Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Un commerçant ambitieux aura beau envoyer une puissante flotte dans tous les ports prospères, il aura beau dépêcher des émissaires chargés d'exploiter les richesses, ... il n'a aucune garantie de prospérité car Hachem est LE juge et c'est Lui seul qui décide qui réussira en affaires [commerciales ou autres]."
[Rachi - Téhilim 75,6-8 ]

-> Que fait votre D. depuis qu'Il a terminé de créer le monde, pendant les 6 jours de la Création?

Rabbi Chimon ben Halafta répond à cette question d'une noble romaine : "Depuis lors, D. prépare des échelles pour faire descendre tel homme et faire monter tel autre.
D. appauvrit celui-ci pour remettre sa fortune à celui-là, qui la mérite davantage."
[midrach Bamidbar rabba 22,7]

<--->

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.21) écrit :
"L'homme doit avoir confiance en D. et se décharger sur lui de son fardeau.
Il doit se persuader qu'il est impossible que rien ne manque à la portion que D. lui a réservée, puisque comme l'affirment nos Sages : "Tous les revenus de l'homme sont fixés pour lui à Roch Hachana" (guémara Bétsa 16a).

Ils disent également : "Personne ne peut rien prendre de la portion réservée à un autre, fût-ce l'épaisseur d'un cheveu" (guémara Yoma 38b).

En réalité, l'homme aurait pu rester inactif et jouir de cet état de choses sans effort de sa part n'eût été la sanction imposée à l'humanité : "A la sueur de ton front, tu mangeras ton pain" (Béréchit 3,19)
Cette sanction qui ressemble à une taxe que l'humanité doit payer et à laquelle il est impossible de se soustraire ... cela ne signifie pas que l'effort garantit le résultat, mais que le labeur est une contrainte inévitable.
[...]
L'homme ne devrait fournir qu'un minimum de labeur, mettre ensuite toute sa confiance en D. et ne plus se soucier d'aucune préoccupation matérielle."

<--->

-> "Celui qui s'empresse d'achever son labeur pour se débarrasser de ce fardeau au plus vite, reconnaît que le travail est une malédiction.
Mais celui qui éprouve beaucoup de plaisir à gagner de l'argent, savoure les bonnes affaires qu'il réalise et désire travailler pour gagner davantage, est un homme de peu de foi, qui se dit : "C'est ma propre force et le pouvoir de ma main qui m'ont valu cette richesse" (Ekev 8,17)."
[le Saba de Kelm - Rav Sim'ha Zissel - 'Hokhma ouMoussar (vol.I p.127)]

"La réussite dans l'éducation des enfants dépend à 100% de l'aide de Hachem.

Tous les efforts que nous y investissons ne sont là que pour que nous puissions témoigner que nous avons honnêtement essayé de faire de notre mieux, lorsque nous comparaîtrons devant le Tribunal céleste. Mais le succès est totalement dans les mains de D.

Souviens-toi donc, mon cher ami, qu'il faut sincèrement prier pour ses enfants."

[le 'Hafets 'Haïm - à un roch Yéchiva (rav Moché Schneider)]

<--------->

-> Selon le rav Avraham Pam, 2 éléments amènent la réussite dans l'éducation : la prière et la nécessité pour les parents de constituer un modèle positif pour leurs enfants.

-> "Il faut beaucoup prier pour réussir avec les enfants, et aucun autre conseil n'est utile."
[rabbi'Haïm Kanievsky - dans son Derekh Si'ha p.71]

-> Un homme demanda au Steïpler une bénédiction pour l'éducation de son enfant.
Le Steïpler lui répondit : "Il faut prier! Que croyez vous? Jusqu'à ce jour, je prie encore pour la réussite de mon fils (rav 'Haïm Kanievsky)."
Cette anecdote date de l'époque où le fils du Steïpler était âgé de 52 ans!

-> On demanda au 'Hatam Sofer, le secret de sa réussite dans l'éducation d'un enfant comme son fils, le Ktav Sofer.
Il répondit : "Savez-vous combien de larmes j'ai versées en priant pour mon fils?"

De même, lorsqu'il parlait de l'éducation de son fils, le rav de Brisk disait : "La réussite dans l'éducation des enfants ne s'obtient qu'avec des Téhilim et des larmes".

