Aux délices de la Torah

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"Tout ce qui rampe sur le ventre (ga’hon – גחון)"  (Chémini 11,42)

+ La lettre "vav" du mot : ga'hon (ventre - גחון) du verset (Chémini 11,42) représente la lettre du milieu du Séfer Torah.
L'expression : "daroch darach" (il fit des recherches - דרש דרש) du verset (Chémini 10,16) marque le milieu de la Torah si on compte les mots.
Enfin, le verset (Tazria 13,33) : "et il se rasera" est le milieu des versets de la Torah.

Dans le Téhilim (80,14) : "Que le sanglier de la forêt le mutile", la lettre ע du mot : yaar (forêt - יער) représente la lettre du milieu des Téhilim.
Le Téhilim (73,38) : "Et Lui, plein de miséricorde, pardonne les fautes" est le milieu des versets du Séfer Téhilim ...
[guémara Kidouchin 30a]

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-> "Tout ce qui rampe sur le ventre" :
Selon le Beit Israël de Gour, on doit s’imaginer comme une créature rampante, comme si malgré tout ce que l’on a pu étudier, on n'a même pas parcouru la surface de la Torah, et encore moins commencé à s’élever vers les véritables hauteurs.

Rabbi Noa’h Weinberg disait : "Il faut prendre plaisir [de son niveau de Torah], mais ne jamais prendre le crédit pour soi-même".
Hachem désire que l’on soit joyeux en ayant la sensation de faire quelque chose d’énorme, mais nous devons en parallèle avoir beaucoup de reconnaissance envers D. de nous donner cette opportunité d’être parmi cette ultra-minorité d’humains qui étudie la Torah.
[le ventre symbolise l’appétit que l’on doit avoir pour la Torah (cette faim de l’étudier, de la pratiquer!). La terre fait allusion à notre finalité : la tombe.
Ainsi, il faut kiffer et être fier, tout en évitant d’en être orgueilleux, car la fin de tout homme est d’être mangé par les vers de la terre, seul Hachem étant éternel!]

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-> "Tout ce qui rampe sur le ventre" :

Pourquoi les rampants méritent-ils d’avoir le centre de la Torah à l’intérieur de leur nom? Pourquoi pas les mammifères ou les oiseaux, dont certaines espèces sont cashères, alors que les reptiles et les insectes ne comportent aucune espèce cashère?

Le Divré Israël (rabbi Israël Taub de Modzhitz) enseigne :
Ils méritent cette place d’honneur, car leur existence est une apologie (défense) du peuple juif.
Le Yalkout demande : « Pourquoi D. a-t-il créé les rampants? Parce que lorsque les juifs commettent des fautes, D. les considère comme des animaux rampants, et dit : "Si Je maintiens ces créatures qui ne servent à rien, alors Je dois sûrement maintenir vivant Mon peuple qui a été créé avec un but"."

Ainsi, c’est précisément le fait qu’il n’y a aucune espèce cashère parmi eux, les rendant inutiles, qui les qualifie pour être au centre de la Torah.

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-> "tout ce qui rampe sur le ventre" = malgré notre infinie grandeur, par le fait qu’on fait partie de l’élite du monde qui a le mérite d'étudier la Torah, il ne faut pas se comporter comme un orgueilleux et marcher la tête haute, mais "se courber" et reconnaître avec humilité que l’on n’est qu’à la moitié du chemin (milieu de la Torah), et qu’il y a encore beaucoup à étudier et à savoir.
On peut se motiver en regardant le chemin spirituel que l’on a parcouru (verre à moitié rempli!), mais il ne faut pas s’en enorgueillir, car c’est pour cela qu’on a été créé et qu’il reste encore beaucoup à faire…
[rabbi Bogomilsky - Védibarta Bam]

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=> Allusions dans le fait que la lettre "vav" du mot גחון marque le milieu des lettres de la Torah :

