Aux délices de la Torah

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Le temps de la mort d’Israël approchait et il appela son fils, Yossef, et il lui dit : "S’il te plaît, ne m’enterre pas en Egypte" (Vayé'hi 47,29)

-> Rachi dit que Yaakov ne voulait pas être enterré en Egypte pour éviter la douleur de rouler dans les souterrains que toutes les personnes enterrées hors d'Israël devront traverser au moment de la résurrection des morts.

-> Le séfer Sia'h Sarfé Kodech ('helek 1, p.57) rapporte qu’un homme vint un jour voir le rabbi Mendel de Kotzk et lui dit qu’il voulait déménager en terre d'Israël.
Le rabbi lui demanda : "Pourquoi veux-tu aller en terre d'Israël?"
Il répondit : "Nous voyons que Yaakov voulait être enterré en terre d'Israël pour éviter la douleur de rouler sous terre. Je veux y aller pour la même raison."
Le rabbi lui demanda avec étonnement : "Aimes-tu tant ton corps? Tu t’inquiètes tellement pour lui que tu ne veux pas qu’il ressente la moindre douleur après la mort?"

[on ne doit pas aimer son corps au point qu'il en devienne l'essentiel par rapport à notre spiritualité, à notre âme. ]

Yossef permet à tout juif de surmonter la débauche

+ Yossef permet à tout juif de surmonter la débauche :

-> La guémara (Yoma 35b) dit : "Hillel (qui était très pauvre et a étudié) oblige les pauvres, Rabbi Elazar ben 'Harsom (qui était très Riche et a étudié) oblige les riches, et Yossef oblige les réchaïm."
[l'idée est que pour chaque catégorie de personnes, il existe un modèle qui a surmonté ses préoccupations et ses tentations pour étudier la Torah. ]

Comment pourrions-nous dire à une personne racha qu'elle devrait être comme Yossef Hatsadik?
La guémara nous enseigne que les tsadikim ont reçu des défis afin de préparer les générations futures à leurs propres défis.
Puisque Yossef a été capable de surmonter sa tentation, le chemin a été préparé pour que tous les juifs (jusqu'à la fin des temps) puissent surmonter leurs propres défis. En effet, nous constatons que tous les juifs qui se trouvaient en Égypte ont pris soin de ne pas céder à la débauche grâce au mérite de Yosef.
[Sfat Emet - Vayéchev 5647 ]

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-> La guémara (ci-dessus) y relate des histoires sur chacun de ces personnages : Hillel était très pauvre et pouvait tout juste se permettre le prix d'entrée quotidien pour étudier au beit midrach local. Un jour, comme il n'avait pas l'argent pour entrer, il grimpa sur le toit et s'assit près de la lucarne du beit midrach pour écouter. C'était une froide journée d'hiver, et Hillel fut recouvert de neige jusqu'à ce qu'il gèle. Finalement, il fut secouru et réchauffé.
Hillel oblige donc les pauvres à étudier la Torah, car il avait lui-même surmonté de telles difficultés pour apprendre.
Rabbi Elazar ben 'Harsom était extrêmement riche, mais il passait tout son temps à étudier la Torah, jour et nuit, malgré les distractions liées à sa richesse.
La femme de Potiphar tentait quotidiennement de séduire Yossef Hatsadik, verbalement et physiquement. Pourtant, il surmonta cette épreuve et refusa de céder. Il obligea les réchaïm qui prétendent être victimes de leur yétser ara, car il avait réussi à surmonter le plus grand yétser ara de tous.

Yaakov a souligné l’importance de l’unité

+++ Yaakov a souligné l'importance de l'unité :

"Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours. Regroupez-vous ... et écoutez Israël votre père" (Vayé'hi 49,1)

-> Avant que Yaakov ne commence à donner ses ulitmes bénédictions à ses fils, il leur dit de "se rassembler" et de se "regrouper", insistant sur la notion d'unité.
Les séfarim hakédochim expliquent qu'il soulignait l'importance de se rassembler dans la paix et la fraternité. Yaakov a parlé de ce concept fondamental avant de donner les bénédictions car "Hachem n'a pas trouvé de réceptacle pour contenir la bénédiction d'un juif, sauf la paix" (michna Ouktzin 13,12).
Pour recevoir une bénédiction, la paix doit venir en premier.

-> La date de la guéoula dépend de notre unité :
Le Chla Hakadoch (Déréh 'Haïm To'hakhot Moussar) affirme que Yaakov voulait révéler la date de la guéoula à ses fils (comme l'indique Rachi). C'est pourquoi il leur a demandé de se rassembler, car il n'est pas possible de réaliser la géoula si le peuple juif n'est pas uni.
La destruction du Temple a été causée par la haine gratuite, et tant que cette haine existera parmi nous, nous ne pourrons pas mériter la guéoula finale.