A ce sujet, b'h, voir également : https://todahm.com/2019/07/08/9747

<--------->

-> "Je lève les yeux vers les montagnes. D'où me viendra le secours?" (Téhilim 121,1)

"Vers les montagnes" (él éarim - אל ההרים) peut également se lire : "vers les parents" (él aorim), [dont l'exemple et les conseils se dressent plus haut que les sommets des montagnes les plus élevées], car ils guident leurs enfants pour les aider à découvrir les sources desquelles jaillira l'aide et le salut.
[midrach Béréchit rabba 68,2]

[dans un monde rempli de tentations et d'inquiétudes, les parents doivent surnager en amour et en exemplarité, afin que leurs enfants puissent toujours avoir les repères pour avoir un vie juive épanouie, réussie et joyeuse. ]

<----->

-> "Heureux l'homme qui craint Hachem, qui prend plaisir à ses commandements. Puissante sera sa postérité sur la terre, une race de justes qui sera bénie." (Téhilim 112,2)

-> Lorsqu'un père qui craint vraiment D., accomplit les mitsvot avec amour, il inspire directement ses enfants et leur communique des forces physiques et spirituelles.

Rabbi Yéhochoua Heschel d'Apta (le Ohèv Israël - paracha Mattot) développe cela :
"Les jeunes enfants ont particulièrement besoin d'être bien protégés, parce que leur esprit est encore tendre et qu'ils n'ont pas le sens très clair de ce qui est bien et juste.
Ils sont extrêmement impressionnables et il est facile de les influencer.

Lorsqu'un père accomplit une mitsva avec des intentions pure, il crée un messager divin qui s'élève vers les cieux pour rendre hommage à D.
Plus on met d'enthousiasme dans l'accomplissement d'une mitsva, plus beaux et puissants sont les anges créés.

Ces messagers à leur tour, utilisent l'énergie que le père leur a communiquée pour la transmettre aux enfants.

Lorsque nous voyons des enfants accomplir des mitsvot avec zèle ou étudier la Torah de façon assidue, nous devons attribuer cet élan aux forces spirituelles créées par leur père qui pénètrent dans l'esprit de leurs enfants et les poussent à accomplir des mitsvot leur assurant le bien-être, présent et futur."

<---------------------------------------->

+ "Heureux ceux qui respectent le droit, qui pratiquent la justice (tsédaka) en tout temps" (Téhilim 106,3)

-> Est-il possible de faire continuellement la charité (tsédaka), sans jamais s'interrompre?

Nos Sages répondent (guémara Kétoubot 50a) : ici la tsédaka fait allusion au père qui entretient ses jeunes enfants, garçons et filles [en les nourrissant et en leur fournissant un toit jour et nuit - selon Rachi]

-> En remplissant ses obligations fondamentales vis-à-vis de ses enfants, un parent accomplit-il forcément un acte de charité? N'est-ce pas un devoir?

Rabbi Avraham Feuer répond que selon nos Sages cela dépend de l'attitude et des intentions :

- 1er cas : Cela n'est pas considéré comme de la charité (tsédaka) = si le soucis des parents pour l'enfant émane uniquement de leur sentiment d'amour et de responsabilité envers lui.

La majorité des parents ont un sentiment de possession très poussé à l'égard de leurs enfants, bien plus qu'envers leurs richesses et autres possessions matérielles.
Ils pensent : "Tout ce que nous possédons vient et repart, mais nos enfants sont notre chair et notre sang. Nous les avons mis au monde, les avons élevés et ils sont à nous pour toujours."
C'est une erreur, car tous les êtres humains, enfants y compris sont la propriété exclusive de Hachem.

- 2e cas : C'est considéré comme de la charité (tsédaka) = lorsque le souci prioritaire des parents est de faire ce qui est le meilleur pour l'enfant, et le plus conforme à la volonté de Hachem.
Leurs objectifs privés ne doivent pas compter.

En effet, combien de jeunes existences n'ont-elles pas été gâchées par des parents égoïstes qui ont voulu imposer leur ambitions personnelles à leur progéniture?

[plutôt qu'ils s'épanouissent en fonction de leurs qualités propres, nous projetons en eux ce que nous aurions désiré faire de la vie, ce qui pourra faire que nous serons bien vu par notre entourage, ...]

Les enfants sont la propriété de D., qui a confié aux parents le privilège de les "adopter et de les élever".
=> Lorsque la seule considération est le bien de l'enfant, alors cela devient à chaque instant une occasion donnée par D. de faire du bien (tsédaka).

 

+ Pourquoi David s'intitule-t-il : "serviteur de D." (avdé Hachem - Téhilim 18,1)?

Pour nous enseigner que quiconque se repent et se débarrasse de ses fautes, mérite que D. rehausse son honneur en lui accordant un nouveau titre d'affection.

Il en est de même pour les fils de Kora'h : ... une fois qu'ils se repentirent [et s'écartèrent des fautes de leur père], ils furent appelés : "chochanim" (roses - שֹׁשַׁנִּים) ... après leur téchouva, ils furent [également] appelés : "chéris/bien-aimés", et leur chant s'intitula : "chir yédidot" (chant d'affection/d'amour - שִׁיר יְדִידֹת).