-> Les lettres de la Torah elles-mêmes ne constituent que les Noms sacrés du Créateur qui est caché, et l'impureté n'a donc aucune prise sur les lettres.
C'est pourquoi, la lettre "vav" qui représente le milieu des lettres de la Torah est placée dans le mot גחון (serpent) qui représente le serpent originel, symbole de l'impureté introduite dans le monde, pour faire l'allusion suivante : il n'y a aucun pouvoir d'impureté dans les lettres de la Torah.
[Maharcha]

-> Les lettres de la Torah sont aux mots de la Torah ce que l'esprit de l'homme est à son corps.
Ainsi, l'esprit d'impureté n'intervient que dans le règne des mots et n'intervient pas dans le règne des lettres de la Torah.
La source de toute impureté, à laquelle le mot גחון (ventre) se réfère, d'après le verset : "Hachem dit au serpent ... tu ramperas sur ton ventre" (Béréchit 3,14), n'a aucune emprise sur la sphère de l'esprit symbolisée par les lettres de la Torah, car la lettre vav coupe le mot גחון (ga'hon).
[Ramban - dans hakdamat Béréchit]

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-> La lettre "Vav" de גחָּוֹן (Ga’hone - ventre) est le milieu de la Torah quant au nombre de lettres. C’est pourquoi, selon la Tradition, ce "Vav" est écrit comme une grande lettre, aussi, est-il enseigné dans la guémara (Kidouchin 30a) : "Les premiers Sages étaient appelés Sofrim (compteurs), car ils ont compté toutes les lettres de la Torah. Ils disaient: Le ‘Vav’ de ‘Ga’hone’ représente le point médian des lettres du Sefer Torah"

-> Rachi commente : "Il s’agit du serpent. Le mot ‘Ga’hone signifie ‘accroupi’ : Il avance accroupi et comme tombé sur le ventre".

Expliquons, tout d’abord, pourquoi Hachem a choisi de faire allusion ici au serpent par sa façon de se déplacer, "Tout ce qui se traîne sur le ventre", à savoir un rampant, plutôt que par son nom courant "Na’hach" (נחש - serpent). Hachem a voulu nous rappeler ainsi pourquoi le serpent se déplace sur son ventre plutôt que sur ses jambes. Comme nous le savons, le "Serpent Originel" n’est autre que le Mauvais Penchant (Yétser Hara) qui a trompé Adam Harichon et ‘Hava en les incitant à consommer du fruit de "l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal".
Comme punition pour sa duplicité, ses pattes furent coupées, ainsi qu’il est écrit: "... ‘Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et entre toutes les créatures terrestres: tu te traîneras sur le ventre, et tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie’" (Béréchit 3,14).

Rachi commente : "‘Tu marcheras sur ton ventre’ = Il avait des pattes, mais elles lui ont été coupées.»
Par ailleurs, la guémara (Kidouchin 30b) nous apprend qu’Hachem a dit à Israël : "Mes enfants, J’ai créé le Mauvais Penchant et J’ai créé la Torah comme antidote. Si vous vous engagez dans l’étude de la Torah, vous ne serez pas une proie pour lui."
Il ressort clairement de ce passage de la guémara que la seule façon d’abolir le Mauvais Penchant est d’étudier la Torah. Cependant, nos Maîtres soulignent que bien qu’il soit vrai que chaque juif doive étudier la Torah Ecrite [car chaque lettre contient d’innombrables allusions et significations secrètes], néanmoins, l’arme principale contre le Yétser Hara n’est autre que l’effort associé à l’étude de la Loi Orale.

Nous pouvons maintenant comprendre la raison pour laquelle Hachem a choisi d’établir le grand "Vav" de "Ga’hone" comme le point médian de toutes les lettres de la Loi Ecrite. En effet, si nous voulons vaincre le Na’hach - l’incarnation du Mauvais Penchant qui se déplace sur son ventre, "Ga’hone" - il est conseillé de s’engager dans l’étude ardue de la Loi Orale, évoquée en allusion par la lettre "Vav", car cette Loi englobe les «Six Ordres» (Chass) de Michna, comme la valeur numérique de cette lettre.
Ainsi, par le mérite de notre engagement dans l’étude du "Chass" de la Michna, ainsi que du Talmud Babli et du Talmud Yérouchalmi, expliquant la Michna évoquée par la lettre "Vav", nous avons la possibilité de détruire le "ventre du Serpent" et ainsi annuler son influence néfaste.

