du même verset : "(Heureux soit l’homme qui M’écoute) et qui aspire (en se tenant) dans l’ouverture de Mes portes", cela suggère qu’il existe des temps particuliers où les portes sont grand ouvertes, comme Elloul et Tichri."

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Mais cet enseignement du Sfat Emet va plus loin : à l’inverse, c’est précisément parce qu’il se déverse une abondance de miséricorde pendant le mois d’Elloul que notre devoir est d’autant plus grand de ne pas la gaspiller comme un insensé qui perd ce qu’on lui donne.
Chacun devra donc s’empresser dès à présent de frapper à la porte par laquelle entrent les repentants et de la franchir.

-> Le Arvé Na’hal (Shabbat Chouva, 4) rapporte une allusion à propos du verset : "Si nous ne nous étions pas attardés nous serions déjà revenus 2 fois" (Mikets 43,10) :
"Lorsqu’un homme, commet une faute et ne se repent pas durant toute l’année, il n’a à son décompte que la faute elle-même, mais l’absence de repentir n’est pas encore considérée comme une faute en soi ... sauf durant ces jours dont l’influence débute depuis Roch ‘Hodèch Elloul et qui sont des jours propices.
Car, lorsque ces jours se sont écoulés et qu’il ne s’est toujours pas repenti, il devra le faire 2 fois pour s’être abstenu de faire téchouva, ce qui est (alors) considéré comme une faute en soi.
C’est l’allusion contenue dans le verset : "Si nous ne nous étions", exprimée par le mot לולא (loulé), qui est composé des mêmes lettres que le mot אלול (Elloul).
En retardant notre repentir, nous sommes alors redevables de ‘revenir 2 fois’ (de faire téchouva 2 fois sur la faute commise)."

Les bikourim = avoir conscience de la grandeur de chaque juif

+ Les bikourim = avoir conscience de la grandeur de chaque juif :

-> La Michna (Bikourim 3,3) enseigne que lorsque ceux qui apportaient leurs prémices (bikourim) arrivaient à proximité de Jérusalem, ses habitants envoyaient alors une procession afin de parer les prémices de toutes sortes d'ornements. Les gens importants sortaient alors afin d’accueillir les arrivants suivant leur rang, et tous les artisans de Jérusalem se tenaient devant les pèlerins et demandaient de leurs nouvelles ("Frères de tel endroit, êtes-vous en paix ?", disaient-ils).

-> Le Yisma'h Israël demande : pourquoi accordait-on autant d'honneurs à ceux qui apportaient leurs prémices?
Et il répond de la manière suivante :
"Car grâce à cette mitsva chacun pouvait être témoin de la bonté d'Hachem. Car même une 'petite' mitsva qu'un paysan accomplissait dans son champ, ne serait-ce qu’en pensée en songeant à la toute jeune figue fraîchement sortie pour la consacrer à Hachem, avait une importance telle pour Hachem qu'Il ordonnait au juif qui apportait ces prémices de sa terre au Temple, de lire devant le Cohen un passage de la Torah marquant sa reconnaissance.
C'est pourquoi l'accueil des arrivants se faisait en ''grande pompe'', afin de montrer que la mitsva la plus 'simple' du juif le plus simple, qu'il accomplissait de la manière la plus simple possible (par une simple pensée), était agréée par Hachem avec amour et miséricorde, et que tous les anges du Ciel ornaient cette mitsva de plusieurs couronnes.
Chacun pourra y puiser un réconfort, car quelle que soit sa situation, s'il avait mérité de n'accomplir qu'une seule mitsva et de n’avoir qu'une seule bonne pensée au cours de toute son existence, cela aurait néanmoins valu la peine qu'il vienne dans ce monde."