De même, ... lorsque David se repentit sincèrement, il mérita le titre de : "serviteur de D."

[midrach Téhilim 18,1]

<--------------->

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva) décrit cela :
"Grande est la téchouva, car elle permet à celui qui s'est éloigné, d'arriver jusqu'auprès de Hachem ...

Hier, le fauteur était détestable aux yeux de D., il était repoussant, détestable, abominable.
Aujourd'hui, il s'est repenti et le voici chéri, choyé, intime et digne d'affection."

<------------>

-> Rabbi Yéhouda haNassi enseigne : "Grande est la téchouva car la moindre pensée de repentir qui tremblote dans le cœur de l'homme monte immédiatement devant le trône céleste. Et cela est vrai quelle que soit la culpabilité du pénitent."
[...]
Hachem [nous] dit : "Ne craignez rien! Vos fautes, dussent-elles arriver jusqu'aux pieds de Mon trône céleste, Je vous pardonnerai, pourvu que vous vous repentiez!"
[Psikta rabbati 45,9]

-> "Tout au long de la journée, chaque jour, la droite de D. est tendue pour soutenir et accueillir ceux qui désirent se repentir.
Hachem proclame : "Repentez-vous, fils de l'homme!" (Téhilim 90,3)."
[Pirké déRabbi Eliézer - chap.43]

<--->

-> Le roi Ménaché, roi de Yéhouda, un descendant du roi David, fut l'un des pécheurs le plus racha et le plus sanguinaire de tous les temps (guémara Sanhédrin 103b ; Yébamot 49b).
Il hérita de son père ('Hizkiyahou), d'une nation à l'apogée de la piété et de l'érudition.
Mais durant les 22 ans de son règne, il s'employa à détourner du bon chemin le peuple juif, et à l'entraîner à l'idolâtrie.
Il a commis de nombreuses violences et victimes innocentes, comme la mort de son grand-père le prophète Yéchayahou, exécuté par son propre glaive.

Finalement, Ménaché fut capturé par l'envahisseur babylonien et condamné à être brûlé vit.
Tandis que les flammes le léchaient, il se tourna désespérément vers le D. de ses ancêtres.

Le Talmud de Jérusalem (Sanhédrin 10,9) rapporte que lorsque Ménaché pria vers Hachem, à ce moment les anges de service verrouillèrent toutes les portes du Ciel pour en interdire l'accès aux suppliques de ce racha qui avait installé une idole dans le Saint des Saints.
Mais D. découpa une ouverture dans le bas de Son Trône pour laisser passer sa prière, exprimant ainsi clairement que quoiqu'un juif est pu faire dans sa vie, il lui est toujours possible de faire téchouva, et Hachem attend cela!

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 1,14) écrit : "Le pénitent doit être tourmenté au plus profond de son être lorsqu'il songe à l'énormité de son crime : avoir osé se révolter contre son Créateur! [...]
Comment a-t-il pu oublier D. qui l'a fait sortir du néant, l'a toujours entretenu avec bonté et l'a constamment protégé?"

=> On doit trouver une consolation dans le fait de savoir que plus le poids de nos fautes nous semble lourd, plus grand sera notre repentir, et plus nous gagnerons la faveur et l'amour de Hachem.

<----->

-> Le midrach raconte que lorsque Réouven pécha (en déplaçant la couche de l'épouse de son père), il fut condamné à mourir. Mais il fit téchouva et D. lui accorda de vivre.

A ce moment, les anges de service s'exclamèrent : "Béni sois-tu Hachem, qui désires le repentir!" (arotsé bitéchouva - 5e bénédiction de la Amida).
[Chibolé haLéket]

=> De même que tout juif récite quotidiennement ces mots dans la Amida, de même Hachem désire ardemment la téchouva de toute personne (arotsé bitéchouva!), même la plus éloignée, même celle la plus enfoncée dans le péché!

<--->

-> La guémara (Yoma 21b) rapporte que 5 choses étaient présentes dans le 1er Temple, mais pas dans le 2. L'une d'elles était le fait que la présence Divine n'est pas revenue.

Nos Sages (guémara Roch Hachana 31a & Rachi) enseignent que ce fut à contre-cœur que la Présence Divine quitta le Temple, car Hachem espérait toujours voir le peuple juif faire téchouva.
En effet, la Ché'hina ne disparut pas brusquement mais se retira en 10 étapes, montrant clairement qu'elle reculait de plus en plus loin du Temple [tout en attendant le moindre sentiment de notre repentir pour y revenir!].