-> Il existe une autre allusion inhérente à la lettre "Vav" de "Ga’hone" : Toute personne qui se conduit comme le Serpent Originel, avec orgueil, se tenant debout de façon hautaine, comme le grand "Vav" – peut être certain de finir par ramper sur son ventre comme le Na’hach, pour ainsi dire. Hachem le fera chuter jusque dans les profondeurs.
Ainsi, la grande leçon du milieu des lettres de la Torah est qu’il est impératif de surmonter l’épreuve de l’orgueil du Serpent Originel, et au contraire de suivre la haute qualité de modestie, dont Moché Rabbénou fut le champion.

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=> Pourquoi 2 mots "daroch darach" marquent-ils le milieu des mots de la Torah?

-> Le nombre total de lettres de la Torah est impair : 304 805 lettres.
La lettre vav du mot גחון, écrite en majuscule, est la 152 403e lettres du Séfer Torah ; cette lettre partage donc l'ensemble des lettres en 2 moitiés égales : 152 402 lettres avant le vav de גחון et 152 402 lettres après ce vav.
Par contre, le nombre total de mots de la Torah est pair : 79 976 mots ; un seul mot ne peut donc pas partager l'ensemble des mots écrits dans le Séfer Torah en 2 parties égales ...
C'est pourquoi, il fallait mentionner le couple de mots : daroch darach, qui ensemble marquent la moitié des mots de la Torah.
[Ben Ich 'Haï]

-> Tout mot de la Torah peut avoir une signification du côté de la pureté et une signification du côté de l'impureté.
C'est l'allusion contenue dans les 2 mots "daroch darach" (qui signifient : rechercher) qui envisagent 2 recherches : l'une relative à la pureté et l'autre relative à l'impureté qui constituent les 2 parties de la Torah.
D'ailleurs ces 2 mots du verset (Chémini 10,16) concernent les 2 recherches faites par Moché à propos des boucs offerts à Roch 'Hochech Nissan, le jour de l'inauguration du Sanctuaire le 1er jour de Nissan : pourquoi l'un a-t-il été consommé (donc pur) et l'autre a-t-il été brûlé (donc impur)?
[Maharcha]

-> Selon le Torat Cohanim, dans le Séfer Torah, le 1er mot : daroch (דרש) doit être écrit en fin de ligne ; tandis que le 2e mot : darach (דרש) doit être écrit au début de la ligne suivante.
Il y a ici une allusion au fait qu'il n'y a jamais de fin à une "dricha" (recherche, investigation - דרישה) dans la Torah : lorsqu'un homme termine une 1ere recherche et croit avoir atteint une bonne compréhension, il doit "aller à la ligne" et recommencer une nouvelle "dricha".
[Na'halat Yaakov]

-> Le verset "daroch darach Moché", qui marque le milieu de la Torah par rapport aux mots, vient faire une allusion : Malgré toutes les recherches effectuées par Moché, lui qui a étudié toute la Torah directement avec Hachem, il se trouve toujours au milieu du "chemin", c'est-à-dire seulement à la moitié de la Torah.
Un véritable Talmid 'hakham doit être conscient, quel que soit son niveau, qu'il n'atteint jamais la "fin" de l'étude de la Torah, mais seulement, mais seulement une partie.
[A'haronim]

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-> daroch darach : "enquêté avec diligence" = afin de réussir dans la Torah, il faut être assidu, persévérant et faire preuve de zèle.
Il faut arriver à s’immerger totalement dans la Torah, en oubliant toutes les distractions.
(lors de mon étude, mon attention exclusive pour la Torah prouve que rien n’a plus d’intérêt à mes yeux qu’elle … et en me donnant totalement à la Torah, réciproquement, la Torah va pouvoir "se donner" à moi, en me permettant de me lier de plus en plus profondément avec elle!)
[rabbi Bogomilsky - Védibarta Bam]

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-> "Au sujet du bouc expiatoire, Moché fit des recherches (daroch darach Moché) et il se trouva qu’on l’avait brûlé" (Chémini 10,16).

