Aux délices de la Torah

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"Il dit : car il y a une main sur le trône d'Hachem, Hachem fait la guerre contre Amalek" (Béchala'h 17,16)

-> Rachi explique que Hachem fit le serment que Son Nom ne serait pas complet et que Son trône ne serait pas entier tant que le nom d'Amalek ne sera pas effacé.
En effet, les lettres ו"ה du Tétragramme (יהוה) sont omises par l'Ecriture et le Nom d'Hachem est mentionné seulement par les deux premières : יה.

-> On peut noter que e terme : גאולה (guéoula - délivrance) est composé des mêmes lettres que : גאל ו"ה (délivrer les lettres ו"ה). C'est-à-dire que dans l'avenir, Hachem délivrera les lettres ו"ה qui se trouvent en exil.

Crainte & amour d’Hachem – Transcendance & immanence

+ Crainte & amour d'Hachem - Transcendance & immanence :

"Vous vous prosternerez à distance" (Michpatim 24,1)

-> Pour ainsi dire, il y a 2 aspects à D., c'est-à-dire en ce qui concerne la façon dont Il se rapporte à la création : distant et proche, c'est-à-dire transcendant et immanent.
Il est distant, car, comme nous le croyons, la lumière du Ein Sof (l'Infini) est primordiale et précède toutes les autres formes d'existence. C'est pourquoi aucune créature ne peut le comprendre.
Il est impossible à la faculté de penser de Le saisir, puisque la pensée elle-même est une création et que Hachem a précédé toute la création.
Aucun ange céleste, aucun ofan ou séraphin ne peut même Le comprendre, car Il est au-delà de toute compréhension. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous disons qu'Il est loin : Il est éloigné de toute compréhension.

D'autre part, D. est proche, car, comme nous le croyons, Hachem remplit tous les mondes (il se trouve à l'intérieur de tous les mondes, il entoure tous les mondes, et aucun endroit n'est vide de Lui), car "toute la terre est remplie de Sa gloire". C'est son aspect immanent.

Le peuple juif est tenu de croire aux 2 aspects : qu'Hachem est à la fois distant et proche.
C'est le sens profond des versets : "Que la paix soit sur ceux qui sont loin et sur ceux qui sont proches, dit D." (Yéchayahou 57,19). Il s'agit des justes qui croient que Hachem est à la fois lointain et proche, et en réponse à ces personnes qui manifestent cette croyance appropriée en D., alors D. accorde toutes sortes de bienfaits à ce monde.

Il existe deux émotions fondamentales : la crainte et l'amour.
Nous ne craignons que ce qui nous dépasse. En réponse à la transcendance de D., nous ressentons de la peur ou de la crainte. Mais en réponse à la proximité de D., nous ressentons de l'amour.
Sur cette base, le verset dit : "Vous vous prosternerez" = puisque le peuple juif craignait Hachem "à distance". Le mot "à distance" (méra'hok) peut être interprété comme signifiant "en raison de" : C'est parce qu'on a pris conscience de la distance de D. que le peuple juif a atteint la crainte de D.

On peut aussi expliquer le verset comme suit : Le Arizal (Pri Ets 'Haïm - chaar kriat séfer Torah 10) écrit qu'en prononçant les mots de la prière Alénou léchabéa'h qui disent "Et nous nous prosternons" (ana'hnou michta'havim), nous devrions être conscients qu'en nous prosternant, nous attirons dans le monde une abondante générosité de la part de l'Infini.
C'est le sens profond de notre verset : "Vous vous prosternerez", ce qui signifie, puisque la prosternation fait allusion à l'abaissement de quelque chose, qu'il a été dit au peuple juif d'attirer une abondante générosité "de loin", c'est-à-dire en raison de leur conscience de la dimension transcendante d'Hachem, ce qui les amène à Le craindre.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

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-> La conscience de la transcendance de D. nous amène à le craindre ; la conscience de son immanence nous amène à l'aimer.

