Aux délices de la Torah

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Amalek – Moquerie & lachon ara

+ Amalek - Moquerie & lachon ara :

-> La guémara (Méguila 13b) nous dit que personne ne savait dire lachon ara aussi bien qu'Haman.
Le rav Tsadok (Pri Tsadik - parachat Za'hor 8) ajoute que la principale malveillance d'Haman ne consistait pas à nous calomnier auprès d'A'hachvéroch, mais dans sa capacité diabolique à cibler nos faiblesses et à les présenter à la Cour céleste.
Ainsi, ses plaintes concernant notre manque d'unité et notre lassitude dans l'accomplissement des mitsvot étaient dirigées vers Hachem, et non vers un simple despote mortel.

Pourtant, cette attaque verbale n'a pas commencé avec le racha de la Méguilahlui-même.
Le rav Its'hak 'Haver (cité dans Yémé HaPourim - p.514) explique que le pouvoir de lachon ara d'Haman provient du fait qu'Amalek était un moqueur (voir Michlei 19,25 et Chémot rabah 27,5).
Un moqueur dira du mal de quelqu'un simplement parce qu'il le déteste ou ne l'aime pas, essayant de créer une nouvelle réalité en diffamant cette personne.
L'une des raisons pour lesquelles le 'Hafets 'Haïm a consacré tant d'efforts à l'éradication du lachon ara était peut-être que cette faute représente une partie de l'héritage maléfique d'Amalek, qui doit être vaincu avant que le machia'h puisse arriver.

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-> Le roi Shlomo enseigne : "Frappe le moqueur" (léts také - Michlé 19,25), et nos Sages (Chémot raba 27,5) explique que le moqueur fait ici référence à Amalek.
Quelle est exactement la nature de sa moquerie (létsanout)?

Le rav Hutner (Pa'had Its'hak 1,4) explique que parmi d'autres maux, le moqueur prive une personne ou un sujet de son importance. Même quelqu'un qui agit correctement peut être détruit par le dénigrement de son caractère, de son cheminement ou de ses aspirations. La moquerie n'est pas drôle, c'est mortel.
L'une des méthodologies de "mesure pour mesure" avec lesquelles nous combattons Amalek consiste à lui voler la vedette et à transformer sa moquerie en un rire authentique (saint) de Pourim (voir Pa'had Its'hak - Pourim 9).

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhmah Ou'Moussar 3,34), analysant les paroles de Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3:174-177), arrive à une conclusion étonnante. Il note que nos Sages (Sota 42a) enseigne que "l'assemblée des moqueurs ne méritera jamais d'accueillir la Chékhina".
Rabbi Lévovitz se demande pourquoi cette punition extrême. La réponse qu'il donne est que "le moqueur est l'antithèse de la Création elle-même".
Comme il l'explique, le but même de la création du monde est que nous prenions conscience, que nous accordions le respect et l'attention dus à ce qui est important. Une personne qui ne prête pas attention aux détails du monde qui l'entoure est considérée comme ne faisant même pas partie du monde.

-> Pour Amalek tout n'est que coïncidence et hasard (voir Ohr Guédalyahou - Pourim 86-88). Par conséquent, sachant qu' "une seule moquerie peut détruire 100 châtiments" (Chlah HaKadoch - Yoma 44a), nous devons nous prémunir contre les ravages de la moquerie et en éliminer toute trace de notre système.

"Et 'Harvona aussi, soit rappelé pour le bien" (végam 'Harvona za'hour létov - chant Shoushant Yaakov)

=> Pourquoi utilisons-nous l'expression particulière selon laquelle 'Harvona doit être "rappelé pour le bien"?

-> Nos Sages utilisent l'expression "za'hour létov" il doit être rappelé pour le bien, lorsqu'ils font référence à une autre personne : Eliyahou HaNavi (voir Béra'hot 3a).
Or, le midrach (Yalkout Shimoni 1059) affirme que 'Harvona était Eliyahou HaNavi déguisé. Il est donc approprié de désigner 'Harvona par "za'hout létov", le même terme utilisé pour désigner Eliyahou HaNavi.