-> Rachi explique que le bouc expiatoire dont il est question est celui des offrandes du Moussaf de Roch ‘Hodech.
On a présenté ce jour-là 3 boucs expiatoires : le bouc du Peuple (Chémini 9,3), le bouc de Na‘hchon [Le Prince de la Tribu de Yéhouda] (Nasso 7,16) et le bouc de Roch ‘Hodech.
De tous, seul le dernier a été brûlé en raison de l’impureté qui était entrée à son contact. Aussi, Moché fit deux recherches : daroch darach.
=> Pourquoi celui-ci a-t-il été brûlé? Pourquoi celui-là a-t-il été consommé?

Nos Sages enseignent par ailleurs que les mots : daroch darach ("[Moché] fit des recherches" - דרש דרש) sont situés à la moitié de la Thora, relativement aux nombres de mots [guémara Kidouchin 30a].
Le mot דרש (daroch) est placé en fin de ligne dans le Séfer Torah, tandis que le mot דרש (darach) est placé en début de ligne.
On peut citer différents enseignements de ce constat :

1°/ Même après que l’homme pense avoir interprété l’ensemble de la Torah (les Drachot de la Torah), c’est-à-dire qu’il considère être arrivé au bout de la "ligne" de ses connaissances (daroch - en fin de ligne), il doit savoir qu’il ne se trouve en vérité qu’au tout début de son étude et qu’il doit sans cesse reprendre ses interprétations (darach - en début de ligne).
[Mégalé Amoukot]

2°/ Même si les générations précédentes ont commenté abondamment la Torah (daroch - en fin de ligne), il faut continuer à la commenter et apporter ses propres ‘Hidouchim [explications nouvelles] (darach - en début de ligne), comme le suggère le roi Salomon : "Dès le matin, fais tes semailles, et le soir encore ne laisse pas chômer ta main, car tu ignores où sera la réussite, ici ou là, et peut-être y aura-t-il succès des deux côtés" (Kohélet 11,6).
[‘Hida]

3°/ Tout ce dont vont étudier les érudits d’Israël jusqu’à la fin des générations (daroch - en fin de ligne), Moché l’a déjà étudié en premier (darach Moché - en début de ligne).
[Déguel Ma’hané Israël]

4°/ Il est écrit dans le "Livre de la Splendeur" de Rabbi Chimon Bar Yo’haï : "C’est par le Livre du Zohar qu’Israël sortira de l’Exil" [Zohar].
Or, l’âme de Rabbi Chimon Bar Yo’haï était une émanation de celle de Moché Rabbénou. Aussi, faut-il comprendre ainsi les mots doublés du milieu de la Torah : Lorsque sera révélé et étudié, à la fin des Temps (daroch - en fin de ligne), l’enseignement (le Zohar) qu’a déjà expliqué Moché [Rabbi Chimone Bar Yo’haï] (darach Moché - en début de ligne), alors "Et il se trouva qu’on l’avait brûlé" (suite du verset Chémini 10,16) ; les forces du Mal seront annulées et la Délivrance finale apparaîtra.
[Déguel Ma’hané Israël]

5°/ Le milieu de la Torah, daroch darach, en début et fin de ligne (allusion au rang hiérarchique), est conforme à l’enseignement de nos Sages (Pirké Avot 4,9) : "Celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté (daroch - en fin de ligne), l’accomplira un jour dans la richesse (darach - en début de ligne) ; et celui qui la transgresse dans la richesse (darach - en début de ligne), la transgressera un jour dans la pauvreté (daroch - en fin de ligne)".