[d'une certaine façon, c'est comme si Hachem nous envoyait le Temple, mais nous n'avons pas de réceptacle pour le recevoir, car nous ne sommes pas assez unis les uns avec les autres.
Hachem peut nous unir en envoyant des malheurs sur le peuple, alors autant précéder cela en s'unissant de nous même, pour se dispenser de terribles malheurs. ]

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+ Yaakov les a mis en garde contre la faute de lachon ara :

-> Le Chla haKadoch ajoute que Yaakov a également réprimandé ses fils sur l'importance de ne pas dire de lachon ara.
Il dit que le mot "hé'asfou" (rassemblez-vous - הֵאָסְפוּ) est une référence au verset (II Mala'him 5,11) : "véassaf amétsora" (et guérissez le lépreux - וְאָסַף). La tsaraat est une punition pour avoir dit lachon ara, et Yaakov faisait donc allusion à cette idée.
Yaakov parlait de cela aux Shévatim (tribus) parce qu'il sentait qu'ils n'étaient pas tout à fait en paix les uns avec les autres depuis que Yossef avait dit du mal de ses frères (Vayéchev 37,2).

C'est dans cet esprit que le Chla haKadoch explique les paroles que les Shévatim ont adressées à Yossef après la mort de Yaakov : "Ils donnèrent l'ordre de dire à Yossef : ton père a donné ordre, avant sa mort, en disant : "Ainsi direz-vous à Yossef : 'De grâce, veuille pardonner à présent l'action malveillante de tes frères et leur faute, car ils t'ont fait du mal'."" (Vayé'hi 50,16-17)
La question qui s'impose est la suivante : quand Yaakov a-t-il dit cela? Où voyons-nous que Yaakov a fait cette demande?
Rachi explique que Yaakov n'a jamais vraiment dit cela, car il savait que Yossef ne gardait pas rancune. Cependant, ils se sont permis de dire cela en son nom pour le bien de la paix.
Cela reste difficile à comprendre. Comment pourrions-nous dire que les saintes Shévatim ont pu dire quelque chose qui n'est pas vraie?
Selon les mots du Chla haKadoch, cependant, nous pouvons comprendre que Yaakov a effectivement dit cela, car c'était son intention lorsqu'il a dit à tous les frères de se rassembler comme un seul homme. Il leur disait d'être en paix et de ne pas dire de lachon ara les uns sur les autres, et certainement pas d'avoir de mauvais sentiments les uns envers les autres.

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+ Comment parvenir à l'unité :

-> Le rav Shimon de Skrenovitz, fils du rav Mena'hem Mendel de Vorka, explique que le mot "hé'asfou" (rassemblez-vous - הֵאָסְפוּ) connote "éfes vé'ayin", le néant.
Il explique que si une personne est humble et se considère comme sans importance (en mettant Hachem au centre de tout), elle peut être unie aux autres.
Une personne orgueilleuse ne peut jamais être en paix avec les autres parce qu'elle est toujours préoccupée par elle-même. Mais celui qui est humble peut s'entendre avec tout le monde.

Surveiller ce que voient nos yeux

+ Suivre l'exemple de Yossef, et surveiller ce que voient nos yeux :

"Ne crains pas de descendre en Egypte, car je t'y ferai devenir un grand peuple. Je descendrai ave toi en Egypte, et Je te ferai assurément remonter ; et Yossef mettra sa main sur tes yeux" (Vayigach 46,3-4)

Le verset dit qu’Hachem dit à Yaakov que « Yossef posera sa main sur tes yeux. »
Le Beit Avraham de Slonim explique qu'il disait à Yaakov d’accepter de suivre la voie de Yossef, qui consiste à protéger ses yeux de tout regard inapproprié.
Hachem affirme que s’il acceptait de faire cela, Il descendrait en Egypte avec lui et le ferait monter de là.
Il disait que même en Egypte (symbole de l'immoralité de l'époque), tu ne tomberas pas de ton haut niveau de sainteté.

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[en tant que ses descendant qu'Hachem a fait descendre en exil, si nous voulons qu'Hachem nous monte/élève vers Lui en sainteté, nous le pouvons par le mérite de veiller sur que nos yeux voient. ]

"Car tout berger est une abomination pour les égyptiens" (Vayigach 46,34)

-> Le 'Hidouché haRim écrit qu’il y a des gens qui veulent être respectés pour leurs actions. Ils veulent que les autres les aiment et les tiennent en haute estime. Ils veulent même que les non-juifs les admirent.
[ils sont dépendants du regard des autres]

Yossef ne s’en souciait pas. Au contraire, il faisait tout ce qu’il pouvait pour s’assurer que les égyptiens n’aiment pas ses frères. Il ne voulait pas qu’ils se mélangent aux égyptiens, donc il ne voulait pas que les égyptiens les admirent.
Il savait que les égyptiens détestaient les bergers, alors il a délibérément dit à Pharaon que ses frères étaient des bergers et qu’ils ne pourraient pas vivre avec les égyptiens.