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
cela signifie que, dans cette période [d'Elloul] où Hachem nous appelle au réveil spirituel et au repentir, il peut arriver à l'homme de penser à tort : "Pourquoi commencerais-je à travailler sur moi-même et à me rapprocher? De toute façon, je n'arriverai jamais au sommet!"
La réponse à cette (fausse) question est que la moindre petite action qu'un homme accomplit en l'honneur d'Hachem, suivant son niveau personnel, est considérée dans le Ciel comme un acte d'une immense envergure.
Et petit à petit, il méritera de parvenir au but souhaité.

On ne doit pas "dire les Séli'hot" mais "demander Séli'hot" (pardon), à savoir que l'on doit demander du fond du cœur à notre Père plein de miséricorde de nous pardonner notre passé et se répandre en prières devant Celui qui examine les reins et le cœur de l'homme.
[Beit Aharon]

La nécessité d’être reconnaissant

+ La nécessité d'être reconnaissant :

-> "Tu prendras des prémices de chaque fruit récolté par toi dans le pays qu'Hachem ton D. t'aura donné, et tu les mettras dans une corbeille ; et tu te rendras à l'endroit qu'Hachem ton D. aura choisi pour y faire régner Son Nom. Tu te présenteras au Cohen qui sera alors en fonctions, et tu lui diras : "Je viens reconnaître en ce jour, devant Hachem, ton D. que je suis venu dans le pays qu'Hachem avait juré à nos pères de nous donner"." (Ki Tavo 26,2-3)

-> Le Kav haYachar (18) au nom du Baal ha'Harédim, que le sens de cette mitsva (des bikourim - les prémices) est de remercier et de louer le D. de bonté pour tous les bienfaits dont Il nous a gratifiés. Nos Sages ont commenté les mots de notre verset : "Et tu Lui diras" ainsi : "C’est pour dire que tu n'es pas ingrat". Ce qui découle donc de cette mitsva, en ce qui nous concerne, est l'obligation de reconnaissance pour tous les bienfaits qu'Hachem a accomplis et continue à accomplir pour nous.

Voici ce qu'il écrit :
"Il n'existe aucun homme qui n'ait bénéficié d'un miracle. En particulier dans nos générations où les épreuves ne cessent d'augmenter chaque jour : de terribles décrets et de redoutables guerres, le glaive, la famine, des villes assiégées, attaquées, les épidémies.
Celui que Hachem a éclairé d'un rayon de lumière et qui a été préservé de tous ces maux est tenu de se rappeler en permanence la bonté d'Hachem et de ne pas faire preuve d'ingratitude. Plus encore, celui qui jouit de la bénédiction Divine, qui a le mérite de résider chez lui dans la sérénité, la tranquillité et la sûreté, et qui a une subsistance régulière, devra louer et remercier Hachem pour cela."

Le Séfer ha'Harédim insiste énormément sur cette obligation qui, selon lui, est incluse dans le commandement positif : "Tu diras en ce jour à Hachem ton D. : 'je suis venu dans le pays'.".
"De là, dit-il, on apprend que tous ceux qui reçoivent les bienfaits du Ciel et bénéficient de l'abondance que Hachem déverse sur eux ont l'obligation de Le remercier, de Le louer, et de ne pas émettre de griefs contre Lui comme le font ceux qui ont un regard malveillant et se plaignent de Lui d'autant plus qu'Il leur prodigue ses bienfaits."

-> Certains commentateurs expliquent, d'après cela, la juxtaposition de la Paracha des prémices avec celle qui nous ordonne d'effacer le nom d'Amalek (à la fin de la Paracha précédente [Ki Tétsé]).
Nos Sages (Tan'houma Béchala'h 25) expliquent, en effet, que Hachem provoqua l’attaque d’Amalek à cause de l’ingratitude dont firent preuve les Bné Israël lorsqu'ils s'écrièrent : "Est-ce qu'Hachem est parmi nous?"
Hachem dit alors : "Que vienne Amalek l'ingrat (cf. Rachi 'Houkat 20,17) et fasse payer au peuple son ingratitude" (cf. Rachi Béchala'h 17,8 : "Je suis constamment avec vous et disposé à vous prodiguer tous vos besoins et vous dites : ‘Est-ce qu'Hachem est parmi nous ?’").
Ces 2 thèmes (les prémices et Amalek) sont donc juxtaposés pour nous suggérer : "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek", lorsque vous étiez ingrats, c'est pourquoi : "Apportez vos prémices et remerciez ainsi Hachem en toute occasion, car c'est Lui qui vous prodigue tous les bienfaits!"