6°/ Le mot Daroch (דרש) en fin de ligne, fait allusion au Pchat (sens simple et donc en bas de l’échelle), tandis que Darach (דרש) en "tête" de ligne, fait allusion aux 3 niveaux supérieurs : Drach (דרש - exégèse), Remez (רמז - sens allusif) et Sod (סוד - secret).
A noter que les premières lettres : דרס s’apparente à celle de דרש (le Samékh permutant avec le Chin). Ainsi, celui qui n’étudie que le sens simple de la Torah (daroch דרש) considéré comme seulement moitié de la Torah, n’a pas accompli parfaitement son devoir de l’étude de la Torah, car il se doit d’étudier également les 3 autres parties qui lui sont supérieures.
[Pitou’hé ‘Hotam]
[b'h, d'après le feuillet de la communatué Sarcelles - Chémini 5782]

Pourquoi regardons-nous nos ongles durant la havdala?

+ Pourquoi regardons-nous nos ongles durant la havdala?

Lorsque D. créa Adam, son corps tout entier était recouvert d'un ongle.
Après avoir fauté, en mangeant du fruit de l'arbre de la connaissance, son recouvrement intégral en ongle s'est retiré de la surface de son corps, pour ne rester uniquement qu'au niveau du bout des doigts.

Adam a fauté un vendredi, mais en l'honneur du Shabbath, il n'a été puni qu'après la fin de Shabbath.
Une fois Shabbath terminé, il n'y avait plus de lumière, et dans l'obscurité Adam a pris 2 pierres, les frappant ensemble, produisant du feu, et récitant alors la bénédiction de : " boré méoré a'ésh " (remerciant D. d'avoir créé le feu).
Il a alors vu que son ongle ne restait plus qu'au niveau du bout de ses doigts.

=> Comme souvenir de cela, pendant la Havadala, qui marque la fin de Shabbath et le début de la semaine, nous regardons nos ongles.

[ C'est une sorte de rappel, nous disant : oui, tu vas commencer une nouvelle semaine de travail,mais n'oublie pas que c'est une malédiction suite à la faute d'Adam (le 1er Homme).
Ton travail n'est pas une finalité, c'est une nécessité permettant l’existence, l'épanouissement de l'essentiel d'une vie d'un(e) juif.

Un travail est fait symboliquement par les mains, dont à la tête, il y a les ongles, comme pour toujours nous rappeler ce concept ... ]
Source (b"h) : traduction personnelle d'un dvar Torah du rabbi Bogomilsky (Védibarta Bam - Birkat haMazone)

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-> Les ongles grandissent et se renouvellent sans cesse, ainsi nous les regardons à la lumière du feu de la bougie de la Havdala afin d'obtenir la bénédiction.
[le Lévouch]

"Et le porc [...] il impur pour vous" (Chémini 11,7)

Rav Papa a enseigné : "Nul [animal] n'est plus pauvre que le chien, et nul n'est plus riche que le porc"  (guémara Shabbath 155b).
En quoi consistent cette pauvreté et cette richesse?

Le Gaon de Vilna d'expliquer :
La Torah contient 613 commandements.
Nous voyons toutefois qu'ils ne revêtent pas tous la même importance aux yeux des hommes.
Parmi les mitsvot, il en est auxquelles tous prennent garde, et d'autres souvent dédaignées, bien qu'elles ne soient pas moins importantes que les 1eres.

D'où, l'affirmation de la guémara :
-> le "chien" fait allusion au péché de la médisance, selon l'affirmation : "Celui qui émet du lachon hara mérite d'être jeté aux chiens" (guémara Pessa'him 119a), parce que ses paroles sont assimables à des aboiements.
Ainsi, il n'y a pas plus "pauvre" que cette interdiction de médire, prise en considération par si peu de gens.

-> et il n'y a pas plus "riche" que l'interdiction du porc, à laquelle tous accordent la plus vive attention ...