La tristesse = un mensonge

+ La tristesse = un mensonge :

Il existe une règle importante selon laquelle il faut toujours être joyeux. Même si l’on ne peut pas se sentir vraiment joyeux à tout moment, il est néanmoins bon d’être toujours joyeux car la tristesse est toujours fausse.
Il est vrai qu’une personne heureuse/joyeuse ne se sent pas toujours vraiment joyeuse, mais il est tout à fait vrai que la tristesse est un mensonge à 100 %.
[rav Henoch d’Alexander ]

La raison de la mitsva [d'honorer ses parents] est qu'il est convenable qu'une personne montre sa gratitude envers son bienfaiteur et lui rende la pareille avec gentillesse, et qu'elle ne soit pas ingrate ...
Une fois que l'âme a acquis cette qualité, elle peut progresser jusqu'à reconnaître la bonté d'Hachem, qui est la cause de son existence et de celle de ses parents.
[séfer ha'Hinoukh - mitsva 33]

L’important c’est d’agir

Bien que les pensées d'une personne relèvent d'une faculté supérieure, en réalité, ce ne sont pas les pensées qui sont au centre de la avodat Hachem d'une personne, mais plutôt les actions ...
Nous, mortels qui vivons dans un monde physique, sommes tenus d'accomplir les actions [des mitsvot] dans tous leurs détails et leurs subtilités. Plus une personne est précise dans ses actions, mieux c'est. Si une personne peut allier la minutie à la pureté des pensées, c'est encore mieux.
Cependant, nous ne devons pas négliger les actions parce que nous sommes incapables d'avoir des pensées pures, et surtout pas négliger l'étude de la sainte guémara.
[rav 'Haïm de Volozhin - introduction au Biour HaGra sur le Shoulchan Aroukh - Ora'h 'Haïm ]

Faire le festin en réparation de notre faute du festin

-> Au cours du repas de Pourim, le rav Aharon Leib Steinman a dit ce qui suit :
La guémara (Méguila 12a) déclare que les juifs à l'époque d'Haman méritaient d'être détruits parce qu'ils avaient assisté et apprécié le festin d'A'hachvéroch.
Or, si les juifs ont fauté en participant à un festin, on pourrait penser que la manière de rectifier ce faute serait de s'abstenir de festoyer, c'est-à-dire en jeûnant et en priant.
Cependant, c'est le contraire qui est vrai : à Pourim, il nous est spécifiquement commandé de festoyer. En effet, lorsqu'un juif mange et boit conformément aux lois de la Torah, il élève la nourriture et la boisson, et il s'élève lui-même.
La meilleure façon de rectifier un festin qu'on a pu faire dans la faute est de festoyer en accomplissant une mitsva, c'est-à-dire de festoyer pour le bien du Ciel.

Frapper lors de la lecture de la Méguila

+ Frapper lors de la lecture de la Méguila :

-> Certaines synagogues, dans le but de maintenir le décorum, n'autorisent pas les fidèles à frapper le sol lorsque le nom d'Haman est mentionné.
Cependant, dans le minyan de rav 'Haïm Kanievsky, celui-ci insiste pour que la coutume de frapper lorsque le nom d'Haman est mentionné soit respectée dans son intégralité. Cependant, lorsque le rav 'Haïm a appris qu'une synagogue crié/chanté lorsque le nom d'Haman était mentionné, il a protesté, affirmant que crier/chanter constituait une interruption interdite pendant la lecture de la Méguila.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky lui-même frappait le sol deux fois avec son pied à chaque mention du nom d'Haman. Il explique que s'il ne frappait qu'une seule fois, il ne serait pas évident qu'il frappe à la mention d'Haman ; on pourrait penser qu'il bouge simplement son pied. Il souligne que frapper fait partie de la mitsva d'effacer la mémoire d'Amalek.

Ainsi, nous frappons uniquement lorsque le nom d'Haman, qui était originaire d'Amalek, est mentionné, et non lorsque celui d'A'hachvéroch, qui était un racha mais n'était pas originaire d'Amalek, est mentionné.
Le rav Kanievsky encourage les parents à amener leurs jeunes enfants à la lecture de la Méguila ; même s'ils n'écoutent pas la Méguila, ils peuvent frapper lorsqu'ils entendent le nom d'Haman et ainsi accomplir la mitsva consistant à effacer la mémoire d'Amalek.