"De peur qu'ils ne se frayent un chemin jusqu'à D. pour voir" (Yitro 19,21)

-> Il s'agit de l'interdiction faite par D. au peuple juif, juste avant le don de la Torah, de s'approcher de la montagne.
[Rachi : "Avertis-les pour qu’ils ne montent pas sur la montagne [Sinaï]". (ils n'avaient pas le droit de dépasser une clôture)]

-> Ramban (haEmouna véhaBita'hon 19) explique à propos du verset : "Ne réveillez ni n'éveillez l'amour tant qu'il n'est pas désiré" (Chir haChirim 2,7) que lorsqu'une personne est inspirée par l'amour ou la crainte d'Hachem, elle doit immédiatement accomplir une mitsva, afin de "contracter", c'est-à-dire d'intérioriser, l'amour et la crainte d'Hachem.
Tant qu'on n'accomplit pas de mitsva, on peut être confronté à des batailles internes. Mais une fois qu'on réalise une mitsva motivée par cette crainte et cet amour, l'amour et la crainte sont intériorisés et toutes les luttes s'évaporent.
La mitsva qu'on accomplit sert alors de réceptacle dans lequel l'inspiration d'En-Haut peut se reposer. C'est ce que signifie l'expression : "jusqu'à ce qu'il soit désiré". Le mot pour "il est désireux" (té'hpats) peut également signifier "il devient un récipient".
[voir le commentaire de Ramban (citant Shevouot 38b) dans lequel il relie le mot hébreu 'héféts au mot araméen pour "objet" ['héftsa].

-> Lorsqu'il s'est tenu sur le mont Sinaï pour recevoir la Torah, le peuple juif a éprouvé une crainte et un amour intenses pour Hachem. Ils avaient cependant besoin d'un objet dans lequel ils pouvaient concentrer cette crainte et cet amour.
La guémara (Kidouchin 39b) explique : "Celui qui s'abstient de fauter est considéré comme s'il avait accompli un commandement positif".
En d'autres termes, lorsqu'une personne a l'occasion de fauter mais s'en abstient, c'est comme si elle avait accompli un commandement positif.
Par conséquent, à l'époque du don de la Torah, lorsque le peuple juif a observé la mitsva de ne pas empiéter sur les limites du mont Sinaï, sa crainte et son amour de D. ont été concentrés dans cette mitsva et donc intériorisés, car cela a été considéré comme s'ils avaient réalisé un commandement positif.

C'est pourquoi la fête de Shavouot, qui célèbre le don de la Torah, est également appelée Atséret (guémara Méguila 30b), ce qui signifie "clôture" et "arrêt".
Le peuple juif a ressenti cet amour et cette crainte de D. juste avant le don de la Torah, et nous revivons cette anticipation chaque année à la veille de la fête de Shavouot.
Comme le disent nos Sages à propos du verset : "Moché rapporta les paroles du peuple à D. ... et ils dirent : "Tout ce que D. a dit, nous le ferons et nous y obéirons"" (Yitro 19,8).
Au moment du don de la Torah, une fois qu'ils ont observé le commandement de ne pas s'approcher de la montagne, la crainte et l'amour qu'ils éprouvaient ont été intériorisés. C'est pour cette raison que cette fête est également appelée Atséret, ce qui signifie "clôture", afin de commémorer cette dévotion.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 19,21 ]

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-> Il est nécessaire de canaliser l'amour et la crainte de D. dans une expression pratique (mitsva positive ou négative) afin qu'ils ne se dissipent pas. À Shavouot, nous pouvons faire l'expérience de la gloire transcendante et cachée de D.

"Il faut aborder cette mitsva (souvenir Amelek) avec une haine absolue du mal ...
Tout le monde naît avec une part de mal en soi. Notre devoir dans ce monde est de le rectifier et de le réparer. Si nous ne haïssons pas le mal, il sera impossible d'éradiquer ce qui est détestable en nous. Si nous nous arrêtons un instant pour contempler le mal des réchaïm, nous aurons entamé le processus d'élimination du mal en nous ...
Une fois que nous avons reconnu le mal extérieur, nous pouvons lentement commencer à percevoir le mal intérieur également."
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot - Pourim, p. 60 ]

La midda de Vérité

+ La midda de émet (vérité) :

-> Dans la prière de Cha'harit, nous récitons les mots : "Emet vé'émouna 'hok vélo yaavor" (c'est une loi vraie et fidèle, qui ne sera jamais annulée.)
Le rabbi de Kobrin explique que chaque midda a son temps et son lieu. Il y a des moments où une middahdoit être utilisée pour servir Hachem et des moments où d'autres middot doivent être utilisées.
L'exception à cette règle est la midda de "émet véémouna", qui est "une loi qui ne sera jamais annulée", c'est-à-dire qu'il s'agit d'une midda qui doit être utilisée à tout moment.

Hachem descend vers nous :

"Et ils feront un sanctuaire (Mikdach) pour Moi, et Je demeurerai parmi eux" (véassou li mikdach vécha'hanti béto'han - Térouma 25,8)

-> Le séfer Ohr Lachamayim explique que le verset nous enseigne que si quelqu’un veut s’élever et se connecter à Hachem, Hachem descendra Lui-même, pour ainsi dire, pour élever la personne et la rapprocher de Lui.
En conséquence, le verset dit : "Et ils me feront un Mikdach" = ce qui signifie que l'on doit se sanctifier et faire tout ce qu’on peut pour s’élever.
Une fois qu'on le fera : "Je demeurerai parmi eux"= Hachem viendra à nous et nous permettra de nous connecter à Lui.