[en réalité Hachem n'a jamais totalement quitté le Temple, mais les fautes des juifs ont conduit à un tel éloignement avec Lui, que la dissimulation de la présence Divine peut nous sembler comme s'Il est totalement absent (on ressent presque plus sa proximité par rapport à avant!).]

<------------>

-> La téchouva, c'est abattre toutes les séparations qui nous éloignent de D. à cause de nos fautes, c'est ainsi notre façon de proclamer à Hachem : "La seule chose qui compte pour nous, c'est le rayonnement de Ta face" (midrach Téhilim 80).

[téchouva = tachouv hé = revenir vers hé, vers D.! Rien n'a plus d'importance que d'être au plus près de Toi!]

"Celui qui empêche ses yeux de voir tout spectacle incorrect méritera de contempler la présence Divine.
Comme le dit le prophète : "Et qui ferme les yeux pour ne pas se complaire au mal ... tes yeux contempleront le Roi dans Sa beauté" (Yéchayahou 33,15-17)."

[midrach Vayikra rabba 23,13]

<--->

-> "Détourne mes yeux de la vue de choses frivoles, fais-moi vivre dans Tes voies" (le roi David - Téhilim 119,37)

"Ainsi fit Aharon" (Béaaloté'ha 8,3)

Rachi commente : c'est l'éloge de Aharon qui n'a rien changé [à l'ordre reçu relatif à l'allumage et à l'entretien des lumières de la Ménora].

=> Pourquoi pourrions-nous penser que Aharon aurait modifié l'ordre reçu?

Le rav Shloime Halberstam répond que les flammes que Aharon allumait sur la Ménora représentent les âmes du peuple juif. En enflammant ces âmes, Aharon témoignait de son amour envers chaque juif, en les ramenant plus proche du Service de leur père au Ciel (avi'hem chébachamaïm).

A cet égard, Aharon travaillait d'une manière parfaitement égale pour chaque membre du peuple juif, ne témoignant d'aucun favoritisme ou d'un amour supplémentaire qu'à celui de ses propres enfants.

=> C'est cela toute la profondeur de l'éloge de Aharon : "il n'a rien changé".

<------------>

-> Dans la bénédiction : "sim shalom" de la Amida, il est écrit : "Une loi (Torat) de vie, l'amour de la vertu, et de la justice, la bénédiction, la miséricorde, la vie, et la paix." (torat 'haïm, véaavat 'héssed, vétsédakat, vébéra'ha, véra'hamim, vé'haïm, véshalom).

Ces 7 formulations correspondent aux 7 flammes de la Ménora qui dispensaient la lumière Divine au peuple juif et à tout l'univers.
[Kohélét Its'hak - Béaaloté'ha]

<------------>

-> Le Ahavat Shalom (rabbi Ména’hem Mendel de Kossov) commente sur ce verset :
Pourquoi Aharon mérite-t-il d'être loué pour avoir correctement accompli une chose aussi facile que d'allumer la Ménora?

Dans le passage de la Torah relatif à chaque journée de la Création (paracha Béréchit), nous lisons à la fin de chaque paragraphe : "vayéhi 'hèn" (et cela s'accomplit - וַיְהִי-כֵן).
Le seul paragraphe qui fait exception est le 1er paragraphe (1ere journée) qui décrit la création de la lumière où, au lieu de : "vayéhi 'hèn", il est dit : "vayéhi or" (et la lumière fut - וַיְהִי-אוֹר).

Nos Sages, notant cette différence, expliquent que la lumière du 1er jour de la Création a été mise de côté dans un endroit caché, parce que D. trouva que le monde ne méritait pas d'être illuminé par la brillante splendeur de ce rayonnement céleste.
A la place, c'est une lumière diminuée qui est apparue. Avec pour résultat que D. ne pouvait plus dire : "vayéhi 'hen" (et cela s'accomplit), parce que la lumière qui a émergé n'était pas celle que D. avait prévue pour le monde.

=> En illuminant la Ménora, Aharon a restitué la glorieuse lumière primordiale du monde. Il a rétabli par ce moyen le "bayéhi 'hèn", le "et cela s'accomplit" du 1er jour de la Création.
C'était ce que veut dire Rachi par : "Aharon n'a fait aucun changement" = en illuminant la Ménora, il rectifia le changement qui avait été opéré lors du 1er jour de la Création. Un acte vraiment méritoire.

<--->

Rachi explique que la Torah veut faire l'éloge de Aharon, qui fit comme Hachem l'ordonna et ne changea rien à l'ordre Divin.
Mais en quoi cela est-il si élogieux? N'est-il pas normal de ne pas changer de l'ordre Divin?