Pourim = anéantir Amalek

+ Pourim = anéantir Amalek :

-> Le commandement de détruire la mémoire d'Amalek n'est pas une mitsva qui nous concerne au quotidien ; c'est une mitsva qui ne peut être accomplie que lorsque nous avons un roi juif qui déclare la guerre à la nation d'Amalek. Pourquoi la Torah nous demande-t-elle de nous souvenir d'Amalek chaque jour?

La réponse se trouve dans la description faite par la guémara d'une rencontre entre Mordé'haï et Haman.
La guémara (Méguila 16a) rapporte que lorsque Haman vint trouver Mordé'haï, à la demande d'A'hachvéroch, pour l'habiller de vêtements royaux, Haman trouva Mordé'haï en train d'enseigner à ses élèves.
Haman demanda à Mordé'haï ce qu'il enseignait. Il répondit : "J'enseigne les lois de la kémitsa. Lorsque le Temple existait, une personne apportait une mesure de farine en offrande min'ha. Les Cohanim pliaient les trois doigts du milieu sur leur paume, prélevaient de la farine et la brûlaient sur l'autel ; cette cuillerée de farine, appelée kémitsa, expiait la personne qui apportait l'offrande."
Haman répondit : "Tes trois doigts de farine ont surpassé les 10 000 talents d'argent que j'étais prêt à payer à A'hachvéroch pour faire exterminer ton peuple."

À travers cet échange, nos Sages nous ont enseigné comment Mordé'haï a réussi à vaincre Haman : comme l'a dit Haman, ce sont les trois doigts de farine qui ont surpassé l'argent d'Haman.
Autrement dit, c'est l'étude de la Torah par Mordé'haï, l'enseignement des lois de la kémitsa, qui a vaincu le complot d'Haman. L'étude de la Torah était l'arme utilisée par Mordé'haï, l'arme que les juifs doivent utiliser, dans la bataille contre Amalek.
Bien sûr, la lutte contre Amalek comporte également une composante physique, l'obligation de détruire le peuple d'Amalek, mais cette composante ne s'applique qu'à des moments précis : lorsqu'un roi juif déclare la guerre à Amalek. Cependant, l'élément principal de la lutte contre Amalek est peut-être l'aspect spirituel ; cet aspect de la bataille s'applique à tout moment, et c'est ce que nous sommes tenus de nous rappeler chaque jour.

Quel est cet aspect spirituel?
Amalek était la nation qui a attaqué les juifs lorsqu'ils ont quitté l'Égypte, sans provocation, simplement pour montrer qu'il était possible d'attaquer la nation de Hachem.
Amalek représente donc la lutte contre Hachem. Notre moyen de lutter contre cela est de renforcer notre service de Hachem et notre confiance en Hachem. Cela affaiblit la force spirituelle négative qu'Amalek représente dans le monde.

En vérité, sans réussir dans cette lutte spirituelle, nous ne pouvons même pas réussir dans la guerre physique contre Amalek. Ainsi, lorsque Yéhochoua a mené le peuple juif dans sa première bataille contre Amalek, Moché s'est assis au-dessus d'eux, les mains levées vers le ciel. Tant que les mains de Moché étaient levées, les juifs remportaient la victoire contre Amalek (Chémot 17,11).
La michna (Roch Hachana 3,8) explique ce phénomène : les mains de Moché peuvent-elles faire ou défaire [leur succès dans] la bataille? Au contraire, [les mains de Moché ont inspiré les juifs à lever les yeux vers le ciel]. Lorsque les juifs levaient les yeux vers le ciel, ils humiliaient leur cœur devant leur Père céleste et ils remportaient la victoire.
Cette Michna enseigne que les juifs ne pouvaient pas remporter la bataille physique contre Amalek s'ils ne remportaient pas également la bataille spirituelle.

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-> La Mékhilta qui indique que les mots "ét zé'her", le souvenir [d'Amalek] (Béchala'h 17,14) font référence à Haman. Haman fut pendu avec ses 10 fils ; sa femme et les femmes de ses fils furent toutefois épargnées.
(les épouses ont été épargnées parce qu'elles appartenaient à des nations autres qu'Amalek ; voir Targoum Esther 5,10.)
Ainsi, seuls les hommes de la famille d'Haman ont été tués.