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-> "Et le porc (est impur), car il a les sabots fendus mais ne rumine pas" (Chémini 11,7)

Parfois l'homme sent de grandes difficultés dans le Service Divin, comme si on le repousse et qu'on le rejette d'En-Haut. Une telle personne doit s'entêter et entrer de force dans la sainteté et ne doit pas se décourager des difficultés en pensant qu'Hachem ne veut pas de lui.

On peut tirer cette leçon du porc.
La nature de cet animal est que même si on le repousse et qu'on le chasse à de maintes reprises, il ne cesse de revenir et de s'imposer. Rien n'est efficace pour le chasser.
C'est pour cela d'ailleurs qu'en hébreu, il s'appelle : 'hazir, c'est-à-dire "celui qui revient".
Et même s'il n'est pas cachère parce qu'il ne rumine pas, malgré tout son pied détient le signe de pureté (il a les sabots fendus). Car même si cet animal est impur, malgré tout, on peut apprendre une précieuse leçon de ses pattes qui ne cessent de revenir. Car dans le Service d'Hachem, il est une grande qualité de ne jamais se décourager.
Et même si on chasse et qu'on repousse un homme de la sainteté, il ne doit cesser de s'obstiner et de revenir à chaque fois.
[le Aron Edout]

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-> "Et qui ne rumine pas" (Chémini 11,7)

Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente :
Cela signifie que c’est une condition tant qu’il ne rumine pas.
Mais dans l’avenir, le porc ruminera et redeviendra permis. En effet, il ne sera pas permis sans ruminer, car la Torah ne sera pas modifiée.

"Elle (l'offrande de farine) sera mangée non levée dans un endroit sacré" = matsot téa'hél bémakom kadoch (Tsav 6,9)

Rabbi 'Haïm Meïr de Vizhnitz voit dans ce verset une allusion aux matsot que l'on mange à Pessa'h.
On doit être certain de les manger dans un lieu sacré (kadoch).
Mais où se trouve ce lieu?

Dans une bouche qui ne contient pas de paroles interdites et qui ne se laisse pas aller à la gloutonnerie.
"D. dit à Moché : une femme qui est fécondée et enfante un mâle"  (Tazria 12,1-2)

-> Le midrach Tan'houma (Tazria) de donner l'explication suivante :
"Un roi de chair et de sang peut dessiner un personnage sur un mur, mais il ne peut lui insuffler ni esprit, ni âme.
D., Lui, est capable de dessiner un personnage à l'intérieur d'un autre personnage (Il crée l'embryon dans le sein de sa mère) et lui insuffle l'âme et l'esprit.
C'est pourquoi nous disons : Pas d'artiste comme notre Seigneur!"

-> "Rabbi Meïr dit :
D. a fait un miracle pour le nourrisson que voilà. En quoi?
Tant qu'elle n'était pas enceinte, sa mère perdait du sang.
Maintenant qu'elle a enfanté, ce sang remonte aux seins et lui permet d'allaiter son enfant."
[Yalkout Chimoni - Tazria 12]

-> La guémara (Nida 30b) de nous enseigner :
"A quoi est comparé le fœtus dans la matrice de sa mère?
A un livre plié et posé ..."

=> "Et toutes tes actions sont inscrites dans un livre"
Tant que le fœtus est dans la matrice maternelle, le livre est replié, posé et fermé.
Que va-t-on y inscrire?
Cela personne ne le sait.
Ce n'est qu'à la fin de sa vie que le livre se composera de feuilles retraçant la splendeur, la gloire, les échecs, les défaillances, les pleurs, le bonheur et la tristesse.

Aucun livre ne reste vide.
Il se remplit constamment de lignes serrées.
A chaque jour sa page.

-> Le 'Hidouché haRim a répondu à une personne :
"Est-ce que l'on a déjà vu un homme qui veuille revenir dans le sein de sa mère ?
Ceci enseigne qu'un homme ne revient pas à sa vie antérieure, aussi belle ait pu être.
Mais, c'est de l'avant, toujours de l'avant qu'il doit aller!"