En réalité lorsque Aharon alluma les bougies de la Ménora, il était empreint d'un enthousiasme et d'une ardeur tellement intenses, que logiquement, il aurait dû être saisi de tremblement, ce qui aurait entraîné des modifications dans l'allumage, comme le fait de renverser un peu d'huile par exemple.
Mais Aharon, malgré son enthousiasme, a réussi à prendre le dessus et à avoir la maîtrise de son émotion, sans que son corps ne soit sous l'emprise de son ardeur. Dès lors, il a pu allumer la Ménora avec maîtrise de soi, sans
aucunement modifier, même contre son gré, l'ordre Divin.
=> L'éloge de Aharon était que malgré son émotion intense, il fut aussi capable de ne rien laisser transparaître et d'allumer la Ménora sereinement.
[Kédouchat Levi]

<------------>

-> Rachi (v.8,3) dit : "Aharon fit ainsi = c’est pour nous dire la grandeur d’Aharon, qu’il n’a rien modifié."
=> Qu’est-ce qu’Aharon aurait pu modifier mais s’en est abstenu?

Le Maharil Diskin dit qu’il y avait 3 marches devant la Ménora, sur lesquelles on montait pour allumer les lampes. Tout cela quand il s’agit d’un Cohen ordinaire, mais Aharon était prophète, or Hachem ne fait reposer Sa Présence Divine que sur quelqu’un qui est riche, fort, intelligent et grand de taille.
Ainsi, Aharon avait du mal à utiliser ces marches, parce qu’il était grand, et malgré tout il n’a rien modifié et il les a utilisées comme Hachem l’avait ordonné.

<--->

-> Autre explication : Qui ne se souvient pas du 1er jour où il a mis les téfilin? La veille au soir, l’émotion empêche déjà de s’endormir! Et qui ne sait pas ce que c’est devenu 6 mois plus tard ? Où est passé tout l’enthousiasme?
Le Sfat Emet dit que normalement on commence à faire les mitsvot avec tout son enthousiasme et toute sa sainteté, mais au bout d’un certain temps on se calme. La grandeur d’Aharon de ne rien avoir modifié est que l’enthousiasme qu’il avait la 1ere fois, c’est avec le même enthousiasme et la même sainteté qu’il a continué à allumer les lampes pendant toutes les années.

<---->

-> "Aharon a fait ainsi" (Béaaloté'ha 8,3)

-> Rachi explique que ce passage de la Ménora suit celui des sacrifices des princes de tribus. En effet, quand Aharon constata que ni lui ni sa tribu n'a apporté d'offrande, il en a conçu beaucoup de peine. Pour le rassurer Hachem lui dit : "Je vais te donner une part encore plus grande que celle de ces chefs de tribus. Toi tu vas allumer la Menora".
Ainsi, cette mitsva vient consoler Aharon suite à la peine qu'il a ressenti. Hachem est venu l'apaiser en lui donnant une part plus grande par cette mitsva.

Le Sfat Emet fait remarquer que Aharon aurait pu en concevoir une certaine fierté personnelle. Ne vient-il pas de recevoir une attention toute particulière de la part d'Hachem qui souhaite l'honorer plus que les autres. De ce fait, en allumant la Ménora, on aurait pu s'attendre qu'il le fasse avec un élan particulier exprimant sa satisfaction personnelle.
C'est dans ce contexte que la Torah témoigne : "Aharon fit ainsi", "sans rien changer", c'est-à-dire qu'il alluma la Ménora exactement de la même façon qu'il fit toutes les autres mitsvot, sans ne concevoir la moindre satisfaction personnelle d'avoir été honoré.
Pour Aharon, la mitsva c'est avant tout accomplir la Volonté d'Hachem et Lui faire plaisir. En aucun cas, on ne doit mêler un intérêt personnel de fierté ou autre.
Et cela mérite bien de lui être reconnu comme un véritable éloge. Il a accompli cette mitsva uniquement pour le Nom d'Hachem, sans se sentir glorifié par elle et sans rien changer dans son ressenti par rapport à son habitude.

La leçon pour nous est de nous habituer à voir les mitsvot comme des moyens de servir Hachem et pas de se servir soi-même. Et pour cela, il convient constamment de vérifier la pureté de ses intentions. La grandeur d'une mitsva se mesure essentiellement par la pureté de l'intention, combien cette mitsva a été réalisée pour Hachem, et bien sûr pas pour en recevoir des éloges, de l'argent, ou tout autre intérêt.

<------------>

+ Il n'y a ni petit ni grand face à Hachem :

-> Aharon n'a fait aucun changement en réalisant la mitsva d'allumer les lumière de la Ménora.
Parfois, nous voyons un individu versant des larmes comme une source le jour de Kippour, et nous pensons : "Oh ... quel tsadik!! ..." Mais en réalité, le tsadik est celui qui pleure toute l'année lorsqu'il prie, pas uniquement le jour de Kippour, lorsqu'il craint le décret divin du fait de toutes ses fautes de l'année écoulée.