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-> La Méguila indique que lorsque les juifs ont combattu leurs ennemis "ils ont traité leurs ennemis comme bon leur semblait" (Esther 9,5).Le Gaon de Vilna explique ce verset comme suit : les mots "comme bon leur semblait" (kirtsonam) signifient "de la manière dont les ennemis avaient voulu traiter les juifs".
Autrement dit, les juifs ont traité leurs ennemis amalécites comme ceux-ci avaient prévu de les traiter ; puisque les Amalécites avaient prévu de tuer les juifs de la manière la plus douloureuse possible, les juifs ont tué leurs ennemis de manière douloureuse.
De même, le midrach (Eikha raba 3 ot tav) raconte que lorsque le prophète Shmouel a tué Agag, le roi d'Amalek (l'ancêtre d'Haman), Shmouel l'a tué de manière douloureuse. Lorsque Agag demanda : "Est-ce ainsi que l'on met à mort un noble (personne haut placée)?", Shmouel répondit : "Tout comme ton épée a rendu les femmes stériles, ta mère sera stérile" (I Shmouel 15,33). [Tu as tué des Juifs avec cruauté ; tu es donc mis à mort avec cruauté.]

Pourquoi les juifs ont-ils traité les Amalécites avec cruauté?
La Torah stipule que nous devons effacer le souvenir d'Amalek ; cependant, nous ne sommes pas tenus de le faire avec cruauté. De plus, nos Sages enseigne que nous avons spécifiquement pour commandement de ne pas traiter nos ennemis avec cruauté pendant la guerre (voir Eikhah raba, Pessikhta 14).
Quelle peut être la raison pour laquelle il faut tuer les Amalécites avec cruauté?

Le rav 'Haïm Kanievsky explique comme suit. La Torah nous ordonne d'effacer la mémoire d'Amalek, ce qui ne s'applique à aucune autre nation ayant attaqué le peuple juif. La raison de ce commandement est qu'Amalek a attaqué le peuple juif sans raison, simplement pour tenter de montrer que Hachem, le D. des juifs, n'est pas tout-puissant, à D. ne plaise.
Comme l'expliquent nos Sages : les juifs venaient de quitter l'Égypte après que Hachem eut frappé les Égyptiens de fléaux dévastateurs, tous clairement l'œuvre du Ciel. Toutes les nations étaient trop effrayées pour attaquer les Juifs. Amalek décida d'attaquer les juifs, simplement pour montrer que c'était possible.
Nos Sages (midrash Tan'houma - Ki Tétsé 9) donnent l'analogie d'un bain bouillant. Quiconque voit l'eau bouillante sait qu'il ne doit pas entrer dans le bain, car il se brûlerait. Une personne décide de sauter dans le bain ; bien qu'elle se brûle, elle refroidit l'eau et montre qu'il est possible d'entrer dans le bain.
De même, Amalek voulait montrer que même si les juifs semblaient invulnérables, ils pouvaient en fait être attaqués.

Et bien qu'Amalek ait été vaincu par Yéhochoua et l'armée des juifs, Amalek a montré que les juifs pouvaient être attaqués ; il croyait avoir réussi à montrer que Hachem n'est pas, à D. ne plaise, tout-puissant (voir Ramban - Chémot 17,16).

Pour contrer ce qu'Amalek a fait, il nous est commandé de combattre Amalek d'une manière qui montre clairement la puissance de Hachem. Il nous est commandé de faire à Amalek ce qu'ils avaient l'intention de nous faire, avec la cruauté que cela implique, pour montrer que Hachem est conscient de toutes leurs intentions.
Cette idée se reflète dans le commandement original de la Torah de combattre Amalek. Lorsque Amalek attaqua le campement juif à Réfidim (Chémot chap.17), Yéhochoua reçut l'ordre de les combattre. Bien qu'Hachem aurait pu permettre à Yéhochoua d'anéantir complètement Amalek, Il ne le fit pas.
Au contraire, Yéhochoua les vainquit mais ne les anéantit pas. Hachem ordonna alors à Moché d'instruire les juifs d'éradiquer Amalek à une date ultérieure.
Pourquoi Hashem n'a-t-il pas éradiqué Amalek sur-le-champ?