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+ Remercier Hachem constamment :

Le Chla'h haKadoch (12) rapporte le commentaire de Rachi sur le verset de notre paracha : "Tu te présenteras au Cohen qui sera alors en fonctions, et tu lui diras : "Je viens reconnaître"" : "tu lui diras", cela signifie que tu dois rappeler les bienfaits d'Hachem.
Et il le commente ainsi : "L'homme est ainsi tenu de se conduire vis-à-vis du Hachem, à chaque fois qu'Il lui amène un bienfait ou une réussite. Il devra Le louer et Le remercier pour avoir accompli cette chose, dans Sa bonté et Sa miséricorde."

-> Le Or ha'Haïm haKadoch écrit, pour sa part : "Il n'existe aucun moment ni aucun instant où Hachem n'agit pas en faveur de l'homme du point de vue de son corps ou de ses besoins."

-> L'Admour de Rofchitz ajoute, au nom de son père, Rabbi Ména'hem Mendel de Linsk :
"Il faut constamment remercier Hachem pour tous les bienfaits qu'Il accomplit à chaque instant et cela, pour toutes les sortes de bienfaits, qu'ils soient dévoilés ou dissimulés, comme le dit l’enseignement de nos Sages (guémara Yoma 22b) : "Combien l'homme ignore-t-il et ne ressent que c'est le Maître du monde qui l'a aidé!" "

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+ Remercier Hachem = c'est s'attirer les bénédictions :

-> Il est rapporté dans les livres saints : celui qui adopte comme conduite de remercier Hachem, attire sur lui un déversement de miséricorde et de bonté, et empêche les malheurs de l'atteindre.
La preuve, explique le Sfat Emet, est que nos Sages nous enseignent : "On n'interrompt pas la lecture de la to'hakha (תוכחה) [la paracha des "remontrances", dans les malédictions de Bé'houkotaï et de Ki Tavo], à savoir que l'on ne fait monter personne à la Torah au milieu de cette lecture.
La raison énoncée par nos Sages est que celui qui monte à la Torah doit commencer par dire : "baré'hou ét Hachem hamévora'h" ('Bénissez Hachem qui est béni') ; de ce fait, Hachem dit : "Il n'est pas légitime que Mes enfants reçoivent des malédictions alors que Moi, je reçois une bénédiction!"

=> On voit donc bien que lorsque la louange à Hachem est présente, elle repousse la malédiction.
Le Sfat Emet conclut :
"C'est pourquoi, mon conseil est d'accepter les épreuves avec amour, de remercier et de louer Hachem pour cela. Dès lors, il Lui paraîtra illégitime que l'homme qui Le bénit soit lui-même dans la souffrance, ce qui est facile à comprendre."

-> Le Tiféret Chlomo enseigne :
"On sait bien qu'un homme qui désire demander ce dont il aura besoin dans le futur, doit auparavant exprimer sa reconnaissance sur ce qu’il a eu dans le passé. Il pourra ensuite attirer sur lui la bonté d'Hachem concernant l'avenir.
C'est ce qui est écrit : "Louez Hachem qui est bon, parce que Sa bonté est éternelle" = lorsque l'homme loue Hachem sur le passé, il s'attire grâce à cela de nouveaux bienfaits."

Ce qui précède lui sert à expliquer également pourquoi les Guéonim ont institué de dire pendant les 10 jours de pénitence (Ecris pour une bonne vie tous les membres de Ton alliance - וכתוב לחיים טובים כל בני בריתך), au beau milieu de la bénédiction de "Modim" dans la Amida.
Quel rapport existe-t-il entre cette requête et la bénédiction qui est entièrement consacrée à remercier Hachem?
Et le Tiféret Chlomo de répondre qu'en remerciant Hachem sur l'année écoulée, l'homme est alors en mesure de prier pour une bonne année à venir.