Il en est de même pour Aharon. La Torah nous apprend qu'il allumait chaque jour les lumières de la Ménora avec le même enthousiasme et la même admiration que lorsqu'il faisait le service du jour de Kippour, à l'intérieur et à l'extérieur du Saint des Saints ...
Il n'affichait pas de différence entre les tâches, on ne voyait pas de changement apparent entre une tâche facile et une tâche difficile ... Il les accomplissait toutes les 2 avec le même enthousiasme, réalisant qu'il appliquait l'ordre divin. C'est cela la grandeur de Aharon!

Un homme peut être animé de 2 mobiles : lorsqu'il accomplit de grands actes, il agit par admiration et fascination, et lorsqu'il réalise de petites choses au quotidien, il vient prouver qu'il agit avec sincérité et intégrité en réalisant la volonté de Hachem, tout en exprimant sa joie d'avoir été choisi par le Roi des rois. C'est ainsi que l'on reconnaît un grand homme.
[...]

Quelqu'un se serait tenu face à la Ménora se disant [plus ou moins consciemment] : "Voilà, je suis le Cohen Gadol, tout le monde me regarde!"
Mais une telle pensée n'a même pas effleuré Aharon. Toute son attention n'était que de réaliser la volonté d'Hachem comme Il lui a ordonné.
Cela vient souligner l'éloge d'Aharon qui n'a pas changé la moindre chose dans sa juste intention en allumant les lumières. Toute sa volonté n'était que d'appliquer l'ordre du Roi des rois, qui lui a ordonné de disposer les lampes face à la Ménora.

Ces choses nous concernent également. Dans chaque acte que nous réalisons, nous devons y penser et nous rappeler que nous réalisons la volonté d'Hachem, et rien de plus.
Lorsque nous préparons les bougies ou les mèches en l'honneur du Shabbath, c'est parce que Hachem nous l'a ordonné.
Lorsque nous offrons l'hospitalité, c'est parce que Hachem nous l'a ordonné, et ainsi de suite ...
Si nous nous habituons à agir ainsi ("comme Hachem l'avait ordonné"), l'éloge que nous mériterons sera semblable à celui d'Aharon.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

L'homme sans la Torah n'a aucun avantage par rapport à un animal.
Ce n'est que la connaissance de la Torah qui fait une distinction avec les animaux, et qui le rend méritant d'être appelé un homme, car la Torah est l'objectif de la Création.

[Maharcha - guémara Sanhédrin 99b]

Le roi David dit à Hachem : "Maître de l'univers! ... Le riche se fait remarquer [devant Toi] grâce à sa richesse [qui lui permet d'être généreux]. Mais que doit faire le pauvre?"

"Le pauvre atteindra la célébrité grâce à ses enfants ... D. accorde aux pauvres des fils qui deviennent des maîtres de Torah."

[Tana débé Eliyahou rabba - chap.18]

<--->

-> "C'est un avantage pour moi d'avoir connu la misère, pour que j'apprenne Tes préceptes." (Téhilim 119,71)

-> Chmouël dit : "Ne négligez pas les enfants des pauvres car c'est d'eux que sortira la Torah!"
[guémara Nédarim 81a]

Le Ran de commenter : "Parce qu'ils sont pauvres et ne possèdent rien qui puisse les distraire de l'étude.
D'autre part, la condition de leurs parents les remplit d'humilité, ce qui représente la première des conditions pour l'étude de la Torah."

+ Une personne généreuse ne doit pas disperser plus de 20% de ses revenus pour la charité afin de ne pas s'appauvrir elle-même.
[selon la guémara Kétoubot 50a]

-> Le Chita Mékoubétset (s'appuyant sur le midrach Vayikra rabba 34,16) enseigne :
Ce quota de 20% ne s'applique qu'aux dons habituels qu'on fait aux pauvres.
En revanche, il n'est pas en vigueur lorsqu'il s'agit de soutenir ceux qui étudient la Torah. Cette forme de charité n'est pas considérée comme un don, mais comme un investissement dont les profits sont garantis.

Il est donc permis de disperser autant d'argent qu'on veut pour soutenir l'étude de la Torah, car le roi David a signé un certificat qui garantit ce dépôt : "Il est prodigue envers les [talmidé 'hakhamim] pauvres, sa bienfaisance dure à tout jamais" (Téhilim 112,9).