Si Yéhochoua avait anéanti Amalek, cela aurait semblé être un acte de vengeance pour l'attaque d'Amalek. Hachem voulait enseigner une leçon plus importante : laisser certains Amalekites en vie, et après plusieurs générations, les juifs les éradiqueraient, sans raison apparente.
Quiconque y réfléchissait comprenait que l'extermination venait de Hachem, "mesure pour mesure" pour l'attaque initiale d'Amalek contre les juifs ; ainsi, l'anéantissement d'Amalek montrerait exactement ce qu'ils avaient voulu réfuter : il montrerait la puissance de Hachem.

Le roi Shaul a commis une erreur à cet égard. Lorsque Shmouel a ordonné à Shaul d'attaquer la nation d'Amalek, le verset indique qu'il a combattu dans la vallée (I Shmouel 15,5).
Le Malbim explique que Shaul pensait qu'il était inapproprié d'attaquer Amalek sans raison. Il a donc déclenché un conflit territorial au sujet d'une vallée située dans la partie d'Amalek, ce qui a provoqué une bataille. Saül eut alors pitié du bétail d'Amalek et l'épargna, contrairement aux ordres de Samuel.

L'erreur de Saül fut de ne pas comprendre que Hachem voulait spécifiquement que le peuple juif attaque Amalek sans excuse et n'ait aucune pitié pour aucune partie de la nation d'Amalek, y compris ses possessions. Ce n'est que de cette manière qu'Amalek serait puni à la mesure de ses actes, en étant attaqué de la même manière qu'il avait attaqué les Juifs.

En réalité, le plan d'Hachem visant à détruire Amalek ne s'est pas non plus accompli à l'époque de Pourim. Comme tout le monde pensait que les juifs tuaient les Amalécites pour se venger du décret d'Haman, l'objectif ultime de la destruction d'Amalek, les anéantir sans raison apparente, n'a pas été atteint.
Par conséquent, Amalek a survécu ; il ne sera pas complètement vaincu avant l'arrivée du machia'h, lorsqu'il sera éradiqué d'une manière qui indiquera clairement qu'il s'agit de la vengeance de Hachem.

Que fais-tu pour Hachem?

+ Que fais-tu pour Hachem?

-> Le rav Haïm de Brisk a un jour demandé à un homme riche : "Vos machst du?" (c’est une salutation yiddish standard qui signifie littéralement : "Que faites-vous?").

L’homme a répondu qu’il était impliqué dans une certaine entreprise et qu’il avait beaucoup de réussite. Quelques minutes plus tard, Rav Haïm a demandé à nouveau : "Vos machst du?"

L’homme a pensé que peut-être rav Haïm ne l’avait pas entendu la première fois, alors il a répété sa réponse.

Le rav 'Haïm de Brisk posa alors la même question une troisième fois, et l’homme riche dit avec étonnement : "J’ai déjà dit que je fais telle et telle affaire (avec succès)!"

Le rav 'Haïm dit alors : "Je ne t’ai pas demandé ce que fait Hachem. Hachem s’occupe de tes affaires et te fournit ton parnassa. Je te demande ce que tu fais toi. Nos Sages disent que tout est entre les mains de Hachem, sauf la crainte du Ciel (yirat chamayim). Je te demande ce que tu fais pour la yirat chamayim. Est-ce que tu étudies et sers Hachem? Est-ce que tu fais du 'hessed et donnes de la tsédaka?"

Si l’on veut donner de la Tsédaka, Hachem l’aide

+ Si l’on veut donner de la Tsédaka, Hachem l’aide :

-> Le Sar Shalom de Belz (séfer Midbar Kodech) dit que que le verset (Térouma 25,2) est une garantie d'Hachem qu’Il ​​aidera quiconque désire donner de la tsédaka, afin de s’assurer qu’il ne manquera de rien et qu’il pourra donner autant qu’il le souhaite.
Le verset dit que si une personne a un cœur qui l’inspire à donner, "on lui prendra son don/prélèvement (térouma)", ce qui signifie que Hachem veillera à ce qu’elle ait la capacité de réaliser son désir de donner.

"Voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (élé amichpatim acher tassim lifnéhem - Michpatim 21,1)

-> Le séfer Agra déKalla explique que le mot "tassim" (placer - תָּשִׂים), signifie aussi "sima" (sentir, ressentir).
Il écrit que le verset dit que le peuple juif a reçu l'ordre de "sentir" les michpatim. Lorsque les gens font des affaires entre eux, ils doivent avoir le sentiment que tout leur succès dépend de leur honnêteté et de leur droiture et qu'ils doivent suivre les règles de la Torah.
Par exemple, si une personne est informée par un beit din qu'elle doit de l'argent à son prochain, elle doit accepter que c'est pour son bien. Elle doit sentir que le fait de lui retirer cet argent est dans son intérêt ultime, car c'est ce que la Torah considère comme la chose la plus juste et la plus éthique à faire. Et elle doit sentir que le fait de renoncer à cet argent conduira à sa propre réussite, car on ne peut réussir qu'avec de l'argent gagné de manière éthique, selon les valeurs de la Torah.

Il s'agit là d'une leçon importante que chacun doit prendre à cœur. Parfois, une personne pense qu'elle est très intelligente et qu'elle a été très maligne de tromper son ami en lui soutirant de l'argent. Elle doit savoir qu'elle n'a trompé personne d'autre qu'elle-même. Elle s'est seulement volé lui-même, car il ne connaîtra ni succès ni bénédiction tant qu'il possédera de l'argent qu'il a gagné malhonnêtement.

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-> On raconte que deux hommes s'adressèrent un jour au rav Meir de Premishlan et lui dirent qu'ils allaient s'associer pour faire des affaires. Ils demandèrent au rabbi de les conseiller et de les guider dans la gestion de leur entreprise. Le rabbi prit un bout de papier et y inscrivit les lettres suivantes : "aleph, beit, guimel, dalet".
Ils étaient très confus et lui demandèrent de leur expliquer.

Il leur dit : "C'est le Aleph Beit des affaires. Aleph signifie émouna. Beit signifie bra'ha (bénédiction). Guimel signifie guézéla (vol). Dalet signifie dalout (pauvreté).
Si vous êtes honnête et que vous faites des affaires avec émouna, vous obtiendrez beaucoup de bra'ha. Mais si vous êtes malhonnête et que vous vous engagez dans la guézéla et la tromperie, vous deviendrez pauvre."

"Si un homme donne à son prochain de l'argent ou des ustensiles à garder" (Michpatim 22,6)

-> Le séfer Divré Israël écrit que ce verset laisse entendre que pour observer la Torah correctement, il faut de l'argent ou des ustensiles , c'est-à-dire qu'il faut avoir suffisamment d'argent pour avoir la possibilité d'avoir ce dont il a besoin pour observer la Torah et accomplir les mitsvot.

Bien que nos Sages (Pirké Avos 6:4) disent que la voie de la Torah consiste à "manger du pain avec du sel, boire de l'eau mesurée, dormir sur le sol et vivre une vie de douleur, et faire des efforts dans la Torah", cela ne s'applique qu'aux personnes qui sont à un niveau élevé et qui possèdent de "bons ustensiles", c'est-à-dire un haut niveau d'intellect.
Cependant, les personnes qui ne possèdent pas de tels "bons récipients/ustensiles", doivent avoir suffisamment d'argent pour servir Hachem correctement. Ceci est particulièrement vrai dans la génération actuelle, la dernière génération avant l'arrivée du machia'h, au sujet de laquelle nos Sages disent (Erouvin 41B) : "La pauvreté éloigne une personne de la volonté d'Hachem".
C'est pourquoi il est nécessaire d'avoir suffisamment d'argent pour pouvoir observer la Torah correctement.

En conséquence, le verset peut être lu comme disant que : "Lorsqu'un homme donne", dans ce contexte, le mot "homme" fait référence à Hachem.
"A son prochain" = il s'agit d'une référence au peuple juif, qui est appelé "ami" d'Hachem (Tan'houma Yitro 5).
"argent ou des ustensiles" = cela signifie qu'Hachem doit nous donner soit suffisamment d'argent pour accomplir la Torah correctement, soit les ustensiles appropriés pour être en mesure d'observer la Torah même sans beaucoup d'argent.

"N'abîme pas les coins de ta barbe" (Kédochim 19,27)

=> La Torah interdit de se raser à la lame, pour ne pas abîmer les poils de la barbe. Bien plus, idéalement, un juif doit porter la barbe. Mais pourquoi cela?