Absence du Nom d’Hachem

"Sont consignés dans le livre des chroniques des rois de Médie et de Perse" (Esther 10,2).

=> De nombreux commentateurs posent la question suivante : pourquoi le nom de Hashem n'apparaît-il pas dans la Megillah ?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky rapporte une réponse donnée par Ibn Ezra (introduction à la Méguila). Comme la Méguila faisait partie des chroniques de la Perse et de la Médie, comme l'indique le verset ici, Mordé'haï soupçonnait que la Méguila serait traduite dans les langues de ces pays. Si tel était le cas, les Perses idolâtres pourraient supprimer le nom d'Hachem et le remplacer par les noms de leurs divinités.
Plutôt que de laisser cela se produire, Mordé'haï a choisi d'omettre le nom de Hachem de toute la Méguila.

Pourim = remercier Hachem

"Et ces jours doivent être commémorés et célébrés" (Esther 9,28).

-> La Méguila ne dit pas simplement que les jours de Pourim doivent être observés.
La Méguila ajoute que ces jours doivent être commémorés. Cela signifie que nous ne devons pas simplement accomplir les mitsvot de Pourim ; mais plutôt, tout en observant ces mitsvot, nous devons nous souvenir de la raison de la célébration : nous devons nous souvenir du miracle de notre salut et en remercier Hachem.
[rav 'Haïm Kanievsky]

Pourim & convertis

+ Pourim & convertis :

"Les juifs confirmèrent et s'engagèrent, pour eux-mêmes, leur postérité et tous ceux qui pourraient se joindre à eux, à observer sans faute ces deux jours" (Ether 9,27).

-> Tous ceux qui pourraient se joindre à eux fait référence aux convertis qui rejoignent le peuple juif (Rachi).
Ce verset enseigne donc que tous les convertis sont tenus d'observer la fête de Pourim. Mais pourquoi le verset a-t-il besoin de le mentionner? Après tout, un converti est un juif à part entière et est tenu de respecter toutes les mitsvot.

La mitsva de Pourim n'est pas une mitsva ordinaire. C'est une fête destinée à remercier Hachem pour le salut dont ont bénéficié nos ancêtres. Le Choulhan Aroukh (Ora'h 'Haïm 218:4) stipule que lorsqu'une personne ou une communauté bénéficie d'un salut miraculeux, elle et tous ses descendants sont tenus de commémorer cet événement chaque année afin de remercier Hachem pour ce salut.
C'est là l'essence même de Pourim : commémorer l'occasion où nos ancêtres ont connu un salut personnel. Ainsi, un converti, qui n'est pas un descendant de ceux qui ont été sauvés à Pourim, n'a pas besoin d'observer cette fête.

Pourquoi alors les convertis observent-ils Pourim?
Les convertis bénéficient en effet du salut des juifs à Pourim, car si les juifs avaient été exterminés, les convertis n'auraient jamais eu l'occasion de rejoindre le peuple juif. Pour les convertis, la célébration du miracle de Pourim est comme un miracle qui serait arrivé à leur maître de Torah ; une personne doit célébrer le salut de son maître, car l'élève n'aurait pas pu étudier la Torah si son maître n'avait pas été sauvé (Ora'h 'Haïm 218:6). C'est pourquoi les convertis sont tenus de célébrer Pourim.
[rav 'Haïm Kanievsky]

+ Rav Houna dit au nom du Rav, qui l'a dit au nom de Rabbi Meïr : ... Les paroles d'une personne devant Hachem doivent toujours être peu nombreuses. [guémara Béra'hot 6la]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) commente :
Puisque D. connaît l'avenir et tout ce qui est caché, Il sait mieux que nous ce dont nous avons besoin. Alors quel est le but de prier pour nos besoins?

La prière est nécessaire pour clarifier notre croyance en la Providence divine :
Lorsque nous prions Hachem pour nos besoins, nous renforçons notre conviction que tout est entre Ses mains, même la nature. Tout est fait par Sa Providence ; il n'est donc pas nécessaire d'entrer dans les détails de nos besoins.

Il me semble toutefois que cet avertissement ne s'applique qu'à la prière en public. Lorsque nous prions en privé ou en silence, il n'y a rien de mal à élaborer sur nos besoins.