"Un réveil (spontané) dans le cœur d'un homme est plus bénéfique que 100 coups de bâton, ainsi qu'il est dit : "Un reproche fait plus d'impression sur un homme intelligent que 100 coups sur un fou" (Michlé 17,10)"."
[guémara Béra'hot 7a]

=> Se repentir véritablement, c'est remplir son cœur de remords et atteindre un niveau d'humilité et de soumission qu'on n'aurait pu atteindre autrement, même après avoir reçu 100 coups de bâtons, sous forme de malheurs venus de l'extérieur.
[pour éviter que Hachem n'en vienne à nous stimuler au repentir extérieurement par de la souffrance, tâchons de quotidiennement se réveiller intérieurement à une téchouva sincère.]

-> Le rav Avraham Feuer dit que l'on frappe avec son poing droit, à l'endroit du cœur, qui est le siège des passions et des désirs, lieu où la faute prend sa source.
De même qu'il convient de frapper à la porte de celui qui dort pour le réveiller, de même nous frappons sur notre cœur pour le sortir de sa léthargie.

[il ne faut pas taper pour tasser et pouvoir ajouter d'autres fautes (c'est bon j'ai bonne conscience, ma bouche a bougé pour dire des mots du genre : j'ai fauté ...! je peux alors retourner au même comportement fautif d'avant ...).

Mais plutôt, il faut taper pour se réveiller de l'anesthésie/l'illusion dans laquelle notre yétser ara nous a mis, afin de nous pousser à la faute.]

<------>

-> "Un racha complet vaut mieux que celui qui étudie la Torah mais ne s'y investit pas totalement, qui commet des fautes et se pardonne à lui-même ou qui prie aujourd'hui parce qu'il a prié hier."
[rabbi Mendel Ména'hem de Kotzk]

[un racha, s'il sait qu'il est corrompu, peut encore se repentir. Mais celui qui se leurre et croit qu'il n'a rien à se reprocher, n'aura jamais l'occasion de faire téchouva. ]

Le pouvoir des larmes

+ Le pouvoir des larmes :

-> "Car Hachem a entendu le bruit de mes sanglots. Hachem a exaucé ma supplication, Hachem a accueilli ma prière" (Téhilim 6,9-10)

Le Chla haKadoch dit que les larmes sincères donnent bien plus de poids à la prière, et lorsqu'on ne parvient pas à pleurer, on devrait au moins prier d'une voix brisée avec "des bruits de sanglots".

-> "La prière mêlée de larmes a un effet aussi certain que le remède prescrit par le plus expert des médecins"
[Ibn Ezra - commentaire Téhilim 39,13]

-> Du jour où le Temple a été détruit, toutes les portes de la prière ont été fermées. Cependant, les portes des larmes n’ont pas été scellées, car il est dit : "Ne reste pas silencieux devant mes larmes" (Téhilim 39,13).
[guémara Baba Métsia 59a]

-> "Les portes du Ciel ne sont jamais fermées aux larmes"
[guémara Béra’hot 32b]

-> Celui qui pleure en priant fait sangloter avec lui les étoiles et les constellations pour que sa prière soit écoutée.
[Chilté Guiborim - Mordé'haï - Béra'hot 4]

-> Même si un homme ne mérite pas que sa prière soit exaucée en regard de ses actions, il est possible que D. l'agrée quand il récite de nombreuses supplications baignées de larmes ou lorsqu'il épanche son cœur en formulant des requêtes touchant au domaine spirituel, comme l'étude de la Torah.
[séfer 'Hassidim 130]

-> Concernant la puissance des prières récitées avec des larmes, le séfer Ha'Hasidim (ot 130) écrit :
"Certaines personnes ne méritent pas que leurs prières soient exaucées par Hachem, mais parce qu'elles prient avec force et avec larmes, et qu'elles pleurent et implorent Hachem sans cesse, Il accepte leurs prières et accomplit leur volonté, même si elles n'ont aucun mérite ni aucune bonne action."

<--->

-> A quoi servent les portes des larmes si elles sont toujours ouvertes?

Le rabbi de Gour répond que s'il est vrai que les larmes sincères ont toujours droit d'entrée aux cieux, les portes restent en revanche verrouillées devant les larmes hypocrites.

Même si ces portes ne sont pas verrouillées, elles sont néanmoins fermées, et seul un puissant flot de larmes provenant des profondeurs de notre être est capable de les ouvrir.
[à l'image d'une grand porte majestueuse, qui nécessite que nous y consacrons toutes nos forces pour l'ouvrir!]

<--->

-> "Les larmes sont la transpiration de l’âme"
[Rabbi Samson Raphael Hirsch]

Devant les larmes de quelqu'un qui s'efforce d'ouvrir les portes de son cœur (au point d'en pleurer!), Hachem ouvre les portes des Cieux.

Les larmes ne doivent pas traduire le découragement ou la tristesse, mais plutôt cette émotion profonde face au Tout-Puissant.