-> Rabbi Nathan de Breslev explique que l'essentiel du judaïsme consiste à apprendre à connaître Hachem. Le juif doit grandir et s'élever dans la connaissance d'Hachem de jour en jour. Hachem est Infini, et on peut toujours Le connaître de plus en plus, jusqu'à l'infini. Ainsi, certaines connaissances peuvent être inaccessibles à une personne, du fait de son niveau spirituel actuel. Mais, il pourra avec le temps, par des efforts de réflexion et en se sanctifiant, accéder plus tard à ces connaissances. Toute sa vie, l'homme intègre des connaissances qui lui étaient encore occultés jusque là.
Les poils de la barbe, qui sont à l'extérieur de son visage, mais pénètrent à l'intérieur de son corps, sont les
canaux qui permettent de faire passer la connaissance d'Hachem de l'extérieur à l'intérieur. C'est par la barbe que la Sagesse Divine jusqu'à présent trop haute pour soi, qui était encore extérieure à soi, pourra pénétrer en lui et lui devenir accessible. Et cela constitue toute la vie du juif.
Quand on détruit le poil par la lame, on déracine ce conduit qui pouvait permettre à la connaissance d'Hachem de pénétrer en soi et par cela, on se prive d'une élévation qui est vital pour le juif. D'où l'importance de cette mitsva.

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"Ne taillez pas les coins (péat - פְּאַת) de votre tête, et ne rase pas les coins de ta barbe" (Kédochim 19,27)

-> Concernant la 2e partie du verset, Rachi explique qu’il s’agit de la barbe et ses côtés, à savoir 5 endroits : deux à chaque joue, en haut près de la tête, là où elle est large et où il y a deux coins aux tempes, et un au bas du menton, à la jonction des deux joues.
[la guémara (Makot 20a) explique que l’on est condamnable uniquement si l’on a rasé la barbe avec une lame, et uniquement s’il s’agit d’un rasage qui provoque une destruction du poil, arraché à la racine, mais s’il s’agit de se raser avec des ciseaux, même si le résultat de ce rasage ressemble à celui du rasage à la lame, il n’y a là aucun interdit selon le Din – Voir Choul’han Aroukh Yoré Déah 181]

-> Au-delà du caractère divin de cette interdiction, les commentateurs rapportent différentes raisons, parmi lesquelles :

1°/ Tout juif doit prendre soin que sa physionomie ne puisse se confondre avec celle des non-juifs, appelés "ceux qui rasent les coins de la barbe" (Yirmiyahou 9,25) [Zohar I, 219b] ; la barbe représente pour le juif l’insigne de sa dignité : הדרת פנים זקן (Hadrat Panim Zakan - la barbe est l’ornement de la face de l’homme) [Shabbath 152a].
Le Rambam écrit : "Il était coutume chez les prêtres idolâtres d’enlever leur barbe. C’est pourquoi la Torah a défendu de retirer la barbe". [Lois sur l’idolâtrie 12,7]

2°/ "Raser la barbe» est considéré comme un signe de deuil en usage chez les populations non-juives. [Ibn Ezra]

3°/ L’emploi du rasoir donne au visage de l’homme une apparence féminine, le dépouillant du caractère distinctif que lui a donné la nature. [Abravanel]

4°/ Hachem a interdit de se raser la barbe, afin de ne pas abolir le signe qu’Il a inscrit dans le genre masculin, pour le séparer du genre féminin, car celui qui fait cela fait le contraire de Sa Volonté, comme celui qui sème des mélanges de plantes interdits.
Il est écrit à propos de tout ce qu’a fait Hachem dans la Création "selon son espèce", alors que ce geste viendrait
mélanger les espèces. [Rabbénou Bé’hayé]

5°/ L’homme est créé à l’image de D. et c’est avant tout sur le visage de l’homme couvert d’une barbe que se reflète cette apparence divine, comme l’explique le Zohar [Idra Zouta Kadicha] : Les "treize Attributs de Miséricorde" se dévoilent à travers la "Barbe du Petit Visage".

Le Tséma’h Tsédek [Dérekh Mitsvotékha] explique que des "13 Attributs de Miséricorde", représentés par les 13 touffes de la barbe, émane une puissante miséricorde qui atténue les sévérités. Il en résulte, que grâce au port de la barbe, les rigueurs sont transformées en situations agréables et adoucies.
C’est le sens profond du verset: "C’est comme la bonne huile qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d’Aharon, qui descend sur le bord de ses vêtements (ou au sens figuré, sur les treize Attributs de Miséricorde qu’elle symbolise)" (Téhilim 133,2).