-> Le Zohar de décrire le moment de la mort :
"A l'heure où l'homme doit se séparer du monde, 3 envoyés viennent à lui, il voit des choses qu'aucune créature ne peut contempler durant sa vie.
C'est le jour où le Roi de l'univers demande en retour sa caution ...
Et il n'existe pas de plus grande tristesse que celle de l'âme sur le point de se séparer du corps.

Mais l'homme ne meurt pas jusqu'au moment où il voit la Présence divine, alors par la puissance d'un désir ardent et d'une nostalgie profonde, l'âme aspire à se lier à la Présence divine et se détache du corps."
"Un feu perpétuel sera entretenu sur l'autel, il ne devra pas s'éteindre"  (Tsav 6,6)

-> Le Rabbi de Loubavitch, rabbi Ména'hem Mendel Schneerson d'expliquer :
"Dans chaque homme existe un autel : le cœur.
C'est en lui que brûle le feu de l'amour de D.
Souvent ce feu ne brûle pas au grand jour, mais couve sous les braises, invisible, et pourtant existant.

C'est à l'homme qu'il incombe de ranimer cette étincelle, de raviver la foi enfouie dans son cœur et de la nourrir de "matières inflammables" : la Torah et les commandements.
L'homme se doit donc de préserver ce feu pour qu'une flamme claire illumine sa vie quotidienne. "

Je suis unique …

+ Je suis unique ...

-> "[L'homme a été créé unique, c'est] pour proclamer la grandeur de D. : alors que les pièces [de monnaie] frappées par l'homme d'un même sceau sont toutes identiques, le Roi des rois a marqué tous les êtres humains du sceau du 1er homme, et pourtant, nul n'est semblable à son prochain.

Voilà pourquoi chacun est tenu de se dire : "C'est pour moi que le monde a été créé!" "
[guémara Sanhédrin 37a]

-> "Tout comme D. est Un et Unique, de même l'homme, élaboré à Son image, est seul et unique.
Nul autre, dans toute la création, ne lui est semblable."

[le Maharal - Dérékh 'Haïm sur Pirké Avot 3,14]

-> Mordé’haï est appelé : "ich yéhoudi" (homme juif).
"Nos Sages disent : ne lis pas yéhoudi/juif mais : yé’hidi (=spécial, unique)."

[Midrach Rabba Esther 6,2]

=> Chaque juif a un rôle spécifique, et des épreuves tout aussi spécifiques.

-> Le Rav Sim’ha Bounem de Psi’ha avait l’habitude de dire :
"Si du Ciel, on me demandait : "Veux-tu, Bounem, être Avraham avinou, c’est-à-dire changer ta place contre la sienne?"

Je répondrais : "Quel intérêt D. aurait-Il à ce que je sois Avraham avinou et que je change de rôle?
De toute façon, Tu n’auras qu’un seul Avraham avinou et qu’un seul Bounem.
Cependant, si on me donnait le mérite, dans le ciel, d’arriver au niveau d’Avraham avinou, Tu aurais, D., deux Avraham avinou … et de cela, il y aurait lieu de réjouir."

=> N'oublions pas de se comparer à nous-même : Suis-je au top de ce que je pourrais faire de ma vie?

-> Le Avot déRabbi Nathan (7,10) nous enseigne qu'étant tous différents, et donc attirés vers des moyens de subsistance différents, les hommes ne se focalisent pas sur une même activité, mais sur un éventail diversifié de professions.
On fabrique et l'on vend une large variété de produits, permettant à chaque individu de satisfaire ses besoins selon ses préférences.

-> Nous disons chaque jour dans nos prières : "Accorde[-nous] notre part dans Ta Torah" = Puisse chacun accéder à sa part exclusive de compréhension de la Torah, que nul autre ne pourra jamais mettre à jour!

-> La guémara Sanhédrin (89a) nous dit qu'aucun prophète d'Israël ne prophétise selon le même style que son collègue [car chacun est doté de sa personnalité unique].