[de même que l'on transpire lorsqu'il fait chaud, de même notre âme transpire (larmes) lorsque l'on désire ardemment être plus proche de D., lorsque l'on réalise à quel point notre sauvetage dépend uniquement de Hachem (comme un laser qui est puissant car c'est un concentré de faisceaux lumineux, de même notre prière est puissante et pleine de larmes car nous ne nous éparpillons pas en plusieurs scénario pour obtenir notre aide : il n'y a que TOI, papa Hachem!), ...]

<--->

-> La Torah nous indique qu’Essav vivait dans le pays de Séir, à Sdé Edom (cf. Béréchit 33,2 ; 33,16 ...)
Le Tana déBé Eliyahou (rabba 24) dit : "Par le mérite des 3 larmes que Essav a pleuré, il lui a été accordé Har Séïr, où il y a toujours beaucoup de pluie."

[on voit que le pouvoir des larmes est énorme, au point où même un racha comme Essav va avoir de belles choses grâce à elles. Alors à combien plus forte raison pour nous! ]

<--->

-> Les larmes emportent avec elles les impuretés qu'il y a dans le cerveau.
[rabbi Pin’has de Koritz]

<--->

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2018/08/08/les-larmes

<---------------------->

-> Depuis la destruction du Temple, un mur de fer nous sépare de notre Père céleste, empêchant nos prières de s'élever correctement. Toutes les portes par lesquelles nos prières s'élevaient autrefois ont été verrouillées, à l'exception d'une seule qui reste ouverte à jamais. C'est la porte des larmes qui n'est jamais fermée, comme il est écrit : "Hachem, entends mes prières et écoute mes cris. Ne taisez pas mes larmes" (Téhilim 29,13).

Rabbénou Bé'hayé (Béréchit 1,18) explique qu'un jeûne est comme un korban, dans lequel nous offrons notre chair et notre sang diminués à Hachem, et les larmes avec lesquelles nous prions sont comme les libations qui accompagnaient le sacrifice (korban).
La porte des larmes n'est jamais fermée, car les larmes sont faites d'eau, qui représente la bonté. Les larmes proviennent du "côté droit" de la bonté ('hessed), correspondant à la main droite d'Hachem qui est toujours tendue pour accueillir ceux qui reviennent à la téchouva. [voir aussi Rabbénou Yona - Chaaré haAvoda 11]

-> Tout comme les larmes sont un grand mérite pour que nos prières soient acceptées, elles sont également efficaces pour aider à l'acceptation de notre téchouva.
Le Tikouné Zohar (11,p.26b) affirme :
"Toutes les portes sont fermées, à l'exception de la porte des prières qui n'est jamais fermée. Personne ne peut ouvrir ces portes avant l'arrivée du maître des larmes, dont il est écrit : "Elle l'ouvrit et vit un enfant qui pleurait et eut pitié de lui" (Chémot 2,6).
Aucune chambre du Ciel ne peut être ouverte, si ce n'est par les larmes. Lorsque les Bné Israël reviendront à la téchouva en pleurant, nous mériterons l'accomplissement du verset "(Elle) eut pitié de lui".
Il est écrit à ce sujet : "C'est par les larmes qu'ils viendront" (Yirmiyahou 31,8). Par le mérite de leurs larmes, ils (les juifs) seront rassemblés et reviendront d'exil."

-> Les larmes ont un grand pouvoir pour aider nos prières à être acceptées au Ciel.
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Michpatim ]

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam - Vayikra) nous explique :
Depuis la destruction du Temple, toutes les portes du Ciel ont été fermées, à l'exception de la porte des larmes (Béra'hot 32b).
Même si une personne n'est pas digne de voir ses prières acceptées, si elle appelle Hachem à l'aide, Hachem est sûr d'avoir pitié d'elle.
Ainsi, le sel des larmes doit être versé sur les korbanot de nos prières.
Il y a une alliance de sel, puisque Hachem a promis d'accepter nos prières déchirantes. Même lorsque toutes les autres portes ont été fermées, la porte des larmes restera toujours ouverte.

-> Ailleurs, rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam - Matot) écrit :
Pour ceux qui sont capables d'étudier la Torah, la sainteté de la Torah purifie leur âme.
Pour ceux qui ne savent pas comment étudier la Torah doivent purifier leur âme par des larmes de téchouva.
Pour faire allusion à cette distinction, le verset précise : "Tout ce qui n'a pas été utilisé dans le feu doit passer par l'eau" (Matot 31,23). Quiconque n'est pas capable de se purifier par le feu de la Torah doit plutôt compter sur l'eau des prières déchirantes pour purifier son âme de faute.