C’est sur la base de cet enseignement, que les Tsadikim professent le conseil (Ségoula) de laisser pousser la barbe, à ceux dont l’Attribut de rigueur a molesté (à noter que le mot פאה [Péa - coins] a pour valeur numérique 86 comme le Nom divin de la Rigueur [ אלקים Elokim], pour indiquer que le fait de ne pas se raser les «coins» de la barbe, adoucit la Rigueur sur soi).

Ainsi, révèle le Midrache Yalkout Réouvéni, celui qui respecte le précepte "Ne taillez pas (en rond) les coins de votre tête, et ne rase pas les coins de ta barbe» est protégé des Klipot (forces du Mal) par l’intermédiaire des trois anges MikhaEl מיכא־ל , GabriEl גבריא־ל et NouriEl נוריא־ל , dont les initiales des noms forment le mot מגן (Maguen) – Bouclier.

6°/ Les deux Péots, que certains laissent pousser de chaque côté du visage, représentent deux signes et deux témoins de la judaïcité de l’homme. [Ben Ich 'Haï - Ben Ich ‘Haïl – ‘Helek 1 – drouch 3]

C’est pourquoi il existe une coutume qui consiste à laisser les Péots à l’enfant qui rentre au ‘Heder, lors de sa première coupe de cheveux à l’âge de trois ans. En effet, explique le Zéra Kodech, les Péots, qui descendent le long du visage en direction du coeur, permettent de relier la tête (l’esprit) au coeur (les sentiments). Ils symbolisent le principe "le cerveau dirige le coeur" - l’intellect, représenté par les trois Attributs ‘Hokhma (חכמה - Sagesse), Bina (בינה - Intelligence) et Daat (דעת- Connaissance) [correspondant aux 3 premières années de l’enfant] domine le yétser ara qui loge dans le coeur de l’homme.

"Si tu vois l'âne de ton ennemi crouler sous sa charge, t'abstiendrais tu de l'aider?" (Michpatim 23,5)

-> Le Baal Shem Tov (Keter Shem Tov - ot 21) explique ce verset ainsi :
"Lorsque tu vois le 'hamor (l'âne)" = lorsque tu vois que ta " 'homriout" (חומריות), c'est-à-dire ton corps, et que tu penses qu'il est "ton ennemi" parce que les désirs physiques (matériel) s'opposent à la spiritualité, tu dois reconnaître que le corps est "croule sous sa charge", ce qui signifie qu'Hachem a accordé au corps la capacité de se purifier en acceptant le fardeau de la Torah et des mitsvot.
Cependant, il est très difficile d'y parvenir et l'on pourrait penser que le moyen de purifier le corps est de "refuser de l'aider" en l'affligeant afin de détruire la matérialité.

Le verset précise que ce n'est pas la bonne façon de procéder. Il faut plutôt "l'aider" en purifiant le corps par la Torah et les mitsvot, plutôt que de le détruire par des afflictions.

Un homme humble est un serviteur d’Hachem

+ Un homme humble est un serviteur d'Hachem :

"L'homme dans la main duquel la coupe a été trouvée, celui-là sera mon serviteur" (Mikets 44,17)

-> Le rav Moché Leib de Sassov (cité dans 'Hidouché MahaRamal) explique ce verset en citant la Michna (Pirké Avot 4,4) qui dit : "Il faut être très, très humble d'esprit".

Il explique qu'une coupe symbolise l'humilité, car il doit être placé en dessous d'une bouteille afin d'y verser quelque chose. Si on le place en hauteur, rien ne peut y pénétrer.
De même, si quelqu'un veut obtenir une forme quelconque de connaissance, il doit se placer dans une position basse (humble) afin de pouvoir apprendre des autres.

En conséquence, le verset dit que "l'homme dans la main duquel la coupe a été trouvée", c'est-à-dire celui qui est humble et qui se transforme en un récipient capable d'accepter la connaissance des autres, "celui-là sera mon serviteur" (yiyé li avéd), c'est-à-dire qu'il pourra être un véritable serviteur d'Hachem.