-> Un des Tsadikim de notre génération en déduit la raison pour laquelle on lit la paracha des prémices (bikourim) à la fin de l'année.
Il dit : "C'est afin de suggérer, particulièrement à cette époque de l'année, l'obligation d'exprimer notre reconnaissance envers Hachem pour toutes les bontés dont Il nous a gratifiées durant l'année précédente, comme il y est écrit : "Et tu te réjouiras de tout le bien" (verset 11)."
Le verset du prophète Yéchayahou (55,12) : "Lorsque vous sortirez dans la joie", y fait allusion car il évoque que la sortie de l'année doit se faire dans la joie et la louange pour tout le bien reçu.

-> Il est écrit dans le Séfer Kadoch véNora Chémo :
la guemara (Béra'hot 20b) rapporte que les anges vinrent devant Hachem et Lui demandèrent : "Maître du monde, Tu as écrit dans Ta Torah" (Ekev 10,17) : "(Hachem) qui ne fait pas de préférence et ne se laisse pas corrompre", et pourtant, Tu te laisses corrompre puisqu'il est écrit : "Qu'Hachem dirige Son regard vers toi" (Nasso 6,26) (le terme employé est פנים ישא ,accorder sa préférence)?
- Comment ne leur accorderais-Je pas Ma préférence, leur répondit-Il, alors que J'ai écrit dans Ma Torah (8,10) : "Tu mangeras et tu seras rassasié et tu béniras Hachem ton D.", et eux, veillent (de leur propre initiative) à Me bénir déjà à partir du volume d'une olive ou d'un œuf!"

D'après la Torah, en effet, il n'y a d'obligation de réciter le 'Birkat Hamazon' que si on a mangé du pain à satiété, et les Bné Israël ont pris sur eux de dire déjà ces actions de grâce après avoir mangé seulement le volume d'une olive ou d'un œuf, même sans en être rassasié, et c'est pour cette raison qu'Hachem leur accorde Sa préférence.

=> De là, on peut tirer comme enseignement que même si un homme remercie Hachem sans être "rassasié de miracles ni de prodiges" ni ressentir que toute l'année s'est bien passée, malgré tout, s'il loue Hachem sur un "petit miracle du volume d'une olive'', il méritera que Hachem soit clément à son égard. Et qui n'a pas besoin de la clémence Divine le jour du jugement de Roch Hachana lorsque notre unique souhait est de mériter alors d'être jugé avec miséricorde? Voici donc un excellent conseil pour mériter une douce et bonne année!

-> autres commentaires sur cette guémara (Béra'hot 20b) : https://todahm.com/2021/01/21/39906

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-> b'h, voir également sur ce verset & la reconnaissance : https://todahm.com/2018/10/10/7274-2

"Hachem t’a glorifié à son tour en te conviant à être Son Peuple privilégié ... Il veut que tu deviennes la première de toutes les Nations qu’Il a faites, pour la louange, pour le nom et pour la splendeur ; et pour que tu sois un Peuple consacré à Hachem, ton D., comme il l’a déclaré" (Ki Tavo 26,18-19).

-> Le Baal HaTourim explique ainsi l’expression : "pour la louange, pour le nom et pour la splendeur" = "Autant que les juifs louent et glorifient le Nom, autant cela sera splendeur pour eux".
Ainsi, cite-t-il la guémara (Méguila 15b) : Dans le futur, Hachem sera une couronne sur la tête de chaque tsadik, comme il est dit : ‘En ce jour, Hachem sera une couronne de gloire et un splendide diadème’ (Yéchayahou 28, 5)."
Le Baal Hatourim explique alors : "Cette couronne par laquelle ils ont couronné Hachem lors de leurs prières, leur reviendra sur eux. En revanche, celui qui prononce des paroles profanes à la synagogue, verra son corps entouré de ronces."