-> "Ne juge pas ton prochain tant que tu n'es pas à sa place" (Pirké Avot 2,4).
Le Steïpler (Kéhilot Yaakov) d'ajouter :
"Même si tu as traversé un événement semblable, tu n'es ni en mesure ni en droit de le juger.
Tu ne pourrais le faire que si tu te trouvais dans une situation absolument identique".

-> "[La différence fondamentale qui sépare les hommes est que] Leurs opinions différent et leurs visages ne se ressemblent pas."
[guémara Béra'hot 58a]
Rabbi Ména'hem de Kotzk explique que nos Sages signifient à l'homme :
Tout comme tu n'es nullement dérangé de ce que le visage de l'autre diffère du tien, tu n'as aucune raison de l'être par le fait que son opinion s'écarte de la tienne!

Avoir D. constamment devant nous …

+ Avoir D. constamment devant nous ...

-> Le Ram'hal (Da'at Tévounot) explique que les êtres célestes ont une inclinaison au mal, mais leur perception et leur conscience de D. est à ce point limpide et intense qu'ils sont absolument impuissants à commettre une faute.

-> Le Ram'hal (Dérekh éts 'Haïm) de dire à propos des hommes :
"Si leur connaissance [de D.] était étendue et présente en leur cœur, ils n'en viendrait nullement à pécher.
Leur penchant ne les aborderait même pas et n'exercerait aucune emprise sur eux, tout comme il ne détient aucun pouvoir sur les êtres célestes."

-> "Lorsque s'offre à lui l'occasion d'une infraction ou celle d'accomplir une mitsva, que l'homme pense : "Peut-être D. est-Il en train de me mettre à l'épreuve pour voir si j'enfreindrai ou si j'observerai [Sa volonté], tout comme Il a éprouvé Avraham, notre Père".

Assurément, si l'homme savait que D. à ce moment même est en train de l'examiner, il prendrait garde à l'extrême. [...]
Heureux celui dans les pensées duquel D. se trouve constamment."

[le Chlah haKadoch - paracha Vayéra]

+ "Le mot mitsva (מצוה) a la même racine que : tsévet (unir - צות).
Le mot avéra (עברה) a la même racine que : avar (ignorer, passer au travers - עבר).

Une mitva unit une personne à D.
Une avéra provoque le fait que la lumière de D. soit ignorée, passe au travers de la personne, l'empêchant de ressentir la lumière divine."

[Rabbi Na'hman - Likouté Halakhot I - p.29a,58
-> verset : Vayikra 4,2]

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-> Le mot : mitsva (מצוה) renvoie au Nom d'Hachem.
En effet, selon la technique de l'at-bach [échanger la 1ere lettre de l'alphabet par la dernière, puis la 2e par l'avant-dernière, ...] les 2 premières lettres (מצ) deviennent : יו et en y ajoutant les 2 dernières du mot mitsva : וה, on obtient : יהוה.

-> Rabbi David Pinto rapporte que : "le mot mitsva est composé du mot tsav (littéralement : ordonne - צו) et des lettres Mèm et Hé (מה). Celles-ci ont la même valeur numérique que le mot adam (אדם), désignant l’homme.
En d’autres termes, l’unique raison d’être de l’homme est de se plier aux ordres que représentent les mitsvot. Lorsqu’il se conforme à ces directives et satisfait ainsi à la volonté divine, il remplit la mission pour laquelle il a été créé."

-> Le mot mitsva (מצוה) a la même guématria que le mot : mal'akhim (des anges - מלאכים), parce qu'en les observant nous créons des anges qui nous défendent.

+ "Si on demande à un commerçant pourquoi il préfère se tuer à la tâche plutôt que de partager le sort des pauvres qui peuplent le monde entier, il répondra d'un ton catégorique : "Je ne veux pas être pauvre!"
Mais alors, pourquoi accepte-t-il d'être pauvre en Torah?"

[le 'Hafets 'Haïm - lors d'un congrès rabbinique]